Sauzet

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Sauzet

On trouve de nombreux vestiges historiques pendant la visite de Sauzet.

Le Portail Lafont

Cette tour-porte de l'enceinte urbaine est similaire au Portail Blanc (XIVe siècle). 

Les claveaux qui constituent son arc sont particulièrement longs et fins.

Cette porte donnait accès, en face à une montée vers l'église et vers la gauche à la rue Juiverie qui n'était pas un ghetto juif, mais un quartier de changeurs. Les "changeurs" étaient des commerçants qui faisaient le change des monnaies et le négoce des métaux précieux.

Elle ouvrait sur une fontaine disparue et sur le chemin de Montélimar.

L'Ensemble seigneurial

La Salle d'apparat

Les origines de la seigneurie de Sauzet sont mal connues. Jusqu'en 1446, date du rattachement de la seigneurie à la couronne de France, les seigneurs de Sauzet sont les Adhémar (seigneurs de Montélimar) puis les Poitiers (comtes de Valentinois). A partir de cette date, le château, devenu royal, est administré par des châtelains.

En 1629, le château est démantelé sur ordre de Richelieu, il reste définitivement en ruines. En 1643, les ruines du château et les revenus de la seigneurie reviennent à la famille Grimaldi.

Enfin, le château est vendu comme bien national en 1790.

L'ensemble seigneurial était clos en grande partie par l'enceinte haute qu'on appelle ici « courtine ». 

II comprend :

• le premier logis (XIe siècle)

• l'église (XIIe siècle)

• un deuxième logis (XIIIe siècle)

• la salle d'apparat (fin XIVe siècle- début XVe siècle).

Cette dernière se situe derrière le haut mur sans ouvertures face à vous. Les grandes dimensions (12 x 24 m) de la salle d'apparat, les accès séparés pour les invités et pour la famille seigneuriale, les belles fenêtres trilobées ouvrant au sud sur la cour centrale, les deux cheminées monumentales, le riche décor peint où l'on reconnait les armoiries des Poitiers, donnaient à ce lieu un caractère public et ostentatoire.

L'église Saint-Lambert et chapelle des Pénitents

L'église Saint-Lambert de style roman est située au cœur de l'ensemble seigneurial.

À l'origine, c'était une chapelle castrale construite au début du XIIe siècle pour le seul usage du seigneur et de ses proches. Elle était desservie par les moines bénédictins du prieuré de Saint-Marcel-lès-Sauzet rattaché à Cluny en 1037. Les villageois devaient fréquenter l'église du prieuré considérée comme église paroissiale. La construction est très sobre avec une nef unique. En 1672 une chapelle abritant une confrérie de Pénitents a été adjointe au sud. Les Pénitents sont les membres de certaines confréries laïques qui font pénitence et portent un costume spécial comportant notamment un capuchon couvrant la tête et les épaules.

Initialement cette chapelle ne communiquait pas avec l'église. Afin de permettre des offices communs, une ouverture sous forme de grand arceau fut réalisée ultérieurement.

L'entrée est très en contrebas du niveau de la place car celle-ci a été créée sur les gravats des nombreuses habitations ruinées et au début des années 1970 sur ceux résultant de l'arasement de la pointe du rocher calcaire.

Le clocher au-dessus du chœur a été détruit lors des guerres de Religion, reconstruit au XVIIe siècle puis démoli par décision du conseil municipal en 1935. Il ne restait alors que le clocher de la chapelle des Pénitents qui fut lui-même remplacé par le clocher actuel après la Seconde Guerre Mondiale.

La Porte disparue

L'enceinte seigneuriale n'avait que deux portes.

Celle-ci était la porte nord qui permettait d'accéder aux maisons proches du château et à l'église, l'entrée du château était la « Posterle » située au sud.

Cette haute porte en pierres taillées avec deux arcs en plein cintre à longs claveaux était la seule entrée du château. C'est une entrée cavalière qui, par une rampe, donnait accès à la cour centrale autour de laquelle s'organisaient les différents éléments de l'ensemble seigneurial.

A droite de la Posterle, on remarque les murs du premier logis (XIe siècle).

Le Four banal

Derrière ce mur se trouvait « le four banal » du village où les habitants devaient faire cuire leur pain moyennant un impôt dû au seigneur : le ban. 

Sous le régime féodal, le mot « banal » (de ban : proclamation officielle...), ici appliqué au four, désignait à la fois la propriété du seigneur et l'obligation faite à ses sujets d'utiliser cet équipement moyennant redevances. Le seigneur devait en contrepartie entretenir le four et le chemin qui y conduisait. Il en était de même pour les autres banalités telles que le moulin et le pressoir.

Les ruines d'une maison ancienne

Ces ruines sont celles d'une maison figurant dans le cadastre de 1550. Sur le mur situé à gauche se trouvait la « bugadière » faisant office de lavoir personnel. On voit l'emplacement de la planche à laver à mi-hauteur et en dessous un évier percé d'un orifice permettant l'évacuation de l'eau. A côté de celle-ci, un espace de rangement où l'on distingue encore les rainures dans le mur pour les étagères.

À l'époque des Grimaldi (1642-1790), la prison se trouvait entre le four banal et cette maison.

La Citerne

Le vieux village étant construit sur un rocher, ses habitants disposaient uniquement des eaux de sources extérieures et des réserves de leurs citernes. Au XIXe siècle, les besoins en eau augmentent rapidement. C’est alors que cette citerne communale est construite. Elle reçoit de l'eau de source de Condillac pour alimenter de nouvelles fontaines et des lavoirs.

Le Portalas

Cette tour-porte de l'enceinte extérieure a la même fonctionnalité que les autres. Toutefois, le soin particulier apporté à sa construction, arc brisé, qualité de l'appareillage, taille des pierres, lui confère un caractère prestigieux.

Un escalier permettait l'accès direct à l'ensemble seigneurial. Elle ouvrait sur une fontaine et sur la campagne jusqu'au Roubion.

Lorsque le rempart est devenu inutile, de hautes maisons englobant le chemin de ronde se sont appuyées sur lui.

Le Portail Blanc

Cette tour-porte appartient à l'enceinte extérieure restaurée à la fin du XIVe siècle, sur un rempart plus ancien.

À cette époque Montélimar et plusieurs villages voisins ont érigé de nouvelles fortifications aux caractéristiques communes.

Les tours-portes en étaient des pièces maîtresses. Elles possédaient deux arcs en plein cintre à longs claveaux, des vantaux fermés par une barre coulissante, un assommoir devant les vantaux.

Ce portail donnait accès à la Grande Rue, axe du village jusqu'au portail Lacroix, et ouvrait sur le chemin de Marsanne à Montélimar.


Source:
- Panneaux trouvés pendant la visite

Posté le 06-09-2026 08:17 par Jimre

Sauzet

Sauzet est situé sur les flancs et au pied d'une colline couronnée par les ruines d'un vieux château qu'habitèrent les comtes de Poitiers, seigneurs du Valentinois.

Louis XI y séjourna longtemps.

Sauzet, commune du canton de Marsanne

- De Salicetto, 1173 (arch. de la Drôme, E 6154). 

- Sauze, Sauzei, Sauciacum, 1187 (Cart. de Die, 47, 48).

- Oppidum quod dickur Sauset, 1281 ( Gall. christ., XVI, 210). 

- Castrum de Sauceto, 1291 (Valbonnais, II, 59). 

- Sauzetum, 1291 (Cart. de Montélimar, 32). 

- Sagetum, 1323 (Défin. de Cluny). 

- Castrum de Soseto, 1332 (Gall. christ., XVI, 129). 

- Feudum de Sauzas seu de Sauzie, 1336 (ibid., 43). 

- Soze, 1391 (Choix de doc., 213). 

- Sozet, 1421 (Duchesne: Comtes de Valentinois, 6). 

- Saulzet,1635 (arch. de la Drôme, E 3408).

Avant 1790, Sauzet était une communauté de l'élection, subdélégation et sénéchaussée de Montélimar, formant depuis 1475 une paroisse du diocèse de Valence Cura Saulzeti, XVe siècle (Pouillé de Valence), dont l'église était sous le vocable de saint Lambert Ecclesia parrochialis Sancti Lamberti de Sauzelo 1509 (vis. épisc.) et dont les dimes appartenaient au prieur de Saint-Marcel-de-Sauzet, qui présentait à la cure. 

Quant à la terre ou seigneurie, qui comprenait les deux communautés de Sauzet et de Saint-Marcel-de-Sauzet, elle était du fief des Adhémar, qui cédèrent en 1365 leurs droits au pape, et fut tout d'abord possédée par les Artaud d'Aix, qui la vendirent en 1296 aux comtes de Valentinois.

Ceux-ci qui donnèrent, en 1338, une charte de libertés municipales aux habitants de Sauzet, ayant légué leurs États la France, en 1419, cette terre, dévenue alors domaniale, fut viagèrement donnée aux D'Hostun en 1447, puis vendue sous faculté de rachat aux Galéas de Saint-Séverin en 1521, aux Moreton de Chabrillan en 1537, aux D'Albert en 1573 et aux Armand de Forez en 1591. 

Elle fut enfin comprise dans le duché de Valentinois,créé en 1641 pour les Grimaldi de Monaco, qui en ont joui jusqu'à la Révolution.

En 1790, Sauzet devint le chef-lieu d'un canton du district de Montélimar, comprenant les municipalités d'Anconne, Bonlieu, Condillac, Lachamp, la Laupie, Montboucher, Puygiron, Saint-Genis, Saint-Marcel-de-Sauzet, Sauzet et Savasse, mais la réorganisation de l'an VIII en a fait une simple commune du canton de Marsanne.


Source:

- Livre trouvé sur Google: "Itinéraire général de la France, de Paris à la Méditerranée, Deuxième partie: Auvergne, Bourbonnais, Dauphiné, Languedoc, Lyonnais, Corse, Comtat Venaissin, Alpes Maritimes" par Adolphe Joanne, Edition Hachette et Cie, 1865.

- Dictionnaire topographique du département de la Drôme par J. Brun-Durand trouvé sur Gallica.fr


Photos:

- Jimre (2017, 2026)

Posté le 01-05-2019 20:52 par Jimre