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Feissons

Château de Feissons-sous-Briançon

(aussi appelé Fesson ou Faissons-sous-Briançon)


Situation 

Savoie Arr. : Moutiers

Canton : Bozel

Dans Feissons-sur-Isère, prendre le chemin qui monte aux Côtes.

Feissons sous Briançon

Histoire

Le château de Feissons est cité depuis 1082 mais il ne reste rien de cette époque sur le terrain.

Sa partie la plus ancienne, le donjon circulaire, remonte au milieu XIIIe siècle. En 1250, l'évêque d'Hereford, seigneur de Briançon, est investi du fief. Les seigneurs de Briançon exerçaient en Tarentaise toute la juridiction de vicomtes sous la mouvance des archevêques comtes de Tarentaise.

Le premier château aurait été détruit en 1082 par le comte Humbert II parce que les comtes de Briançon se livraient au pillage et au brigandage sur toute la région. Il fut rebâti à partir du donjon qui subsiste, puis un grand corps de logis fut édifié au XVle siècle, en 1536, pour résister à François Ier qui l'emporta d'assaut. Il fut également pris par Henri IV en 1600.

En 1330, Pierre, seigneur de Fessons est investi du fief, puis Amédée de Conflens en 1357.

Entre 1358 et 1359, Rodolphe, seigneur de Montmayeur, allié des Briançon et chanoine de Genève, reçoit l'investiture des dépendances et Amédée de Conflens, confirmation de la juridiction. En 1379, ce sont Antoine et Amédée Benet, frères, avec leurs femmes Catherine et Antoinette, qui sont investis du château proprement dit. En 1427, pour Marie de Villette, fille de feu Humbert de Chevron, épouse de Bertrand de Duyn, il ne s'agit plus que de la maison forte, en 1447 également. Par contre, en 1451, Bertrand de Duyn, seigneur de la Val-d'Isère est investi de la « motte et château de Fesson », et Jean de Duyn, en 1505, obtient la faculté de faire ériger une fourche patibulaire à quatre piliers dans sa juridiction.

En 1680, Charles-Victor-Joseph de Saint-Thomas voit la juridiction de Fesson érigée en comté en sa faveur, mais en 1700, c'est la communauté de Feissons qui reçoit des lettres patentes d'inféodation et d'inaliénation.

Description

Le château de Feissons avant rénovation

Le château a été rénové recemment et voici comment il était avant cette rénovation

Le château de Feissons restitué

Dans une enceinte de plan barlong, avec un angle à pans coupés, se trouve le donjon cylindrique du XIII e siècle, haut de 26 mètres. Un peu plus loin, un grand logis rectangulaire datant de 1536 est en cours de restauration.

Plans et dessins du château de Feissons

Le donjon est à peu près entièrement conservé, à l'exception d'une partie de son couronnement. La partie inférieure extérieure est construite en moellons ordinaires réunis par du mortier. Les murs, qui forment une retraite à chaque étage, ont 2,80 m d'épaisseur à la base et 2,24m au sommet.

Le donjon avait cinq étages séparés par des planchers de bois. Il était terminé par une plate-forme couronnée d'un parapet crénelé à ciel ouvert avec chemin de ronde. Le seuil de sa porte est à 8 m au-dessus du sol extérieur. Une seule cheminée existe au premier étage, en tufs taillés.

Le logis du XVIe siècle, comportait quatre étages, y compris les combles. Il est flanqué à ses quatre angles de tourelles existantes, fermées, ne communiquant avec le logis que par une porte intérieure à chaque niveau. L'entourage des baies est en pierre de taille en grande partie arrachées, et les murs sont en petits moellons.

Actuellement, c'est une propriété privée.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos :

- Jimre (2022)



Posté le 22-10-2022 20:02 par Jimre

Tour Montmayeur

La tour Montmayeur

Situation

Aime la Plagne

Dans la ville, on trouve sur l'avenue de la Tarentaise la basilique Saint Martin et non loin de là, à l'angle de la rue de la Gare et de la voie ferrée, on peut apercevoir cette tour.

Histoire

Aime appartint dès le XIIe siècle au comte de Savoie qui s'y faisait représenter par les vicomtes de Tarentaise, les Briançon, dont Aime est peut-être le berceau, plus qu'Aigueblanche, selon L. Chavoutier. Après quatre ou cinq générations de pouvoir des Briançon, la vicomté fut transmise aux sires de Montmayeur, grands barons issus du Grésivaudan vers 1221. Ce sont eux qui établirent les deux tours du château de Saint-Sigismond, mais surtout la tour de Montmayeur, point fort de la ceinture fortifiée qui protégeait le bourg d'Aime, reliée à la tour du Maney, à la tour carrée qui existe encore de l'autre côté du pont sur l'Ormente, et à la tour de Poëncet, sous la route de Tessens (tour ronde toujours visible derrière le pavillon des religieuses d'Aime).

Les Montmayeur jouèrent un rôle très important en Savoie, et eurent de nombreux fiefs : Aime, Villard-Sallet, Apremont, etc. ; certains d'entre eux furent inhumés dans l'église Saint-Martin d'Aime, leur sépulcre a disparu, mais il était représenté sur le plan fait en 1696 par le doyen Dusaugey.

La tour est mentionnée lors de l'inféodation en 1392 à Claude de Montmayeur, puis en 1447 noble Humbert de Montmayeur et son frère Claude en sont investis.

La tour commandait aussi un pont à péage sur l'Isère.

Description

La tour ou maison forte se compose d'un logis rectangulaire, flanqué et dominé sur l'un des grands côtés par un donjon carré de 9,55 mètres de côté hors œuvre, sur 19,30 mètres de haut, avec des murs épais de 2,40 mètres. Une grosse cage d'escalier cylindrique accostée à la tour dessert l'habitation, dont elle ne dépasse pas la hauteur du premier étage. L'ensemble est encore relativement en état.

Les angles, les pieds droits des portes et des meurtrières, les claveaux des arcs sont composés de cailloux roulés de l'Isère noyés dans un mortier de chaux. La tour contenant l'escalier est de beaucoup postérieure au donjon qui paraît remonter au XIIe siècle, alors que la porte de la tour d'escalier et la fenêtre du premier étage du donjon sont fin XVe ou début XVI e siècle. Un peu plus loin, à droite de la tour de Montmayeur, on aperçoit encore un peu les traces d'une tour ronde, non loin de la voie ferrée, et une autre tour ronde paraît avoir été détruite lors de la construction de la voie ferrée, elles balisaient le mur d'enceinte du bourg.

Le sommet du donjon Montmayeur était couronné de mâchicoulis, dont certains sont encore discernables au sud et à l'ouest, ce qui permit à l’architecte Borrel de restituer l'élévation du bâtiment en plan.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos :


- Jimre (2022)


Posté le 22-10-2022 19:44 par Jimre

Tour de Boson

La Tour de Boson

Situation

Petit-Coeur

Savoie - Arr. : Albertville

Canton : Moutiers

Au-dessus de l'église sur une colline, au bout du chemin rural dit du Château.

Histoire

La première mention historique de cette tour date du 10 juin 1447, lorsque Thomas du Châtelard prête hommage au duc Louis pour la maison forte.

En 1630, elle appartient à Jean-François Dutour de Villeneuve surnommé "La Motte". François Dutour fonda en 1665 une chapelle dans l'église de Petit-Cœur, dédiée à Notre-Dame, saint Joseph, saint Claude et saint François, le tableau de la chapelle du Rosaire portait ses armoiries.

Les nobles du Châtelard avaient, quant à eux, érigé une chapelle Sainte-Marguerite dans le cimetière.

En 1730, la tour appartient à noble Bozon Péronne, mais à la Révolution, elle est à des paysans du cru.

Description

Dessins de la Tour de Boson

L'ensemble est formé de trois bâtiments : le logement au seigneur (A), le batiment pour les fermiers (B) et la tour proprement dite (C). la distance entre le château et la tour n'est que de 1,40 m. On communiquait par un souterrain existant, de 6 m de long, 2 m de large et 2 m de haut, creusé à la pointe dans une roche schisteuse, ou encore par une porte sur la façade aval, à 10 m de haut, débouchant au premier étage; l'habitation du seigneur, élevée sur cave avec rez-de-chaussée et premier étage, avait au premier des fenêtres jumelées couronnées par deux arcs en ogive reposant à leur point de contact sur une colonnette (XIIIe siècle).

Le bâtiment pour les fermiers comprenait une écurie et un cellier en sous-sol.

Le donjon, à trois étages, possédait deux meurtrières au premier, l'une verticale, l'autre horizontale munie de deux bancs de pierre. Au second, une meurtrière verticale (0,70 m x 0,12 m) et des latrines dans l'épaisseur du mur. Il était surmonté d'un crénelage - effondré - à 2 m environ de la plate-forme.

Les arcs en tiers point, la forme des meurtrières, les angles et encadrements des baies, le cordon d'empâtement en pierres de taille, semble indiquer pour E.-L. Borrel, une construction de la seconde moitié du XV e siècle sous Thomas du Châtelard. Mais on peut le faire remonter à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe la famille du Châtelard étant aussi connue dès 1313.


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos :

- Jimre (2022)


Posté le 22-10-2022 19:15 par Jimre

Blay


Château ou Maison forte de Blay

Situation

Savoie - Arr. : Moûtiers

Canton : Albertville

Sur la commune d’Esserts-Blay.

On arrive au château par un chemin qui part à droite de l'église. La construction domine sur un promontoire la plaine de Langon et celle de La Bâthie, face à l'usine hydro-électrique d'Arbine.

Histoire

Le château de Blay, sis sur une commune dont les forêts ont été " essertées" aux XIIe et XIIIe siècles, est lié à la famille des Romestang d'Avallon, mais Blay provient du nom d'homme latin Blasius, qui laisse supposer la présence d'une villa. Les Avallon se sont implantés le long de la route médiévale allant à Pontcharra (Isère) et ont possédé des « alleux », terres tenues en toute souveraineté, le long du vieux chemin des Millières de Saint-Paul-sur-lsère.

Blay faisait partie, avec Saint-Paul et Saint-Thomas des Esserts de l'alberge des Avalon probablement depuis 996, date à laquelle le roi de Bourgogne Rodolphe III donna le comté de Tarentaise à l'archevêque Amizon, qui délégua une partie de ses revenus et pouvoirs.

Un acte de partage entre demoiselle Marie d'Avalon, mariée à Nicod de Salins et son frère noble Guigue d'Avalon, entre 1388 et 1422, précise que « luy arriva des biens de Bleys, Saint-Thomas des Esserts et la coseigneurie de Saint-Paul pour sa part d'héritage. Ledit Nicod (d'Avalon) fit bâtir à neuf le château de Bleys, il y a environ deux cents ans ».

Nous voici fixés sur le nom du constructeur : Nicod d'Avalon, et la fourchette de la date : entre 1188 et 1222, ce que confirme l'architecture de ce donjon pourvu de tourelles d'angle.

La première mention de la seigneurie de Blay détachée de celle de Saint-Paul, date de 1354 : François d'Avalon, investi du fief de Saint-Paul, passe la seigneurie de Blay à François de Salins, marié à une fille d’Aymeric d’Avalon. Le 3 Juin 1390, François de Salins reconnaît tenir la seigneurie de Blay en fief du Très Illustre Prince Amédée VIII comte de Savoie, mais, à sa mort, la seigneurie de Blay sort de cette famille pour quelques années. On ignore totalement pourquoi, le 28 juin 1418, l'investiture fut donnée à l'archevêque de Narbonne François de Conzié, héritier de son neveu Jean de Conzié.

Toutefois, en janvier 1432, Nicollet, arrière-petit-fils de François de Salins, reconnaît la seigneurie de Blay en faveur du duc de Savoie Louis, comme héritier de son parent François de Salins. Son fils Urbain de Salins n'ayant eu qu'une fille, testa en sa faveur le 23 février 1535, et cette même Jeanne institua comme héritier universel le 11 décembre 1537 son mari Jean, fils de Mermet de Riddes seigneur de Flumet et de Megève, qui très prudemment, pour éviter d'éventuelles difficultés dues à un fidéicommis chez les Salins, acheta le 5 novembre 1536 à Urbain de Salins les terres de Blay et Saint-Thomas. Cela n'empêcha pas les nobles Chappot, héritiers fidéicommissaires de lui intenter un procès. Jean de Riddes perdit, par une série de sentences arbitrales, en 1543 et 1544, une partie de ses biens, dont la maison de Salins ou château de Melphe à Salins. Ayant prêté serment de fidélité au roi François Ier lors de la première occupation de la Savoie par la France, Jean de Riddes testa le 15 janvier 1565, transmettant terre et seigneurie à son fils Antoine Gaspard et à sa fille Thomassine, en cas de décès de son frère sans descendance, ce qui advint. C'est ainsi que par testament du 15 novembre 1615, Antoine-Gaspard de Riddes institua pour héritier le fils de Thomassine, noble Gaspard du Verger, qui hérita aussi de sa mère. Après un partage entre Gaspard et François, les fils de Gaspard du Verger, Blay fit partie du lot de François, chef de la branche cadette. La branche aînée avait son château à Grand-Coeur, et s'installa après 1815 à Moûtiers.

La branche des du Verger de Blay s'éteignit au début du XIXe siècle.

Il y avait longtemps que le château de Blay était inhabité. Sa dernière occupante fut dame Antoinette, fille de feu Laurent de Conflans, première femme du dernier des Riddes : elle dicta son testament au château de Blay et y mourut le 9 décembre de la même année. Une tradition rapporte que dans la nuit de Noël de 1599, sans que l'on sache pourquoi ni comment, le château prit feu : le toit et les plafonds s'effondrèrent, et il ne fut pas restauré. Le veuf, Gaspard de Riddes était alors absent, au service du duc de Savoie. Il était déjà remarié à Jacqueline de Salins, veuve de Gaspard de Verboz. Dans son testament de 1616, fait « dans sa maison neuve de Beauséjour » à Saint-Paul-sur-Isère, près du pont, au Cavagnet, il attribue à sa femme et à ses deux filles une somme d'argent en compensation des effets qui avaient été brûlés dans cet incendie.

Description

L'architecte Borrel qui en releva le plan à la fin du XIX e siècle pense que la quatrième tour du château de Blay ne fut jamais construite et qu'il fut édifié à la fin du XIVe siècle.

Or l'on sait qu'il fut construit à la toute fin du XIIe ou au début du XIII e siècle, et il peut s'agir d'un donjon rectangulaire avec quatre tourelles d'angles en saillie, et probablement une cinquième faisant face à celle qui a disparu, à la poterne d'entrée, située à l'angle nord-ouest, où l'accès est le plus facile.

Reprenons la description de Borrel : les murs épais sont construits en petits moellons bruts liés par du bon mortier de chaux et de sable. Les trois autres angles de ce logis rectangulaire comportent des tourelles en saillie à quatre niveaux, qui étaient couronnées de créneaux. Des meurtrières sont à l'intérieur de petites niches pouvant contenir un homme de garde, et sont surmontées d'arcs très aplatis. Les tourelles communiquaient avec l'étage correspondant du corps principal du château, qui comportait trois étages au-dessus du rez-de-chaussée.

Au rez-de-chaussée, cellier, caves, la cuisine au nord en surélévation par rapport à la partie sud.Au premier : haut de 4,30 mètres, trois pièces à cheminée dont l'aula ou grande salle, éclairée par deux croisées à coussièges et dotée de deux cheminées. Elle communique avec la cuisine, au nord, et avec la chapelle installée dans la tour sud. Le second, haut de 3,80 mètres, était divisé en cinq ou six pièces, et les greniers occupaient le troisième étage, avec 2,50 mètres de hauteur. Seul le rez-de-chaussée et le premier étage de la tourelle du sud-est étaient voûtés. La porte au nord-ouest était défendue par des meurtrières. Un escalier droit conduisait aux différents étages, pris dans la première pièce du nord-ouest.

Parmi toutes les pièces, on a identifié deux chambres, au premier et deuxième étages, possédant chacune une cheminées, latrines et fenêtres à coussiège. Le troisième étage pourrait avoir servi de pigeonnier.

Toutes les fenêtres ont un encadrement en pierres de taille et sont surmontées à l'intérieur d'un arc surbaissé. Les deux plus grandes ont un double meneau. Une porte à accolade précise ces travaux d'aménagement à la fin du XVe et au XVe siècles.

Si quelques éléments défensifs ont été conservés, le caractère résidentiel de cette maison forte est bien affirmé.

Ajoutons que des traces très apparentes de feu sur les parements intérieurs confirment la tradition du grand incendie de Noël 1599.

Le diable Gribouille au château d'Esserts-Blay.

Il ne s'agit pas tellement d'une légende mais d'un fait qui s'est déroulé en ces lieux aux alentours des années 1875 :

Deux malins ayant voulu faire croire qu'un trésor était caché dans les tours du vieux château, se firent remettre par une demi-douzaine de gens confiants, sous le sceau du secrets la somme de 250 francs pour aller à Genève acheter le Grand Albert ou les Clavicules de Salomon. La somme étant insuffisante, on monta jusqu'à 1 200 francs. Quinze jours plus tard, le " magicien" convoquait ses ouailles à Conflans, leur présentant un vieil infolio en latin, le seul « Grand Albert » existant en Suisse, et leur donna ses indications. Chacun devait se rendre séparément à Blay le soir de Noël, et l'on se retrouverait au château à onze heures du soir. Une fois sur les lieux, on s'apprêta à convoquer Satan.

Le second compère, dans la salle en ruines, se préparait pour jouer son rôle, il s'affublait d'un grand manteau noir, se coiffait d'une perruque et d'une barbe rousse avec un chapeau tricorne, s'attachait aux pieds des chaînes, et tenait devant lui un grand plat avec des étoupes d'eau de vie. Il avait ordre d'allumer les étoupes à la première évocation et d'avancer à la troisième. Le Diable du jour n'était autre que Gribouille. Le « porteur du grand in folio » s'avança au milieu des décombres vers la grande salle, ouvrit son livre et adjura solennellement le Diable :

« Diable Gribouille, sors des Enfers et parais devant moi » : la lueur bleuâtre s'éleva dans le fond de la salle.

« Diable Gribouille, obéis à ma voix, sors des Enfers et parais au milieu de nous » : un bruit de chaînes, un pas lent et pesant qui s'approche... et nos chercheurs de trésors s'enfuient à toutes jambes par les différentes issues. Le magicien les rejoignit et leur adressa les plus vifs reproches : ils avaient laissé échapper la fortune par couardise et en violant leur serment, et il leur intima le silence.

En fait le secret ne fut gardé que pendant trois ans, les victimes allèrent même consulter les hommes de loi d'Albertville, mais le cas n'était pas facile à résoudre...

Le jeu du « coinchon » 

Le château appartient en indivis à quatre propriétaires, mais son esplanade est aménagée en terrain de jeux. L'abbé Hudry raconte que cette esplanade est le théâtre d'un jeu original, mais joué autour d'Albertville, dans la haute vallée de l'Arve, la région du Giffre, le Chablais et du côté de Bourg-Saint-Maurice.

L'après-midi de Pâques, après les Vêpres, les Blaicherains se rendent près du château, pour ce jeu réservé aux hommes :

Un gros dé ou cube de bois de 20 cm de côté, appelé domino, et, pour chaque joueur le coinchon (ou cornichon, ou coution), qui est une sorte de maillet fait d'une branche de houx ou d'osier à l'extrémité de laquelle on a laissé un morceau du tronc qui la portait, et une baguette d'environ un mètre : la servante.

Le premier joueur désigné par le sort place la servante sous ses pieds en disant « le domino va devant, moi après, un tel après ». Il lance le dé puis son coinchon aussi près que possible. Le dernier s'empare de la servante en disant « faute de valet j'emporte la servante ». On compte les perdants, ceux dont le coinchon est le plus loin du domino.

On peut multiplier les difficultés : lancer le coinchon dos collé aux murs du château, le lancer par-dessus la tour, dans un buisson, etc.

A la tombée de la nuit, le goûter est payé par les amendes des perdants. Il peut être copieusement arrosé...


Sources : 

fournie par Nano.M: Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- panneau présent sur le site lors de la visite.


Photos :

- Jimre (2022)


Vidéo:

Vidéo aérienne du château, prise avec notre drone.

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...

Si vous voulez voir les vidéos que nous faisons lors de nos déplacements en dehors de cette thématique, la playlist des "Videos de vacances" est également disponible. 

Posté le 22-10-2022 11:53 par Jimre

Tour Gaillarde

La Tour Gaillarde

Situation

Plancherine

Savoie - Arr. : Albertville

Canton : Crésy-sur-lsère

La tour domine Plancherine et la RD 64, adossée à la montagne.

Histoire et description

Dérasé, ce grand bâtiment conserve trois niveaux et des ouvertures trilobées, dont une géminée au second niveau, qui le font remonter au XIV e siècle, sans compter une fenêtre barraudée à arc en accolade au rez-de-chaussée.

Il se peut que la tour ait été construite par la famille de Beaufort, et ait fait partie d'un ensemble beaucoup plus important.

Au XVIe et au XVIIe siècle, la tour fut utilisée comme résidence d'été des abbés commandataires de l'abbaye proche de Tamié, mais il est certain que dès le XIIIe siècle, les moines, dont l'abbé était seigneur temporel de Plancherine, y ont eu une maison forte.

En 1509, dom Alain Lacerel, successeur de Jacques-François de Chevron, y réside probablement. Il fait faire l'adduction d'eau de la maison forte par " borneaux" (conduits de bois), de la Fontaine de Duy, sous Versonnaz, jusqu'à la tour.

En 1538, Pierre de Beaufort, âgé de 17 ans, devient prieur général de Citeaux en Savoie et en Dauphiné. La même année, François Ier envahissait la Savoie. Il abrita tranquillement ses sept bâtards dans la maison forte de Plancherine, que la malignité publique surnomma alors " la tour gaillarde".

Jean de Chevron lui succéda, mais il se démit de ses fonctions en 1595 en faveur de François-Nicolas de Riddes : l'ère des réformes commençait pour l'abbaye de Tamié. Entre 1595 et 1645, il signa de nombreux actes dans cette maison où il paraissait résider plus volontiers qu'au monastère.

C'est dom de Somont (1659-1701) qui, pour symboliser la réforme, fit démolir la résidence des abbés à Plancherine, vers 1677, Rancé lui ayant donné quatre religieux, il put mener à bien la réforme religieuse et construire la nouvelle abbaye.

Nous n'avons conservé que la partie basse, qui porte toujours le nom de tour gaillarde, alors qu'au XVI e siècle, on pouvait y admirer une chapelle très décorée et des appartements luxueusement meublés. Les bourneaux amenaient l'eau à plusieurs bassins où nageaient des cygnes. Une longue allée de charmes côtoyait un jardin fourni des plantes les plus rares. De la terrasse, la vue s'étendait sur la Combe de Savoie et les massifs alpins. Plancherine était le rendez-vous de tous les seigneurs du pays au moment des vendanges et de la chasse.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

 

Photos:

- Nano.M (2022)


Posté le 20-10-2022 08:17 par Jimre

Les Hurtières

Château des Hurtières (ruines)

Situation

Saint-Georges-Des-Hurtières

Savoie - Arr. : Saint-Jean-de-Maurienne

Canton : Aiguebelle

Les ruines sont à 800 mètres d'altitude au-dessus du hameau du Boschet, en vue du col du Cucheron.

Histoire et description

Entre La Chambre et Aiguebelle, la vallée de l'Arc est encadrée par deux lignes de montagnes élevées séparées par une dizaine de kilomètres : à droite la chaîne de La Lauzière, à gauche le massif des Hurtières, dont le seul col praticable est celui du Cucheron, qui débouche à Aiguebelle.

C'est ce col qui défendait le château, qui appartint à l'une des plus anciennes familles de Savoie : les Urtières. Peut-être exercèrent-ils dès le siècle leur seigneurie sur les trois communes de Saint-Georges-des-Hurtières, Saint-Alban et Saint-Pierre-de-Belleville sous la suzeraineté des comtes de Maurienne. Ils n'apparaissent officiellement que le 20 févier 1296 lorsque Amédée V de Savoie et Nantelme des Urtières passent un acte réglant les conditions d'exercice de la juridiction sur les Urtières en reconnaissant à ce dernier toute justice et tous droits féodaux sur les Hurtières. 

Nous connaissons cependant Nantelme, qui vit en 1198, fils et petit-fils de seigneurs portant les prénoms de Nantelme et d'Antelme. Le Nantelme qui vivait en 1290 eut trois fils, Jean qui lui succéda, le second, Aimon, qui fut évêque de Maurienne, et Antelme qui devint abbé de Saint-Rambert-en-Bugey. Par ailleurs ils fournirent aux comtes de Savoie de nombreux administrateurs : baillis, châtelains, chefs d'armes.

A la fin du XIIIe siècle, Amédée d'Urtières, sans postérité, a pour successeur Jean de Miolans. Une branche des Miolans reprend alors le nom d'Urtières et devient les Miolans-Urtières.

Le 6 juin 1348 Pierre des Urtières jura avec les principaux seigneurs de Savoie un traité d'alliance contracté avec la Maison de Bourgogne, et assista le 16 août Amédée VI. Lorsque ce dernier entreprit sa grande Antelme marié depuis 1354 à une princesse de Savoie Achaïe. Un autre, Amédée, devint l'un des exécuteurs testamentaires du comte Amédée VI dont il accompagna le corps lors de la sépulture à Hautecombe.

Les Urtières s'éteignirent au XV e siècle, le dernier représentant, mort sans postérité mâle, vendit tous ses biens à Louise de La Chambre le Il mars 1489. Un siècle et demi plus tard Louise de La Chambre cédait le fief à Thomas de Savoie prince de Carignan. Lui succédèrent le 22 février 1687 le sénateur et baron Jean-Baptiste de Castagnery, puis le banquier Marchisio.

Les terres devinrent par la suite propriété de l'Hôpital général de Chambéry, et étaient en 1957 à un entrepreneur de métallurgie qui en exploitait les mines de fer et de cuivre.

Nous manquons de détails sur le château de Saint-Georges. Des ruines imposantes subsistaient encore en 1850, qui le dataient selon certains du VIIIe siècle... plus probablement du XIIe siècle. Elles ont à peu près disparu. On sait seulement que le château fut détruit en 1536 par les troupes de François Ier et ne fut pas relevé. 

Les mines des Hurtières furent exploitées dès longtemps : en 1338 Pierre Milan, de Montmélian, fut concessionnaire des mines de fer et de cuivre. Il appartenait à une famille qui fabriquait à Montmélian des armures célèbres et des épées au XIVe siècle.

Sur la mappe sarde de 1730 les ruines du château se dressent encore parmi les broussailles et les champs.

Aujourd'hui subsiste encore un mur en "arête de poisson", méthode de construction typique du Moyen Age.

Légende

Une légende racontait qu'un des châtelains de Hutières obligeait les paysans à frapper l'eau de l'étang avec des bâtons...pour que le chant des grenouilles ne trouble pas son sommeil...


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- panneau présent sur le site


Photos :

- Nano.M (2022)


Posté le 19-10-2022 18:04 par Jimre

L’Heuille

Château de l’Heuille ou de l’Aiguille

Situation

La Table

Savoie - Arr. : Chambéry

Canton : La Rochette

Dans La Table, prendre la RD 23 qui longe le plateau de l'Huile, en direction d'Etable. A 3 kilomètres, prendre à gauche la route vers le hameau du Defay. Les ruines sont à l'extrémité du plateau, au Pic de l'Huile, à 926 m d'altitude.

Histoire

Sur une excroissance calcaire, ce château émergeait à droite de la pointe, comme une coque de navire. Il défendait l'entrée en Maurienne par le col du Cucheron. Les plus anciens seigneurs connus, après les nobles du Gua et Jean d'Arvillars, qui le céda à Pierre de Morestel en 1258, sont la dynastie des Chabert de Morestel (XIIIe et début du XIVe siècles). Ils avaient des possessions dans toute la vallée d'Allevard-La Rochette, artificiellement divisée entre Savoie et Dauphiné au XIe siècle.

Le dernier des Morêtel eut pour héritier, peu après la guerre du Faucigny, un comte de Seyssel-La Chambre, seigneur de La Rochette en 1356. Dès lors, les deux châtellenies de l'Heuille et de La Rochette se fondirent ensemble petit à petit. Le château n'avait qu'une tour au XIIIe siècle, outre le logis seigneurial dont la salle peinte est signalée. En 1469, quatre tours sont bâties et entourent le donjon primitif. Elles font face à chacune des quatre issues souterraines ou caponnières qui vont du premier fossé au second, sous le gros rempart de 10 m de haut, qui subsistait encore en 1929.

En 1481-82, Grolée de l'Huis, agent de Louis XI y fut retenu prisonnier par le comte Louis de La Chambre, alors gouverneur général de Savoie, au nom de son souverain encore mineur. Mais c'est la guerre de 1597 qui mit en relief l'importance de ce château fort qui va résister plus d'un mois au régiment d'Auriac. Enfin, Lesdiguières lui-même, après avoir emporté le château de Charbonnières à Aiguebelle, se rendit à La Table, dont il brûla l'église. Il fit venir trois canons qui avaient déjà servi contre le château de La Rochette, le port de Châteauneuf, Chamousset et Aiguebelle. « On eut prou peine à faire monter le canon quatre jours durant ». La batterie dura du 1er au 4 août 1597. On tira 70 à 80 coups, sans toutefois faire de brèches, car la muraille était bonne - du schiste taillé à vif- et renforcée par de la terre à l'intérieur. Le 5 août, une capitulation des plus honorables fut conclue. Les assiégés, 39 paysans, en comptant leur commandant, le sieur Bay, défilèrent avec armes et bagages, tambour battant, mèche allumée et balle en bouche.

Lesdiguières fit restaurer la place forte et la conserva jusqu'après le traité de Vervins. II l'occupait encore au traité de Lyon, jusqu'à ce qu'il soit désintéressé par le duc de Savoie qui racheta le château le 1 er mai 1606 à Pierre de Seyssel La Chambre pour 10 000 écus d'or à 7 florins et 10 sous pièce, payables en trois ans sur ses deniers de Milan. Mais, en raison du traité du Brusol, par lequel Henri IV promettait la Lombardie au duc de Savoie, celui-ci résilia l'achat du fort. En 1630, eut lieu un nouvel assaut par le régiment de Rambure, aidé de deux pièces de canon. La garnison, à peine composée d'une compagnie, finit par se rendre. Ce que Lesdiguières avait épargné, Richelieu le fit détruire implacablement : les énormes murailles du donjon, fortes de 3,40 m d'épaisseur gisent depuis en gros blocs qui ont roulé jusqu'au rempart.

Il n'en reste que des ruines que l'on disait hantées par des « esprits femelles » au XIXe siècle.

Le seigneur de Monet (Coise - Saint-Jean-Pied-Gauthier), Jean II de Montchabod, y fut retenu prisonnier.

La chronique locale raconte l'évasion miraculeuse d'un autre prisonnier qui y était détenu en 1496. En effet, le notaire Jean-Baptiste Truchet, après avoir été soumis à la question, y séjournait depuis plus de six mois, chargé de fers dans un cachot. Il implora son saint patron Jean-Baptiste, lui promettant un magnifique cierge s'il recouvrait sa liberté. Ses fers se brisèrent comme du verre, les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes et le notaire captif, rendu invisible aux yeux des sentinelles, se laissa glisser avec une corde depuis le donjon. Par la suite, il accomplit son vœu : à une demi-lieue avant Saint-Jean-de-Maurienne, il se traîna sur les genoux vint se prosterner au pied de l'autel, faisant célébrer une messe et offrant un cierge. Puis il consigna par écrit le miracle.

Le château, ou plutôt ses restes, passa en 1783 au marquis de Coudrée. 

Le fief de l'Heuille était très important, il comprenait treize villages. Louis de La Chambre, comte de l'Heuille et seigneur de La Rochette, vers 1480, développa la métallurgie, les filatures et l'exploitation minière sur ses terres. Il fut enseveli en 1505 sous un mausolée de marbre noir aux Carmes de La Rochette.

Description

On peut encore voir des ouvertures de souterrains, deux larges passages couverts aux angles nord et ouest du rempart, des fonds de citerne et les fossés qui semblent de vrais ravins.

Le château mesurait 100 m de long sur 20 m de large, avait la forme d’un quadrilatère, avec deux fossés.

Au XVIIIe siècle, il ne se composait que d’une maison et d’une tour au centre de l’enceinte et au XVe siècle, on lui édifia quatre tours.


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


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- Nano.M (2022)


Posté le 19-10-2022 17:31 par Jimre

Châteauneuf

Tour de Châteauneuf (ruines)

Situation

Savoie - Arr. : Chambéry

Canton : Chamoux

Au lieu-dit La Tour, sur la butte qui domine immédiatement la rive gauche de l'Isère. Prendre un chemin partant de la RD 202, après le chef-lieu.

Histoire et description

De ce château important, construit pour surveiller le passage de l'Isère, à hauteur du bac de Paux, qui reliait les deux rives, et l'amorce de la route des Alpes par la Maurienne et le mont Cenis, il ne reste qu'une base de tour et quelques pierres éparses dans la végétation.

Remonte-t-il, comme le pensait l'abbé Bernard, à l'époque carolingienne ?

En tout cas il fut cité pour la première fois en 1015 : novum castellum super Isaram. A cette époque vit Boson de Châteauneuf, dont le fils Amoudry est chevalier en 1081. Mais, en 1283, Châteauneuf est la possession de la famille de La Chambre, vicomtes de Maurienne, alliés aux Miolans-Charbonnières, vicomtes d'Aiguebelle.

Le comte Louis de La Chambre l'énumère au nombre de ses fiefs en 1478, 1484, 1497 et 1504.

Mais le château lui-même fut détruit en 1491, sous le règne de Blanche de Montferrat (1489-1496), la veuve du duc Charles Ier dit le Guerrier. Elu gouverneur de la Savoie, il s'attira la haine de la régente lors des multiples difficultés soulevées en Savoie par la politique de Louis XI, qui fit raser son château de peur qu'il ne s'y retranche. Cependant Jean de La Chambre fut encore investi du fief en 1566. La seigneurie passa ensuite aux Battefort de l'Aubépin, qui la vendirent en 1639 aux Castagneri.

Ces émigrés génois, arrivés en 1510 en Savoie avec la permission d'exploiter les mines du duché et d'y élever des usines pour la fonte des minerais extraits, installèrent successivement leurs ouvriers au Bourget-en-Huile, à Argentine et aux Hurtières. Ils acquirent richesses, honneurs et la baronnie de Châteauneuf. A la cinquième génération savoyarde, ils étaient représentés par l'aîné, Pierre-Antoine, mort en 1728, prévôt des marchands de Paris, conseiller d'Etat, et homme de confiance de Louis XV, Jean-Baptiste, seigneur de La Thuile-sur-Montmélian, et François « abbé de Châteauneuf », parrain et bienfaiteur de Voltaire.

La seigneurie fut érigée en baronnie de Châteauneuf le 10 décembre 1776 en leur faveur. Mais si les Castagneri possédaient les ruines de la vieille tour du XIe siècle (no 1134 mappe), ils habitaient au hameau de Boitard (no 1236) une belle maison de maîtres, achetée en 1687 au prince de Savoie Carignan, qui fut détruite par un incendie en 1844. En 1778, le jeune Jean-Baptiste Castagneri était accusé de « se livrer à la crapule avec des paysans et d'organiser le pillage des poulaillers... ».

On trouve à Châteauneuf de belles maisons du XVIII e siècle : Tardevel, très restauré au XIXe siècle qui était en 1729 à noble Jean-François de Veigié de Lépigny, Maltaverne, qui appartint au notaire Savey, à M. Balmain, à présent à ses neveux, la ferme Julliancin. Tardevel appartient à la famille du Noyer de Lescheraines.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


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- Nano.M (2022)


Posté le 19-10-2022 11:44 par Jimre

Tour d'Hery

Château comtal (ruines)

Situation

UGINE

Savoie - Albertville

Canton : Ugine

Dans la partie haute d'Ugine, prendre la RD 109 en direction d'Héry-sur-Ugine. On accède aux ruines après le troisième lacet à droite. A 683 m d'altitude.

Histoire

Maison forte de Beaufort (disparue) Le no 249 de la mappe sarde de 1738 correspondait à l'emplacement de l'ancienne maison forte de Beaufort. Dans la première moitié du XVIe siècle, la branche de Beaufort, seigneurs d'Héry, était encore très puissante dans toute la région. Dès le milieu du XVII e siècle, leurs descendants, les du Coudray de Blancheville font partie de la haute aristocratie chambérienne et ne conservent à Ugine qu’une maison déjà délabrée habitée par le fermier général du domaine.

Ces biens parviennent ensuite à la famille des Anselme, comtes de Montjoye, et seront vendus en un seul lot le 9 septembre 1767 à honorable Jean Pontenier.

Ugine était l'une 17 châtellenies du bailliage de Savoie, à la limite de l'ancien Albanais dépendant des comtes de Genève.

Le château comtal, antérieur au XIII e siècle, possède une situation insolite puisqu'il est à une lieue du bourg. Il semble avoir eu une double mission, d'abord le contrôle de la liaison directe entre Savoie propre et Faucigny, ce pour quoi il domine la route médiévale de l'Arly, passant par Héry, et d'autre part la surveillance de la Cluse entre les massifs des Bornes et des Bauges, et la basse vallée de l'Arly. Ugine est une très ancienne possession des Humbertiens. Au début du XIIIe siècle, sous le règne de Thomas Ier, elle fait partie du domaine comtal, mais en 1221, le comte concède le château à Aymon de Pontverre. Il lui fait rapidement retour puisqu'en 1233, à sa mort, château et mandement passent à son fils Boniface, futur archevêque de Cantorbery.

En 1271, le château fait retour au domaine comtal sous le comte Philippe.

La période d'essor d'Ugine est freinée à partir de 1285 par les guerres entre les Dauphins de Viennois et les comtes de Savoie, et la ville est incendiée en 1307. Lorsqu'en 1355, le conflit se termine par l'échange du Faucigny, Ugine perd de son importance militaire, et à la fin du XIV e siècle, la châtelIenie est inféodée. Le premier bénéficiaire sera Catherine de La Chambre en 1393, puis Pierre de Villette au début du XV e siècle. Il arrive qu'un prince de Savoie soit de nouveau apanagé d'Ugine, comme Janus de Savoie dans la seconde moitié du we siècle.

Le château, qui avait atteint son apogée en 1280, subit des dégâts en 1285 et 1335. A partir de 1339, il fut de moins en moins entretenu. Au XVe siècle, les documents concernant la Maison de Savoie ne mentionnent plus que la tour et les rourailles. Cependant, Ugine fut érigé en comté en faveur du président du Sénat, Claude-François Ducret en 1681, et les sommes perçues à cette occasion servirent à régler les dépenses du mariage du prince savoyard avec l'Infante du Portugal.

Description

Un chemin dirigé nord-sud part de la route d'Ugine, dessert quelques constructions probablement installées à l'emplacement des granges anciennes et longe tout le château sur son flanc est, avant d'y pénétrer par le sud.

Par la porte de la basse-cour, peut-être dominée par une tour dite tour inférieure, on accédait jadis à la partie la plus basse du château. Basse-cour en forme de croissant, sur 30 m de long, fort élevée par rapport au chemin d'accès, dont quelques vestiges, sous réserve de vérifications, semblent affleurer le sol actuel. Au nord se dresse une motte féodale dégradée, en forme de tronc de cône, de dimensions réduites - 10 m de haut et 15 m de diamètre pour la plate-forme sommitale – sur laquelle on croit reconnaître une haute cour avec peut-être à l'ouest, des constructions, et d'autre part la tour carrée appelée dans le pays " tour sarrasine", Cette tour d'environ 10m de côté, est enfoncée dans la motte dont elle occupe l'angle sud-est. Elle peut être considérée comme le donjon et possède deux étages voûtés.

Il existe à l'intérieur, sous le rez-de-chaussée qui en permettait l'accès, une cave profonde d'une dizaine de mètres. Après l'amenuisement du rôle militaire, on perça au niveau du sol de la cour, une double porte gothique, actuellement murée, et une embrasure en très belle pierre de taille, longeant en forte pente dans le ratier, soit cave. Le rez-de-chaussée est placé très haut, à environ 8 m au-dessus de la haute cour. Il a pour accès une porte romane de plus de 2 m de haut, suivie d'un couloir dans l'épaisseur du mur : c'est le dispositif classique du donjon roman pour éviter les attaques par surprise. Ce couloir donne sur une grande salle dont le plafond a été voûté d'ogives, à une hauteur de 6 à 8 m, peut-être sous Boniface de Savoie.

Les murs extérieurs du donjon sont constitués par un petit appareil de schistes taillés, assemblés avec du mortier de chaux très dur. Pour les chaînages d'angles, on a utilisé de gros blocs de calcaire. L'épaisseur des murs est d'environ 2,50 m.

Dans l'enceinte se trouvait vraisemblablement une chapelle, disparue aujourd'hui, citée sous le vocable de saint Georges et Notre-Dame dans une visite pastorale de 1343.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos :


- Nano.M (2022)


Posté le 18-10-2022 14:03 par Jimre

Cornillon

Château de Cornillon (ruines)

Situation

Dans la forêt de Cornillon, à la limite extrême de la commune de Queige avec celle de Césarches, à près de 1 000 m d'altitude. Pas de chemin pour y accéder, le meilleur accès semble la RD 925 d'Albertville à Queige, et, au pont des Roengers, le chemin menant aux Revils puis au Villaret.

Histoire

Dès la fin de l'époque carolingienne Cornillon a des seigneurs, mais le premier document authentique date de 1180 : Guillaume Ier de Cornillon est témoin à une donation faite à l'abbaye d'Hautecombe. En 1213, Pierre et Guifferd, qui ont épousé les deux filles du chevalier Anthelme de Tours, sont attestés. Les Cornillon apparaissent souvent dans les actes publics jusqu'à la fin du XIVe siècle.

Les seigneurs de Cornillon possédait, vers 1100, tous les biens de la vallée de Marthod et un château sur la cime occidentale de la forêt de Cornillon. Ils détinrent Cornillon et ses dépendances en franc alleu jusqu'en 1222 : en guerre avec les Beaufort, leurs voisins, les Cornillon signent la paix grâce à l'intervention d'Aymon de Faucigny et de l'archevêque Bernard de Chignin le 18 février 1221, et, pour éviter de nouvelles hostilités, ils se reconnaissent dès lors vassaux de l'archevêque de Tarentaise, avec hommage lige et noble et 50 sols de plaict le 3 des ides de septembre 1222. Depuis lors, ils vécurent en paix, sous la puissante protection des archevêques, jusqu’à ce que, par la suite d’alliances et de ventes diverses, le fief de Cornillon fut passé aux mains de nombreux coseigneurs.

Vers 1334, cependant, subissant le même sort que le château de Chevron, le château paraît avoir été incendié par les troupes dauphinoises qui venaient de prendre le château de Beaufort. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que le château de Cornillon se trouvait aux confins du Faucigny, possédé par les Dauphins et de la moyenne Isère, qui était la terre fidèle des comtes de Savoie, sous la garde vigilante des seigneurs de Chevron, de Conflans et de Tournon.

Le château de Beaufort, depuis 1271, dépendait des sires de Faucigny. C’est de là probablement que les Dauphinois, un instant plus forts, accoururent assiéger et brûler les châteaux de Cornillon et de Chevron.

Il ne fut pas reconstruit car les seigneurs de Cornillon allèrent s'installer à Marthod où ils élevèrent une demeure. Leur dernier représentant fut François de Cornillon, chantre d'Aoste et chanoine régulier vers 1450.

En 1426, Jean de Clauso et son frère reçurent cependant cession et rémission du donjon, et en 1441, Antoine de la Poipe fut investi de la moitié du château et du fief.

Description

Des fouilles entreprises en 1938 permirent de relever le plan ci-après. On n'aperçoit plus de nos jours, sur le sommet dominant le confluent du Doron et de l'Arly, que les vestiges d'une enceinte rectangulaire dominée au nord-est par un donjon carré et défendue au sud-ouest, côté de l'accès, par une tour ronde précédée d'une chapelle castrale, placée sous l’autorité de l’archevêque Saint Pierre II en 1170 qui servit d'église paroissiale jusqu'au XIVe siècle.

Ils flanquent au nord une place rectangulaire de vingt-cinq mètres du nord au sud sur dix-neuf mètres de l'est à l'ouest, qui fut une cour entourée de murailles crénelées. La tour ronde avait sept mètres de diamètre. Plus loin, à 20 mètres au sud, Tout est arasé. L'exploration des ruines de 1938 permet de donner quelques détails : les restes du donjon carré ont onze mètres sur onze de dimensions extérieures et des murs épais de deux mètres.

Sur la crête, bâtie sur une motte en forme de tronc de cône, s'élevait une seconde tour rectangulaire de 6,70 m sur 9,60 m qui était sans doute la chapelle. Sur la colline deux étangs de sept et dix mètres environ de diamètre fournissaient le château en eau.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- panneau présent sur le site


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- Nano.M (2022)


Posté le 18-10-2022 10:14 par Jimre

Mercury

Ruines de Château Vieux

Situation

Entre les hameaux du Villard et de Chevronnet, près des Granges, à gauche de la RD 63, à 1.800 m au ouest nord-ouest du centre d’Albertville.

Histoire et description

Quelques vestiges subsistent sur une hauteur d'où l'on domine la vallée du Graisivaudan et le cirque des montagnes environnantes.

Le plan de Château Vieux était encore assez lisible au XIXe siècle : au sud l’entrée principale était protégée par deux tours distantes de 40 m ; deux enceintes circulaires entouraient la motte en forme de cône tronqué où se situait le donjon, une tour carrée de 6 m de côté. Au nord et au sud, hors enceinte, existaient deux autres tours. A 120 m de la première enceinte, un autre système de protection moins important comportait une tour et trois enceintes. La tour était réunie au donjon principal par un souterrain, selon la tradition. Une citerne avait été creusée au bas des murs de la seconde enceinte.

Il fut détruit par le feu dans les années 1334-1335, lors de la lutte entre le comte de Savoie, Aymon le Pacifique et Guigue VII Dauphin de Viennois et baron du Faucigny. Tandis que les Dauphinois luttaient vers Montmélian – Les Marches, les Faucignerans assiégèrent le Château Vieux dont l'importance était primordiale dans la haute combe de Savoie (M. Hudry).

Selon certains auteurs, le site de Château Vieux fut occupé dès la période allobroge, certains y virent également une station de la voie romaine allant du petit Saint-Bernard à Genève par la Tarentaise : Civaro ou Casuaria, sur les fins allobroges.

Toujours est-il que le premier possesseur connu est Wifrid, seigneur de Chevron, en 1030, lors de l'importante période historique 1030-1032 qui a marqué la fin des cinquante années du second royaume de Bourgogne, dont dépendait la Savoie, et son rattachement à l'Empire d'Allemagne dirigé par Conrad II de Germanie, sous la domination d'Humbert aux Blanches Mains.

Au retour de la croisade, en 1149, Guillaume II de Chevron épousa la fille du seigneur de Villette en Tarentaise, dont il eut trois filles : Guillermine, Julienne et Aloyse. Deux d'entre elles épousèrent leurs cousins : Guillerme Amédée Ier de Villette, et Julienne Humbert Ier de Villette en 1191. Ce dernier était veuf de Béatrice de Giez, près de Faverges, fief actuel des Chevron-Villette.

Les Chevron-Villette faisaient suite aux Chevron. Humbert IV, qui régna jusqu'en 1314, passa en 1306 avec Amédée V dit le Grand, l'acte par lequel sa famille acceptait la suzeraineté de la Maison de Savoie. Humbert V, son fils, lui succéda de 1314 à 1366. Il épousa Ancilésie de Sion, fille unique, par qui les possessions de Sion échurent aux Chevron-ViIlette.

C'est sous son règne que Château Vieux fut incendié en 1335, et les pierres en partie réutilisées pour la construction d’un nouveau château, implanté au centre du village de Mercury, actuel chef-lieu.


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


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-Nano.M (2022)


Posté le 17-10-2022 20:27 par Jimre

Charbonnières

Les Ruines de Charbonnières ou Charbonnière

Histoire

Aiguebelle constitue le verrou de la vallée de la Maurienne, près du confluent de l’Arc et de l’Isère, et présente ainsi un grand intérêt stratégique, contrôlant les accès aux grands cols alpins dont le col du Mont Cenis. 

On trouve également de l’autre côté de l’Isère, surveillant le confluent des deux vallées, le château de Miolans sur la commune de Saint Pierre d’Albigny.

Le premier document mentionnant le château date de 1042, c’est une charte par laquelle un clerc, Aimon, fils de Hugues, fait donation de l’église de Voglans aux moines de Novalaise. Le château de Charbonnières était un point d’ancrage important pour les premiers princes de Savoie. On a ainsi recensé un denier d’Aiguebelle, daté du XIe siècle, qui est la première monnaie des princes de Savoie. Si le comte Odon  a autorisé qu’une monnaie y soit battue et même si la monnaie n’était pas reconnue des différents souverains étrangers, il n’en reste pas moins qu’un atelier monétaire a existé, preuve de la confiance accordée à la ville ainsi qu’à sa forteresse par cette famille.

Charbonnières servit probablement de résidence aux premiers comtes de Maurienne, Humbert aux blanches Mains et comme le château est au centre des leurs possessions, ses descendants y séjournèrent régulièrement pendant deux siècles. Amédée Ier, Odon et Amédée II y seraient nés, ainsi que Thomas Ier et Philippe Ier, en 1177 et 1207, puis le centre de gravité des états de Savoie se déplaça vers Montmélian et Chambéry, acheté en 1295. 

En 1266, Pierre II data de ce château une charte établissant un marché hebdomadaire et une foire à Saint Michel de Maurienne. Selon le chanoine Truchet, ce prince serait le premier possesseur du château qui aurait d’abord été la propriété de vassaux, les Miolans-Charbonnières.

Aiguebelle fournit en 1355 au Comte Vert dix hommes à cheval et 250 hommes à pied, démontrant ainsi l’importance du château.

Au XVIe siècle, Emmanuel Philibert remit en état la place forte, qui avait été en grande partie détruite par le feu en 1536, et la dota de fortifications. En 1597, lors de l’invasion de la Savoie par les troupes de Lesdiguières, le siège est mis devant Charbonnières, que le duc Charles Emmanuel reprend en 1598. L’assaut de la forteresse débuta le 6 Mars 1598 avec l’attaque simultanée de trois batteries, une commandée par Charles Emmanuel, une autre par le sire d’Albigny et don Giovani Mendoza. Ils ouvrirent une brèche dans le fort en fin de journée et le commandant se rendit. Lesdiguières, pendant ce temps avait dispersé ses hommes vers Saint Jean de Maurienne pour contrôler le passage de l’ennemi. 

Mais ce ne fut pas l’ultime épisode de la lutte. En effet, un second assaut est conduit en 1600 par Sully en présence du roi de France Henri IV et la forteresse, très endommagée, fut en partie reconstruite. Le conflit devait se dénouer au traité de Lyon du 16 Mars 1601, à la suite duquel le duc Charles Emmanuel reçut confirmation de ses droits sur la Maurienne et le marquisat de Saluces, cédant en échange à la France les provinces d’outre Rhône : Bresse, Bugey et Valromey.

En 1630, la forteresse fut reprise par le maréchal de Créquy puis connut ensuite une période de tranquillité jusqu’en 1690. Un châtelain y résidait alors, à la tête de 6 archers et quatre gardes.

Lors d’une nouvelle invasion française, la forteresse cède à nouveau devant les forces du marquis de Saint Ruth. Elle est réparée sommairement après le Traité d’Utrecht et subit un dernier assaut en 1743, lors de l’occupation de la Savoie par les troupes espagnoles. Ecrasé sous le feu de milliers de boulets, le château fut enseveli sous ses propres décombres et il ne fut jamais réparé.

Ses ruines, avant d’être acquises par la municipalité, appartinrent entre autres au premier beau-père du président tunisien Bourguiba.

Le château

Les ruines de Charbonnières - Aiguebelle

Une gravure de Chastillon en 1602 donne une idée de son aspect imposant, dressée sur l’esplanade qui couronne le rocher de Charbonnières, la forteresse était protégée par un rempart qui suivait le bord supérieur de la crête et descendait jusqu’à une tour carrée d’environ six mètres de côté.

Il semble que le donjon ait été construit sur une motte artificielle élevée à la pelle à cet emplacement précis de la plate-forme rocheuse. En 1860, Camille Foray décrivit ainsi Charbonnières :

Revêtu d’un appareil à petits contreforts à l’extérieur, le mur de rempart est construit avec des moellons ordinaires pris sur place. L’entrée du fort est défendue par deux tours surmontées d’un ouvrage en crénelure allongée. En 1840, on voyait, on voyait encore le sous-pied de dalles grossières sur lequel tombait la herse en fer. Elevé à quatre-vingt mètres au-dessus de la vallée, le château comportait une citerne alimentée par les eaux de l’Arc coulant à ses pieds et les infiltrations à travers les parois latérales du cône tronqué dans lequel elle est creusée. Son entrée devait être protégée par une construction, car en 1748, lors de l’inventaire, on livre au seigneur châtelain Brunier douze clés, dont celle de la citerne.

Cette description tient compte des grandes modifications de structures intervenues au XVIe siècle et début du XVIIe siècle, mais le castrum primitif devait comprendre : le donjon sur sa butte artificielle, une tour à signaux ignés, la citerne et l’église castrale « Saint Laurent du château », nommée dans un acte de 1139.

Les observations sur le terrain font surtout apparaître les traces des constructions des XVII et XVIIIe siècles, date de la restauration.

Actuellement, les traces des fossés encore visibles, malgré les bouleversements causés par les bombardements de 1600 et 1743. On retrouve à l’intérieur du long rempart qui domine la route nationale, l’autoroute de la Maurienne et l’Arc, au milieu d’un amoncellement de pierres, l’ancienne poudrière, la citerne en partie comblée et l’orifice du puits.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- panneau présent sur le site


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- Nano.M (2022)


Posté le 14-10-2022 10:36 par Jimre

Le Chanay

Maison forte du Chanay

Situation

Après le hameau de Saint-Laurent, en direction de Saint-Jean-de-la-Porte, un chemin part à gauche dans une boucle.

Histoire et description

Vis-à-vis et un peu en-dessous de la tour du Chaffard, dont elle était séparée par une motte, s'élève le Chanay.

On a trouvé dans le sol d'un tumulus une épée de bronze de l'époque du Hallstatt (500 av. J.-C.). La tour, encore imposante, carrée, mesure 10 m x 10 m. sa muraille de base mesure 1,80 m d'épaisseur.

Elle semble dater de la fin du XIVe siècle et une maison moderne avec terrasse, regardant le Grésivaudan, y est accolée. Les premiers seigneurs connus sont parents des familles de Verdun et de Mouxy, les Poypon

On peut considérer que la branche du Chanay est issue d’Antoine de Poypon, vivant en 1396, mais le premier attesté est François de Poypon dit Néplaz, dit aussi de Croso en 1447, et de Chaneto en 1484, cohéritier de la maison forte de Puygros, marié à Mye de Belletruche. Lui succéderont Pierre dit Néplaz de Cheneto, François de Belletruche, dit de Poypon, seigneur du Chanay, mort avant 1546. On trouve après eux Raymond, seigneur du Chanay, qui testera en 1589 et André, seigneur du Chanay et de Putteville (à la Trinité) .

Le dernier connu est un petit-neveu de François de Belletruche: Raymond de Poypon, dit de Saint-Vial, en 1613, probablement apparenté aux Paernat de la Pallud, alors possesseurs de Verdun. C'est par le mariage de Marie Paernat de la Pallud que la maison semble être passée en 1697 à la famille de Basin. 

En 1730, le Chanay est cadastré au nom de Benoît Jérôme Devilly, noble, absent : le fief est indivis entre lui et la veuve de Marc de Charbonneau, née Barbe de Quintal, en 1738. A la fin du XIXe siècle, on y trouve le baron Francisque du Bourget, dont c'est la résidence d'été. Une partie du château a été réparée, le reste est toujours en ruines. En 1917, décède le baron Clément du Bourget.

Le Chanay est ensuite parvenu à M. Champenois, maire de Cognin, puis à M. Molin.



Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- Les châteaux de Savoie, Michèle Brocard, Cabédita,  Collection sites et Villages.


Photos:

- Jimre (2015)

Posté le 15-12-2021 11:10 par Jimre

Le Chaffard

Tour du Chaffard

Situation

Dans Saint-Laurent, monter par la RD 11, route du col de Marocaz, au hameau de Madoux. Dans le premier virage à droite, un chemin de terre conduit à la tour.

Histoire et description

Les ruines de la tour du Chaffard sont sur une motte féodale de 15 à 20 m de rayon qui forme avec les châteaux du Chanay et de Verdun, un triangle stratégique, dominant la vallée de l'Isère. La tour est construite sur un vaste soubassement en pierres qui constitue une butte artificielle en forme de glacis. Elle possède une baie géminée de la seconde moitié du XIVe siècle séparée par une colonne droite à chapiteau. L'ensemble était complété par une maison forte avec une très belle cheminée moulurée, aux angles arrondis et colonnes à socles surélevés, probablement du XVIe siècle.

Le Chaffard fut longtemps occupé par des familles vassales des Miolans-Verdun-Chignin. En 1730, elle appartenait au marquis Charles-Emmanuel Cagnol de la Chambre, également possesseur du château de Verdun, dont elle a dû longtemps partager le sort, puisqu'elle eut toujours les mêmes propriétaires.

Le premier Cagnol connu en Savoie, le comte Centorio Cagnoli, épousa Barbe de Tignac, la fille d'un capitaine au château de Montmélian. Il fut gouverneur des châteaux de Montmélian, Charbonnières et Miolans, vers 1643. En 1657, il se qualifie de seigneur du du Chaffard et de Verdun. 

Le petit-neveu, Charles-Emmanuel de Cagnol, fut l'héritier universel de sa grand-mère Christine de Cagnol, femme du baron du Donjon (Drumettaz Clarafond), morte en 1723. Les marquis de la Chambre étaient encore possesseurs de Verdun et du Chaffard en 1933. Leur famille, par alliance, leur a succédé.

L'abbé Bernard citant Antonin Goffoz, raconte que l'on trouva autrefois dans la motte, ou tumulus, on ne sait quoi au juste, "une sorte de jeu de boules en or". S'agissait-il de moyeux de roues de char en bronze ou d'un véritable trésor ?

La motte du Chaffard mériterait une investigation archéologique sérieuse.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- Les châteaux de Savoie, Michèle Brocard, Cabédita,  Collection sites et Villages.


Photos:

- Jimre (2015)

- Nano.M (2022)

Posté le 15-12-2021 11:09 par Jimre

La Croix de la Rochette

Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 15-12-2021 11:07 par Jimre

Gresy sur Aix

Photos:

- Jimre (2009)

Posté le 15-12-2021 11:06 par Jimre

Ugine

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:47 par Jimre

Tournon sur Isère

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:46 par Jimre

Sainte Hélène sur Isère

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:46 par Jimre

Saint Gilles

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:45 par Jimre

Montailleur

Le château de Montailleur

Situation

Au-dessus du chef-lieu et des Bognons, sur un épaulement dominant l'auge glaciaire de l'Isère.

Histoire

On sait relativement peu de choses de ce château ancien, construit sur une motte féodale de plan ovale ou poype.

Il en subsiste une tour carrée de 8 mètres de côté, des XIIe-XIIIe siècles, considérablement diminuée de hauteur vers 1960 car elle présentait des dangers d'effondrement, et que l'on jugea plus simple d'abattre le sommet plutôt que de la consolider.

La tour était reliée à une enceinte maçonnée dont il reste quelques vestiges. La chapelle Saint-Michel, au pied de la motte, était une chapelle castrale. Un pèlerinage annuel y eut lieu tous les 29 septembre jusqu'en 1940.

Montailleur faisait partie d'un système défensif en relation avec les tours de Tournon, du Château-Vieux de Mercury, en amont, et de Miolans vers l'aval. De la tour, on a une bonne vue directe sur le château de Sainte-Hélène-sur-Isère, également. Le château a dû subir des dommages au début du XIV e siècle, lors des attaques des dauphins de Viennois sur les points fortifiés du Val-d'Arly et de la Haute-Combe de Savoie (Ugine, Cornillon, Château-Vieux), avant le traité de 1355.

La seigneurie de Montailleur appartint à la famille de La Chambre. En 1223, mention est faite d'Hugues de La Chambre seigneur de Montailleur, frère de Pierre vicomte de Maurienne. Avant cette date les occupants sont inconnus. Elle fut inféodée en 1482 à Philippe de Savoie, comte de Bagé, frère du duc de Savoie en conséquence de la confiscation des biens de Louis comte de La Chambre, vicomte de Maurienne, pour crime de lèse-majesté (20 février 1482). Elle passa par la suite aux de Blonay, aux Luxembourg-Martigues, au XVI e siècle, en faveur de qui elle fut érigée en baronnie, puis aux Beaufort. Dans la première moitié du XVIe siècle, les Beaufort étaient seigneurs d'Héry-sur-Ugine, coseigneurs de Cornillon et Marthod – territoires sur lesquels on trouve aussi les du Verger lorsque le révérend François de Beaufort l'acquit en 1548 de François de Luxembourg vicomte de Martigues, fils de Louise de Savoie. Le révérend était protonotaire apostolique, prieur et curé d'Ugine à cette date.

En 1622 Montailleur passa avec tous les biens des Beaufort, par mariage à Guillaume du Coudray de Blancheville, puis aux marquis de Grimaldi-Beuil, qui le vendirent vers 1754 au président Foncet.

En effet, en 1729, la « place pleine de pierres » autour de la tour et la chapelle Saint-Michel sont cadastrées au nom d'Annibal-Victor-Amédée de Grimaldy, marquis de Beuil, de Séveragnes, baron de Montailleur et seigneur de Grandville en Provence. La tour elle-même ne lui appartient que pour moitié, avec Charles-Philibert du Verger. Mais c'est le marquis de Beuil qui possède les droits sur les hommes de la paroisse, tous lui doivent « le guet, l'excharguet, le trait des bestes féroces quand ils en prendront, ainsy contenu dans les terriers, sçavoir pour une foyne et un lièvre un denier fort, pour un renard deux deniers forts, pour un chamoix, un loup et un ours et autre grosses bestes les deux quartiers arrières... item le peyssonnage à la manière usitée de ladite terre ».

Par ailleurs certaines familles se reconnaissaient encore pour ses hommes-liges et tailliables à miséricorde en 1729 : les Hugonnier, les Rey de Montailloset, les Vieux-Boleys, Chappuis dit Chatel, Outier-Guidet, Outier-Gonet, Rey de Plan-villard, Outier-Pellicier et Rosset dit Savoye. Par contre les Miguet et les Christin dit Carrin ne devaient au marquis que le simple hommage.

Quant à Jean-Joseph Foncet, fils d'anobli, il reçut en 1753 l'investiture, avec le fief de Saint-Jean de Peillonnex en Faucigny, de la terre de Montailleur, et le titre de baron. En 1754, il négociait heureusement le traité des frontières à Turin, et était en 1768 président et auditeur général des guerres en Savoie.

Son fils aîné, Pierre-Clément Foncet, « riche comme Crésus dit Montailleur, adhéra au club nobiliaire « Le Casin» de Chambéry, fondé en 1784, qui recevait la néonoblesse (Jean Nicolas).

Description

Cette description est due à Elisabeth Sirot, qui fait un rapprochement entre la fortification de Montailleur et d'Ugine, toutes deux situées au-dessus du village qui est de peuplement ancien, et de l'église paroissiale, à proximité de la forêt, dans une contrée isolée.

Devant la motte s'étend une basse-cour quadrangulaire de 35 mètres de long comme de large. Elle se resserre sur les côtés. Le tracé du contour du fossé est encore très visible. La plate-forme sommitale abrite une tour carrée de 8 mètres de côté, qui semble avoir été reliée à une enceinte maçonnée dont on aperçoit quelques vestiges. Le donjon est caractéristique des constructions des XIIe et XIIIe siècles, avec accès au premier étage. Les maçonneries sont constituées par un petit appareil de schistes et un chaînage d'angle en gros blocs de calcaire.


Sources fournies par Nano.M: 

- Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.

- Les châteaux de Savoie, Michèle Brocard, Cabédita,  Collection sites et Villages.


Photos:

- Jimre (2021)

- Nano.M, (2022) avec notamment des photos anciennes prises à partir des sources représentant la tour avant et après son effondrement. On y voit:

*Une photo qui serait actuellement la plus ancienne vue connue de la tour, Elle remonterait aux années 1880 et aurait pu être prise soit lors d'une visite pastorale soit lors du passage d'un voyageur dans la région. Elle illustre bien le début des dégradations sur le bas du mur Sud-Ouest. En effet, c'est à cette même période que des habitants avaient commencé à prendre des pierres à la base du mur pour réparer ou construire des maisons. En guise de sanction, le maire de l'époque, M. De Cevins (dont la famille était propriétaire de la tour) avait confisqué l'accès à une source voisine.

On voit qu'à cette époque, de la vigne poussait encore sur la butte et du chanvre était cultivé au pied La tour du Château en 1935 (en haut) et quelques temps tard (en bas).

*Ensuite, la tour du Château dans les années 1950, peu de temps avant l'effondrement. Le retrait des pierres à la base du mur Sud-Ouest a provoqué une fragilité qui s'est accentuée avec les infiltrations d'eau et la foudre.

*La tour du Château peu de temps après l'effondrement du 28 janvier 1960. Le 28 janvier 1960 la moitié de la tour s'est écroulée. Les aciéries d'Ugine étaient alors propriétaires de la tour du Château mais aussi du château de Montailleur (situé au chef-lieu) qui accueillait des colonies de vacances. Pour des raisons de sécurité, il a été décidé de démolir la partie supérieure de ce qui restait après l'effondrement. C'est l'entreprise Botta d'Ugine qui a effectué les opérations.


Posté le 15-12-2021 10:44 par Jimre

Abbaye royale d'Hautecombe

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:42 par Jimre

Chatillon

Photos:

-Jimre (2011, 2021)

Posté le 15-12-2021 10:41 par Jimre

Conflans

Photos:

-Jimre (2021)

Posté le 15-12-2021 10:40 par Jimre

Beaufort

Photos:

- Jimre (2021)


Vidéo

Survol du site médiéval de Beaufort par drone. 

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...

Bonnes visites réelles ou virtuelles 8;-))

Posté le 15-12-2021 10:36 par Jimre

Tour de Conspectus

Des images animées du site de la tour de Conspectus, un des plus anciens châteaux de Savoie, situé sur la rive savoyarde de la vallée du Rhône, près de Saint Maurice de Rotherens, entre Saint Genix sur Guiers et Novalaise. 

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...


Posté le 19-04-2020 20:32 par Jimre

Chantemerle

Ruines de la bâthie ou Chantemerle

Histoire

Les évêques de Tarentaise ont reçu leur diocèse à titre de fief comtal en 996, des mains de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en la personne d'Aimon Ier ou Amizo, archevêque de Tarentaise.

C'est-à-dire un ensemble de domaines et de droits avec charge de comte, ces domaines, redevances, droits de péage et de justice étant distincts de l'épiscopus. Au XIIIe siècle ces évêques sont devenus des princes d'Empire liés directement au pouvoir suprême de l'empereur d'Allemagne. L'évêque Aimon de Briançon s'adresse directement à Barberousse, qui lui abandonne, avec Moûtiers, les châteaux de Saint-Jacques, Briançon, Conflans, Villette, Beaufort et La Bâthie. En 1423 Jean de Bertrand reconnaît la cession à lui faite par le souverain de La Bâthie de Conflans, et en 1454 c'est le cardinal Jean d'Arcis qui concède la levée de main regia pour le château, fief et mandement de La Bâthie par le fait de l'hommage qu'il a prêté.

Les ruines appartiennent à l'EDF.

Description

La Bâthie ou Chantemerle était une résidence de plaisance pour les archevêques. Il en subsiste deux tours dans un état sauvable, une grande partie des murs d'une troisième tour et des ruines importantes des logis. L'ensemble date de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle. A l'origine, ce château comprenait un donjon cylindrique de 22 mètres de haut côté aval, sur cinq niveaux, dont les murs étaient construits en petits moellons d'assise irrégulière noyés de mortier, et deux tours carrées. La première était placée en avant et seulement rattachée au château par un angle, en même matériaux que le donjon ; La seconde, carrée, irrégulière, devait servir de logement aux archevêques, elle comportait une cave, un rez-de-chaussée et trois étages. Au rez-de-chaussée se trouvait une belle cheminée à manteau supportée par deux colonnes en pierre soutenues par des colonnettes hexagonales engagées, surmontées de chapiteaux sculptés.

A la fin du XIXe siècle on pouvait encore voir une console et les chapiteaux. Un des bâtiments devait contenir le prêtoire, le greffe, et le logement du châtelain et de ses employés.

La cour, de forme irrégulière, était close par de hauts murs. Après l'invention de la poudre et des armes à longue portée, Chantemerle subit des modifications, avec la création de nouvelles entrées. Les meurtrières furent transformées en fenêtres et les mâchicoulis détruits. Tous ces remaniements furent réalisés en briques, contrastant avec les matériaux de la construction primitive. Le château fut habité jusqu'à la Révolution, puis, devenu bien national, il tomba peu à peu en décrépitude, faute d'entretien.


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos:

- D. Robles (2015)

- Nano.M pour les photos tirées de la source (2022)

- Jimre (2022)

Posté le 06-09-2015 12:26 par Jimre

Les tours de Montmayeur

Histoire

Le site apparait en 1173 dans la liste des biens de la dot d’Alix, fille d’Humbert III de Savoie, lors de son mariage avec Jean Sans Terre, fils du roi d’Angleterre Henri II et de la reine Aliénor d'Aquitaine et frère de Richard "Coeur de lion".D'après les termes du contrat de mariage, Jean devait hériter de la Savoie, du Piémont, de la Maurienne et des autres possessions de son futur beau-père. Alix traversa les Alpes pour rejoindre la cour d'Henri II mais elle mourut avant d'épouser Jean. 

Il comporte alors le château féodal, l’église paroissiale Saint Julien et un village de paysans.

En 1212, un acte en faveur des Chartreux de Saint-Hugon est passé au château.

Vers le XIIIe siècle, Thomas Ier de Savoie, inféode le château à une branche cadette de la famille noble de Briançon-Aigueblanche qui prend le nom de Montmayeur.

Aux XIVe et XVe siècles, les Montmayeur jouent un rôle important à la cour de Savoie comme maréchaux et conseillers du prince.

La seigneurie est érigée en comté en 1449 mais, en 1487, la famille de Montmayeur s’éteint et le comté passe par héritage à la famille de Miolans.

Le site, saccagé en 1597, lors du passage de l’armée dauphinoise de Lesdiguières est déserté au profit de Villard-Sallet et la paroisse est supprimée.

Le château sera la propriété des nobles Fausser (Faussone). En 1728, les tours sont la possession de Jean-Gaspard de Montmayeur. Ce dernier était le fils de Jean Faussone, comte de Villanova et de Jeanne-Marie de Montmayeur, la dernière comtesse. Le comté avait été légué en 1664 par Jean Faussone à Blaise-Amédée Faussone, son fils aîné, comte de Montmayeur.

Les comtes de Radicati le vendent avec ses dépendances en 1758 au marquis d'Arvillard contre une somme de 65 000 livres.

L'acte de vente le décrit comme : « les deux tours de Montmayeur qui sont à la cime de la montagne au-dessus du château de Villarsallet, où étaient l'ancienne ville et château des seigneurs de Montmayeur, sont découvertes et il n'y a que les quatre murailles sans porte ni fenêtre ; lesdites deux tours sont distantes d'une de l'autre d'environ 50 toises et les murs d'icelles sont de l'épaisseur de six pieds chacune. Il n'est pas nécessaire de jeter un couvert sur lesdites tours, parce qu'elles sont construites de ces anciens murs qui résistent aux injures du temps et dont le mortier est aussi dur que la pierre ; dans l'espace intermédiaire des dites tours, tout comme dans les environs d'icelles il n'y a que des masures de bâtiment et vergers et broussailles qui s'y sont formés depuis la ruine de ladite ville et château des seigneurs de Montmayeur ».


Un patrimoine historique

1989 : le site archéologique et les tours sont inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

1991 : acquisition du site par la commune de Villard-Sallet.

1991-1998 : des recherches archéologiques sont menées par le Centre Interuniversitaire d’Histoire et d’Archéologie Médiévales(Lyon), sous la direction de Jean-Michel Poisson.

1997 : site « Pierres fortes de Savoie ».


Ce qui a été mis en évidence : un site d’habitat défensif

Les vestiges médiévaux, installés sur une plateforme allongée de 250 m de long et 30 à 50 m de large, bordé de parois abruptes, occupent une position remarquable sur le site de Montraillant( altitude de 800 m), séparant les deux vallées du Gelon et du Coisin. Les murs de l'enceinte crénelée étaient percés d'archères et on accédait à la forteresse par un pont-levis situé au nord.

A l’extrémité nord, point culminant de la crête, une éminence supporte le château  qui se compose d’un donjon carré de 7,6 m de côté et 19,6 m de haut avec des murs de 1,9 m d’épaisseur, construit en moellons de schiste équarris. Il est dépourvu d’ouvertures de tir et d’aménagements de confort. Le château comporte quatre niveaux de plancher dont un rez-de-chaussée aveugle, un premier étage avec une porte d’accès et une petite fenêtre, un second étage aveugle et une plateforme sommitale crénelée. 

Edifié au XIIe siècle, il a été modifié et surélevé aux XIIIe et XIVe siècles. A l’ouest du donjon, on trouve des bâtiments résidentiels comprenant  une vaste salle de réception du XIIIe à laquelle ont été accolées au XVIe siècle deux pièces occupant l’ancienne cour.

Au centre, une surface presque plane comporte  à l’est un enclos rectangulaire. C’est l’église Saint Julien, mentionnée dans les textes en 1191, dépendant de l’abbaye de Saint Rambert en Bugey. Elle est de construction rustique avec des murs en schiste et la toiture en lauzes. Elle comporte une nef unique, de plan rectangulaire, avec le chœur à l’est et une porte en façade. L’édifice a subi deux reconstructions aux XIVe et XVe siècles. 

On trouve également au centre un vaste bâtiment ruiné, sans doute une maison forte.

A l’ouest, les vestiges du village, aux maisons disposées le long d’une rue : une maison et un four.

Au sud-ouest, une tour carrée, établie sur une plateforme maçonnée. La tour haute de cinq étages sur rez-de-chaussée, également crénelée, isolé par un fossé, construite sur une plate-forme, adopte également un plan carré. Elle a conservée une hauteur de 25 mètres pour 8 mètres de côté.

On y accède, au nord, par une porte cintrée située au rez-de-chaussée fermée par une barre de fermeture coulissant dans des ouvertures ménagées dans l'épaisseur des murs. Sur la face est s'ouvre au premier niveau une petite fenêtre, probablement une canonnière et au second niveau deux fenêtres en ogive de 0,40 mètre de large pour 1 mètre de haut qui encadrent une cheminée avec ses montants sculptés.


Les armoiries de Montmayeur :

« D’argent à l’aigle de gueules membré et becqué d’azur ».


La devise : 

« VNGVIBVS ET ROSTRO »


Source :

- Panneaux situés sur le site

- Wikipédia ici et


Photos :

- Jimre (2014)


Posté le 15-02-2015 16:12 par Jimre

Chambéry

Le château

La ville de Chambéry s’est bâtie et s’est développée sur des marécages formés à partir des multiples bras de l’Albanne.

Le château-vieux des sires de Chambéry est attesté dès le XIe siècle. Il s’est construit autour d’une poype ou motte castrale sur la butte de Montgellaz-Montjay. Il est mentionné dès le XIIe siècle.  A partir de 1232, le comte Thomas Ier obtient une partie des droits seigneuriaux sur le bourg et le château-fort.

La Maison de Savoie l’acquiert à la fin du XIIIe siècle. Le château, son mandement et ses juridictions, vassaux et fiefs  sont cédés par François de la Rochette et son épouse Béatrix le 6 Février 1295 au comte de Savoie Amédée V contre 240 livres viennoises et 100 livres de revenu dans les mandements d’Aiguebelle et de la Rochette.

Amédée V va alors lancer une politique de grands travaux de construction entre 1297 et 1320 : transformation du donjon de la poype et du mur d’enceinte, création de la Porterie (1303-1311) et de nouveaux aménagements dont une grand’ salle ou aula. Il devient une grande résidence de cour en accueillant  alors la cour princière itinérante de la Maison de Savoie et le siège de l’administration domaniale des Etats de Savoie. Comtes, ducs de Savoie, rois de Sardaigne, l’aménagent et l’embellissent au fil des siècles même après 1563, quand la capitale des Etats de Savoie est déplacée de Chambéry à Turin. 

De puissantes tours de prestige sont édifiées : 

Grande Tour (disparue), Tour Trésorerie et ses batteries d’artillerie (Fin XIVe siècle), Tour mi-ronde (vers 1398-1413), Tour du Carrefour ou des Archives (1439-1444)

Devenu château national à la Révolution, il est cédé au département de la Savoie en 1860.

Classé Monument historique en 1881, l’ancien château des ducs est affecté depuis 1890 aux services du Conseil général et de la Préfecture de la Savoie.

Dans le cadre du projet de rénovation du château des ducs de Savoie, le Conseil général a rénové les salles de l’ancienne Chambre des comptes situées au cœur de l’aile historique, l’une des plus anciennes parties de l’édifice. Ces deux salles offrent désormais au public un espace dédié aux expositions départementales et aux animations culturelles, au plus près de l’actualité des patrimoines de Savoie.

En effet, en dépit de son histoire vieille de près de dix siècles, l’évolution architecturale du château reste encore pour une grande part méconnue.  Peu de bâtiments du Moyen Age sont encore visibles, mais des archéologues essayent de savoir à quoi ressemblait ce château. 

Aussi, la rénovation des salles de la Chambre des comptes a-t-elle été précédée par un chantier archéologique en 2008 suivi par le Service régional de l’Archéologie.

Dans la première salle, des traces anciennes d’enduits peints et des percements, rebouchés à différentes époques, ont ressurgi après sondages et décroûtage des murs ; les négatifs de coussièges sont apparus dans les embrasures des grandes fenêtres ; un encadrement vouté en ogive, en pierre de taille, a été dégagé, peut-être l’ancienne porte d’entrée de la Chambre des comptes ?

La découverte la plus remarquable est l’empreinte d’une cheminée monumentale sur le mur de refend délimitant les deux salles, avec deux passages latéraux. La fonction administrative des salles a été confirmée par le dégagement de placards muraux dans la seconde salle. Des échantillons de bois prélevés dans les plafonds à la française ont été datées par dendrochronologie de 1483 et 1500-1501. Ces boiseries ont été modifiées en 1502 et 1510-1530.

La rénovation a été faite en s’inspirant des échantillons découverts en sondage, reconstitution des coussièges amovibles en bois, ouverture d’un des passages jouxtant la grande cheminée. Les traverses en pierre de taille des grandes fenêtres ont été rétablies avec de nouvelles huisseries en chêne et vitraux à maille de plomb, redonnant sens à la lecture de la grande façade côté Place du château, tant remaniée au fil des siècles.


La Maison de Savoie

A partir de l’An Mil, la Maison de Savoie , originaire de Maurienne, étend ses domaines de part et d’autres des Alpes occidentales, « deçà et delà les monts », dès le XIe siècle. Au cours du Moyen Age, elle devient une principauté d’Empire qui maîtrise le trafic des grands cols alpins. Cette dynastie comtale (vers 1100), ducale (1416), puis royale (1713), joue un rôle important sur l’échiquier politique européen. Entre France, Empire et Papauté, entre diplomatie et jeux d’alliances matrimoniales, elle s’allie avec les plus grandes maisons royales d’Europe. Mais son expansion régionale du Léman à la Méditérannée est aussi concurrencée par les Dauphins du Viennois, les comtes de Genève, les marquis de Montferrat et les Visconti, puis se heurte à la prédominance du royaume de France dans le contexte des Guerres d’Italie (1494-1559).

A l’Epoque moderne, les Etats de Savoie sont au cœur de la réforme catholique face au foyer protestant de Genève. Ils participent aux nombreuses guerres de succession dynastiques qui préfigurent l’Europe des Nations. Le transfert de capitale de Chambéry à Turin en 1563 donne au Piémont un rôle politique, économique et culturel déterminant. L’obtention des royaumes de Sicile puis de Sardaigne suite au traité d’Utrecht en 1713 ouvre à la Maison de Savoie de nouvelles perspectives italiennes.

La Révolution française puis l’émergence des nations au XIXe siècle laissent cette construction politique inachevée. La Maison de Savoie gagnée au mouvement du « Risorgimento » s’engage alors dans la lutte pour l’indépendance et l’unité de l’Italie. La Guerre d’Italie en 1859 avec l’appui de la France contre l’Autriche a pour conséquence l’annexion de la Savoie et de Nice à la France en 1860 et la création du royaume d’Italie en 1861. La Maison de Savoie réalise l’unité italienne entre 1861 et 1871, mais ne s’oppose pas à la montée du fascisme pendant l’entre-deux guerres ; en 1946, un référendum met fin à la monarchie et instaure la République italienne.


Sources:

- Panneaux disponibles dans la vieille ville de Chambéry et autour du château.


Photos:

- Jimre (2014)


Posté le 01-12-2014 20:55 par Jimre

Mauchamp

Voir article sur la Tour de Conspectus.


Photos:

- Jimre (2012)

Posté le 30-11-2014 15:39 par Jimre

La Tour de Conspectus

Situés dans un triangle entre Champagneux, Gresin et Saint Maurice de Rotherens, au lieu-dit la Tour, à 731 m d’altitude, se dressent dissimulés dans la végétation, les vestiges du premier château de saint Maurice, l’un des plus anciens de Savoie. 

Ce château fut édifié au début du XIe siècle, sur un ancien domaine de l’église de Vienne, dont dépendait aussi l’église primitive de Saint Maurice (aujourd’hui Vieille-Cure). Etendu de la chaine de l’Epine aux méandres du Rhône, le panorama exceptionnel qu’offre le rebord du plateau lui valut d’être appelé Conspectus, l’équivalent latin et savant de Beauregard ou Beauvoir.

Des campagnes de fouilles ont été menées de 2002 à 2005, permettant de distinguer deux grandes phases d’occupation auxquelles correspondent deux bâtiments superposés.

L’Aula (XI-XIIe siècle)

Le premier bâtiment, dont on peut observer les assises régulières de petits moellons de calcaire, au bas des maçonneries, enfermait une vaste et haute salle rectangulaire, dite aula (13,70 m x 8,80m). Cette salle était épaulée à l’est par deux contreforts et une vaste porte à deux vanataux s’ouvrait au sud. Ce château, qui ne semble pas avoir eu d’autre défense que l’épaisseur de ses murs (1,05m), est cité dans la documentation de 1061/1070 sous le nom de castrum de Conspectus. Il est alors propriété d’Engelbotta et de ses frères, probables rejetons des vicomtes de Vienne, que l’on connait surtout pour avoir offert l’église de Saint Maurice au prieuré voisin de Saint Genix.

Au cours du XIIe siècle, l’aula est réaménagée : le volume intérieur est divisé en deux par un plancher destiné au stockage des récoltes. Ce grenier est ensuite démonté et l’on procède à des restaurations.

La tour (XIIIe-XIVe siècle)

Le château passe, au début du XIIIe siècle, aux mains du seigneur de Gerbaix. Il fait abattre l’ancienne aula et fait construire sur les vestiges une tour de plan carré, à structure charpentée et couverture végétale. Eclairé d’une mince archère, le premier niveau qui seul subsiste aujourd’hui, était destiné au stockage des récoltes et servait peut-être aussi d’écurie. L’habitation du châtelain occupait le second niveau, accessible de l’extérieur par un escalier de bois longeant la façade. Le dernier niveau était réservé à la défense.

Un drain creusé à l’extérieur pour contraindre les eaux de pluie à contourner la tour dut être comblé lors de la construction du mur d’enceinte, dont on peut encore apercevoir les fondations. C’est dans les murs de ce château, dit « de Saint Maurice », que fut signé en 1280 le traité de paix entre Thomas III de Savoie, seigneur de Piémont et de Saint Genix, et le marquis de Montferrat, son prisonnier.

Dans la seconde moitié du XIVe siècle, un violent incendie ravage la tour. Les Ravais, devenus seigneurs de Saint Maurice à la suite des Gerbaix, l’abandonnent et construisent à 500 m au sud, sur le site de Mauchamp, un nouveau château, mieux adapté à défendre la frontière entre la Savoie et le Dauphiné, fixée au Guiers par le traité de Paris de 1355.


Sources:

- Panneau situé sur le site

Photos:

-Jimre (2012;2014)

Posté le 30-11-2014 15:36 par Jimre

Montbel

Les ruines du château de Montbel sont situées sur la route qui relie Saint Genix sur Guiers à Novalaise par le col de la Crusille.

Cet ancien château remonte au XIe ou XIIe siècle et dépendait des seigneurs de Montbel.

Puissante seigneurie de l’Epine, Montbel s’étendait, selon une charte de 1308, du sommet de la montagne de l’Epine jusqu’à la Crusille et, de là par la falaise rocheuse du Banchet et de Vergenucle, jusqu’au Thiers.

Il était occupé par un châtelain, lieutenant du seigneur, chargé de surveiller les voies anciennes menant au col de la Crusille et également au loin, la vallée du Guiers et le bassin d’Aiguebelette.

C’était effectivement un bon poste de gué de par sa situation sur cette éminence rocheuse. On peut en effet, si on les cherche…apercevoir les ruines du château de tous les environs et même de l’autoroute. Depuis les hauteurs hébergeant les sites de Gresin-Conspectus de Gresin-Mauchamp pour notre part, nous l’avons bien observé de même que du château de Rochefort, dit de Mandrin.  

De Montbel, la vue s’étendait en direction du château de Gerbaix et de celui de Saint Maurice de Rotherens.

Ce château a dû être ruiné par Lesdiguières à la fin du XVIe siècle en même temps que les châteaux de Mondragon (Saint Genix), de Martel à Champagneux, de Saint Maurice de Rotherens, de Montfleury et de Belmont (Pont de Beauvoisin).

Nous pouvons imaginer combien devait être majestueuse cette bâtisse, même si, comme on peut le constater, ces vestiges historiques s’écroulent de plus en plus et mériteraient une fois de plus un meilleur sort. C’est de notre patrimoine commun dont il s’agit.

Par mesure de sécurité, il est recommandé de ne pas séjourner à proximité des pans de murs vraiment dégradés et parfois même enfouis sous la végétation. Des barrières ont été heureusement placées aux endroits où les à-pics sont impressionnants car la météo change souvent dans la région. Pour notre part, nous y sommes arrivés dans le brouillard, ce qui peut rendre le site dangereux sans ces barrières.

Petite remarque : attention aux nouveaux gardiens du site, à savoir les tics…


Source:

- Panneau situé sur le site


Photos:

- Jimre (2012; 2014)

Posté le 30-11-2014 13:32 par Jimre

Chignin

Le site médiéval de Chignin est situé non loin du village du même nom, situé entre Chambéry et Montmélian. Il est bien visible de l’autoroute A43-E70-E712.

Les sept tours médiévales de Chignin, qui s’élèvent sur un plateau de 4 ha situé sur l’antique itinéraire romain reliant la France à l’Italie par le col du Petit Saint Bernard puis par celui du Mont Cenis, constituent encore de nos jours un énigme historique…

Les endroits remarquables référencés sur ce site sont :

- la Biguerne ou Clos Saint-Anthelme

- la Tour de la Place ou tour des Archers

- la tour Corraz

- la tour de Bourdeau

- la tour de Montagny

- la Poype

- la tour de Verdun ou Verdon

- la tour de La Fontaine

- la maison forte de Lerodaz ou l'Héroda

- la tour de la Platière


Mentionnée dès le Xe siècle, la puissante famille de Chignin est un des plus importants lignages nobles de la région. Proche de la famille comtale de Savoie, originaire de la vallée de la Maurienne non loin de là, les seigneurs de Chignin sont aussi liés au Prieuré de saint Jeoire, dans lequel se trouve leur tombeau. Ils entretiennent de ce fait des rapports étroits avec les évêques de Grenoble.

Malgré l’importance du site, l’histoire des tours de Chignin reste assez mal connue. L’hypothèse longtemps retenue par les historiens d’une enceinte reliant les tours a été abandonnée. On pense maintenant qu’à partir d’un château primitif (peut-être situé au niveau de la tour de Corraz), non loin duquel s’étendait un bourg castral et l’ancienne église, plusieurs maisons fortes ont été construites autour des XIIe et XIIIe siècles par les différents membres de la famille de Chignin pour marquer leur statut seigneurial (voir les articles sur Allègre(Gard)et l’Isle sur la Sorgue(Vaucluse) concernant les co-seigneuries).

En 1867, les Chartreux rachètent les ruines de la tour de la Biguerne dans laquelle serait né en 1107 Saint Anthelme, qui fut prieur de la Grande Chartreuse puis évêque de Belley. Il en firent un sanctuaire en l’honneur du saint, inauguré en 1877.

Les autres tours implantées au cœur d’un des vignobles les plus célèbres de Savoie sont aujourd’hui à l’état de ruines romantiques entourées par les vignes. Une étude menée sur la Tour de la Place a permis de la dater du XIIIe siècle avec modifications autour du XIVe siècle. C’était une tour logis avec créneaux à plume. Acquise par la commune de Chignin, elle a été l’objet, en partenariat avec le PNR du massif des Bauges, d’un récent confortement et d’une mise en sécurité qui veulent en faire un symbole à la fois de l’ancienne histoire du pays et de son vignoble.



Sources:
- Panneau disponible sur le site des tours.
- D'autres infos sur l'incontournable Wikipedia.


Photos:
-Jimre(2014)

Posté le 30-11-2014 12:32 par Jimre

Les Echelles


Béatrice, fille du Comte de Savoie Thomas Ier (1177-1233), et de Marguerite de Genève (1179-1257), nait en 1198. Le 5 Juin 1219, elle épouse Raymond Béranger V, comte de Provence, et part à la Cour d’Aix en Provence à laquelle elle apportera une immense renommée.

Ses quatre filles connaissent des destins prestigieux.

Marguerite épouse Louis IX, Roi de France, en 1234.

Eléonore épouse Henri III, Roi d’Angleterre, en 1236.

Sanchie épouse Richard de Cornouailles, élu Empereur d’Allemagne en 1243.

Béatrix épouse le Comte d’Anjou, frère du Roi de France Louis IX ; Roi de Sicile et de Jérusalem en 1246.

En outre, 3 de ses petites filles connaissent un destin exceptionnel. Isabelle deviendra reine de Navarre. Marguerite sera Reine d’Ecosse et Béatrice sera impératrice à Constantinople.

A la mort du Comte en 1245, Béatrice quitte la Provence pour se retirer dans son château des Echelles, reçu en apanage de son père.

Pendant vingt ans, elle s’emploie à la rénovation du village, tout en s’entourant d’une cour brillante de chevaliers et de ménestrels. Les chroniqueurs la décrivent belle et intelligente, protectrice des lettres et des arts.

Décédée au cours de l’hiver 1266 à l’âge de 68 ans, elle est inhumée, selon ses vœux dans sa chapelle du château du Menuet. Ses filles lui font construire un superbe mausolée où figurent, au pied de son gisant, les 22 statues des membres de sa famille proche et les blasons de ses gendres. Par sa seule présence, les Echelles sera connue dans toute l’Europe. Dans son testament, Béatrice lègue ses possessions à l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, assurant ainsi le service religieux, la création et le maintien d’un hôpital. 

Ainsi, donataire des biens de l’Apanage de Béatrice de Savoie, l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem s’est installé au château du Menuet en 1266 pour plus de quatre siècles.

Mais à l’issue des guerres de religion, à la fin du XVIe siècle et 3 sièges dévastateurs pour le bourg fortifié comme pour le château, les Hospitaliers décident d’abandonner le site du château et de reconstruire le centre du bourg. Au cours de la période1617-1636, et sous le houlette de Dandelot de Groslée, ce bâtiment est reconstruit pour servir de logis pour le Commandeur et de siège de l’administration locale. Il sera reconstruit par le Commandeur Saint Maurice après l’incendie du centre des Echelles en 1710.

Jusqu’à la Révolution, l’impôt du sel et la gabelle seront perçus dans ce bâtiment. Selon les spécialistes, la porte cintrée murée servait de lieu de passage, une traboule.


Sources:

- Panneaux situés devant le batiment

- Persée

- Voir également article sur Saint Maime dans les Alpes de Haute Provence


Photos:

- Jimre (2011)

Posté le 26-12-2012 10:10 par Jimre

Miolans

Situé à l'extremité d'un éperon rocheux au confluent de la vallée de l'Isère et de l'Arc, à Saint Pierre d'Albigny, sur la route entre Chambéry et Albertville, le château est protégé par un double fossé.

La forteresse a été fondée par les seigneurs de Miolans, implantés aussi bien en Savoie que dans le Dauphiné et le Viennois. La première mention du château et de la chapelle date du XIe siècle.

A l'origine c'est un donjon carré bâti à l'emplacement de la tour Saint Pierre . Il est flanqué par la suite de quatre tourelles, isolé par un fossé.

L'enceinte, quant à elle est protégée par des tours(XIVe et XVe siècles) pour répondre aux nouvelles exigences des progrès de l'artillerie.

Il est vendu en 1523 aux ducs de Savoie lorsque la lignée des Miolans s'éteint. 

Dépassé du point de vue militaire, il est transformé en prison d'état de 1564 à 1792. Le marquis de Sade, testera d'ailleurs cette prison parmi les nombreuses qu'il visitera...

C'est le préfet de Savoie Eugène Guiter qui racheta à titre personnel le château en 1869 pour le restaurer. C'est toujours sa famille qui le détient.


Photos:

-Jimre (2009, 2012, 2021)


Posté le 14-05-2012 19:42 par Jimre

Château de Thomas II


En 1248, Thomas II de Piémont, frère du comte de Savoie Amédée IV, obtient du prieur du Bourget le droit de construire une maison et un vivier entre la Leysse, le lac et la forêt.

Le comte Amédée V choisit ce château pour résidence principale de la cour.

Le château a la forme d'un quadrilatère avec des tours carrées. Le château conserve une architecture militaire mais sa sécurité est alors en grande partie assurée par le marais qui l'entoure, un pont-levis et un fossé.

Il est, à son époque, le château le plus confortable de Savoie.

Toutes les fenêtres sont vitrées, les murs recouverts de tapisseries, chaque étage posséde une cheminée et des latrines.

Le Bourget devient la "capitale mondaine" de la cour itinérante de Savoie, avec une intense activité comme de nombreux séjours de la cour comtale, événements familiaux et diplomatiques.

Mais, dès la fin du XVe siècle, les comtes et ducs de Savoie lui préfèrent celui de Ripaille, au bord du Léman.

En 1456, le château est détruit par un incendie et n'est pas reconstruit.

Le château de Thomas II est déjà en ruine lorsqu’il est vendu au XVIIe siècle aux Laurent puis aux de Buttet, barons du Bourget.

Il sera vendu en 1841 et servira de carrière de pierres de taille jusqu'en 1849, date de l'acquisition du château par la commune.

Acquis par la commune en 1973, il est classé Monument historique en 1979.


Sources:

- panneau du château

- site http://www.123savoie.com/article-69670-1-chateau-de-thomas-ii.html

- site http://fr.wikipedia.org/wiki/Château_Thomas_II

- site http://www.cpalb.fr/archeologie.php


Photos:

- Jimre (2010)

Posté le 16-10-2011 19:51 par Jimre