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Faucigny

Histoire

Le site du château de Faucigny est le berceau de la famille du même nom, l’une des plus anciennes familles nobles de Savoie, qui apparait dans les textes à la fin du XIe siècle et qui a essayé de contrebalancer l’influence de la maison de Savoie dans la région en s’alliant aux Dauphinois.

Le château, mentionné en 1119, connait son âge d’or dans les décennies qui suivent. Délaissé au cours du XIIIe siècle, par les Sires de Faucigny au profit des châteaux de Chatillon sur Cluses, Sallanche et plus tard Bonneville, il conserve néanmoins son rôle militaire et administratif.

Les bâtiments qui le composent nous sont connus grâce aux enquêtes de 1339, précédent l’acquisition de Faucigny par le comte de Savoie, longtemps un adversaire, en 1355.

Ces  enquêtes ont été menées par Humbert II, Dauphin du Viennois, héritier du Faucigny par son arrière-grand-mère Béatrice de Faucigny. Sans descendance et endetté, il cherche à revendre au Pape Benoit XII plusieurs de ces seigneuries dont le Faucigny.

Ces deux enquêtes, menées conjointement  par les représentants du Pape et du Dauphin, visent à dresser un état démographique, économique et militaire du Faucigny en vue de son estimation. Les tractations échouent et le Faucigny passe aux mains du Roi de France Jean II le Bon qui est contraint militairement de le céder, par échanges, au comte de Savoie Amédée VI en 1355.

Le château

La tour porte

Les vestiges de cette tour sont ceux de l’unique porte permettant de franchir l’enceinte, haute d’environ 6m, qui protégeait le château de Faucigny et son bourg. Cette porte était surmontée en 1339 d’une tour haute de 10 toises soit environ 21 mètres. Construite en moellons de molasse soigneusement équarris, elle était fermée par une herse et par un vantail en bois « muni de ses chaînes et de ses pentures en fer ». La porte et l’enceinte ont pu être précédées d’un fossé franchi par un pont-levis

La tour carrée

Les vestiges, traditionnellement appelés « Tour de la reine » possèdent les caractéristiques de la tour carrée citée en 1339. D’un périmètre de 15 toises soit plus de 32 mètres, soit 9x7 mètres de côté, cette tour s’élevait alors à une hauteur de 11 toises soit 23 mètres et abritait quatre étages d’une surface d’environ 15 m2. Ancrée sur ce promontoire, dominant la vallée de l’Arve et visible de loin, elle incarnait la puissance et l’ambition de la famille de Faucigny.

Le Corps de Logis

Le corps de logis, dont la construction est datée au carbone radioactif entre le milieu du XIIe et la fin du XIIe siècle, abritait en 1339 une grande salle d’apparat ou Aula d’environ 140  m2 et haute de plus de 10 mètres. Elle était chauffée par un fourneau. De cette salle, on accédait aux espaces privés du seigneur, formés de chambres avec leurs fourneaux, garde-robes et latrines mais aussi à la boulangerie ou panateria  et à la chapelle seigneuriale dont on ignore l’emplacement.

La Cour

Cette cour, ceinte d’une courtine haute en 1339 de 7 toises soit plus de 14 mètres, était occupé par des bâtiments de service, de stockage ou domestiques. Deux celliers, deux étables, une citerne, un bâtiment regroupant la cuisine, son four et son cellier et un autre abritant deux chambres superposées et le four du château, l’ensemble couvrant en majeure partie la cour sur une surface supérieure à 450 m2. A l’est, elle était dominée par une haute tour circulaire.

La Tour Orientale

Cette tour qui dominait le bourg est idéalement située pour surveiller la rampe d’accès au château. De plan circulaire et haute en 1339 de 11 toises soit 23 m, elle comportait trois niveaux de plancher d’environ 7 m2 chacun. Au niveau inférieur on distingue un espace voûté d’un diamètre de 2.70 mètres, construit en moellons de tuf. Ce cul-de-basse-fosse, accessible par une trémie percée dans la voûte, a pu servir exceptionnellement de dépôt de vivres mais plus vraisemblablement de cachot, comme l’attestent les enquêtes du milieu du XVIe siècle.  


La conservation et les travaux de restauration

Les ruines et leurs abords ont été protégés par l’Etat au titre des sites en 1942. Majestueux et visible de loin, le château constitue de nouveau, grâce à des investissements importants, un point fort du patrimoine médiéval du département.

Les travaux d’aménagement et de restauration ont été menés sous la maîtrise d’ouvrage de la communauté de Communes des Quatre rivières et la mairie de Faucigny de 2007 à 2009. Les maçonneries du château ont été consolidées et assainies mais non remontées selon le principe de laisser visible les parties consolidées en ménageant un retrait par rapport aux parements d’origine encore conservés.

Les aires découvertes ont été traitées par la pose d’un granulat extrait du mont Salève alors que les espaces bâtis sont signalés par la mise en plce d’un platelage en mélèze.


Sources:

- Panneaux situés sur le site


Photos:

-Jimre(2015)

Posté le 29-11-2015 19:44 par Jimre

Bellecombe

Située sur la Commune de Reignier, la tour de Bellecombe est  fondée sur un promontoire rocheux, dominant la route départementale et l’actuel pont de l’Arve. Elle représente le reste le plus visible de l'ancien château édifié le long de l'Arve, comme de nombreux autres châteaux.

Le château a été la propriété des Sires de Faucigny puis de Thoire jusqu’à la Révolution. Durant la période féodale, Bellecombe était une place forte majeure et un lieu de péage.

Du troisième étage de la tour, l’on pouvait voir Genève permettant ainsi de prévoir les dangers d’une attaque. La tour ne comportait pas de porte, seule une échelle de corde à l’extérieur permettait d’accéder à l’intérieur. Il fallait auparavant escalader le rocher à découvert. La configuration des lieux rendait la petite forteresse imprenable. Les murs d’enceinte n’offrant aucun angle mort en font une remarquable construction tirée de l’expérience des guerres de croisade.

De construction romane à la base, datant du XIIe ou début du XIIIe, elle a sans doute été remaniée au cours de siècles, comme en témoignent  les maçonneries.

En 1591, lors des guerres qui précédèrent l’Escalade de Genève, les genevois, aidés des troupes françaises d’Henri IV, assiégèrent et brûlèrent plusieurs châteaux dont celui de Bellecombe, annonçant la défaite des Sires de Faucigny et de la maison de Savoie.

La Révolution acheva la dégradation de cet édifice qui ne fut ensuite jamais restauré.

La Communauté des Communes « Arve et Salève », devenue propriétaire, a fait entreprendre dès 1997 des travaux de confortement, afin de préserver ce patrimoine et d’assurer la sécurité publique des lieux.


Sources:
- Panneau situé au pied de la tour


Photos:
- Jimre(2015)

Posté le 29-11-2015 16:20 par Jimre

Chaumont

Histoire

Déjà du temps des Celtes et des Romains, la valeur du site est attestée par les deux grands axes de communication, d’est en ouest reliant Genève à Lyon et du nord au sud allant de Bourgogne au Piémont. De l’an mil à la fin du XVIIIe siècle, Chaumont essayera de tirer parti de sa position stratégique.

C’est en 1124 que les comtes de Genève édifient le château fort de Chaumont. Cette protection attire une population importante. Rapidement, foires et marchés se développent sous la protection des nouveaux seigneurs, avec notamment un important commerce de grain. 

Après le rachat du comté de Genève en 1401, le château passe dans la famille de Savoie qui continue de l’entretenir, bien qu’il ne soit plus sur les frontières du comté.

Sous le règne de François Ier (1515-1547), la Savoie est rattachée à la France et Chaumont prospère. Mais en 1601, la construction sur la rive droite du Rhône d’une nouvelle route commerçante, reliant Genève à Bellegarde, marque le début du déclin de Chaumont.

C’est à cette époque que le Duc Henri Ier de Genevois-Nemours, neveu du Duc de Savoie, tente de s’emparer du duché de Savoie en rassemblant ses troupes à Chaumont. Le complot échoue et le Duc de Savoie donne l’ordre le 25 Septembre 1616 au commissaire Député Dioniso Berti, de démanteler le château.

Enfin, en 1760, lorsque la France s’approprie  la vallée de la Valserine(Ain), les foires à grain cessent définitivement à Chaumont, anéantissant ainsi toute son économie et son importance.

Le château

Ce château féodal bâti en petit appareil est caractéristique des XIIe et XIIIe siècles. Cet édifice a du être remanié au gré des besoins défensifs jusqu’au XVIIe siècle.

L’enceinte du plain château est encore repérable sur le site et quelques pans de tour maîtresse (donjon) subsistent dans la partie nord.

Les particularités du site, escarpement et orientation, sont parfaitement exploitées par le dispositif défensif.

Les ruines dominent en effet le bourg de Chaumont et couronnent le promontoire rocheux de la partie méridionanle de la Vuache. Dans le prolongement se trouve le rocher Bataillard, surplombant l’ancienne voie romaine, avec en contrebas le défilé de Malpas séparant le Vuache du mont de Musièges.

Le bourg, blotti au pied du château était entouré d’une muraille et de palissades de bois avec deux ou trois portes gardées qui garantissaient une bonne sécurité aux villageois.


Sources:

- Panneaux situés dans le village


Photos:

-Jimre (2015)


Posté le 29-11-2015 09:25 par Jimre

Faverges

Mentionné en 1112 comme étant le fief de la famille de Faverges, le château, dominant un carrefour routier important, est acquis en 1317 par le comte Amédée V de Savoie. Vendu en 1506 par le duc de Savoie, le château est reconstruit en 1644, à l’exception du donjon circulaire, par le marquis de Faverges. Usine de soierie de 1810 à 1914, puis tour à tour hôpital militaire, « château-ouvrier » et colonie de vacances, le château est aujourd’hui un centre touristique et de vacances suite à son acquisition en 1980 par la commune. Le donjon, protégé au titre des Monuments Historiques en 1991, a été doté en 2008 d’un magnifique hourd en bois, galerie en surplomb permettant la défense au pied de la tour.


Sources:

- Plaquette "Monuments chemin faisant...à la découverte de châteaux de la Haute-Savoie"


Photos:

-Jimre (2012)

Posté le 25-08-2013 09:27 par Jimre

Avully


Article trouvé sur le site du château avec une mine d'informations sur la région et, fait remarquable, des livrets édités pour différents publics, dont le livret de visite pour les particuliers, sont à la disposition des internautes. Dans ce livret, il y a une superbe description du château que je joins ici. Un grand Bravo à ce site car on aimerait voir ça plus souvent!!!

Ne manquez pas d'aller y surfer...8;-))

"CHÂTEAU D’AVULLY (Brenthonne) Histoire d’un château en Chablais

Au centre du village de Brenthonne, une route nous conduit au vieux Château d’Avully, tout enfoui dans les arbres. Situé au bas des pentes des Monts des Voirons, cet antique manoir est bâti sur les restes d’une villa « gallo-romaine » du Ier siècle, comme l’attestent de nombreux tessons retrouvés dans le sol lors de sa restauration.

La famille d’Avully est mentionnée dès 1172. Elle dépendait alors des Sires de Faucigny et, dans les actes les plus anciens, elle est désignée sous le nom « Avullier », « De Vullie », « De Wullie » ou encore « Davyllie » qui signifie « le rucher ».

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, le Chablais avait son territoire partagé entre quelques familles féodales. Le Prince évêque de Genève exerçait son épiscopat sur toute la rive gauche du Lac Léman. Son autorité administrative s’étendait de Genève au Bouveret et son diocèse était partagé en 8 décanats, dont celui des Allinges où se trouvait naturellement le château des Allinges, mais aussi ceux d’Avully, de la Rochette, Buffavent et Coudrée. Le Chablais était aussi placé sous l’autorité de nombreux seigneurs : les comtes de Genève, les Sires de Faucigny et les Comtes de Savoie.

En 1257, on cite Namtelme, fils du Chevalier Guichard d’Avully, famille vassale du Seigneur de Langin dont la maison forte se situe au pied des Voirons , au sommet de la colline dont il reste une tour restaurée et quelques remparts. C’est en 1335 que le Comte de Savoie ordonne au Seigneur d’Avully de fortifier sa maison, qui, construite en plaine, est mal défendable. En 1362-63, le Seigneur d’Avully participe à la croisade savoyarde. Ne lit-on pas que Jean d’Avully prendra part à l’expédition du Comte Vert de Savoie, en direction de Gallipoli, verrou des Dardanelles, pour défendre son cousin l’Empereur de Byzance.

Au début du XVe siècle, Jeanne d’Avully est citée avec son frère Humbert, comme faisant partie des personnages reçus à la Maison de Savoie à Ripaille. Humbert d’Avully était en 1391, homme lige du Comte Rouge, Amédée VII. La vie alors menée par la noblesse de cour, ainsi que ses visées ambitieuses, n’allait pas sans luxe, ni sans nécessiter de grands besoins d’argent.

Avec Humbert d’Avully, la famille de Boëge entre dans l’histoire d’Avully ; il épouse en effet Françoise, fille de Pierre de Boëge et, en 1412, il nomme sa fille héritière universelle. Dans les exécuteurs testamentaires, figurent Pierre de Balleyson, Guigon de Rovorée. La fille de Jean de Rovorée – Avully, Philiberte, épousa Noble Georges d’Antioche, Seigneur d’Yvoire, co-Seigneur de Nernier. C’est elle qui, le 11 mars 1499, vendit le château ainsi que ses terres et dépendances pour 8000 florins à Boniface de St Michel, originaire de Genève. L’acte fut signé au château d’Yvoire dont les Rovorée avaient la seigneurie.

Ce sont les de St Michel qui, en faisant de grands travaux, donneront l’aspect actuel et définitif du château puisque celui-ci ne subit plus de modifications après leur disparition au début du XVIIIe siècle. C’est également la famille de St Michel qui marque le plus l’histoire du château, en raison notamment de la personnalité d’Antoine de St Michel, de ses relations avec les bernois, Genève, Théodore de Bèze, François de Sales, le pape et Marguerite d’Autriche.

Selon Galiffe, historien genevois, les de St Michel étaient une vieille famille genevoise. C’est en 1386 que Michel de St Michel fut reçu Bourgeois de Genève.

On pense qu’ils étaient banquiers et finançaient des expéditions maritimes allant chercher des épices au Moyen-Orient, le sucre à Chypre. Les gains étaient proportionnels aux risques, c’est-à-dire énormes.

De Foras, dans son armorial, écrit que les de St Michel devinrent protestants au début de la réforme, probablement par mariage avec une riche héritière bernoise, de la famille de Watteville. François de St Michel, dit l’Espagnol, fut conseiller de Genève en 1519. Sa femme, Marguerite, était selon une chronique de Bonivard, espagnole ou portuguaise. Elle fut « capitaine » des amazones, toutes filles de nobles familles qui reçurent à Genève, le 4 août 1523, la Princesse Béatrice du Portugal, épouse de Charles III, Duc de Savoie.

Ces amazones se rendirent, selon la chronique de l’époque, au nombre de 300, armées de dards et de boucliers d’argent, au château d’Avully où eurent lieu de grandes fêtes. Le personnage le plus intéressant et marquant fut Antoine de St Michel. Protestant et Président du Consistoire de Thonon, il se convertit au catholicisme après quatre années de discussion avec François de Sales ; il tenta l’impossible pour que cessent les luttes fratricides et que revienne la paix religieuse.

Ce haut personnage original, intelligent, ambitieux et turbulent s’attira les colères des Genevois et sa tête fut mise à prix dès sa conversion connue.

Pour se faire une idée de l’activité d’Antoine de St Michel, devenu «Baron d’Hermance et d’Avully », il convient de relire quelques lignes de l’historien Alain Duffour (Guerres de Genève 1589-1593 – Edition Julien 1958) :

« Genevois et Bernois avaient entrepris ces guerres pour arracher au Duc de Savoie quelques territoires, gage d’une « bonne paix » (...).Antoine de St Michel entre en scène. Il se montre digne de capter la confiance des Bernois et des Genevois. Il était protestant (provisoirement !!) et apparenté par sa mère aux De Watteville, grande famille bernoise. Déjà en 1580, il avait servi d’intermédiaire entre le Duc de Savoie, son maître, et Genève. Le Baron d’Avully propose au Duc de Savoie l’arbitrage des Suisses ; il intrigue à Fribourg, Berne, en mai 1589. A Zurich et à Lucerne, on refuse de le recevoir. Il propose donc au Duc de Savoie de s’entendre avec les Bernois et les Français qui soutiennent Genève contre la Savoie.

On constate que le personnage est bivalent et qu’il ne se gêne pas beaucoup pour placer ses pions dans un camp comme dans l’autre, l’essentiel étant pour lui de vendre sa récolte, son vin et son blé, car il était grand propriétaire terrien. « Quel comédien ! » s’écrie Duffour et « il savait bluffer ». Français, Bernois et Genevois, qui depuis 25 ans pillaient et brûlaient tous les châteaux savoyards, avaient toujours épargné Avully. Dès qu’il fût devenu catholique, leur attitude changea et le château fut attaqué pendant trois jours en mai 1603. Résistant victorieusement aux assauts répétés, les assaillants durent se retirer avec leurs morts et leurs blessés, et d’après le registre genevois, 14 vaches et 40 moutons.

Revenons à la conversion au catholicisme du Baron d’Avully. Cette conversion qui entraînera celle des nobles du Chablais, fut l’œuvre de François de Sales, autre personnalité qui s’employait dès 1594 à ramener le Chablais au catholicisme. Influencé par ses paroles, mais aussi en raison de ses intérêts, Antoine de St Michel adjura le protestantisme à Turin, le 26 août 1596, devant le nonce apostolique.

Théodore de Bèze, calviniste et ami jusque là du Baron d’Avully, devint furieux à l’annonce de sa conversion et lui adressa les plus vifs reproches.

En réponse, le seigneur publia à Lyon en 1602, une lettre intitulée : « Armes offensives et défensives contre les calvinistes ». Antoine de St Michel s’éteignit en 1610. L’échec de l’"Escalade de Genève" repoussa au-delà des Alpes les ambitions et les intérêts de la Maison de Savoie.

Les seigneurs d’Avully n’occupèrent leur demeure que pendant la belle saison, le reste du temps étant passé à la cour de Turin où richesses, honneurs et postes importants leur furent octroyés. Antoine de St Michel saura garder à sa maison son rang de somptueuse résidence, servie et entretenue par de nombreux serviteurs.

Après la famille de St Michel, le château passa en d’autres mains, celles des Scaglia par héritage et des Ferrod de Sarres par rachat. En mars 1756, il fut acheté par François de Sales, seigneur de Brens, dont une des maisons fortes se situe au pied de la colline de Langin.

Il resta dans cette famille jusqu’en 1896, date à laquelle il fut vendu aux Mouchet, de Saxel, gros marchands de bois. Pendant la révolution, le château doit à la municipalité de Brenthonne d’avoir échappé à une destruction totale.

En effet, grâce au peu d’empressement à exécuter les ordres des révolutionnaires, il put conserver ses tours mais son donjon fut décapité et les fossés comblés. Il faut signaler que le Maire Guarin Lacroix, ancêtre du propriétaire actuel, y habitait avec sa famille en tant que fermier. Le comte de Foras, auteur de l’Armorial de Savoie, note qu’en 1860 les archives d’Avully étaient très complètes et magnifiquement tenues.

Malheureusement le fermier de l’époque, sommé de quitter les lieux, les brûla intégralement. De fermiers en fermiers, sans aucun entretien, ruiné et solitaire, malmené par les vandales, visité par les amateurs de vieilles pierres, servant de carrière, il parvint jusqu’à nous à l’état de ruine.

Après 30 années de travaux, le Château d’Avully retrouvera l’aspect qu’ont admiré les gens du temps où Louis de Savoie résidait au Château de Ripaille, où Jean de Vernay, où Guillaume d’Allinges, Baron de Coudrée, séjournaient dans le château fort de la Rochette.

Cette réhabilitation n’aurait pas été possible sans le soutien éclairé de nombreux amis de l’Histoire de Savoie et, en particulier :

- Conseil Général de la Haute-Savoie

 -Henri Baud, Sous Préfet

 -Dr Jacques Miguet - Prof. Tanner, Uni Genève

 -Charles Bonnet, Archéologue Cantonal

-M. Michaud, Architecte des Monuments Historiques

N’oublions pas les Compagnons du Devoir : tailleurs de pierre, maçons, charpentiers, ouvriers spécialisés, etc, qui, tous, dans l’esprit de leurs collègues du Moyen-Âge, eurent à cœur de réaliser de « la belle ouvrage ».

Avully, La Rochette, Buffavent, Langin, les Allinges, Ripaille, Coudrée, Rovorée, Yvoire, le canton de Vaud, Valais, le Piémont nous rappellent que la Savoie au XVe siècle avait un territoire plus grand que la France.

Autrefois résidence privilégiée de quelques familles nobles, il est maintenant à la disposition de nombreux visiteurs, venant admirer les magnifiques jardins, le donjon, la tour en amande, les échauguettes, les douves, etc ..."


Posté le 11-05-2013 16:09 par Jimre

Avully

Le château se situe à 500 m à l'Est du bourg.

Avant 1310, il est fait mention d'une famille d'Avully, vassale de celle de Faucigny. Ils font vers 1323 hommage de leur maison forte aux comtes de Savoie et en 1336 aux Dauphins. A cette occasion, on précise que la place doit être fortifiée et son revenu s'élève à 10 livres.

Par mariage, la maison forte échoit au XVe siècle à la famille de Boëge. Jacquemette de Boëge, fille de Jean de Boëge, en fait reconnaissance et la donne le 23 mai 1441 au duc de Savoie Louis, qui la lui revend le 29 mai de la même année. Elle est vendue en 1499 à un bourgeois de Genève, Boniface de Saint-Michel. La maison forte sera fortement remaniée au XVIe siècle.

Le château est constitué d’une enceinte quadrangulaire large de 26 m et longue de 34 m, entouré de douves, flanquée à l'angle nord d'une tour en amande et au sud d'une tour carrée couronnée de mâchicoulis. Des échauguettes carrées à encorbellements munissent les angles est et ouest.

L’intérieur est agencé autour d'une étroite cour dans laquelle on pénètre par une tour-porte de 5,50 par 10 m dont la base date du XIVe siècle. Le corps de logis comprend, au rez-de-chaussée, la salle des gardes et de la salle des écussons, au premier étage les salles des dames et du Cruet, et au second la salle des messieurs et la salle de chasse.

L’extérieur comprend les jardins et la cour basse.


Sources:

- Wikipedia


Photos:

- Jimre(1999; 2013)

Posté le 11-05-2013 15:51 par Jimre

La Tour de Langin

La tour se dresse à 786 m d'altitude sur un éperon rocheux contre-fort nord-ouest de la montagne des Voirons. Elle est le dernier vestige d'un puissant château qui contrôlait l'accès au Chablais par la dépression qui s'étend entre les Voirons et le Mont de Boisy.

Le château qui dépendait de la châtellenie de Ballaison est mentionné en 1225. À cette époque il est la possession de la famille de Langin, citée depuis 1113 comme vassale des comtes de Genève. Dans une charte du 14 juin 1294, Rodolphe de Langin et son frère Jean reconnaissent tenir en fief d'Amédée II de Genève, comte de Genevois, le château de Langin. Sa position, à la limite des possessions des sires de Faucigny et des comtes de Genève, fera l'objet de contestations répétées en 1179, 1250 et 1282.

Par le mariage de Marie de Langin, qui épouse en 1509 Jean d'Allinges, il passe à cette dernière famille qui le conservera jusqu'en 1840.

Il est détruit en 1591, sur ordre du Conseil du Genevois, lors des conflits entre Genève et la Savoie, et seul a subsisté le donjon.

Le château occupe une large plate-forme ovale isolé par un double fossé d'une vingtaine de mètres de largeur.

Le château de Langin se présentait sous la forme d'une enceinte polygonale longue de 42 m enchemisant un donjon restauré de forme circulaire de 6,90 m de diamètre daté du milieu du XIIIe siècle, vouté à son sommet. Il est un des premiers exemples caractéristiques des tours rondes de Savoie.

Les murs de l'enceinte daté de la fin du XIe siècle sont conservés sur plus de 40 m de long et présentent un appareil en arête-de-poisson (ou Opus piscatum) qu'encadrent des assises en plaques de grès et d'importants fossés étagés sur quatre niveaux qui remonteraient à l'époque préhistorique.

Sources:

- Wikipedia

Photos:

- Jimre(2013)

Posté le 11-05-2013 15:38 par Jimre

La Rochette


Sur la route de Thonon à Annemasse, entre le château d'Avully et les Allinges, on peut voir au lieu-dit La Rochette, sur la butte du Vernay, les ruines restaurées, du château de La Rochette. Niché dans un ecrin de verdure qui masque une partie de sa structure, il a été construit  en imitant les forteresses comtales, et représente un bon exemple de l’architecture militaire du XIIIe siècle. La façade sud, précédée d'une  avant cour, est encadrée par  deux tours rondes. Le donjon, cylindrique  lui aussi, se dresse sur l'éperon rocheux qui s'avance dans l'angle nord-est. Les fenêtres sont munies de bancs de pierre et le crénelage est en grande partie conservé.

Le château est construit peu après 1250 par Gérald de Cervens qui donne alors naissance à la lignée des Cervens du Vernay. Les seigneurs de Cervens, furent entre autre les co-fondateurs de la chartreuse de Vallon. Françoise de Cervens du Vernay, dernière de la lignée, hérite du château de la Rochette qu'elle transmet à son mari Guillaume d'Allinges en 1473, il restera aux mains des d'Allinges jusqu'à l'extinction  de cette famille en 1840.

C'est dans ce manoir, dont les créneaux qui en surmontent encore les restes attestent et l'importance et l'antiquité, que vivait, vers la fin du 15me siècle, Le sire Aymon de la Rochette, le favori du comte, puis duc de Savoie Amédée VIII; c'est là qu'avant d'aller s'enfermer à Ripaille, ce prince, comme témoignage d'amitié, lui fit épouser sa nièce Mathilde, bien que le cœur de cette belle fût déjà donné au seigneur des Allinges, ce qui mit en hostilités constantes ce fier baron et le sire de la Rochette.

En 1590, le château est brûlé par sa propre garnison pour empêcher qu'il ne tombe aux mains des Genevois. Brûlé mais pas démoli, il conservera l'intégralité de ses murailles jusqu'au XIXe siècle, époque où il servira de carrière de pierres.

En 1840, le marquis Alfieri di Sostegno, héritier des marquis d'Allinges-Coucirée, met en vente les ruines de la Rochette qui sont acquises par la famille Dénarié.


Sources:

- haute-savoie.ialpes.com

- chateau-fort-manoir-chateau.eu 


Photos:

Jimre(2013)



Posté le 11-05-2013 15:27 par Jimre

Les Allinges

Dominant Thonon les Bains et le lac Léman, alimenté par le Rhône, la montagne des Allinges offre une vue imprenable sur le Lac et les montagnes environnantes avec notamment la Dent d’Oche, que nous avons gravie personnellement il y a une quinzaine d’année.

L’histoire de la région et en particulier de la Savoie et du Dauphiné ou de la France et de la Suisse, s’est souvent écrite ici aussi, avec  les luttes entre les comtes de Savoie et les Sires de Faucigny, alliés des Dauphinois, les Genevois, les Bernois, ou plus tard les Français, pour des prétextes  de géostratégie comme on dirait aujourd’hui ou des prétextes religieux.

Ainsi, sur cette colline, les aléas de l’Histoire des hommes de la région y ont posé non pas un mais deux châteaux, Château-Neuf et Château-Vieux. Ici, comme souvent ailleurs, la présence des deux châteaux n'est pas dûe à une évolution liée à la nécessité de s'adapter aux différentes époques. Un château n'a pas succédé à l'autre. Les deux châteaux ont été la plupart du temps occupés en même temps.

Ce n’étaient pas que de simples bâties, mais deux puissants châteaux, presque symétriques. Il n’y manquait rien de l’art miliaire, donjon massif, plain château, Mur-bouclier,bourg castral, pont-levis, herses, échauguettes, hourds et mâchicoulis. Cela est un indice de l'intérêt stratégique qu'ils représentaient aux yeux de leurs propriétaires.

Et contrairement à beaucoup d’autres, simples manifestations de la puissance seigneuriale, ceux-ci ont servi pendant des siècles, tour à tour de refuge, havre de paix, ou foyer de guerre. Ici plus que partout ailleurs la proximité des deux châteaux, lorsqu’ils formaient une frontière entre deux factions, a exacerbé les conflits. Il n’est qu’à regarder les grosses pierres sphériques qui ont été installées en ornement sur le site du Château-Neuf et qui sont sans doute des projectiles ayant été catapultés d’un château à l’autre.

Les frontières mouvantes ayant rendus leur importance moindre, les conflits religieux s’étant apaisés, ces forteresses sont devenues des lieux de repos de l’âme avec l’arrivée notamment de François de Sales, né au château de Glières-Thorens dans une famille importante pour la région d’Annecy, prêtre à 26 ans et évêque d’Annecy à 35 ans. Missionnaire plein de zèle, il vient aux châteaux des Allinges et y célèbre la messe pendant six mois, se donnant pour mission d’évangéliser les Chablaisiens : en quatre ans, il convertit 25000 personnes dans une région hostile aux mains des Bernois protestants. Avec  l’aide de Jeanne-Françoise de Chantal, qu’il a vue en vision devenir une des trois premières visitandines, il y fonde l’ordre des sœurs  de la Visitation. Tous les deux seront sanctifiés. 

De nos jours, les travaux de sauvegarde du site, abandonné et livré au pillage, ont été réalisés par L’ASCA, Association pour la Sauvegarde des Châteaux des Allinges, créée en 1972 sous l’impulsion de Mr LANORE, passionné d’histoire et membre de l’Académie Chablaisienne. Plus tard, les travaux ont été réalisés par des travailleurs des Chantiers d’Insertion(Le Lien et Chablais Insertion)

Le site des Châteaux est propriété de la commune depuis 2001.


Les grandes dates du site des Allinges :

- Au Ve siècle, les Burgondes, maitres de la région, édifient le Château-Vieux

- Au Xe siècle, la dynastie des Rodolphiens restaure le Château-Vieux et bâtit le Château-Neuf

- Au XIe siècle, le Château-Neuf est attribué au Comte de Savoie avec le Chablais et le Château-Vieux est donné au Sire de Faucigny qui sont alliés au Dauphinois. 

- Ce partage est à l’origine des guerres entre les deux familles aux XIIIe et XIVe siècles. Une lutte s'engage en effet entre les deux partis de 1268 à 1355.

- En 1355, La Savoie contrôle toute la région et Amédée VI, le « Comte Vert », devient seul maitre des deux châteaux et la région va connaître deux siècles de paix.

- Avec l’avènement de la religion Protestante, les luttes pour des raisons religieuses occupent comme dans toute l’Europe, la région. A partir de ce moment de nombreuses périodes de guerre vont opposer la Savoie contre Berne, Genève et la France. Le Chablais devient Bernois et donc protestant en 1536. Il revient par la suite à la Savoie en 1556. En 1594-1595, les châteaux, occupés par le baron d’Hermance, donnent asile à Saint François de Sales.

- En 1703, le duc Victor-Amédé II de Savoie, en guerre contre la France, fait sauter les châteaux, faute de pouvoir les défendre ou les entretenir.

- En 1832, Monseigneur Rey, évêque d’Annecy, fait remettre en état la chapelle du Château-Neuf, abandonnée depuis 1703. La voûte a résisté sous l’amas de décombres et a permis de conserver jusqu’à nous une magnifique fresque datée d'avant 1050, "le plus ancien vestige de l’art pictural en Savoie"(R. Oursel), classée au titre des Monuments historiques. Il fait de cette chapelle un centre de pèlerinage salésien dont il confie le soin aux Missionnaires de Saint François de Sales.

- De nos jours, après la sauvegarde du site et l’aménagement de chemins de circulation, de nombreux chantiers de fouille sont organisés au niveau du Château-Vieux, afin de mieux comprendre le mode de vie au Moyen-Âge dans le bassin lémanique.

Du Château-Neuf, il ne reste que les remparts dont on franchit à pied les deux portes à mi-pente et la chapelle. 

Arrivé au bout de l'esplanade, on peut prendre le chemin qui descend derrière la chapelle et qui conduit au Château-Vieux à 150 m de là. On se présente alors devant ce qu'il reste du donjon, une muraille de 46 m et 125 m de remparts.

Sources:

- Documents fournis sur les lieux et panneaux situés autour des châteaux.

Photos:

- Jimre(2013)


Posté le 09-05-2013 10:14 par Jimre

Clermont en Genevois

Clermont, en Genevois, commune dans le département de Haute-Savoie et la région Rhône-Alpes, possède deux châteaux. Le premier est un ancien château fort du XIe siècle en ruine et le second, visible sur nos photos, est un château Renaissance du XVIe siècle.
À l'origine possession des seigneurs de Clermont (la famille de Clermont est mentionnée en 1064 comme vassal des comtes de Genève), il passe à l'extinction de la lignée aux Comtes, qui en font le centre d'une châtellenie, puis le siège du bailliage du Genevois. Le château leur sert de résidence aux XIIIe et XIVe siècle et ils y font des travaux.

Le château comtal du Moyen Âge se dressait au sommet d'un crêt molassique le « Molard » à 690 m d'altitude dominant l'ancien bourg de Clermont, fortifié également. Au Moyen-Âge, Clermont était une importante bourgade fortifiée. Le château, à 30 km d'Annecy et 50 de Genève, surveillait la route de Chambéry à Genève et le carrefour des routes vers Seyssel à l'ouest et vers Sallenôves à l'est.
Il ne reste pratiquement plus rien du château médiéval. On distingue encore les débris d'une enceinte et les soubassements d'un donjon cylindrique de 10,40 m de diamètre.

A l'extinction du dernier comte de Genève, Robert, l'antipape Clément VII, le duché échoit à Humbert de Thoire-Villars, neveu du comte de Genève, puis en 1400 à Odon de Thoire, qui vend ses droits à Amédée VIII de Savoie pour 45 000 francs d'or, en 1401. Ainsi Clermont deviendra propriété des comtes de Savoie.
Le père de Gallois de Regard aura la charge de châtelain pour le compte du duc de Savoie (c'est en 1416 que l'empereur Sigismond octroie à Amédée VIII le titre de duc).

Le Château Renaissance de Clermont fut érigé entre 1576 et 1580 à partir des pierres du vieux château sur le flanc sud de la colline là ou s'étendait le plain-château de l'ancienne forteresse médiévale, qui sera démantelée en 1630 lors de l’invasion par les Français.
Le Château de Clermont a été construit par Gallois de Regard (1512-1582), évêque de Bagnorea et originaire de Clermont. Après l’absorption du comté par la Savoie, la famille de Regard accède à la fonction de châtelain. Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert autorise le 2 novembre 1576 l'évêque Gallois de Regard, ce proche des Papes, à faire bâtir sa résidence sur des éléments médiévaux qui composaient la maison de son père, notaire.
Un de ses successeurs, Alexandre Gaspard de Regard, seigneur de Clermont, reçoit royalement le duc Charles-Emmanuel II de Savoie ce qui a donné lieu à de superbes réjouissances.
Réalisés à partir d'un ensemble d'édifices préexistants, les travaux ont néanmoins abouti à la mise en place d'un ensemble monumental cohérent et harmonieux. Le Château est composé de grands bâtiments, avec une cour intérieure entourée d'une triple galerie à arcades, une cuisine d’époque, escalier.
Certains éléments architecturaux, telles que les grandes fenêtres sans meneau ni traverse du corps de logis, les galeries sur la cour intérieure et la façade imposante décorée percée d'une immense fenêtre-balcon, qui servait autant à voir qu’à être vu, témoignent à la fois du raffinement et de la connaissance architecturale de son commanditaire.
L'ensemble du château a été classé Monument Historique le 21 avril 1950 et le château est propriété du département de la Haute-Savoie depuis 1966.
Les décors intérieurs sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 6 juillet 1988.
En 2006, il devient un domaine départemental d'art et de culture. Chaque été une large programmation de spectacles y est présentée.
La visite-guidée du château est enrichie au fur et à mesure des découvertes des archéologues et historiens qui mènent depuis 2009 un grand programme de recherches scientifiques destinée à la mise en valeur du patrimoine.

Sources :
-http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Clermont_%28Haute-Savoie%29
-http://www.savoie-mont-blanc.com/offre/fiche/chateau-de-clermont/74SESOR100025 (-->ce lien n'est plus actif 8:-()
-http://haute-savoie.ialpes.com/musees/chateau-clermont.htm

Posté le 21-02-2013 11:44 par Jimre

La Roche sur Foron

La Roche sur Foron, est une petite ville située entre Annecy et Genève.

Le château visible de loin fait partie des châteaux classés dans les châteaux de site rocheux. En effet, un donjon cylindrique surmonte un étroit rocher, entouré des restes d'une enceinte polygonale.

Posté le 27-01-2013 19:12 par Jimre

ANNECY

Située à égale distance entre Genève et Chambéry, son histoire du Xe au XIXe siècle est fortement marquée par l'histoire de ces deux villes.


Les débuts d’Annecy

Avec l'affaiblissement de l'Empire romain, de nombreux peuples barbares déferlent sur la Gaule. En 259, le vicus subit une importante attaque, est rasé et sa population massacrée. Les survivants se réfugient dans les grottes du mont Veyrier. Restauré, Boutae connaît un nouvel essor au siècle suivant. La période gallo-romaine apparaît quelque 50 ans avant notre ère et voit rapidement émerger un "vicus" d'environ 2 000 âmes désigné du nom de Boutae et dont l'urbanisation dans la plaine des Fins a laissé suffisamment de vestiges pour permettre de connaître avec exactitude l'implantation du forum, de la basilique, des thermes (visibles 36 avenue des Romains) et du théâtre, dernier élément susceptible d'être remis à jour.

La forme triangulaire de cette cité témoigne de la prépondérance des axes de circulation convergeant à ce carrefour ; chaque pointe étant dirigée vers Faverges (Casuaria), Aix-les-Bains (Aquae) et Genève (Geneva).

Annecy  et les invasions

Mais, lors des grandes invasions du début du ve siècle, le vicus est définitivement détruit. Les Burgondes occupent la région qui est annexée par les Francs au vie siècle. L'insécurité grandissante contraint les habitants à abandonner la plaine pour les collines voisines, comme l'atteste le domaine agricole de la villa « Anniciaca » (colline d'Annecy-le-Vieux) au VIIIe siècle, qui devient un domaine royal au siècle suivant.

Nul ne doute que les sarrasins qui étaient établis au Fraxinetum, sur la côte méditerranéenne, ont dû séjourner ou passer par les environs du lac d’Annecy pour mettre en place leurs embuscades.

Après la dispersion de la population de Boutae au VIe siècle, une nouvelle étape est franchie avec l'occupation progressive des rives du Thiou au débouché du lac à, emplacement privilégié comportant un passage incontournable à la grande voie nord-sud pour le franchissement de la rivière à hauteur de l'Ile.

Dès lors s'organise la cité du Moyen Age de part et d'autre des rives du Thiou sous la protection de fortifications qui deviendront le château.  Au départ, il s’agit d’une simple tour adossée à un contrefort du Semnoz, marquant le siège d’une seigneurie. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf sur les rives du Thiou et fait une première mention d'une église Saint-Maurice sous le château. Ce dernier et la bourgade d'Annecy-le-Neuf se développent sous le comte Amédée Ier (de Genève). Elle a alors l'apparence d'un gros village avec de nombreuses étables, mais dispose de précieux atouts :

-          le lac pour la pêche et la navigation, le transport des produits pondéreux (pierres et bois) ;

-          la chaux, la molasse, le sable, les graviers, les pierres de Cran, le tuf de Vieugy, le calcaire, les bancs d'argile et le minerai de fer du Semnoz ;

-          les vastes forêts de Chevêne et du Semnoz pour le bois et le gibier ;

-          la fertile plaine des Fins pour l'agriculture ;

-          les pâquiers (pâturages) autour de la ville ;

-          le canal du Thiou avec sa force motrice permettant d'installer des artifices hydrauliques (moulins, meules, pilons, battoirs, tours, martinets, soufflets, scies mécaniques...) ;

-          une élite de maîtres artisans, de marchands de textile et de fer, d'hommes de loi et d'officiers...

En 1132, une maison forte est édifiée sur l'île au milieu du Thiou. En lutte permanente avec les évêques de Genève, les comtes de Genève finissent, à la fin du XIIe siècle, par se réfugier à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins, puis le château qu'ils agrandissent au XIIIe siècle. La ville devient donc capitale du comté.

Dès le XIIIe siècle, la ville est entourée d'une enceinte fortifiée, faite d'une ceinture de courtines et de tours, utilisant souvent les murs aveugles des maisons (les murenches), appuyée sur le château et sur le canal du Vassé qui sert de fossé sur tout le pourtour au nord du Thiou, percée de poternes et de quatre portes principales : Perrière au sud-est, du Sépulcre à l'ouest, de Boutz ou Bouz (désignant l'ancien vicus gallo-romain de Boutae et non un "bœuf") au nord et du Pâquier (porta pascuorum ou des pâturages) au nord-est, ainsi que de quatre arcs fortifiés avec herses et chaînes de fer sur les canaux, un à chaque extrémité intra-muros du Thiou et du canal Saint-Dominique/Notre-Dame.

Le XIVe siècle est marqué par le long règne du comte Amédée III de Genève de 1320 à 1367, date à laquelle les franchises d'Annecy sont confirmées. La comtesse Mahaut de Boulogne, épouse du comte, donne naissance au dernier des comtes de Genève, Robert, au château d'Annecy. Celui-ci provoque le Grand Schisme d'Occident en devenant le pape Clément VII, en résidence en Avignon. En 1394, Robert de Genève fait ériger l'église Notre-Dame-de-Liesse, nécropole des comtes de Genève, en une collégiale qui, devenant le centre d'un pèlerinage très populaire, confère à Annecy un immense prestige.

Annecy et la maison de Savoie

Cette installation activera l'édification du château promu résidence princière jusqu'à l'extinction de la famille de Genève survenue en 1394 avec la disparition du dernier représentant de cette lignée : Robert de Genève, devenu antipape d'Avignon sous le nom de Clément VII. C'est quelques années plus tard, en 1401, qu'Annecy devient Savoyarde avec l'acquisition du comté de Genève par la maison de Savoie sous l'autorité du plus prestigieux de ses princes : Amédée VIII, premier duc de Savoie.

Le comté de Genève se trouve démembré en un comté de Genève proprement dit (avec la ville et ses environs) et un comté de Genevois avec Annecy pour capitale

L'ancienne capitale du Genevois  va traverser une période de désolation causée par une succession d'effroyables incendies détruisant la plus grande partie de la ville en 1412 puis en 1448. Le comte Amédée VIII aide la ville d'Annecy à se reconstruire après le terrible incendie du 3 février 1412 qui la détruit entièrement et au cours duquel même le château est touché.

Il complète encore cette marque d'attachement en érigeant l'apanage du Genevois en faveur de son fils Philippe (1444). Ainsi Annecy se relève de ses cendres et reprend son rôle de capitale d'une contrée couvrant le Genevois, le Faucigny et le Beaufortin.

En 1422, le cardinal de Brogny, originaire du comté, fait édifier la grande église Saint-Dominique qui deviendra l'église Saint-Maurice. Pour rallier les habitants, qui ne voient pas d'un bon œil leur rattachement à la maison de Savoie, Amédée VIII (fait duc en 1416) crée en 1434 l'apanage de Genevois et Faucigny qu'il confie à son fils cadet, Philippe de Savoie. Cet apanage disparaît à la mort sans postérité de ce dernier en 1444, mais il est reconstitué de 1460 à 1491 au profit de Janus de Savoie, fils de Louis Ier de Savoie, qui fait d'Annecy sa résidence officielle alors qu'il est comte de Genevois, baron de Faucigny, seigneur de Beaufort-Ugine-Faverges-Gourdans. Un deuxième incendie ravage la ville le 13 mai 1448, causant des dommages importants aux maisons et aux deux églises. De nouveau capitale d'apanage, Annecy bénéficie de la sage administration de Janus de Savoie et des fastes de sa cour. C'est à ce moment-là que sont établis les principaux organes du gouvernement du comté : conseil comtal, chambre des comptes, procureur fiscal, juge mage.

À la mort de Janus, Annecy est de nouveau rattaché à la Savoie de 1491 à 1514. En 1514, Charles III de Savoie inféode le Genevois et les baronnies de Faucigny et de Beaufort à son frère Philippe. Annecy est alors de nouveau le centre d'un apanage allant du Genevois à Ugine.

Cette brillante dynastie de princes apanagés noue des liens matrimoniaux avec la famille royale de France et reçoit de François Ier le duché de Nemours (près de Fontainebleau), conférant à nos nouveaux princes le titre de duc de Genevois-Nemours.

Philippe (duc de Nemours en France en 1528) est le premier prince de la dynastie des Genevois-Nemours qui se prolonge jusqu'en 1659 (à la mort d'Henri II, dernier duc de Genevois-Nemours, le 14 janvier). En fait, c'est Jacques de Savoie-Nemours qui devient le premier duc de Genevois, le comté ayant été érigé en duché en 1564 par Emmanuel-Philibert qui entend s'attacher et surveiller ce prince trop français à son gré qu'est Jacques de Nemours, fleur de toute la chevalerie selon Brantôme. L'administration du bourg d'Annecy est alors de la responsabilité d'un conseil général, assemblée des bourgeois de la ville, qui élisent quatre, puis deux syndics pour trois ans. À partir de 1491, un conseil étroit dit des Douze, comprenant les syndics et des conseillers, prend en charge les affaires de la ville.

La ville est parcourue par des artères appelées charrières ou ruales, souvent bordées par des arcades, dont la disposition est d'une grande simplicité : deux axes est-ouest parallèles au Thiou et un axe nord-sud perpendiculaire. La première voie, la plus importante, appelée magna carreria ou « grande charrière », relie la porte Perrière à la porte du Sépulcre en longeant le rocher. La deuxième voie, parallèle, sur la rive droite du Thiou, est dénommée charrière de la Halle (rue Grenette), prolongée par la ruale du Four (rue J.-J. Rousseau). La troisième voie, perpendiculaire, part du pont de l'Isle et, par les charrières Filaterie et Notre-Dame, rejoint les portes de Boutz et du Pâquier. Le quadrillage interne se trouve complété par des quais, des places, des rues transversales, des allées et de nombreux passages couverts. Un canal intérieur, issu du Thiou près de l'église Saint-Dominique, traverse la cité et va se jeter dans le Vassé après la collégiale Notre-Dame-de-Liesse.

De nombreux artifices sont installés le long du Thiou pour moudre les céréales, mais aussi et surtout pour le travail du chanvre, du cuir et notamment du fer qui confère à Annecy une solide réputation de centre métallurgique spécialisé dans la fabrication des couteaux, des armes blanches et des armures. Les armes et les couteaux d'Annecy sont commercialisés dans tout le duché et même dans les États voisins. Annecy s'inscrit dans le vaste circuit d'échanges européens, profite des retombées de la prospérité de Genève et bénéficie de sa propre foire annuelle à la Saint-André.

Annecy siège épiscopal et « Rome des Alpes »

Portrait de saint François de Sales.

Cette période a marqué durablement l'histoire d'Annecy, qui deviendra siège épiscopal avec le départ précipité de l'évêque de Genève qui préféra quitter sa ville à la veille de la Réforme protestante menée par Calvin(1535), suivi de plusieurs communautés religieuses venues renforcer encore le caractère religieux d'Annecy que des historiens appelleront "la Rome de la Savoie".

C’est ainsi, qu’à partir de 1536, les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre s'installent à Annecy ainsi que des ordres religieux catholiques comme les clarisses.

De cette époque, Annecy conserve de beaux monuments venus enrichir son patrimoine : le Logis Nemours au château, la cathédrale Saint-Pierre, la Maison Lambert, le clocher de l'église Notre-Dame-de-Liesse. Si l'on ajoute à cela le glorieux épiscopat de François de Sales, l'ouverture du Collège chappuisien, la création de l'Académie florimontane, on peut parler sans crainte d'un âge d'or pour notre ville.

À partir de 1560, la Savoie du Nord et Annecy, placés en un point stratégique sur la ligne de partage des confessions, deviennent une citadelle avancée de la Contre-Réforme. Si le premier évêque de Genève à résider de façon permanente à Annecy est Ange Giustiniani (1568-1578), les débuts de la Réforme catholique datent effectivement de son successeur, Claude de Granier (1578-1602).

A la fin du XVIe siècle, Charles Emmanuel  Ier, duc de Savoie et Henri IV, alors roi de France entrent en conflit. Les calvinistes en profitent pour faire main basse sur des biens régionaux. Cette guerre se termine à la fin des années 1590 et débouche sur le traité de Lyon.

C'est François de Sales (1657-1622), enfant du pays né au château de Thorens - Glières (son père l'envoie à l’âge de six ans au collège de La Roche, puis au collège d'Annecy, fondé par Eustache Chappuis en 1549, où il est un bon élève) - évêque de Genève en résidence à Annecy de 1602 à 1622, qui, après avoir lui-même prêché, jette les bases d'une solide réforme du clergé et d'une transformation des mœurs et des mentalités dans son diocèse. Il marque de façon durable la ville et toute la région grâce à son prestige intellectuel et spirituel. Bien plus, son rayonnement ne s’étend à toute l'Europe catholique avec l'immense succès de l'un de ses deux plus célèbres ouvrages, L'Introduction à la vie dévote. Ainsi Annecy devient la « Rome des Alpes ». Dès 1606, vingt-huit ans avant la fondation de l'Académie française, François de Sales (canonisé en 1666) et le président Antoine Favre (du Sénat de Savoie) créent, à la mode italienne, l'Académie Florimontane ("fleurs et montagnes"). En 1610, François de Sales et Jeanne de Chantal fondent l'ordre de la Visitation. Dans le cadre d'un vaste mouvement des ordres nouveaux, nés de la Réforme catholique, Annecy accueille les capucins en 1592, les visitandines en 1610, les barnabites en 1614, les annonciades de Saint-Claude en 1638, les bernardines réformées en 1639, les lazaristes en 1641, les cisterciennes de Bonlieu en 1648. La présence religieuse est donc très importante à Annecy qui compte treize maisons religieuses pour 5000 habitants. La moitié de la ville appartient à différents ordres religieux qui possèdent non seulement les églises et les couvents, mais aussi des ateliers, des moulins et de vastes terres et forêts. Ces ordres religieux, qui ont la charge de l'éducation et des hôpitaux pour les malades et les pauvres, font travailler les artisans et les commerçants locaux.

Pendant la Révolution française et l'époque napoléonienne, la ville est rattachée au nouveau département du Mont-Blanc dont le chef-lieu est Chambéry, puis, à la restauration, revient dans les possessions de la Maison de Savoie.

En 1860, suite au rattachement de la Savoie à la France, elle devient le chef-lieu du nouveau département de la Haute-Savoie.


Architecture du château

La cour intérieure est bordée d'anciens bâtiments d'habitation de trois époques différentes :

-le Logis Vieux édifié vers 1333, demeure austère des comtes de Genève. Sa tourelle avec ses escaliers en colimaçon et son arcade couvrent un puits de 40 mètres de profondeur.

-le Logis de Némours en 1545, architecture du début de la renaissance.

Occupé aujourd'hui par un musée régional.

-le Logis Neuf en 1571. Ce bâtiment abritait la garnison du château.

Deux tours encadrent cette cour : la tour de la Reine datant du 12ème siècle et la tour Perrière du 15ème.

La tour Perrière et son logis furent construits par le duc Louis 1er de Savoie. Les services administratifs du duché s'y installèrent. Aujourd'hui dans cette tour, se trouve la salle des Fresques : lieu d'exposition de peintures et conservatoires de décors muraux peints au 15ème, ainsi que l'observatoire régional des lacs alpins avec ses aquariums. Une muraille entoure le château pour le protéger des assaillants éventuels.

Sources:

-http://www.annecy.fr/index.php?idtf=47

-http://www.annecylevieux.org/articles.php?lng=fr&pg=28

-http://www.annecy-ville.fr/ville-annecy/histoire-de-la-ville-dannecy/

-http://www.123savoie.com/article-271-1-chateau-annecy.html

-http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d'Annecy

-http://www.annecy-info.com/histoire.html

Posté le 12-11-2011 11:03 par Jimre

MONTROTTIER


Situation et histoire :

Le château médiéval de Montrottier, près de Lovagny, est un superbe ensemble de batiments dont certains remontent au XIIIe siècle. C’est une forteresse pentagonale réalisée sur le plan s’ordonne autour d’un donjon cylindrique à machicoulis et courtines.

Son rôle consistait à surveiller la route Chambéry-Genève franchissant les Gorges du Fier, endroit éloigné des ponts d'Annecy et d'Hauteville. Sa situation est liée au travail d'érosion du Fier, descendant du Mont-Charvin, sculptant de profonds défilés naturels.

C'est au-dessus des gorges du Fier, à Lovagny, que ce château-fort fut édifié entre le XIIIe et le XVe siècle.

Malgré les remaniements, le château de Montrottier conserve aujourd'hui encore des éléments significatifs de l'architecture militaire médiévale.

Au XIIIe siècle, fut construite une enceinte hexagonale, protégée au nord par les gorges du Fier, comportant une tour carrée, la « Tour des religieuses », isolée sur le piton rocheux et protégée au nord par la «Grande Fosse» (lit du Fier au quaternaire), ainsi qu'un bâtiment pour le corps des gardes.  La tour présente des caractéristiques de Maison-forte sans en être une à proprement parler. Les poutres de la tour ne furent pas incrustées dans les murs mais seulement posées sur des corbeaux, afin d'évacuer l'humidité et permettre un changement plus facile.

C’est au XIVe siècle qu'est édifiée la tourelle d'angle abritant l'escalier hélicoïdal à limon suspendu.

Des ajouts ont été faits au XVe siècle et la partie ouest fut remaniée au XIXe siècle. Le logis des chevaliers, le logis des comtes, la courtine et le donjon datent du XVe siècle. Les terrasses et les jardins du XIXe.

Le donjon, le corps de logis des Chevaliers et la tour de la Religieuse font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er septembre 1919 et la visite du château est possible depuis 1919.

Les terrains entourant le château font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 janvier 1935. La ferme et les bâtiments composant le château à l’exception des parties classées font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 3 novembre 1987.

Le château abrite de remarquables ensemble de meubles, faïences, dentelles, armes, objets rares d'Afrique et Extrême-Orient, réunis par Léon Marès, l'un des derniers grands collectionneurs de la fin du 19ième siècle, et, quatre bas-reliefs en bronze, chefs-d'œuvre de Peter et Hans Vischer de Nuremberg, fondeurs du 16ième siècle.


Les Propriétaires du château :

Depuis Jean de Montrottier au 13ième siècle jusqu'à l'Académie Florimontane de nos jours, le château a appartenu à divers propriétaires dont les plus notables sont :

-          - Il fut la résidence des seigneurs de Montrottier dont il porte le nom jusqu'au milieu du XIIIe siècle et passe à la famille de Grésy qui le donne en 1425 à Amédée VIII, qui le revend à Pierre de Menthon. Ce dernier va faire effectuer beaucoup de travaux de construction et de rénovation.

-         -  Pierre de Menthon, conseiller et ambassadeur d'Amédée VIII, premier duc de Savoie (15e siècle à la révolution française). Sous Pierre de Menthon est construits le « Logis des chevaliers », le « Logis des Comtes », et le donjon central à mâchicoulis : 33,5 m de haut pour une circonférence de 30,6 m ; comprenant 5 salles superposées et accessibles par une passerelle de bois depuis le premier étage du « Logis des Comtes »

-          - A la Révolution,  il est vendu comme bien national à un consortium genevois puis à Bénédict Dufour. La famille Dufour le vend en 1839 au baron Jules de Rochette, dont l'épouse fera aussi d'importants travaux, en remaniant le « Logis des Comtes » et en remplaçant l'escalier du « Logis des Chevaliers » par un escalier d'honneur.

-        -   Victor Frèrejean, industriel lyonnais qui achève le grand escalier (fin XIXème siècle).

-         -  Léon Marès, prodigieux "collectionneur des collections" qui à sa mort, en 1916, légua le domaine à l’Académie Florimontane (société savante fondée à Annecy, en 1606, par Saint-François de Sales et son ami le juriste Antoine Favre, père du grammairien Vaugelas).

Sources :

Site du château.

Autour des châteaux.com.

Wikipedia.

Posté le 11-11-2011 18:22 par Jimre

Thorens

Retranscription d'une partie du livret(publié en 1971) sur l'Historique du château de Thorens, écrit par le Comte J.F. de Roussy de Sales (1928-1999) .

"Texte reproduit avec l'autorisation exclusive de la comtesse Isabelle de Roussy de Sales. Toute autre reproduction, même partielle est soumise à autorisation." / "Brochure en vente sur place, au château de Thorens."

Le paysage de la région est semblable au dieu romain Janus à double visage. D'un côté, il présente une face sévère, évoque un décor d'opéra wagnérien. De l'autre, c'est la partie souriante : elle est faite de calme champêtre.

Ici la nature a profondément marqué les hommes de son empreinte. L'histoire en donne une remarquable illustration : le seigneur Jean de Compey est le féodal arrogant, imbu de sa puissance brutale.

L'autre, l'évêque empli de mansuétude et de paternelle douceur, c'est François de Sales.

La vallée de Thorens était reliée aux autres régions par un chemin indigène allobroge. Il permettait aux habitants du Haut-Fier de gagner la vallée de l'Arve. Contournant la montagne de Parmelan, la sente passait à gué la Fillière.

A l'époque romaine, ce chemin abrupt fut amélioré au passage le plus dangereux, à Dingy, par les esclaves de L. Tincius Paculus, dans le premier siècle de notre ère. Avant ces travaux, on escaladait péniblement le rocher, mais à partir de ce moment les véhicules purent emprunter la voie, augmentant ainsi considérablement son trafic. Cela permet de présumer que le gué fut remplacé par un pont entretenu.

A partir de la moitié du troisième siècle la quiétude dans laquelle prospérait la région fut gravement troublée par une succession d'invasions particulièrement celles des alamans et des burgondes alliés aux goths.

Les burgondes établirent un royaume éphémère dont Genève devint le centre. Puis, sous la poussée des peuplades franques, ce royaume fut absorbé et incorporé, en 532, à l'empire Franc durant quatre siècles. Lors du partage de l'empire carolingien, une portion, la Lotharingie, revint à l'empereur Louis II. Celui-ci en concéda très probablement une partie, le duché de Transjurane, à Conrad Comte d'Auxerre, dont le fils Rodolphe fut proclamé et sacré roi de Bourgogne dans l'abbaye de Saint-Maurice, d'Agaune, en 888.

En 1032 le dernier roi de Bourgogne remit en mourant le royaume à son suzerain, l'empereur germanique. Ce retour du royaume à l'empereur irrita fort la parenté du dernier roi. Gérold,  Comte de Genève, son neveu direct par sa mère, entendait en tirer avantage et tous se rebellèrent contre l'empereur. Grâce à l'appui de ses vassaux qu'un quatrain patoisant mentionne :

« Terny, Viry, Compey Sont les meillous maisons dou Genevey.

Salanova, Menthon Ne leu cédont pas d'un boton ».

Gérold conserva sa position de Comte de malgré la soumission des prétendants lorsque l'empereur entra à Genève, en 1034, à la tête de ses troupes.

Monseigneur Charles-Auguste de Sales en 1659, se référait à la chronique de La Roche. Il relata la construction du fort de Thorens en 1060 par le comte Gérold, celui-ci aurait donné le gouvernement du château et de la région à messire Oddon de Compey, en remerciement de son appui contre l'empire.

L'aspect du fort de Thorens au XIe siècle devait être celui d'un burg montagnard. Il était perche sur l'emplacement de la butte de sable glaciaire, circonscrite entre les deux rivières. Son plan irrégulier suivait le haut des escarpements. A l'Est, ceux-ci n'étant pa assez prononcés, les hommes durent creuser de larges et profonds fossés, bordés d'épaisses palissades faites de troncs d'arbres emmêlés. La défense principale était constituée par le donjon carré, figure formidable et sauvage tournait le dos au val âpre et farouche, fermé par la dentelure des sommets  II surveillait de sa lourde masse le pont entretenu et la voie serpentine.   Elle   poudroyait   lorsque  passaient  les marchands  aux   charriots  lourdement  charges. Ses murailles étaient renforcées aux angles de platebandes en pierres de taille frustes, elles encadraient les ouvertures  longilignes  des  meurtrières,  éclairaient   d'un jour  parcimonieux  les pièces du  rez-de-chaussée.

Leurs plafonds voûtés étaient faits d'un appareillage de pierres oblongues noyées dans un mortier de chaux grasse, très dur.

Le sol rugueux, grossièrement pavé, laissait percevoir une ouverture centrale plongeant dans le sous-sol, au fond duquel gisait l'onde noire d'un puits. Les Seigneurs de Compey le firent combler par la suite pour en faire une citerne en cas de siège, une prison-oubliette en temps de paix.

Les fortifications étaient complétées aux angles par des tours irrégulières, compagnes du donjon, dont l'actuelle restante en est le témoin.

Le portail d'entrée, formé d'une triple archi­volte romane, était fortifié par une tour ronde. Il conduisait au rez-de-chaussée vers des salles aux voûtes surbaissées, percées au-dessus d'ouvertures : les conduits de fumée. Ces conduits de fumée témoignaient de grands feux auprès desquels les hommes d'armes reposaient.

La fin du millénaire, grâce à un climat chaudement sec, engendra une croissance économique essentiellement agricole.

Peut être cette époque vit-elle l'édification des trois digues sous le château. Celles-ci étaient faites d'énormes accumulations de galets diluviens, de pierres roulées extraites de la rivière Fillière. Elles s'opposaient à sa marche, en déviaient le parcours. Elles transmuaient de façon imperceptible l'eau par le sable, les débris organiques flottants par l'humus. Elle faisaient naître une plaine alluvionnaire au sol léger, celui-ci facilitait le travail superficiel de la charrue en bois.

Jadis les anciens y voyaient l'œuvre d'une fée de la montagne, dans son tablier elle emportait des charges de pierres, les laissaient choir avec grand fracas, à l'entrée de la vallée.

Cette période plus clémente dut inciter, parmi la houle sombre des noirs sapins, l'essartage. L'essartage enfanta la précieuse chrysolite des prairies où l'herbe grasse, richement fleurie, fut soigneusement recueillie, elle était vitale pour le seigneur et le paysan. Des hommes entreprenants s'établirent dans les montagnes. Ils se taillèrent dans les combes de Champlaitier, des Glières et de Nerval, de vastes pâturages. Nomades, sans cesse sur les sentiers qui parfois déchirent la paroi abrupte, ils accomplissaient les travaux de la vallée, tout en soignant le bétail sur les hauteurs.

Un petit chemin reliait le village de Thorens à Usillon, centre de ces montagnards dont une partie hivernait. La voie surplombant une source abondante, passait auprès de la Pierre Taillée où une petite grotte hébergeait la fruste statue en bois de la Vierge. Elle protégeait le voyageur attardé, contre la vision fantastique du veau à deux têtes, qui se dissipait à son approche dans un rire effrayant.

Les seigneurs de Compey.

Originaires de Compois situé dans le canton de Genève, les seigneurs de Compey possédaient à une époque très reculée (carolingienne) un château comprenant église, habitations et fort.

Cette période primitive est extrêmement pauvre en documents écrits. Elle permet de les voir apparaître de temps à autre mentionnés en bonne place, à titre de vassaux importants comme témoins ou garants, sur les actes des Sires de Faucigny et des Comtes de Genève.

Ces actes sont rédigés en belle écriture gothique sur de magnifiques parchemins, scellés de sceaux imposants.

Des lueurs mettent en évidence certains personnages : Albert de Compey, sénéchal du Genevois en 1228. Gérold, official et prévôt de l'église de Genève en 1256.

Girard voit, dans son enfance, Thorens ravagé par une bande soldatesque durant l'été 1242. Il prend part, en 1287, avec ses hommes d'armes et arbalétriers au siège du château de l'Ile de Genève, mené par le comte Amédée V de Savoie. Par la suite, il est nommé gouverneur, puis vidomne de la ville, cette charge lui confère les pouvoirs d'un juge d'instruction et ceux d'accusateur public.

Peut-être lui doit-on le donjon circulaire destiné à renforcer les défenses du château de Thorens à sa partie la plus faible, c'est à dire vers le fossé, à l'opposé du donjon carré. Il présente une épaisseur égale faite d'un appareillage en pierres de taille sur toute sa hauteur. Les archères sont largement ébrasées afin de permettre au jour de pénétrer et aux archers de s'assoir. Elles sont particulièrement allongées pour avoir un tir plongeant, disposées judicieusement aux divers étages, elles alternent et battent par leur champ de tir le pourtour de la défense. Au rez-de-chaussée un cul de basse-fosse, le ratier, sert de cachot en temps de paix. Il contient les provisions, les projectiles en temps de guerre. Un escalier coudé facilite la défense d'un étage à l'autre.

Le chevalier Guillaume, seigneur de Thorens, obtint en 1339 par sa mère Isabelle de Lucinge et une transaction avec sa famille, la haute et importante fonction de sénéchal de la ville épiscopale  de Lausanne. Cette situation élevée fait de lui le vassal de l'évêque, l'administrateur de ses biens et revenus. Il préside la frappe de la monnaie, exécute les jugements prononcés par le bailli. En contre partie, l'évêque l'associe à la perception de droits divers d'échutes, de prébendes. Guillaume de Compey gouverne, au nom du comte de Genève Amédée III, le Grésivaudan. Il en est le bailli, cumulant les attributions administratives, militaires, financières et judiciaires. Il sert en 1352 de caution, avec ses châteaux de Thorens et de Saconnex, à l'accord entre le comte de Genève et le Roi de France Jean le Bon. Accord par lequel Amédée III s'engage à rendre hommage au dauphin et l'évêque de Genève à lui remettre son château de Peney. L'évêque Alamand de Saint-Jeoire, furieux d'être dépossédé, excommunie le comte et ses vassaux pendant 26 ans !

Philibert participa au drame sanglant de Thonon, en 1462. Philippe, comte de Bresse, fils du duc de Savoie Louis Ier, se laissa influencer par un parti d'extrémistes xénophobes. Ils étaient exaspérés par les procédés levantins dont usait l'entourage ducal. Ce parti accusa le Grand Chancelier de Savoie, Jacques de Valperga et Jean de Varax, le Maitre d'Hôtel de la duchesse Anne de Chypre d'être les responsables de tous leurs maux. Le premier, d'avoir discrédité le comte de Bresse, d'être l'agent du Roi de France Louis XI. Le second d'être l'âme damné de la duchesse et l'exécutant de la camarilla chy­priote.

Le comte de Bresse, s'adjoignant le Bâtard de Rochechouart et les nobles les plus virulents, se rendit au château de Thonon où résidait la Cour.

Les conjurés se saisirent du chancelier, et Compey de son fils. Le bâtard poignarda aussitôt le Maitre d'Hôtel Varax. Tous se retirèrent, non sans avoir pillé les appartements. Le comte de Bresse em­mena Valperga à Morges, obligea les procureurs de rendre une sentence expéditive, tortura sa victime en la désarticulant et la fit noyer dans le lac Léman. Le Roi de France Louis XI, très irrité de la mort du Grand Chancelier de Savoie, son ami, attira le comte de Bresse et sa suite, à laquelle appartenait Philibert de Compey, dans un piège. Le prince resta captif au donjon du château de Loches. Les gentilshommes furent emprisonnés au château de Chinon pendant quatre ans.

Philibert de Compey termina son existence comme gouverneur du Comté de Nice où il fut aimé et apprécié.

Jean de Compey, seigneur de Thorens, cousin du précédent, né en 1410, illustre son époque faite de chevalerie ostentatoire, à la fois formaliste et fastueuse.

Il est appelé par le duc Louis 1er de Savoie aux fonctions diversement importantes de chambellan, grand bailli du Gene­vois, commandant en chef des armées. Son caractère altier le fait exceller aux exercices de guerre : la chasse et le tournoi.

Durant l'été 1443 le duc Louis 1er, son épouse, Philippe comte de Genevois et une nombreuse suite, dont Compey fait partie, se rendent à Châlon auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Parmi les fêtes de réception organisées en l'honneur des savoyards figure un pas d'armes, (variété de tournoi) à Marcenay, près de Dijon où le seigneur de Thorens se distingue.

Ce pas d'arme a pour décor la frondaison majestueuse d'un chêne séculaire au tronc orné de tapisseries armoriées ; au pied, un héraut bigarré clame les noms et qualités des seigneurs combattants. Les tribunes dominent le tumulte humain, fourmillement de têtes dont les voix, les rumeurs mêlées aux frissons des bannières, font un bruit d'essaim.

Voilà les cavaliers superbes, dressés debout sur leurs étriers, ils échangent de hautains défis tout en assurant leur lance valeureuse. Le chroniqueur décrit le seigneur de Thorens : « armé, heaume et paré de grands plumars, vêtu d'une longue robe d'orfèvrerie bordée de perles, monté sur un destrier couvert de cendhal blanc semé des lettres d'or A U F, suivi de ses pages mis à sa devise : robe rouge à manche bleue.

Plusieurs lances furent rompues par les habiles jouteurs, mais le combat à pied fut plus remarquable et plus rude ».

Duels d'hommes en habits de fer, sombres, ardents, ils luttent d'un furieux acharnement avec l'épée à deux mains, la hache aux éclairs meurtriers. L'acier mord le fer, les étincelles jaillissent sous les coups, le sang coule, ils sont enivrés d'une sombre démence. Le duc et sa cour applaudissent, mettant fin au combat.


La chasse est une autre activité importante car on imagine aisément ce qu'elle apporte de plaisirs quotidiens parmi les solitudes montagnardes. Les antiques forêts, peuplées d'une multitude d'animaux grands et petits, y entretiennent une vie active, quoique discrète. Dès les brumes matinales évaporées, les chiens, compagnons fidèles, s'élancent à la quête du gibier. Les valets partent reconnaitre l'endroit où le cerf se dissimule parmi les taillis, cherchent les traces laissées. L'animal identifié, c'est l'approche des cavaliers précédés par les meutes de chiens courants dont les limiers dirigent la quête. Débusqué, le cerf tire parti de ses admirables facultés de ruse, d'astuce pour égarer les chiens, les distancer par sa ténacité, sa vitesse. Enfin, impassibilité hautaine ou ruée désespérée, lorsque la bête est sur ses fins. « L'hiver, les cerfs sont paralysés par une masse de neige qu'ils s'efforcent de repousser avec leur poitrail. On s'approche, on les égorge. Tandis qu'ils brament sourdement on les abat et on les emporte avec de grands cris de joie ».

D'autres fois, durant les fortes chaleurs de l'été, la résistance du sanglier diminue. Les chiens font jaillir la bête noire de sa bauge, elle fonce toutes soies hérissées, l'œil en feu, d'une ruée brutale. Alors l'habileté du chasseur, son courage s'expriment de façon éclatante par l'estocade mortelle portée avec la lance. Avant les premières neiges, dans le but de faire disparaître ses traces, l'ours hiverne dans une tanière aménagée parmi les hautes futaies résineuses, sous un tronc d'arbre séculaire et déraciné. Il veille, les sens en alerte. Dès que le chasseur guidé par son chien approche, il s'élance au dehors, ayant localisé ses agresseurs grâce à son oufe et son odorat remarquables. Atteint par l'épieu il dresse sa masse imposante, enserre le chasseur dans l'étreinte formidable de ses pattes musculeuses armées de griffes redoutables.

Avec le règne de Louis I, duc de Savoie, on aborde une période décadente. Sa femme Anne de Lusignan, duchesse de Chypre, belle et impérieuse, se substitue à lui dans la direction du duché.

La mode s'exalte pour l'île lointaine, les levantins arrivent par groupe familiaux prêts à exploiter les territoires commerciaux.

L'entourage ducal est balloté entre des factions impudentes et rivales.

Jean de Compey, habile courtisan, sait intéresser la duchesse Anne et être une puissance dans la camarilla qui la soutient. Cette situation privilégiée exacerbe l'hostilité des seigneurs savoyards jaloux. Elle porte à son paroxysme. L'animosité de la maison de Menthon contre celle de Compey. Ces derniers avaient gagné un long procès fertile en péripéties, en retentissantes disputes relatives au partage du château de Montfort, en 1413.

Par une chaude journée d'août 1446, la duchesse, Yolande, sœur du roi Louis XI et la princesse Annabelle d'Ecosse accompagnées de leur suite gagnent les hauteurs du Salève. Le seigneur de Thorens y avait disposé le déploiement des cavaliers porteurs de faucons à tête encapuchonnée, posés sur le poing ganté de cuir. A un signal, les oiseaux de proie prennent leur essor haut dans le ciel. Leur regard perçant et scrutateur détecte le gibier, l'ayant perçu ils se laissent tomber sur la proie maintenue par les serres puissantes ; elle reçoit le coup de bec fatal qui l'assomme prestement et il la porte au cavalier, leur maître et ami. Le soleil darde ses rayons, la chaleur est accablante pour l'organisateur, hôte attentif au déroulement complexe de cette forme de vénerie. Il se rafraîchit quelques instants dans une chaumière, y est rejoint par un groupe de cavaliers dans lequel il reconnait ses implacables ennemis.

Par ruse, il les détourne et rallie les nobles dames. Les conjurés furieux d'avoir été joués, se précipitent sans égard pour les altesses et la cour assemblée, ils l'assaillent à coup d'épée et le laissant à terre grièvement blessé.

Profitant de la stupéfaction provoquée, ils s'enfuient promptement en Dauphiné.

Jean de Compey est nommé en 1448, lieutenant général et commandant en chef des armées de Savoie. Il reçoit mission de secourir la ville de Milan dont la province a été mise à mal par la république de Venise. Les troupes vénitiennes commandées par les prestigieux et célèbres condottieri Colleone et Sforza auront peu de difficultés à vaincre les savoyards moins bien commandés et plus éloignés de leurs bases.

Défait près de Verceil avec quatre cents cavaliers, il est fait prisonnier. Il se libère par une forte rançon. Cela l'oblige à remettre sa charge de sénéchal à l'évêque de Lausanne, Georges de Saluces. Ce dernier lui verse en échange 1000 ducats d'or, en 1450.

Ainsi les seigneurs de Compey garderont la sénéchalie de Lausanne pendant 110 ans.

Le dauphin Louis, futur roi Louis XI, épouse Charlotte de Savoie au grand déplaisir de son père, le roi de France Charles VII. En Savoie, nous assistons à une lutte entre le père et le fils par seigneurs interposés : le dauphin soutient Compey, le roi les seigneurs savoyards agresseurs et exilés. Tour à tour ces derniers sont un danger pour leur ennemi ou réciproquement.

Dès 1451, par des raisons de sécurité et d'économie, le seigneur de Thorens entreprend des aménagements défensifs dans sa forteresse. Il érige une tour carrée, face au donjon circulaire, une poterne ou porte fortifiée les précède, elle domine le fossé qu'enjambe un pont levis. Le tout est relié par des chemins de ronde permettant aux soldats de circuler sans péril à l'intérieur des fortifications. Ces dernières sont disposées de manière à ce que l'attaquant ne soit nulle part à l'abri des flèches ou des projectiles. Les archères du donjon circulaire sont complétées par des canonnières formées d'un trou rond pour le tube de l'arme, d'une fente verticale pour la visée et l'échappement des gaz.

Ces améliorations permettent des tirs horizontaux avec les canons, plongeants avec les arbalètes. D'autre part, la conversion en argent des prestations en nature d'autrefois, permet au seigneur de rémunérer des soldats de métier, permanents et spécialisés, tel les arbalétriers, canonniers, fabricants de poudre, de boulets. La qualité remplace le nombre. Avec des fortifications modernisées, il économise des hommes de plus en plus coûteux.

La considérable Maison des princes de Luxembourg se divise en plusieurs branches. L'une d'elle intéresse Thorens. Il s'agit de la famille du prince Pierre Ier, comte de Saint Pol. Elle se distingue par ses immenses besoins pécuniaires.

Sa fille Hélène épouse le fils de Louis Ier, Janus, comte de Genevois. Celui-ci inféode tous les biens de Jean de Compey, sous prétexte que ce dernier refuse de lui rendre hommage. Il constitue par des procédés analogues d'importantes donations à la princesse son épouse.

Leur fille Louise, est fiancée dès l'âge de six ans à son cousin germain paternel, une dot de 60 000 florins d'or est promise. Devenue veuve, elle épouse son oncle maternel François 1er de Luxembourg, vicomte de Martigues. La somme promise par son père n ayant  jamais été versée, le second mari en réclame le payement, celui-ci est ramené après transaction à 40 000 florins assignés sur le Pays de Vaud. Cela fait du couple des seigneurs importants, ils obèrent ainsi les finances de la Savoie.

Leur fils François II, gouverneur-général, épouse Charlotte de Brosse, comtesse de Penthièvre. Elle lui apporte des biens considérables situés dans l'ouest de la France. Les biens savoyards sont gérés par des châtelains amodiataires, tel son Maître d'Hôtel François de Sales qui avait pouvoir de traiter jusqu'à concurrence de 7 000 écus.

Après cette parenthèse sur le rôle des princes de Luxembourg, revenons en arrière afin de suivre le cours des événements auxquels Jean de Compey fut mêlé.

Jacques de Savoie, comte de Romont, fils de Louis Ier est ami intime de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Il est le protecteur du Pays de Vaud que lui disputent ses voisins bernois, bientôt victorieux occupants. Il reprend les territoires perdus, ceux-ci devant servir à Charles le Téméraire de bases à sa marche sur Berne.

Arrêté dans sa progression, c'est le siège de Grandson par le duc lui-même venu à la tête de ses troupes. Jean de Compey et une centaine d'hommes d'armes servent dans ce corps d'armée. Ils ont mission d'attirer, par une feinte, l'armée bernoise massée à Morat, vers la rive orientale du lac de Neuchâtel et Yvonand. C'est là qu'il est surpris par la sombre défaite bourguignonne du 2 mars 1476.


Huit jours plus tard, il arrive à Vevey où il répartit ses soldats dans les villages voisins. Dépité parla défaite il est particulièrement insolent, hautain et méprisant envers les habitants. Ceux-ci lui imputent l'incendie de Saint Saphorin, village de pêcheurs des rives du lac Léman.

Dès le 14 mars le Duc de Bourgogne établit son camp près de Lausanne, où ses 20 000 soldats sont souvent en maraude. La tension entre les riverains du lac et la soldatesque est grande.

Vers Pâques, le seigneur de Thorens, accompagné de son fils Philibert, dit le borgne, se querelle avec Yblet de Gerdilli, le vice-châtelain de Vevey. Altercation dangereuse car Philibert de Compey donne un coup d'épée à la tête du magistrat, pendant qu'un comparse lui enfonce son poignard dans la cuisse. Le malheureux réussit à s'esquiver chez le banderet, les assaillants n'osant aller achever leur victime au domicile du chef de la police municipale ! Ce dernier accompagné des délégués du capitaine général, de bourgeois armés, poursuivent les agresseurs enfuis vers les vignobles étages sur les hauteurs. L'expédition prend tournure de battue, elle s'achève par la découverte du seigneur de Compey caché dans un épais fourré du Mont Pèlerin.

Resté seul à lutter contre ses poursuivants, ses compagnons l'ayant abandonné lâchement, il redescend vers Vevey encadré par deux archers au milieu des huées, des paysans menaçants, on le frappe. D'un ultime effort il s'échappe et court de toute ses forces. Rejoint, il roule à terre avec son poursuivant, prend son épée avec laquelle il lui fait une profonde blessure au crâne. Le blessé, d'un revers de pertuisane atteint Jean de Compey à la tête et l'achève d'un coup de dague. Le seigneur de Hauteville le fait porter dans l'église de Corsier pour l'inhumer.

Philibert, dit le borgne, fut le cruel acteur de l'attaque menée contre le vice-châtelain. Il continua la lutte contre les seigneurs de Menthon, âmes de la conjuration des nobles savoyards qui avaient décidés la disparition de son père. Le seigneur Bernard de Menthon devait se rendre à Genève, conférer avec l'évêque Jean-Louis de Savoie pour mettre fin aux agissements du dit Philibert. Par un cruel hasard, chemin faisant, les deux hommes se rencontrèrent le 15 septembre 1479. S'étant abordés, ils se devinèrent. Compey avait pénétré les desseins de son ennemi, il alla trouver l'évêque ; celui-ci confirma l'entretien. Ivre de fureur, il s'élança, à bride battue avec une suite armée sur les traces de Bernard de Menthon. La petite troupe rencontra ce dernier, accompagné de son frère, dans une forêt où tous deux cheminaient. Instantanément les meurtriers les entourèrent. Malgré leurs supplications, un homme à la robe rouge, au capuchon baissé enfonça sa dague par deux fois dans le corps de l'infortuné qui rendit l'âme.

Par sa séance solennelle du 20 novembre 1479, le conseil souverain condamna Philibert de Compey et ses complices à mort, à la confiscation de tous leurs biens au profit de la couronne. La seigneurie de Thorens fut, par la suite, donnée en investiture à la princesse Hélène de Luxembourg, épouse du Duc Janus de Savoie.

La tradition veut que Philibert, fugitif, proscrit, soit mort en 1496.

Jean de Compey, héritier naturel de son frère assassin du seigneur de Menthon, était privé de sa succession par le jugement de confiscation et l'investiture faite à la princesse Hélène de Luxembourg. Il obtint, en 1496, du comte Philippe de Bresse, une révision de la sentence, la fit signifier à Louise de Savoie, vicomtesse de Martigues. Ce fut le début d'un long procès poursuivi encore après sa mort en 1512.

Au début du XVIe siècle, le duché poursuit sa décadence, amorcée quelques années   plus  tôt,  malgré  les  ambitions  de Charles III. Celui-ci ne peut se soustraire aux conséquences de la guerre entre la France et Charles Quint, ni maîtriser l'accession à l'indépendance du peuple des villes épiscopales de Genève et Lausanne.

Depuis les défaites de Charles le Téméraire, les armées suisses confédérées, l'influence bernoise grandissait. Ainsi Fribourg se rendit indépendant de la Savoie grâce à son alliance avec Berne. Les patriotes genevois et lausannois se rendirent compte qu'un traité de combourgeoisie avec Berne Fribourg neutraliserait l'évêque et le duc dans ars ambitions respectives. Un certain nombre de patriotes s'établirent temporairement à Berne et à Fribourg. Ils tâchèrent d'intéresser les autorités au sort des villes épiscopales en grand danger d'être absorbées par le duc Charles III de Savoie, rendu furieux de leurs velléités d'indépendance politique. Ces démarches aboutirent, en 1526, à un traité solennel de combourgeoisie, conclu en l'absence de  l'évêque. Le duc fut contraint de réhabiliter les patriotes fugitifs, de suspendre les peines édictées contre eux à Chambéry.

Parallèlement à l'émancipation politique, l'affranchissement religieux se poursuit. L'humanisme chrétien remet en question les dogmes par une nouvelle étude biblique et évangélique conduite r les philosophes Lefèvre d'Etaples et Erasme. Leurs idées sont, par la suite, radicalisées par l'allemand Luther et le zurichois Zwingli. Berne accueille, soutient les évangélistes réformés, par son entremise une communauté évangélique se forme à Genève parmi les patriotes fugitifs et leurs adhérents.

Philibert de Compey, seigneur de Thorens et dernier du nom, était en relation très amicale et suivies avec la plupart des patriotes genevois dont il partageait et appuyait les idées politiques auprès de Pierre Girod, secrétaire d'Etat à Berne et aussi de son parent Dietrich d'Englisberg, avoyé de Fribourg, un des principaux artisans du traité de combourgeoi­sie.

Ce dernier obtint d'une sentence prononcée par le duc Charles III, en octobre 1526, à Chambéry, la restitution totale des biens de son cousin, le seigneur de Thorens. Cela mettait fin au procès commencé en 1496 par son père contre Louise de Savoie, vicomtesse Luxembourg Martigues.

Il entreprend durant trois années d'importants travaux de réfection dans le château de Thorens, dévasté et abandonné pendant quarante sept ans. Acquis aux idées des patriotes genevois ses amis, il sera comme eux un fidèle du réformateur Guillaume Farel, le disciple de l'humaniste Lefèvre d'Etaples. Peut être connut-il le réformateur par l'entremise de leur ami commun Pierre Girod, le secrétaire d'Etat à Berne ? Ce dernier avait suggéré à Farel de s'installer, dès 1526, comme maître d'école sous le pseudonyme d'Ursinus, à Aigle.

Farel protégé par Berne vint à Genève accompagné de disciples pour prêcher et répandre les nouvelles doctrines. Par l'entremise de Pierre Girod et de Sébastien de Diesbach, avoyé de Berne, le seigneur de Thorens acquit une maison, contigüe à celles d'autres adeptes, où les évangélistes se réunissaient et entendaient les prédications des réformateurs Viret et Farel.

L'agitation à Genève allait grandissant, des conflits éclataient parmi la population.

Le soir du 4 mai 1533 des bagarres produisirent une mêlée générale au chevet de la cathédrale. Le cha­noine fribourgeois Werli, armé, blessa de nombreux antagonistes. Poursuivi, isolé, percé de nombreux coups d'épée, il est achevé par une dague enfoncée à la jointure de sa cuirasse. Cet assassinat fit grand bruit à Fribourg où la famille Werli avait de l'influence.

La famille de Sales

« La famille de Sales parait être originaire de La Roche-sur-Foron. Elle dût, de bonne heure, donner son nom à un hameau de la paroisse de Thorens où se développe la maison-forte devenue le château de Sales ».

La première filiation authentique remonte à Jordain, mentionné dans le testament de son fils en 1468. A cette date ce fils, Jean de Sales, est vidomne de la ville de La Roche. L'année suivante il vend sa charge au comte de Genevois Janus. Ses successeurs sont les vassaux des seigneurs de Compey, leurs proches voisins, en leur nom vidomne de Thorens.

Christophe de Sales est le premier à s'affranchir de ce service en devenant page de la princesse Hélène de Luxembourg, épouse de Janus comte de Genevois. Par la suite, il est écuyer de leur fille Louise de Savoie. Lorsque celle-ci se marie avec son oncle François Ier de Luxembourg, vicomte de Martigues, Christophe est promu Maître d'Hôtel, (chef de la maison du vicomte de Martigues). Il bénéficie de ses libéralités en se faisant octroyer divers biens dans la vallée de Thorens. Il était en 1505 amodiataire, c'est-à-dire concessionnaire de terres en échange de prestations particulières, (sorte de fermier) dans l'abbaye d'Entremont. Trois fois il se maria, les deux dernières avec des veuves. Sa vie s'harmonisa entre la dévotion et le soin des choses temporelles.

Son fils Jean épousa la fille d'une de ses belle-mère. Il continua la fonction paternelle auprès de François II de Luxembourg, gouverneur-général de la Savoie. Ce dernier lui accorda la permission d'élever moulins et battoirs sur les rivières Flan et Filière en 1550.

Ce fut l'essor d'une animation industrieuse. Grâce aux nombreux barrages faits d'énormes troncs de sapins entremêlés, l'eau tombait en larges cascades tumultueuses, canalisées par des biefs vers les moulins aux roues énormes, tournant inlassablement dans un nuage de gouttelettes irisées par le soleil. Du moulin au toit de chaume verdi par les mousses, s'échappait de façon ininterrompue la chanson grondante des meules écrasant les grains des céréales, les cliquetis régulier des cames actionnant les battoirs à chanvre et les stridulations des scies. En hiver cette inlassable activités se pétrifiait, les glaces pendaient en gigantesques stalactiques.

Ces industries rudimentaires, jointes à la profonde sagesse administrative, le dévouement aux intérêts des princes de Luxembourg, portèrent leurs fruits. François de Sales, seigneur de Boisy, le père de François le Saint, put acheter en 1559, terres, châteaux, village, juridiction de la seigneurie de Thorens au prince Sébastien dont il était le Maitre d'Hôtel. Cette fonction consistait à être procureur constitué à différentes dates pour la vente de terres en Savoie. Les sommes recueillies servaient à payer la forte rançon exigée pour la libération du prince, fait prisonnier à Thérouanne, en 1553.

Son frère Louis épousait demoiselle Janine de Guasquis. Etaient de la fête une foule de gens nobles, parmi lesquels on distinguait le seigneur de Sionnaz et sa fille unique Françoise dont la grâce candide fit sensation. La noce finie l'inattendu arriva : François avait observé l'aimable petite, son charme l'avait conquis.

Peu après il alla au château de Boisy (Groisy) faire une visite à la famille de Sionnaz. Il confia son sincère désir d'avoir un jour pour femme la petite Françoise. Encouragé par un accueil étonné mais cordial, il conta son histoire.

Né au château de Sales en 1522, il était devenu page-écuyer de son parrain le prince François de Luxembourg-Martigues, gouverneur de Savoie.

En 1544, officier de cavalerie, il prenait part dans les armées royales de François 1er (celui-ci avait conquis la Savoie en 1532) à la guerre contre l'empereur Charles-Quint allié au roi Henri VIII d'Angleterre. François de Sales ne put cacher qu'il s'était comporté en brave. En effet il avait résisté, à la tête de sa compagnie, dans la place forte de Saint-Dizier-sur-Marne, assiégée par des armées impériales, pendant quarante jours. Par la suite le siège de Landrecies lui offrit l'occasion de semblables exploits. Après quelques missions au service des princes de Luxembourg, resté célibataire, il s'était retiré au château familial de Sales. Il ne conservait de sa vie militaire qu'une fonction : celle de capitaine de garnison à Annecy.

Il fut agréé par les seigneurs de Boisy. Françoise, fillette de huit ans, resta dans sa famille quelques années encore.

Le mariage eu lieu au printemps 1566. La petite mariée vint habiter le château de Sales, en compagnie de Louis de Sales, son beau-frère et son épouse.

Ces derniers avaient leurs appartements ornés de précieuses tapisseries de haute lice, des Flandres, dont les scènes bibliques représentaient l'histoire de Tobie.

Les bordures de chaque tableau représentent des oiseaux, des animaux symboliques sont disposés parmi les feuillages. Aujourd'hui ces tapisseries servent d'écrin aux précieuses reliques de Saint François de Sales. Grâce à leur restauration faite par les Monuments Historiques en 1976, le visiteur peut apprécier cet admirable travail de tissage : majestueux pour l'ensemble, merveilleux pour les détails.

L'été 1566, le duc de Nemours, son épouse Anne d'Este, vinrent à Annecy. La ville leur réserva une brillante réception, la noblesse leur rendit hommage. Pour accroitre la solennité, son cousin germain, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, autorisa l'exposition du Saint-Suaire à Notre Dame de Liesse. Devant cette relique insigne la jeune épouse fit le vœux de consacrer à Dieu son premier né.

L'année suivante, le 21 août 1567, naissait François de Sales (1567-+1622), le futur saint évêque, glorieuse illustration de la Savoie, l'une des figures les plus charmantes de son époque.

Cette figure est trop connue pour que nous en retracions une vie détaillée. Le visiteur déjà au fait de l'œuvre, des reliques, les contemplera tel un bouquet fleuri, dont la disposition nous est décrite dans l'introduction à la Vie Dévote. Cette variété de bouquet nous guidera dans la visite.

Son père, le voulant sénateur de Savoie, l'envoya couronner ses études à la célèbre université vénitienne de Padoue où il se rendit accompagné de son frère Gallois. Deux documents particulièrement émouvants parmi les trésors salésiens marquent son passage.

Son brevet d'immatriculation établi par le recteur de la faculté de droit Fabio Turchi, à son arrivée le 16 octobre 1588. Document d'identité aussi : il y est fait mention d'une cicatrice au sommet droit du front. Le cachet représente l'image du Rédempteur, protecteur des Légistes.

Son diplôme de docteur en droit canonique et civil, forme livret, il est relié en veau fauve ; les plats sont ornés de fers au centre, parmi les arabesques, un médaillon ovale représente le Christ crucifié entouré de la Vierge et du disciple Jean. Le sceau de l'évêque de Padoue, Alvise Cornaro, l'accompagne. Ce fut le 3 septembre 1591 l'examen solennel en latin, présidé par l'illustre Pancirola, recteur de l'université. Le candidat triompha et fut comblé de louanges.

Après son retour de Padoue, son père l'exhortait au mariage et à prendre charge d'avocat. Doucement mais fermement le fils se déroba, soutenu dans son désir d'être prêtre par sa mère et surtout par l'appui résolu de l'évêque diocésain Monseigneur Claude de Granier.

Son père obtenait par faveur exceptionnelle d'Emmanuel-Philibert, duc se Savoie, une patente nommant François de Sales sénateur. A la même époque une occasion se présentait : la charge de Prévôt du chapitre de Saint Pierre de Genève devenait vacante. Charge importante puisqu'elle était suivante de celle de l'évêque.

Les concours nécessaires aux démarches romaines aboutirent rapidement. Le 7 mars 1592 la bulle nominative, les lettres apostoliques scellées par le sceau de plomb (bulla) au chiffre du Pape Clément VIII arrivèrent. Le 12 mai 1593, François de Sales reconnaît la mise en possession de la Prévôté. Il y adjoint la formule du serment par lequel il promet son soutien, avec toutes ses forces, à l'Eglise romaine.

Le visiteur se penche et s'interroge, ces écrits ne sont-ils pas le témoignage, le résumé de l'œuvre salésienne ?

Devenu diacre, dès l'automne il passa à l'action en fondant la confrérie des Pénitents de la Sainte Croix.

Prieur de cette association religieuse, sa première œuvre d'apostolat, il la voulait, un camp de prière, un bastion de vie fervente, un attrait des Réformés aux pouvoirs de l'Amour Divin, un rempart des vertus sociales. 

François de Sales est ordonné prêtre par son évêque Monseigneur Claude de Granier le 18 décembre 1593 et il entreprend sur les ordres de son évêque la mission du Chablais.

Il reçoit la consécration épiscopale dans l'église de Thorens le 8 Décembre 1602.

François de Sales

Posté le 29-11-2009 20:24 par Jimre