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Carpentras

Carpentras se situe à vingt-cinq kilomètres d'Avignon, sur les rives de l’Auzon. La ville serait d’origine celtique, comme l’indique son vieux nom de Carpentoracte. Pline en fait le chef-lieu des Memini, une des tribus cavares. Elle se situe sur le chemin des Alpes cottiennes, au pied de la chaine du Ventoux. L’an 27 avant l’ère chrétienne, des colons civils et militaires s'installèrent, par ordre d’Auguste, à Carpentoracte, qui ajouta son nom à celui de Julia et compta parmi les villes latines.

A l’époque des invasions, Carpentras passe sous domination ostrogothique et se confond dans le comté d’Avignon, cité plus puissante dont elle partagea et suivit les destinées. A l’époque féodale, il n’est fait mention nulle part des comtes ou vicomtes de Carpentras, Carpentras étant trop proche d’Avignon pour que les comtes de cette cité, jaloux de leur autorité, ne supportent une telle concurrence. Il est plus probable que l’évêque, représentant de bonne heure du pouvoir comtal, concentra d’une main ferme le pouvoir temporel qui lui avait été conféré par l’arrière-petit-fils de Charlemagne. En 857, en effet, Charles, roi de Provence, donne à Jean, évêque de Carpentras, celle de Saint Antoine, avec tous les droits du fisc, depuis la rivière Auzon jusqu’à la Nesque.

Cet ordre des choses perdura jusqu’à ce que le marquisat de Provence ne soit passé dans la maison de Toulouse. Les comtes de Toulouse furent souvent en conflit territoriaux avec les autres seigneurs laiques ou religieux. En Provence, Raymond V, petit-fils de Raymond de Saint Gilles, commença l’attaque. Après les évêques d’Auvergne vint le tour des évêques du Comtat. Raymond V reconnut la moitié de la souveraineté des évêques sur Carpentras, pour mieux signifier sa suzeraineté sur l’autre moitié…

Pour enrober la chose, Raymond, dans une charte de 1155, promit à l’évêque de lui faire rendre la leude, ou péage que les gens de Monteux avaient usurpé sur son église, suivant le serment que les témoins avaient prêté à la cour du Comte Alphonse son père. Il déclara aussi qu’il ne permettrait à personne d’élever une tour à Carpentras sans le consentement de l’évêque et il stipula principalement en faveur du marché qui se tenait dans cette ville depuis des temps immémoriaux.

Il parait que l’évêque fut de meilleure composition ou plus prudent que celui de Vaison; car la même année où Raymond V chassa de son siège Béranger de Mornas, nous le voyons en 1159, rendre à l’évêque Raymond de Carpentras, tant en son nom qu’en celui de son frère Alphonse les châteaux de Vénasque, du Beaucet, de Mallemort, de Saint Didier et de Saint Felix, moyennant le paiement de 2000 sols melgoriens de nouvelle monnaie. Il ne retient sur ces domaines que les droits d’albergue et de chevauchée. Cette cession fut confirmée 3 jours après au château de Pernes. D’où venait au comte de Toulouse cette partie du temporel de l’évêque ? S’en était-il emparé de 1155 à 1159 ? Quoiqu’il en soit la paix ne dura pas longtemps dans cette partie du Comtat car dans les dernières années du XIIe siècle, la convoitise des comtes s’exprima de nouveau avec Raymond VI, qui chassa de nouveau les évêques de Vaison et cette fois-ci aussi de Carpentras de leur sièges, les privant de leurs domaines temporels. Il fit même construire un fort dans cette  ville pour assoir son pouvoir, parjurant la promesse de son père et il forca les habitants à lui prêter serment de fidélité. L’évêque Geoffroi de Garosse porta ses plaintes au pape et Raymond fut obligé, à Saint Gilles, de réintégrer l’évêque dans tous ses droits, de l’indemniser de 18000 sols raymondins et de démolir sa forteresse…La tradition veut que la tour de l’horloge ou Beffroi, ainsi que la vieille porte d’entrée de l’ancien poids de la farine, aient fait partie de ce château des comtes de Toulouse.

A l’époque des comtes de Toulouse, l’enceinte de la ville était à peu près circonscrite à celle de la cité gallo-romaine. On peut en reconnaitre peu ou prou le tracé si on s’amuse à regarder le plan de la ville avec attention.

Malheureusement pour les comtes de Toulouse, d’autres avaient des visées sur leurs terres et le prétexte de la guerre contre les Albigeois se solda par la fin de la maison de Toulouse.

Alphonse de Poitiers ayant pris possession du Venaissin, comme comte de Toulouse, apprit que tous les titres concernant les droits des comtes, leurs revenus, leurs domaines particuliers et les fiefs dont on leur devait l’hommage avaient été perdus. Il ordonna donc une grande enquête qui fut confiée à l’évêque de Carpentras, Guillaume Beroardi, lequel la fit continuer par Guillaume Bermundi, son notaire. Cette enquête fut commencée à Cavaillon, le 29 Octobre 1253, et suivie dans tous les diocèses du Venaissin. Le notaire Bermundi étant allé en Avignon, le viguier lui déclara que les comtes de Toulouse avaient dans cette ville les « langues de bœuf », la leude, le poids, le sextier et autres droits honorifiques, avec quelques redevances sur le sel et sur le palais de justice. La commune d’Avignon était en effet toujours demeurée loyale à ses anciens souverains.

Les habitants de Carpentras s’appuyèrent sue eux pour essayer de s’émanciper et pour réclamer des droits politiques. Les intérêts de l’évêque étant compromis, celui-ci résista. Il céda pourtant devant la volonté d’Alphonse. Guy de Vaugrigneuse, sénéchal du Venaissin, du consentement de Raymond de Barjols, évêque et seigneur de Carpentras, accorda à cette ville le droit de commune, c’est-à-dire le droit d’élire des magistrats pour la police et l’administration des affaires particulières. L’année 1269, l’assemblée générale ou parlement élut quatre syndics, pris indifféremment parmi les citoyens. Leurs noms sont restés : Bertrand Radulphi, Guillaume Alquerii, Imbert Cavalerii et Bertrand Giraudi.

Les affaires se modifièrent avec l’installation des papes en Avignon. Comme cette ville était aux mains du comte de Provence, Carpentras se trouva naturellement la ville la plus importante du Comtat. Mais l’évêque en était le seigneur temporel. Aussi, les Recteurs, qui avaient succédé aux Sénéchaux, prirent leur résidence à Pernes, pour ne pas heurter leur juridiction contre celle de l’évêque. Cela dura jusqu’en 1320, où le pape Jean XXII engagea l’évêque Othon à lui céder ses droits seigneuriaux, moyennant un équivalent qui fut réglé du consentement des deux parties. Alors fut établi à Carpentras le siège de la Rectorie et de la chambre apostolique. Carpentras fut alors considérée comme la capitale du Comtat et prit une prépondérance qu’elle garda jusqu’à la réunion d’Avignon en 1348...


La porte d’Orange

Au milieu du XIVe siècle, les grandes compagnies se font menaçantes dans la vallée du Rhône et en Provence. En effet, licenciés après le traité de Brétigny en 1360 et sans moyens d’existence, ils pensent alors que les états du pape peuvent être pillés et leurs villes rançonnées. Le pape Innocent VI recommande alors aux villes et châteaux du Comtat de relever leurs remparts, craignant la venue des bandes de l’Archiprêtre. 

A Carpentras, les consuls perçoivent alors des taxes supplémentaires pour financer la construction d’une nouvelle enceinte. Les travaux avanceront peu pendant vingt-cinq ans et dureront jusqu’à la fin du siècle. Clément VII, prévoyant les maux qu’allaient causer les gens de Charles de Durazzo et d’Urbain, son compétiteur, ordonna d’achever les fortifications, faisant même contribuer les ecclésiastiques, les finances étant au plus bas.

Cet ensemble défensif comporte alors trente-deux tours, rondes ou demi-rondes. Les portes, qui se situent aux quatre points cardinaux sont fortifiées. Chacune était percée dans une grosse tour carrée, à l’exception de la tour de Notre Dame, qui, par une imitation de l’antique, était sérrée entre deux tours rondes.

Il ne reste plus de nos jours que la porte d’Orange. C’est par cette porte qu’entrèrent dans Carpentras les commissaires royaux qui vinrent consacrer en 1791 la réunion du Comtat Venaissin à la France.

Bien que le ravelin, les fossés et le pont-levis aient disparu, la tour garde fière allure avec son crénelage sur mâchicoulis en encorbellement. Elle est barlongue, « ouverte à la gorge », et culmine à 26 mètres, laissant entrevoir l’importance de la cité à cette époque. 


Le Beffroi

Après avoir tenu leurs réunions au palais épiscopal dans le réfectoire des dominicains ou à la Rectorie, les consuls achètent en 1470, pour 350 florins d’or, le logement d’Erneus Andardy. Ils confient à Blaise Lescuyer, maître d’œuvre de la cathédrale, le soin d’en faire une maison commune, à l’aide de pierres extraites des carrières de Caromb. Il fait édifier un bâtiment desservi par un escalier en vis installé dans une tourelle. Celle-ci est surélevée en 1572 pour recevoir le campanile en fer forgé commandé à Nicolas Calis

On trouvait au rez-de-chaussée le poids de la farine et une chapelle, à l’étage, la grande salle du conseil, les archives et la cour des comptes et enfin au dernier étage l’arsenal.

Le Beffroi a échappé à l’incendie du 21 Novembre 1713, qui, en pleine nuit, ravage l’édifice, détruisant même l’horloge. 

L'arc de triomphe

Sur la grande place du marché  s’élève le palais de justice, autrefois palais épiscopal. Ce palais fut élevé en 1640 par le cardinal Bichi, évêque de Carpentras. Dans le fond de la cour se trouvaient les prisons et dans un enfoncement près de la cathédrale Saint Siffrein, on trouve les restes d’un arc de triomphe antique qui fut longtemps enfoui dans les cuisines du palais. Il pourrait avoir servi de porte à la cité gallo-romaine. On peut apercevoir sur ses faces des bas-reliefs représentant des captifs aux proportions démesurées. L’arc a dû être élevé en l’honneur de Claude (268-270), que toutes les villes de l’empire honorèrent par des statues, des arcs triomphaux, des autels ou des temples, à cause de ses vertus et de sa valeur à terminer la guerre gothique ; ou bien en l’honneur d’Aurélien(270-275), qui fit exécuter divers travaux dans la Viennoise et la Narbonnaise ; ou bien en faveur de Dioclétien(284-305), qui rendit le calme et un moment de grandeur à la Gaule.

La cathédrale Saint Siffrein

L’église paroissiale de Carpentras, dédiée à la Vierge, à Saint Pierre et à saint Siffrein, est un des échantillons du style ogival de la décadence. La première pierre fut posée en 1405, sur les ruines d’une plus anciennes, par l’archevêque d’Arles qui en avait reçu la commande de l’anti-pape Benoit XIII. On trouve une inscription à ce propos sur le mur méridional. L’édifice ne fut consacré au culte qu’en 1519, ce qui explique le style de la porte latéralle. Le chapître de l’ancienne cathédrale, fondée par l’évêque Ayrardus, en 982, fut d’abord régulier et de l’ordre de Saint Augustin. Il fut ensuite sécularisé et de seize chanoines réduit à douze, en 1241. L’acte autographe de la fondation fut  faite avec le consentement de Guillaume et de Rotbold, comtes de Provence. C’est probablement Ayrardus qui a fait construire le vieux cloitre roman attenant à l’église, détruit depuis.

L’église de Carpentras avait été l’objet des libéralités de Charles, en 857, dans la même charte déjà citée. Il s’y était tenu un concile, sous la présidence de Saint Césaire, le 6 Novembre 527.

Le quartier juif

Des communautés juives sont venues s’installer dans toutes les villes du sud de la Gaule dès la fin de l’Antiquité, dans le sillage de l’administration romaine. En comtat, leur présence est attestée dès le IIIe siècle. Ils ont été plus ou moins tolérés ou malmenés, selon le degré de protection que l’évêque et les seigneurs locaux leur accordaient. Au début du Moyen Age, ils étaient implantés dans de nombreuses communes : Carpentras, mais aussi Pernes, l’Isle sur la Sorgue, Monteux, Mazan, Caromb, Malaucene etc… Certains étaient propriétaires terriens et même paysans ou viticulteurs. Leur religion les obligeant à savoir lire ou écrire, ils étaient souvent aussi professeurs, scientifiques, médecins, banquiers, et en relation avec les autres communatés de grandes villes d’Europe ou d’Orient, ils faisaient également du commerce.

A partir du XIIIe siècle, leurs conditions se sont peu à peu dégradées et leurs libertés restreintes : on les oblige à porter un signe distinctif (pièce de tissu ou chapeau jaunes), on leur interdit d’être propriétaires, de voyager et la liste des métiers, qu’ils ont le droit d’exercer, s’amenuise jusqu’à se limiter, à partir du XVIe siècle, à la brocante, à la friperie, au maquignonnage et au prêt à intérêt…

Chassés des royaumes européens, ils doivent, après mille ans d’implantation, quitter la France ou l’Espagne. Beaucoup se réfugient dans les pays musulmans ou orthodoxes. Un petit nombre d’entre eux a choisi de rejoindre les communautés vivant dans les états pontificaux, comme Avignon ou le Comtat Venaissin. En effet, les papes, pour des raisons idéologiques, leur accordent la liberté de culte et de résidence. Les juifs comtadins, appelés aussi juifs du pape, voient donc leurs rangs grossir avec l’arrivée des juifs de Provence (après que celle-ci soit devenue française), de Languedoc ou de Catalogne.

Au début du XVIIe siècle, ceux des villages sont sommés de se regrouper dans les communautés d’Avignon, Cavaillon, l’Isle sur la Sorgue et Carpentras. Si bien que cette dernière, à la fin du XVIIIe siècle, compte 914 personnes (1/10e de la population de Carpentras). Ils sont obligés de s’entasser dans la carrièra, mot provençal qui signifie rue, dans laquelle ils sont assignés à résidence. Le quartier  entièrement clos était très densément construit, avec près de 128 maisons, dont certaines avaient jusqu’à huit étages, et dont toutes les ouvertures donnaient sur une seule et même ruelle étroite et sinueuse. La « juiverie », coupée des autres quartiers par des portes, fermées et gardées la nuit, fut le lieu de résidence des juifs de 1461 jusqu’à la Révolution française.

En Janvier 1790, l’Assemblée constituante reconnut aux juifs les mêmes droits qu’à tous les citoyens français. Pour la communauté carpentrassienne, ce fut le signal : en quelques mois, la carrièra se vida de ses habitants, libres désormais de s’installer sur le territoire national sans restriction.

Au cœur de la carrièra, rasée et remaniée depuis la fin du XIXe siècle à la façon « hausmanienne »,  se cache derrière une discrète façade, l’une des plus vieilles synagogues d’Europe et la plus vieille de France, toujours en activité. Cette maison fut, dès 1342, le siège de la vie religieuse juive. Elle comporte, dans ses parties basses, les fameux bains et boulangerie rituels, conservés intacts depuis le Moyen Age et dans les étages, les salles de prière, de réunion et d’enseignement, qui ont été reconstruites et décorées au milieu du XVIIIe siècle par l’architecte Antoine d’Allemand dans le style baroque provençal. Classé monument historique, ce lieu empreint d’émotion se visite encore aujourd’hui.


Sources:

- Panneaux situés dans la ville

- Livre Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, de Jules Courtet, édition Res Universis


Photos:

Jimre (2017)


Posté le 12-03-2017 19:27 par Jimre

Cairanne

Cairanne dans l’Histoire...

Cairanne s’aperçoit de loin dans la plaine du Comtat, car le village se situe sur une élévation qui domine la rive gauche de l’Aigue, avec de l’autre côté de la rivière lui faisant face le village de Sainte Cécile Les Vignes.

Un ossuaire d'époque néolithique atteste d'une présence humaine ancienne sur ce lieu.

C'est surtout à l'époque romaine que le site prend de l'importance. Un quartier du village a révélé des fûts, des bases de colonnes et également des monnaies et une figurine de Jupiter. Dans un autre quartier, des débris d'amphores et une statuette de bronze ont été découverts. Un monument élevé à son fils par Cassius Severianus, intendant de la Narbonnaise, est la preuve de son passage ou de sa résidence en ce lieu. On a aussi trouvé des mosaïques, des médailles et des tombes antiques.

Une tradition veut que l'oppidum de Cairanne ait été celui de la mythique Aeria de Strabon. La présence de cette cité est revendiquée par 120 autres communes de la Drôme et de Vaucluse...

Au Moyen Age...

La forme la plus ancienne est Castri Cairane, attestée en 1123. Elle dérive ensuite en Cairania (1150) puis Cayranna (1317)7. Ces toponymes suggèrent le nom d'un homme gaulois, Carius, auquel a été ajouté le suffixe -ana.

Le petit village fortifié de Cairanne fait partie du Comtat et son prieuré, dont le revenu était considérable, était ordinairement possédé par un prélat ou un abbé.

Etant dans le Comtat, Cairanne était donc un fief des comtes de Toulouse qui, au cours du XIIe siècle, l'attribuèrent en coseigneurie à leur vassaux, les Fouras, Mormoiron, Mondragon et Mornas

Ce fut Raymond de Mornas qui le premier, en 1177, céda ses parts aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Au cours du siècle suivant, Raymond Gaufridi de Castellane reçut en dot une partie de Cairanne lors de son mariage avec Randonne de Mondragon. En cette même année 1283, les deux époux cédèrent leurs droits, au cours du mois de septembre, au Grand Prieur de Saint-Gilles. Celui-ci se déplaça personnellement en octobre de cette année pour venir en prendre possession en faisant « hisser l'oriflamme de l'Ordre en signe de haute seigneurie ». 

Par la suite, les Hospitaliers durent rétrocéder Cairanne au Pape Jean XXII en 1320. Et La seigneurie appartint désormais au souverain pontife. La Révérende Chambre Apostolique - le ministère des finances pontificales - en devint Dame Foncière et le souverain pontife se réservait la dîme annuelle qui s'élevait alors à douze tonneaux de Cairanne ! 

Les guerres de religion n'épargnèrent point le village. En 1563, il est attaqué et pris par les religionnaires venus de Sainte-Cécile proche. Il reste quelques mois sous leur coupe puisque la même année Fabrice Serbelloni l'investit avec ses troupes pontificales. Il est à nouveau repris par l'armée de Lesdiguières en 1588.

En 1593, Antoine de Simiane acheta la seigneurie avec tous ses droits de paréage. Deux ans plus tard, une transaction eut lieu entre lui et la Révérende Chambre. Celle-ci recevait ses directes sur Valréas et lui cédait en contrepartie ses droits sur Cairanne.

Louis de Simiane, qui assista à la bataille de Lépante en 1571, comme capitaine de vaisseau, se disait seigneur de Vers, de Séderon et de Cairanne. Sa petite fille Marguerite de Simiane, eut pour dot cette terre, et épousa en Mai 1616, Jean de Cambis, seigneur d’Orsan. Puis en 1623, Antoine et son fils Louis de Simiane vendirent leur fief de Cairanne à Paul de Cambis.

Le village aujourd’hui...

Dans le village, un escalier en calade guide jusqu'au donjon des Hospitaliers, faussement appelé des Templiers. Il est daté du XIe siècle, servit de mairie et il est toujours sommé de son campanile municipal. Il abrite actuellement un musée du Vin. C'est le monument le plus ancien du village. Véritable retranchement, sa porte d'accès située en hauteur n'était accessible que par une échelle. Une tradition veut que cette tour ait été trois fois plus élevée qu'actuellement,.

On accède ensuite à la chapelle St Roch de 1726 avec son clocher d'arcade installé sur le rempart. Cette chapelle est située à côté de la Porte d'Autanne (XVIIIème siècle). Les remparts de 1123 dont les vestiges datent de plusieurs époques entourent sur quelques mètres le vieux village et offrent des vues superbes sur le Ventoux et la colline Saint-Andéol. Sur le chemin de ronde, on trouve encore deux tours rondes et une carrée dite "des Templiers". Leurs deux portes (porte Saint-Roch et porte Notre-Dame) sont toujours intactes et sont de différentes époques également. 

La chapelle Notre Dame des Excès date de 1631 possède de nombreuses caractéristiques provençales comme une petite nef à chevet plat. Son clocher est fait d'une seule arcade orientée nord-sud pour que le Mistral emporte le son. Cette chapelle date d'une époque (1721) où la Peste frappait de nouveau la région. Son nom rappelle que c'est là que l'on déposait les défunts, hors de l'enceinte.

La chapelle Saint-Geniès, située au cimetière, remonte au XIème siècle. On y a découvert d'anciens sarcophages.

L'église paroissiale de Saint-Martin est d'époque romane et gothique. Edifiée en 1857, elle est remplacée par Notre-Dame-du Rosaire construite entre1958 et 1961.

Cairanne possède une terre riche et un climat particulièrement adapté à la vigne, et le village est entouré des fabuleux vignobles des Côtes du Rhône. Sur la commune, le vignoble s'étend sur 760 hectares et produit environ 24 540 hectolitres par an.

Armoiries...

Les armes peuvent se blasonner ainsi : D'azur au château masuré de deux tours d'or, ouvert et ajouré du champ, maçonné de sable, accompagné en chef d'une étoile et en pointe d'une clef posée en fasce, le panneton en bas, le tout aussi d'or.


Sources:

- Vaison Ventoux tourisme

- Wikipedia 

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, de Jules Courtet, edition Res Universis


Photos:

- Jimre (2017)


Posté le 08-01-2017 20:30 par Jimre

Menerbes

Ménerbes est située entre Lacoste et Oppède le Vieux, perchée sur un des mamelons escarpés qui courent entre le lit du Coulon  et les premières pentes du Lubéron.

Il est probable que Ménerbes occupe à peu près l’emplacement de l’ancienne Manancha, où se retira Saint Castor, évêque d’Apt après Saint Quentin, dans les premières années du Ve siècle. Tout près de là, une grotte porte encore le nom de St Castor, et, en langue vulgaire, de San-Castre. Le quartier, au levant de la colline qui porte le village, a retenu le nom de Pied de Moustiers, podium monasterii. Tout peut donc faire supposer que c’est là que le saint fit bâtir un couvent, pendant que sa femme, de son côté, allait fonder un monastère de filles à Sivergues, sex virgines, dans une des gorges du Lubéron.

On sait que c’est sur ses prières et à l’attention des nouveaux religieux que Cassien, fameux abbé qui fonda Saint Victor de Marseille, écrivit les Institutions Monastiques, ouvrage dans lequel il donnait les règles des moines d’Orient. 

Le couvent fut sans doute détruit par les Saxons et les Lombards, dans leur expédition de 576.

A quelques kilomètres au levant, on trouve également une grande ferme qui était l’ancien couvent de st Hialire, de l’ordre des Carmes. On en fait remonter la fondation à Saint Louis.

En 1182, Imbert d’Agoult et ses frères prêtent hommage au comte de Forcalquier pour le château de Ménerbes. Plus tard, les Châteauneuf, co-seigneurs d’Entraigues et de Molleges, prétendirent à cette seigneurie et pendant longtemps poursuivirent leurs droits à Rome. Fatigués de la dépense et des lenteurs pour trouver une solution, ils finirent par céder leurs droits à la Chambre Apostolique.

Au Moyen Age encore, deux entrées permettaient l’accès à la cité. Ces portes, Saint Sauveur et Notre Dame, sont illustrées sous la forme de deux clés dans les armoiries de Ménerbes : cité du Comtat Venaissin.

Par une bulle du 25 novembre 1571, Pie V déclara que tous les biens, tant urbains que ruraux, seraient désormais allodiaux, et, comme tels, affranchis de lods et de cens. Il voulait ainsi récompenser les services de la ville pendant les guerres de religion. C’était jouer de malheur, car, présumant trop de leurs propres forces, les habitants de Ménerbes se laissèrent surprendre le 1er octobre 1573. Ils se comparaient, par rodomontade, à la roche de Milan, dit Louis de Pérussis, historien des guerres de religion. C’est Scipion de Valavoire qui prit la ville par ruse et, pendant près de cinq années, la ville fut comme la citadelle du protestantisme et ne capitula que sur une lettre écrite, dit-on de la main du Béarnais, futur Henri IV, le 9 Décembre 1578, après quinze mois de siège . 

Les assiégés sortirent de la ville avec les honneurs de la guerre, au son du tambour et toutes bannières dehors !

Certaines familles ménerboises conservent encore les boulets de fonte qui s’abattirent sur la ville lors de ces journées mémorables.

Le siège couta des sommes immenses et réunit une partie de la noblesse de France et du Comtat et fut conduit par le Duc d’Angoulême, frère naturel du roi et grand prieur de France. On suppose qu’il ménageait le village avec l’espoir d’en avoir la seigneurie et d’y placer l’une de ses créatures. La position de Ménerbes, au sommet d’un rocher abrupt et escarpé était forte à l’époque. Pérussis, dépité contre la longueur de ce siège, ne traite Ménerbes que de « vilain lieu, de bicoque bossue et mal située, qui n’en valait pas la peine »…

La plate-forme était défendue, au nord et au midi, par l’escarpement de ses rochers couronnés de créneaux ; au couchant, par le castellet, fortin qui dominait plusieurs avenues et au levant, par la citadelle dont le jardin, qui se termine en pointe très aigue, fortement en saillie sur la bourgade.

Est-ce la référence à Minerve, la déesse au casque d’or qui protégeait les Arts. De nos jours, de nombreux artistes furent attirés par Ménerbes, à la recherche d’une lumière pure et d’un nid secret pour travailler en paix. Picasso séjourna à la citadelle et Nicolas de Staël habita longtemps le castellet, bordé de jardins en terrasse et qui appartient à ses descendants. Il y a quelques années Ménerbes a aussi été immortalisé par un écrivain britannique britannique Peter Mayle, qui raconte dans « Une année en Provence » son installation dans la région. 


Sources:

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes de Jules Courtet, édition Res Universis.


Photos:

- Jimre (2016)


Posté le 06-12-2016 20:49 par Jimre

Journées de l'Archéologie 2016

La chapelle Saint Andeol de Velorgues, ancien prieuré de Montmajour, batiment inscrit depuis Avril 2016 au répertoire des Monuments Historiques, fait l'objet d'une troisième campagne de fouille, organisée dans le cadre d'un partenariat entre la Ville de L'Isle-sur-la-Sorgue, l'université d'Avignon, le CIHAM et le laboratoire d'anthropologie de l'université d'Aix-Marseille.

Elle a ouvert ses portes au public lors des journées de l'Archéologie afin d'exposer les découvertes réalisées lors des recherches archéologiques menées depuis trois ans et toujours en cours.

Citons au niveau des découvertes des vestiges datant du néolithique permettant de montrer que le site était déjà occupé 6000 ans avant J.C, une première église du haut Moyen-Âge, et un important cimetière médiéval, en fonction jusqu'à l'abandon du "castrum" de Velorgues à la fin du XIVe siècle. A ce propos ont été montrés des squelettes encore présents et venant d'être découverts.


Sources:

- article de Vaucluse matin

- site sur les journées nationales de l'Archéologie des 17,18 et 19 Juin 2016


Photos:

Y. Robles (2016)

Posté le 23-08-2016 20:51 par Jimre

Courthezon

Courthézon se trouve dans une plaine riante et fertile, auprès de la petite rivière de l'Azeille. Cette petite ville a conservé son enceinte de remparts, flanqués de tours, et ses portes à sarrazines. Une a pourtant disparu, mais on arrêta à temps l'oeuvre de destruction.

Sa forte position et sa proximité d'Orange lui ont fait jouer un rôle important dans l'histoire de cette principauté.

Au XIIIe siècle, la seigneurie en est dévolue à un prince de la maison des Baux, pour l'abandon que fait celui-ci de sa part de la Principauté. Mais ce ne fut qu'une surcharge pour les habitants puisque, à la date du 2 Juin 1302, nous voyons que la concession de certaines libertés leur est faite par le Prince, moyennant l'acquit de 30000 sous coronnats.

A mi-chemin entre Courthézon est le hameau d'Usson. Il paraîtrait que ce lieu fut le théatre de quelque combat livré par Guy de Cavaillon, dans la guerre entre Raymond VII et Raymond Bérenger, comte de Provence, vers 1240.

Le dernier prince de la maison des Baux assiégea et pris Couthézon en 1365.

A la date de 1488 intervint une sentence arbitrale,réglant divers droits entre le prince d'Orange et cette commune.

En 1568, le comte de Suze l'enleva aux protestants qui s'en étaient emparés et fit réparer les fortifications. On en ajouta de nouvelles aux frais du Comtat. 


Source:

livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Posté le 30-11-2015 21:31 par Jimre

Valréas

Valréas est un chef-lieu de canton. La ville est assez grande mais tortueuse. Les rues étroites tournent autour d’un point central culminant, sur lequel se trouvent l’église et les ruines d’un château, appelé Château Robert, on ne sait trop pourquoi. Elles forment autant de circonférences qui vont en s’élargissant jusqu’aux remparts, lesquels existent encore avec leurs meurtrières. 

C’est à Valréas que commence à se montrer le diluvium des terrasses des affluents du Rhône. A partir de ce point jusqu’à Pernes, il forme autour des collines de molasse une bande de 5 à 6 kilomètres qui serait continue, sans les interruptions produites par les dépôts alluviens. Au-delà de Pernes, ils prennent une si grande extension qu’ils occupent toute la plaine.

La ville de Valréas est bâtie sur un de ces monticules isolés de mollasse qui surgissent çà et là dans la plaine. Sa jolie situation fut appréciée des romains, à en juger par les nombreux fragments d’antiquités que l’on recueille dans les environs et par la proximité de quelque grande villa, au Pègue dont le propriétaire aurait pu donner le nom à la ville.

L’origine de la ville actuelle remonte au commencement des temps féodaux, au VIIIe ou au IXe siècle. Un Valérius se serait installé aux abords de la Coronne et aurait donné son nom au territoire. Ce fut d’abord un castrum, ou peut-être un monastère occupant l’emplacement, appelé encore aujourd’hui « les Clastres »(claustrum) , appuyé à une église dont on voit encore les vestiges.

Dès le commencement du XIIe siècle, le bourg fortifié de Valréas reconnait la juridiction de plusieurs coseigneurs. Son importance, s’accroit dans le siècle suivant. 

Sur ce point culminant de la ville est la tour de l’Horloge, élevée des ruines du donjon primitif. Des fragments de murs très épais sont encore épars dans un espace circulaire. Des substructions à grand appareil témoignent du développement et de la force du Château Robert, qui fut peut-être détruit par le comte de Toulouse en 1160, en même temps que Vaison. Dans ce siège dut disparaitre également l’église primitive, dont il reste si peu de vestiges.

En 1231, la communauté obtint de ses seigneurs des franchises signalées, comme l’exemption absolue de toutes tailles, la suppression de tous les droits de succession pour certains degrés de parenté et une diminution pour certains autres, l’autorisation de nommer des consuls qui seront renouvellés tous les ans et la confirmation de toutes les bonnes et louables coutumes observées dans la communauté.

En 1255, un Draconetus (Dragonet de Mondragon) était seigneur de Valréas, sous le haut domaine du comte de Toulouse. C'est lui donc qui accorda les franchises en 1231 à la cité.

En 1270, Aymard de Poitiers prête serment au comte et à la comtesse pour cette seigneurie.

Nous voyons ensuite Valréas suivre les destinées du Comtat-Venaissin. Cependant, sa position sur les limites du Dauphiné et du Comtat rendait sa situation politique incertaine. Plusieurs localités ne savaient à qui prêter l’hommage, réclamé en même temps par les commissaires du Pape et ceux du Dauphin. Valréas fut de ce nombre. Il paraît pourtant que la suzeraineté en resta au Dauphin et que celui-ci prêta hommage au saint Siège. Ceci ne suffisait point aux pontifes installés en Avignon car il leur fallait une place importante pour rallier leurs possessions du Haut Comtat. La terre de Valréas fut donc acquise le 30 Août 1317, par Jean XXII, qui fit contribuer toutes les communes et les ecclésiastiques du Comtat, par la levée des biens du séquestre des Hospitaliers, eux-mêmes héritiers des Templiers. Elle eut bien du mal à tracer les limites de son "enclave" car une portion demeurait toujours en territoire français soumis à la douane du roi...

Mais Humbert, le dernier Dauphin, protesta contre cette vente, et ses prétentions furent continuées par les rois de France, ses héritiers, jusqu’en 1450 lorsque Charles VII céda authentiquement au Pape Nicolas V tous les droits qu’il pouvait avoir sur Valréas, en échange des droits su Saint Siège sur Pierrelatte.

Valréas gagna beaucoup à cette réunion, tant sous le rapport matériel que pour son organisationcivile. Comme l’Isle sur La Sorgue et Carpentras, il devint le chef-lieu d’une des trois judicatures majeures du Comtat.

C’est encore sous la domination papale, au XIVe siècle que fut complété son système de fortifications. La majeure partie des remparts date de cette époque. Une portion des murs, ainsi que le château Dauphin, où était l’hôtel de ville, rappelle l’époque plus ancienne des Dauphins du Viennois. Quelques réparations furent faites lors des guerres de religions.

Dans le combat du 25 Juillet 1562, un des plus importants de cette époque, et où se trouvèrent les principaux capitaines des deux partis, Montbrun et le baron des Adrets occupaient les hauteurs de Lestang ; le comte de Suze, retranché sur Piedvaurias (podium Valriaci), s’appuyait sur la ville. Le combat se livra dans l’intervalle qui sépare ces deux collines où se trouvaient les ravins et les tranchées dont parlent les chroniqueurs.

La perte de huguenots fut plus importante en hommes mais le comte de Suze perdit son artillerie, et Valréas fut pris par des Adrets, qui le reprit à nouveau au mois de Novembre, ainsi que Piolenc et Mondragon.


Source :

-livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.



Posté le 30-11-2015 21:03 par Jimre

Valreas

Le château au coeur de la ville historique

Le château Ripert est situé sur le sommet de l’antique Valleriacum, colline de molasse dominant le bassin, sur laquelle des vestiges infimes mais bien réels de l’époque préhistorique et mis au jour lors des fouilles de 1995, témoignent de l’implantation de l’homme à Valréas à une époque très reculée (visite des salles archéologiques de l’ASPAER).

A l’origine, trois châteaux appartenant à différents coseigneurs s’élevaient tout près du cœur de la cité primitive de Valréas : Le château Riperti, le château Dauphin et le château Saint Jean. Mais seul le donjon du château Riperti, subsiste, les deux autres châteaux ayant été détruits aux XVe et XIXe siècles.

Edifié vers le début du XIIème siècle par les co-seigneurs de Valréas, Raymond de Mévouillon, Hugues d’Allan, Ripert de Valréas (qui a donné son nom à l’édifice), Bertrand de Taulignan, Dô de Chamaret, Pons de Guintrand (chartre de 1117), il appartient par la suite aux Montauban qui s’implantent au XIIème siècle autour de Valréas.

Le castrum appartient par la suite au Marquisat de Toulouse, puis de successions en achats divers passe de la Papauté au Dauphin en 1294, et en 1317, le pape Jean XXII reprend possession de Valréas et de son territoire jusqu’en 1792.

Le donjon que l'on voit aujourd'hui est nommé tour Ripert. La forteresse fut bâtie à une époque où les habitants venaient souvent y trouver refuge. L’étude minutieuse de l’architecture a permis de dater précisément l’édifice : il est de tradition romane, de la fin du XIIème siècle, début du XIIIème siècle. Toutefois, il y a eu au cours des siècles plusieurs ravalements visibles de l’extérieur, les parements externes ont pu être consolidés et restaurés vers le sommet. Les créneaux, eux, sont plus récents.

C'est une tour quadrangulaire de 17 mètres de haut, environ 7 mètres de coté et dont les murs ont 2 mètres d'épaisseur. Elle comprend trois étages et une terrasse.Les 2 premiers étages comportaient des planchers supportés par des poutres dont les trous de boulin à l’intérieur des murs sont visibles. Le dernier étage par contre comporte une très belle voûte romane en plein cintre appuyée sur les murs est/ouest.

A l’origine, la tour ne disposait d’aucun escalier car l’accès aux différents étages se faisait par des échelles de corde ou de bois.

Les différentes ouvertures qui sont bouchées sont probablement des accès à des escaliers inclus dans l’épaisseur des murs.  A noter que l’escalier actuel et la porte d’accès datent de 1679 et ont été édifiés après la destruction de l’escalier extérieur dont les traces sont visibles sur la façade est, pour accéder plus facilement à la terrasse qui reçut l’horloge en 1458. 

Le bourg de Valréas s’aggloméra progressivement autour du château et un premier rempart fut édifié autour. 

Au XIIIe siècle, l’histoire agitée de l’Italie oblige les papes à quitter Rome. Les papes font l’acquisition du Comtat Venaissin, ancienne terre des comtes de Toulouse, en 1274, puis d’Avignon en 1348. La cour pontificale s’installe  en Avignon et la région prend alors le statut d’Etat pontifical et le restera jusqu’à la Révolution. Sept papes et deux papes « schismatiques » s’y sont succédé jusqu’à ce que les conditions politiques en Italie permettent leur retour à Rome.

Le château est définitivement acquis par la Papauté quand celle-ci fait l’acquisition de la ville de Valréas  en 1317. 

Au XVe siècle, la Ville fait placer une horloge en haut de la tour. Pour cela, un édicule est construit sur la terrasse pour abriter la cloche de l’horloge appelée la "Charensole".

A la même époque, le sous-sol de la tour est aménagé en prison papale, fonction qu’elle conserve jusqu’à la Révolution.

Autrefois enclave papale à l’intérieur du Royaume de France. Lors de la création des départements français en 1792, à la suite de la Révolution Française, les habitants de Valréas, Visan, Richerenches et Grillon décidèrent, par référendum, de rester rattachés au Vaucluse, ce qui engendra l’existence d’une « Enclave » vauclusienne dans la Drôme Provençale

La tour offre ainsi un magnifique point de vue sur les paysages de l’enclave des Papes, du Haut Vaucluse et de la Drôme provençale.


L’Enceinte - Les Remparts :

L’enceinte polygonale constitue les restes visibles des remparts du Château (castrum) supérieur de Valréas. La porte d’accès (poterne) ne comporte plus que le pilier ouest et le départ de l’arc qui conserve encore la trace du passage de la herse. Elle comporte 9 côtés d’inégales longueurs encore en place pour la plupart.


La hauteur des murailles varie de 5,50 à 8,50 mètres (on ne connaît pas la hauteur d’origine). L’épaisseur est de 1,50 à 2 mètres. Construite en pierres finement taillées, elle est renforcée à sa base de contreforts visibles des jardins des Pénitents Blancs (fouilles archéologiques 1995). A l’emplacement du château d’eau actuel, s’élevait un local assez important, témoins les deux départs de murs, très épais qui sont harpés perpendiculairement sur le rempart côté nord. Le château, comme tous ceux du XIIème et XIIIème siècles, devait comporter des locaux en bois accolés aux murailles et à la tour qui servaient de salles communes, de salles d’armes, de greniers, de cuisines… Côté ouest, le départ d’arc dans les angles était sûrement le support de pièces supérieures en pierre ou en bois. Ces deux arcs étaient harpés sur la muraille du rempart sud ouest (maquette visible à l’office de tourisme).


L’église Notre Dame de Nazareth

Au XIe siècle, un prieuré bénédictin pourrait être à l’origine de l’église primitive romane mais la partie constituée d’une croix latine, l’abside, le transept et la nef, ne date que du XIIe siècle. L’édifice présente les caractéristiques de l’art roman provençal, qui atteint ici la limite nord de son aire de diffusion : monumentalité de la nef voûtée d’un berceau à peine brisé, importance des surfaces murales, chapiteaux inspirés de l’art antique dans le décor du chevet.

L’église du XIIe siècle fut agrandie par la suite. Des nefs latérales sont opposées aux murs extérieurs en demi-berceau. A partir du XVe siècle, les familles et les corporations de Valréas édifièrent de nombreuses chapelles.

A l’extérieur de l’église, les trois baies du portail sont richement décorées de voussures ornées, de chapiteaux travaillés de fleurs, de pétales, de figurines sculptées. Elles présentent une composition équilibrée de colonnettes, d’arcs en plein cintre. Le portail ouest est décoré d’élégantes colonnes, dues à des artistes des XIIIe et XIVe siècles. 

Deux clochers sont bâtis au-dessus des transepts de l’église. Le plus ancien, du XVe siècle, est un campanile octogonal à baie trilobée coiffé d’une ouverture conique. Le second, composé de trois arcades qui abritent les cloches, est de style purement provençal.

L’abside est formée de cinq pans rectangulaires qui sont renforcés par des pilastres à chapiteaux.

La monumentalité de l’église traduit l’importance de Valréas au Moyen-Age



Sources:

- Panneaux situés dans le village.
- site palais-des-papes.com
- site de l'Office du tourisme de Valréas.

Photos:

- Jimre(2015)

Posté le 28-11-2015 09:10 par Jimre

Velleron

Cette commune se situe non loin de Pernes et l'Isle. Le village est baigné par un des bras de la Sorgue suite au partage des eaux à l'Isle.

En 1232, Raymond VII, comte de Toulouse, inféoda Velleron à Pons Astouaud, son chancelier, en reconnaissance de ses services. L'acte fut dressé par Pons lui-même. Cette terre resta dans sa famille jusqu'à ce que, heritée par deux filles, elle fut divisée et aliénée. Une moitié fut achetée par la famille de Crillon. L'investiture par la Chambre apostolique est du 2 avril 1631. L'autre moitié fut acquise de la dame de Chateauneuf par le marquis de Cambis, père du chef d'escadre, qui prit le nom de Cambis-Velleron.

Le pape Clément IX érigea la terre de Velleron en marquisat en sa faveur, en Juillet 1668. Chacun des deux seigneurs avait ses officiers qui rendaient alternativement la justice pendant une année.

Le château de Crillon est l'ancien manoir seigneurial. Il est flanqué d'une tour et les murs sont crénelés. Celui des Cambis était un édifice moderne. Ils se dressaient l'un face à l'autre, comme deux puissances rivales.


Source:

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre (2011)

Posté le 20-02-2015 18:06 par Jimre

Saignon

Cette commune est perchée au sommet d'un mamelon très élevé qui commande la ville d'Apt et l'ancienne voie romaine via Domitia venant de Forcalquier. On monte à Saignon par une pente assez élevée qui commence aux portes d'Apt. Le point le plus culminant est occupé par les ruines du château. L'origine de Saignon est due à la position forte de ce rocher, où purent se réfugier les personnes refoulées par les barbares. Ce fut dans le principe, une tour à signaux, signum, d'où la basse latinité a fait sagnio, étymologie du nom actuel.

On a voulu remonter à Charles Martel la donation de ce château à l'église d'Apt. Il serait plus logique de l'attribuer aux Simiane, dont le site éponyme est situé non loin de là, car Saignon est très vite devenu une de leurs propriétés. A la fin du XIIe siècle, Rambaud Ier de Simiane, second fils de Guirand Ier de Simiane, eut pour ses droits les terres et les châteaux de Saignon, de Saint Martin de Castillon, une portion de la ville d'Apt et quelques autres biens dans le diocèse. Son fils, Bertrand Rambaud de Simiane, eut, en 1242, quelques démêlés( excommunication...) avec l'évêque Geoffroi et se réconcilia avec son succésseur, en 1246 (fin de l'excommunication...).

Le fils de celui-ci, du même nom, renouvela l'hommage à l'évêque Raymond de Bot, le 2 avril 1281. Il ne laissa que trois soeurs, qui elles vendirent leurs droits seigneuriaux au roi Robert. En 1310, Aicart de Bot, de concert avec ses frères, lui avait pareillement vendu tous les siens. Par ces deux ventes, la seigneurie de Saignon fut acquise à la couronne de Provence. Mais une chose est à remarquer. C'est que la forteresse formait une juridiction séparée, dont disposèrent toujours les syndics de la ville d'Apt. 

Quand Louis de Tarente et la reine Jeanne se déclarèrent seigneurs d'Apt et de toutes ses appartenances, ils conservérent néanmoins à la commune ses droits sur la forteresse de Saignon. C'est la ville qui en nommait le châtelain. sentinelle avancée, cette forteresse joue un grand rôle dans l'histoire d'Apt et leurs destinées se confondent. Les syndics la firent agrandir pendant les guerres de Charles Durazzo, en 1388. Elzéar d'Autric, seigneur des Baumettes, en était alors le gouverneur. Sa position, forte et inexpugnable, en faisait la clef et la défense du pays. Pourtant, les ligueurs s'en emparèrent, en 1589. Il ne partirent que contre paiement d'une rançon. Du château, il ne reste plus que des ruines, au mileu desquelles des habitations ont été construites.


Source:

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


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- Jimre (2011)

Posté le 20-02-2015 13:03 par Jimre

Vacqueyras

Le village est situé non loin de Beaumes de Venise, Sarrians, Gigondas et Montmirail.

Guillaume des Baux céda Vacqueyras à Raymond VI, comte de Toulouse, en retour d'Uchaux. On voit les Vassadel seigneuriers à partir de 1388. Aymar de Vassadel, seigneur de Vacqueyras, était syndic de la noblesse du Comtat et chevalier de l'Ordre de Saint Michel, en 1578. La fille unique d'Alexandre épousa, en 1688, J. Mathias de Lauris, marquis d'Ampus, dit de Castellane. Voilà pourquoi les eaux appartenaient jadis à M. de Lauris-Castellane, qui avait la seigneurie de Vacqueyras dans le Comtat, et le fief de Montmirail dans la principauté d'Orange.

Vacqueyras est la patrie d'un troubadour célèbre, né en 1155, connu sous le nom de Rambaud ou Raimbaud de Vacqueyras et du fameux chirurgien Imbert-Delonnes, né vers 1745, mort à Paris en 1820, chirurgien en chef des armées.

Rambaud, chevalier croisé sans cesse sur les routes, séjourne à une période à la cour du duc de Montferrat. Il y rencontre Béatrice et compose ces vers:

"Je 'aurais ma joie entière

Si je nai vous et vous moi"

Cette jolie déclaration d'amour a fait plus pour sa renommée que ses exploits guerriers et sa mort héroïque en Grèce...


Sources:

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


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- Jimre(2013)

Posté le 20-02-2015 10:39 par Jimre

Murs

Murs est un village situé au nord-est de Gordes, sur une hauteur, dans un pays au relief marqué et en grande partie boisé.

Le 13 Mai 1312, Raymond d'Agoult, seigneur de Forcalquier, les genoux flêchis et les mains dans celle de l'évêque de Carpentras, reconnait tenir le château de Murs sous la directe et la seigneurie de l'évêque et lui en fait hommage. A la date du 20 juin 1332, il y a une reconnaissance en faveur de l'évêque de Carpentras, comme seigneur du lieu. Murs était néanmoins en Provence et de la viguerie d'Apt.

Il vit naître par hasard le brave Crillon. Sa mère Jeanne le Grillet, vint accoucher chez sa soeur Catherine, épouse de François d'Astouaud, alors seigneur de Murs.


Sources:

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


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- Jimre(2008)


Posté le 20-02-2015 09:27 par Jimre

La Roque sur Pernes

Situé à proximité de Pernes, le Beaucet, Saint didier, Vénasque, Saumane et l'Isle sur la sorgue, le village est bâti sur le penchant d'une colline, dont le sommet est occupé par un château. Un grand fossé taillé dans le roc servait à l'isoler. Clément VII inféoda la seigneurie de La Roque sur Pernes à Boniface de Pérussis d'Avignon, le 26 Août 1524. Ce fief étant revenu au saint Siège, le pappe en céda, pour un certain temps, les directes et les censes à la famille de Blanc, des marquis de Brantes.

Dans la nuit du 10 décembre 1573, les protestants de Ménerbes, aidés de ceux de Joucas, s'emparèrent de La Roque sur Pernes, par la trahison d'un tailleur de pierres. Ils l'abandonnèrent 6 jours après, en emmenant cent mulets chargés de dépouilles, soixante boeufs et trois cents cochons...


Sources:

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre( 2012,2013)

Posté le 20-02-2015 08:56 par Jimre

Richerenches

Le bourg médiéval ressemble encore beaucoup à l'ancienne commanderie templière. l'ordre du Temple ne posséda aucune maison en Europe avant 1128. Richerenches fut une des premières fondées dans le midi de la France (1136). On en a conservé le cartulaire, document exceptionnel pour l'étude de la région aux XIIe et XIIIe siècles.

Dix huit seigneurs donnèrent à Guichard, à Arnaud de Bédos et Hugues de Panac, tous trois chevaliers, des biens qu'ils possédaient entre le ruisseau d'Essone et l'étang de Granouillet, avec droit de chauffage et de pâturage dans leurs terres pour la fondation d'une commanderie. Richerenches ne tarda pas à devenir chef d'ordre de toutes les maisons qui s'établirent dans les environs. Simples commanderies, elles relevaient toutes de la préceptorale de Richerenches.

Celle-ci exerça les droits suzerains à Visan, Grillon, Valréas, Buisson, Bouchet, sainte Cécile et Saint Paul Trois Châteaux. Les templiers n'avaient pas tardé à faire de nombreuses acquisitions dans le voisinage. Une maison s'était élevée, tenant du cloître et de la forteresse et qui répondait bien au caractère religieux et guerrier des chevaliers.

Leurs prétentions les brouillèrent plus d'une fois avec les évêques. En 1230, le commandeur Bertrand de la Roche eut un procès avec l'évêque de Saint Paul, Geoffroi, au sujet de la jouissance des pâturages et des prés situés à la Beaume de Transit. cette affaire fut arrangée par Jean de Baussan, évêque de Toulon.

En 1290, Guigues Adhémar, grand maitre de la milice de Provence, fit hommage au pape de la commanderie de Richerenches, en présence d'André Mathias, commandeur de cette maison, et de tous ses officiers. Mais cet acte ne préserva pas l'Ordre de la rapacité de Philippe le Bel et de la faiblesse de Clément V. La préceptorale de Richerenches passa, avec toutes ses dépendances, aux chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, qui la remirent au Saint Siège, en 1320.

Alors, sans doute, commença la destruction de l'orgueilleuse et massive demeure. Ses débris servirent à former une autre enceinte, un peu plus grande, au nord, que celle de la commanderie. Les habitants des environs, chassés par les routiers du XIVe siècle, y cherchèrent un refuge. Leur nombre s'accrut de ceux de Bolboton, un village détruit par le vicomte Raymond de Turenne. Le 30 janvier 1470, Julien de la Rovère, évêque d'Avignon, annexe le temporel de Richerenches au collège de Saint Nicolas d'Annecy ou du Roure, qu'il venait de fonder. Urbain VIII ayant uni ce collège à la congrégation de la Propagande, celle-ci se trouva dame justicière et foncière du lieu.

Enfin, le haut domaine revint à la Chambre Apostolique, qui retirait seulement de la commune une cense de sept florins, pour la dérivation de l'eau d'un moulin, concédé le 23 mai 1590.

En 1487, les habitants décimés par la guerre et la peste, se retirèrent dans les villages voisins, refusant de retourner dans leurs foyers, si l'évêque de Saint Paul ne diminuait pas la dîme. Sur la demande de quatre cultivateurs de Valréas, Antoine et Pierre Allard frères et Jean et Vincent Néaline, l'évêque la porta sur le champ du 12e au 18e.

Aujourd'hui, Richerenches est un charmant village. La porte, à l'ouest, est celle de l'ancienne commanderie que l'on a surmontée d'une lourde tour, servant d'horloge. Aux deux angles extérieurs, un peu au-dessous de la corniche, sont deux têtes ou masques grossièrement sculptés: c'est peut-être un souvenir du dieu ou génie androgyne des templiers. Outre cette porte, il reste un grand mur, avec terrasse soutenue par des arcades à plein cintre et faisant partie du rempart.

Le Temple de Richerenches devait se composer, comme partie principale, de deux bâtiments parallèles,s'étendant de l'est à l'ouest, ayant chacun une longueur de 32 mètres par une largeur de 11, laissant entre les deux un espace de 6 mètres.La grande porte d'entrée, située vers l'ouest, faisait face à la petite cour comprise entre les deux bâtiments; du côté sud se trouvait une foule de logement intérieurs, destinés à l'habitation et au service.

L'enceinte générale formait un quadrilatère de 74 mètres au nord, 81 mètres au sud, 58 mètres à l'est et 55 mètres à l'ouest. Ces ruines sont les seules qu'on trouve dans le département des diverses commanderies élevées au XIIe siècle, hormis deux chapelles rurales, Notre Dame et Saint Alban.

Richerenches fut emporté par le vicomte de Turenne en 1389 et par le baron des Adrets en 1562.


Sources:

- livre le Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre(2014)

Posté le 19-02-2015 20:55 par Jimre

Malaucene

Malaucene est situé sur un lieu de passage, sur les premiers contreforts du mont Ventoux. L'air y est pur et bon et la peste y a rarement pénétré, les épidémies y ayant toujours fait moins de ravages qu'ailleurs.

Bâtie sur la molasse, elle doit son nom Malaucena à ce mauvais sable.

Le premier habitat connu est néolithique. Il ne s'interrompit pas jusqu'à l'occupation romaine. De cette époque datent les vestiges de l'acqueduc qui alimentait Vaison la Romaine à partir de la source du Groseau qui doit son nom à une petite divinité de l'Antiquité, Graselos.

Au centre du village, s'élève un mamelon sur lequel était édifié le château seigneurial. Il est propriété du St Siège en 1229, date du traité de Paris qui confisque les biens des comtes de Toulouse. Malaucene a par la suite la faveur de Clément V, qui fit construire sa demeure vers la source de Groseau. Cette demeure fut démolie à la Révolution mais on a conservé la chapelle romane Notre Dame (XIe-XIIe siècle).

L'administration était composée à Malaucène d'un parlement général, d'un conseil et de deux syndics dont plusieurs actes attestent la présence au XIIIe siècle.

Ce pays, qui avait appartenu aux Baux, fut inféodé par Clément VII à Bernard de Serres pour lui et ses successeurs et cela à perpétuité. Mais Jean XXIII révoqua l'inféodation, attendu que ce seigneur avait prêté hommage à son compétiteur, Benoit XIII. Pourtant quelques temps après, il confirma une transaction entre les habitants et la veuve et les enfants de Bernardin, mort en 1410, par laquelle ils cédaient à la communauté tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur la ville et son territoire. La commune devint donc dame-foncière et jouit de tous ses droits.

Néanmoins, par une transaction de 1575, elle fut obligée de payer à la chambre Apostolique une redevance annuelle de 700 florins.

Elle fut prise en 1560 et 1563 par les calvinistes, qui pillèrent les habitants, ravagèrent les campagnes, profanèrent l'église et détruisirent les archives.

Les fortifications et quatre portes sont encore debout. En 1827, le donjon fut rasé, l'emplacement déblayé (il ne reste que les murs de soutènement) et on en fit un calvaire.

 A voir dans le village la tour de l'horloge et son beffroi, datant de 1482, l'église forteresse St Michel et St Pierre, construite au début du XIVe siècle et modifiée au XVIIIe siècle


Sources:

- Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis

Posté le 19-02-2015 13:14 par Jimre

Thouzon

A deux kms au nord ouest du Thor, sur le seul monticule qui coupe la plaine, sont les ruines de l'ancien château de Thouzon et une jolie chapelle qui en dépendait. L'abside est semi-circulaire au dedans et au dehors. Une corniche fort simple est portée par des consoles taillées en corbeau. Le tailloir est façonné en damiers. Les soffites sont ornés de rosaces variées; dans l'un on voit l'anagramme du christ, avec l'alpha et l'omega. ce travail parait être du Xe siècle.

L'an 1014, Ingilramnus, évêque de Cavaillon (pour la petite histoire, cet évêque était marié), donne et confirme aux Bénédictins de Saint André de Villeneuve "les églises, déjà données par le pape Jean, qui sont et seront sur le mont de Thouzon, avec leurs dépendances". Cette charte est confirmée par celle de Raymond de Saint Gilles qui, se trouvant à l'abbaye de Saint André, en 1088, fait deux donations considérables à ce monastère. Par la première, il lui donne le mont d'Andaon, podium andaonense, sur lequel il est construit, avec le village voisin(celui des Angles); par la seconde, il lui donne le mont Todone sur lequel sont les églises de Sainte Marie et de Saint Pierre, avec le bois et toutes les dépendances, la villa adjacente et tout le marais avec le port de la Sorgue, sauf toutefois l'albergue et la chevauchée.

Le pape Gelase II, dans sa bulle d'Orange datée de 1118, mentionne les églises de Thouzon parmi les dépendances de saint André. Les droits seigneuriaux de celui-ci ne furent nullement éteints par les donations des comtes de Toulouse de 1171 et 1201. Seulement, les barons du Thor se qualifièrent des seigneurs-majeurs du Thor et coseigneurs de Thouzon jusqu'au 2 décembre 1493, où ils désemparèrent tous leurs droits à l'abbé de Saint André, qui devint ainsi seigneur unique et baron de Thouzon.

En 1396, le château fut pris par les troupes du vicomte raymond de Turenne, venu des Baux. Les pillards furent débusqués par le recteur du Comtat, Gaston de Montecatino, sans qu'on sache si c'est avec condition ou sous la force des armes.

En 1563, l'année qui suivit la prise du Thor par le Baron des Adrets, neuf cents calvinistes dressèrent une embuscade dans le bois de Thouzon. La garnison catholique du Thor se fit surprendre et battit en retraite non sans quelques pertes.

A la fin du XVIIe siècle, le château tombait en ruines et offrait à peine un logement au garde du seigneur. La justice se rendait en plein air, au pied d'une croix, au bas de la colline.

En 1696, l'abbé de saint André, François du Roure, vendit les ruines et la seigneurie de Thouzon à M. de Martin.


Sources:

- Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis

Posté le 19-02-2015 12:11 par Jimre

Lagnes

Lagnes est situé sur le versant occidental du chainon qui, partant de Fontaines de Vaucluse, va mourir à la Tour de Sabran, ancienne frontière entre les comtes de Provence et ceux de Forcalquier.

En 1253, Isnard et Bertrand de Lagnes, Pierre de Caseneuve et Guillaume de Codolet étaient coseigneurs, avec Alphonse, comte de Toulouse, de la seigneurie et haute juridiction de Lagnes. Le Saint Siège y acquit plus tard la totalité de la juridiction. Quant à la seigneurie, elle appartenait, en dernier lieu, aux Cambis d'Orsan pour deux portions, aux Montréal et aux Nogaret pour les deux autres.

Quoique fermé de muraille, Lagnes est une bourgade modeste. Les restes du château, occupant la partie la plus haute du village, appartenaient au marquis de Cambis, ancien pair de France. Le château date d'une époque assez reculée. Les proportions étaient gigantesques, car de nombreuses habitations ont trouvées place dans ses ruines. Une de celles-ci n'est autre qu'une chapelle romane. 


Sources:

- Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis


Photos:

- Jimre(2008, 2012)

Posté le 18-02-2015 13:33 par Jimre

Le Thor

Le Thor des légendes:

"Le Thor est une ville si ancienne qu'on n'en sçait point l'origine, car elle estoit fondée avant l'empire et le règne de Charlemagne".

La légende "Taurum Stella Ducit":

Dans l'histoire de la ville et de la baronnie du Thor de A. Rousset, on peut lire:

"La tradition de père en fils nous apprend que ce grand et dévôt empereur Charlemagne ayant été informé d'un miracle arrivé au Thor, à l'abreuvoir de la Sorgue auquel un taureau s'était mis à genoux, ce qui avait donné lieu à la découverte d'une statue en pierre représentant la Sainte Vierge. Il fit aussitost bâtir au mesme endroit une grande et superbe église à deux voûtes..."

Vers 750 eut lieu la concession des terres marécageuses du Trentain et Charlemagne serait à l'origine de la construction de l'église Notre Dame du Lac. En 1001, Roubaud, comte de Provence, fait la concession du canal des Coudoulières, pour arroser les terres de l'église du Thor.

Au XIe siècle, certains textes évoquent "un port sur la Sorgue". Ce ne peut être que le Thor qui deviendra au cours des XIIe et XIIIe siècles une cité commerçante.

Le Thor est un des pays(territoires) qui furent déclarés indivis entre les comtes de Provence et les comtes de Toulouse, dans la fameuse convention de 1125 et que la commune d'Avignon assigna en partie à un cadet de la maison de Sabran. En Mai 1171, Raymond V, comte de Toulouse, inféoda la quatrième partie des fiefs du Thor et de Thouzon au même Giraud Amic, le haut domaine et l'albergue réservés.

Mais son fils Raymond VI, dans un acte daté de 1201, abandonna au même Giraud et à Pierre Amic, son frère, ses droits d'albergue, plus le fief de Girmainanègues (Germignargues), avec les eaux et la pêche et 4000 sols raymondins nouveaux, en échange de quelques terres en Languedoc.

La villa de Girmanhanicis était un fief dont l'église existait encore en 1250. Il était situé sur la limite des teritoires de l'Isle et du Thor. Il fut sans doute détruit au XIVe siècle et pendant longtemps, il a servi de carrière pour les constructions alentours.

Pour reconnaitre les services des Avignonnais, le même Raymond leur abandonne ses droits sur ces mêmes fiefs en 1212; mais deux mandats du cardinal de Saint Ange, l'un daté de Vienne du 7 octobre 1227 et l'autre de Noves du 21 Janvier 1229, intiment aux Giraud Amic de prêter hommage au pape, les donations du comte de Toulouse étant nulles, comme ayant été faites après la confiscation de ses biens suite aux croisades lancées contre l'hérésie cathare. 

A partir du XIVe siècle, suite  à l'asséchement des marécages du nord (Trentain, Méjean, Téal des Dominicains), le Thor devient une cité agricole. Le fief du Thor changera de nombreuses fois de propriétaires et la cité, comme de nombreuses villes du sud de la Frances sera administrée par des syndics puis par des consuls et saura négocier habilement divers droits pour se dégager des pressions du pouvoir féodal. Des taxes furent levées par le seigneur, en 1354 et 1387 pour les murailles et les fortifications.

La seigneurie du Thor, qui fut bientôt la troisième baronnie du Comtat, resta dans la famille Amic jusqu'au XVe siècle où elle passa, le 20 novembre 1405, à Odon de Villars et le 26 Septembre 1417, à la maison de Cadart. Nicole Cadart, fille et héritière de Jean de Moussy, dit Cadart, baron du Thor et seigneur de Velorgues, épousa Aymard d'Ancezune, seigneur de Caderousse et de Cabrières, lieutenant-général de l'artillerie de France, au commencement du XVIe siècle. 

Au XVIIe siècle, le Thor abrite environ 1000 habitants, puis 2500 au XVIIIe, entre 3000 et 3500 au XIXe siècle.

La baronnie du Thor passa ensuite dans la famille de Grammont en 1767.

A l'époque de la révolution industrielle, agriculture et industrie se conjuguent. Les nombreux moulins et fabriques situés sur les bords de la Sorgue, se reconvertissent au fil du temps, passant selon les besoins, de la platrerie à la papeterie, de la tannerie à la scierie...Mais ce sont les "usines à garance", traitant cette plante cultivée pour le pigment des uniformes de l'armée française, qui marqueront durablement les mémoires.

A la fin du XIXe siècle, la culture de la garance disparait avec l'invention d'un substitut de synthèse.

Quant à la viticulture, elle souffre des ravages du phylloxéra. c'est grâce à l'inventivité d'un thorois, le docteur Seigle, que le parasite est combattu efficacement. Du début du siècle aux années 30, le Thor devient le marché mondial du Chasselas...

Sources:

- livre Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis

- article paru dans l'agenda 2015 distribué par la ville du Thor à ses habitants.




Posté le 17-02-2015 10:19 par Jimre

Avignon d'hier à aujourd'hui

Retranscription d'un article trouvé sur le site des Archives d'Avignon. Le site est encore en gestation mais comporte néanmoins des infos intéressantes. Ne manquez pas d'aller y faire un tour. 


D'Avenio à la ville médiévale

Le Rocher des Doms qui surplombe la plaine du Rhône a été le berceau originel de la ville. Promontoire isolé, magnifiquement situé à la croisée de deux voies de communication de premier ordre, au confluent du Rhône et de la Durance. La ville antique doit son premier développement à son emplacement particulièrement favorable. Dès la préhistoire, au néolithique, les premiers habitants de la ville se sont établis sur le Rocher, qui avait aussi le mérite de les protéger des menaces d'invasions. Plus tard, l'habitat se développa à ses pieds en occupant l'actuel quartier de la Balance, une grande partie de la place du Palais, jusqu'aux abords de la rue Saint-Agricol. C'est vraisemblablement au cours de la protohistoire que l'antique Avenio adopta son nom. Certains érudits pensent qu'il s'agit là d'un toponyme ligure, d'autres lui assignent une origine celtique. Il signifierait soit " ville du fleuve ", soit " ville du vent violent ". Avant l'installation des Romains, Avignon fut hellénisée par l'intermédiaire de Marseille, comme l'atteste les monnaies fabriquées à l'imitation des réalisations phocéennes.

A l'époque romaine, la situation stratégique d'Avignon continua d'être un atout pour la ville, qui commerçait avec Arles et Lyon, d'une part, et l'Italie, via la vallée de la Durance et le Mont-Genèvre, d'autre part. Au premier siècle, l'aire d'Avignon était importante, puisqu'elle couvrait une cinquantaine d'hectares et, selon certaines estimations, la ville aurait compté jusqu'à 20.000 habitants, chiffre très important pour l'époque. Néanmoins, à côté de Nîmes, Arles, Orange, ou Vaison-la-romaine, si riches en antiquités, Avignon, fait figure de parent pauvre et n'a rien à montrer, ou presque, de sa grandeur passée. Il y a bien les arcades romaines, dont une seule est visible rue Saint-Etienne, les autres étant enchassées dans les maisons, côté pair de la rue Petite Fusterie. Elles mesurent 4,60 m de hauteur sur 2,50 m de large et forment un longue construction de soutènement sur plus de 250 m. Elles étaient destinée probablement à rattraper la pente des terrains sur lesquels le forum et ses annexes étaient aménagés. On sait, grâce aux travaux du dix-neuvième siècle sur la place de l'Horloge, que ce dernier se trouvait sur l'emplacement de l'Hôtel de Ville et du théâtre. De nombreuses pièces archéologiques ont été mises à jour, rue Géline et rue Racine, et sont conservées au musée lapidaire. Sur l'autre versant du Rocher, rue de la Peyrolerie, des vestiges de constructions romaines sont encore visibles. Plusieurs hypothèses ont été émises à leur sujet : on a pensé à un théâtre. Le chanoine Sautel y voyait les restes d'un amphithéâtre, d'autres un entrepôt public... D'après Pline l'ancien, Avignon était un oppidum, c'est à dire une ville fortifiée. On estime que la première enceinte de remparts date du premier siècle, son périmètre correspond, en gros, au cours des Sorguettes : rues Joseph-Vernet, Henri-Fabre, des Lices, Philonarde, Paul Saïn, Campane.

Au troisième et quatrième siècles, une enceinte de repli fut construite, afin de mieux se protéger des invasions. La population se regroupa à nouveau autour du vieil oppidum tutélaire, le Rocher des Doms. D'après Eugène Duprat, cette enceinte s'appuyait sur les arcades romaines de la rue de la Petite-Fusterie jusqu'à Saint-Agricol, puis tournait à angle droit pour passer au bas de la place de l'Horloge et suivre à peu près le tracé de la rue Favart, pour se rattacher au Rocher à la hauteur de la place de la Mirande. Le coeur du système défensif était le Rocher, où il y avait un castrum ou citadelle. Visible sur le plan de 1618, cette forteresse, attestée depuis le onzième siècle, sera finalement détruite en 1650 par une explosion. D'autres vestiges romains ont été mis à jour, en particulier des mosaïques rues Bouquerie, Viala, roi René, Bonneterie, Saluces, dernièrement rue Grivolas. De nombreuses sépultures ont été retrouvées sur l'emplacement de la gare, et de l'ancienne usine des eaux de Monclar, mais aussi au couvent des Célestins...

Après la chute de l'Empire romain et pendant le Haut Moyen-Age, Avignon fut, comme de nombreuses villes, plusieurs fois assiégée et envahie. Point stratégique important, la ville passa entre les mains de plusieurs envahisseurs. Grégoire de Tours a laissé une relation du siège de la ville par Clovis en 500, en précisant qu'elle était une place puissamment fortifiée et que le roi des Francs ne pouvant s'en emparer, se résigna à traiter avec son adversaire. Au cours de la première moitié du huitième siècle, les Sarrazins font d'Avignon une de leurs plus solides places fortes et il ne fallut pas moins de deux sièges, en 737 et 739, à Charles Martel pour reprendre la ville. Les chroniqueurs de l'époque s'émerveillaient de la situation escarpée de la ville et de ses formidables défenses, rendue plus forte encore par sa position naturelle...

On note, au onzième siècle, un accroissement important de la population. Dans le périmètre étroit de l'enceinte de repli, il y avait l'église de Saint-Agricol, appuyée sur le rempart, tandis que le clocher de la Sainte-Madeleine était construit sur l'un des arceaux romains de la rue Petite-Fusterie. Les autres édifices du culte, tels que Saint-Didier, Notre-Dame la Principale, Saint-Pierre, Saint-Symphorien étaient déjà situés hors les murs. Plusieurs bourgs s'établirent à l'extérieur, comme celui de Trouillas, près de Notre-Dame la Principale. Ainsi, la ville retrouvait la même étendue qu'à l'époque romaine.

Au siècle suivant, la Provence fit l'objet d'un partage entre les trois familles descendantes de Boson d'Arles. Mais aucun des héritiers ne voulut renoncer à cette place de première importance, Avignon fut donc déclarée indivis en 1125. La ville bénéficia d'une période de prospérité, dont témoigne le pont Saint-Bénézet, bâti à partir de 1177. La cathédrale et l'abbaye de Saint-Ruf furent agrandies et l'on édifia, sous le gouvernement de la commune, une double ceinture de remparts, qui suivaient sensiblement le même emplacement que l'enceinte romaine. Durant cette période, Avignon était puissante et riche. La ville possédait, en effet, de nombreux biens et fiefs : Vedène, le monastère de Saint-André à Villeneuve, une partie du Pont-de-Sorgues, Caumont, le Thor, Thouzon, Jonquerettes etc...

La guerre des Albigeois fit rage au treizième siècle, non seulement en Languedoc, mais aussi dans la vallée du Rhône. Avignon prit parti pour le comte de Toulouse. Le roi Louis VIII, en route pour une nouvelle croisade contre les Albigeois, fit le siège de la ville, en 1226. Le chroniqueur de l'époque parle " d'une masse élevée de remparts, surmontée d'une citadelle, (qui) entoure la ville entière. Comme l'abord est en plaine, les murs sont doubles et doubles aussi les fossés alimentés d'une eau constante ". Les Français renoncèrent à prendre de force la ville et se contentèrent de l'assiéger. Affamés par trois mois de siège, les Avignonnais capitulèrent et durent démolir leurs remparts, combler les fossés, et raser trois cents maisons fortes. Enfin, Louis VIII fit démanteler en grande partie le Pont Saint-Bénézet. Toutefois, ce désastre n'avait pas complètement abattu les habitants, puisqu'ils reconstruisirent rapidement le pont, source de revenus, et rétablirent les remparts indispensables à leur sécurité. Au cours du siècle, la ville s'agrandit, notamment au sud-ouest, en gagnant du terrain sur les atterrissements du Rhône, appelés l'Estel. Les Dominicains s'y établissent, en 1220. Plusieurs communautés de religieux s'installeront hors les murs de la commune. Ce sera le cas des Augustins, en 1261, près du portail Matheron, et des Cordeliers près du portail Imbert.

Le quatorzième siècle fut pour Avignon le siècle triomphal. Assagie, modelée, politiquement et économiquement structurée par trois mille ans d'histoire, la ville allait connaître enfin la stabilité et jouir d'une paix profonde. " (S. Gagnière).

Ce n'est pas par hasard que la ville, paisible et sûre, allait devenir l'asile de la papauté, chassée de Rome par les troubles incessants qui déchiraient l'Italie. Cet événement, d'une portée considérable, allait faire d'Avignon la capitale de la chrétienté et l'une des villes les plus importantes d'Europe.  

Avant l'arrivée des papes, Avignon était une cité non négligeable, puisqu'on estime qu'elle comptait 5 à 6.000 habitants. Dès la venue de Clément V, la population augmenta de façon considérable. D'après un contemporain, il y aurait eu à Avignon, sous Clément VI, plus de 100.000 étrangers. Un autre assure que la peste y fit 62.000 victimes... Ces chiffres certainement exagérés, doivent être revus à la baisse : Avignon devait compter entre 30 et 40.000 habitants.

Quoi qu'il en soit, il y eut, pendant plusieurs années, une très grave crise du logement. On se mit à bâtir non seulement à l'intérieur de l'enceinte de la commune, mais aussi à l'extérieur. Des bourgs ou bourguets se construisirent rapidement, notamment entre le portail Matheron et le portail Imbert. Cet agrandissement se fit sans plan d'ensemble. Les constructions s'agencèrent suivant la fantaisie de chacun. Aussi les rues conservèrent-elles la sinuosité des chemins de campagne qui les avaient précédées. En outre, les bourgs gardèrent longtemps un aspect à demi-rural, la majorité des maisons avaient cour et jardin, certaines étaient de véritables granges.  

Ainsi la ville s'étend. La vieille cité romane devient, peu à peu, gothique. On agrandit et on embellit les édifices religieux : Notre-Dame des Doms, Saint-Agricol, les Carmes, les Dominicains... Le pape restaure et développe le palais épiscopal où il réside. Benoit XII et Clément VI édifièrent le Palais des Papes actuel, " la plus belle et la plus forte maison du monde ", suivant l'expression de Froissart. En 1348, Clément VI acheta la ville d'Avignon à la reine Jeanne, comtesse de Provence et reine de Naples. On construisit, à partir de 1355, une nouvelle enceinte plus vaste de remparts, afin de protéger la ville. Elle devait avoir fière allure avec ses douze portes, ses trente-six tours et ses cinquante-six échauguettes ! D'une hauteur moyenne de 10 m, les remparts entouraient la ville sur plus de 4300 m et couvraient une superficie de 150 hectares.


L'apothéose d'Avignon

A l'exemple du pape, l'évêque d'Avignon eut son palais crénelé, l'actuel Petit Palais. Chaque cardinal se fit bâtir une maison dans sa " livrée ". On nommait ainsi la place que le maréchal de la Cour romaine lui assignait pour son logement d'accord avec les magistrats de la commune. Ces grandes demeures - une trentaine furent construites - avaient des allures de forteresses avec leurs tours caractéristiques. Quelques-unes d'entre elles subsistent encore, comme la tour de la livrée de Ceccano, actuelle bibliothèque municipale, mais aussi la tour de la livrée d'Albano ou tour de l'Horloge, la tour de Murol, place du Palais. Pour les simples courtisans, les logements manquèrent, ainsi, en 1313, la famille de Pétrarque ne trouva pas à se loger, et dut s'installer à Carpentras.  

De nombreux auteurs, n'écoutant que leur imagination, ont fait d'Avignon, au temps des papes, une description enthousiaste, tandis qu'un témoin de l'époque, Pétrarque l'appelait " la plus infecte des villes, horriblement venteuse, mal bâtie, incommode ". Le pavage des rues était laissé à l'initiative des habitants, mais personne n'y mettait grand zèle. La rue de la Grande Fusterie ne fut pavée qu'en 1499. Comme au siècle précédent, les rues restaient étroites et tortueuses. Les " grandes " rues étaient la rue Bancasse, la rue Bouquerie, la rue Balance ! De nombreuses maisons, et non des moindres, à commencer par les livrées des cardinaux, empiétaient sur la voie publique, ou faisaient saillie, si bien que les bords des toits des deux maisons finissaient presque par se toucher. De nombreux arceaux permettaient de passer d'une maison à une autre, ainsi l'arceau actuel de la préfecture, qui reliait autrefois la grande et la petite livrée de Poitiers. Les rues étaient bordées d'auvents, ce qui était dangereux en cas d'incendie, puisque le feu pouvait se répandre sans difficultés d'une maison à une autre. Dans les rues marchandes, les étalages débordaient, des enseignes volumineuses menaçaient la tête des passants... Les places et les carrefours étaient de dimensions très restreintes, il n'y avait pas d'espace libre devant le Palais des Papes, ni devant les églises. Les seuls endroits dégagés étaient les cimetières, qui n'étaient pas clos. On s'y occupait d'affaires profanes, on y tenait des réunions et des foires. Dans de nombreux endroits, il y avait un puits qui a souvent laissé son nom plus ou moins déformé à une rue, tels le puits de la Reille, le puits des Boeufs, le puits de la Rappe...  

Les rues étaient très animées. On y circulait (déjà) avec difficulté. Elles étaient, souvent, le théâtre de grands et magnifiques défilés et processions où se déployait toute la pompe ecclésiastique, la cavalcade comme celle qui suivait la remise de la rose d'or, les " entrées " de souverains et d'ambassadeurs. Dans ces occasions solennelles, les rues étaient sablées et pavoisées. Conséquence d'un afflux extraordinaire d'étrangers, les auberges et les tavernes étaient très nombreuses, la plupart étaient situées près du portail Matheron, principale route de terre, et dans les Fusteries à proximité du Rhône. Parallèlement, de nombreux hôpitaux accueillaient les pélerins et les voyageurs sans ressources, il y en eut jusqu'à trente-quatre, parmi lesquels la maladrerie de Saint-Lazare, l'hôpital de Sainte-Marthe, fondé en 1354. Le Rhône jouait alors dans la vie avignonnaise un rôle très important. Il y avait plusieurs ports, comme celui des Périers ou des tailleurs de pierre, près de la porte Saint-Roch. Le port principal se situait près de la porte du Rhône actuelle, tandis qu'à la porte de la Ligne, on débarquait les bois venus par eau ; un dernier port se trouvait vers la porte Saint-Lazare.

Après le départ de la papauté (1376), la ville perdit peu à peu de son attrait et de son importance. Les livrées cardinalices et beaucoup de maisons, faute d'occupants et d'entretien, tombèrent en ruines. Un siècle après, la population d'Avignon avait baissé de moitié, environ 15.000 habitants. Sous le gouvernement des légats, Avignon devint une sorte de petite capitale, centre d'attraction pour de nombreux étrangers, clercs, artistes, marchands d'Italie, la plupart Florentins. La position géographique de la ville et le caractère cosmopolite de sa population hérité de l'époque pontificale en faisaient une des grandes places d'affaires de l'époque. Avignon resta jusqu'au seizième siècle le relais entre Marseille et les carrefours de commerce de cette époque, Lyon et Genève.  

Le Conseil de ville fit l'acquisition de la livrée d'Albano pour y installer l'hôtel de ville (1447), il entreprit l'agrandissement de la place du Change (1448-1458), et du carrefour de la porte Ferruce qui deviendra, par étapes successives, la place de l'Horloge. L'église des Célestins fut mise en chantier, tandis que Julien de la Rovère, le futur pape Jules II, restaura le Palais des Papes, le pont, les remparts, la façade du Petit Palais... La ville encouragea les constructions privées, telles la maison de Pierre Baroncelli, Palais du Roure actuel. Le roi René acheta l'ancienne livrée de Viviers, pour l'aménager en demeure confortable. Les rues, pourtant encombrées, furent décorées par des croix couvertes caractéristiques, aujourd'hui disparues. Sept furent construites : ainsi les croix de la Carreterie, du portail Imbert, celle du plan de Lunel et celle du Rocher des Doms.

La Renaissance marqua peu la ville de son empreinte, la façade de l'église Saint-Pierre (1512), ou l'hôtel de Sade rebâti (1537) sont encore d'inspiration gothique. On a une bonne représentation de la ville, grâce au plan " aux personnages " de 1572. Celui de 1618, dû à Marco Gandolfo, mathématicien de Palerme, est exceptionnel à plus d'un titre. Il s'agit d'un dessin cavalier très minutieux qui nous montre la ville encore toute gothique. On y voit l'enceinte les remparts, avec leurs fossés et leurs portes. Le Palais des Papes dresse ses tours majestueuses. Sur le Rocher, on aperçoit le fort Saint-Martin, ancien château de la commune, la chapelle Saint-Anne, des moulins à vents... On distingue deux zones dans ce fouillis de rues : une très dense, autour du Rocher, limitée par le tracé des rues qui occupent l'ancienne enceinte de la commune (la Grande Fusterie, les Lices, la Philonarde). L'autre zone concentrique à la première, montre d'abord des maisons de plus en plus clairsemées, puis à la périphérie des jardins et des terrains non bâtis. On peut reconnaître la plupart des édifices importants souvent désignés par une légende. Certains de ces bâtiments ayant disparu, nous pouvons grâce à ce plan les situer, comme le couvent des Dominicains, ou des Cordeliers, les églises de la Madeleine et de Saint-Symphorien, la vice-Gérence, au sud du Palais des Papes, les anciennes livrées cardinalices, les cimetières entourant les églises, les différents puits, les arceaux enjambant les rues, les arbres sur les rares places, les jardins privés, les croix couvertes... Les maisons sont à un ou deux étages, rarement à trois ou quatre. Le pont Saint-Bénézet n'est déjà plus au complet, une arche sur la Barthelasse, trois autres sur le bras droit du Rhône s'étaient écroulées en 1603 et 1605.

Au dix-septième siècle, l'aspect gothique est progressivement délaissé au profit du style baroque. L'art venu d'Italie trouve sa mesure, en premier lieu, dans les édifices du culte. Le Noviciat de Saint-Louis en est le premier exemple avignonnais, d'autres suivront avec la chapelle de la Visitation, place Pignotte, puis la chapelle du collège des Jésuites (musée lapidaire). Le premier bâtiment civil de facture baroque fut le fait de la Vice-Légation qui décida, en 1619, la réfection de l'hôtel des Monnaies. La caractéristique de cette construction est de présenter, au-dessus du rez-de-chaussée à bossage, un immense mur aveugle, aux reliefs colossaux, où sont sculptés les armoiries des Borghèse. L'hôtel de Fortia de Montréal, rue du roi René, sera le premier hôtel particulier a adopter le style italien (1637). En face, se dresse le magnifique et imposant hôtel Berton de Crillon, un peu plus tardif. La disposition de ces lourdes demeures, alignées le long de la rue sans en être séparées par la moindre avant-cour, est une des caractéristiques des maisons romaines.

Vers le milieu du siècle, Avignon va se libérer peu à peu des influences romaines, au profit du style français. Ce fut l'architecte Pierre Mignard qui en sera le principal promoteur. On lui doit, entre autres, l'hôtel Galléans des Issarts, celui de Madon de Châteaublanc, son chef-d'oeuvre en matière de construction privée. Dans le même temps, des dynasties de sculpteurs et d'architectes s'illustreront, avec les Valfenière, les Péru et les Franque. On leur doit la plupart des hôtels particuliers qui contribue incontestablement au charme des rues de la ville : hôtels de Caumont, de Rochegude, de Villeneuve (musée Calvet), de Forbin de Sainte Croix (conseil général), de Gasqui, de Puget de Chastueil, et de bien d'autres... On ne peut passer sous silence la délicieuse Comédie, place Crillon. Ce théâtre, dû à une initiative privée, fut achevé en 1734, d'après les plans de Thomas Lainée.

Des édifices d'utilité publique seront réalisés, comme l'hôpital de Sainte-Marthe, l'Aumône générale (ex-Ecole d'Art), le Grenier à sel, près de la porte de la Ligne, le Mont-de-Piété... Des travaux seront réalisés pour l'aménagement de la ville : rectifications d'alignement pour faciliter le passage des carrosses, rue Bancasse, en 1660 ; place devant la porte de l'Oulle, en 1679, agrandissement de la place de l'Horloge, en 1682, par Pierre Mignard. Son projet prévoyait de créer devant l'Hôtel de Ville une place inspirée des " places royales ". Il faut dire que l'endroit ressemblait plus à une petite rue qu'à une place publique. C'est à partir de 1669, qu'on renonça définitivement à entretenir le pont Saint-Bénézet, en partie effondré. Désormais, on franchira le Rhône par des ponts de bâteaux, ou par un bac à traille, jusqu'au début du dix-neuvième siècle. Parallèlement, on assure la protection du terroir contre les inondations de la Durance, par la construction coûteuse de digues.

Avec une population stagnante (environ 25.000 habitants), Avignon est, au dix-huitième siècle, toujours au large dans l'enceinte des papes. A l'intérieur des murs, de grandes zones de jardins subsistent, et dès les portes franchies, on se trouve en pleine campagne. Si l'étude du dix-huitième siècle en Avignon ne fait pas apparaître de grandes réalisations urbaines, il est cependant intéressant de signaler quelques projets, dont certains seront partiellement menés à bien. En 1750, Jean-Baptiste Franque reprit l'idée de Mignard pour l'embellissement de la place de l'Horloge. Il prévoyait de démolir l'ancienne boucherie, d'agrandir à nouveau la place et d'y installer la statue du pape régnant sur un socle. Les travaux furent partiellement exécutés, mais face aux critiques, les consuls les firent arrêter. Ils ne devaient reprendre qu'en 1791, avec la démolition d'un îlot de maisons. Par ailleurs, Franque ouvrit, entre 1749 et 1754, la rue Aquaviva - rue du Vieux-Sextier actuelle. Cette " percée ", fut la première du genre en Avignon. Il va sans dire que les façades sculptées gagneraient à être débarassées des outrages du temps et de leur gangue commerciale...

Franque fils construisit, sur la place Pie, une nouvelle halle appelée les Arcs (1760-1764). La rue Saint-Agricol fut élargie suivant un alignement rectiligne, devant la chapelle des Pénitents noirs, on réalisa une place qui permet d'admirer la nouvelle façade de Thomas Lainée (1754). Nombre d'auvents de façade et d'arceaux sont démolis, on finit par abattre les portes de l'ancienne enceinte de la commune, pour faciliter la circulation (1744-1763). Le Rocher était devenu une promenade très prisée, grâce à ses accès qui furent améliorés, tandis que le cours Caumont, allées de l'Oulle actuelles, était aménagé en 1756. L'éclairage des rues fut enfin réalisé, en 1777, par quatre cents lanternes. Les municipalités de la Révolution firent abattre les croix couvertes, notamment celle de la Carreterie. Les cimetières des paroisses, désormais interdits, furent remplacés par celui de Saint-Roch qui, trop exposé aux inondations, sera abandonné à son tour pour celui de Saint-Véran (1818-1824). 

Malgré ces réalisations et ces quelques embellissements, Avignon au début du dix-neuvième siècle est encore une ville d'aspect moyenâgeux, sa structure urbaine n'ayant pas fondamentalement changée depuis le départ des papes.

La population d'Avignon est passée de 20.000 habitants environ, en 1801, à 48.312 en 1906, pour atteindre 93.000, en 1975. Depuis cette date la ville perd de l'importance au profit des communes environnantes, qui forment ce qu'il est convenu de nommer " le Grand Avignon ". Pour loger le surcroît de population, des quartiers nouveaux ont été créés à l'extérieur des remparts. En l'absence d'un plan d'ensemble, ils ont été mal tracés et médiocrement bâtis. Avignon est donc sortie de ses remparts, une ville nouvelle s'est construite, au cours du vingtième siècle, qui n'a absolument rien à voir avec la vieille ville, isolée ou presque, derrière sa ligne de remparts. Après une période de frénésie de constructions, il a bien fallu jeter un regard nouveau sur la ville. On s'est aperçu alors des erreurs passées, tout d'abord dans le centre ville, puis dans les quartiers extra-muros.

Pendant longtemps, on a continué selon la même logique de la table rase. Intra-muros, on déplore la destruction partielle, en 1955, des magnifiques bâtiments de Saint-Charles construits par Franque. Dans les années soixante-dix, on remplaça les anciennes halles place Pie, pour d'autres en béton, avec en guise de toiture, un parking aérien. On abat sans vergogne " le Grand Bar ", place de l'Horloge, on déplace en 1974, le monument du Centenaire aux allées de l'Oulle... Dans le quartier de la Balance enfin réhabilité, on distingue nettement deux ensembles : l'un rénové, sans âme - on ne peut pas dire que la place Campana soit une réussite - tandis que l'autre partie, à proximité du Palais des Papes, a été heureusement préservée. Mais, qui se souvient encore des polémiques interminables autour de ce quartier longtemps à l'abandon ? L'affaire de la Balance, restera dans les annales de la ville, au même titre que la percée de la République. Née du plan d'assainissement et d'embellissement de 1921, la question de la Balance traînera en longueur. Les premiers projets veulent faire table rase du vieux quartier. Ceux des années cinquante (projet de Pouillon) ne s'embarrassent pas plus de considérations d'ordre historique ou esthétique. On se contente d'appliquer des théories urbaines modernes à un espace sensible, chargé d'histoire. Le compromis adopté en 1963 grâce à une campagne nationale et l'intervention d'André Malraux, permettent le sauvetage de certains immeubles, des façades les plus intéressantes ainsi que le maintien d'un glacis ancien face au Palais des Papes. On détruira par contre l'unité et l'harmonie architecturale du nord de la place de l'Horloge en rasant totalement les immeubles anciens de la rue Molière.

Parallèlement à ces grands projets de destruction-reconstruction, dont le dernier en date fut celui de la percée Favart, des opérations ont été menées, ici et là, pour rendre à la ville sa dignité. A partir des années soixante, de nombreuses constructions parasites ont été démolies, autour des remparts, particulièrement au bord du Rhône. Mais, pourquoi avoir rasé l'octroi, de la porte de l'Oulle ? L'intra-muros a été revisité, lui-aussi. De nombreuses verrues, ou constructions vétustes ont été heureusement supprimées, il n'est pas nécessaire d'en faire l'inventaire ! Dans le cadre de l'opération " Avignon-ville moyenne " en partenariat avec l'Etat, une zone piétonne est élaborée à la fin des années soixante-dix, entre la rue des Marchands, la place Saint-Didier et les Halles. Dans le même temps, le charmant théâtre de la place Crillon, est restitué dans son état d'origine. La rénovation, en cours, du quartier de la Philonarde est exécutée avec plus de discernement, au cas par cas, le bâti ancien étant préservé au maximum. Trente ans plus tôt, on aurait sûrement tout rasé, ou presque !

Des opérations de longue haleine ont été menées à bien, comme l'aménagement du Petit Palais (1976), l'installation de la bibliothèque municipale dans la livrée Ceccano (1983), la restauration de l'hospice Saint-Louis (1990), l'ancien hôpital Sainte-Marthe devient le centre de l'université (1998)... Ainsi, la ville restaure peu à peu et réutilise son prestigieux patrimoine architectural. D'autres grands chantiers sont en cours, comme le Palais des Papes qui n'en finit pas d'être restauré, depuis pratiquement 1906 ! Plus modestement, le musée Calvet, est en réfection totale depuis plus de dix ans... En Avignon, rien n'est simple ! On l'a encore vu avec l'aménagement de la place de la Principale, qui vient juste de s'achever, après des années de tergiversations, pour un projet somme toute modeste. Le bâtiment qui abritait l'Ecole d'Art, rue des Lices (ancienne caserne des passagers) va enfin être aménagé en logements de qualité. Il était grand temps, l'édifice, si attachant et si particulier, était au bord de la ruine, faute d'entretien et de solution d'affectation. La récente adoption d'un périmètre sauvegardé sur l'ensemble de la ville intra-muros va donner, souhaitons-le, un véritable cadre de travail pour une politique urbaine, à long terme. Néanmoins, quelques points d'interrogation demeurent, comme l'aménagement de la rue des Teinturiers, une des plus pittoresques de la ville ? Ou celui de la réglementation de la circulation automobile intra-muros, les mentalités ayant du mal à changer.

Avant de s'engager dans la ville extra-muros, disons quelques mots sur la zone dite d'échanges, entre la voie ferrée et les remparts. Cet espace est resté pendant longtemps sans projets précis, quasi à l'abandon. Depuis une bonne dizaine d'années, on voit fleurir des constructions, pour le moins hétéroclites. L'ensemble commence à prendre tournure avec le nouveau palais de justice, les hôtels, la gare routière, coincée entre la route de Tarascon et de Monclar. Tout cela à deux pas des remparts, des pauvres remparts, sans leurs douves, saturés par la circulation et le stationnement automobile. Aucune unité, aucune harmonie, l'injure au temps est décidément une constante avignonnaise ! Paradoxalement, l'austère caserne Chabran, en retrait de la route, n'écrase pas la perspective du boulevard. Ne pouvait-on pas laisser plus d'espace entre les remparts et toutes ces constructions nouvelles, plus hautes les unes que les autres ? Avignon ne méritait-elle pas mieux ? Ainsi, d'où qu'on la regarde, cette zone d'échanges est sans unité, sans inspiration, par trop tapageuse. Encore un " rendez-vous manqué " pour Avignon !

Ce n'est pas avant la fin du dix-neuvième siècle que la ville s'étendra timidement hors de ses murs. On a peine à le croire, mais il n'y a qu'à regarder les nombreux plans à notre disposition pour s'en convaincre. Remparts et voie ferrée franchis, l'extension de la ville s'est faite surtout vers le sud, en direction de la Durance, et vers l'est, le Rhône interdisant tout développement ailleurs. Dans ce " développement en doigts de gant ", le dessin parcellaire a commandé l'implantation des habitations et l'organisation de la voirie. Les constructions, à de rares exceptions, se sont rangées le long des chemins existants, sans plans bien établis, ce qui donne cette allure de village, ou à défaut de bourg à tous ces quartiers : Saint-Jean, La Trillade, Les Sources, Saint-Ruf, Monclar, Champfleury... De multiples petites rues et impasses irriguent tant bien que mal cette zone d'habitations. Quelques belles maisons, à l'architecture soignée émergent ça et là, en particulier au début de l'avenue de Saint-Ruf et de Monclar, ou dans les impasses adjacentes. Les grandes artères, comme la route de Lyon, la route de Marseille, ou celle de Tarascon viennent buter contre les remparts, sans transition, ni souci d'aménagements particuliers.

Après la Seconde Guerre mondiale, Avignon ayant beaucoup souffert des bombardements, la reconstruction s'est déroulée sans maîtrise suffisante, si bien que le paysage urbain extra-muros est irrémédiablement saccagé, par une juxtaposition anarchique de pavillons individuels et d'immeubles collectifs. On s'est contenté, bien souvent, de goudronner les anciens chemins ruraux, d'arracher les platanes, ou de couvrir les innombrables canaux ou filioles qui drainaient et arrosaient, de manière si utile et si agréable, la plaine maraîchère d'Avignon. On détruira sans coup férir l'hospice Sixte Isnard, pour élever à la place les trois grands immeubles qui dominent de manière inattendue tout le quartier de la Trillade. De la même manière, on rasera en 1962 le " cottage de Montloisir " où vécut John Stuart Mill, comme on détruira sans états d'âme des dizaines de belles demeures dans la campagne d'Avignon et de Montfavet.

Depuis les années cinquante, le centre de gravité démographique d'Avignon s'est déplacé du centre vers l'extérieur des remparts. En 1968, on comptait 21.000 habitants intra-muros contre 68.000 hors les remparts, alors qu'en 1946 la ville intra-muros l'emportait avec 32.000 habitants contre 28.000 pour l'extérieur. Ces quelques chiffres illustrent bien la mutation de la ville, même si le centre conserve toujours le siège des principaux services ou administrations : préfecture, conseil général, Hôtel de Ville, lycées, écoles de musique, de danse et de théâtre, banques... Dans les décennies cinquante et soixante, on construit dans l'urgence de grands ensembles. Trente ans après, il faudra se résoudre à démolir les grandes barres de Champfleury, et tout récemment, celles de la Croix des Oiseaux. D'autres immeubles-tours vont être détruits, comme ceux de Guillaume Apollinaire, parfaite illustration de ce qu'il ne fallait pas faire.

De louables efforts ont été entrepris, ces derniers temps, pour réhabiliter tous ces quartiers, les exemples sont nombreux, mais les problèmes de fond n'en demeurent pas moins. De cette zone, comprise entre les remparts et la rocade Charles de Gaulle, quelques trop rares édifices publics émergent de la banalité ambiante : l'église Saint-Joseph travailleur à Champfleury, conçue par Guillaume Gillet, les Rotondes SNCF route de Marseille, dont on ne soupçonne pas l'audace et la pureté architecturales... Saluons l'aménagement réalisé autour de la vénérable abbaye de Saint-Ruf, qui semble à nouveau, insuffisamment protégée.

En s'éloignant encore un peu plus du centre, au-delà de la Rocade, l'urbanisation gagne d'anciennes zones agricoles. Il en est de même en Courtine et de part et d'autre de la route de Marseille, jalonnée d'enseignes commerciales géantes, que personne ne lit, mais que tout le monde voit. De grands équipements collectifs ont été réalisés comme en témoignent les différentes zones industrielles et commerciales : Fontcouverte, Courtine, Cap-Sud etc... De grandes réalisations, quelquefois réussies, ont vu le jour : le Palais de la foire, anciennement à Champfleury, depuis à Châteaublanc tel un immense chapiteau, le site d'Agroparc avec son architecture de verre, l'hôpital Henri Duffaut, bientôt la nouvelle gare TGV... Dans un proche avenir, la LEO (liaison est-ouest), au bord de la Durance, trouvera enfin la solution à son tracé et à son financement, qui dépasse largement le cadre de la ville.

On parle d'Avignon dans cette news avec une superbe reconstitution 3D du Pont Saint Bénézet.

Photos:

- Jimre( 2007, 2010, 2011, 2014)

Posté le 11-06-2014 19:45 par Jimre

Chartreuse de Bonpas

Le rocher qui s'élève sur la rive droite de la Durance, à neuf kilomètres d'Avignon, avait au Moyen-Age une grande importance stratégique. Dominant la rivière en un point aisé à franchir, il commandait aussi la route.

Le passage donnait lieu à la perception d'un péage important dont, en 1166, l'évêque d'Avignon cède la moitié " aux maîtres et hospitaliers ou constructeurs du pont de Maupas ", tout en se réservant la seigneurie (dominium) du pont et le droit d'y construire, ainsi qu'aux alentours. Dès lors Maupas fut appelé Bonpas.

Le pont de Bonpas était donc antérieur de plusieurs années à celui que, sur l'impulsion de Frère Bénézet, on devait jeter sur le Rhône en face d'Avignon. Mais, dans la première moitié du XIIIe siècle, le comte de Toulouse Raimond VII s'empara de la " maison du pont de Bonpas ", ainsi que du pont, et fortifia celui-ci dès 1241. Les " frères de la maison du pont de Bonpas " ne purent donc plus assurer le passage de la Durance que par un bac (navis) qui aboutissait au " port " installé sur les graviers de Noves. En 1278, ils s'unirent aux Hospitaliers, mais au début du XIVe siècle, Bonpas était tombé en fait sous la domination des seigneurs de Noves qui enlevaient les pierres de l'ancien pont sous prétexte d'en construire un nouveau.

En 1317, Bonpas devint propriété de l'Eglise, en vertu d'une cession par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de toutes leurs possessions dans le Comtat. Le pape n'eut garde de négliger un site dont l'importance stratégique et économique ne pouvait lui échapper. Aussi, dès le début, fit-il entreprendre des travaux considérables à Bonpas qu'il céda ensuite en 1320 aux Chartreux, à condition qu'ils y bâtiraient une église et un monastère ; il réserva toutefois à l'Eglise romaine le " port " sur la Durance, c'est-à-dire le passage, dont la Chambre Apostolique devait percevoir les revenus. Le pape aida les Chartreux de ses deniers.

La nouvelle Chartreuse, terminée probablement vers 1334, commanda désormais la route de terre et la traversée de la Durance ; elle formait une position avancée d'Avignon et assurait le passage paisible des voyageurs et des pèlerins. Quelques passages notables sont alors à signaler : celui de Philippe VI de Valois en 1331 ; - on envoie deux draps d'or pour décorer les bateaux qui devaient transporter le roi et sa suite ; - en 1348, celui de la reine Jeanne et, en 1362, celui d'Urbain V dont nous avons fait mention antérieurement. Lors du départ de Grégoire XI pour Rome, le cortège pontifical franchit la Durance de Bonpas à Noves le 13 septembre 1376 ; deux ou trois bateaux (navigia) avaient été envoyés la veille d'Avignon " avec les trailles et cordes nécessaires " ; en outre, le matériel habituel avait été remis en état.

La Chartreuse fut saccagée au XVIe siècle, mais les bâtiments actuels, tout en ne conservant à peu près rien de ceux du temps de Jean XXII, forment encore un ensemble des plus pittoresques. Le passage de la Durance continua à se faire par bac jusqu'à l'époque du Consulat. Un des derniers usagers notables du bac fut l'ambassadeur de la Sublime Porte qui venait renouer les relations de son souverain avec le Directoire. La traversée se fit le 12 messidor an V (30 juin 1797) ; - c'était , paraît-il, une opération toujours délicate surtout quand il s'agissait de personnages importants accompagnés d'une suite nombreuse. - Elle dura trois heures ; le premier carrosse, dans lequel se trouvait l'ambassadeur, et le second, qui transportait les secrétaires et l'interprète, passèrent sans encombre. Il n'en fut pas de même du troisième, contenant le capitaine de gendarmerie et des Turcs de la suite ; les chevaux effrayés se cabrèrent, le carrosse recula et faillit tomber à l'eau avec ses occupants ; on en fut heureusement quitte pour la peur. Les autorités avignonnaises attendaient patiemment sur la rive droite.

Un pont sur chevalets fut établi à Bonpas en 1803-1807. Emporté par une inondation en 1885, il fut remplacé par un pont suspendu qui fut à son tour détruit par bombardement en 1944 ; un nouveau pont de maçonnerie a été construit en 1949-1953. Extrait de Joseph GIRARD. " Evocation du vieil Avignon ".

Source:

- Archives d'Avignon

Posté le 20-05-2014 16:04 par Jimre

Vaison la Romaine

Nous sommes aux environs de 558. Lombards et Saxons occupent le territoire. Quinis, archidiacre de Vaison, ami de l'évêque Théodose, a pris sa succession. Mummol le barbare se présente devant Vaison et attend que le prélat vienne l'accueillir. Celui-ci arrive, sans hâte et sans aucun faste. « Gros bœuf, vocifère Mummol, pourquoi ne portes-tu pas tes cornes aujourd'hui ? Pourquoi n'as-tu pas fait préparer la route et organiser les honneurs que je mérite ? ». Quinis se tait, regagne d'un même pas lent sa pauvre cellule, se précipite face contre terre et invoque le Seigneur.

Mummol furieux prépare sa vengeance, mais soudain un mal implacable le terrasse et le fait se tordre de douleur. En peu de jours il est à toute extrémité. On l'amène mourant à la porte de l'évêque qui a la réputation de thaumaturge. Le prélat l'accueille bras ouverts, demande à Dieu sa guérison et l'obtient. Mummol implore et obtient le pardon de son adversaire d'hier et lui fait remettre des offrandes considérables. Quinis aussitôt les distribue aux nécessiteux.

De tels faits même enjolivés, valent au bon évêque la vénération de sa ville. Lorsqu'il meurt, ses reliques sont âprement disputées aux moines de Mauriac.

On lui fait élever au XIIe siècle une chapelle. Plus tard, dans la cathédrale de Vaison, les marbres de son tombeau serviront à garnir le maître-autel ; ils y sont encore aujourd'hui.

Mais les évêques et leurs chanoines auront souvent maille à partir avec les comtes, ceux de Toulouse en particulier, leurs nouveaux seigneurs très ombrageux.

En  1160 Raymond V (1134 - 1194) exige en effet la restitution en sa faveur des possessions de Vaison et des environs dont le propriétaire est le prélat Bérenger de Mornas. N'obtenant aucune promesse, il investit la cité, y met le feu aux quatre coins, en coupe l'eau et s'empare du palais épiscopal. Il s'approprie en même temps les châteaux de la « manse » du prélat. Un nouvel évêque récupère le tout. Raymond V attaque Vaison une deuxième fois et malgré l'excommunication qui le frappe, se rend maître de la ville, de Crestet, de Rasteau et fait jeter en prison l'évêque qui avait fui avec ses chanoines à Entrechaux.

A la mort de ce comte bagarreur mais protecteur des poètes, son fils Raymond VI (1156 - 1222) poursuit sans relâche la lutte contre l'évêque et bâtit en 1193 le château qui domine la cité. Le clergé quitte Vaison. Bientôt une grande partie de la population, lasse du pouvoir des « toulousains », en fait autant. Elle reviendra peu à peu à l'ombre de la forteresse et près de l'ancienne ville romaine. Il faudra attendre le XIVe siècle pour que les papes, et les évêques par délégation, retrouvant tout leur pouvoir et tous leurs droits, puissent en obtenir cession des comtes de Toulouse.

Au XVe siècle que l'on connaît mieux, puisqu'on possède aux archives de Vaison les délibérations municipales depuis 1480, la cathédrale est rebâtie et les incursions des pillards des «Grandes Compagnies» se soldent par une série d'échecs. Au XVIe siècle les évêques — il y en aura en tout 77 -- voient encore leur puissance accrue. Ils portent les titres de vicomte de Crestet, Rasteau et Entrechaux. Parmi ces «princes» de l'Eglise, un représentant d'une famille d'origine andalouse brille d'un éclat particulier : Mgr Joseph Marie de Suarez.

Un grand prélat humaniste et «antiquaire».

Né le 5 juillet 1599 à Avignon, il meurt à Rome le 7 décembre 1677. Docteur de l'Université d'Avignon, il occupe à 34 ans le siège épiscopal de Vaison, qu'il conserve de 1633 à 1666. Ancien bibliothécaire à Rome, camériste secret du pape Urbain VIII et grand ami de son neveu le cardinal Barberini, il a toutes ses entrées au Vatican et connaît à fond le calvinisme qu'il a officiellement combattu. Grand lettré, collectionneur d'œuvres d'art, il correspond avec les grands humanistes et savants de son temps.

Féru de langues anciennes, il compose de nombreux traités en latin et de curieux poèmes en «iambes gréco-latines » pour l'édification du jeune François, marquis d'Aulan.

Prédicateur très recherché, il prêche en Italie et en Provence. Ses conversions sont célèbres, en particulier celle de Samuel Sorbière, principal du collège d'Orange.

Voyageur infatigable, il accomplit plusieurs missions à Rome dont une en compagnie du «brave Crillon». A Lyon il rencontre en 1658 Louis XIV qu'il reverra à Avignon en 1660. Il sillonne tout le sud de la France et, bien entendu, son diocèse qu'il surveille avec le plus grand soin. Les rapports de ses visites pastorales constituent un document très précieux sur la vie ecclésiastique du Comtat à cette époque.

A Vaison, il continue la restauration de la cathédrale, fait rebâtir la chapelle de Saint-Quenin qui menace ruine et dote églises et couvents d'un important matériel cultuel.

Charitable et courageux, il parcourt sans relâche les rues de la ville pendant la peste. C'est aussi un très grand administrateur et, comme on le disait alors, un « antiquaire » avisé. On lui doit la découverte et la connaissance de plusieurs vestiges archéologiques importants. C'est le fondateur de l'épigraphie du Comtat.

Un autre prélat, au XVIIIe siècle, Mgr de Gualtary, méritera le surnom de père des pauvres.

A la veille de la Révolution, la population vaisonnaise atteint 2.000 habitants environ, occupés pour 70 % aux travaux céréaliers, 20 % à la vigne et le reste au défrichage de la forêt et au commerce. L'industrie est rare, à part quelques petits métiers à foulon et en 1793 une tannerie.

Les cahiers de doléance sont très modérés. On souhaite surtout la promotion du bas-clergé et la constitution d'un véritable Tiers-Etat.

Rien ne laissait soupçonner le drame. Et pourtant, dans la nuit du 14 au 15 avril 1791, les troupes venues de Sainte-Cécile, conduites par Chapuis de Saint-Roman et M. Saint-Christol, s'emparent du nouveau maire, le marquis de Villasse et le tuent. Le curé, dominicain du Thor, est arrêté lui aussi et roué de coups. Deux autres personnes menacées d'arrestation mourront un an après, mais d'émotion. Tous les autres suspects au nombre de 181 échapperont à la folie meurtrière.

Le Conseil Municipal vote aussitôt son adhésion au pacte de Sainte-Cécile, rompant celui qui l'unissait avec Avignon, mais les troupes de Sainte-Cécile s'étant fait battre, on revota quarante huit heures après une motion de confiance et d'adhésion à la cité des papes.

L'histoire de Vaison se confond ensuite avec celle du Comtat et de la nation.

Elle perd son évêché, devient Vaison la Romaine en 1923. En 1926 on l'attache à l'arrondissement de Carpentras,   après   la  suppression  de  la  sous-préfecture d'Orange. 


Tous ces éléments assez disparates se conjuguent heureusement. Saint Quenin, chapelle originale et étrange, constitue, comme l'a fort bien souligné J.M. Rouquette, « un exemple admirable de cette harmonie trouvée dans la Provence romane du XIIe siècle, entre la force de la tradition et la redécouverte de l'antiquité ». (*)

La Haute Ville

Passé le vieux pont romain de dix-sept mètres, aux cinq éléments soudés en une seule arche, la montée vers la Haute-Ville est un enchantement.

C'est d'abord la Place du Poids, ses remparts moussus et la fraîcheur de sa fontaine.

Un raidillon de galets mène à l'ancienne porte-défense du XIVe siècle, avec sa fortification, ses murs à archères, sa herse et son pont-levis. La tour qui la surmonte forme beffroi. Au-dessus de sa balustrade pointe l'élégante ferronnerie d'un campanile du XVIIIe siècle à flèches et enseignes.

Il faut, rue de l'Eglise, s'attarder devant les vieilles portes aux arcs surbaissés, et d'étranges jardins suspendus en pleine lumière.

Dans l'ancien Hôtel de Ville désaffecté depuis 1909, Jean Martet rêva des « cousins de Vaison ». Une belle demeure du XVIe siècle, rénovée, au blason martelé, aux fenêtres à meneaux, fait face à l'ancienne cathédrale.

La cathédrale, la deuxième après celle de la plaine, servit de refuge au XIVe siècle quand l'évêque Pons de Sade décida en 1464 de la faire bâtir. Elle a subi depuis divers remaniements. Sa façade du XVIIIe siècle présente un grand fronton triangulaire sous deux pots à feu. A l'intérieur une large nef ogivale, huit chapelles, de remarquables boiseries et gypseries, une belle tribune et des orgues classées. Elle sert de cadre, l'été, à diverses expositions, concerts et rétrospec¬tives ethnologiques.

Quelques pas vers le Calvaire et c'est un panorama magnifique sur la boucle de l'Ouvèze, ses jardinets en terrasse, la colline de Sus Auze et sa vierge noire, les lointains boisés de Malaucène, le profit des montagnes drômoises et le Ventoux dans sa gloire.

Il faut prendre ensuite un chemin d'escalade dans les pierrailles et les senteurs de garrigue pour atteindre le château des Comtes de Toulouse, tout en haut de la colline.

Ses murailles ruinées, rongées de lierre s'éclairent de fenêtres vides ouvertes sur le ciel. Leur silhouette étrange, à pic sur un éperon de roches, domine et magnifie tout le paysage vaisonnais.

C'est tout ce qui reste de la forteresse élevée de 1190 à 1193 par le farouche et pillard Raymond V. Elle remplaçait un petit châtelet de bois de 1185. Le comte l'avait voulue pour défier son évêque et lui ravir sa puissance.

Les trois corps de bâtiment encadrent une cour intérieure triangulaire envahie de ronciers. L'ancien donjon la dominait de plus de vingt mètres. On en devine les salles aux étages, la citerne et le puits et, au sommet, le chemin de ronde. De place en place, noyés dans la maçonnerie, des morceaux de monuments antiques prélevés sur la ville romaine.

Archères,   meurtrières  et porte à double  barbacane assuraient surveillance et défense. Elles remplirent bien leur rôle car souvent menacé, le château de Vaison ne fut jamais réduit, même par le baron des Adrets.

Ce beau vestige médiéval agonise lentement : il est grand temps de le sauver.

Il faut, comme le conseille l'association pour la Protection de la Haute Ville, rejoindre par le même chemin la jolie place du vieux presbytère et de la chapelle Sainte-Constance. On y verra aussi l'élégante demeure du Prévôt (XVIIIe siècle). A gauche, en suivant la rue des Fours, la place du Vieux Marché, au bout, offrira la fraîcheur de sa jolie fontaine comtadine et, par une porte ogivale, l'accès à l'ancienne juiverie.

Parallèle à la rue des Fours, celle très pittoresque aussi de l'Evêché, conduit à l'ensemble résidentiel épiscopal et à la chapelle des Pénitents Blancs (1739) où l'inscription du portail invite à réaliser de « beaux fruits de pénitence ».

Toute la Haute Ville est à savourer. Ediles, peintres et gens de goût contribuent depuis quelques années à sa renaissance. Ils en ont fait un haut-lieu d'art au charme délicat.


Sources:

- Orange, Carpentras, le Mont Ventoux, Vaison la Romaine, de Jean Boullé, éditions fraçaises, Aubanel.


Photos:

- Jimre (2013)


Posté le 10-04-2014 20:24 par Jimre

Lacoste

Fief des Simiane, le village fut peuplé plus tard par les Vaudois, et fut rudement éprouvé lors des massacres de 1545. Au XVIIIe siècle, le château passe à la famille de Sade (qui possède de nombreux biens dans la région par le système des coseigneuries, dont Saumane, Mazan, Eyguières). En 1771, c'est là que se réfugie quelques temps le jeune marquis de Sade pour échapper à la prison. Le château a alors 42 pièces et des souterrains qui auraient inspirés l'écrivain libertin...

Au XXe siècle, pendant 40 ans, un homme, André Bouër, relève les ruines et tente de redonner vie à l'antique demeure.


Source:

- Livre Les Châteaux de Provence de Serge Panorotto - Edisud


Crédit photos:

- Jimre

Posté le 10-04-2014 18:42 par Jimre

Vaison la Romaine

Vaison est célèbre pour ses ruines romaines, et malheureusement pour la catastrophe de 1992 où l'Ouvèze a rappelé aux habitants que c'était un torrent qu'il fallait respecter et que les romains n'avaient pas construit leur pont n'importe où et n'importe comment...

Mais sur l'autre rive de l'Ouvèze, on trouve l'ancienne cité médiévale, avec, la dominant, les ruines du château des comtes de Toulouse. Au XIIe siècle, les comtes, en conflit avec les évêques pour la suzeraineté de la ville, décident de montrer leur puissance à tel point qu'à une époque, ils obligent l'évêque à quitter la ville et à se réfugier au Crestet. Entre 1190 et 1193, Raymond V fait construire la forteresse pour assurer son pouvoir.


Source:

- Livre Les châteaux de Provence de Serge Panarotto - Edisud


Crédit Photos:

-Jimre 2013

Posté le 10-04-2014 17:56 par Jimre

Uchaux

Les habitations étaient jadis groupées autour du château, vaste manoir seigneurial à triple enceinte, dont on voit encore les restes du côté du sud et de l'église, dédiée à saint Michel, petit édifice roman du XIe ou XIIe siècle.

Puis les habitants délaissèrent la hauteur pour decendre dans la plaine où une église avait été bâtie. Il ne restera bientôt plus, sur la colline, que les restes gigantesques du château(le castellar) et le cimetière. C'est cette position élevée qui a fait donner dans certains actes anciens le nom d'Altavilla.

On trouve entre Uchaux et Piolenc un chemin appelé "camin reiaou" ou chemin royal qui est en fait l'ancienne voie romaine via Domitia.

La seigneurie d'Uchaux dépendait de la baronnie de Sérignan. L'évêque d'Orange y était prieur. Le château fut donné en fief par Raymond VI, comte de Toulouse à Guillaume des Baux, prince d'Orange, le 2 des ides de Juillet 1210. En échange, raymond VI reçut de Guillaume Vacqueyras. L'original de l'inféodation est aux archives du royaume.


On parle d'Uchaux...

Vous trouverez dans cette news d'autres infos complémentaires sur Uchaux que nous avions mises en ligne au moment de la publication des photos.


Sources:

- Wikipedia

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre(2010)


Posté le 31-03-2014 14:44 par Jimre

Saumane

Cette commune se trouve à 5 kms de l'Isle sur Sorgue et 27 d'Avignon. Elle est perchée sur un mamelon dont l'accès n'était facile que par le nord avant qu'on ouvre une route au midi en creusant la roche.

Le village de Saumane était, dans le principe, un castrum ceint de fortes murailles, dont il reste encore des vestiges. Le donjon fut vendu, plus tard, à la communauté qui fit construire sur son emplacement un moulin à huile et un four. On voit encore, en montant au château, une partie de cette puissante construction romane. Bertrand de Pierre et Guillaume de Pierre étaient seigneurs de Saumane, d'après une sentence arbitrale entre eux et l'abbaye de Sénanque, dont l'original se trouve aux archives de la Préfecture du Vaucluse (est-ce toujours le cas?).

On croit que la seigneurie en fut aliénée par un Saignet d'Astouaud à l'anti-pape Benoit XIII, qui, en 1401, l'inféoda à son écuyer, Baudet de Sade, en reconnaissance de ses services. Cette inféodation fut faite à titre onéreux, à condition de faire rebâtir le château qui tombait en ruines et d'attirer de nouveaux habitants pour peupler le village abandonné. A défaut de descendants mâles, la terre devait revenir au Saint Siège. Cependant, on voit un Baudet, onzième du nom, prendre possession de la terre de Saumane dont le Pape Nicolas v lui avait fait don, le 14 novembre 1451.

En 1526, le pape Clément VII confirme à la maison de Sade l'inféodation de cette terre. Jean II de Sade, coseigneur de Mazan, d'Eyguières et autres lieux, reccueillit la succession des seigneurs de Saumane. Il continua ainsi cette famille dont les membres se sont illustrés dans la robe, l'épée, la diplomatie et les lettres. La charge de capitaine du château de Vaison était héréditaire parmi eux.

Le château actuel fut commencé à la fin du XVe siècle. Comme il prenait les dimensions d'une forteresse, les feudataires du Comtat adressèrent des réclamations au souverain pontife dans lesquelles ils lui exposèrent qu'avec une faible garnison, le seigneur de Saumane serait le maitre de la contrée. Le pape défendit la continuation des ouvrages. Il fut achevé, tel qu'on le voit aujourd'hui, dans le courant du XVIIe siècle.

C'est un édifice lourd, massif, s'appuyant au couchant et au nord, sur des casemates percées d'énormes embrasures à canons. Une des particularités, ce sont des meurtrières qui sont percées dans un cylindre mobile dans l'épaisseur du mur. La porte d'entrée, au sud est surmontée d'un mocharaby, remarquable par ses console ogivales, avec de petites meurtrières dans les intervalles.

Le rajustement de la Renaissance n'a pu faire disparaitre la physionomie de l'ancien édifice roman, qui reparait dans le cintre de la porte et des fenêtres, quoique masquées et remplacées par des croisées. Il y a de nombreux souterrains et des oubliettes.

Voir non loin l'Isle sur la sorgue, la Roque sur Pernes, Pernes les Fontaines, Le Beaucet, Vénasque, Lagnes, Lacoste et Fontaines de Vaucluse.


Sources:

- Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis


Photos:

- Jimre(2004, 2007, 2011)

Posté le 21-02-2014 17:08 par Jimre

Mondragon

Le château, dont les proportions malgré la ruine restent gigantesques, a été bâti sur la colline de Mondragon. Une très grande partie date de l'époque romane, XIIe et XIIIe siècles. Une partie fut détruite pour construire Liman, belle maison de campagne ayant appartenu aux Jésuites. Au pied de la colline, dans le village, est une maison de la Rennaissance, avec deux tourelles cylindriques, ayant leur base en retraite avec des meurtrières rondes.

Des débris de céramiques néolithiques ont été trouvés dans la grotte de la Roque-Chien.

La colonisation romaine a laissé des traces importantes au quartier Saint-Jean. Outre différentes fondations aux murs arasés, y a été trouvée une statue d'un guerrier gaulois (1,8 mètre de haut) qui se trouve maintenant dans les collections du Musée Calvet d'Avignon.

Moyen Âge:

En 1144, l'empereur Conrad II donna Mondragon, avec droits de haute et basse justice, à l'archevêque d'Arles et lui accorda le titre de prince du Saint-Empire. En 1143, Guillaume de Mondragon, fils de Dragonet, prêta hommage à l'archevêque.

Les chartes du XIIe et XIIIe siècle mentionnent des barons du nom de Dragonet, feudataires des comtes de Toulouse, comtes de Provence. Les Toulouse n'y reconnaissaient comme vassaux que les Dragonet, qui avaient donné leur nom à la colline sur laquelle avait été édifié leur castrum, le Mons Dragonis.

Quoique enclavé dans le Comtat, Mondragon, n'en fit jamais partie. D'abord au nombre des terres baussenques, il compta plus tard parmi les terres adjacentes de Provence, par suite de la donation faite, en 1144, par l'empereur Conrad II à l'archevêque d'Arles. Cette possession dura jusqu'en 1535.  Les archevêques d'Arles se qualifiaient de princes de Mondragon et y faisaient battre monnaie. Ils y avaient un juge ou bayle dont l'appel était porté, selon les affaires, soit devant le juge d'Arles, soit devant les tribunaux du Comtat.

L'enclave de Derboux est une baronnie de la principauté d'Orange. Il en est fait mention dans des actes de 1128, 1137, 1200 et 1320. La charte de la principauté d'Orange, datée de 1128 confirma que les feudataires de l'enclave de Derboux rendaient hommage au prince d'Orange. La lutte d'influence entre le comte de Provence et l'archevêque d'Arles continua durant des siècles. En 1178, pour contrer la mainmise de l'archevêque, le comte de Toulouse donna Mondragon en paréage à plusieurs coseigneurs. Au XIVe siècle, ils étaient quatre : les Mondragon, les Cabris, les Montaigu et les Cavaillon.

Remarque: A propos des coseigneuries dans le vaucluse, voir article sur l'Isle sur la Sorgue .


En 1224, un Dragonet de Mondragon devint le podestat de la République d'Arles pour une durée de trois ans. La présence pontificale à Avignon atténua le conflit entre la première maison d'Anjou qui avait pris la responsabilité du comté et les archevêques. Pour calmer les tensions, les Chalon, qui ont succédé à la maison des Baux comme princes d'Orange, nommèrent comme barons des Derboux des seigneurs de Mondragon. Ce fut le cas de Bertrand de Cabris qui en rendit hommage en 1404.

Renaissance:

Cette politique d'apaisement continua au siècle suivant, puisqu'en 1510 Derboux fut donné en fief à Almaric et Dragonet de Mondragon qui en rendirent hommage au prince d'Orange.

En 1535, un commissaire royal fut chargé d'opérer la réunion de la Principauté la réunion de la principauté de Mondragon à la France gouvernée par François Ier. Le lieutenant au siège d'Arles mit l'ordonnance à éxecution, malgré les protestations de l'archevêque d'Arles et celles du viguier. Les armes de France remplçèrent celles du prélat et il fut défendu de battre monnaie en ce lieu et défendu au viguier le port de son bâton. Il ordonna ensuite aux coseigneurs et aux habitants de reconnaitre le roi de France comme souverain, et ceux-ci, en échange, conservèrent leurs libertés régies par le droit écrit et les coutumes du Comtat et leurs privilèges comme les exemptions d'impôts, de péages.

En 1536, quand Charles Quint envahit la Provence, les parlementaires d'Aix se réfugièrent à Mondragon dans l'ancienne abbaye des bénédictines de Notre Dame des Plans.

François II reporta la décision de réunion à la France en 1560 et les coseigneurs continuèrent à porter le titre de prince jusqu'à la Révolution.

Au cours du XVIIe siècle, les seigneurs de Suze et de Rochegude s'ajoutèrent à la liste des tenants fief à Mondragon. Derboux fut donné en fief à Paul de Mistral qui en rendit hommage en 1619.

Période moderne:

En 1710, les deux syndics qui dirigeaient la principauté au nom de l'archevêque d'Arles et des autres coprinces laïcs, se donnèrent le qualificatif de maires et de consuls. Dix-sept ans plus tard, six coseigneurs se partageaient le titre de prince de Mondragon, l'archevêque d'Arles, le marquis de Coulanges, le baron de Mantin, Pierre de Binard, le marquis de Fogasses et les héritiers de François Le Centenier. Le dernier baron de Derboux fut Gaspard Marie de Mansin de Guyon de Saint-Marcel, colonel de la cavalerie pontificale, qui en rend hommage en 1775.

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.


Les armes de Mondragon peuvent se blasonner ainsi : "D'argent au monde d'azur, ceintré et croisé d'or ".


Devise : "concordia amica pacis" (la concorde est l'amie de la paix)


Sources:

- wikipedia

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre (2008, 2012)


Posté le 27-11-2013 14:00 par Jimre

Derboux

L'enclave de Derboux était une baronnie dont il est fait mention dans des actes de 1128, 1137, 1200 et 1320. Elle se trouve au nord est de Mondragon

Dans la charte de la principauté d'Orange, datée de 1128, il est confirmé que les feudataires de l'enclave de Derboux rendaient hommage au prince d'Orange. 

La chapelle est de la même époque et de la même architecture que celle de Saint Blaise de Bauson, non loin de Bollène.


Sources:

- Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre (2004, 2007, 2008)

Posté le 01-05-2013 21:04 par Jimre

Mondragon

Les chartes des XIIe et XIIIe siècles mentionnent des barons du nom de Dragonet, feudataires des comtes de Toulouse, qui construirent un imposant château sur toute la superficie de la colline, laquelle prit le nom de ses propriétaires, Mons Dragonis. Un Dragonet, seigneur de Mondragon, fut nommé podestat de la république d’Arles, en 1224 ainsi que les trois années qui suivirent.

Quoiqu’enclavé dans le Comtat Venaissin, Mondragon n’en fit jamais partie. D’abord au nombre des terres baussenques, il compta plus tard parmi les terres adjacentesde Provence, par suite de donation faite, en 1144, par l’Empereur Conrad II à l’archevêque d’Arles. Cette possession dura jusqu’en 1535. Les archevêques d’Arles se qualifiaient de princes de Mondragon et y faisaient battre monnaie. Ils y avaient un représentant, le bayle, dont les appels judiciaires étaient portés, selon les affaires, soit devant le juge d’Arles, soit devant les tribunaux de Comtat.

En 1535, un commissaire royal fut chargé d’opérer la réunion de la principauté de Mondragon à la France, malgré les protestations de l’Archevêque et du viguier de l’époque. L’archevêque n’eut plus le droit de battre monnaie et le viguier ne put plus avoir son bâton. Les armes du prélat furent remplacées par celles du roi de France. Les habitants purent tout de même conserver leurs exemptions d’impositions, de péage et continuèrent à être régis par le droit écrit et par les coutumes du Comtat.

Deux syndics étaient à la tête de la communauté depuis le XIIIe siècle, comme dans de nombreuses villes du Comtat (voir article sur l’Isle sur la Sorgue). Ils se qualifièrent à partir de 1710 de maires ou consuls. Le bayle continuait à présider les assemblées du conseil général ou du conseil particulier. Les affaires non résolues aboutissaient en dernier ressort au parlement de Provence.

Posté le 01-05-2013 20:51 par Jimre

Merindol


Le premier seigneur connu est Guy, vicomte de Cavaillon. Ce fut lui qui, en 1225, accorda aux moines de l'abbaye de Silvacane le droit de pâture sur son fief. Un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1240. Puis, en 1248, Mérindol devint possession directe du comte de Provence. En 1257, celui-ci transigea avec les évêques de Marseille et de Cavaillon. Le premier obtint ce village et ses dépens en fief, le second en garda le spirituel. A la fin du XIIIe siècle, Guillaume de Podio était seigneur de Mérindol ; en 1300, il vendit cette terre à Bertrand de Baux, prince d'Orange.

À la fin du XIVe siècle, le village est entièrement détruit par Gantonnet d'Abzac, vicaire général en Provence de Raymond de Turenne, venu des Baux. Il va rester inhabité pendant plus d'un siècle.

Cet abandon, au cours du XVe siècle, entraîna la disparition du bac au profit de celui de Sénas. Le village fut repeuplé, grâce à un acte d'habitation passé en 1504, par Ogier d'Anglure, évêque de Marseille, avec des vaudois, dissidents de l’Église catholique.

A cette époque, le pays était couvert d’une épaisse forêt, à travers laquelle passait le chemin et où les voyageurs étaient continuellement attaqués et dévalisés. L’évêque se résolut donc d’y fonder un village pour la sûreté publique. Et ce sont donc les vaudois de la Valmasque qui y affluèrent.

Minorité religieuse du douzième siècle, les Vaudois sont les disciples de VALDO, marchand lyonnais qui fait réaliser des copies de textes bibliques en langue courante. Les Vaudois seront déclarés hérétiques et poursuivis par l'église catholique. Fuyant l'inquisition, ils s'installent dans le Luberon fin quinzième, début seizième siècle.

Les seigneurs de ce territoire vont donc conclure des accords avec les populations vaudoises afin de faire renaître les villages et relancer l'économie.

En 1530, l'Inquisition retrouve la trace des Vaudois et le dominicain Jean de Roma dirige une campagne de lutte contre les hérétiques : les pillages et meurtres se succèdent, jusqu’à l’intervention du roi, alerté par la tournure des événements (l’Inquisiteur s’enrichissant des pillages)

En 1540, le Parlement de Provence prend l'arrêt de Mérindol condamnant les habitants des villages soupçonnés de semer le trouble et d'être hérétiques.

En 1540 à nouveau, un juge d’Apt fait arrêter et brûler un meunier protestant de Mérindol (et confisque à son profit son moulin, importante richesse à l’époque). Les vaudois de Mérindol se révoltent, et volent les troupeaux de moutons de la région. Cela entraîne des condamnations, et notamment l’édit ou arrêt de Mérindol (18 novembre 1540), pris par le parlement de Provence, qui condamne 19 habitants au bûcher, et le village à être rasé. Plusieurs ambassades du village sont menées, notamment celle dirigées par André Meynard, né à Merindol en 1502, pour obtenir grâces et délais accordés par le roi pour qu’ils abjurent leur hérésie, mais finalement, la grâce est refusée le 1er janvier 1545. 18 villages du Luberon dont Merindol seront rasés, brûlés et leurs populations massacrées en 1545.Le village  de Merindol est entièrement brûlé le 18 avril 1545, et les habitants qui sont capturés, vaudois convertis au calvinisme, massacrés.

Meynard fit reconstruire le château en 1551 et y établit une garnison de cent hommes, ce qui n’empêcha pas Serbelloni de prendre et de saccager le village en 1562

C’est à Mérindol encore que, le 12 février 1560, au tout début des guerres de religion, Paulon de Mauvans ou Paul de Mouvans rallie les soixante églises protestantes de Provence à la conjuration d'Amboise : deux mille hommes sont promis au parti huguenot. Mérindol est l’une des deux places de sûreté, avec Forcalquier, accordées par l’édit de Saint-Germain aux protestants de Provence.

En 1567, Merindol est pris par les religionnaires de Provence, et, en 1570, ses habitants, après avoir brûlé le château de Javon, les métairies de Lauris, Ménerbes, Oppède, Robion et même de Cavaillon, se joignent à ceux de Murs pour tenter une attaque de nuit contre Mormoiron. Repoussés par Chabrillant, gouverneur de Carpentras, ils se replient sur Joucas et le couvent de Saint Hilaire, dont ils emmènent le prieur et les autres religieux.

Ce n'est qu'avec le dernier Edit de Tolérance (1787) et la Révolution française que les persécutions cesseront définitivement pour des Vaudois qui avaient rejoint la réforme dans le cours du seizième siècle.

De nos jours, il ne subsiste que deux pans murs du vieux castrum, veillant sur le mémorial Vaudois.

 

Héraldique :

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'azur, à une hirondelle volante en bande d'argent ; et une mer du même, à la pointe de l'écu

Sources :

- Site de Merindol

- Wikipedia

- Provenceweb

- Luberonweb


Posté le 01-05-2013 19:01 par Jimre

Velorgues


L'histoire de Velorgues est liée à l'histoire du Comtat Venaissin et des villes environnantes, notamment l'Isle sur la Sorgue.

Les comtes de Toulouse, en prenant possession du Comtat Venaissin y appliquent le système féodal.

En Provence, comme partout ailleurs, l’ensemble des terres se divise en propriétés privées, qu’occupent les petits, moyens et grands propriétaires, et en terres fiscales ou opus publicum que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de Domaine, composées de terres comtales et de terres d’Eglise.

Sous des pressions diverses, une partie de cet opus publicum disparaitra au profit des terres privées.

Le système féodal est très simple : le vassal donne ses terres au Comte qui les lui rend sous forme de fief, après que son bénéficiaire ait fait à son nouveau maitre le serment de fidélité.

Le domaine comtal sera ainsi distribué aux vassaux ou milites auxquels sera confié la défense des places. Il reçoit pour ses services une demeure en ville et une terre plus ou moins proche qu’il fait exploiter.

Dans le Comtat Venaissin, des seigneuries apparaissent ainsi comme le Thor en 1088, Caumont en 960 fondée par le comte Guichiranus, Velorgues en 988, et enfin Chateauneuf de Gadagne en 1150. L’acte de 1088 relatif à la donation de Thouzon, révèle aussi l’existence de seigneurs à Gordes, au pont de Sorgues et à Pernes.

Dans chacun de ces lieux, un « syndicat » de détenteurs de fiefs formait ainsi la seigneurie banale qui est cellule de base de la Féodalité. Elle est liée au Comte par le serment de fidélité et pourvue par lui de tous les attributs du ban royal : puissance, justice, de l’amende à la corde, sur tous les habitants.

La seigneurie banale est administrée par un bayle chargé de la gestion. Il distribue annuellement à chacun sa part de revenu. Il rend parfois la justice et c’est pour la population le véritable détenteur du pouvoir

La seigneurie de Vélorgues est constituée de 18 parts comme à l'Isle sur la Sorgue, à laquelle elle est rattachée. Certains de ses seigneurs résident à l'Isle et inversement ceux de cette bourgade ont des terres à Velorgues.

Le comte de Toulouse nomme en 1162 Giraud Amic, de la célèbre famille des Sabran, pour administrer en son nom sa part de territoire à Caumont, le Thor, Thouzon et Velorgues.

En 1171, Raymond V inféoda à Giraud Amic le castrum de Velorgues. 

Comme à l'Isle sur la Sorgue, on trouve à Velorgues un donjon carré symbolisant l'architecture militaire des XIe et XIIe siècle intégré au castrum (Voir description dans l'article de l'Isle sur la Sorgue). Vélorgues était en effet un castrum, dont la tour survivante était le donjon central. On peut en suivre la circonférence aux substructions qui se prolongent sur un plan circulaire, le long d'un talus constamment élevé de deux ou trois mètres au dessus du sol. Les ruines ont causé cet exhaussement. Le diamètre du castrum était de deux cents mètres environ. La tradition populaire fait détruire Vélorgues par les sarrasins, c'est une erreur...

C’est ce castrum qui fut détruit en 1396 par les troupes du vicomte de Turenne, venues des Baux.

Velorgues fut dès lors abandonnée et il n’y eut donc plus de communauté. Dès lors les l’Islois contestent à Velorgues l’autonomie de son territoire qu’ils considèrent comme partie intégrante du leur.

Finalement, Velorgues fut rattachée à l’Isle avant 1427 et le légat du pape accorda aux syndics de cette ville, la permission de prendre, en les payant, les pierres du castrum détruit depuis 50 ans, pour réparer les remparts de celle-ci.

Avant 1789, chaque année, on prenait possession des ruines de Vélorgues au nom du seigneur du Thor et les consuls de l'Isle envoyaient un héraut protester sur les lieux contre cette prise de possession...

Source:

- "Histoire de l'Isle sur la Sorgue des Origines à 1274" de Albert Cecarelli -Edition Compo typo Relief Mai 1987


Posté le 01-05-2013 14:46 par Jimre

Bonpas

Les premières mentions du site de Bonpas sont romaines et parlent d'un oppidum.

Le pont de Bonpas, construit lui sur la Durance, relie le sud du Vaucluse au nord des Bouches-du-Rhône. Ce lieu de passage entre Caumont et Noves fut d'abord un gué sous la préhistoire.

Sous l’ère de Constantin le grand, la ville d’Arles devient capitale d’Empire et connait une extension considérable. La ville ayant besoin d’eau de bonne qualité, de nombreux ouvrages sont construits et une des sources d’approvisionnement fut la source de Fontaines de Vaucluse. On construisit donc un aqueduc capable de satisfaire les nouveaux besoins. Quoique plus modeste que celui du pont du Gard, il n’en était pas moins un ouvrage important.

Partant de Fontaines, l’ouvrage arrivait à Bonpas en s’appuyant quand c’était possible sur les flancs des collines puis par des arcades pour maintenir l’eau à un niveau lui permettant de s’écouler dans les plaines. Au niveau de Bonpas, il y avait un château d’eau correspondant à un ouvrage identique de l’autre côté de la Durance. L’eau de Fontaines traversait en siphon au moyen de gros tuyaux en plomb, découverts il y a près d’un siècle enfouis dans le gravier. Le passage franchi, l’aqueduc se dirigeait vers Châteaurenard pour rejoindre en pente douce Saint Gabriel où le canal déversait ses eaux dans celui qui amenait l’eau des sources situées sur le versant septentrional des Alpilles.

Ce quartier de Caumont-sur-Durance est un passage pour traverser la Durance de longue date. Jusqu'au Moyen Âge, la traversée étant très difficile, le lieu prit le nom de « malus passus » (mauvais pas). Avec la présence de la chartreuse, les moines ont fait le nécessaire, pour des raisons économiques et pratiques quotidiennes, pour améliorer la traversée de la Durance à cet endroit, qui prit rapidement le nom de « bonus passus » (bon pas).

Vers l'an 800 sont construits sur le site une chapelle et un hôpital.

Le XIIe siècle voit l'apparition des fortifications. L'endroit est stratégique avec son bac permettant de traverser la Durance et appartenant à l’abbaye. Celui-ci, attesté en 1166, lui fournit d'importants revenus. On peut également supposer avec certitude l'existence d'un pont au passage du Maupas au XIIe siècle. Mais la violence des flots l'aurait emporté au milieu de la seconde moitié du XIIe. La traversée de la rivière torrentielle au Maupas devenu Bonpas, ne fut pas abandonnée. Un bac à traille est attesté dès 1166. Paul Pansier, dans une étude sur les frères du Pont d'Avignon, indique : « En 1166, Geoffroy, évêque d'Avignon, vend aux ministres et maîtres et hospitaliers ou constructeurs du pont de Maupas, la moitié du péage que son Église percevait sur le passage des pèlerins et des marchands mais se réserve le dominum du pont et le droit d'y construire ».

Châteaubriand, dans le Livre IV, chapitre III, du Génie du christianisme expliquait à propos des frères pontifes : « Ils s'obligeaient par leur institut à prêter main-forte aux voyageurs, à réparer les chemins publics, à construire des ponts et à loger les étrangers dans des hospices qu'ils élevaient au bord des rivières. Ils se fixèrent d'abord sur la Durance, dans un endroit appelé Maupas ou mauvais pas et qui, grâce à ces généreux moines, prit bientôt le nom de Bonpas qu'il porte encore aujourd'hui. C'est cet ordre qui bâtit le pont du Rhône à Avignon».

Cette Œuvre du pont fut fondée quinze ans avant celle d'Avignon, elle avait créé un abri pour voyageurs et pèlerins leur assurant gîte et soins, l'allusion aux constructeurs laisse supposer soit un projet d'édification d'un pont - sous la gouverne de l'évêque d'Avignon - soit un passage sur un pont de barques, soit une passerelle en bois, ces moyens de passage s'étant substitués au pont de pierre emporté par les eaux de la rivière.

La commune d'Avignon concéda, en 1229, à Pierre Ruf et à Isnard Mourre le creusement d'un nouveau canal, la Durançole ou Canal de l'Hôpital qui déviait une partie des eaux de la Durance. Les eaux apportées par celui-ci se déversaient dans les fossés ouest des fortifications d’Avignon, à l'opposé de celles provenant de la Sorgue.

En 1270, Alphonse de Poitiers, accorda aux frères hospitaliers du pont de Bonpas sur la Durance confirmation de tous les droits, juridictions, fiefs et banalités qu'ils avaient dans le Comtat Venaissin et son comte de Toulouse. L'acte est intitulé Privilegiam hospitaleriis Boni Passus. Un couvent y est créé.

En 1276 la frontière est contestée, entre le Comtat Venaissin et la Provence, au travers des revendications territoriales des seigneurs de Caumont-sur-Durance et de Cabannes. Un arbitrage la fixe par la ligne partant de la « cinquième pile du pont » à la chapelle du sommet de la colline Saint-Jacques de Cavaillon. Deux ans plus tard, des chevaliers de l’ordre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'y installent.

Vers 1278, des moines de l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem s’installent à Bonpas mais le pont de pierre ne fut pas reconstruit. Au XIIIe siècle et au XIVe siècle, les textes n'en font jamais mention. Mais ceux attestant l'existence d'un antique pont de pierre se trouvent dans les Lettres Communes de Jean XXII. L'une, en 1316 autorisait les chevaliers de Noves à utiliser les pierres d'un ancien pont pour tenter d'en construire un nouveau. Projet qui échoua puisque la bulle de ce même pontife fondant la Chartreuse de Bonpas, en 1320, ne mentionnait qu'un bac et un port. Par contre une Lettre, datée de 1329 faisait à nouveau allusion à un « pontem antiquum » détruit à cet endroit.

Ceci n'empêcha point la maison hospitalière de Bonpas de continuer son œuvre en assurant la maintenance d'un bac à traille.

En 1318, Jean XXII, pape installé à Avignon, prend le monastère et le cède aux chartreux.

En 1372, le cardinal Philippe de Cabassolle y est inhumé.

Au XVe siècle, Hugues de Saint-Martial y est prieur commendataire.

La chartreuse connut la prospérité au XVIIe siècle, époque à laquelle fut élevée la salle capitulaire.

En 1688, l'Assemblée des États de Provence demanda à Louis XIV l'autorisation de reconstruire le pont en utilisant les anciennes piles encore existantes. Mais ce ne fut qu'après la Révolution que le principe d'un pont en charpente de melèze fut adopté. Commencé en 1804, sur les plans de M. Duvivier et sous la surveillance de Pierre Bondon, cet ouvrage long de 546 mètres possédait quarante-sept travées et fut ouvert à la circulation en 1812.

Le 18 messidor de l'an 1 (6 juillet 1793) la garde nationale pris position afin d'interdire à une insurrection royaliste de franchir la Durance. Alors que la garde nationale se repliait, un enfant de 13 ans, Joseph Agricol Viala, se saisit d'une hache et attaqua le cordage du bac afin d'empêcher le passage des royalistes. Viala fut abattu dans la bataille mais permit à la garde nationale de se replier. L'enfant devint une figure de la Révolution française et à Avignon, une fête civique fut organisée le 30 messidor.

Le 25 avril 1814, alors qu'il était en route vers l'île d'Elbe, Napoléon après avoir quitté Avignon, passa sur le pont de Bonpas. Il fit arrêter son équipage et, prenant sa lunette de campagne, regarda la chartreuse. Il dit alors : « Dans un autre siècle, un caprice du destin m'aurait peut-être jeté dans ce cloître ; là encore, je me serais fait une place. Le catholicisme remuait alors le monde ; toutes ces congrégations de moines étaient autant de régiments, on pouvait en devenir le chef ».

Une forte crue, en 1886, ayant emporté neuf arches, le Conseil Général de Vaucluse fit alors appel à Ferdinand Arnodin qui était en train de restaurer le pont suspendu d'Avignon. L'ingénieur fit remplacer, en urgence, le tablier en lançant une travée de 103,65 mètres de long, montée sur des pylônes en bois15. Mais le pont en bois restait fragile face à chaque crue du gigantesque torrent. La décision de faire édifier, en aval, un pont suspendu de « type Arnodin » fut adoptée. Ce pont fut lancé et inauguré en 1894, il mesurait 520 mètres de long et reposait sur quatre travées.

Le pont suspendu de Bonpas a été détruit en août 1944 lors de la retraite des armées allemandes. Depuis 1954, la traversée de la rivière se fait sur un nouveau pont de 500 mètres de long soutenu par douze arches. Le pont routier est doublé maintenant d'un pont autoroutier. Il est à noter que Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, a été tourné en 1965 en partie au pont routier de Bonpas et sur les rives de la Durance.

Cet ouvrage autoroutier a été mis en service début 1969 en même temps que la section d'autoroute A7 de Bonpas à Sénas.Il a été conçu par le Service Central d'Etudes Techniques (SCET)des Ponts et Chaussées ; le maître d'ouvrage était la Sociéte de l'Autoroute de la Vallée du Rhone (SAVR) devenue depuis la société des Autoroutes du Sud de la France (ASF); la maîtrise d'oeuvre était assurée par la Direction Départementale de l'Equipement (DDE) de Vaucluse; les travaux ont été réalisés par l'Entreprise BALLOT.

Cet ouvrage est constitué de deux ponts parallèles à trois voies de circulation chacun portant un des sens de circulation de l'autoroute A7. D'une longueur de 550 mètres, il comprend 7 travées de 72 mètres et une demi-travée en rive gauche. Posé sur 7 piles en rivière parallèles au courant de crue, les tabliers continus sont ancrés dans une culée massive en rive droite et reposent sur une culée semi-enterrée en rive gauche. C'est sur cette culée que se trouve l'unique joint de chaussée. Chacun des tabliers est constitué d'un double caisson à inertie variable avec précontraite longitudinale et transversale. Le profil en long reste horizontal sur la totalité de l'ouvrage et son tracé en plan suit une courbe circulaire de 3 000 mètres de rayon puis un arc de clothoïde côté rive gauche.

La chartreuse de Bonpas a appartenu à la famille Olphe-Galliard de 1942 à 2004. À cette date, Jean-Claude Boisset se porte acquéreur, la rénove et l'ouvre au public.

La chartreuse possède un domaine viticole. Son caveau permet de déguster des vins de la vallée du Rhône et d'autres terroirs viticoles comme la Bourgogne, le Beaujolais, le Languedoc

Sa chapelle du XIIe siècle est classée monument historique Notice no PA00082016, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Sources:

- Wikipedia ici et

- L'Histoire de L'Isle sur la Sorgue, Des origines à 1274 de Albert Ceccarelli

Photos:

- Jimre(2010) 

Posté le 01-05-2013 11:25 par Jimre

Le Thor

Voir article sur l'Isle sur la Sorgue.


Photos:

-Jimre(2013)

Posté le 11-01-2013 10:00 par Jimre

Gigondas


Au cœur du triangle Carpentras, Orange et Vaison-la-Romaine, au pied des Dentelles de Montmirail, anciennement rattachée administrativement à Carpentras, Gigondas a quelque peu perdu le contact avec son ancienne capitale. 

Quelques documents, une enceinte de remparts dont la majeure partie est encore visible avec le château restauré, ainsi que le cornet du Prince Guillaume d’Orange que l’on retrouve dans les armoiries, sont autant éléments qui témoignent encore de ce passé. 

L’histoire religieuse fut très importante puisque six chapelles ou églises se trouvaient simultanément sur la commune au 16ème siècle, qui en a gardé son église paroissiale et les magnifiques restes de la chapelle romane St Côme et Damien. Il y eut également, et pendant au moins neuf siècles un couvent.

Avant le Moyen Age

Les innombrables monnaies, poteries et tegulae découvertes partout dans la commune, mais aussi une collection de chapiteaux et colonnes atteste de la présence et de la civilisation romaine. Plus ancienne encore est la station préhistorique datant du néolithique moyen récemment mise à jour dans les vignes de St André. 

Si la colonisation romaine fut effective à Gigondas, la région ayant été donnée aux vétérans des armées romaines et comme les fouilles ou les déterrements accidentels par labourage de tombeaux en plomb pour incinération, d'urnes lacrymatoires, de statuettes, de lampes, de tuiles plates, etc., le prouvent, les vestiges archéologiques ayant trait à la vigne ou au vin sont rares. Seule une tête de Bacchus a été mise à jour, en 1866, par Eugène Raspail, le neveu de François-Vincent Raspail, sur les terres de son Château Raspail.

Le village de Gigondas s’est d’abord appelé Jucunditas qui signifie joie et allégresse en latin. Un nom prédestiné à la culture de la vigne et du vin, au développement d’authentiques traditions vigneronnes depuis deux millénaires...

En effet, on attribue aux vétérans de la seconde légion romaine et fondateurs de la « Colonia Julia Arausio « (ville d’Orange, au 1er siècle avant JC) la création des premiers domaines viticoles. 

Moyen Âge



A partir de 793, jusqu'au rattachement à la France en 1731, cinq familles ont régné sur la région d'Orange .

    Famille des Comtes de Toulouse 793 à 1173


C’est vers l’an 800, après les invasions barbares et le passage des Sarrasins, que les habitants se regroupèrent pour se constituer en village. C’est à cette époque que fut créé le Comté d’Orange par un personnage semi légendaire : Guillaume au court Nez, compagnon de Charlemagne. 

Au 10ème siècle, Orange et Gigondas faisaient partie du marquisat de Provence. On appelle dans les actes, «Château de Gigondas», la grande tour construite sur le piton sud du village actuel et dont il ne reste qu’un éperon de pierres, des emplacements d’escalier et d’étage, car détruit sur ordre de Louis XIV.

Vers 1120, Rostang III, évêque de Vaison, donna à son église cathédrale, un manse qui comprenait une vigne sise à Gigondas près de l'Ouvèze. Il le fait en ces termes :

« Petro vero Alberto Gigundatis pro vinea quoe sita est juxta viam publicam est inter (... otam)) episcopalem et fluvium Ovicœ solidis ordo dedit. »

C'est l'acte le plus ancien confirmant l'existence d'un vignoble sur ce terroir.


En1150, le dernier de la dynastie des Adhémar (fondée par Guillaume) obtint le titre de prince avant de passer la main à la famille des Baux

    Famille des Baux 1173 à 1393

    Famille de Chalon 1393 à 1530

    Famille de Nassau 1530 à 1703

    Famille de Conti 1703 à 1731

En 1731, après le traité d'Utrecht en 1713, par un échange fait entre le Roi de France Louis XV et le Prince de Conti, la Principauté d'Orange est définitivement incorporée au Domaine Royal par acte du 29 mai 1731.


La principauté d'Orange

Gigondas est l’une des communes qui pendant près de huit siècles formèrent la principauté d’Orange, de 1150 jusqu’en 1731

La principauté, d'une superficie d'environ 180 km2, était constituée d'une bande étroite, orientée d'est en ouest et allant du Rhône aux Dentelles de Montmirail.

Elle comprenait les communautés d'habitants suivantes :

Causans (aujourd'hui, partie de Jonquières), Châteauneuf-de-Redortier (aujourd'hui, partie de Suzette), Courthézon, Derboux (aujourd'hui, partie de Mondragon), Gigondas, Jonquières, Montmirail, Orange, Suzette, Saint-André-de-Ramières (aujourd'hui, partie de Violès) et Violès.

Il faut attendre le XIVe siècle pour connaître l'évolution de ce vignoble, fief des Princes d'Orange. Un de ceux-ci, Raymond V des Baux, en juillet 1341, tout en se réservant les droits de haute et basse justice, accorda aux Gigondassiens certaines libertés contre un droit de vingtain sur le vin de ce terroir pendant sept ans.

En 1376, au lieu-dit « Les Bosquets », les registres notariaux indiquent l'existence de « vinea culta » ; puis ceux des notaires d'Oussan, dans un acte daté de l'an 1380, font état de vignes qui couvraient un territoire descendant de la chapelle Notre-Dame des Pallières jusqu'à l'Ouvèze.

Renaissance

Tout au long du XVe siècle, les mêmes registres indiquent que le vignoble s'étendait alors des « Garrigues » au « Trignon », en passant par la « Beaumette » et la « Coste de Saint-Cosme ».

En 1563, Gigondas fut pris par les calvinistes.

Au siècle suivant, la Communauté rédigea ses statuts et les approuva le 14 novembre 1591. L'article 45 intitulé « De ceux qui vendent du vin en gros qu'ils en vendent aux autres habitans » indique avec précision les conditions de ce négoce :

« Toute personne qui voudra vendre du vin en gros aux estrangiés sera tenue de vendre aux habitans dudit lieu, à quatrs ou à pichet, pour le prix qu'ils l'auront vendu auxdits estrangiés, à peine y contrevenant, de payer, pour chaque personne et fois XII deniers ; et qui aura du vin à vendre, et le vendra aux habitans en gros, sera tenu de le vendre à tous habitans, à quarts ou à pichets, pour emplir ses tonneaux, au prix qu'il l'aura vendu en gros pour ouiller lesdits tonneaux, à peine de contravention pour le regard des habitans de payer II sols applicables. »

L'année suivante, cet article fut repris en faisant, cette fois, expressement mention du vin blanc. C'est un des rares textes faisant mention de ce type de vin sur le terroir gigondassien.

Époque moderne

En Septembre 1791, l'Assemblée nationale constituante française prit, sur la proposition du député Armand-Gaston Camus, un décret portant « incorporation à l'Empire français des « deux États réunis d'Avignon et du Comtat Venaissin ».

En juin 1793, la Convention nationale française prit un décret « relatif à la formation d'un 87e département, sous la dénomination de département de Vaucluse ».

Le département de Vaucluse fut ainsi définitivement constitué par la réunion de la cité-État d'Avignon, de Comtat Venaissin, incluant l'enclave des papes dans la Drôme devenue le canton de Valréas, les principautés d'Orange et de Mondragon, la viguerie d'Apt et le comté de Sault.

Le nouveau département se vit supprimer cinq évêchés sur six : Carpentras, Cavaillon, Apt, Orange et Vaison, seul resta l'archevêché d'Avignon.

Le pape Pie VI, sous la menace d'invasion des autres États de l'Église par les armées françaises menées par le général Bonaparte, signe le traité de Tolentino, le 19 février 1797.

Le blason:

D'azur à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'argent, au chef d'or chargé d'un cornet du champ, virolé aussi d'argent. D’or, au cor d’azur en cœur, virolé et enguiché de gueules.


A voir à Gigondas et dans les environs

Le château féodal et ses remparts

D’une longueur de 550 mètres, de 5 à 8 mètres de hauteur et d’environ 1,50 mètres de largeur à la base, les remparts du village ont été construits au Moyen Age.

Le château de Gigondas fut le siège de la résistance des catholiques, vaincus par les calvinistes menés par le Baron des Adrets en 1563. En 1678 il fut transformé en hospice, puis en école et finalement abandonné au début du XXe siècle. Une moitié seulement du bâtiment est encore visible et dégagée, le reste étant incorporé dans des constructions plus récentes.

Il est difficile de comprendre la disposition du château qui n’était pas un lieu de résidence mais plutôt une place forte. 

Il reste plusieurs salles voûtées, mais de petites dimensions. Dans l’enceinte des remparts, trois ou quatre maisons très anciennes présentent encore des éléments tels qu’encadrement de portes d’entrée ou des fenêtres, plafonds... qui témoignent d’une opulence certaine et qui ont dû appartenir à des notables.

L’ église primitive

L’ église primitive était dédiée à Ste Catherine d’Alexandrie et dotée par Raimbaud I. En 1563, les soldats calvinistes ne pouvant s’en prendre aux habitants en fuite, ils s’attaquèrent à l’église qui fut reconstruite probablement au début du XVIIIe siècle.

siècle (façade et pose de l’horloge du beffroi). En 1755, l’horloge solaire fût placée à l’est sur la corniche et ce n’est qu’en 1854 (date inscrite) que la statue de l’Immaculée fut installée dans une niche. La toiture repose directement sur la voûte à trois travées et le sous-sol contient de nombreux tombeaux et cavités. 

La chapelle St Côme et Damien

Sise au départ de la route vers «les Dentelles de Montmirail», de construction romane classique du 12ème siècle, la chapelle St Côme et Damien remplacerait un édifi ce du 7ème ou 8ème. 

On suppose qu’il s’agissait de l’église d’un cimetière attenant et que sa construction n’a peut-être jamais été achevée. 

Nationalisée à la révolution, elle fut achetée par le voisin, Denys Fort, qui la rendit au culte en 1836 (année de l’aménagement du transept en chapelle). Cet aménagement fut suivi de la restauration intérieure en 1927 sous l’impulsion de l’Abbé Labrousse. En 1964, grâce à l’aménagement extérieur de la chapelle, des sépultures furent mises à jour. La fi n des travaux se matérialisa par le colmatage des brèches en 1970 et la pose de vitraux historiés en 1974.

La Tour Sarrasine

La Tour Sarrasine est un édifice datant du 12ème siècle, c’est un ancien poste de garde d’un chemin de montagne.

Le monastère de Prébayon

Le monastère de Prébayon est la première construction du couvent date du 7ème siècle. Prébayon fut abandonné en 962 suite à la destruction des bâtiments par une crue du Trignon. Les religieuses se réfugièrent alors au Domaine St André les Ramières. Fermé sur ordre de Louis XIV, ce magnifique domaine devint la résidence campagnarde des Evêques d’Orange dont le dernier, Mgr du Tillet, y faisait volontiers de longs séjours jusqu’à la révolution  où il fut alors vendu comme bien national.

Les Sources thermales

Analysée au XVIIIe siècle, l’eau sulfurée de Montmirail était surtout riche en sulfures et en sulfates de calcium, de magnésium et de sodium. En 1875 un vaste établissement est construit. Les eaux de Montmirail connurent leur plus grande vogue à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. 

La station est maintenant fermée depuis plus de cinquante ans et son bâtiment tombe en ruine. 

Gigondas d’Hier et d’Aujourd’hui, association créée en 1983, s’est donnée comme but la sauvegarde et la restauration des témoignages du passé de notre commune et la mise en valeur des lieux restaurés (aménagement en 1994 du «Cheminement de Sculptures» exposition permanente dans le haut du village).

Le vin de Gigondas (rouge et rosé) est classé grand cru AOC depuis 1971. La vigne trouve ici son terrain de prédilection de par la constitution du sol, des particularités de son climat, de sa situation en coteaux et de son exposition.

Sources:

- site des communes du Haut Vaucluse

- site chateauneuf.dk

- Gigondas sur Wikipedia

- Le Comtat Venaissin sur Wikipedia

- La principauté d'Orange sur Wikipedia

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules courtet, éditions Res Universis.



Posté le 29-12-2012 22:28 par Jimre

Entrechaux

Le village est bati sur un rocher que couronne un château aujourd'hui en ruines. Il appartenait aux évêques de Vaison. Après la prise de Vaison, Raymond VI, comte de Toulouse, poursuivit les évêques jusque dans leurs refuges de Crestet et d'Entrechaux. L'évêque Béranger II, qui avait excommunié le comte, s'y réfugia avec son chapitre, mais Raymond les découvrit et après avoir pris le château, il les fit mettre en prison.

Le 25 Mai 1563, les huguenots s'emparèrent d'Entrechaux, grâce à la trahison, de Claude de Guiramand, qui en était seigneur. Il fut assassiné par un vassal indigné. Une vendetta s'ensuivit et le vassal lui-même fut tué. Deux de ses enfants qui s'étaient réfugiés en Arles furent poursuivis par les fils de Guiramand qui les tuèrent à leur tour.


Posté le 10-07-2012 21:41 par Jimre

Cucuron

Sur le point culminant du village, la colline Saint Michel, on trouve un donjon roman que l'on appelle tour de Saint Michel et qui est attribué par la légende à Jules César. Cucuron faisait partie de la viguerie d'Apt et dépendait de la baronnie d'Ansouis.

Le village s'établit en contrebas du château, jusqu'à la porte supportant aujourd'hui une horloge. Le village était donc compris entre le château et la porte de l'horloge qui possède encore son moucharabi.

Ses armoieries étaient un soc, une bêche et une serpette.

Posté le 10-07-2012 21:25 par Jimre

Cabrières d'Avignon

Cabrières est un village situé aux confins de la Provence et du Comtat, non loin de la Tour de Sabran, qui marquait la frontière entre le Comtat Venaissin et le comté de Forcalquier. Ce pays n'était pas ancien, car à la date du 14 Janvier 1455, on apprend qu'il y eu une inféodation, faite par le cardinal de Foix, légat du Pape, de la terre de Cabrières alors inhabitée, au profit de Arnauton de Montjoie. La terre de Cabrières passa ensuite, à la maison d'Ancezume, qui la transmit, avec sa baronnie du Thor, à celle de Grammont-Caderousse.

Posté le 10-07-2012 20:37 par Jimre

Beaumes de Venise

Beaumes de Venises a été appelé ainsi pour être distingué de La Baume de Transit, en Dauphiné. Ce nom provient sûrement des nombreuses grottes et excavations que l'on peut trouver dans la montagne à laquelle est adossé le village, dites baoumo en provençal. Abrité du vent au nord, c'est un des endroits les plus chauds du département qui permet la culture de l'olivier et de la vigne produisant le célèbre muscat de Beaumes de Venise.

Le château-fort de Beaumes était l'un des sept châteaux que possédait Raymond VI, comte de Toulouse, et qu'il dut livrer en otage au saint siège lors de la Croisade contre les Albigeois en 1209 (Voir news sur Roquemaure).

Il est bâti sur un rocher occupé depuis la nuit des temps pour sa position stratégique, comme l'atteste la découverte de monnaies phocéennes et romaines.

La terre et la seigneurie de Beaumes était la seconde baronnie du Comtat, la première baronnie étant celle de Sérignan, la troisième celle du Thor et celle d'Oppède la quatrième.

Durant le XIVe siècle, la baronnie devint possession par mariage de la famille Peyre et entra ainsi dans la Maison d'Orange.

Durant les guerres de religion, Beaumes eut à souffrir de la visite du Baron des Adrets, à son retour du siège d'Apt en 1572.


Photos:

- Jimre( 2010)

Posté le 10-07-2012 20:11 par Jimre

Châteauneuf de Gadagne

Le bourg est situé sur la route d'Avignon à l'Isle sur Sorgue, sur la colline séparant la riche plaine entre le Rhône et les monts du Vaucluse et qui va de Bédarrides à Bonpas.

Le château était un des plus beaux de la province. Sa position lui permettait de contrôler la plaine du Comtat jusqu'au delà de la Durance. Dans la chapelle du château, on trouvait un beau mausolée du premier duc de Gadagne en costume militaire. A ses pieds gisait son épouse priant, avec un livre à la main. Tout a malheureusement disparu et on ne trouve plus que quelques restes du village.

Pendant quelques siècles, on pouvait voir également une hache et un soc de charrue, scupltés sur la porte du village. Celui-ci fut inféodé, en 1162, par le comte de Toulouse à un Giraud Amic, de la maison de Sabran, d'où vint le nom de Chateauneuf de Giraud Amic ou Lamy des anciens titres.

Châteauneuf de Gadagne lui n’est pas dans la viguerie de l’Isle car c’est une baronnie dépendant de l’abbaye de saint Guilhem le Désert en Languedoc bien avant le XIIe siècle. On dit que Châteauneuf de Gadagne est « dans le Comtat, non du Comtat ».

On trouve comme seigneurs de Châteauneuf de Gadagne de grandes familles provençales telles les Sabran, les Simiane, les Galéan (Galeani de Nice).

Posté le 17-06-2012 18:58 par Jimre

Vedène

Vedène est située entre Bédarrides et Avignon sur la grande colline qui va de Bédarrides à Bonpas. Le village est bati au pied d'un monticule qui abrite le château. On trouve au Gallia Christania une charte de 1109 qui parle de Vedène. On trouve comme propriétaires des environs la famille Galeas-Gadagne.

Le village fut détruit par les calvinistes en 1562, époque où le baron des Adrets dévasta le Vaucluse.

Pour l'anecdote historique, Vedène serait l'antique Vindalium, citée par Strabon. On situe la bataille qui vit la victoire de Aenobarbus sur les Allobroges commandés par Bituit vers le lieu dit le "Plantier des morts", tumulus où l'on aurait trouvé de nombreux ossements ainsi que, dit la rumeur, des tombes avec des squelettes et des épées qui auraient été détruits...

Sources:

- Dictionnaire des communes du Vaucluse- Jules Courtet- Res Universis.

- Site de Robert Salles


Posté le 17-06-2012 18:46 par Jimre

Roussillon

Selon la légende...

Raymond d'Avignon, seigneur de Roussillon vient de découvrir que Sermonde, sa femme, est tombée amoureuse de son page, Gilhelm de Cabestang. Fou de rage, il tue le jeune homme pour lui arracher le coeur... qu'il offre tout sanglant sur un plateau à son épouse infidèle. Celle-ci, désespérée, se jette de la falaise. Son sang forme aussitôt une source qui colore la terre alentour. Ainsi serait née la couleur de la terre de Roussillon...selon le fils de Nostradamus dans son livre "Vie des plus illustres poètes provençaux".

Si Roussillon ne doit pas la couleur de sa terre à du sang, le village a bien comme toile de fond un paysage de carrières écarlates, constituant les plus riches carrières d'ocre de France. Il fut édifié lui-même sur un piton appelé le Mont Rouge. Il fait partie de ce que l'on nomme les villages perchés du Lubéron. 

Sa situation est privilégiée, avec Bonnieux et Lacoste de l'autre coté du Coulon, entre Gordes, Apt et Saint Saturnin d'Apt.

De son passé médiéval, il faut retenir la forme du village avec ses ruelles et ses passages voûtés et son beffroi, ancienne tour défensive percée d'une porte permettant l'accès au castrum.

Quelques dates:


Roussillon semble avoir été occupé dès le Néolithique, on pense que ce sont les Grecs qui ont fondé le premier village vers 450 avant Jésus Christ, important du même coup dans la vallée du Calavon les techniques de culture de la vigne et de l’olivier. 

Les gallo-romains qui leur succèdent abandonnent la butte pour la vallée, de nombreux vestiges en témoignent : substructions de temple et villa, urnes funéraires, autel dédié à « Deo Abiano » et des inscriptions diverses.

A la chute de l’empire romain, Roussillon remonte vite sur la butte et y érige un castrum.

Le village subit l’assaut des Sarrasins vers l’an 730.

987, Roussillon a un petit château établi sur une motte castrale.

Cité en 989 : "de Rossillione".

Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possède l’église Sainte-Croix, et en perçoit les revenus. Seigneurie des d'Agoult, des Vins, puis des l'lsle jusqu'à la Révolution.

En 1541, il est assiégé par 800 vaudois venus récupérer des prisonniers.

Charles IX passe dans le village lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine

Au XIXe siècle, Roussillon voit l’industrie de la sériciculture (active depuis le XVIIIe siècle), ainsi que l’industrie des ocres se développer et mobiliser l’essentiel de l’attention de nombreux Roussillonnais, la commune compte jusqu’à 1500 habitants vers 1870.

Les remparts disparaissent dès la fin du XVIIIe siècle.

Le seul point d’eau de Roussillon étant la Fontaine des Naïades, cette pénurie d’eau a donné naissance à toute une série de citernes de stockage des eaux de pluies, ainsi qu’à une originale corporation, « les ânes porteurs d’eau », chargés de faire les navettes entre le village et la fontaine.

C’est en 1912 que les Roussillonnais voient avec bonheur et soulagement arriver l’eau courante captée vers Bonnieux.



Sources:

- Wikipédia

- Provence Luberon news

- Luberon tourisme


Photos:

-Jimre(2013)


Posté le 13-05-2012 08:49 par Jimre

Oppède et la légende de l'Anti Pape

Le village d'Oppède le Vieux et son château sont accrochés au flanc du Lubéron. Situés en bordure Nord de cette montagne, les maisons ainsi que le château sont des XIIe et XIIIe siècles. Le château parait imprenable sur son flanc sud.

Ce village et la famille éponyme d'Oppède ont laissé de nombreuses traces dans l'histoire du Vaucluse notamment durant la triste période des guerres de religions avec Maynier d'Oppède, connu pour avoir perpétré le massacre des habitants de Cabrières d'Avignon.

Une légende datant du temps des Papes d'Avignon se déroule à Oppède.

Après avoir appartenu au comte de Toulouse, Oppède passe sous l'autorité des papes en 1274, après la croisade des Albigeois.

Pendant la période du Schisme d'Occident, de1378 à 1417, on assista à la séparation de l'Eglise catholique en deux obédiences avec deux papes concurrents, un à Rome et un en Avignon.

En 1380, Oppède est attribué au routier Bernardon de la Salle, qui le garde jusqu'à sa mort en 1391. Retournant sous l'autorité du pape, les Oppédois n'en n'apprécient pas la lourde fiscalité, surtout quand les troupes de Raimond de Turenne, qui faisait la guerre au pape, endommagent le village en 1394 : les Oppédois reprochant au pape d'être plus efficace pour percevoir des impôts que pour défendre les imposés. Quand les Taillades se soulèvent contre le pape en 1398, les Oppédois se joignent à eux.

Le cardinal Pierre de Lune( Pedro de Luna de son nom d'origine en Aragon) fut élu Pape en Avignon le 28 Septembre 1394 sous le nom de Benoît XIII. Pendant le concile, il avait promis de se démettre s'il le fallait pour faciliter l'union de l'Eglise. Il n'en fit naturellement rien, malgré les ambassades que Charles VII lui envoya.

Par ordre du roi, donc, Jean le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France, fut placé à la tête d'une armée qui se porta en Avignon afin d'obliger le Pape récalcitrant à renoncer à sa charge.

Le Palais pontifical fut encerclé et Benoît XIII y restera enfermé pendant cinq ans. En 1403, il parvient à s'enfuir du Palais(par un souterrain d'une longueur de près de 10 km qui, selon la légende aboutissait apparemment à Chateaurenard...) et il fut accueilli et protégé par Louis II d'Anjou, comte de Provence. Il trouva refuge à Oppède mais là aussi, il fut pourchassé et assiégé dans le château.

C'est là qu'il serait parvenu à "s'envoler" pour échapper à la capture.

Pratiquemment au point le plus haut du château, une arcade en forme de poterne donne sur le vide. C'est par cette issue, que, selon la légende, s'envola l'antipape Benoît XIII(1329-1423), soutenu soi-disant par le Diable en personne.

Il partit alors en Italie à la recherche d'un compromis, mais il fut déposé à deux reprises, en 1409, au concile de Pise et en 1417, au concile de Constance. Il se réfugia alors à Peñiscola, en  Aragon, dernier état à le reconnaitre, où il mourut en 1424.

Son neveu Rodrigo de Luna fait d'Oppède une place forte pour la défense des intérêts familiaux et y installe en 1409 une garnison de mercenaires catalans. Les légitimistes (partisans du pape de Rome) assiègent alors Oppède pendant deux ans, jusqu'à ce que la garnison catalane quitte la place et s'enrôle dans les rangs des assiégeants. Oppède revient alors au pape de Rome.

En 1501, le pape Alexandre VI concède la seigneurie d'Oppède à l'Avignonnais Accurse de Maynier (ou Meynier), juge-mage de Provence, pour une redevance annuelle de 230 florins. Les Oppédois s'y opposent et n'acceptent leur nouveau seigneur qu'en 1511, après la garantie que leurs droits seraient maintenus.

En 1530, le dominicain Jean de Roma dirige une campagne de lutte contre les hérétiques : les pillages et meurtres se succèdent (avec Cabrières et Mérindol), jusqu’à l’intervention du roi, alerté par la tournure des événements (l’inquisiteur s’enrichissant des pillages).

C'est son fils, Jean Maynier, qui s'illustre dans le massacre des Vaudois du Luberon en 1545, causant le massacre de 3000 personnes, ce qui l'amène à comparaitre en 1551 devant une cour royale à Paris, qui condamnera à la décapitation le procureur ayant requis l'acte de répression.

La famille de Maynier, mal vue en raisons des massacres des Vaudois et convertie au protestantisme, quitte Oppède et Aix-en-Provence pour la région de La Rochelle, Fontenay-le-Comte, Saumur à la fin du XVIIe siècle.



Sources:

- "L' Histoire de L'Isle sur la Sorgue", de 1274 à 1791, le temps des Papes de Albert Ceccarelli, Editions Scriba.

- "Provence Insolite et Secrète, de Jean-Pierre Cassely, Editions Les guides écrits par les habitants.

- Oppede sur Wikipédia

Posté le 16-02-2012 16:12 par Jimre

Gordes

Le village est perché sur un promontoire escarpé, avec ses maisons accrochées au mépris du vertige. Il doit ses remparts et son château à son site stratégique entre Ventoux et Lubéron, sur le bord méridional du plateau du Vaucluse.

Dominant la vallée du Coulon, Gordes,dès le XIe siècle, était une importante seigneurie qui commandait la vallée d'Apt et la plaine de Cavaillon.

Histoire:

L'origine de Gordes est liée au peuple celte des Vordenses qui érigent un oppidum défensif pour Cavaillon au sommet du roc où se trouve actuellement le village. Le nom de Gordes viendrait de Vordense qui se transforma en Gordenses puis Gordae et enfin Gordes.

Il reste encore plusieurs traces de l'importante occupation romaine comme le passage de la voie romaine de Carpentras à la vallée d'Apt au quartier des « Cousins », les vestiges gallo-romains du quartier des Bouisses (squelettes, amphores, colonnes) ou les substructions gallo-romaines au hameau des Gros.

Au VIIIe siècle, l’abbaye bénédictine de Saint-Chaffret est fondée par des moines de l'abbaye de Saint-Chaffre de Monastier-en-Velay sur les restes d'une ancienne cella détruite lors des invasions arabes.

La vue du château par le nord permet de voir qu'il ne subsiste pas que la partie Renaissance.

Depuis le XIe siècle, la masse impressionnante de son château couronne le village de Gordes.

Guillaume d'Agoult, l'un des premiers ancêtres de cette puissante famille féodale vassale des comtes de Forcalquier, qui couvrit de fortifications tous les villages environnants, le mentionne dans une charte datée du 30 novembre 1031 (texte original contenu dans le cartulaire de Saint-Victor de Marseille). Ses successeurs le renforcent jusqu'à en faire en 1123 un nobile castrum, le seul ainsi dénommé parmi les très nombreux châteaux avoisinants.

Au XIIIe siècle, Gordes rallie la maison de Savoie en se mettant sous la protection de Béatrix de Savoie à la suite d'une brouille avec le royaume de France. Celle-ci y établira une garnison (citée en 1258).

Au milieu du XIVe siècle, tout comme dans les villages environnants, les premiers remparts se dressent au pied des maisons. C'est l'une des répercussions de la peur engendrée par la guerre de Cent Ans. François Joseph de Rémerville de Saint-Quentin décrit en 1690 le village en ces termes : « Gordes, gros bourg fermé de murailles ».

À la suite de la mort du roi René, le comté de Provence est incorporé au royaume de France sous l'appellation de « province royale française » en 1481. Une insurrection éclate dans les anciens états des d'Agoult-Simiane et l'ancien comté de Forcalquier. Gordes se distingue par une forte opposition au centralisme français mais paie lourdement ses prétentions d'indépendance. Un an plus tard, pour le mariage de son fils, Jacques Raybaud de Simiane prend le titre de « Baron de Gordes ». Par la suite, l'ensemble de sa descendance garde ce titre sans qu'aucun texte connu ne parle d'une transformation de la seigneurie en baronnie.

La famille des Simiane, règne déjà sur le château depuis quatre siècles lorsque Bertrand de Simiane, vers 1525, décide de remplacer l'ancienne forteresse médiévale par un château de style Renaissance. Comme toutes les constructions de l'époque, il n'en garde pas moins des fonctions défensives avec de massives tours à machicoulis, car les guerres de religion seront terribles en Provence.

En 1544, des Vaudois incendient le monastère de Sénanque, abbaye cistercienne fondée en 1148 lors du mouvement de renaissance spirituelle et religieuse qui touche la région aux XIIe et XIIIe siècles

Gordes est l'un des premiers villages à accepter la Réforme protestante, choix très osé à l'époque vu la proximité d'Avignon.

Il est assiégé en vain par le Baron des Adrets durant les guerres de religion,

En 1615, Gordes est érigé en marquisat par Louis XIII en faveur de Guillaume de Gordes Simiane. Il est ainsi le fief des marquis de Simiane puis des ducs de Soubise et au XVIIIe siècle des princes de Condé.

En 1709, plusieurs documents attestent d'un hiver très rude qui a fortement pénalisé la population en détruisant récoltes (dont les oliviers), pots de stockage, cuves en pierre, etc. En 1720, la peste arrive à Marseille, l'année suivante, elle frappe déjà toute la Provence et arrive en Comtat Venaissin.

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'entretien des remparts qui entourent le bourg est peu à peu abandonné. L'un des cimetières est transféré en dehors de l'enceinte en 1755 à son emplacement actuel mais il n'est solennellement béni que le 27 mai 1855.

À la suite du décret du 25 juin 1793, le département de Vaucluse est créé le 12 août 1793. Il est alors constitué des districts d'Avignon et de Carpentras mais aussi de ceux d'Apt (dont Gordes fait partie) et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Les Simiane:

C'est l'une des plus anciennes et illustres familles provençales. Au début du XIIe siècle, ce fut Guiraud d'Agoult qui prit pour le premier le nom et les armes de Simiane. Ses descendants furent seigneurs d'Apt jusqu'au xve siècle.

Pour eux, les fiefs de Caseneuve et Gordes furent érigés en baronnie et marquisat. La branche de Gordes s'éteignit en 1738 avec Jacques II de Simiane, décédé sans enfant.



Sources:

- Les "Châteaux de Provence", de serge Panorotto, Edisud.

- Wikipédia pour les Simiane et Wikipédia pour Gordes

Posté le 01-02-2012 22:20 par Jimre

Le Barroux

Au début du XVIe siècle, ce village avec un château à son sommet fut un fief du Comtat avec haute, moyenne et basse justice sous la mouvance de la Chambre apostolique, possédé anciennement par les comtes de Toulouse, puis les seigneurs des Baux, ensuite par celle de Budos et successivement par celles de Peyres, de Pelletier-Gigondas, de Panisse et enfin devient le bien de la famille des Moret de Rouvillasc(Rovilhasc ou Rovigliasc...). Le château est recontruit entre 1539 et 1550 par un italien, Henri de Rovigliasc sur un ancien donjon du XIIe siècle. De type Renaissance,avec des larges fenêtres à meneaux, une cour d'honneur à portique etc..., il n'en a pas moins gardé des aspects défensifs de forteresse avec notamment des tourelles.

En 1563, le château fut livré aux calvinistes par un nommé Belon qui en assurait le commandement. Mais au mois d'Octobre de la même année, Caumont reprit le village et commença le siège du château. Le troisième jour, les huguenots craignant l'arrivée de Serbelloni, ouvrirent les portes. On fit grâce de la vie à tout le monde, excepté à Belon qui avait livré le village.

Pillé à la Révolution, le château reste à l'abandon près d'un siècle et c'est Mr Vayson de Pradenne qui le relève des ses ruines en 1929. En 1944, il est incendié par les allemands et il est à nouveau restauré par la famille Mouliérac-Lamoureux.

A voir au château la chapelle Notre Dame de la Brune et ses fresques et dans le village, l'église templière, romane, dédiée à St Jean Baptiste.


Sources:

- Les "Châteaux de Provence" de Serge Panorotto, Edisud.

- livre Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.

- Orange, Carpentras, le Mont Ventoux, Vaison la Romaine, de Jean Boullé, édition française, Aubanel


Photos:

- Jimre(2008)



Posté le 01-02-2012 22:10 par Jimre

Le Crestet

L'ensemble de la forteresse est de 850. Le Crestet fut à la fois une résidence d'été et le refuge des évêques de Vaison lors des conflits qui les opposèrent aux comtes de Toulouse. Du château des comtes de Toulouse et des évêques de Vaison subsistent de grandes murailles et d'élégantes tours aiguilles. 

Après la destruction de Vaison par le comte de Toulouse, les évêques, qui n'avaient plus de palais, vinrent habiter le château de Crestet, dont ils étaient seigneurs, mais Raymond V vint les en déloger  en 1189.

Remaniée au XIVe siècle, la forteresse reprend du service lors des guerres de religion lors du siège de 1563. Les calvinistes se présentèrent devant le village avec 1500 fantassins, 500 cavaliers et 4 canons. Les assauts furent repoussés avec ardeur par la population qui les accueillit avec une grêle de balles de pierres et d'engins enflammés. 150 huguenots restèrent sur le carreau et un grand nombre fut blessé. Un canon fut capturé. Les assaillants furent raillés par les assiégés qui leur proposérent de leur fournir des munitions pour recommencer leurs assauts, ce qu'ils ne firent pas. Il eurent plus de chance en 1574 car ils parvinrent à prendre le village par escalade, profitant de la trahison d'un habitant, comme pour braver Henri III, alors roi de France, qui se trouvait en Avignon. Le curé et la population furent massacrés...

C'est finalement Louis XIV qui ordonne le démantèlement de ses défenses. La révolution achèvera le travail quand en 1791, le château est pillé. Il faudra attendre 1979 pour voir le site et le village revivre.

Sources:

- Les "Châteaux de Provence" de Serge Panorotto, Edisud.

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes de Jules Courtet édition Res Universis

- Orange, Carpentras, le Mont Ventoux, Vaison la Romaine, de Jean Boullé, édition française, Aubanel


Posté le 01-02-2012 21:44 par Jimre

Description de Rustrel

Situé au nord-est d'Apt, ce château de construction typique avec ses quatre tours d'angle rondes, n'a été construit qu'au XVIIe siècle, pour la famille Levis-Ventadour.

Source:

Les"Châteaux de Provence" de Serge Panorotto, Edisud.

Posté le 01-02-2012 21:34 par Jimre

Saint Saturnin d'Apt

Ce château est situé au nord d'Apt. D'après M. Boze (Hist. d'Apt, p106), les sarrasins, vers la fin du IXe siècle détruisisrent le village de saint Jean d'Aniane, bâti au revers du Péréal. douze des principaux habitants se réfugièrent sur la montagne voisine et y élevèrent un château. Cet établissement s'augmenta bientôt par l'arrivée d'autres habitants que la terreur avait dispersés et prit le nom de Saint Saturnin, d'une église dédiée à ce saint et adossée au fort. Le village n'occupait alors que la crête de la colline. s'étant accru successivement, il s'allogea vers la pied, ce qui motiva une seconde enceinte.

On accède au site, fortifié naturellement sur une crête rocheuse en plan incliné, par de belles portes défendant l'accès.

Par une porte située à l'est au bas du village actuel,on accède d'abord à l'ancien village en ruines qui nous amène en suivant une calade ou rue empierrée au sommet de la crête où l'on trouve encore la chapelle castrale datant du XIe siècle, dernier vestige du château disparu. 

Par une autre porte située à l'ouest, on peut accéder directement à la chapelle castrale en passant au pied de la barrière rocheuse, défense naturelle du site.

Il existe de nombreuses traces des transactions qui ont eu lieu entre les habitants et les différents seigneurs du fief pour des motifs tels que les droits d'usages dans les bois, la dîme etc...

Quatre des cinq foires qui avaient lieux dans le village furent créées par lettres patente de la Reine Jeanne le 18 Juillet 1365.


Sources:

- Les "Châteaux de Provence", de Serge Panorotto, Edisud.

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules Courtet, éditions Res Universis.


Photos:

- Jimre(2009, 2011)




Posté le 01-02-2012 21:27 par Jimre

Pernes les Fontaines


Histoire:

Les témoins de l’époque gallo-romaine sont d’une décevante rareté et seule l’étymologie a laissé une empreinte de cette période. Pernes vient en effet de « Paternus », nom du propriétaire d’un domaine qui s’étendait sur son emplacement.

La grandeur de la cité vient du début du XIIe siècle puisque c’est en 1125 que les comtes de Toulouse installèrent leurs représentants, les sénéchaux, dans le château de Pernes, qui devint alors capitale du Comtat Venaissin ou Marquisat de Provence. Les comtes de Toulouse aimaient à y séjourner ainsi que dans toute la région comme à l’Isle sur la Sorgue, lorsqu’ils venaient administrer leur biens de ce côté du Rhône.

A partir de 1274, date à laquelle le Comtat Venaissin fut restitué au Pape, le sénéchal fut remplacé par un recteur.

Le XVe siècle fut une période sombre pour la population due à l’inféodation de la Cité par les Papes, au profit des « Italiens » venus avec eux et qui se montrèrent souvent tyranniques.

Au XVIe siècle, les guerres de religion vinrent poursuivre la terreur sur la Cité, mais c’est par d’heureux hasards et par le courage des Pernois que le village fut épargné par le Baron des Adrets.

Une des particularités du village est qu’il possède devant chaque porte des remparts d’une chapelle dédiée à la vierge et d’une plus importante en pleine campagne dédiée à Saint Roch, construites aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elles proviennent des vœux des Pernois afin d’éviter les épidémies de peste qui ont accablé le Comtat.

C’est un Pernois, Louis Giraud qui va être le créateur du canal de Carpentras, qui à partir du XIXe siècle, va permettre d’irriguer et de développer la plaine du Comtat, permettant au Vaucluse de devenir le verger de la France.

Les monument les plus représentatifs de l’époque médiévale sont la tour de l’Horloge, qui se trouve au point le plus haut de l’ancien château comtal, et la Tour Ferrande qui date du XIIIe siècle. 

On y trouve de magnifiques fresques murales peintes du XIIIe siècle. Les murs racontent la lutte cruelle entre Charles d'Anjou, frère de Saint Louis, comte de Provence, et l'empereur germanique Manfred de Hohenstauffen. L'enjeu en est le royaume de Naples et de Sicile. L'ensemble réalisé très peu de temps après les faits, représentant des combats de chevaliers, le Pape Clément IV et Charles Ier de Sicile, Saint Christophe portant l’enfant Jésus etc…, est peint de façon naive comme une bande dessinée.

Autres Monuments:

Les portes et les restes de l’enceinte datent des XIVe, XVe et XVie siècles, l’église paroissiale est du XI-XIIe siècle, la halle couverte du XVIIe siècle.

A voir notamment la porte Notre Dame, avec sa chapelle,qui a été construite en 1538 avec deux énormes tours crénelées en demi couronne de machicoulis. Ces deux tours baignent quasimment dans la Nesque. L'ancien pont-levis a été remplacé au XVIIe siècle par un pont de pierre, détruit en 1944 et reconstruit à l'identique.

Sources:

-"Les sites historiques de la Vallée du Rhône". Avignon 1928

-"l'Histoire de l'Isle sur la Sorgue des Origines à 1274" de Albert Cecarelli -Edition Compo typo Relief Mai 1987

-"Les châteaux de Provence" de Serge Panarotto, Edisud.


Posté le 30-01-2012 21:19 par Jimre

Venasque


Les sites de Venasque et du Beaucet sont des sites occupés depuis l'âge de la pierre polie. Ils sont situés dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Comtat Venaissin. Avec la Roque sur Pernes et Saumane non loin, ce sont de jolis villages perchés accrochés à la roche.

Par son nom à terminaison ligure (Venoasca, serait à l'origine du mot Venaissin,bien que d'autres thèses fassent découler Venaissin de déformations de  l'ancien nom du Comté d'Avignon qui a donné également Beaumes de Venisse ou l'Isle de Venisse), par son site caractéristique d'oppidum antique, Venasque nous renvoie aux origines les plus anciennes de la Provence.

Venasque est protégé naturellement par sa position sur un éperon rocheux. Depuis les temps les plus anciens, sa situation pratiquement inexpugnable au sommet d'un rocher abrupt, dominant une voie de passage importante, lui permettait de surveiller toute la région.

Les romains s'installèrent dans le Comtat Venaissin une centaine d'années avant notre ère. On retrouve leur trace un peu partout sur le plateau et aux abords de la Nesque et les énormes blocs visibles sur une partie de la base des Tours dites "Sarrasines" de Venasque datent de leur époque.

Aux temps troublés de la période mérovingienne (VIe siècle), les combats entre les différentes familles et peuples obligèrent les évêques de Carpentras à y trouver asile et à y transporter leur siège.

La chapelle de Notre Dame de Vic, au bas du rocher, conserve encore la pierre tombale de Boetius, mort en l'an 604.

De la même époque voir d'une époque antérieure date le Baptistère, le plus ancien monument religieux de la région, qu'on a pu longtemps prendre pour un temple de Venus ou de Diane.

Les quatre absidioles voutées en cul-de-four, qui s'ouvrent sur le carré central(voûte d'arête refaite) ont des colonnes de marbre qui proviennent d'édifices romains.

L'église Notre dame a été rebâtie sur les fondations de l'ancienne cathédrale, qu'un couloir reliait au Baptistère. La nef et la coupole, ainsi que la porte ouest et le porche, sont de l'époque romane : l'abside, le clocher et les chapelles ont été refaits ou ajoutés aux XIV, XVII et XVIIIe siècles .

Durant les époques troublées, le danger ne pouvait venir que des collines au Sud- Est.

Dès l'époque Romaine, une muraille infranchissable fut construite. Il en subsiste trois tours et des murs épais.

Les remparts de Venasque sont classés Monument Historique depuis 1892. Ils ont dû être consolidés à l'époque mérovingienne lorsque l'évêché de Carpentras fut transféré à Venasque. Cette imposante construction a servi de carrière de pierres pour bâtir entre autres l'école communale, et d'autres maisons sans doute !

Venasque était important au Moyen Age, et fut possession des comtes de Toulouse, lorsque ceux-ci  arrivèrent en Provence par alliances. Mais le site fut peu à peu délaissé au profit de Pernes les Fontaines, puis Carpentras lorsque le Comtat Venaissin devint terre papale.

Les portes actuelles sont le résultat d'une restauration du début du XXe siècle, faite par les Monuments Historiques. Elles simulent des portes de pont-levis d'un château qui n'en a jamais été un. 

Source:

"Les sites historiques de la Vallée du Rhône". Avignon 1928


Posté le 30-01-2012 20:30 par Jimre

L'Isle sur la Sorgue

Histoire de l’Isle sur la Sorgue et de la tour Boutin ou tour d’Argent.

Préambule: Article avec de très nombreux passages du livre "l'Histoire de l'Isle sur la Sorgue des Origines à 1274" de Albert Cecarelli -Edition Compo typo Relief Mai 1987, véritable mine d'or qui éclaire l'histoire de l'Isle sur la Sorgue et de nombreux autres villages de la région. 

Les comtes de Toulouse arrivent à l’Isle sur la Sorgue par mariage.

Le XIe siècle marque la fin du monde antique et la mise en place des structures du Moyen Age avec la  création des villages et la construction des châteaux et des églises.

Cette période, qui se caractérise par la mise en place de la féodalité et ses seigneuries banales. Cette organisation se terminera en 1789…

La seigneurie banale, en Provence comme dans le reste du pays, est une sorte de syndicat de détenteurs de fiefs. Elle est liée au comte par le serment de fidélité et pourvue par lui de tous les attributs du ban royal : puissance, justice, de l’amende à la corde, sur tous les habitants.

Cette cellule de base de la féodalité, est administrée par un Bayle chargé de la gestion. Il distribue annuellement à chacun des membres sa part de revenu.

En Provence, cette période est marquée par l’arrivée du chef du Saint Empire Romain Germanique et celle du comte de Toulouse dans le Venaissin. Tous ces évènements feront  que le comtat Venaissin aura un destin très différent  de celui du reste du pays.

Quand Guillaume II de Provence meurt en 992, Le marquisat de Provence revient à son frère le comte Roubaud avec lequel il partageait en indivis la Provence. Celui-ci avait épousé Ermengarde et de cette union naquirent Guillaume et Emma.

Le fils, qui portait le prénom de son oncle fut marquis après son père. Il n’eut pas d’enfants.

Emma, sa sœur épousa elle Guillaume Taillefer, comte palatin de Toulouse, en 992, fils de Raymond Pons et déjà veuf d’Arsinde d’Anjou. Elle apportera en héritage les comtés du Venaissin et de Forcalquier. Le couple eut deux fils Pons II et Bertrand.

Le premier fut comte de Toulouse et eut dans la succession de sa mère la terre d’Argence et Tarascon. A Bertrand revint le comté de Provence en indivis avec la branche issue du fils de Guillaume le Libérateur.

Bertrand de Toulouse, dit aussi comte de Venasque, possédait donc la Provence en indivis avec Geoffroy Ier et Bertrand (appelé quelquefois Guillaume Bertrand).

On estime que la maison de Toulouse n’eut jamais que le quart du territoire dans cette indivision.

Seigneurs, maintenant de l’autre côté du Rhône, les comtes de Toulouse, grands feudataires du Royaume de France sont aussi les vassaux pour le Venaissin des maitres du Saint Empire romain germanique. Cette double allégeance est peu conforme aux règles féodales.

Le Duc Hugues avait fait de Pernes les Fontaines la capitale du Venaissin, en 920, et l’avait donnée à sa nièce Berthe. Il avait fait ce choix parce qu’elle n’était le siège d’aucun évêché.

Avec Emma, Pernes  appartient  donc exclusivement aux comtes de Toulouse, pendant 300 ans.

Dès le XIe siècle, ils y construisent un château flanqué de tours carrées et de deux enceintes. C’était l’une des sept places qu’ils avaient en Provence avant la démolition ordonnée par le traité de 1229 lors de la croisade contre le Catharisme.

L’Isle sur la Sorgue porte le nom d’Insula à cette période. Ce nom provient sans doute de la famille de son nouveau seigneur, nommé par le comte et qui avait la charge de la défense du flanc sud de la capitale, Pernes, bien que l’on ne soit sur de la présence de cette famille qu’à partir du XIIe siècle, avec l’acte confirmant la donation de Thouzon aux religieux bénédictins de Villeneuve les Avignon.

Le marché de l’Isle était géré en commun comme c’était souvent le cas en Provence par le comte et l’évêque. Depuis la suppression de la vicomté de Cavaillon, en 1018, l’Isle se trouvait semble-t-il plus dans l’orbite du siège épiscopal de Carpentras.

Roubaud, le nouveau marquis de Provence réussit avec Emma ce que Hugues n’avait pas pu faire avec Berthe : avoir l’appui de l’ost de Toulouse pour résoudre ses problèmes.

Ses concurrents étaient la couronne de France qui cherchait à reprendre la Provence et les empereurs  du saint Empire à l’égard desquels il souhaitait toujours plus d’indépendance.

Les comtes de Toulouse sont déjà très puissants : ils sont déjà comtes du Rouergue, Gévaudan, Nîmes, Béziers, Narbonne. Pour administrer le Venaissin, ils nomment des vassaux venus de l’autre côté du Rhône, choisis parmi les plus fidèles qui consentiront à s’expatrier en Provence. Raymond  de Saint Gilles aura ainsi un impact considérable sur la noblesse provençale et il réussira à l’entrainer et à participer avec un grand enthousiasme à la première croisade.

Les comtesses d’Arles vont ainsi s’unir avec les comtes de Barcelone et c’est ainsi que les comtes de la Branche d’Arles prendront pour emblème de la Provence les couleurs rouge et or de la Catalogne.

Ces alliances vont être à l'origine des guerres "baussenques" dues à la fois à la rivalité qui oppose la maison de Toulouse à la maison de Barcelone, aux problèmes successoraux de la première dynastie des comtes de Provence et dans les ambitions d’une grande famille provençale, la maison des Baux.

Arrêtés vers le Sud, les comtes catalans tournent leurs ambitions vers le littoral méditerranéen, au pied des Cévennes et jusqu'au Rhône où ils se heurtent à la maison de Toulouse. L'opposition des intérêts provoque le conflit. En 1112, le mariage avec l'héritière du comté de Provence avive les tensions. En effet, ce mariage, probablement à l'initiative de l'Église, de Raimond Béranger de Barcelone avec Douce, fille de Gerberge qui possède le comté de Provence, le Gévaudan, le Carladais et une partie du comté de Rodez, vaut au comte catalan un surcroît d'autorité en Provence. Cette union force Alphonse Jourdain, de la maison de Toulouse, à signer en 1125 un traité délimitant les zones d'influence de chacun.

Au nord de la Durance, le marquisat de Provence aux toulousains et, au sud de ce fleuve, le comté de Provence au comte de Barcelone.  Avignon, Sorgues, le Thor, Caumont restent dans l’indivis.

Raymond prit le titre de marquis, pour se distinguer des comtes d’Arles et de Forcalquier qui restèrent fidèles à l’appellation habituelle de comtes de Provence.

La puissance, le prestige et l’esprit libéral des comtes de Toulouse inquiètent les grands de Provence qui sont, il faut le dire, plus enclins à servir les descendants de Guillaume le Libérateur qui les avait largement rétribués lors de l’expulsion des sarrasins de la Garde Freinet.

Pour contrebalancer cette faiblesse, les comtes de Toulouse vont donc mettre en place dès 1126, une série de places fortes pour assurer la défense du territoire qu’il gouverne dans l’indivis avec le comte de Forcalquier, qui de ces trois seigneurs semble avoir le moins de pouvoir. Ils vont pour cela éliminer tout ce qui se rapporte à la Vicomté de Cavaillon au profit de la famille Amic ; par ailleurs construction à l’Isle d’un castrum pour recevoir en garnison des chevaliers fidèles à la Maison de Toulouse et aux Forcalquier.

Mais aux conflits entre les grandes familles possédant des terres en Provence vont s’ajouter les conflits avec l’Eglise qui par l’intermédiaire des Abbayes comme Montmajour et Villeneuve les Avignon détient et administre de nombreuses terres.

Par précepte impérial du 21 Décembre 1174, le comté de Forcalquier est officiellement créé.

En 1195, un traité d’alliance entre les comtes de Toulouse et de Forcalquier fixe la ligne de partage entre les deux territoires. Elle part du mont Alvernicus (Tour de Sabran) et se dirige à vol d’oiseau jusqu’au col de Cabre qui se trouve dans le département de la Drôme à trente kilomètres de Die.

Quant à l’Isle sur la Sorgue, elle appartiendra aux deux comtes.

L’Isle sur Sorgue au XIIe siècle va connaitre un développement important. Les grandes familles qui vont participer à son expansion seront :

- les Insula dont le nom vient des iles Vieille et Saint Georges, iles du Rhône à hauteur de Mornas.

On retrouve leur trace dans le sillage des comtes de Toulouse aussi bien en Languedoc que dans le Venaissin. Dans son livre sur l’histoire de Pernes, de Gilberti les voit comme de très grande naissance.

Raymond Aton d’Insula, fondateur de la branche des seigneurs de l’Ile Jourdain d’où sortirent les évêques de Toulouse, d’Auch et de Comminges, en serait une des figures marquantes.

-Les Villevieille, originaires d’un territoire situé entre l’Isle et le Thor (Villa Veteri) apparaissent de façon éphémère dans des actes concernant l’Isle.

- Les Germignargues, originaires d’un territoire proche situé à proximité du Thor, et qui habitent à l’Isle et font partie de la petite aristocratie locale.

- les Laugier et les Alphant. Ils appartiennent à la famille des Agoult Simiane, qui sont dans la mouvance des comtes de Forcalquier, et sont  coseigneurs de l’Isle.

Tous souscrivent à des chartes importantes. En 1140, par exemple, Raymond Laugier signe avec Ricau de l’Isle la donation des églises de Thouzon.

Guillaume Laugier, lui, est témoin en 1176 au traité entre le roi d’Aragon et le comte de Toulouse. Il intervient en 1191 au sujet de la succession du comte de Forcalquier.

En 1202, Guillaume  Laugier, Guillaume des Baux, Giraud Amic et Rostan de Sabran sont choisis par Raymond VI comme arbitres dans le conflit qui oppose le comte de Forcalquier à plusieurs seigneurs provençaux.

Au niveau ecclésiastique, on retrouve un Laugier sur le siège épiscopal d’Avignon en 1124, un autre évêque d’Apt en 1103, précédé en 1048 par un Alphant sans oublier l’évêché de Cavaillon et l’Archevêché d’Arles, avec Raimbault de Reillanne, qui mit un terme aux guerres continuelles entre les grands, en décrétant la trêve de Dieu à laquelle Rome tenait tant.

En souverains habiles, les comtes de Toulouse utilisèrent les Insula pour les affaires au-delà du Rhône et les Laugier-Alphant pour les différends avec les comtes de Forcalquier.

Venant du Languedoc et donc dans la mouvance des comtes de Toulouse, on trouve aussi des de Villeneuve (l’un d’eux rallia même les prisons du roi de France pour servir de caution en vue de garantir la bonne exécution du Traité de Paris en 1228), des de la Tour et des Vituli. Ils sont ici pour assurer la garde du castrum de l’Isle et ont reçu selon l’usage des terres  en fiefs qui vont vite devenir des alleux.

Toutes ces familles formèrent donc la seigneurie de l’Isle dont l’organisation va peu à peu évoluer vers un collège de magistrats, appelés Consuls, élus pour un an par les coseigneurs. Ils exerceront le pouvoir en leur nom. On trouve pour la première fois trace de ce consulat en 1200 dans une charte de l’Abbaye de Sénanque, fondé en 1148 mais lorsque l’on regarde la création des consulats dans le sud de la France, sa création a dû intervenir plus tôt.

Cette forme de gouvernement est partie d’Italie pour se développer ensuite par la basse vallée du Rhône en Avignon dès 1129,  jusque dans l’ouest. Arles en 1131, Béziers et Narbonne en 1132, Montpellier en 1141, Nîmes en 1143, Tarascon en 1144. La ville de Sorgues en bénéficie en 1142.

On peut donc supposer que le consulat de l’Isle date d’une période comprise entre 1130 et 1140.

Il faut toutefois noter pour ce qui est des comtes de Toulouse, ils ont conservé le strict contrôle de la désignation des consuls. On peut donc supposer qu’ils le firent dans tous leurs états dont le Venaissin et surement en accord avec le comte de Forcalquier pour ce qui est des possessions en indivis comme l’Isle.

L’apparition des consuls marque la dernière étape de décentralisation du pouvoir unique du comte et de ses subordonnés sur le territoire d’Insula. Ils exercent donc, avec l’assentiment du comte, les droits politiques, judiciaires militaires et financiers du marquis de Provence.

Leur sceau qu’orne sur l’avers une truite en pal, symbolise le pouvoir régalien des consuls sur les eaux de la Sorgue. Le pouvoir de créer des moulins et le contrôle des pêches sont de leur ressort.

Pour la petite histoire, le monopôle de la pêche à l’Isle ne remonte pas à des temps immémoriaux comme on voudrait le faire croire, mais remonte à 1403 avec la publication d’une bulle de l’anti-Pape Benoit XIII autorisant les pêcheurs d’Insula à capturer du poisson sur toute l’étendue de la rivière sans en être empêchés par les seigneurs possédant des fiefs le long de la Sorgue. Cette bulle fut confirmée en 1508 par Jules II, élu Pape à l’unanimité.


La lutte désespérée des comtes de Toulouse. 

Au XIIIe siècle, ce qui marque pendant un demi-siècle le sud de la France, c’est la croisade Albigeoise La  Provence et plus particulièrement l’Isle en Venaissin, terre où les comtes de Toulouse sont implantés, ne va donc pas être épargnée par le conflit et ses conséquences.

Durant toute cette période, on va assister à la lutte désespérée des comtes de Toulouse pour conserver leurs terres. En effet, celles-ci, après l’assassinat  du Légat du Pape, Pierre de Castelnau, en 1208 près des bords du Rhône, à Trinquetaille, en face d'Arles, par un écuyer du comte de Toulouse vont être livrées à la croisade.

Celle-ci, décrétée par le Pape, va entrainer la ruine de cette grande famille et faire entrer le sud de la France dans le giron de la couronne de France.

Raymond VI est excommunié et la guerre contre les Albigeois atteint son apogée avec le désastre de Muret en 1213 et la mort  de Pierre II d’Aragon, venu aider le comte de Toulouse.

Le comte de Toulouse doit s’amender et subit de lourdes sanctions.

Le concile de Lattran, en 1215 met le comtat Venaissin sous séquestre en faveur de Raymond VII, le fils de Raymond VI.

Revenus de Rome, le père et le fils débarquent à Marseille où ils sont acclamés par la noblesse de Provence. Ils décident de reprendre le Comtat où partout, on leur fournit subsistances et de forts contingents.

Les l’Islois furent parmi les premiers à se rallier et leur exemple fut suivi par Avignon et Pierrelatte.

Le jeune Raymond fait une entrée victorieuse dans Beaucaire en 1216 et l’on peut croire que l’étoile des comtes de Toulouse brille à nouveau quand Simon de Montfort, après avoir isolé le comte de Toulouse par des guerres contre ses vassaux, décide de s’attaquer frontalement aux comtes de Toulouse et meurt pendant le siège de Toulouse en 1218.

Pendant ce temps-là, Guillaume des Baux d’Orange profitant de la relative faiblesse de la famille de Toulouse a voulu s’emparer du Venaissin. Il est fait prisonnier et exécuté par les Avignonnais. Raymond VII,  leur cède en récompense des droits sur Caumont, le Thor, Thouzon et Jonquerettes dans une charte d’Avril 1219.

En 1220, suite au décès de Guillaume IV, Raymond Berenger V, son arrière-petit-fils, fils de Garsinde, issue de l’union de la fille de Guillaume IV et de Raymond de Sabran,  devient comte de Forcalquier et partage de ce fait la ville de l’Isle avec le comte de Toulouse.

Pour donner une compensation à Raymond de Sabran, le comte de Provence lui donne quelques terres et la moitié de ses parts dans l’indivision de l’Isle.

Ainsi, la ville eut trois seigneurs supérieurs : Raymond VI, pour moitié, Raymond Berenger et Raymond de Sabran chacun pour un quart.

Il a 25 ans lorsqu’il succède à son père Raymond VI, qui est décédé en 1222, après avoir repris une partie des terres perdues.

Raymond VII est toujours en guerre contre le fils de Simon de Montfort, Amaury. Les méridionaux ont repris l’avantage et Amaury, qui n’a plus beaucoup de troupes ne possède, en janvier 1224,  plus que Carcassonne.

Amaury conclut une trêve avec Raymond VII et part en février vers l’Île-de-France. Au cours d’une entrevue avec le roi Louis VIII, Amaury lui cède tous ses droits sur le Languedoc. Louis décide alors d’intervenir en Occitanie, avec la bénédiction du pape Honorius III qui déclare la Croisade, ce qui permet d’accorder une aide importante, politique et financière, à l’expédition de conquête de la région.

Parallèlement le roi profite d'une situation favorable en Provence, alors enjeu de pouvoir entre le comte de Toulouse et le jeune Raymond Berenger comte de Provence soutenu par l'Église et soutien de l'action royale.

Le roi prend la croix le 30 janvier 1226 et ordonne le rassemblement de son ost à Bourges le 17 mai. L’armée arrive à Lyon le 28 mai et se présente devant Avignon le 6 juin.

Le 10 juin, le roi Louis VIII arrive à son tour et décide de mettre le siège devant la ville. Avignon est une ville impériale, même si elle appartient à Raymond VII de Toulouse et le roi pouvait craindre une intervention de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, mais le roi lui fit savoir que le siège n’avait pour but que le châtiment des hérétiques qui vivaient dans la ville.

Sous la conduite des consuls de la ville Guillaume Raymond et Raymond Riali, encouragés par les sirventes du troubadour Bertrand d'Avignon, les Avignonnais montrèrent autant de vaillance à repousser les assauts que les Toulousains en 1218. Raymond VII ne disposait pas de troupes suffisantes pour attaquer les croisés à revers, mais il parvenait à harceler les convois de ravitaillement en vivres et en fourrage. Le camp des croisés est rapidement frappé par la dysenterie, et de nombreux soldats décèdent. Certains grands seigneurs, peu enclins à aider le roi à déposséder l’un des leurs, se plaignaient de la longueur et de l’inutilité du siège. Début août, le comte Thibaud IV de Champagne invoqua la fin de l'ost pour quitter le siège, malgré l’ordre du roi de rester.

Craignant le départ d’autres féodaux, le roi ordonne un nouvel assaut le 8 août, qui est repoussé comme les autres. Sur la demande des religieux, le siège est prolongé, et le blocus de la ville renforcé. Il porta enfin ses fruits, car les vivres commencent à manquer dans la ville et les consuls commencent à négocier la reddition de la ville. Le 12 septembre, Louis VIII peut enfin entrer dans la ville. Mais ce succès tient à peu de chose. En effet une crue avec de fortes inondations se produit dès le 17 septembre soit huit jours après la reddition de la ville. À quelques jours près les assaillants auraient été noyés et la cité sauvée.

Les Avignonnais sont contraints d’abandonner le comte de Toulouse et de s’engager à défendre les terres de  l’Eglise en deçà du Rhône.

Le comte de Provence, Raymond Berenger V, se rallie à la couronne de France contre la famille de Toulouse et les hérétiques.

Raymond VII lui-même doit alors demander la paix au Pape et les négociations se terminent par le traité de Paris, le 11 Avril 1229 qui est souvent considérée comme un jalon de première importance dans le rattachement du Languedoc à la couronne : à la faveur de la conjoncture, elle aurait préparé le passage de la grande principauté méridionale sous la domination capétienne, en liant les mains du dernier des comtes de Toulouse issus de la maison de Saint-Gilles.

En effet, le roi et le Pape se partagèrent ce qui restait au Comte de Toulouse. Dans le Comtat, les sept évêques d’Avignon, de Carpentras, de Cavaillon, de Vaison le Romaine, d’Orange, d’Apt et de Saint Paul-Trois-Châteaux s’emparèrent de ses domaines qui vinrent s’ajouter aux vastes territoires déjà possédés par les grandes abbayes provençales.

Le 29 Décembre 1229, au château de Mornas, le légat du Pape prit possession du Venaissin et en remit provisoirement la garde et l’administration à Pellegrin Latenier, sénéchal de Beaucaire et à Adam de Milly, en stipulant qu’ils gouvernaient au nom de l’Eglise romaine.

Pendant cette période troublée où les officiers du Roi occupaient le Comtat et ses bayles l’administraient, Raymond VII, lui, dans une parfaite illégalité, continuaient de nommer ses représentants. Ainsi il fit Barral des Baux sénéchal du pays .

La situation, à cette période est assez complexe car le Roi qui a récupéré le Languedoc souhaite quand même rétablir Raymond VII car il a pour visées de récupérer le marquisat de Provence en faisant jouer une clause du traité de Paris qui stipule que Raymond VII s’est engagé à donner en mariage sa fille Jeanne à Alphonse de Poitiers, frère du roi. Il y est également stipulé que si celle-ci décède sans enfants,  tout son héritage reviendrait au Roi.

Le Roi fit donc pression sur le Pape pour qu’il rende les terres de ce côté du Rhône amis celui-ci tergiversait, arguant du fait qu’il fallait d’abord expurger l’hérésie Cathare dans une lettre de 1232.

La situation devient ubuesque quand ce même Pape s’adresse à Frédéric II, Empereur germanique et souverain du comte de Toulouse pour cette partie du territoire, afin qu’il arrête la guerre entre Raymond VII et Raymond Berenger au sujet de la république de Marseille.

En faisant cette demande, le Pape reconnaissait ainsi implicitement que de ce côté du Rhône, on se trouvait en terre d’Empire. Frédéric II entra alors dans le jeu en disant que le traité de Paris concernant le Venaissin n’avait aucune valeur et que ni le roi de France, ni le Saint Siège n’avait de droits sur ces terres.

En septembre 1234, donc il redonne ses droits au comte de Toulouse et en 1235, il annonce aux seigneurs de l’Isle, de Caderousse et de plusieurs autres villes du Comtat qu’ils doivent jurer fidélité au comte de Toulouse.

Dès le départ des troupes du royaume de France, les partisans du comte, conduits par Barral des Baux et les hommes de l’Empereur, sous les ordres de Torello de Strada, citoyen de Pavie, reprennent le pays en mains.

Malgré tout, le Pape les excommunie, en rajoutant ainsi à l’imbroglio.

Pour l’Isle, le consulat, malmené durant ces périodes troublées, est supprimé lors du retour du comte de Toulouse en 1236, car les coseigneurs ont tardé à lui prêter hommage.

Il nomme à la place un viguier et un juge et s’appuie plus  sur les « Probi Homines » qui composent avec les propriétaires ruraux et la bourgeoisie commerçante et industrielle, la nouvelle force de la ville.

Le comte de Toulouse se rapproche de l’empereur à mesure que celui-ci s’éloigne du pape.Le comte de Toulouse redevient comte de Forcalquier après que Frédéric II, qui est décidé à s’investir en Provence, ait mis Raymond Berenger au banc de l’Empire, suite à toutes les actions qu’il a commis.

Les deux comtes, ennemis depuis que Raymond Berenger a pris parti pour le roi de  France sont de nouveau en guerre. Raymond VII vient dans le Venaissin pour y lever une armée afin d’envahir la Provence et avant même de se mettre en campagne, il pille les biens de l’évêché de Vaison et de celui de Cavaillon. Il s’empare notamment du château de Vaucluse. Le Pape, qui lui protège le comte de Provence, excommunie à nouveau le comte de Toulouse.

En 1240, Frédéric II doit donc déposséder le comte de Toulouse de son poste de podestat d’Avignon, ce qui l’oblige en tant que marquis de Toulouse à devenir à nouveau plus conciliant avec le Pape et avec ses sujets du Comtat. Ainsi il rend aux coseigneurs de l’Isle, écartés, la domination sur la ville mais participe, par l’entremise de son viguier, au contrôle de la ville. Il rachète des parts de la coseigneurie, comme il l’a fait à Séguret et Caderousse.

Mais depuis longtemps, le comte de Toulouse est hanté par l’engagement qu’il a pris pour ses terres du Marquisat de Provence de donner sa fille Jeanne à Alphonse de Poitiers. Il lui faut à tout prix avoir une descendance mâle pour éviter cette close du traité de Paris. Il va donc entrer dans une course au mariage afin d’écarter sa fille de l’héritage.

Il répudie ainsi Sancie d’Aragon pour convoler avec Sancie de Provence, fille de Raymond Berenger, en profitant en même temps pour se rapprocher de cette famille. Les châteaux d’Oppède et de Malaucène sont remis au roi d’Aragon en échange  de ceux de Forcalquier et de Chateaurenard.

Le contrat de mariage est particulièrement défavorable à Jeanne.

Il se rapproche du Saint Siège contre l’Empire pour ne plus être excommunié. Dans une charte de 1241, il déclare que le château de Beaucaire et les terres d’Argence  lui ont été confiés par l’archevêque d’Arles. Les évêques de Cavaillon, Carpentras et Albi y souscrivent en promettant même de l’aider à récupérer ses terres.

Le Pape, charmé de ce revirement, demande même à examiner les preuves de nullité du mariage avec Sancie d’Aragon. Avant même la réponse du Pape, la répudiée alla s’établir au château de Pernes avec 7000 sols de rente. Elle y mourut en 1249.

Après la mort du Pape, le nouvel élu fut Innocent IV, partisan de l’Empereur. Cette nomination obligea donc à nouveau le comte de Toulouse à se rapprocher avec son souverain qui l’avait menacé de lui retirer le Comtat. Le comte se rendit à Romme où un accord entre Frédéric II et le Pape avait été préparé mais l’Empereur refusa de le signer et le Saint Père, craignant d’être arrêté, se réfugia à Lyon en 1245.

Cette fois-ci un concile décide de l’excommunication de l’Empereur. Le comte de Toulouse et celui de Provence y assistent et se mettent à nouveau d’accord pour un mariage entre Beatrix, quatrième fille de Raymond Berenger et le marquis de Provence.

Le Pape semble donner son accord mais en 1246, à son retour à Aix, le comte de Provence meurt. On ouvre le testament établi en 1238 et c’est Béatrix qui est désignée comme héritière. On ignore s’il existait un nouvel engagement avec Saint Louis mais son frère Charles d’Anjou descend la vallée du Rhône avec une armée pour épouser Béatrix le 31 Janvier 1246. Raymond VII, déçu, quitte la Provence et se retire alors dans le Toulousain mais échoue également à trouver un parti en Espagne.

A ce moment-là,  Saint Louis décide de prendre la croix et demande au comte de Toulouse de le suivre en Terre Sainte. En attendant le bateau, le comte de Toulouse vécut dans son château de l’Isle, celui de Pernes étant occupé par son ancienne épouse.

Le comte s’embarqua à Marseille en 1247 mais tomba malade en route et fut déposé à Rhodes. Rapatrié en France, on le transporta à Millau où il mourut en Septembre 1249.

En apprenant cela, Blanche de Castille, régente de France, fit expédier des  commissaires pour prendre possession de ses Etats au nom d’Alphonse de Poitiers, son troisième fils et de Jeanne, son épouse, partis eux-aussi pour la croisade. Fait prisonnier avec le roi et le comte d’Anjou, il fut libéré contre rançon et arriva avec Charles en France en 1250.

Leur première tâche fut d’en finir  avec les vassaux insubordonnés et les communes rebelles. Leur projet fut facilité par la mort de Frédéric II en 1250.

Au château de Beaucaire, en 1251, les délégués d’Avignon viennent apporter leur soumission et resigner les droits de la petite république fondée en 1128. Les deux frères sont maintenant représentés dans cette ville par un viguier.

Plus tard, Alphonse de Poitiers cédera ses droits sur Avignon à Charles d’Anjou auquel le Pape Clément IV confiera en 1265 le royaume de Sicile.

Le nouveau marquis de Provence est né en 1220. Il avait reçu de son père Louis VIII le comté de Poitiers et d’Auvergne. Son mariage avec Jeanne lui apporte, le comté de Toulouse, une partie de l’Albigeois, l’Agenais, le sud du Quercy, le Rouergue et le comtat Venaissin. Il réside en temps normal avec son épouse à Vincennes ou à Paris. Il gouverne ses états par l’intermédiaire de sept sénéchaux, nommés pour un an, avec lesquels il correspond fréquemment.

Le sénéchal du Venaissin s’installe à Carpentras avec son tribunal. La sénéchaussée est divisée en neuf bailies que parcourt un juge itinérant. Leurs Chefs-lieux sont : Bonnieux, Cavaillon, Pernes, Oppède, l’Isle, Malaucène, Mornas, Vaison et Pont de Sorgues.

Les consulats disparaissent au profit de parlements généraux des habitants de communes convoqués  par le Bayle. C’est un pas important vers la démocratie qui vient d’être fait avec la mise en commun des biens collectifs et l’apparition de la commune.

Dès 1250, à l’Isle, les « Universitas »sont nées. Elles regroupent les propriétaires, anciens coseigneurs, prud’hommes, chevaliers et même les juifs. Ceux-ci, originaires du Languedoc, sont à Orange et à Saint Paul-Trois-Châteaux depuis le bas Empire.  Ayant profité du libéralisme des comtes de Toulouse, ils se sont installés en Avignon, à Carpentras, Cavaillon et Apt. L’Isle, possède aussi sa communauté juive.

Les baillis seront remplacées par la suite par des vigueries. La viguerie de l’Isle englobe le Thor, Caumont, Saumane, Fontaines de Vaucluse et Lagnes.

Châteauneuf de Gadagne lui n’est pas dans la viguerie de l’Isle car c’est une baronnie indépendante dépendant de l’abbaye de saint Guilhem le Désert en Languedoc bien avant le XIIe siècle. On dit que Châteauneuf de Gadagne est « dans le Comtat, non du Comtat ».

Les vigueries seront vite remplacées par les Papes en judicatures ou jugeries que l’on retrouvera au XVIIIe siècle. Saint Saturnin d’Avignon et Jonquerette seront alors rattachées à la judicature de l’Isle.

A la Révolution, l’Assemblée constituante créera le canton  en suivant les mêmes règles.

En 1271, la peste eut raison de saint Louis, roi de France et du dernier comte de Toulouse Alphonse de Poitiers et de sa femme Jeanne. N’ayant pas eu d’enfants, on procéda par testament à la division de leurs biens. Dans le testament de Jeanne, la ville de l’Isle, son territoire et sa juridiction furent données à la cousine de Jeanne Gaucherande, fille d’Amalric, vicomte de Narbonne. Mais les actes du testament de Jeanne ne furent pas suivis par la couronne de France qui donna le Comtat Venaissin au Saint Siège. Ce fut le sénéchal de Beaucaire Raynaud de Raynier qui appliqua les directives du Roi de France Philippe III le Hardi.

 

La Tour Boutin ou Tour d’Argent.

Il existe sur le territoire de la commune de l’Isle deux donjons carrés qui symbolisent l’architecture des XIe et XIIe siècle: la Tour Boutin ou tour d'Argent à l'Isle et la tour de Velorgues. Apparus à Apt dès l’An 1000, ces donjons vont se construire en Provence jusqu’en 1500 alors que  la tour circulaire apparait dès le XIIIe siècle et reste le modèle le plus fréquent.

Ces donjons de type quadrangulaires sont nombreux en Provence. On en comptait au XIIe siècle une trentaine au pays d’Apt et presque autant dans celui d’Aygues. Il y en aura davantage au XIIIe siècle.

Le donjon est le symbole de la puissance des seigneurs au temps de la féodalité et dans certains châteaux, on retrouve plusieurs donjons appartenant à plusieurs familles.

Les tours de Velorgues et de l’Isle sont très similaires. Il est possible que la Tour Boutin ait été construite à l’époque des consuls. Celle de l’Isle est légèrement plus grande et plus somptueuse que celle de Velorgues. Ce sont des installations de défense passive et leur point fort réside dans l’épaisseur de leurs murs. Un mètre cinquante à Velorgues et 2 m à l’Isle.

Une autre caractéristique comme tous les donjons de cette époque est la difficulté d’accès car l’entrée se situe au premier étage à environ 6 mètres de hauteur et on y pénètre au moyen d’une échelle mobile.

La salle du rez-de-chaussée était destinée à la petite garnison, au stockage des vivres et des armes.

On y accédait par le premier étage où se trouvaient la salle de réception et la chambre du seigneur en cas de siège. Dans les murs étaient encastrés la cheminée et des escaliers permettant d’accéder à la terrasse consacrée à la garde et la défense active lors d’un siège. Cette plate-forme se situe en hauteur respectivement à 13 mètres à Velorgues  et  17 mètres à l’Isle. La tour de Velorgues contient aussi une cave à laquelle on accède par le rez-de-chaussée et il est probable que cette cave existait dans la  tour de l’Isle mais aucun sondage n’a été fait.

La tour de l’Isle a deux étages et ce changement d’architecture a dû intervenir vers 1350 au moment où le cardinal de Saluce, alors prévôt de la collégiale, a fait détruire le château comtal et a intégré la Tour, en la perçant de fenêtres, dans une somptueuse demeure.

Elles constituent l’élément unique de ces deux places fortes romanes à l’intérieur des remparts ou « claustrum ». Ces tours représentent le moyen pour leur propriétaire de dominer et de protéger. C’est le réduit défensif en cas d’attaque et c’est le bâtiment de prestige au sommet duquel flotte le drapeau du marquis de Provence. Le coffre au trésor du comte et des coseigneurs, contenant l’argent et les titres,  y est entreposé.

Raymond VII aimait beaucoup séjourner dans son château de l’Isle pour ses affaires dans le Venaissin, surtout depuis que sa femme répudiée y vivait.

A Pernes, à l’origine constituée de deux enceintes concentriques, on retrouve en autres l’actuelle tour de l’Horloge qui ressemble beaucoup à celle de l’Isle et auprès de laquelle s’élevait la demeure du comte.


Sources:

- Article avec de très nombreux passages du livre "l'Histoire de l'Isle sur la Sorgue des Origines à 1274" de Albert Cecarelli -Edition Compo typo Relief Mai 1987.

Raimond VII de Toulouse et la paix de Paris (1229-1249)

- Wikipédia


Posté le 08-01-2012 18:47 par Jimre

COURTHEZON


Les remparts

Le visiteur est frappé par l'imposante masse des remparts.

Ces fortifications ont été construites au XIIème siècle en pierres tirées des Carrières de Saint Georges déjà exploitées par les romains pour la construction du Théâtre Antique d'Orange.

Lorsque Louis XIV ordonna la démolition des remparts d'Orange, le Château et les remparts de Courthézon n'échappèrent à l'époque au même sort que grâce aux instances des Consuls de Courthézon. La nuit, un savant éclairage met en valeur leurs pierres qui gardent jalousement les fantômes du passé.

Les portes de la ville

Quatre portes donnaient accès à l'ancienne cité.

Nous sommes invités à entrer au cœur du village par les trois portes conservées.

LA PORTE AUROUZE

La porte au nord, elle tire son nom de sa situation face au vent « Auro » le Mistral.

Elle a encore ses machicoulis, mais a perdu ses créneaux, à l'époque, elle était fermée par un lourd portail en bois.    

LA PORTE BELLE CROIX

C'est la plus belle et la mieux conservée. En ogive et à pont-levis, elle a encore intacte sa couronne de machicoulis.

La rivière « la Seille » creusée en 1289 servait de fossés aux remparts de cette porte sud. Elle tire son nom d'une croix située alors à la place de l'actuelle fontaine. Sous sa voûte, on voit l'escalier qui conduisait les défenseurs jusqu'au sommet.               

LA PORTE DU PRINCE

Elle fut appelée ainsi par Guillaume de Nassau. Chassé d'Orange, il fut sauvé par le Capitaine du Château et accueilli à cette porte par les habitants de Courthézon en 1604.

 

L'église Saint Denis

En 757, l'invasion musulmane livre Courthézon au pillage. Les Sarrasins en furent chassés par Guillaume au Cornet, Prince de Toulouse en 793 .

Pour célébrer cette victoire, Charlemagne aurait fait entreprendre la construction de l'église. Dans une description de cette église écrite le 30 janvier 1886, on peut lire « un clocher carré accolé d'une tourelle carolingienne » qui n'est autre que la tourelle contenant l'escalier accédant au clocher. L'église actuelle remonte au XIIème siècle pour la nef et le clocher.

Des modifications importantes furent effectuées au cours des siècles, notamment, un nouveau chœur fut construit à l'ouest en 1833, les vitraux furent rajoutés en 1868 et 1869.

Si l'on se place dans le chœur devant l'autel actuel, on peut voir les personnages suivants (de gauche à droite) :

    Saint Martin et Sainte Claire

    Saint Louis et Saint Jean l'Evangéliste (symbolisé par l'aigle se tenant auprès de lui)

    Saint Alexandre, Pape, Sainte Anne, mère de Marie

    Saint Georges et Saint Denis, patrons de la paroisse

    Sainte Mathilde et Saint Augustin

    Saint Pierre et Saint Laurent, diacre

    Sainte Barbe et Saint Dominique.

Construit par la Maison Théodore Puget, père et fils, de Toulouse, en 1875, l'Orgue est composé de 18 jeux. Classé monument historique, il a été nouvellement restauré.

Les grandes familles ayant régné sur Courthézon

A partir de 793, jusqu'au rattachement à la France en 1731, cinq familles ont régné sur Orange et Courthézon.

    Famille des Comtes de Toulouse 793 à 1173

    Famille des Baux 1173 à 1393

    Famille de Chalon 1393 à 1530

    Famille de Nassau 1530 à 1703

    Famille de Conti 1703 à 1731

    En 1731, un échange est fait entre le Roi de France Louis XV et le Prince de Conti, Courthézon et la Principauté d'Orange sont définitivement incorporés au Domaine Royal par acte du 29 mai 1731.


La charte de Courthézon

Un grand moment de liberté pour Courthézon

La Charte qui fut accordée en 1302 à la communauté de Courthézon et que les notaires du lieu appelèrent « la grant liberté de Courthézon » concernait surtout la classe inférieure désignée sous le nom « d'innobiles, de plebeii ».

A partir de cette époque, les habitants de Courthézon furent libres dans leur personne et dans leurs biens.

Le Seigneur ne pouvait imposer aucune taille. Ce fut une grande liberté pour l'époque car il était inhabituel de concéder des privilèges et des libertés à une classe inférieure aux nobles.

Le château

Sa construction primitive remonte au VIIIème siècle.

Ici s'écrivent dès le Xème siècle les grands moments de l'histoire de Courthézon.

On pratique au vieux château « l'amour courtois » avec la tenue de « cours d'amour » réputées, on raconte que Rambaud, l'un des plus célèbres troubadours de l'époque, y a aimé la gracieuse Comtesse de Die.

Le château fut aménagé et agrandi par la puissante famille des Baux qui l'habita de 1289 à 1293 .

Peu de documents existent sur son histoire, nous citerons simplement qu'il fut remis à neuf en 1564.

Une estampe du R.P. Bonfa (1686) nous indique qu'il y avait un superbe donjon, une chapelle et de vastes bâtiments pour le logement. Le château et ses dépendances furent démolis en 1768 et les pierres furent employées à la construction de la digue sur l'Ouvèze.

Sur ses ruines, s'élève maintenant une demeure privée ceinturée des restes de murs crénelés.

Le Beffroi

Au 15ème siècle, la Maison Consulaire ou Mairie, autrefois au quartier du Puy, vient s'installer dans les locaux dits actuellement « ancienne mairie ».

Cette maison dont il ne reste rien avait été donnée à la communauté par Monsieur De Panisse, Maître d'hôtel de Louis XII. La tour de l'horloge qui la touche date de 1653, elle est surmontée d'un élégant campanile en fer forgé classé monument historique.


Source:

- Site de Courthézon


Photos:

-J. Grinbaum (2009)

-Jimre (2010)

Posté le 27-11-2011 21:58 par Jimre

RASTEAU

Synthèse réalisée par Claude Prince à partir des documents disponibles en Mairie datant de juin 2008

Article disponible sur le site de Rasteau

HISTOIRE DE RASTEAU AU SEIN DU COMTAT (Sources : Henri Dubled, Histoire du Comtat Venaissin, Jean-Claude Leyraud, monographie d’histoire rurale)

Les Voconces, tribus gauloises d’origine celtique, sont écrasés par les romains dans les années -120 a. JC. Les grandes voies de communication sont toutes tracées entre -60 et – 20 a. JC et les grandes agglomérations sont romanisées – Colonia Vasio Vocontiorum.

Le pays des Voconces est une base de ravitaillement –blé des Memini, vignes et oliviers importés de Rome. Il dépend du diocèse de Vienne et sa production agricole diversifiée est destinée à Vaison ville d’importance à proximité immédiate.

Orange ne sera créée que vers – 40 a. JC. La « Pax Romana » favorise l’implantation de grands domaines agricoles distribués sur l’ensemble des terres cultivables.

L’agglomération de Rasteau n’est pas avérée à cette époque mais l’origine des villages est le plus souvent une « villa » romaine. 476 – 560.

La chute de l’empire Romain voit le pays envahi successivement par les Goths, les Burgondes, les Lombards et les Francs.

734-735. Intrusion des arabes venus du Languedoc. La Provence restera une unité politique autonome, royaume au sein du royaume des Francs, jusqu’à la chute de l’empire carolingien en 957.

842- Nouvelles invasions sarrasines venues cette fois-ci de la mer. Implantés en Camargue et à la Garde Freinet les sarrasins mettent la Provence au pillage pendant plusieurs décennies induisant la construction des premières agglomérations fortifiées : les « castrum ». C’est vers la fin des années 980 que le comte de Provence associé aux Lombards met fin au danger sarrasin.

1033- Avec le couronnement de Conrad II, roi de Germanie, naît le royaume d’Arles et de Vienne. La Souveraineté du Saint Empire Germanique sur les comtes de Provence a été concédée en 1016 par le Comte de Provence Rodolphe III, sans héritier.

Ces derniers ont la particularité de régner en indivis ce qui fait naître la confusion car le titre est porté simultanément par plusieurs titulaires, les comtes de Barcelone et de Toulouse par exemple. Durant cette fin du 1er millénaire marquée par la chute du régime carolingien apparaît la féodalité héréditaire qui se substitue au pouvoir central. Le système vassalique apporte la protection du puissant et concentre tous les pouvoirs à la seigneurie, au château. La richesse de l’église, née de la protection qu’elle apporte, place les évêques, qui sont loin d’être toujours des ecclésiastiques, au sein de ce système dominé par la noblesse d’épée et partage le pouvoir avec elle. C’est en particulier le cas à Vaison.

A la fin du Xème et au début du XIème, la noblesse s’est emparée de l’ensemble des terres sources de profits. Les sires de Mévouillon possèdent alors un domaine qui englobe le Sud de la Drome actuelle et l’évêché de Vaison dont Rasteau fait partie.

En revanche les croisades successives ayant appelé la plupart des puissants seigneurs pour aller guerroyer au loin et parfois sans retour, permettront à l’église de reprendre pas à pas la main. Grégoire VII et sa réforme qui est à l’origine de la lutte contre l’empereur germanique Henry IV. (Canossa 1077) poursuivie par ses successeurs remettront de l’ordre dans les évêchés. Au XIIème siècle l’église a conquis son autonomie dans ce qui sera le Comtat Venaissin.

L’évêque Rostaing de Vaison est nommément cité pour la reconstitution par rachat vers 1120-30 de son patrimoine à Vaison, qui deviendra terre d’église, dans lequel figure Rasteau. L’arrivée des Templiers, ordre monastique combattant, en 1134 à Richerenches et en 1137 à Roaix est plutôt perçue comme une concurrence à l’hégémonie de l’évêque. Rasteau qui est un peu éloigné des voies de communication (Via romaine et l’Ouvèze qui est navigable pendant une période de l’année) ne fait pas l’objet de convoitise et reste à l’évêché.

1125 – L’indivision qui lie les comtes de Toulouse et de Barcelone est rompue. La Provence au Sud de la Durance reste le comté de Provence quand le Nord, dont le Comtat Venaissin est la pièce maîtresse, devient le marquisat de Provence sous la souveraineté du comte de Toulouse. Souveraineté limitée par les droits de l’Empire (Germanique), ce qui est à l’origine d’une suite de guerres de succession.

En 1160 le comte de Toulouse, marquis de Provence, qui a construit auparavant la forteresse de Vaison s’empare de toute la ville, chasse l’évêque et occupe ensuite Le Crestet et Rasteau jusqu’en 1178. Suit une succession de restitutions et reprises par l’un ou l’autre jusqu’en 1194.

1209-1215 La croisade des Albigeois écrase les alliés du comte de Toulouse qui est dépossédé de tout son domaine, excepté le Comtat qui doit lui être rendu par le prince d’Orange qui se l’était approprié pendant la croisade.

1216-1224 Le comte de Toulouse a reconstitué son patrimoine territorial mais le roi de France reçoit, par cession, tous les droits conquis par les croisés.

1226 – 1229 Intervention du roi de France Louis VIII qui aboutit au traité de Paris qui attribue le Comtat au Saint siège. Mais l’Empereur germanique qui n’a pas été partie prenante à ce traité le conteste.

1239 – Avec l’appui de l’Empereur le Comtat est restitué au comte de Toulouse, Raymond.

1249 - A sa mort, le frère du roi de France, le comte de Poitiers, époux de Jeanne de Toulouse, devient comte. La soumission progressive des différentes composantes du Comtat et une administration éclairée marquent cette période.

1251 - L’évêque Faraud de Vaison assisté entre autres de Raymond de Mévouillon prête hommage au comte pour Vaison, le Crestet, Rasteau et Entrechaux ce qu’il avait refusé jusqu’alors.

1271- Jeanne de Toulouse et son époux meurent en août. Le roi de France conteste le testament de Jeanne et s’empare des biens de son frère. Mais le pape Grégoire X le force à renoncer et le 27 janvier 1274 le Comtat est remis au pape. Cette situation, malgré de nombreux cahots, perdurera jusqu’en 1790. Le Pape abandonnera définitivement ses états pontificaux à la France par le traité de Talentino en 1797.

L’insécurité perdure. Chaque passage des armées croisées XIème- XIIIéme ou en marche vers l’Italie XVIème est source de dévastation. La contre-réforme prend une forme très brutale qui atteint son paroxysme au XVIème siècle.

En 1597, la guerre associée à la peste a conduit le Comtat à la misère.

En 1635, les Rastelains reconnaissants ont construit une chapelle dédiée à St Didier, saint patron du village, en remerciement pour avoir été épargnés par la peste de 1631 (79 morts en 5 jours).

Tout jusqu’alors a poussé les habitants de village comme Rasteau à se protéger derrière les murs de fortifications de leur village. Il faudra attendre le consulat et donc le début du XIXème siècle pour que des conditions favorables au retour de l’habitat rural hors des murs s’installent.

Rasteau a de tout temps vécu de sa production agricole. En 1269 Rasteau comprend 120 feux (familles vivant sous un même toit) à peu de chose près comme Sablet et Seguret. L’agriculture du Comtat comportait le blé (froment, conségal, seigle, avoine, épeautre), la vigne, l’olivier et les jardins. Le cheptel est composé de porcs, moutons et de rares chèvres jugées trop dévastatrices. Les équidés (mulets, ânes et de rares chevaux) sont réservés au travail de la terre et au transport. L’élevage des bovins n’est pas très développé et réservé au travail de la terre. Les terres riches sont réservées à la production agricole qui est juste autosuffisante pour les besoins locaux. Ce qui privilégie la culture des céréales et limite celle de la vigne. D’autant que les méthodes de production et de stockage du vin, qui ne favorisent pas sa conservation, associées aux difficultés de transport le réduisent à un usage local guère au-delà d’Avignon.

Les cadastres de 1414 et 1635 font état de 450 hectares cultivés à Rasteau, répartis par tiers entre le clergé, la noblesse et la communauté paysanne. Les ¾ de la surface de la commune sont couverts de bois et garrigues compléments à la vaine pâture des animaux de la ferme. Un moulin à eau datant de 1290 alimenté par un canal prélevant des eaux de l’Ouvèze depuis Roaix contribue à développer la production des céréales au Rasteau.

Le ver à soie est introduit dans le Comtat au 13ème siècle mais l’industrie de la soie, la sériciculture et donc l’exploitation du mûrier blanc ne se développent qu’à partir de la fin du XVIème siècle et fera la richesse du Comtat au XVIIIème siècle. La feuille de mûrier sera une des productions du village comme l’atteste aujourd’hui la place du village ancienne plantation de mûrier blanc des sœurs « de Lapparent » et l’ancienne « fabrique », atelier de filature.

La culture de l’olivier s’est fortement développée au Rasteau au XVII ème siècle ; plus de 66 hectares portent des oliviers parfois associés à la vigne (ouillières) mais les gels qui se sont succédés de 1671 à 1790 et le dernier en 1956 ont eu raison de cette exploitation.

La vigne, qui de tout temps a existé au Rasteau sous la tutelle des évêques associée à une production arboricole variée, commence à se développer à partir de la fin du XVIII ème. Après la quasi destruction par le phylloxéra en 1880 la vigne reprendra progressivement sa place (40% de la surface cultivée en 1914) avec des cépages renouvelés (Grenache, Carignan…) plus aptes au coupage pratiqués par les négociants acheteurs.

La vie à Rasteau qui avait connu son apogée en 1877 (916 habitants) devient difficile après 1880 car les sols exploités précédemment en vigne ne se prêtent pas à d’autres cultures plus gourmandes en eau. La garance et la soie, les olives et un peu de céréales dans les terrains les plus favorisés, l’élevage, sont les seules ressources des Rastelains. L’introduction progressive des greffons sur plants américains à partir du début du siècle redonna espoir et la vigne retrouva vraiment sa place après la fin de la 1ère guerre mondiale.

La création en 1925 de la cave coopérative, par 60 agriculteurs, associée à la naissance des premières caves particulières marquent l’émancipation des agriculteurs Rastelains qui se libèrent de la tutelle des marchands de vendanges et autres vinificateurs pour prendre en main leurs fonds de commerce.

L’appellation contrôlée AOC « Côtes du Rhône » obtenue en 1927 et l’AOC « Rasteau » du vin doux en 1944 viendront couronner cette prise en main.

Le grand gel de 1956 qui a décimé les oliviers dans tout le Sud de la France a fortement accéléré l’évolution vers la quasi monoculture qui prévaut à ce jour à Rasteau.

Notes de l'auteur:

– Centurie : Terme employé par les romains pour qualifier une unité cadastrale de 2400 pieds de coté soit environ 50ha. (20 actus * 120 pieds* 29.5 cm). La centurie militaire, autre sens du mot, comprenait 80 légionnaires.

- Dîme : Prélèvement sur le produit des terres agricoles et de l’élevage au profit de l’église. Obligation religieuse instituée en 585 devenue obligation civile sous les Carolingiens 779-794. - - Décimateur : Collecteur de la dîme

– Prince d’Orange, titre vassal du comte de Toulouse, accordé en 1178 par le représentant de l’empereur germanique. Longtemps attribué aux Nassau.

- Rasteau (Rastel) désigne un territoire caractérisé par des ravines creusées par l’érosion fluviale dans un sol alluvial fragile séparant des crêtes étroites et allongées (serres). L’extrémité la plus élevée d’entre elles est idéale pour édifier une enceinte fortifiée : Pied Bresson. (du latin podium –colline – et de bresson : berceau)

- Venaissin du celtique « vindo » appellatif du nom des « Vendescalii » gaulois qui occupaient Venasque. Le sceau du Venaissin apparaît pour la 1ère fois sur un acte en 1222–Raymond VII, la Croix de Toulouse et la légende « Signum Venaissini »

- Conségal. Céréale mélange de froment et d’orge.

- Peste. Noire en 1347-1348 et +. 1631, 1720 et suivantes

- Martinet. Forge hydraulique (du cuivre à Roaix en 1437)

Posté le 12-11-2011 22:40 par Jimre

Photos de Oppède le Vieux

Photos de la famille Albinet-Mauprivez

Photos de Jimre (Juillet 2011)

Posté le 11-09-2011 17:09 par Jimre

Histoire de Seguret

Si les collines de l'actuel Séguret furent fréquentées au néolithique comme le prouve la découverte de haches polies, on ignore s'il y eut habitat permanent depuis cette époque. Le village est bâti à la jonction de la route traversant la montagne menant au Crestet et de la route de Vaison la Romaine à Carpentras.

L'étymologie est tirée du latin securitas qui a donné en provençal Segur : sûr. En effet, le village accroché sur fond de dentelles devait inspirer la sécurité en des temps incertains.

La première construction de l'église St Denis date du Xe siècle. Très petite à l'origine et orientée à l'est, elle a été agrandie au XIIIe siècle et a changé d'orientation. La Nef latérale a été ajoutée en plusieurs fois au XVIIe et XVIIIe siècles.

La construction du château débuta dès le XIe siècle. Les défenses furent augmentées à l'époque des guerres de religions. Une garnison importante logeait dans les dépendances construites autour de la tour. Deux grands murs descendent vers le village.

Suivent des années de chaos. Séguret dépendait de l’église cathédrale de Vaison qui prétendait ne relever d’aucun suzerain et refusa au X° siècle de rendre hommage au Comte de Toulouse , pourtant propriétaire du Comtat Vénaissin (le nom vient de Vénasque). Au XIème siècle, le Comte de Toulouse se fâche vraiment, s’empare de Vaison et y construit un château fort. Ainsi que plusieurs autres dans les environs immédiats. Il reste une partie importante de celui de Séguret auquel on a accès par une beau sentier piétonnier d’où l’on jouit de points de vue superbes.

Suit une période de tiraillement entre le Comte de Toulouse, le Roi de France, le Pape, le Prince d’Orange. Le Pape essayera de résister, surtout à coups d’excommunications mais en vain. En 1240, le Comte de Toulouse rachètera Séguret au Prince d’Orange pour 35.000 sous raymondins. En 1253, un inventaire (le polyptique Alphonsin) dresse un Etat des biens à Séguret d’Alphonse de Poitiers, Marquis de Provence et Comte de Venasque. Il est contresigné par 4 notables ségurétains dont le Chevalier de Reynier qui a donné son nom à la Porte d’entrée de notre village, plus souvent appelée Portail de la Bise, compte tenu de son exposition au vent du Nord.

Enfin, après cette période de lutte d’une quarantaine d’années, en 1274, le Comtat revient officiellement au Pape. Rappelons que le Pape rachètera Avignon à la Reine Jeanne seulement en 1348.

Le gouvernement du Pape durera 517 ans de 1274 à 1791. Période malheureusement troublée par les guerres de religion. Séguret passe peu à peu de l’autorité d’un recteur (généralement un évêque) à la Liberté Communale. D’abord tirés au sort parmi tous les habitants, les Conseillers le seront ensuite à la ballote (ceux qui ont en estime cadastrale 135 florins pour la première main, 35 pour la seconde).

L’administration papale n’était plus très satisfaisante et, depuis un siècle, le village s’administrait pratiquement par lui-même. Bien que dans la juridiction de Carpentras, la justice, pour les affaires minimes, fut rnedue par un capitaine que nommait annuellement le vice-legat. Il y eut un gouverneur jusqu'en 1789.

En 1791, malgré la réticence de Séguret, suite à un référendum, le Comtat devint Français et Républicain, le droit de vote appartenant aux citoyens censitaires (qui payent le cens). 

Aujourd'hui, en haut de la colline subsiste l'imposante façade ouest du donjon dont les murs paraissent bien fragiles... et plusieurs pans de murailles et de mur qui venaient rejoindre, côté nord, le portail de la bise et côté sud, les rochers au dessus de l'église.

De là-haut, un panorama splendide se déroule sous les yeux, embrassant toute la plaine comtadine et d'étendant jusqu'aux Cévennes. On aperçoit bien, notamment les villages de Sablet, Cairanne et Rasteau.

Pour résister aux attaques en périodes d'insécurité, les habitant éprouvèrent la nécessité de financer et renforcer les remparts déjà existants. Le rempart défensif du village, du XIVe siècle est encore bien visible en façade du village. En provençal, on l'appelle le Barri et l'on retrouve cette éthymologie dans barrière.

Au XIVe siècle, donc, des troupes de mercenaires menées par le vicomte de Turenne pillèrent le village. Puis vinrent les guerres de religion. Le cinq Mai 1563, les troupes protestantes attaquèrent le village, tuant cent trente personnes et brûlant les archives. En 1578, un nommé Blaise Bermond, ruiné par le jeu, offrit de leur livrer la place. Ses démarches le rendirent suspect à de Laudon, commandant de Séguret, qui le fit arrêter. On trouva sur lui des instructions de Gouvernet. Le malheureux offrit alors de faire tomber les huguenots dans le piège, si on lui accorder la grâce. Cette condition acceptée, le commandant décide de monter une embuscade. Un troupe de trois cents huguenots arrive par une nuit de fin Juillet,et, selon le plan mis au point attend le signal de Bermond. Au signal, ils appliquent les échelles et commencent à monter. Seulemnt, deux soldats catholiques ouvrent le feu trop tôt, permettant aux huguenots de prendre conscience du traquenard. Ils s'enfuient et on les poursuit. Vassadel de Vacqueyras perdit la vie dans cette sortie.

En 1714, la construction d'une muraille de soutènement permit l'amènagement de la place des Arceaux, au sud du portail neuf.

La fontaine et le lavoir ont été édifiés en 1823 et les platanes plantés vers 1860.

Les murailles et les portes du village étaient gardées en permanence tandis que les guetteurs placés sur la colline du "château" surveillaient la plaine.

Tous les ans, le soir de Noël, les Segurétains sont fiers d'organiser une crèche vivante en l'église saint Denis, précédant la messe de Minuit célébrée en Provençal. Dans l'esprit des "Mystères du Moyen Age", "Li Bergié", transmis oralement de génération en génération, ils représentent une évocation de la nuit de Noël à Bethléem, en trois tableaux: l'annonce de la venue du Messie, l'Appel des bergers par les anges et l'Adoration finale autour de la crèche.


Sources:

- Panneaux situés dans le village

- Site officiel de la commune

- Site vaison-en-provence.com en cliquant ici 

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, de Jules Courtet, éditions Res Universis


Photos:

- Jimre (2009, 2011, 2017)

Posté le 06-04-2010 21:56 par Jimre

Thouzon

Bref Historique du "Château" ou monastère fortifié de Thouzon

 

Ce "château" est situé dans la plaine entre Chateauneuf de Gadagne et le Thor sur un promontoire naturel que l'on peut apercevoir de très loin. Le plus ancien acte connu concernant Thouzon date de 1014. L'évêque de Cavaillon attribue aux Bénédictins de Saint André de Villeneuve la possession "des églises qui sont ou seront sur le Mont de Thouzon, avec leurs dépendances", En 1088, un autre acte confirme cette possession.

C'est en 1171 que l'on voit apparaître pour la première fois dans un écrit le terme de "monastérium", alors que dès 1202 on parlera de "castrum". Les Bénédictins de Saint André de Villeneuve seront les seuls propriétaires du Château de Thouzon de 1202 à 1696.

1318: Les habitants du Thor sont maintenus dans les droits qu'ils possédaient déjà de faire paître leurs troupeaux à Thouzon. (Archives Le Thor AA5)

Vers 1369: Le château est occupé par les routiers.

Vers 1396: Le château est occupé par les soldats du Vicomte de Turenne, venu des Baux de Provence. Le recteur Gaston de Montecatino les en chasse.

1457: La communauté du Thor s'engage à payer annuellement le jour de la fête de Saint André à l'abbé de Thouzon une pension de 6 florins pour les droits de pâturage et de fournillage que ledit abbé lui concède dans le territoire de Thouzon. (Archives Le Thor AA7)

1549: Une pierre de fronton de porte sculptée aux armes de l'abbé François de Castellane indique une probable restauration du château.

1563: Le Baron des Adrets à la tête de ses bandes de huguenots attaque le château de Thouzon.

1594: César de Brancas, abbé de Saint André et seigneur de Thouzon, envisage des réparations sur le château (Pris faict: Archives de Vaucluse)

1696: L'abbé de Thouzon vend le château et les terres à Joseph de Martin, archiviste et secrétaire d'état. Depuis cette époque, Thouzon est resté une propriété privée.

Le château est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.


L'association

L'association pour le site de Thouzon, créée en 1987, fait partie du groupement R.EM.PART. Ses objectifs sont de permettre au site de Thouzon de retrouver sa dignité et devenir un lieu de culture, d' animation et d' histoire.

Il pourra accueillir des expositions, des congrès, des concerts, des spectacles. Ses qualités historique, géographique, géologique et botanique pourront être mises en valeur auprès des jeunes écoliers et auprès du public. La mise en place d' un musée local aidera à la sensibilisation de la population.


 La Légende de la Dame blanche

"Vers l'an 1207, un peu avant la croisade albigeoise, Raymond VI comte de Toulouse avait une fille d'une incomparable beauté qu'il désirait marier à un puissant" voisin, mais la belle 'no'(on l'appelait ainsi par abréviation de Noëlie) s'était éprise d'un pauvre troubadour avec lequel elle s'enfuit loin du pays. Furieux, le comte, son père, jura la mort du ravisseur et envoya des émissaires à la poursuite des amants.

On apprit qu'ils s'étaient réfugiés dans le château de Thouzon. On pensa les prendre comme dans une souricière, mais chaque fois que les sbires du comte se présentèrent ils trouvèrent la place vide. il fut impossible de saisir les deux amoureux malgré les plus minutieuses recherches et cependant on voyait souvent une silhouette de femme se glisser sur les remparts du château et disparaître à  la première alerte.

il  est certain aujourd'hui que les deux fugitifs connaissaient une entrée secrète de la caverne, circonstance qui leur permit d'échapper à toute poursuite et de créer autour d'eux une légende protectrice ."

Article créé à partir des informations trouvées lors de la visite.

Pour plus d'informations, consulter le site officiel

Posté le 19-09-2009 14:18 par Jimre

Le Fort de Buoux

Le château a été donné à la commune par son propriétaire en 1973 et le site classé aux Monuments Historiques en 1985.

Histoire

 

Situé dans le Lubéron, le Fort de Buoux se trouve au carrefour d'anciennes voies de communication.

Place forte idéale, née d'un caprice géologique et dominant ces voies, le lieu va devenir, au cours des âges, un des points si ce n'est  le point clé de la défense du Lubéron, le centre stratégique par excellence, susceptible de protéger le pays d'Apt contre d'éventuelles incursions venant de la Méditerranée par la Durance.

Une falaise accessible en trois points, ceinture un plateau incliné long de 460 mètres dont la plus grande largeur est de 80 mètres. Le dénivelé entre le point bas et le point haut est de 77 mètres, ce qui explique bien l'utilisation rationnelle du sol par les constructeurs successifs.

Au point de vue historique, il faut comme d'habitude se contenter du peu d'archives disponibles et faire confiance aux campagnes de fouilles à venir pour éclairer l'obscurité des siècles passés et donner des réponses au promeneur qui vient visiter ce site.

Du point de vue des archives donc, seuls les témoignages écrits d'Apt et de Vaucluse ont permis de réunir des miettes d'Histoire concernant le Fort.

De nombreuses grottes dont celle de la Baume, vaste abri sous roche, témoignent de la présence d'hommes préhistoriques.

A l'origine, le franchissement du Lubéron, véritable barrière culminant à 1125 mètres, séparant la vallée du Calavon de celle de la Durance, parait peu aisé. Seule l'entaille faite par le cours de l'Aiguebrun, permet, à première vue, une pénétration relativement facile, quoique non sans obstacles naturels. C'est la combe, dite de Lourmarin, qui sépare le Petit Lubéron du Grand Lubéron.

Reliant transversalement les voies antiques des Alpes au Rhône et parce que facilement défendable, elle sera très tôt utilisée aussi bien par les peuplades préromaines que par les Romains qui vont créer ou perfectionner un réseau de communication encore visible de nos jours, pour mettre en œuvre leur programme de conquête et d'expansion (voies aurélienne et domitienne).

Un des nombreux chemins était emprunté notamment au Moyen Age par les porteurs de sel  venus de l'étang de Berre.

Ces chemins d'accès difficile ne pouvaient la plupart de temps être fréquentés uniquement que par les mulets chargés de bats et par les cavaliers. De plus, ils étaient parfois exposés et vulnérables en plusieurs endroits d'où la nécessité de constituer un système de défense par fortifications qui , outre le fort de Buoux, assuraient la sécurité aux voyageurs aux endroits permettant une bonne visibilité.

On peut noter ainsi sur les principaux itinéraires, les forts dit "Sarrazin", de la roche d'Espeil, de la Tour, de Belluguet, de Saint Symphorien, les châteaux de Buoux et d'Aurons, Rocsalière, la Tour de Thelme, les Agnels, mais aussi Clermont et le château de Tourettes, vers Apt; le vieux castellas, le castellas de Sivergues, Saint Pierre à Auribeau, etc...La plupart des lieux fortifiés, furent à l'origine des oppida, habitats bien protégés des peuplades pré-romaines appartenant à la confédération des Albicis.

L' origine du fortin de Buoux se perd donc dans la nuit des temps et des questions subsistent quant à l'origine des vestiges retrouvés sur le site.

Quelle sont les parts réelles de la période protohistorique, de la période romaine ou de la période du Haut Moyen Age?

Seules les recherches archéologiques pourront départager les différentes  hypothèses.

Avec le déclin de l'Empire, commencent les invasions qui vont durant plusieurs siècles ravager la Provence. Apt est ainsi vidé de sa population qui va trouver refuge dans les abris traditionnels de la montagne. Le site du vallon de Buoux avec ses défenses naturelles peut-être considéré comme tel.

Vers la même époque, le christianisme, en plein essor s'implante dans la région avec la présence de Castor au siège épiscopal d'Apt, à qui Cassien, fondateur de l' Abbaye Saint Victor dédie ses "Institutions Cenobitiques". Il n'en faut pas plus pour qu'un historien de la région ait situé aux abords du fort de Buoux l'implantation d'un centre érémitique.

A la fin des période d'insécurité(IXe s.?), on situe la naissance du village primitif de Buoux, Saint Germain, au pied de la falaise du fort. Aujourd'hui, seuls quelques vestiges demeurent, dévorés par la végétation.

 A partir de 1125, Apt et son évêché reprennent vie et regagnent vite une gloire perdue. Avec la renaissance des villes de Provence et de leurs fortifications, le fort semble abandonné un certain temps puis au XIIe s., on assiste à un regain d'intérêt pour les places fortes assurant la défense des voies de communications. C'est probablement l'acte de naissance du castrum, même si en l'absence de textes, le terme n'est pas mentionné avant 1512.

Apt, intéressée au premier chef, participe à la construction d'un vaste système défensif, à l'entretien d'une garnison et nomme un  gouverneur qui à différentes époques s'avère être le seigneur-né de Buoux(Famille de Pontevès).

Malgré la charge importante pour les communautés du Pays d'Apt, le fort est entretenu et il a une utilité reconnue au vu des périodes troublées qui agitent la région comme lors de  la succession de la reine Jeanne à la fin du XIVe s., quand ont lieu des guerres désastreuses, conduites par Raymond de Turenne.

C'est dès cette époque que l'on remanie le système défensif du fort avec la construction de tours et de murailles qui sera poursuivi jusqu'au début du XVIe s. .

A partir de 1512 vient le temps difficile des affrontements politico-religieux. Ange de Ponteves, écuyer et coseigneur du Castrum et de la juridiction du Buoux, accorde en ces lieux aux hommes du Buoux, à travers les termes d'un acte d'habitation, plusieurs privilèges, assujettis d'astreintes.

Ce phénomène de libération touche un peu partout des communautés du Lubéron adhérant à la religion vaudoise, la plupart venues du Piémont et du Dauphiné, par nécessité de cultiver les terres.

Rien  ne laisse présager alors les tragédies qui vont embraser la région à partir de 1530 et qui vont bouleverser profondément ce pays.

Après bien d'inquiétantes prémices, c'est l'exécution du tristement fameux "Arrest de Mérindol" en 1545, qui va être le détonateur d'incroyables exactions.

Quant au fort, son intérêt stratégique semble s'être accru durant cette période et les factions adverses vont se le disputer tout le long des guerres qui ne vont cesser.

Au moment où les protestants tentent de s'emparer d'Apt en 1562, le  fort de Buoux va lui résister à de nombreux assauts et il ne tombera à leurs mains qu'en 1573, malgré les sièges et attaques répétés. Dès lors, la possession de la place au cœur même du Lubéron, et au nœud des voies de communication, constitue pour eux un indiscutable atout dans la lutte sans merci qui les oppose aux troupes catholiques.

En 1574, ce sont des milliers d'hommes aux ordres du comte de Carcès qui tentent de reprendre la place. Les catholiques réussissent dans leur entreprise mails ils ne vont conserver le fort que peu de temps car à la fin de la même année, les réformés viennent en faire le siège et ils arrivent à pénétrer dans la place où ils trouvent une garnison affamée. Jean de Pontevès , seigneur de Buoux , qui continue la lutte dans la partie haute du fort est dans l'obligation de se replier dans les derniers retranchements de la citadelle. Il sera précipité du haut du donjon.

Les protestants vont continuer leur progression pour le contrôle des voies de communication et vont s'emparer ainsi de Sivergues. Avec Ménerbes, ils disposent ainsi des trois places fortes essentielles du Lubéron qu'ils vont tenir jusqu'en 1577.

Un traité de sauvegarde et de mutuelle protection, daté de cette année et figurant dans les archives d'Apt est passé entre le capitaine Ferrier, chef des réformés tenant Ménerbes et les représentants de la communauté aptésienne afin d'éviter les attaques "...que allants et venants ceulx desdits Ménerbes, Buoux, et autres de la vallée qui sont de la religion réformée audict Apt, Saignon, ne seront aulcunement offensés ne mollestés...".

Sur ordre du Grand Prieur de France, Henri d'Angoulême, le Parlement de Provence et les chefs catholiques viennent mettre le siège devant Ménerbes, qui admirablement défendue, va résister 15 mois et couter à la Provence des sommes considérables. Malgré tout la ville tombe aux mains des catholiques le 9 Décembre 1578.

Peu après, les troupes catholiques font route vers Buoux, sous le commandement de Pompée de Pontevès-Buoux, impatient de reprendre le fort et de venger la mort de Jean de Pontevès survenue trois ans plus tôt.

Le siège de Buoux s'éternise et Pompée va user d'un stragème des plus bas afin de se rendre maitre des lieux. Nous laissons la parole à Remerville: "... Ayant attiré le gouverneur du Fort soubs prétexte de le régaler dans son chasteau avec tous ses officiers et sa garnison, il fust si inconsidéré de s'y rendre, suivy de ses meilleurs soldats. On l'arresta en mesme temps prisonnier et l'ayant attaché sur un asne, on le mena sur une hauteur voisine du fort d'où il pouvoit estre aperceu de quelques soldats qui estoient dedant et en leur présence, on menaça de le poignarder s'il ne se rendoient pas sur le champ. Le péril de leur gouverneur et le peu d'apparence qu'ils penssent résister longtemps leur fist ouvrir les portes dont les catholiques se saisirent aussitost et l'on mit ensuite le gouverneur en liberté avec le reste de huguenots qu'on avoit arrestés avec luy".

Le stratagème ou plutôt le manquement à la parole donnée permit ainsi aux catholiques de récupérer la place dans laquelle ils vont se retrancher en sollicitant sans cesse des renforts.

La garnison comptera ainsi un effectif tournant par rotation mais jamais inférieur à 150 hommes, ce qui va constituer pour la communauté aptésienne une charge très lourde.

Entre les périodes d'émeutes et de sédition qui se multiplient en Provence souvent excitées par la Ligue et la peste qui sévit périodiquement, les consuls aptésiens songent souvent à diminuer la charge qui pèse sur la population mais doivent malgré tout conserver quand même des places fortes pour assurer la sécurité de la région.

A partir du XVIIe s., on envisage pour la première fois la démolition complète de la forteresse. En 1626, 28 ans après la soumission du parlement de Provence, de nouveaux troubles vont ressurgir au moment où Richelieu mène une rude campagne contre les protestants de Provence et de Languedoc qui ne s'éteindra qu'en 1629 avec la paix d'Alès. En Lubéron, les calvinistes lancent quelques assauts contre les chateaux de la région et notamment contre le fort de Buoux. Le parlement exige sa démolition ainsi que celle d'autres places de la région en vertu de lettres patentes de Juillet 1626.Le conseil de ville se réunit à Apt le 20 Septembre et sans doutes pour éviter les frais de la démolition, parvient à plaider en faveur du maintien en l'état arguant du rôle joué précédemment par le fort.

Une garnison symbolique va y demeurer jusqu'à la destruction du fort qui interviendra, selon Jules Courtet vers 1660, date à laquelle de nombreuses places fortes de la région telle la citadelle d'Orange ont été démolies.


Source:

-Article repris du livret guide concernant le fort écrit par René Bruni et édité en 1987.


Photos:

- Jimre( 2009)


Posté le 31-08-2009 20:48 par Jimre

Fontaine de Vaucluse

La route qui mène de l’Isle sur Sorgue en sept ou huit kilomètres à la source de Vaucluse, rencontre à la sortie de la ville, le partage des eaux où la Sorgue se divise en plusieurs bras dont les principaux sont : la Sorgue de l’Isle et la Sorgue de Velleron et se jette dans le Rhône en face de la pointe nord de l’île de la Barthelasse.

Ses eaux arrosent la plaine de l’Isle sur Sorgue et alimentent des canaux d’irrigation.

Après les verdures de l'Isle, c'est la plaine brûlée par le soleil, la route poudreuse, mais bientôt la montagne grandit et devient comme un mur énorme contre lequel on va se heurter. Où est l'ouverture, la brèche par laquelle on doit entrer? Une grande ombre bleuâtre indique un interstice de celle immense barrière de roches fauves et pelées, une étroite vallée s'insère entre deux contreforts réunis par l'aqueduc de Galas, qui porte d'un rocher a l'autre, par-dessus la Sorgue, les eaux du canal de Carpentras, prises à la Durance et portées à l'Ouvèze en longeant la base de la chaîne vauclusienne.

Dès l'entrée dans le sein de la montagne commence l'enchantement; l'étroite vallée serpente entre de hautes roches, dessinant à chaque tournant des promontoires bien découpés, aux courbes vigoureuses, par-dessus lesquels se montre le grand mur de fond rayonnant sous le soleil. Il n'y a place que pour la route et pour l'eau de la fontaine, courant blanche et floconneuse sur des roches moussues. Puis après un dernier tournant, c'est Vaucluse, le site merveilleux, dans toute sa beauté: un admirable paysage de rochers, de blocs arides et enflammés, soulevés par-dessus des verdures exubérantes, dans la splendeur du soleil, une ruine déchiquetée sur un piton, des maisons blanches hissées sur les rocs, et enfin, jaillissant de la montagne comme une lave d'argent, le flot de la fontaine.

Le village est charmant, l'entrée surtout est délicieuse, c'est une jolie petite place tout ombreuse, sous de grands platanes en cercle autour d'une haute colonne érigée, non pour célébrer quelque bataille ou quelque illustre pourfendeur d'hommes, mais bien en l'honneur de Pétrarque et de l'éternelle poésie. L'église est à côté, une petite église bien vieille, qui pour ses colonnes basses a emprunté de beaux chapiteaux romains, à quelque temple plus vieux qu'elle, élevé en ce lieu à la divinité de la source.

Vaucluse, le pays du poète, le val des cours d'amour du moyen âge, était aussi pays usinier, il possède quelques fabriques utilisant le courant des eaux divines et mystérieuses qui remplissent de leur musique le fond de la vallée close. Heureusement ce ne sont pas de noires industries qui se sont installées dans ce pays merveilleux, ce sont des papeteries; on peut les regarder sans chagrin, elles fournissent le papier des livres, et elles cachent autant qu'il est possible leurs grands bâtiments dans les flots de verdure des arbres arrondis en bouquets au-dessus de la Sorgue.

Pétrarque, qui y séjourna de 1337 à 1353, et Laure, fille du seigneur de Noves, village situé non loin de Chateaurenard et épouse du seigneur de Sade, lui inspira de nombreux poèmes. On a longtemps essayé d’opposer ces deux Laure, à cause de la mauvaise réputation du marquis de Sade.

Mais il n'y a qu'une Laure,de Noves ou de Sade, celle de la légende,que Pétrarque, dans cette ville d'Avignon, rencontra pour la première fois le vendredi saint de l'an 1327 à un office matinal de l'église Sainte-Claire.

Laure, paraît-il, ne vit jamais que le poète dans le pauvre Pétrarque, couronné de lauriers sans roses, qui l'aima vingt ans, l'adora morte, pur esprit dégagé de l'enveloppe terrestre, et lui consacra d'innombrables sonnets et canzones. N'y pensons plus et tâchons aussi d'oublier que, d'après les chercheurs impitoyables, Laure, très respectable dame, donna onze enfants au seigneur de Sade.

« Plante heureuse, dans le bourg d'Avignon elle naquit et mourut... » dit le mélancolique sonnet trouvé en une boite de plomb dans son cercueil.

Elle mourut pendant la terrible peste de 1348, qui tua les Avignonnais par milliers. On l'enterra aux Cordeliers où sa tombe retrouvée et ouverte en 1533 eut parmi ses premiers visiteurs le roi François 1er, auteur de "Souvent femme varie", qui prit la lyre avec laquelle il avait déjà célébré Agnès Sorel et rima en l'honneur de Laure quelques vers :

..... Gentille âme estant tant estimée,

Qui le pourra louer qu'en se taisant,

Car la parole est toujours réprimée,

Quand le sujet surmonte le disant.

A gauche de la rivière un sentier remonte d'abord le long de quelques cafés ou hôtels tous dédiés à Pétrarque ou à Laure avec des inscriptions alliant bizarrement la poésie aux indications commerciales : « Sur l'emplacement de ce café, Pétrarque avait établi son cabinet d'études. — Ici il composa son sonnet 129. » Et le sonnet suit, en gros caractères au-dessus de la tête des buveurs. Mais passé ce Vaucluse des hôteliers, le sentier s'enfonce dans la gorge de la fontaine a travers les éboulis de roches, au-dessus des cascades où la Sorgue tombant de palier en palier, bouillonne et bondit dans une buée d'écume. Voici là-haut, sur le piton de droite criblé de trous, le vieux château fissuré et crevassé, terminant l'escarpement par une muraille dentelée qui se distingue à peine du roc. C'était le château du grand ami de Pétrarque, alors évêque de Cavaillon et plus tard cardinal, Philippe de Cabassole; au-dessous de ce nid féodal au bord de la Sorgue, la reine de toutes les fontaines, où poète avait sa maison et son jardin, où il recevait parfois les visites des nobles dames des cours d'amour d'Avignon, muses aristocratiques des derniers  troubadours. Leurs noms à ces reines du "gay saber" qui vinrent souvent réveiller le poète en sa solitude, sont déjà de la poésie, semble-t-il : Laure de Noves d'abord, qui vivait au château de Sade à Saumane à l'entrée des gorges, Fanette de Gantelme, sa tante, Jeanne des Baux, Huguette de Sabran, Mabille de Villeneuve , Beatrix d'Agoult, Blanchefleur do Ponteves, Isoarde de Roquefeuil, Rixande de Puyvert...

Bien modeste pourtant, a dit Pétrarque lui-même, et bien petit le jardinet, sur les pentes rocailleuses que dominait le château aérien de l'évêque, la petite Thébaïde, où le poète mélancolique, en un accès de découragement, s'était confiné, où, vêtu comme un berger des montagnes, il lisait son bréviaire en écoutant bruire la cascade et sonner les rimes dans sa tête. Tous ces ouvrages, a-t-il dit, ont été écrits, commencés ou conçus ici, et c'est d'ici qu'il partit pour s'en aller recevoir la couronne de laurier dans un triomphe solennel à Rome.

En face du château ruiné, des pitons moins hauts s'élèvent parmi les roches aux formes bizarres que domine un grand mur à pic, une falaise de plus de deux cents mètres, au pied de laquelle, dans une anfractuosité bleuâtre et mystérieuse, on devine la source d'où jaillit, bondit et tourbillonne sur le tortueux escalier semé de roches toute cette eau merveilleuse. Le débit de cette fontaine de Vaucluse est fort irrégulier; après les sécheresses la fontaine elle-même est tarie et l'eau s'écoule au plus bas des petites sorgues perdues sous les roches. En ce moment, la source est généreuse, le bassin à niveau très variable déborde et verse sur les rochers une abondante rivière dégringolant torrentueusement vers la plaine. C'est que sont remplis aux entrailles de la montagne les réservoirs inconnus qui l'alimentent, qui reçoivent toute l'année l'eau des plateaux troués d'avens, gouffres-entonnoirs insondables buvant l'eau des torrents et des ruisselets des combes.


Source avec falaise

Voici la source sous la paroi inclinée de la haute falaise grise, Source de Fontaines de Vaucluseune nappe tranquille d'un vert assombri par l'encaissement des rochers, mais claire et limpide où la lumière frappe et Fontaines de Vaucluse cascadequi se précipite tout de suite en blanche cataracte par-dessus la bordure de gros blocs couverts de mousses de velours, à travers les longues herbes flottant sur l'onde folle flans les remous d'écume, connue des paquets de chevelures vertes.

Si le paysage à l'entrée des gorges est superbe, le tableau, quand on se retourne en quittant l'antre mystérieux, semble encore d'une splendeur plus grande. C'est bien le Val fermé, ce grand cirque de montagnes sèches, étrangement découpé en pentes raides et en falaises soutenues de rochers-contreforts détachés des parois, ces croupes rocailleuses, percées tout en haut de trous et de grottes, ces immenses gradins de pierres fauves et grises dressés au-dessus du val plein de verdures, semblable à un petit paradis isolé, soustrait aux regards de tous, où la Sorgue écumante qui serpente parmi arbres et rocs, s'enfuyant avec une vitesse vertigineuse, s'en va se perdre tout de suite dans un repli du défilé.

Texte adapté à partir d'un livre vu sur Gallica.com sur la Provence par A. Robida.

Photos appartenant au site.


Posté le 22-02-2009 18:54 par Jimre

Prise de Cabrières d'Avignon


Voici l’inscription marquée sur le monument situé près du château de Cabrières d’Avignon :

Dessin ancien


« En ce lieu de Cabrières du Comtat, les 19 et 30 Avril 1545, les troupes du Roi et les mercenaires du Pape dirigés par Maynier d’Oppède s’unirent pour exécuter les populations vaudoises du Luberon retranchées dans ce château sous la conduite  d’Eustache de MARRON.»

 

Selon le livre « Cavaillon, pages d’Histoire » de Guy Jau, différentes versions de la prise de Cabrières d’Avignon et du massacre des  Vaudois du Luberon existent. Les voici présentées :

 

L'évêque de Cavaillon, plein du vaniteux espoir de confondre ces paysans illettrés, se rendit à Mérindol, accompagné d'un docteur en théologie. Il réclama des habitants une abjuration générale, mais comme les Mérindolais désiraient savoir ce qu'ils devaient abjurer, ils demandèrent qu'on leur montrât, par les Saintes Ecritures, les points sur lesquels ils étaient dans l'erreur. L'évêque se trouva fort embarrassé, car l'Evangile était, pour lui, un livre à peine connu. De son côté, le docteur, qui ne s'attendait pas à discuter sur le terrain de la Bible demanda un délai de quelques jours, et s'étant convaincu, après ce temps-là, de la conformité de la doctrine vaudoise avec les enseignements de la Bible, il confessa hautement « qu'il n'avait pas tant appris des Saintes Ecritures tout le temps de sa vie qu'il n'avait fait en huit jours ».

L'évêque de Cavaillon, rentré dans son palais, s'apercevant qu'il n'avait aucun espoir de succès à fonder sur les arguments de son docteur, tenta sans lui une nouvelle démarche auprès des habitants de Mérindol.

Il se rendit une deuxième fois au milieu d'eux et, ayant réuni les enfants du village, il les pria de lui réciter en latin « Notre Père » et « Je crois en Dieu ». Les enfants : « Nous savons bien le Pater et le Credo en latin, mais nous ne saurions l'expliquer que dans notre langue ». L'évêque : « Vous n'avez pas besoin d'être tant savants, car il y a beaucoup d'évêques et de curés, voire de docteurs en théologie qui seraient bien empêchés d'exposer le Pater et le Credo ». André Meynard, bailli de Mérindol : « A quoi servirait-il, Monsieur, de savoir réciter de bouche le Credo et le Pater si on n'entendait point ce qu'ils signifient ? Que si on ne les entend point, on ment et on se moque de Dieu en les récitant » L'évêque : « Entendez-vous bien ce que signifie je crois en Dieu ? » Meynard : « Je m'estimerais bien misérable si je ne l'entendais point. Le moindre enfant de ceux que vous voyez ici, devant vous, l'entend bien et je n'aurais pas honte de déclarer ma foi et ma croyance selon qu'il a plu à Dieu m'en donner l'intelligence ». L'évêque : « Je n'eusse point pensé qu'il y eut de si grands clercs à Mérindol ». Meynard : « Le moindre des habitants de Mérindol pourra vous rendre raison de sa foi encore plus nettement que moi, mais Monsieur, je vous prie d'interroger ces enfants ou l'un d'eux, afin que vous sachiez s'ils sont bien ou mal instruits ».

L'évêque aussi embarrassé de questionner que de répondre, s'y étant refusé, le syndic de Mérindol Perron Rey, avec sa permission, dit aux enfants de se poser mutuellement des questions. « L'un commença » dit Crespin « à interroger les autres de si bonne grâce qu'on eut proprement dit que c'était un inquisiteur de la foi et les enfants, l'un après l'autre, répondirent tant bien à propos que c'était merveille de les ouïr. Or cela se fit en présence de plusieurs gens et même de quatre religieux, lesquels, tout fraîchement, venaient de l'Université de Paris ». L'un d'eux dit à l'évêque : « II faut que je confesse ici que j'ai été souvent à la Sorbonne, à Paris, oyant les disputes qui se faisaient en théologie, mais je n'ai tant appris de bien que j'ai fait en oyant ces petits enfants ». A quoi un Vaudois, qui était présent, Guillaume Armand, répondit : « Vous avez bien lu ce qui est écrit en saint Matthieu " Père, seigneur du ciel et de la terre, je te rends grâce que tu as caché ces choses aux sages et prudents et les a révélées aux petits " ». L'évêque ne sachant plus à quel expédient recourir pour en venir à ses fins, employa les caresses. Ayant fait retirer les étrangers qui l'avaient accompagné, il reconnut, devant les Vaudois, qu'on les avait calomniés et les supplia, au nom de leur intérêt, de faire, entre ses mains seules, sans notaire, ni témoins, une abjuration générale, qu'ils pourraient toujours nier, si on leur faisait des reproches ou qu'on voulut s'en servir contre eux. Mais, ces hommes au cœur droit et sincère ne consenti­rent pas à se prêter à un mensonge et l'évêque s'en alla aussi mécontent que confus.

Le gouvernement civil essaya alors de réduire par la force ces esprits obstinés. Dans le diocèse, Cabrières, Gordes, Goult, Lacoste, Mérindol, Bonnieux, Oppède, Buoux et Saint-Phalet avaient accueilli les Vaudois. Le pape ordonna aux seigneurs de chasser les hérétiques de leurs terres sous peine de confiscation de leur fief. Les Vaudois eurent recours aux prières et aux supplications, les procédures furent suspendues, à condition qu'ils fassent abjuration dans les deux mois. Peu en profitèrent, et le terme expiré, les juges d'Avignon reprirent leurs opérations ; la révolte s'étendit. Mille huit cents prirent les armes en 1540. Les Vaudois firent des incursions à Apt, Cavaillon, Roussillon et prirent Mérindol, Lacoste et Cabrières dont ils chassèrent les prêtres et les seigneurs. Des mesures furent prises, mais non exécutées car François Ier, en 1541, leur fit de nouveau grâce et leur donna six mois pour rentrer dans le devoir. Six Vaudois comparurent avec André Meynard et présentèrent une profession de foi en douze articles à P. Ghinucci. Après l'avoir examinée avec un conseiller du parlement d'Aix, accompagné de plusieurs docteurs, il la déclara hérétique et tirée de la doctrine de Calvin.

En mars 1542, l'évêque fit une visite à Mérindol et prescrivit que cette paroisse serait pourvue d'un prêtre capable d'instruire le peuple par ses discours et de l'édifier par ses vertus. Il ordonna d'agrandir l'église et destina à cette réparation la troisième partie des revenus du prieuré de Mérindol, pendant un certain nombre d'années.

Il s'y rendit de nouveau, le 2 avril, sur demande du Parlement d'Aix, accompagné du conseiller George Durand et d'un prédicateur de l'Ordre des frères Prêcheurs, pour faire publier les lettres de grâce et recevoir des abjurations. A la fin de la messe, le prédicateur monta en chaire pour exposer aux habitants leurs erreurs et leur en faire voir la fausseté. Ce discours achevé, on publia de nouveau les lettres de grâce pour voir, en particulier, ceux qui voudraient en profiter. Cette publication n'eut pas plus tôt été faite, que Louis Paschal se leva avec un ton de voix hautain qu'il avait charge de tous ceux de Mérindol qu'on accusait d'être hérétiques, de faire opposition au commandement qu'on venait de leur faire d'abjurer leurs erreurs, et de demander copie de ces lettres patentes pour y répondre avec conseil. L'évêque et le conseiller n'étant pas les plus forts, au milieu de ces forcenés, se contentèrent d'ordonner à cet insolent d'avertir ceux dont il se disait procureur, qu'ils seraient déchus de leur grâce. Ceux-ci, qui ne cherchaient qu'à éluder les poursuites qu'on faisait contre eux, ne manquèrent pas de se présenter l'après-midi devant l'évêque et le conseiller qui, les ayant exhortés le plus charitablement qu'ils purent de vouloir abjurer leurs erreurs, ils répondirent aussi insolemment que leur procureur avait parlé, qu'ils ne voulaient point d'autre abjuration ni protester d'aucune autre manière de vivre que celle dont ils avaient assuré le Parlement lors de leur dernière requête. On leur répondit que c'était cette même pièce qui faisait voir leur égarement par les erreurs qu'elle contenait. Comme ils s'attendaient bien à cette réponse, ils répartirent sur le champ d'une manière ouvertement moqueuse que, pour ce qui était des erreurs, qu'on prétendait avoir reconnues dans cette pièce, ils n'en étaient pas les auteurs, d'autant, que pour dresser cette requête, ils s'étaient servi du ministère d'un passant qu'ils ne connaissaient pas qui les avait fait parler comme il avait voulu ; qu'ils le désavouaient et que c'était tout ce qu'ils pouvaient faire et répondre pour le présent. L'insolence de ces obstinés n'en demeura pas là, car comme ils ne voyaient pas de plus fortes poursuites que des procédures et des exhortations, s'imaginant qu'on les appréhendait, ils se prirent à invectiver hautement, au sortir de l'assignation contre les deux puissances séculière et ecclésiastique. On traita l'une et l'autre de lâche et de corrompue. On refusa de reconnaître l'évêque pour pasteur en le traitant de suppôt de Rome et le conseiller pour légitime magistrat. Ils se retirèrent donc, et ayant remis leur procédure, le Parlement fut d'avis de la communiquer au roi aussi bien que les professions de foi de ceux de Mérindol. Néanmoins, il convoqua les habitants de Mérindol à l'église, dix-neuf seulement s'y rendirent. A l'élévation, l'un d'eux cria « Au blanc ! Au blanc ! » Les autres rirent et se moquèrent.

AUTRE VERSION : Le 4 avril, l'évêque de Cavaillon prêcha dans l'église de Mérindol, mais dix-neuf Vaudois seulement y assistèrent. Après le sermon, Michelin Meynard et Jean Romane (syndics), André Meynard (bailli), Jean Palenc (ancien de l'église) et Jean Bernard (lieutenant du bailli) furent successivement entendus et demandèrent qu'on leur signalât les erreurs et hérésies dont ils étaient accusés. Mais au lieu de leur répondre, l'évêque parla tout bas à l'oreille du commissaire Durand et, après qu'on leur eut donné lecture des confessions de foi qu'ils avaient adressées au Parlement et au susdit évêque, ils déclarèrent que telles étaient bien leurs doctrines et demandèrent une nouvelle fois qu'on leur montrât en quoi elles étaient contraires à l'Ecriture Sainte. Pour toute réponse, le docteur en théologie prononça un discours en latin : sur quoi, A. Meynard pria le commissaire de faire coucher, sur le procès-verbal, le refus que, tant lui que l'évêque, avait fait de les convaincre d'hérésie. « Ceux qui étaient là venus » dit Crespin « pensant qu'on dût leur montrer leurs erreurs aux-dits de Mérindol, furent ébahis de voir l'évêque et le docteur ainsi vaincus et confus. Par quoi, plusieurs furent émus de demander le double des articles de la confession des habitants de Mérindol estimant que c'était la vraie doctrine de Dieu ». De ce nombre, furent trois docteurs qui étaient venus, à diverses fois, catéchiser les Vaudois et qui se convertirent à l'Evangile dont ils devinrent de zélés ministres dans la Suisse française.

Très mécontent, l'évêque de Cavaillon se mit à la tête de gens armés, le 10 août 1542 et entra dans Cabrières du Comtat où il se saisit de plusieurs Vaudois qu'il fit conduire à Cavaillon et à Avignon après avoir saccagé les biens des habitants, coupé les bourses des femmes, effondré les meubles, percé les maisons pour passer de l'une à l'autre et enlevé le bétail. Eustache Maron se rendit aussitôt à Cabrières pour secourir ses habitants, mais quand il arriva l'évêque était déjà parti avec sa troupe.

En 1545, les troupes catholiques passèrent à l'action : Maynier d'Oppède a, à côté de lui Antoine Escalin des Aimars, baron de la Garde, dit « le capitaine Paulin », homme de mœurs dissolues, dur et de si basse lignée dit de Bèze    «qu'à grand-peine sut-on son père ni sa mère, et encore plus bas de cœur ». Il acheta, quand il fut élevé, la baronnie de la Garde, où il était né. Guillaume Guérin se tint à l'écart le plus qu'il put pendant l'expédition.

Le 16 avril, la tuerie et l'incendie commencèrent. Le 18, d'Oppède fit sa jonction à Lauris avec la Garde et se dirigea sur Mérindol où il ne trouva qu'un jeune garçon, Maurice Blanc « homme fort simple » dit de Bèze, « lequel s'était rendu prisonnier à un soldat avec promesse de 2 écus pour sa rançon. D'Oppède, ne trouvant aucun autre sur lequel il put exécuter sa rage, paya ces 2 écus au soldat, et ayant fait attacher M. Blanc à un arbre, le fit tuer à coups d'arquebuse ». Les dernières paroles de ce malheureux sont à rappeler : « Seigneur Dieu, dit-il, les hommes m'ôtent cette vie pleine de misères, mais tu me bailleras celle qui est éternelle, par le moyen de mon Seigneur Jésus-Christ, auquel soit gloire ». Mérindol fut pillé et incendié. Quand Maynier eut accompli son œuvre, il entra dans le Comtat Venaissin où il avait donné rendez-vous à Antonio Trivulcio, le légat du pape, qui avait réuni mille fantassins et trois canons doubles sous le commandement du capitaine de Miolans. Ils se rencontrèrent le 19 avril, sous les murs de Cabrières qui fut canonnée les 20 et 21 avril jusqu'à 7 h du matin. Soixante paysans commandés par Maron défendaient la place, aidés de trente femmes qui les servaient. Ils avaient pratiqué des meurtrières dans les murailles et tiraient sur l'armée, mais sans lui faire grand mal. Les autres habitants s'étaient réfugiés dans les caves du château et les femmes et les enfants dans l'église. Une brèche suffisante ayant été faite aux remparts, le seigneur du lieu, qui suivait l'armée, parlementa avec ses vassaux qui répondirent qu'ils étaient prêts à ouvrir leurs portes, pourvu qu'on leur permît de se retirer sains et saufs en Allemagne ou bien qu'on leur donnât des juges. Ils consentaient du reste à ne rien emporter de ce qui pouvait leur appartenir. Le dit seigneur d'Oppède, l'évêque de Cavaillon et la Garde acceptèrent la seconde proposition et leur assurèrent qu'on examinerait leur cause en justice et qu'on n'exercerait sur eux aucune violence. Là-dessus, Maron, ses compagnons et les femmes qui les servaient sortirent sans méfiance et sans armes ; mais, quand ils furent à une certaine distance de la place, d'Oppède, ses deux gendres et d'autres gens de sa suite se précipitèrent sur eux et en prirent dix-huit qu'ils menèrent dans un pré voisin où ils les massacrèrent sans pitié. Le premier coup fut porté par de Fourrières. On conduisit leurs compagnons à Avignon, à Aix ou aux galères de Marseille. Maron, dirigé sur la première de ces villes y fut brûlé vif avec le pasteur Guillaume Serre et plusieurs de ses compatriotes. Quant aux femmes, on les enferma, sur l'ordre d'Oppède, dans un grenier à foin où l'on mit le feu. Quelques-unes d'elles voulurent s'échapper par les fenêtres, elles furent reçues sur des pertuisanes, mises à mort et leurs têtes portées en triomphe. Les soldats comtadins entrèrent dans la place pour la piller et mirent à mort tous les hommes qu'ils rencontrèrent, suivant le jugement rendu à Avignon, portant que tous les habitants de Cabrières seraient exterminés. Pour ce qui est des femmes, filles et enfants qui s'étaient réfugiés dans l'église, leur sort fut épouvantable. Plusieurs personnes du sexe furent déshonorées dans l'église même ; d'autres, qui étaient enceintes, éventrées, d'autres précipitées du haut du clocher toutes massacrées, au nombre de quatre à cinq cents à l'exception de quelques jeunes filles et de quelques enfants que l'on vendit à l'Isle. Cette affreuse tuerie fut ordonnée par d'Oppède. Le capitaine Jean de Gayé, qui reçut la mission de l'accomplir avait hasardé quelques observations, mais il fut menacé, par le président d'être traité comme rebelle du roi s'il refusait d'obéir. Huit à neuf cents habitants périrent à Cabrières. On vendit les survivants aux particuliers et les plus robustes aux capitaines des galères. Le village fut démantelé, rasé et l'on éleva sur les ruines une colonne où l'on inscrivit :

« L'an et jour que Cabrières fut prise et ruinée par Jean Maynier, seigneur d'Oppède et premier président du Parlement de Provence ».

AUTRE VERSION : Croyant trouver plus de compréhension à Cabrières, l'évêque s'y rendit le 10 août 1542, mais suivi d'une bonne escorte. Il fut si mal accueilli, qu'il fit arrêter les plus séditieux et les envoya à Avignon. Pour se venger, les Vaudois demandèrent renfort aux Provençaux d'Eustache Maron et chargèrent Rolland de Ménerbes et maître François, curé apostat de Mérindol, de porter secours où le besoin s'en ferait sentir. Maron, maître de Cabrières, fit de nombreuses sorties, s'empara des grands chemins, intercepta les communications.

Des témoins disent qu'il avait eu l'audace de s'avancer jusqu'aux portes de Cavaillon et de sommer l'évêque de paraître. Une nuit, une bande surprit la ville, força les portes et enleva, des prisons, un nommé Gautier, qui allait être mis à mort pour le meurtre d'un Juif. Le comte de Grignan envoya ses troupes et un juge sur les lieux ; Maron se plaignit de l'évêque et demanda appui contre lui, mais ne se sentant pas de résister dans Cabrières, il retourna à Mérindol après avoir saccagé les abbayes de Sénanque et de Saint-Hilaire. En 1544, le viguier Jean Maynier, baron d'Oppède, réunit les forces nécessaires, dont les cavaliers de François d'Agar, informa le légat Farnèse des intentions du roi, afin que force et obéissance restassent à la justice et au roi, et l'invita à joindre ses milices aux siennes. Ce qui fut fait sous les ordres du vice-légat A. Campeggi. Après avoir ravagé tous les villages de la vallée d'Aygues, ce fut Mérindol qui les reçut le 19 avril 1545 ; le baron de la Garde, surnommé le capitaine Paulin, qui précédait le gros de la troupe de Maynier, le trouva abandonné par les hommes et y fit prisonnier un jeune garçon idiot. Le baron d'Oppède l'interrogea sur ses croyances religieuses et « parce que ce jeune innocent ne lui sceust respondre à son désir, il le déclara hérétique et, sur l'heure, le fit attacher contre un arbre et tirer à l'arquebuse, en disant qu'il faisait la dicte exécution pour exemple à ceulx de Mérindol ».

Les femmes du village s'étaient réfugiées dans l'église avec les enfants, dont plusieurs en bas âge ;

elles furent livrées à des charretiers. « Aux vieilles mettoient des cornets de papier pleins de poudre à canon es parties honteuses devant et derrière et y mettaient le feu. Après ils les menaient sur le haut du rocher qui est près du château, leur faisoient dire leur Pater Noster, puis leur donnaient du pied et les faisoient tomber au bas du rocher, et s'ils les trouvoient en bas encore en vie, ils les achevoient à coups d'épées et de pierres comme chiens enragés ».

Le village fut brûlé. Les hommes s'étaient réfugiés à Cabrières. Quant aux assiégeants : les commissaires français se retirèrent au château d'Oppède, Maynier conduisit une partie des troupes à Cavaillon, tandis que la Garde menait le reste à Cabrières où elles rejoignirent les milices du Comtat. Le lendemain qui était dimanche, on somma les habitants de se rendre, ils refusèrent. La Garde commanda alors à l'artillerie de battre la place ; le combat se prolongea avec des pertes à peu près égales de part et d'autre. Maynier renforça les assiégeants de toutes les troupes de ligne et se retira à Cavaillon dans la soirée avec la cavalerie, devenue inutile. Le canon continua à battre en brèche les murailles tout le reste de la nuit. Le lendemain matin, les habitants se rendirent. Il semble que la place ait été victime d'un subterfuge : on aurait promis au maire qu'il ne serait fait « aucun mal ni déplaisir » si on laissait entrer diverses personnalités, dont le vice-légat, l'évêque et le président d'Oppède. Quelques notables furent faits prisonniers pour être emmenés à Avignon, dont Eustache Maron qui y périt du dernier supplice, tandis que dix-huit hommes furent conduits dans un pré, hors des murailles, les mains liées derrière le dos et rapidement taillés en pièces. Ce fut une véritable « boucherie faite à coups d'épées et d'hallebardes », le premier coup ayant été porté par un des deux gendres de Maynier « qui, d'un coutelas, fendit la teste chauve d'un de ces pauvres hommes liez ». On enferma les femmes dans une grange et on y mit le feu. « Les pauvres femmes crioient si amèrement qu'un soldat, ayant pitié d'elles, leur ouvrit la porte, mais le cruel président les fit tuer et mettre en pièces, jusques à faire ouvrir le ventre des mères et fouler aux pieds les petits enfants estant dedans leurs ventres ». De vieilles femmes furent jetées dans un fenil pour y être brûlées vives, elles s'échappèrent par une fenêtre, mais les soldats les reçurent sur les pointes des pertuisanes et des épées et les massacrèrent ainsi.

Cependant, les hommes qui n'avaient pas été encore capturés ou tués (environ deux cents) s'étaient réfugiés dans une salle basse du château où ils étaient maintenus prisonniers. Le baron d'Oppède déclara « qu'il fallait tuer jusqu'aux chats ». L'ordre fut scrupuleusement exécuté, ce fut un massacre général. Restait encore nombre de femmes et d'enfants entassés dans l'église, y recherchant une suprême protection. Oppède ordonna à l'un de ses lieutenants d'y pénétrer et de ne point faire de quartier. Celui-ci, nommé Jean de Gayé, refusa d'accomplir une mission aussi abjecte ; Oppède lui signifia alors, qu'en cas de refus, il le considérerait coupable de rébellion et de désobéissance au roi. Les soldats forcèrent femmes et filles en ladite église, publique­ment et devant tous. Une femme, après avoir été connue charnellement, fut menée au clocher et puis les soldats la jetèrent du haut en bas ; ils en forcèrent une fort grosse, preste à enfanter, tuèrent et mirent au fil de l'épée ladite multitude de femmes, filles et enfants dedans ladite église, excepté quelques filles que les gendarmes emmenèrent pour en abuser et quelques enfants qu'ils vendirent à deniers comptants, ils vendirent aussi quelques hommes aux capitaines des galères, si bien que tout passa par le glaive ou par le rapt ou par l'enchère et par la servitude tant que là il fut tué environ neuf cents âmes ». La place fut démantelée et les maisons rendues inhabitables. D'Oppède voulut exterminer aussi ceux qui avaient survécu et fit proclamer que, quiconque leur apporterait secours et nourriture serait passible d'arrestation et de confiscations des biens. Aussi, nombre de vieillards, de femmes et d'enfants agonisaient par les champs et les chemins sans que personne n’osât les secourir. Cette ordonnance fut abrogée un peu plus tard.

L'évêque de Cavaillon écrivit au cardinal Farnèse qu'il se réjouissait de l'expédition tandis que celui de Carpentras annonçait au même cardinal « l'heureuse et désuee nouvelle de la prise de Cabrières ».

Le vice-légat A. Campeggi (1542-1544), décerna ses éloges à l'évêque de Cavaillon qui, « dans cette affaire, avait tout fait pour le service de l'Eglise ».

Cinq mois après, en septembre, le roi publia une déclaration graciant tous les hérétiques de Provence (il en restait fort peu). Le Parlement de Paris fut saisi de l'affaire en 1551 et le dossier confié à Jacques Aubery du Maurier (du réquisitoire duquel sont extraites les citations ci-dessus).

Le baron de la Garde, après avoir purgé quelques années de prison fut totalement absous, et réintégré dans ses fonctions, car il n'avait fait qu'obéir.

Soucieux de s'enrichir, ayant obtenu l'érection en baronnie de son fief d'Oppède, Jean Maynier, viguier de Cavaillon et président du Parlement d'Aix, fut fort peu prisé de son temps. J. Aubery, en parlant de lui, dit « Chose indécente à un premier président de cour souveraine du roy d'estre officier subalterne à 4 escus de gage ». Il aurait cherché à s'enrichir criminellement aux dépens de ses sujets : « Qu'ils ne vivent donc plus, ils m'enrichissent morts ». Quant à l'auteur anonyme du « Sac de Cabrières », voici comme il le qualifie :

 

« Cette beste puante et de fait et de nom

Puante si puant avant qu'elle soit morte

Que d'un mill' la sentant, la femme grosse avorte. »

 

D'Oppède fut sauvé par l'intervention du pape Jules III et des jésuites car l'affaire s'était passée sur les terres pontificales. Il remonta sur son siège au bout de quelques années, pour peu de temps, il est vrai, car il mourut, dit-on, empoisonné par son médecin qui était protestant (1558).

Mais comme il fallait une victime, pour réparer tant de crimes, ce fut Guérin, avocat général au Parlement d'Aix, qui fut condamné à faire amende honorable devant le palais de justice de Paris, pour avoir été le mauvais génie de J. Maynier. Il fut pendu et étranglé après quoi il fut décapité et sa tête portée à Aix où elle fut fichée sur un pieu face à sa maison pendant plusieurs jours. 

 

 

Photos:

- Jimre( 2008)

Posté le 08-02-2009 17:22 par Jimre

Châteauneuf du Pape

Vu sur le site http://www.avignon-et-provence.com, que nous vous conseillons d'aller voir, l'histoire de Châteauneuf du Pape et de son vignoble.

" Châteauneuf du Pape a de tout temps constitué une position stratégique dans la vallée du Rhône.

L'histoire écrite commence en l'an 908, lorsque LOUIS L'AVEUGLE, roi de Bourgogne-Provence, donna à REMIGIUS, évêque d'Avignon tout un territoire entre Sorgues et Rhône où Bédarrides et Châteauneuf étaient compris.

FREDERIC II BARBEROUSSE confirmait la donation, mais les termes de "Château neuf" (Castrum novum) ne s'expliquent que par l'existence d'un château plus ancien, celui de l'Hers dont subsistent encore les ruines et qui fait face à Roquemaure, de l'autre côté du Rhône.

Avant de s'appeler Chateauneuf du Pape, le village porta le nom de Chateauneuf Calcernier en raison de la présence de nombreux fours à chaux.

En 1146 se dresse une tour que l'on qualifie de "vieille" en 1283 et qui avait certainement succédé à un "castrum" romain détruit probablement lors des invasions.
Le vignoble de chateauneuf du Pape ne sort de l'obscurité historique qu'en l'an de grâce 1157. À cette date, FREDERIC II BARBEROUSSE cède le fief impérial comprenant la localité, les vignes et les dépendances à GUFREDUS, évêque d'Avignon.

À la fin du XIIe siècle, les Templiers s'installent à Châteauneuf. Ils y établissent une forteresse en renforçant le château épiscopal, plantent de la vigne dans leur exploitation agricole. Eclate la guerre des Albigeois. Le roi LOUIS VIII et SIMON DE MONTFORT descendent la vallée du Rhône (1226), s'installent à Villeneuve-les-Avignon. En passant le pont Saint-Bénézet, assiègent la ville d'Avignon. La croisade des Albigeois a une importance capitale pour la suite de notre histoire. En effet, en 1229, le traité de Paris enleva le COMTAT-VENAISSIN aux Comtes de Toulouse pour le donner à l'Eglise romaine (voir article sur l'Isle sur la Sorgue). C'est ce qui amena plus tard la Papauté en Avignon et par conséquent à Châteauneuf. 

Au XIIIe siècle, chateauneuf du Pape est un village de 1000 habitants, le vignoble représente alors 300 hectares.
En 1307, PHILIPPE-LE-BEL ordonne l'emprisonnement des Templiers devenus trop riches, et la confiscation de leurs biens. Ceux de Châteauneuf disparaissent comme les autres.
L'ancien évêque d'Avignon, JACQUES D'EUZE est élu Pape en 1316. Devenu Jean XXII, il prend personnellement en main l'évéché d'Avignon. Châteauneuf relève directement de lui. Il en envisage la reconstruction totale et dès 1317 les premiers travaux sont entrepris. Ils sont achevés en 1333. On y plante vigne et oliviers. D'après les archives de la Chambre Apostolique, en 1334, le total des pieds de vigne à chateauneuf du Pape est estimé à plus de 3 millions, ce qui paraît représenter 600 à 800 hectares de vigne. 

Les successeurs de JEAN XXII ne semblent pas s'intéresser outre mesure au château et à la propriété Papale, sauf peut-être CLEMENT VI. Puis vinrent les guerres de religion, après le passage des dévastateurs, il ne resta plus que le donjon et un grand pan de mur.

A partir de 1500, le vin de Châteauneuf a acquis une certaine notoriété comme l'attestent de nombreux actes de vente à des Orangeois ou à des Avignonnais.

En 1562, Perrinet Parpaille tenta de prendre Chateauneuf par surprise, mais les soldats de l'Archevêque d'Avignon le repoussèrent "vigoureusement". Abandonné par ses habitants après le massacre de Mornas, le bourg fut pris par les calvinistes qui le pillèrent. Abandonné de nouveau après la bataille de Valréas, il tomba au pouvoir du baron des Adrets qui incendia une partie du château.

Dès 1578 des travaux de réfection sont opérés sur le Château de chateauneuf du Pape. Le bâtiment fut loué à un baron Irlandais en 1728. En 1793, les vignerons obtiennent de vendre leur production un tiers de plus que le prix maximum départemental car le "vin de Châteauneuf est reconnu d'une qualité supérieure dans toutes les saisons".

Vers 1800, 668 hectares, dont 425 hectares de vignes en petites parcelles de 1400 m2 en moyenne produisent 11000 hectolitres en "année commune". Le vin est l'objet d'un commerce important et les habitants continuent de planter de nouvelles parcelles.
En 1829, près de 2000 hectolitres de chateauneuf du Pape sont vendus hors du département.

Durant l'occupation allemande, la tour de chateauneuf du Pape, transformée, sert de poste d'observation et de dépôt d'armes. Puis c'est le débarquement, la retraite des forces hitlériennes qui, le 20 août 1944, font sauter les réserves de munitions.

La plus grande partie de l'édifice s'effondre, seule la face Est est épargnée ainsi que les salles basses.
Fort heureusement, la fureur des hommes n'a pas su réduire le "Château-neuf" et le promeneur du XXI ème siècle a une vision presque identique à celle qu'avait JEAN XXII lorsqu'il arrivait à la cité Papale pour aller en son lieu de repos préféré."

Posté le 24-11-2008 22:10 par Jimre

L'Hers

Entre Roquemaure(30) et Chateauneuf du Pape(84), une plateforme rocheuse se dresse sur le Rhône qui porte le château de l'Hers (84). Il s’agit cette fois d’un espace très restreint, ne dépassant pas 25 mètres de coté. Une forteresse percevant péage sur le Rhône qui en baignait le pied, y est citée dès 913 dans une charte de Louis l'Aveugle, sous le nom de "castellum de Leris". Le château dont on voit les ruines épousait le plan carré de l'assise. Il est commandé par un donjon carré du XIIIe siècle planté à l'angle nord-ouest et à l'angle oppose sud-est, par un autre donjon, celui-ci cylindrique, haut de 2O metres, et daté du XIVe siècle.

La courtine suivant les bords de l’à-pic est percée d’une suite impressionnante d’archères. Ici, bien sur, point de citadelle-refuge mais un repaire tirant sa raison d’être du péage imposé sur un des cheminements les plus frequentés du royaume.

On peut y voir aujourd'hui les restes du mur d’enceinte et un peu plus loin celui d’un ancien péage fortifié. Un viticulteur y a établi sa résidence en 1795, après avoir enlevé les anciennes fortifications.


Photos:

- Jimre(2008)

Posté le 23-11-2008 17:42 par Jimre

Le Beaucet

Dessin ancienLe Beaucet, village perché.

Le nom de Beaucet vient de Baus, en provençal  « la falaise » (comme les Baux de Provence). Le village se construit et se développe sous l'aile protectrice du château dont l'existence est attestée en 1159. Son emplacement stratégique dans les Monts de Vaucluse permet de surveiller les alentours. A proximité, on peut découvrir Saumane, La Roque sur Pernes et Vénasque.

Un ancien château fort

Le château, construit pour être une forteresse des terres du comte de Toulouse, puis de l'Etat pontifical, est encore entouré en grande partie par ses remparts et possède encore quatre tours crénelées. Il fut un fief avec toute justice appartenant aux évêques de Carpentras qui l'achetèrent à la famille des Baux, en 1272. Il est bati sur un roc inaccessible de tous cotés sauf du coté sud où il est était séparé par un large fossé creusé dans le roc du reste de la colline. On peut également observer de ce coté les traces du pont-levis. Le donjon(ou ce qu'il en reste...) est de style roman et l'on peut observer, taillée dans le roc également, une citerne conique de 6 mètres de profondeur.

Il résiste, en 1573, aux attaques des troupes réformées qui dévastent alors la chapelle Saint-Etienne, située hors les murs. Cette dernière n'est reconstruite qu’en 1840, peut-être  après le passage de Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques. Quant au château, il est restauré au XVIIe siècle. En 1690, en raison des trop importants frais d'entretien qu'il nécessite, le cardinal Marcel de Duras cède le château a François de Gualtéri, qui adjoint le nom du village à son patronyme. La bâtisse perd alors sa vocation militaire, même si aucune garnison pontificale n'y était établie depuis 60 ans.

En 1783, le château est détruit par la foudre lors d'un orage. Tout brûle. Ne subsistent que des ruines, quelques pans de murs, des traces du pont-levis et du fossé ainsi qu’un escalier, suspendu sur arc et taillé dans la roche, pour rejoindre le village. Dans l'enceinte du château, la présence de quatre glacières est attestée. Il s'agit de trous creusés dans le sol afin d'accueillir la glace du Ventoux et la conserver, couverte de paille. Cette glace permet, en saison chaude, de conserver certains aliments.

ArmoiriesLes armoiries du Beaucet

Lors de la réfection des remparts, Geoffroy III de Vaisols, évêque de Carpentras de 1347 à 1374, fait porter ses armes aux deux portes de la ville. Elles sont << de gueules à trois besants d'argent — deux en chef un en pointe -au chef d'or » et deviennent alors les armes du village.

Texte repris sur les panneaux explicatifs.

Posté le 16-11-2008 10:53 par Jimre

Mondragon

Au VIe siècle, la principauté de Mondragon passe sous l’emprise d’Arles et du royaume de Bourgogne qui établissent un premier poste fortifié sur la colline pour défendre la vallée et le royaume de Bourgogne des invasions maures. Au XIe siècle, lui succède un château-fort en pierre (castrum) où s’établit le seigneur Dragonet le Vieux dont les possessions dépassent largement le territoire actuel. En cas d’inondations ou d’invasions, la population se réfugie dans l’enceinte du château.
La croisade contre les Albigeois et l’hérésie cathare éclatent et, en 1217, Simon de Montfort détruit le château. Au milieu du XIVe siècle, on active la construction des remparts autour du village afin de se protéger des bandes de pillards. À cette même période, les Montaigu s’installent à Mondragon, en deviennent les coseigneurs et établissent l’hôtel du Plan de Vingtain (la maison de Suze). Toujours sous la souveraineté de l’archevêque d’Arles, Mondragon est rattachée à la couronne de France par François 1er en 1536. En 1562, nouvelle guerre de religion : le comte de Montbrun détruit le château de Mornas et celui de Mondragon qui ne s’en relèvera pas.

Vu sur le site du Dauphiné Libéré, le lien ayant malheureusement disparu.

Posté le 04-10-2008 11:58 par Jimre

Mornas au Moyen-Age

Situé entre Orange et Bollène, Mornas s'érige au dessus-de la vallée du Rhône et contrôle la grande voie de communication entre le bassin Méditerranéen et les régions du centre de l'Europe.

Lorsqu'on regarde de l'autre coté du Rhône à l'ouest, on peut apercevoir Chusclan-Gicon qui lui fait face de l'autre côté du Rhône. A quelques kilomètres plus au nord, on trouve le chateau de Mondragon et à l'est celui d'Uchaux.

Lorsque l'on emprunte l'autoroute A7, on ne peut manquer de remarquer cet édifice, assis sur une falaise vertigineuse, et qui s'élève de nos jours, fièrement réhabilité par "Les Amis de Mornas" depuis la fin des années 70.

Des vestiges datant d'avant l'occupation romaine ont été trouvés. Peu d'informations nous sont parvenues sur la période du Haut moyen Age, et on commence à faire mention de la forteresse à partir du IXème siècle où le site est mentionné sous le nom de Rupea Morenata dans une pièce en vers de l'Evêque Théodulphe, un des "missi" de Charlemagne.

L'abbaye d'Aniane fût propriétaire de Mornas par une donation de Louis le Pieux, fils de Charlemagne.

Après l'époque troublée de la succession de Charlemagne et de l'affaiblissement du pouvoir Carolingien avec l'apparition de la féodalité, Conrad Ier, héritier du Saint Empire Romain Germanique, céda la forteresse de Mornas aux Archevêques d'Arles peu après 911.

Cette forteresse est intimement liée à l'histoire du Comtat Venaissin et à l'opposition entre les Archevêques d'Arles et les Comtes de Toulouse qui y avaient des possessions. Mornas est mentionné dans les biens du Comte de Toulouse pour l'année 983.

Avec la croisade contre les Cathares, les possessions des comtes de Toulouse en Comtat Venaissin sont données à perpétuité au Saint Siège en 1229 par l'entremise de la Maison de France qui en assure de façon transitoire l'administration.

La forteresse n'eut jamais de chatelain mais une garnison pour contrôler les Fiscs près des points de péage et avoir une vocation défensive (Guerres Aligeoises et défense contre les bandes de routiers).

Dès 1360, un capitaine, qui a fonction de viguier, est nommé par le Pape Clément VII, qui inféoda la place pour ses besoins en argent.

La bénéfices de la charge allèrent aux parents proches du Pape. Les revenus étaient recherchés car Mornas devint l'un des principaux points de péage sur le sel en provenance du Dauphiné.

Les périodes de danger obligent les autorités pontificales à constamment remettre en état les forteresses et l'on peut dater, pour Mornas, de la période 1370-1378, la construction des murailles de ceinture.

Les périodes d'accalmie font retomber la forteresse et sa garnison dans l'oubli et c'est avec les guerres de religion qu'elle se rappelle à nous avec l'épisode tristement célèbre des "Sauto Barri"(Saute murailles).

Aux prises avec les Huguenots du Baron des Adrets,commandés par Montbrun, la garnison catholique, mal défendue et mal protégée par des remparts tombant en ruines, essaie de négocier sa reddition, mais manquant à sa parole, Montbrun, le Chef des Huguenots fait assassiner femmes, enfants et vieillards dans la chapelle. Quant à la garnison, elle est précipitée dans le vide du haut des remparts qui surplombent les falaises. Si on peut les admirer aujourd'hui, on peut non sans mal imaginer l'effroi des suppliciés.

Quelques années plus tard, lorsque les Catholiques reprirent la place, les Huguenots présents subirent le même sort.

La fin des guerres de religion, la paix rétablie en France et la centralisation du Pouvoir firent tomber Mornas comme de nombreux chateaux dans l'oubli.


Photos:

-Jimre(1994;2003;2010)

-Y. Robles(2013)

Posté le 23-09-2008 20:44 par Jimre