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Château des Abbés de l'Ile Barbe

Merci à J. Orvoen pour le prêt du livre: Neuville sur Saône, 2ème édition, préinventaire des monuments et richesses artistiques, Département du Rhône, qui a servi pour cet article.

Historique:

- En 1186, Etienne de Villars donna à l'Ile Barbe, entre autres biens, "guardas Vismeiarum...et quicquid apud Vimias possidibat...et castellum de Legneio"(Legneio= Ligneux, motte féodale située à Saint Jean de Thurigneux, dans l'Ain).

- En 1200, la charte de la clotûre du bourg de Vimy, mentionne l'existence du "chastellar". On y apprend que Guigue, abbé de l'Ile Barbe, rassembla les notables dépendant de sa seigneurie de Vimy et leur proposa de clôre le village par un mur d'enceinte. 

- En 1228, Guigues de Montdor fut obligé par l'Abbé de l'Ile Barbe de "contribuer au guet et garde du château de Vismy".

- En 1312, il y eut un accord entre Gichard VI de Beaujeu et l'abbaye de l'Ile Barbe pour la garde du château.

- En 1434, l'abbé Aynard de Cordon mit le château et le bourg de Vimy sous la dépendance du duc Amédée de Savoie, et en 1437, l'abbé Sotison reconnaissait les suprématie des ducs de Savoie sur Vimy, depuis l'origine: "ab antiquo fuisse Dominus Superiores castri villae mandamenti et castellaniae Vimiaci".

- Le successeur de Claude de Sotizon, Edouard de Messey, abbé de 1458 à 1480, fit reconstruire et réparer les batiments, ruinés par les Ecorcheurs en 1443.

- A la fin du XVIe siècle, des agrandissements sont réalisés  par Pierre d'Epinac, abbé de l'Ile Barbe er archevêque de Lyon, puis par M. d'Halincourt. Ces travaux sont signalés dans la description du château en 1665.

- En 1665, Camille de Neuville, par son échange avec l'abbaye de l'Ile Barbe, du fief du Poulet(Villefranche) contre la seigneurie de Vimy, devint propriétaire du château, qui ne semble pas particulièrement l'avoir intéressé.

-Au XVIIe siècle, le rempart qui clôture la ville avait 15 à 25 pieds de haut(4.8 m à 7.5 m environ) sur un périmètre de 2450 pieds(environ 800m), lesdites murailles étant toutes de cailloux et mauvais matériaux. Le mur avait "4 pieds d'épaisseur dans le bas et 14 pouces dans la partie la plus élévée. Il était entouré, en partie seulement, de fossés, qui en 1665, étaient déjà tous comblés.

Quatre portes y étaient pratiquées, la porte d'Ombreval au nord, la porte du Bourg à l'est, la porte de la Saône, à l'ouest sur le quai actuel et la porte de Lyon au sud.

Une tour, visible sur le plan du bourg vers 1780, défendait l'angle sud-est, ayant "de largeur 9 pieds et 6 pouces, du coté nord, 9 pieds et 8 pouces du coté de l'occident, 10 pieds et 6 pouces du coté du midi, sans couvert ni plancher, ni porte ni fenêtre et partie démolie"

- Au XVIIIe siècle, un instituteur y était logé:" le vieux château est actuellement occupé par le nommé Dutel, maître d'école, de la libéralité de Mme la duchesse de Luxembourg.

- En 1818, le château fait toujours partie du domaine d'Ombreval, et fut vendu, à ce titre, par M. de Boufflers à M. Rambaud

- En 1829, ce même Rambaud, propriétaire depuis 1818 du domaine d'Ombreval, fut accusé d'avoir "disposé des anciens murs de la ville et d'en avoir vendu les matériaux". Par la suite il revendit le domaine à deux particuliers, Laurent et Branche, qui y firent des transformations.

- En 1869, l'industriel Emile Guimet acheta la partie nord-est du château, pour y fonder une école maternelle, l'asile Lucie-Guimet, qu'il donna à la commune en 1883. L'architecte Bellemain fut chargé des travaux d'aménagement. C'est au XIXe siècle également que les deux tours du bâtiment sud et la partie supérieure de la tourelle ont été reconstruites (peut-être par l'architecte Pierre-Julien Pascal) et reliées par une galerie en bois qui a été détruite par un incendie en 1940. C'est alors que la commune est devenue propriétaire du corps du logis.

Actuellement, on peut encore voir des vestiges du château et des vestiges de remparts, ancien chemin de ronde du mur ouest, sont encore visibles impasse des remparts.



Posté le 06-06-2015 09:21 par Jimre

Corcelles

Le Château

Plusieurs fois bâti et détruit, au hasard des guerres féodales. Le château primitif date du XIe siècle sur les bases d’une ancienne place forte édifiée à l’époque carolingienne. La rivière Douby, qui coule au pied du Château, marquait la limite entre les diocèses d’Autun et de Lyon, les comtés de Bourgogne et du Beaujolais. C’est, aujourd’hui, à quelques kilomètres près, la frontière entre les départements de Saône et Loire et du Rhône.

Au XVe siècle il est reconstruit sur les bases d’une ancienne place forte, comprenant un pan de mur et deux tours pour défendre et surveiller les alentours.

En 1415, Humbert de Francheleins, seigneur de Corcelles, meurt à la bataille d'Azincourt. Sa fille Agnès, héritière du fief, épouse Antoine de Laye, seigneur de Saint-Lager. En 1432, Corcelles est démoli par les Bourguignons. En 1443, est cité un Antoine de Laye ; seigneur de Saint-Lager et de Corcelles.

Vers 1470, Jean de Laye, l'un de leur fils, qui a épousé Marguerite de Saint-Trivier, entreprend la reconstruction du château et fait dresser une grosse tour carrée, deux tours rondes, et un pan de muraille.

La maison forte se présentait sous la forme d'une enceinte quadrangulaire flanquée de tours rondes aux angles. On y accédait par une tour-porte avec mâchicoulis sur consoles que précédait un pont-levis double à flèches et à chaines jeté au-dessus des fossés. La tour-porte abrite à l'étage, une chapelle castrale. L'espace intérieur comprend une cour et un corps de logis adossé à un côté de la courtine desservi par un escalier à vis logé dans une tourelle polygonale.

Au XVIe siècle, le château est transformé en gentilhommière. Les filles de Jean n'ayant pas de descendance, Girard de la Magdeleine-Ragny achète le domaine en 1522. En 1543, le propriétaire est le fils du précédent, François de la Magdeleine.

Celle-ci eût beaucoup d’importance et donna au château le style de la Renaissance Française qui le caractérise aujourd’hui.

Fin XVIe siècle, la famille Tircuy de La Barre possèdera le château durant quatre siècles. Peu à peu, le nom de Corcelles remplacera celui de La Barre.

En 1590, Lazare Tircuy de La Barre, surnommé « le capitaine de la Barre », capture le colonel Alphonse d'Ornano ; l'argent de la rançon va lui permettre d'acquérir le château en 1592. Durant les guerres de religion, en 1592, le site est abandonné par la famille de la Magdeleine.

En 1655, le capitaine Laurent de l'Aube de Corcelles, protestant, rencontre le pasteur Jean Léger, ce qui oblige le Marquis de Pianezza à engager lui-même la répression des Pâques vaudoises au Piémont, permettant aux troupes françaises d'éviter de participer au massacre.

Vers 1769, François Joseph Tircuy est seigneur de Corcelles. À la Révolution, François Joseph Tircuy, seigneur de Corcelles et son épouse, dame Thérèse Geneviève Gayot de Mascrany, dénoncés comme nobles, sont emprisonnés ; à leur libération, le domaine est partagé pour assurer la dot de leurs deux filles, dont Geneviève Françoise Jeanne, qui épouse, en 1799, Henri Jean de la Roche, baron de Montcel, seigneur de la Peyrouse. Se succèdent ensuite, par alliance, les familles Ravinel et Billard de Saint-Laumer.

Après la révolution, le château revînt à François-Hyacinthe, dernier du nom. Par alliances féminines, se succèdent les familles Ravinel puis Saint-Laumer.

Au XXe siècle, le peintre Maurice Utrillo y fait plusieurs séjours. En 1960, le château est vendu. Vers les années 60-70, le château fait l’objet d’une restauration complète des toitures et à partir de 1984, la famille Richard reprend le flambeau du prestigieux domaine avec l’intention de faire fructifier le vignoble.

Aujourd’hui, le château a conservé un donjon carré à mâchicoulis et lanternon, une cour intérieure avec ses galeries de bois de la Renaissance et un chemin de ronde, un puits ouvragé, des cuisines et des oubliettes. On y trouve également des caves voûtées en plein cintre et un grand cuvier du XVIIe siècle contenant 23 foudres de chêne.

Au premier étage du donjon se trouve toujours la chapelle avec d’admirables boiseries découpées en dentelles. Le corps de logis principal comprend 2 étages desservis par un escalier à vis logé dans une tourelle polygonale.

Le parc de plus de trois hectares, environné de vignes, comprend des jardins à la française.

Propriété privée, le château est ouvert à la visite. Il fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques depuis le 4 février 1927.

 

Sources:

- Site du château de Corcelles

- Wikipedia 


Photos:

- Jimre (2015)


Posté le 22-02-2015 20:29 par Jimre

Vimy ou Neuville sur Saône

ll était une fois Neuville .....

Des origines obscures

Ce n'est qu'à une date relativement tardive, en 971, que les documents mentionnent pour la première fois Vimy, nom porté par Neuville jusqu'au milieu du XVIIème siècle. Mais il est certain que son existence est beaucoup plus ancienne. Sans parler des nombreuses légendes plus ou moins fantaisistes qui attribuent la fondation de la cité à tel ou tel empereur romain, de nombreux indices « le site, le nom même de Vimy, etc. » permettent de croire à l'existence de Neuville bien avant la fin du Xème siècle, sans que l'on puisse, toutefois, donner de date précise à sa création. Il n'existe pas de ruines d'origine romaine sur la commune.

Après l'effondrement de l'empire romain, Vimy dut connaître, à partir du Vème siècle, la domination successive des Burgondes puis des Francs. Quand l'empire fondé par Charlemagne se disloqua à la fin du IXème siècle, Vimy, comme le reste de la région lyonnaise, fut compris dans le royaume de Provence fondé en 878, puis passa en 942 dans celui de Bourgogne dont la frontière occidentale était constituée par la Saône sur une bonne partie de son cours inférieur, avant de se retrouver dans l'Empire avec l'ensemble de ce royaume de Bourgogne à la mort de son dernier roi Rodolphe III en 1032. Vimy devenait dès lors, et pour plusieurs siècles, un bourg frontalier de par la Saône.

Une importante possession de l'abbaye de l'Ile-Barbe

Le 18 septembre 971, Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne, confirmait, à la demande de Heldebert, abbé de l'Ile-Barbe, toutes les possessions de son monastère. Au premier rang nous trouvons l'église Saint-Florent et la villa de Vimy, avec le port et toutes ses dépendances.

A partir de ce moment, Vimy dut se développer régulièrement, dans le courant général d'accroissement démographique des XIème - XIIIème siècles. Ainsi, en 1183, une bulle du pape Lucius III confirmant à nouveau les biens de l'Ile-Barbe mentionne deux églises à Vimy  : Saint-Florent et Notre-Dame, ce qui veut dire qu'au noyau primitif de peuplement groupé autour de l'église Saint-Florent devenue sans doute chapelle du château, s'est adjointe une agglomération avec une nouvelle église paroissiale dédiée à Notre-Dame.

L'importance grandissante de la cité se marque aussi par l'action des abbés de l'Ile- Barbe qui, au cours des XIIème et XIIIème siècles, cherchèrent à maintenir et à développer leur autorité seigneuriale sur Vimy et ses environs, Ainsi, en Mars 1201, l 'abbé de l'Ile-Barbe passe un accord avec ses vassaux relevant de la seigneurie de Vimy : la cité de Vimy sera fortifiée aux frais desdits vassaux qui devront faire élever une muraille de 5 à 7 m de haut sur un périmètre de 700 m environ, et ils pourront venir s'y réfugier en cas de besoin. D'autre part, l'abbé de l'Ile-Barbe, Guillaume de Jarez (1224-1240) profita des difficultés financières des petits seigneurs de la région pour acquérir des biens et des droits divers à Vimy et aux environs immédiats.

Mais et c'est aussi un signe de l'intérêt que pouvait présenter une position prééminente à Vimy - les abbés de l'Ile-Barbe étaient contraints de partager quelque peu leur autorité sur la cité. Ils étaient, en effet, en tant qu'hommes d'Église, dans l'incapacité d'assurer effectivement la protection matérielle et militaire. Comme cela était alors la règle à peu près générale dans ce genre de situation, ils devaient confier à un seigneur laïc des environs cette tâche ou « garde ». Évidemment cette fonction de « gardiateur » pouvait être très profitable, même si elle ne donnait aucun droit de propriété à celui qui l'exerçait ; elle était prétexte à la perception d'une redevance sur les habitants de la ville, et elle pouvait, le cas échéant, permettre de contrôler une position stratégique ou commerciale importante. Voilà pourquoi la « garde » de Vimy est exercée aux XIIème et XIIIème siècles par les seigneurs les plus importants de la région : les sires de Villars jusqu'en 1186, les sires de Rochetaillée au début du XIIIème  siècle, les sires de Beaujeu à la fin du XIIIème  siècle. Pour ces derniers ce fut un moyen parmi d'autres pour prendre pied sur la rive gauche de la Saône, provoquant des conflits avec l'abbé de l'Ile Barbe seigneur de Vimy, en 1312 et 1335 notamment. A la fin du XIVème  siècle la maison de Savoie prit le relais des Beaujeu.

Une cité aux activités multiples

Elles sont liées à l'exercice de l'autorité féodale et aux avantages de la position géographique de la ville. Vimy apparaît, aux XIIème  - XIVème  siècles, tout à la fois comme

- un centre judiciaire et administratif : l'accord passé en 1201 entre l'abbé de l'Ile-Barbe et ses vassaux, en plus du problème des fortifications, rappelait que seul l'abbé de l'Ile-­Barbe, en tant que seigneur du lieu, disposait de la haute-justice à Vimy (c'est-à-dire celle qui pouvait entraîner des peines corporelles les plus graves : mutilations, mort). Une enquête de 1315 permet de constater que Vimy était effectivement le lieu des exécutions capitales, non seulement pour la cité elle-même, mais aussi pour les environs jusqu'à Collonges au moins. On y exécutait non seulement des hommes, mais également des animaux : ainsi un porc coupable d'avoir tué un enfant. Les condamnés étaient pendus aux fourches du château.

- un centre agricole : d'après les redevances dues par les habitants de Vimy, on constate qu'on cultivait là toutes les sortes de céréales (froment, seigle, avoine), qu'on y faisait du vin. Pour mesurer les quantités, on utilisait des unités comme le setier, le muid, etc., propres à la cité, « à la mesure de Vimy », comme le précisait les textes. Par ailleurs, la pêche en Saône devait fournir des quantités non négligeables de poissons : des conflits incessants opposent aux XIIIème et XIVème  siècles les pêcheurs de Vimy et le péager de Rochetaillée qui prélevait des droits exorbitants sur les poissons expédiés à Lyon, ainsi que le cellérier (sorte d'économe) de l'Ile-Barbe qui prétend, en 1353, avoir droit au quart des poissons pêchés en aval du « rocher » de Couzon.

- un centre commercial : la fonction marchande de Vimy, attestée dès la fin du Xème  siècle par la mention du port, s'exerce aussi par la tenue d'un marché hebdomadaire, le samedi, signalé pour la première fois dans un acte de 1154. La tenue de ce marché donnait lieu à la perception de droits très divers « leydes, cartelages, etc... » au profit du seigneur de Vimy, l'abbé de l'Ile Barbe. Mais celui-ci, très tôt, les avait concédés à certain de ses vassaux, contre le paiement d'une redevance annuelle fixe. On ne sait quel était le volume des échanges ainsi réalisés, ni sur quelles denrée s » ils portaient. Mais on peut penser que la position géographique de Vimy devait assurer un trafic assez important qui pouvait exciter certaines convoitises : en 1346, par exemple, on voit le chapitre Saint-Jean de Lyon tenter d'établir un marché concurrent sur ses terres, à Villevert, en face de Vimy, de manière à détourner une partie des transactions. Par les chemins venant de Villars, Reyrieux, Montanay, Vancia et Miribel, les productions agricoles et forestières « bois et charbon de bois » de l'arrière-pays dombiste devaient affluer au marché de Vimy, ainsi que les marchandises apportées par le trafic fluvial.

Pour le port, comme pour le marché, les abbés de l'Ile Barbe avaient concédé la perception des droits sur les bateaux qui transitaient par Vimy à tel ou tel de leurs vassaux. Mais il n'y avait pas, dans notre cité de péage important, comme à Rochetaillée, Trévoux ou Riottier, D'autre part Vimy se trouvait trop proche de Lyon pour constituer une étape pour les bateliers remontant la Saône. On admet en effet que dans ce sens de circulation fluviale, les barques et plattes halées par les hommes et les chevaux parcouraient environ l'équivalent de vingt kilomètres par jour : c'était trop pour que les convois partis de Lyon le matin s'arrêtent à Vimy le soir.

- un centre spirituel et intellectuel : Vimy n'avait aucune situation privilégiée dans l'organisation administrative du diocèse de Lyon, et aucun fait saillant n'a marqué alors son histoire dans le domaine religieux. Ainsi, lorsqu'en 1378, l 'archevêque de Lyon visite (et fait visiter) son diocèse, rien d'anormal n'est signalé à Vimy, si ce n'est que le curé ne réside pas dans la paroisse, ce qui n'est pas extraordinaire alors. En revanche les églises des environs présentent un spectacle beaucoup plus sombre : bâtiments en ruines, clergé aux qualités morales discutables, etc. Les funérailles des personnages importants de la ville devaient être l'occasion, ici comme ailleurs, notamment au XIVème siècle, de cérémonies imposantes : ainsi celles d'Etienne de Guizeu qui, dans son testament de 1322 , déclare vouloir l'assistance de 40 prêtres le jour de son enterrement. Vimy devait avoir, au XIIIème  siècle, une école, puisque dans un acte de 1277, on trouve la mention d'un certain « maître Raymond, recteur des écoles de Vimy » : il s'agit sans aucun doute d'école élémentaire.

Au milieu des difficultés de la fin du moyen âge

Vimy fut sûrement éprouvé par les épidémies de peste qui s'abattent sur l'Occident à partir du milieu du XIVème  siècle. On sait que la Peste Noire de 1348 frappa durement Lyon et le plat pays. En l'absence de tout document statistique, on voit cependant le nombre des testaments faits par les habitants de Vimy croître de façon significative de juin à septembre 1348. Il est logique de penser que la situation de Vimy sur un grand axe de circulation, et donc une grande voie de propagation de toute épidémie, fut un désavantage certain, et que la ville fut désormais touchée par les « retours » de peste de la fin XIVème  et début XVème  siècle.

A cette mauvaise conjoncture démographique qui dura au moins un siècle, il faut ajouter le poids des guerres qui fut particulièrement pesant pour Vimy et sa région.

D'abord le grand conflit franco-anglais de la guerre de Cent Ans. Vimy eut à en supporter les conséquences principalement en 1360-1365, quand les bandes de mercenaires, réduits au chômage par la paix de 1360, se répandirent dans le sud-est du royaume. Ainsi en 1365, un des plus célèbres chefs de bandes, Seguin de Badefol, après s'être emparé d'Anse, s'y installe, et de là ravage consciencieusement toute la basse vallée de la Saône.

Mais Vimy souffrit surtout des affrontements qui opposèrent entre eux les grands seigneurs de la région pour l'accroissement de leurs possessions respectives. A la fin du XIVème  siècle, en effet, deux puissants lignages qui se partageaient la Dombes, les Thoire-Villars et les Beaujeu, s'éteignirent. Cela, bien sûr excita la convoitise des deux grandes puissances seigneuriales alors en pleine expansion : les ducs de Bourbon, qui après l'héritage forézien souhaitaient mettre la main sur celui des Beaujeu, et la maison de Savoie , qui, depuis longtemps, cherchait à s'étendre vers l'ouest. Dans cette rivalité, Vimy fut un pion important dont les Savoyards s'assurèrent le contrôle dès 1399 en obligeant l'abbé de l'Ile Barbe à les reconnaître comme les successeurs des sires de Beaujeu en tant que « gardiateurs » de la cité. Puis , profitant de diverses circonstances, Amédée VIII de Savoie étendit son influence aux environs, au détriment de l'Église de Lyon notamment. En vain des « conférences » réunissant des représentants des parties intéressées se réunirent-elles à Vimy en 1417, 1425, 1428, 1432 : aucune solution durable ne pouvait en sortir car la position savoyarde était trop forte. A partir de 1433 cependant, dans le cadre du redressement général de l'autorité royale en France, et des premiers succès militaires, le roi de France et son représentant local, le sénéchal de Lyon, se préoccupent de contenir l'expansionnisme savoyard, et la guerre reprit. En 1433, Galois de Sure, un des plus sanguinaires capitaines savoyards, met la main sur le port de Vimy, et surtout, dix ans plus tard, aux environs de Pâques 1443, les hommes du terrible Rodrigue de Villandrando, agissant pour le compte du roi de France, mirent en deux fois la ville à sac, pillant, mettant le feu au château, à l'église paroissiale, etc. Ce ne furent que des ruines que les Savoyards reprirent quelques semaines après.

La Ville de Vimy ne retrouva la paix qu'en 1455, lorsque le roi Charles VII imposa au duc de Savoie de renoncer aux droits qu'il s'était arrogés dans cette petite région entre Dombes et Lyon, dont Vimy était le centre, et qu'on allait bientôt appeler le Franc-Lyonnais.

Au centre d'une région originale : le Franc-Lyonnais

Le coup d'arrêt donné par le roi de France aux ambitions savoyardes créait une situation originale dans cette région. En droit, elle faisait partie de l'Empire, puisqu'elle se trouvait sur la rive gauche de la Saône, mais en fait, l'influence du roi de France y était désormais prépondérante : d'abord parce que depuis le début du XIVème siècle, Lyon avait été rattachée au royaume, et que le roi, se substituant à l'archevêque, pouvait prétendre à l'exercice de nombreux droits que celui-ci possédait dans cette zone, et ensuite, à cause justement de l'éviction de l'influence savoyarde qui créait un vide que le roi devait s'empresser de remplir. Ne pouvant toutefois se permettre une annexion pure et simple, les gens du roi de France admirent un situation particulière : le roi prenait sous sa protection ce « morceau d'Empire », mais reconnaissait à ses habitants des franchises analogues à celles dont bénéficiaient les habitants de la Dombes voisine, c'est-à-dire principalement l'exemption des impôts royaux.

Ainsi naquit le Franc-Lyonnais qui comprit deux zones : le Franc-Lyonnais proprement dit, depuis la Croix-Rousse jusqu'à Massieux, comprenant tout ou partie de Caluire, Fontaines; partie de Rochetaillée, Fleurieu, Vimy, Genay, partie de Massieux, partie de Civrieux et partie de Saint-Jean-de-Thurigneux, et d'autre part le Petit Franc-Lyonnais formant enclave autour de Saint-Didier-de-Formans avec Saint-Bernard et Riottier. C'est en 1525 que le Parlement de Paris reconnaît les privilèges du Franc-Lyonnais. A partir de cette date, et jusqu'en 1789, ses habitants jouirent d'une situation avantageuse par rapport à leurs voisins: ils veillèrent en permanence à ce qu'il n'y fut pas porté atteinte, et à cet effet, ils se donnèrent des syndics chargés de défendre leurs intérêts. La capitale du Franc-Lyonnais fut d'abord Genay. Vimy lui succéda au XVIIème  siècle quand Camille de Neuville de Villeroy, lieutenant-général du Gouvernement de Lyonnais, Beaujolais et Forez et archevêque de Lyon de 1653 à 1693 fit l'acquisition du bourg et des terres environnantes, et donna son nom, Neuville, à Vimy. C'est là que se réunissaient les représentants des différentes paroisses lorsqu'il y avait à délibérer des affaires communes et à désigner les syndics.

Cette situation fiscale privilégiée, jointe au développement économique régional procuré par les foires de Lyon dans la première moitié du XVIème siècle, assura à Vimy une existence sans trop de difficultés pendant tout le siècle. Certes la ville eut à souffrir, indirectement, des dévastations entraînées par les guerres de religions : en 1562, les Protestants du baron des Adrets occupent Lyon et contrôlent la vallée de la Saône entre Belleville et Lyon. Cela ne se fit pas sans ruine. D'autre part, Vimy ne semble pas avoir participé activement à la guerre civile qui déchira la province sous Henri III, sauf peut-être en accueillant temporairement en 1595 son seigneur, l'archevêque de Lyon, abbé de l'Ile-Barbe, Pierre d'Epinac, qui avait été le chef des ligueurs lyonnais.


Quelques dates:

971 Première mention de « Vimy » dans les textes, mais existence certainement beaucoup plus ancienne

Se trouve alors dans le royaume de Bourgogne


1032 Dans l'Empire avec l'ensemble du royaume de Bourgogne


XIème - XIVème Siècles 

Appartenance théorique à l'Empire 

Vimy est située dans la seigneurie de l'abbaye de l'Ile-Barbe


XIVème - XVème siècles

Toujours en théorie dans l'Empire

Enjeu des conflits entre Savoie et Beaujeu, puis Savoie et Bourbon Intervention du roi de France installé depuis le début du XIV e siècle à Lyon 1455 : éviction de la Maison de Savoie


XVIème siècle 

1513 : l'autorité du roi de France s'étend sur le Franc-Lyonnais, évinçant celle de l'Ile-Barbe et de l'Église de Lyon

1525: le Parlement de Paris reconnaît les privilèges, notamment fiscaux, du Franc-Lyonnais, qui glisse insensiblement dans le royaume en 1551 une nouvelle confirmation des privilèges fiscaux à l'occasion de la levée d'une nouvelle imposition dans le royaume déclare que les habitants du Franc­ Lyonnais en sont dispensés puisqu'ils ne sont point de « l'ancien corps de France »


Sources:

- M. Michel Rubellin sur le site de la Mairie de Neuville sur Saône

- Voir également non loin Genay

Photos:

- Jimre(2013)




Posté le 10-02-2015 20:58 par Jimre

La Batie

Historique

Située non loin de Saint Martin en Haut, en bordure de la route départementale D 34 en direction de Rontalon, cette maison forte est divisée en deux corps de bâtiment dont un du XIIème siècle avec un pigeonnier. La partie la plus imposante du château domine la vallée de l’Artilla, affluent du Garon. Ce fut la résidence d’été du Docteur Alexis Carrel (1873-1944), chirurgien et physiologiste, Prix Nobel de médecine en 1912.


Posté le 17-08-2014 22:07 par Jimre

Caluire et Cuire

La ville de Caluire et Cuire résulte de la fusion en 1797 de ces deux communes, Caluire au nord et Cuire au sud. Son territoire occupe toute la largeur du promontoire méridional du plateau de la Dombes, qui se rétrécit avec des rebords abrupts pour se terminer à la Croix-Rousse.

Elle présente deux particularités rares:

La première est géographique car elle est baignée à la fois par le Rhône et la Saône, sans en posséder le confluent ; Tours est la seule ville pour laquelle il en va de même avec la Loire et le Cher. La seconde est historique car elle a été divisée en 1601 en une partie est et une partie ouest par une frontière axiale, survivance de la très vieille frontière entre Royaume de France et Empire germanique. La vieille frontière coïncidait avec la ligne de partage des eaux comme avec l’artère principale.

Les faits connus de l’histoire ne remontent pas au-delà de l’époque romaine. Comme dans d’autres endroits autour de Lyon, certains y situent le camp que César établit avant de mener la bataille contre les Helvètes lors de leur passage de la Saône en 58 av. JC.

La voie d’Agrippa longe la rive gauche de la Saône. La voie du Rhin suit l’axe du plateau. La voie de la rive droite du Rhône se développera plus tard.

Là également ou non loin, à Sathonay ou Rillieux et  malgré les incertidudes, on situe la bataille qui eut lieu en 197 ap. JC et qui vit la victoire de Septime Sévère sur Albinus. On a retrouvé en effet des amas d’armes de cette époque dans un des quartiers de Caluire, au Vernay ainsi qu’à la Pape (terme venant de poype ou motte), un quartier de Rillieux. Ce qui est sûr, c’est que les pillages des vainqueurs se sont déroulés sur cette zone.

Après la « décadence » et la fin de l’Empire romain, la ville de Lyon, qui s’étendait jusqu’au « vieux fossé » (terralium antiquum ou fossata antiqua Lugdunensia), une légère dépression située au cœur du futur bourg de Caluire, se replie au pied de la Croix-Rousse.

Au nord de cette enceinte réduite et à mesure que vont se préciser les territoires des fiefs féodaux, une frontière va se préciser, correspondant à l’axe de circulation principal, l’ancienne voie du Rhin.

A l’ouest, se situent des terres ecclésiastiques, à l’est, des seigneuries bressanes dont la principale est celle de Montluel.

En 1032, toutes ces terres se situent sous la suzeraineté de l’Empire germanique.

A partir de 1312 et pour tout le Moyen-Age, les terres ecclésiastiques passeront avec Lyon dans le Royaume de France. D’où la création d’une frontière sur la commune.

Les terres bressanes, intégrées à l’Empire, appartiennent par la suite au Comté de Savoie.

Pour Caluire, le versant de la Saône appartient à l’Ile Barbe, le pouvoir y étant exercé par le cellérier de l’abbaye elle-même, couvrant l’Ile mais aussi Collonges. La partie bressane relève du marquisat de Miribel qui, en 1218, est passé sous la suzeraineté des sires de Beaujeu, en même temps que la Dombes, et y restera jusqu’en 1460 avant de s’intégrer, beaucoup plus tard que les terres voisines, à la Savoie.

Caluire n’a pas de paroisse propre à cette époque. Le Vernay, noyau initial de Caluire, est rattaché à Collonges, le reste du territoire à Saint Rambert, les morts étant enterrés au cimetière de l’Ile Barbe.

Cela impose des déplacements peu commodes, dévalant des chemins très rudes et traversant la Saône en barque, traversée périlleuse lors des crues. C’est seulement en 1525 qu’un cimetière sera établi autour de la chapelle Saint Nicolas.

Pour Cuire, le versant de la Saône appartient à l’abbaye d’Ainay et la partie bressane à la seigneurie de Montluel.

La suzeraineté d’Ainay semble d’ailleurs avoir été disputée avec l’Ile Barbe et peut-être aussi avec l’église de Lyon. En 1230, une querelle éclate à propos d’une transaction entre l’Ile Barbe et Humbert de Montluel, à l’insu d’Ainay, et avec l’approbation de l’archevêque.

En 1250, l’église de Cuire est reconnue parmi les biens de l’abbaye d’Ainay par le pape Innocent IV, hôte de Lyon. La désignation est Domus ecclesia de Cuyères ou Villa de Cuères. Mais c’est par l’Ile Barbe qu’un droit de garde est octroyé aux sires de Montluel…

En 1269, les lyonnais insurgés pillent Cuire.

En 1312, la nouvelle suzeraineté royale respecte les droits qui avaient cours sous la suzeraineté impériale. 

Mais de 1313 à 1324, l’abbé d’Ainay  Jean de la Palud fait construire le château de Cuire. L’objectif de cet édifice construit  face à l’Ile Barbe, est surement d’affirmer l’autorité d’Ainay dans la défense du val de Saône, face à la Commune de Lyon dont le roi tolère le pouvoir croissant au détriment de l’archevêque et du  chapitre.

 Il peut aussi s’agir d’offrir une position amie pour la Savoie, aux portes de Lyon.Le prieuré de Cuire est affranchi en 1316 des redevances dues à Ainay. Un pacte est passé en 1317 avec Jean de Montluel lui reconnaissant la haute justice, la garde du village et la défense de l’Abbé. Les deux arbitres choisis sont des vassaux du comte de Savoie, de la famille de l’abbé d’Ainay : Aymon et Guigue de la Palud, seigneurs de Varambon et de Chatillon. Et l’archevêque de Lyon est alors Pierre de Savoie, la seigneurie de Montluel passant dans le giron de la Savoie en 1355…

Le comte de Savoie percevra à Cuire un impôt de onze sous viennois jusqu’en 1411. 

Dans l’enceinte du château, aujourd’hui lieu d’habitations, on trouve à l’époque un véritable village avec une église, sous le vocable de Saint Martin. Mais Cuire dépend toujours de la paroisse de Vaise, possession d’Ainay.

Caluire et Cuire sont épargnés par les Routiers, les Tard-Venus et les Anglo-bourguignons. Effet heureux de la présence du château ou de la proximité avec Lyon et ses milices mobilisées pour la circonstance.

En 1445, les deux localités s’intègrent au Franc-Lyonnais.

En 1571, l’abbaye d’Ainay, pour payer à l’état royal sa contribution à la réparation des dégâts causés par les guerres de Religion, vend sa terre de Cuire, avec l’autorisation de roi Charles IX et l’approbation du pape Pie V. De nombreux propriétaires particuliers vont alors se succéder.

A la fin du XVIe siècle, Lyon se dote d’un nouveau rempart coupant le plateau de la Croix-Rousse, entre le fort Saint Jean et la porte d’Halincourt sur la Saône, et le bastion et la porte de Saint Clair sur le Rhône.

La conséquence pour Caluire et Cuire est l’abandon de la route du bord du Rhône au profit de la voie du Rhin.

En 1601, l’annexion par la France de la Bresse Savoyarde fait disparaitre la frontière qui divisait Caluire et Cuire et rend du même coup inutile le récent rempart de la Croix-Rousse.

Caluire reste possession de l’Ile Barbe jusqu’en 1742 ou elle passe ensuite à l’archevêque et au chapitre de Saint Jean.

Pendant la Révolution, Caluire et Cuire se montrent solidaires de la révolte lyonnaise, après la destitution de la municipalité modérée par la Convention. En Août 1793, les premiers combats, préludant au siège de Lyon, se déroulent sur leur territoire, opposant les lyonnais, commandés par le colonel de Précy et le colonel de Chênelette, et les troupes conventionnelles, commandées par Dubois-Crancé.

Celui-ci décide de la fusion des deux communes mais ceci ne deviendra effectif qu’en 1797.


Source:

- Le Mont d'Or lyonnais et son val de Saône de Laurent Michel.


Photos:

-Jimre (2014)


Posté le 09-05-2014 10:32 par Jimre

Montmelas

Le château de Montmelas,mentionné dès le Xe siècle, fut une place forte des sires de Beaujeu. Cette forteresse massive, retranchée au pied de son donjon, domine toute la contrée perchée sur un mamelon à 500 m de hauteur. On l'aperçoit très bien de la route menant de Villefranche sur Saône à Chambost-Allières.

Ce château a été restauré par Louis Dupasquier, un disciple lyonnais de Viollet le Duc, qui lui a donné sa silhouette de contes de fées avec son lot de tours à poivrières et de machicoulis. Un jardin à la française a été créé en 1850. Ses pierres blondes et ses toits couleur gris-vert sont un point de repère infaillible pour les randonneurs. On aperçoit au dessus du château la chapelle romane Notre Dame de la Délivrance, élevée au signal de Saint Bonnet à 680 m de hauteur.

Source:

- "Rhône vu du ciel" de Yann Arthus-Bertrand

Posté le 10-04-2014 11:52 par Jimre

Limonest

Limonest occupe une position en balcon sur le versant du Mont d’Or qui regarde à l’Ouest.

Son origine pourrait provenir d’un personnage dont le nom apparait dans le cartulaire d’Ainay en 1010 qui cite une « villa Limonadas » mais une légende attribue la fondation du village aux sarrasins au VIIIe siècle (voir château d'Ars ci-après).

On peut penser ensuite au celte limo qui signigie l’ « orme » ; à la limonite, minerai de fer présent dans la région ; ou à la profession de limonier, allusion au trafic intense qui a toujours animé le village ; et pourquoi pas à la limonade…

Dès l’époque romaine, le chemin entre Lyon et Mâcon emprunte ce trajet en corniche qui culmine à l’emplacement actuel de Limnest où existe un poste miltaire.

L’aqueduc de la Brevenne, le troisième en date des quatre aqueducs de Lugdunum, dont celui du Mont d’Or est le premier, emprunte le seuil de la Garde et passe en souterrain sur le territoire de Limonest, au lieu-dit la Bruyère.

Pour l’essentiel, il y a au Moyen Âge deux seigneuries. Celle qui a donné naissance au hameau principal correspond à l’actuel château de la Barollière, qui n’a pris ce nom que beaucoup plus tard. Elle dépend de l’Archevêque et du chapitre de Lyon ainsi que de la sénéchaussée de Lyon mais la justice est déléguée au châtelain. Une maison forte a précédé le château du XIVe au XVe siècle. Une église, probablement romane, s’élevait à proximité, à l’origine chapelle du château.

Mais le siège  de la paroisse se trouve dans l’autre seigneurie, celle de Saint André, correspondant au hameau actuel de Saint André du Coing. Elle dépend elle aussi du chapitre de Lyon. Son territoire s’étend sur les deux versants du ruisseau du même nom, aujourd’hui partagés entre Limonest et Saint Didier au Mont d’Or.

Cette dernière commune englobe aujourd’hui le château. L’église paroissiale est aussi à l’origine la chapelle du château.

Un seigneur de Limonest, nommé Arnulphe (de laquelle des deux seigneuries ?), a laissé le témoignage d’un seigneur turbulent pour avoir guerroyé contre son homologue de Poleymieux .

Limonest est connu dès le Moyen Âge pour ses activités de roulage sur le grand chemin de Lyon à Anse, ses carrières et, comme dans tout le Mont d’Or, la culture de la vigne, implantée par les romains.

 

Les principaux châteaux de la commune :

Le château d'Ars

château d'Ars

Si la fondation de Limonest par des chefs sarrasins au VIIIe siècle n’est pas une légende, le domaine d’Ars est le plus ancien fief de Limonest. Son nom dérive du latin arsus signifiant « brûlé », allusion à un incendie survenu au XIIe siècle. Le château d’Ars,  est connu  car il a toujours été la dernière étape des rois venant en visite à Lyon. Il a été reconstruit à la fin du XVe siècle par Etienne d’Ars. Il a appartenu ensuite à la famille à la fin du XVe siècle à la famille Arod de 1536 à 1720, à la famille Rivérieux de 1720 à la fin du XIXe siècle.


Le château de la Barollière

château de la Barollière

L’actuel château de la Barollière tire peut-être son nom d’un marquis de Barral et a été remanié au XVIIIe siècle par Jean Maritz, directeur de la fonderie royale et de l’arsenal de Lyon, qui l’a acquis en 1750. Les premières mentions dans les archives datent des XIVe et XVe siècles, avec pour propriétaires une famille Villiers. Mais il a été précédé d’une maison forte plus ancienne. Le château appartient depuis 1810 à la descendance de la famille Baboin de la Barollière.

Le château a été réquisitionné en 1793 par l’état-major des troupes de la Convention venu mater la révolte de Lyon. A la fin du siège, c’est de Limonest que sont parties les troupes de cavalerie pour attaquer l’arrière garde de Précy,  qui fuit la ville, et en massacrer une grande partie.

En 1814, le château héberge à nouveau un état-major militaire : celui du maréchal Augereau,qui va tenter en vain d’empêcher  l’entrée à Lyon des Autrichiens.

En 1831, c’est au tour du maréchal Soult et du duc d’Orléans de venir s’installer au château pour  diriger la répression contre la révolte des Canuts.

Le château de Saint André du Coing

Le château de Saint André du Coing est le centre d’un domaine partagé entre Limonest et Saint Didier, le château étant sur le territoire de Saint Didier et la chapelle se trouvant sur le territoire de Limonest. Ce sont souvent les mêmes familles qui possèdent Saint André et Fromente, un château situé sur la commune de Saint Didier.

De l’époque médiévale, il ne reste qu’un mur de soutènement autour du château, des restes de mur et d’un chemin de ronde, une tour ronde et une demi-tour décoiffée.


Source:

- "Le Mont d'Or  lyonnais et son val de Saône" de Laurent Michel.

Posté le 09-04-2014 09:53 par Jimre

Poleymieux au Mont d'Or

Au Moyen Âge, le château, à l’emplacement de l’actuel Poleymieux le Haut, dépend de l’abbaye d’Ainay, abbaye située sur la presqu’île de Lyon. L’église, du XVe siècle, en est voisine. Le chapitre de Lyon est aussi suzerain d’un certain nombre de fiefs, dont celui d’Etienne de Lissieu. Au début du XVe siècle, Hugues Jossard, riche lyonnais annobli en 1398 par Charles VI, est seigneur de Poleymieux et Chatillon d’Azergues, sous la suzeraineté d’Ainay. Il est à la tête des mines de plomb et d’argent du Lyonnais. Sa famille va continuer cette activité et patronner, au siècle suivant, l’ouverture des mines toutes voisines de Chasselay. De grands défrichements sont entrepris au XVe siècle mais la condition de paysans demeure difficile avec des impôts plus lourds. La dîme porte ici sur la 12e partie de la récolte au lieu de la 21e ailleurs, sur le vin comme sur les grains. La « poule de Verdun », du nom d’un des sommets du Mont d’Or, est une taxe due pour le droit de pacage des troupeaux sur ce mont.

Pierre III du Terrail, plus connu sous le nom de Chevalier Bayard, originaire de Pontcharra en Isère, séjourne à Poleymieux comme dans d’autres endroits du Rhône, son oncle Théodore du Terrail, abbé d’Ainay, ayant de nombreuses propriétés dans la région, notamment Chazay d'Azergues.


En 1771, la famille Ampère acquiert une maison de campagne. Jean Jacques Ampère enseigne alors à son fils André-Marie une éducation personnalisée qui en fait pratiquement un autodidacte.  L’exécution du père après le siège de Lyon a été un déchirement pour  le jeune André-Marie, dont la renommée comme savant par la suite, va bientôt rejaillir sur le village de son enfance. Un musée de l’électricité a été ouvert en 1931 dans la maison familiale.

En 1774, la seigneurie de Poleymieux est vendue à Marie-Aimé Guillin du Montet (ou Dumontet ou de Montel). Celui-ci est né à Lyon et s’est engagé à 14 ans et est devenu corsaire. Il a par la suite montré talent et bravoure au service du marquis de Roux en qualité de lieutenant. Il est devenu gouverneur du Sénégal et des possessions françaises de la côte d’Afrique et à ce titre trafiquant d’esclaves.

Devenu Baron de Poleymieux, il s’y fixe avant la Révolution en 1785 avec sa famille et un serviteur sénégalais doué d’une force prodigieuse.

Son caractère violent, il a été démis ou a démissionné de ses fonctions en Afrique, en font un personnage antipathique. Il va s’attirer les foudres de tout le voisinage en truquant le bornage des terres pour agrandir son domaine, en déplaçant les chemins et en révisant les terriers avant le rachat décrété le 4 Août 1789 ;

Il a tout pour servir de cible à la vengeance des révolutionnaires, sa famille, notamment son frère, ayant été impliquée dans un complot royaliste en 1790.

Après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, le climat insurrectionel incite la section des Jacobins de Chasselay, décide d’investir le château de Poleymieux.

Le 24 Juin 1791, la garde nationale de Poleymieux, Chasselay et Quincieux, conduite par la municipalité, arrive, soutenue par des villageois et des personnes étrangères au pays plus ou moins excités. Au total, entre 800 et 900 personnes ont décidés d’en découdre avec l’odieux personnage retranché dans son château.

Après qu’une députation de six officiers ait été reçue à coup de fusil, il s’ensuit unéchange de menaces puis des coups de feu éclatent.

Madame Guillin décide d’ouvir les caves du château, dans l’espoir d’apaiser la foule, altérée par la forte chaleur. On la fait prisonnière et le château est investi.

Le maire de St Germain au Mont d’Or tente de s’interposer avec le bataillon de sa commune pour faire cesser les combats mais Guillin, retranché avec son serviteur dans le donjon, continue à tirer sur la foule.

Un véritable délire meurtrier s’empare des assaillants qui les capturent et les massacrent, n’écoutant plus plus rien. Le château est incendié malgré l’arrivée de la garde de Couzon, venue elle aussi mettre fin aux combats.

Les assaillants vont même jusqu’à dépecer le cadavre de Guillin et à se partager des morceaux du cadavre.

La femme et les enfants de Guillin échappent au massacre et madame Guillin portera plainte sous l’Empire contre le capitaine de la garde de Chasselay. Elle sera rétablie dans ses droits sous la Restauration.


Les Traces du Moyen Âge :

Il n’y a que quelques restes du château détruit en 1791. On retrouve des fragments des murailles qui avaient deux mètres d’épaisseur, une porte voutée, l’emplacement de la Herse et d’un monte-charge, un escalier à vis dans une tourelle du XVe siècle, des caves, un blason en pierre au-dessus de la porte et enfin une porte.

La « tour du Commissaire » s’élève dans un parc voisin et la tour Risler, grosse tour ronde du XVe siècle, dominait le clos seigneurial.


Source :

- Article très largement inspiré du livre "Le Mont d’Or lyonnais et son val de Saône" de Laurent Michel.

Posté le 04-04-2014 11:31 par Jimre

Saint Germain au Mont d'Or

Histoire:

Le village de St Germain est situé sur un plateau surplombant la vallée de la Saône de 80 à 90 mètres, juste au début des pentes du Mont d’Or.

Le village a été dédié à St Germain l’Auxerrois.

D’importantes trouvailles préhistoriques ont été faites sur son territoire. Concernant l’époque romaine, le gué de Port-Maçon, ou Port-Masson, est peut-être celui  où César est passé en 58 avant J.C., à la poursuite des Helvètes.

On y a également trouvé des pièces de céramiques, des armes et autres objets d’art de l’époque gallo-romaine. Il a assuré la communication entre les voies romaines des deux rives.

De la pierre a probablement été extraite pour servir à la ville proche d’Asa Paulini, c’est-à-dire Anse.

Une forteresse s’est probablement élevée dès l’époque romaine sur l’éperon qui porte le château.

Au Moyen Âge, le mandement de St Germain, qui englobe Curis, Poleymieux et Les Chères, appartient au Chapitre de Lyon et dépend de la sénéchaussée de cette ville. St Germain est alors seigneurie et paroisse. Le château est construit ou reconstruit, au XIIIe siècle par l’archevêque Renaud de Forez.

Comme dans beaucoup de villages du Mont d’Or, l’activité principale est l’exploitation de carrières, et on assiste au développement de ce métier  à partir des XIIe et XIIIe siècles. On trouve entre St Germain et Poleymieux un chemin des carrières ou étaient exploitées 4 ou 5 carrières de pierres grises.

Entre 1364, ici aussi,  le château est emporté par les Tard-venus, qui font régner la terreur dans le Lyonnais (voir les articles sur les sites du Rhône).

En 1481, d’importantes réparations  sont effectuées au château, à l’initiative du seigneur mansionnaire : Antoine d’Ars.

En 1709, un bateau de grains amarré au port est attaqué et pillé par la population affamée.

La Révolution n’apporte pas de troubles majeurs, mis à part le fait que le village s’appelle Mont-Hydins pendant un an.

L’arrivée du Chemin de fer, d’abord non souhaitée, va vite devenir un atout pour le village, situé sur la ligne Paris-Lyon avec la création de la gare dès la mise en service de la ligne en 1854, d’une gare de triage en 1862 et  la bifurcation de Roanne en 1866.

 

Les traces du Moyen Âge :

L’église a été primitivement la chapelle du château. L’abside, le chœur et le clocher carré qui s’élève au-dessus, correspondant à la chapelle originelle sont romans, du XIIe siècle. On trouve notamment dans le chœur deux culots du XIIe siècle.

Les autres parties datent des XVIe, XVIIe XIX et XXe siècles avec notamment des vitraux détruits en 1917 par l’explosion de l’usine chimique de Neuville et refaits en 1919.

Le château du XIIIe est composé par un donjon carré de 19,5 m de haut et une enceinte de hauts murs couronnés d’une galerie qui n’est plus accessible par l’un ou l’autre des escaliers subsistants, dont l’un a été refait. Des travaux ont été effectués en 1481, sur le donjon, puis en 1555 et 1557, après un incendie et enfin en 1747. L’entretien, confié aux habitants, a été abandonné en 1692.

Une seconde enceinte, dite du « vingtain », a été démolie de 1758 à 1866.


Source:

-Le Mont d'Or lyonnais et son val de Sâone de Laurent Michel. 

Posté le 03-04-2014 11:14 par Jimre

Château de La Motte

Sur la rive gauche du Rhône, il existe un certain nombre de petites éminences naturelles : le nom de celle qui nous intéresse, aussi écrit LA MOTTE ou LAMOTHE vient du fait qu’elle a très probablement porté une "motte" féodale (XI°-XII° siècles). Située au sud-est du faubourg de la Guillotière, elle devait contrôler le nœud routier des communications vers l’est et le sud de Lyon, à la frontière entre le Dauphiné et le Lyonnais.

Le site a sûrement été créé artificiellement à l'époque gallo-romaine afin de mettre ses habitants hors de portée des inondations, et d' assurer une bonne visibilité et de conforter la position stratégique du lieu, au débouché des routes reliant Lyon aux Alpes, à l'Italie et à la vallée du Rhône, bien avant l’urbanisation du quartier de la Guillotière.  

Au cours des siècles, principalement à la Renaissance, ce château médiéval a subi diverses modifications.

Le château Lamothe possède des tours rondes et carrées, un donjon, et une cour d’honneur sur laquelle ouvre la porte d’entrée. Les façades et les toitures sont inscrites à l’inventaire complémentaire des Monuments historiques depuis le 4 novembre 1983.

Le château Lamothe est aujourd’hui le dernier château médiéval de la rive gauche de Lyon. Des fouilles sont en cours et le site en pleine réhabilitation.


Les differents propriétaires:

Au XVe siècle et au début du XVIe siècle, la famille de Villeneuve est propriétaire du fief.

Jean accueille en 1476 les assises du Parlement de Grenoble ; il épouse Catherine de Bletterens (- 1491);

Humbert (- 1515), fils des précédents, est lieutenant général de la sénéchaussée de Lyon, puis second président au Parlement de Toulouse, puis premier président au Parlement de Bourgogne;

Charles, fils du précédent, baron de Joux, épouse Marie d’Amanzé ; il vend le domaine.

En 1530, Hugues du Puys, conseiller du Roi et lieutenant de la sénéchaussée de Lyon, achète la propriété au précédent.

En 1556, le cardinal Caraffa, neveu et légat du pape Paul IV, y attend la venue du roi Henri II à qui il doit remettre une épée bénie par le pape.

En 1600, Marie de Médicis, qui va épouser Henri IV à Lyon, assiste à une messe au château de La Motte et y dîne.

Elle y retourne en 1622, avec Anne d’Autriche et Richelieu, à la rencontre de Louis XIII revenant de Montpellier où il avait dû réduire une révolte de Protestants. Un « petit palais » et un théâtre sont édifiés à l’occasion sous la direction d’Hugues Cripier.

En 1642, Richelieu oblige Gaston d’Orléans, frère du roi, à assister à l’exécution de Cinq-Mars et de Thou. Le prince loge au château de La Motte.

À partir de 1655, il a appartenu, par héritage  à la communauté des religieuses du couvent de Sainte-

Elisabeth des Deux-Amants entreprend le rachat de toutes les parcelles du domaine morcelé entre les dix-neuf successeurs d’Hugues du Puys, précédemment cité. Les six dernières parcelles sont achetées à Jacques de Laube, seigneur de Bron. Les religieuses en conserveront la propriété jusqu’à la Révolution.


La vocation militaire:

En 1791, le domaine est vendu comme bien national à un lyonnais, Pierre Étienne Verd.

En 1821, Pierre Ducreux, avoué à Lyon, en devient propriétaire. Ayant refusé l’offre de rachat du général Rohault de Fleury, il est exproprié.

En 1831, le Gouvernement de Louis-Philippe décide de la construction d'un système de fortifications destiné à protéger Lyon. L’État ayant acquis le domaine, un fort est construit; Le fort Lamothe fut construit par le Général Rohault de Fleury du génie entre 1831 et 1853 ; le château a ainsi été englobé dans l’enceinte de la caserne.

En 1864, La Motte devient le troisième plus important fort de l'agglomération et loge 1193 hommes. La construction d'une seconde enceinte de fortifications lui fait perdre son rôle stratégique : le site est transformé en casernement.


La Caserne sergent Blandan:

Après la première guerre mondiale, à l'initiative du ministre de la Guerre, André Maginot, une cité militaire est édifiée avec 4 blocs d'habitation.

Le 12 octobre 1942, le lieu est dénommé “Caserne Sergent Blandan” à l'occasion du centenaire de la mort héroïque à 23 ans, Sergent Jean-Pierre Blandan né à Lyon le 9 février 1819, engagé dans l’Armée d’Afrique et décédé au combat en avril 1842.

 

Le projet de parc public d'agrément:

Depuis, le château Lamothe a servi de résidence de logement pour des officiers et sous-officiers militaires et de bureau de recrutement de la légion étrangère. L’armée quitta définitivement le château en 1999.

En 1999, l'armée quitte définitivement le château et le domaine, laissant la place à la Police Nationale.

En 2007, Le Grand Lyon signe les actes d'acquisition du domaine dans le but d'y réaliser un parc urbain.

Le site de la caserne couvre 17 hectares et comprend une cour d’honneur, une place d’armes, des espaces boisés, et un important patrimoine bâti (près de 50 constructions) d’environ 44 000 m2.On distingue notamment des fortifications de type Vauban, des douves, une poudrière et l’ancien casernement qui est un des plus longs ouvrages maçonnés sans joint d’Europe (230 m de long).

 

Armoiries:

Villeneuve: losangé d’or et d’azur et parti d’or à trois viroles d’azur l’une dans l’autre

Villeneuve (Humbert de): écartelé au premier et quatrième losangé d’or et d’azur qui est de Villeneuve ; aux deux et troisième d’argent à trois demi annelets (appelés aussi vires) de gueules l’un dans l’autre mouvant au deuxième quartier à dextre et au troisième à sénestre.

 

Sources:

- Site museemilitairelyon.com

- Site wikipedia

- Fiche réalisée  par les membres du Conseil de Quartier. Printemps 2009 : « CHÂTEAU LAMOTHE – CASERNE DU SERGENT BLANDAN », Parcours patrimonial – Quartier Jean Macé, LYON, 7ème Arrondissement.


 

Posté le 10-11-2013 20:19 par Jimre

La maison-forte d'Epeisse

La maison-forte d’Epeisse est sise à flanc de coteau, dominant le village de Cogny situé au cœur du"Beaujolais des Pierres Dorées".

Cogny signifierait, étymologiquement, et provenant de l'époque gallo-romaine "le lieu habité par Conios" ou, comme "Conios" est lui aussi un mot proprement gaulois qui signifie "le coin", par extension, "celui qui est dans le coin" - comme"Dupont" signifie celui qui "est du pont", qui habite près du pont.En 1087, Arthaud, Comte de Lyon, fait don de la seigneurie à l'abbaye de Savigny. On dénombrait alors cinq fiefs sur son territoire.

Trace d’une présence romaine, l’oppidum sur la colline de Molandry est surmonté d’une vierge surplombant les vignes sur ses flancs.

Le bourg de Cogny s’élève sur les ruines de cet oppidum.

Elle est le berceau de la famille éponyme d’Epeisse dès le XIIe siècle et la terre d’Epeisse est mentionnée pour la première fois en 1286. Dépendant de la châtelenie beaujolaise de Montmelas, située non loin de là, son nom semble signifier « les pins » ou « les sapins », du mot pessetum ou pissetum, qui désigne les conifères.

Il est difficile d’assigner une date exacte pour l’état initial de la maison-forte.

La partie la plus ancienne est une tour-logis, d’un type très répandu dans la région du XIIIe au XVe siècle. Il constitue le noyau de la maison-forte.

A la fin du Moyen Age, la superficie a été considérablement augmentée. Un nouveau batiment est ajouté au nord de la tour-logis et une tour ronde vient compléter la façade. Le mur extérieur, du batiment, bien qu’il ne soit pas chainé à la tour semble appartenir à la même phase de construction, avec l’escalier à vis. La partie occidentale de la façade nord est un mur de fermeture, édifié après la démolition de la partie saillante du batiment nord. Le pigeonnier est une addition et la façade occidentale semble assez récente.


Les familles propriétaires de la maison-forte:

Au XIIIe siècle, la seigneurie passe aux mains de la famille de Chameyré qui ont pour armoiries « d’azur à la fasce d’or accompagnée d’une étoile d’argent et d’une rose d’or ».

Au XVe siècle, elle appartient aux Namy, une famille de notables du Beaujolais aux armes « d’azur à la bande d’or accostée d’une étoile d’argent et d’une rose d’or », figurant encore sur une porte de l’étage noble de la tour-logis donnant sur la galerie. Les Namy s’éteignent au XVIIe siècle.

La seigneurie passe ensuite aux Tournier avec l’achat réalisé par Jeanne de la Forêt, veuve d’un échevin de Villefranche sur Saône, François Tournier. Les Tournier portent « d’azur à la fasce d’argent chargée de trois merlettes de sable ».

A la fin du XVIIe siècle la maison-forte d’Epeisse est réduite à une simple dépendance agricole du centre domanial de la Lucardière, autre propriété des Tournier.

Par héritage, le domaine échoit à Nicolas Deschamps. Les Deschamps portent « d’azur à trois bourdons chargés chacun d’une coquille de gueules ».

Mis en vente en 1758, il est acheté par François Morel, conseiller à la cour des monnaies de Lyon. Les Morel portent « d’azur à trois fleurs de morelles tigées mouvant d’un croissant et accompagnées de deux étoiles, le tout d’argent ».

 A la Révolution, son fils François Morel de Rambion est arrêté puis relâché deux mois plus tard.

Le 11 Août 1793, le conseil municipal de Cogny brûle les archives de la seigneurie d’Epeisse. Il s’agissait de six terriers du XVe siècle, de six autres plus récents, et de « cinq livres pesant de vieux papiers ».

Louis-Joseph-Irénée Morel de Voleine (1856-1936) fut propriétaire de la maison-forte. Cet historien a écrit une histoire du fief, publiée en 1903 dans le bulletin de la Société de Sciences et des Arts du Beaujolais.

Le manoir d'Epeisse a été distingué par le prix départemental V.M.F. du Rhône en 2001. Il a également été distingué par le prix du patrimoine du Conseil Général du Rhône en 2002.


Sources:

- Plaquette éditée sur le château

- Site cogny-beaujolais.fr

Posté le 03-11-2013 16:53 par Jimre

Chamelet

Histoire:

Invasions

La haute Azergues a été préservée des grandes invasions et des passages des troupes nombreuses par son col accidenté et par l’absence des voix de communications. Entre Chamelet et Allières le seul chemin qui existait par la Croix de fer, ne pouvait être utilisé que comme piste pour les cavaliers et les transports à dos de mulets. C’est une des raisons pour lesquelles nous ne relevons pas traces du passage de ces mouvements de populations et de troupes avec leurs chars, leurs bagages, leur matériel ; d’ailleurs, Chamelet était une ville forte qui commandait le passage dans un sens comme dans l’autre. Cependant, il ne faudrait pas en conclure qu’il n’y a pas eu d’infiltration plus ou moins pacifique de tribus étrangères, qui, à la longue, se sont fondues avec la population autochtone en perdant partiellement les caractères de leur race. En effet on retrouve un peu partout, mais surtout à Saint Nizier, Cublize, Saint Just d’Avray et Chessy, de nombreuses personnes qui rappellent par les traits du visage, la chevelure, les yeux, la forme de la tête, etc., le type sémitique.

C’est très probablement la colonie arabe qui a exploité les mines de Chessy qui a aussi donné à notre rivière un nom arabe « al zerga, les eaux vertes, qui a fait Azergues.

Chamelet eut à l'origine des Seigneurs qui reconnaissaient la suzeraineté des archevêques de Lyon, puis des sires de Beaujeu, avant de rejoindre le royaume de France.

Au VIIIème siècle, lorsque Charlemagne avait imposé la dime, il avait été convenu qu’un tiers devait être consacré au traitement des prêtres, un autre à l’entretien des églises et le dernier au soulagement des pauvres. Mais les dimes avaient été détournées de leur destination. A peu près partout les nobles s’en étaient emparés. A Chamelet, elles furent d’abord levées par le Chapître de Saint Just à Lyon ; le seigneur Vaurion les leur acheta et se chargea de la portion congrue des curés de Chamelet, Lestra, Saint Just d’Avray, mais de l’entretien de l’église et du soulagement des pauvres, il n’en est plus question.

Le village de CHAMELET est cité dans les documents anciens dès le Xe siècle.

Dans les notes de Mulsant au sujet de Chamelet nous trouvons le passage suivant :

« Chamelet, paroisse du diocèse de Lyon, une des plus anciennes châtellenies du Beaujolais qui comprenait vers 1350, les paroisses de Chamelet, Lestra, Cogny, Saint Just d’Avray, Grandris sauf Gondras et partie de Saint Bonnet.

Au début du XIIe siècle, la châtellenie de Chamelet est cédée par Guigues d'Albon à Guichard III de Beaujeu.

Vers 1193, Guichard IV de Beaujeu prête l'hommage lige à l'archevêque de Lyon pour ses terres de Chamelet.

Chamelet à la fin du 14ème siècle

Elle fût cédée à noble Jehan de Nagu, seigneur de Magny, par Antoine, sire de Beaujeu moyennant 730 florins d’or.

Edouard II, successeur d’Antoine ne tenant aucun compte de cette cession, vendit la châtellenie de Chamelet à Louis de Sancerre, maréchal de France.

Jehan de Nagu résista et Edouard fut obligé de traiter avec lui moyennant une somme pour le paiement de laquelle il obligea tous ces biens par actes du 13 juin 1389. »

Les Nagu, capitaines châtelains de Chamelet

Jehan de Nagu, seigneur de Magny, d’ancienne noblesse, était en 1356 à la bataille de Poitiers aux côtés du roi Jean le Bon. Son fils Louis de Nagu, chevalier, seigneur de Magny, lui succède. Il testa le 7 octobre 1414 et fut enterré dans l’église de Chamelet.

Les armes des Nagu étaient d’azur avec trois losanges rangés d’argent et ont figurés dans l’église de Chamelet.

En 1400, Édouard meurt sans enfant; son héritage revient à son oncle Guillaume ( - 1406).

Le fils et successeur de Guillaume, Édouard, épouse en 1430 Jacqueline, dame de Lignières.

Leur fils et successeur Jacques, baron de Lignières, épouse Jacqueline Juvenal des Ursins.


Une histoire du brigandage dans la région: L’assassinat de deux routiers de la gendarmerie royale à Saint Just d’Avray en 1434.

Rémission accordée par Charles VII pour le meurtre de deux hommes d’armes à cheval de la compagnie de Rodrigue de Vilandrando à Saint Just d’Avray en Beaujolais (archives royales)

Le document est long et touffu, voici un résumé.

En 1434, deux hommes d’armes à cheval s’arrêtent à Saint Just d’Avray et demandent à manger et à coucher à l’hôtel Anthoine de Saint Pol. Lorsqu’ils eurent soupé et pansé leurs chevaux, ils s’endormirent sur la litière à coté de leurs montures. Anthoine qui les croit porteurs d’or et d’argent, ne perd pas un instant, avertit des camarades qui, dans un conciliabule tenu dans la chapelle de Saint Laurent, décident de tuer les deux hommes, un vieux et un jeune. Anthoine et ses quatre complices, Jean Baron, Martin Dumont, Barthélemy Clavel et Perrenin Fournier entrent brusquement dans l’écurie, ligotent les deux routiers endormis et les emmènent avec leurs chevaux au milieu des bois de Sapey, vers minuit, Fournier dit aux deux hommes de se confesser l’un à l’autre ; ils refusent. On coupa la gorge du plus âgé avec sa propre épée et le plus jeune fut poignardé avec son propre couteau. On dépouilla les deux hommes de leurs armes et de leurs vêtements mais il parait qu’on ne leur trouva pas un seul denier ; puis chacun rentra chez soi. Martin emmena les chevaux dans les bois de Frainier au bout de 2 ou 3 jours, puis les complices se réunirent à l’hôtel des Salles, décidèrent que Martin et Perrenin iraient vendre les chevaux à Vienne. Ils partent et en rapportent 9 bons écus. Quelques jours plus tard, nouvelle réunion aux Salles vers l’heure des nones (3heure de l’après-midi); ils se partagent les Neufs écus et les dépouilles de leurs victimes. 

13 ans plus tard, (1447) pris de remords et de crainte, n’osant revenir dans le pays, redoutant que leur crime soit découvert et châtié par le duc de Bourbon, ils demandent au roi Charles VII de leur pardonner étant tous bons paroissiens de Saint Just d’Avray et de Chamelet. Le pardon fut accordé le 10 février 1447. L’assassinat de ces deux hommes d’armes de la gendarmerie royale s’explique par le fait que les soldats (réguliers et irréguliers) vivaient sur le pays « pillant et robant ». Souvent ils faisaient prisonniers les habitants et les torturaient pour leur faire avouer où ils cachaient leur argent. Même à l’approche des soldats du roi, les bonnes villes fermaient leurs portent et les bourgeois prenaient les armes. Civils et soldats étaient en état de guerre.

Les assassins dérobent à leurs victimes les vêtements qui avaient grande valeur comme c’était la coutume.

En 1547, Philibert, baron de Lignières, fils et successeur des précédents, qui avait épousé Catherine d'Amboise, décède sans enfant; la châtellenie devient dès lors une possession de la Maison de France.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Bénigne Burtin de Vaurion est châtelain de Chamelet.

Quelques termes utilisés  au Moyen Age:

Impots – Cens, Servis, Laods (Notes)

Cens et servis = loyers payés par les sujets (emphytéotes = locataires perpétuels) au seigneur qui est propriétaire de toutes les terres ; payé en argent ou en nature

Compléments d’informations

* Laoud :

Droit équivalent à la valeur de 6e de la valeur de la propriété qui se payait au seigneur à chaque mutation de propriétaire (censive), quand l'héritage changeait de main par vente ou échange (laod, lod, los).

* Servis

Redevances annuelles que l'on payait pour toutes concessions accordées par le seigneur ou pour toutes terres jadis abénévisées et relevant de la directe du seigneur. Vers le 14ème siècle se confond avec le cens.


Sources :

- Site saintjustdavray.free.fr

- Site wikipedia.org


Photos:

Jimre (2012)


 

Posté le 03-11-2013 16:04 par Jimre

Rochebonne-Theize

Le Château de Rochebonne est situé au sommet du bourg de Theizé, dans le Rhône, l'une des communes du Pays des Pierres Dorées en Beaujolais. Le Château de Rochebonne dresse sa façade dorée vers le soleil levant et regarde, par-delà le vignoble jusqu'au Mont- Blanc. Non loin de là, on peut apercevoir en contrebas le château de Rapetour.

Au XlVe siècle, le château fort de Theizé faisait partie des domaines du chapitre de Saint-Jean. C'était l'époque où les Anglais portaient partout la guerre. Dans la crainte de le voir tomber en mains ennemies (voir articles sur Anse, Chazay d’Azergues et sur Seguin de Badefols concernant les Tard-venus) et devenir une puissante place de guerre, les chanoines comtes de Lyon le firent raser en 1363. Lorsque le calme fut rétabli, Theizé reconstruisit ses murailles d'enceinte, et à la place du château fort il y eut un prieuré dépendant de l'abbaye de Savigny.


La première phase de reconstruction d’une Maison Forte date du XVe siècle, le Châteauneuf, mais il s'agit à ce moment-là d'un relais vigie du Château d'Oingt où règne la Famille de Fougères. Au cours des guerres de Religions, en 1572 exactement, Oingt sera détruit par le Baron des Adrets, qui a laissé des traces de sang dans toute la vallée du Rhône, ce qui entrainera l'abandon du lieu au profit de Rochebonne qui passera, par extensions successives, de sa forme d'origine à celle de Château-Fort classique, lequel sera ensuite transformé au XVIIe siècle en style classique à la française.


C'est à cette période qu'intervient la liaison Famille de Rochebonne - Madame de Sévigné. En effet, Charles François de Rochebonne épousera vers 1675 Thérèse Adhémar de Grignan, Belle-Soeur de la Fille de Madame de Sévigné. Cette dernière citera plusieurs fois Rochebonne dans ses lettres, témoignant des excellentes relations entretenues avec Les "Rochebonne".
Depuis 1984, le coeur et les bras des passionnés ont redonné vie à la vieille église et au château.
Plusieurs salles restaurées sont ouvertes au public.


La chambre du seigneur, dont le parquet et les lambris datent du XVIIe siècle, les caves voûtées, les peintures en trompe l'œil, l'église et à découvrir un imposant pressoir en bois d'époque.


La vieille église restaurée depuis 1972, était l'ancienne chapelle du château puis église paroissiale jusqu'en 1905.


Depuis 1984, Rochebonne, qui appartient à la commune de Theizé, "château des Passions", est aussi un pôle oenologique et un espace muséographique passionnant permettant de découvrir dans les caves voutées, la vinification beaujolaise, unique au monde. Le dernier week-end de septembre, se déroule le festival de musique de chambre "Les Rendez-vous de Rochebonne" sous la direction artistique du pianiste Hervé Billaut avec les artistes Nicholas Angelich, Frank Braley, Philippe Cassard, Anne Gastinel, David Guerrier, Jean-Claude Pennetier, etc.

L’édifice est protégé au titre des Monuments Historiques


Les propriétaires successifs:


-Chanoines-comtes de Lyon
-Au XVe siècle, la famille de Fougères dont Claude est le dernier seigneur de cette famille à posséder Rochebonne.
-En 1525, Pierre de Châteauneuf, sénéchal du Puy et gouverneur du Velay, épouse Huguette de Fougères, héritière d'Oingt et de Rochebonne. Il prend le titre de baron de Rochebonne.
-En 1639, François épouse Catherine de la Baume-Suze.
-En 1668, Charles François ( - 1725), marquis de Rochebonne, épouse Thérèse d'Adhémar de Grignan, belle-sœur de la fille de Madame de Sévigné. Il transforme la demeure en château de plaisance.
-En 1720, Charles François de Châteauneuf (1671 - 1740), fils des précédents, marquis de Rochebonne et archevêque de Lyon, donne au château son aspect actuel.
-Après la mort de l'archevêque, dernier de sa lignée, le château appartient successivement à Antoine Rique, écuyer, puis au baron de Nervo.
-Au XIXe siècle et au XXe siècle, de multiples propriétaires se succèdent ; l'état de la construction, mal entretenue, se dégrade.
-Depuis 1984, Rochebonne est la propriété de la commune de Theizé.

Armoiries:

Châteauneuf de Rochebonne: de gueules à trois tours d'or

Sources:

- Wikipedia

- Site theize-en-beaujolais

- Site buisantane




Posté le 15-10-2013 17:10 par Jimre

Rapetour


L'histoire de Rapetour, château dans le Beaujolais, plonge dans le haut moyen-âge avec ses fondations datant du VIIIème siècle voir peut être même dans l'Antiquité tant on peut supposer qu'il y a toujours eu à son emplacement un édifice.

Au début du XIIIème siècle les de Viego vinrent s'installer à Theizé pour construire un donjon sur un un fief qui leur avait été probablement concédé par les sires de Beaujeu, les premiers étants les hommes d'armes des seconds.

Ce lien de vassalité entre les Beaujeu et les Viego apparaît dans les nombreux actes auxquels les Viego sont appelés régulièrement comme témoins.

Edifié à partir du XIIIe siècle dans un vallon près de Theizé, Rapetour est un remarquable exemple des châteaux bâtis par des familles ayant reçu un fief en récompense de services rendus.

Des familles de militaires se succèdent donc et, après les Viego, ce sont les Varennes, vieille famille chevaleresque du Forez alliée des Viego depuis les croisades, qui en deviennent propriétaires au début du XVème siècle  et qui furent les auteurs des plus importantes modifications et adjonctions à Rapetour.

Le château a conservé du XVe siècle sa porte en arc brisé, ses échauguettes, ses mâchicoulis en encorbellement et ses tours rasées.

Une galerie encore gothique s'ouvre sur la cour intérieure, fort pittoresque, les croisées d'ogives reposent sur des culots où l'on a cru reconnaître les effigies de Pierre de Varennes et de sa femme Jeanne de Rougement ainsi que leur fils Hippolite de Varennes. On trouve les armes de Viego, seigneurs de Varennes au XVe siècle sur une tourelle sud-est.

Au début du XVIème siècle les Varennes font édifier la "perle" du château à savoir une galerie à l'Italienne datée de 1553, sous l’influence de familles italiennes installées en région lyonnaise, comme celles du quartier Saint-Jean dans le Vieux-Lyon. Rapetour prend alors une allure de « Castello » Toscan.

Le XVIème siècle apporte également à Rapetour sa dimension humaniste avec les nombreux symboles et allusions à la discipline alchimique très en vogue dans les milieux érudits Lyonnais. 

La famille de Varennes posséda Repetour jusqu'en 1710.

Il est racheté par la famille Brossette au XVIIe siècle. Un des membres illustres de cette famille est Claude Brossette, fondateur de l’Académie des Beaux-Arts et des Belles Lettres de Lyon, ami des plus grands écrivains et penseurs de cette époque. Il correspond ainsi avec Voltaire, Boileau, Rousseau et bien d'autres encore.

Claude Brossette est un collectionneur, amateur de "curiosités", qu'il accumule dans son cabinet, mais c'est aussi un humaniste et la symbolique de Rapetour ne lui aura certainement pas échappé...

Il exerce la fonction municipale d'Echevin de Lyon en 1731 et sera annobli: les armes qu'il adoptera alors sont autant de clefs renvoyant aux mystères de Rapetour.

Aux XVIIème et XVIIIème siècle Rapetour se mue en château de plaisance avec un environnement de jardin attesté par un acte du 8 Février 1644 qui décrit un édifice entouré de buis, rosiers, verger et bien sûr de vignes.

A partir de la fin du XVIIIème siècle Rapetour s'endormira pour un sommeil de deux cents ans...et servira d'exploitation agricole et de refuge pour la faune sauvage.

Fort heureusement Rapetour a été sauvé grâce à une chaîne de passionnés et vit une véritable renaissance depuis 1990.

A noter aussi que l'on peut trouver un Beaujolais AOC "Château Rapetour"



Source:


-          Dépliant touristique

-          Site du château



Posté le 14-04-2013 11:59 par Jimre

Lafay


Le château a été construit à la fin du XIVe siècle par la famille Arod. Flanqué à l’origine de 2 tours rondes, il est bien caractéristique de l’époque féodale mais a été remanié au cours des siècles.

Au XIXe siècle, une façade et une tour ont été rajoutées, reliant l’ancienne bâtisse à la chapelle.

Ce château fut longtemps le siège d’une juridiction importante pour l’ensemble de la commune de Larajasse.

En 1982, il a été partiellement classé Monument historique pour ses éléments architecturaux les plus anciens.

Source: panneau situé près du château


Posté le 09-04-2013 20:39 par Jimre

Seguin de Badefols

Parmi les personnages ayant traversé notre région, on trouve Seguin de Badefols ou Badefol, dont le nom revient souvent lorsqu'on évoque  la Guerre de Cent Ans et les "Routiers".

Seguin III de Badefols est né en 1330, dans le château de Badefols sur Dordogne, non loin de Bergerac. Il était fils de Seguin de Gontaut et Marguerite de Bérail, et fût surnommé "Chopi" ou "Chopin", sobriquet qui signifie "Boiteux" en raison probablement d'une anomalie physique constatée et reconnue par son entourage. D'un esprit probablement guerrier sinon belliqueux, il prit la tête de nombreux "Routiers".

Il est pratiquement impossible d'écrire l'histoire de Badefols, sans évoquer plus amplement le personnage le plus
connu de cette famille, Seguin III, surnommé le roi des Grandes Compagnies.

En tant que fils cadet, et selon les coutumes de l'époque, il ne devait pas porter les armes pleines de la maison
Gontaut de Badefol, celles-ci étant réservées à l'aîné de la famille, en l'occurrence Pierre I, frère de Seguin. Il devra
donc briser les armes paternelles, et il ne trouvera rien de mieux que de changer les six châteaux en huit besants d'or.
Lorsque l'on connaît la carrière de ce personnage, il est évident que son choix était prémonitoire.
Pour comprendre comment Seguin est devenu le chef d'une armée d'aventuriers qui a fait trembler tout le sud de la France, y compris l'armée française et le pape Innocent VI, il est important de savoir comment et pourquoi les Grandes Compagnies furent créées.

Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans, et pour combattre leurs ennemis, les deux camps, anglais et français, lèvent des troupes de mercenaires à la tête de laquelle il nomment un capitaine. Ces derniers appartiennent le plus souvent à des cadets de famille ou seigneurs au fief trop étroit. Seguin entrait dans les deux critères, il avait donc toutes les prédispositions pour être un chef de mercenaires. Dans les premiers temps ces troupes se composaient de quelques centaines d'hommes, mais au fil des conflits, l'effectif grossissait. L'appât du gain, lorsqu'ils mettaient à sac un pays, attirait tous les soudards, bandits de grands chemins ou autres brigands de l'époque.


Le traité de Brétigny, signé le 8 mai 1360, impose le licenciement des Grandes Compagnies. Tous les mercenaires se retrouvent à la dérive et au chômage et le contrôle de ces bandes divaguantes va vite devenir impossible. Les hommes n'étant plus payés et dans l'ordre très précaire que fait régner le traité, ils vont vite se transformer en pillards. C'est dans cette confusion que Seguin de Badefol va devenir le plus terrible des capitaines.
Le premier fait d'arme où il apparaît date de 1356, à la bataille de Poitiers, où 10.000 anglais vont battre 50.000 français. Certains historiens rapportent que Seguin était alors dans le camp anglais. Ce qui est probable, car quelques temps après nous le voyons à la tête de 3000 hommes servir les Anglais. Mais sa réputation de roi des Grandes Compagnies va commencer après 1360. A la tête de son armée, qu'il appelle la Margot en souvenir de sa mère Marguerite de Bérail, il va devenir le chef de bande le plus craint de France.
En 1361, Seguin est dans le Midi, où il pille la région de Nîmes, et de Beaucaire. Le pape Innocent VI l'excommunie mais ça ne le chagrine point car ils rançonnent tous les villages autour d'Avignon, lieu où réside alors le Pape. Il poursuit ensuite ses exploits en Languedoc, en Roussillon et en Velay.

Il se lia avec Périn de Sasine d'origine gasconne, alias "Petit-Meschin", lequel combattit aux côtés de "du Guesclin" après avoir été son Valet d'Armes. Forts de cette alliance, les deux chefs de mercenaires furent victorieux dans la bataille qui les opposa en 1362 avec leurs 15.000 hommes, à Brignais près de Lyon, aux troupes du Roi de France (30.000 hommes).  C'est au cours de cette bataille que Jacques 1er de Bourbon (Comte de la Marche), Connétable de France, ainsi que son fils, furent mortellement blessés.C'est grâce à un habile stratagème imaginé par Seguin que ses 15000 hommes réduisent en miettes les 30.000 hommes du roi de France. Après cette terrible bataille, Seguin est comparé au diable en personne.

Toutes les villes tremblent et se renforcent à l'idée d'apercevoir son étendard à proximité de leurs murs. La ville de Lyon prend d'énormes précautions pour contrecarrer une attaque du routier Seguin. Mais il a filé vers le sud, où il menace la ville d'Alès. Les habitants paient une forte rançon pour le faire déguerpir. Seguin décide alors de remonter vers le Velay.

Il est accompagné de son ami Bertrucat d'Albret et s'empare de Montbrun, ravage les faubourgs de Saint-Flour, et rançonne la ville de Murat. Puis il pille les monts d'Aubrac, alors que son frère Thonet, ravage le causse de Sauveterre. En septembre 1363, Seguin et sa troupe campent devant Brioude. Il investit la ville sans problème à la faveur de la nuit. Cette ville va lui servir de base de repli pendant neuf mois, d'où il va organiser une foule d'expéditions. Mâcon est rançonnée, l'abbaye de Savigny est ravagée, ainsi que tous les villages aux alentours. Seguin a sous ses ordres, 2000 lances, sans compter les archers et les gens de pied, auxquels viennent s'ajouter 1000 chevaux. C'est une armée de 5000 à 6000 soudards qui n'ont peur de rien. Ils sont redoutables.
En 1364, le Périgourdin investit la ville d'Anse, au nord de Lyon, ce qui lui permet de contrôler les rives de la Saône et les embarcations qui descendent vers Lyon. De la base d'Anse, Seguin et ses hommes vont s'emparer de plus de 60 châteaux, tout l'arrière pays est dévasté, pillé ou rançonné. Mais la chance va tourner. Le roi charge Du Guesclin de remettre de l'ordre dans cette région, et Seguin connaît la valeur de l'armée de Du Guesclin. Il sait qu'il va devoir négocier sa reddition. 40.000 florins, lui sont promis pour qu'il libère Anse et quitte la France. De plus, il faut qu'il renonce aussi à toute guerre, à moins qu'elle ne soit juste, et le pape exige que son père et son frère soient gardés en otages, jusqu'à ce que le routier et ses hommes aient regagné l'Espagne.
Lorsqu'il reçoit une partie de la rançon, Seguin fait un geste inexplicable à ce moment là. Alors qu'il a eu toute la région sous sa botte, il donne 850 florins au nouveau capitaine d'Anse chargé de le remplacer, afin qu'il règle une dette à un changeur lyonnais qui lui avait vendu deux superbes rubis.
Seguin prend finalement la route de l'Espagne où de nouvelles aventures l'attendent, notamment avec la guerre qui affronte le roi de Castille et le roi d'Aragon.

Mais avant, Seguin veut récupérer l'argent que lui doit son ancien commanditaire, Charles II de Navarre dit le Mauvais. Il veut aussi obtenir du Mauvais, un des nombreux châteaux que celui-ci possède.
Le roi de Navarre le reçoit et une discussion enflammée s'engage entre les deux anciens compères. Charles le Mauvais est très irrité par les exigences du périgourdin, mais il n'en fait rien paraître et invite Seguin à le suivre à Falces. C'est là que le soir, au cours du repas, Charles le Mauvais fait empoisonner les fruits confits que l'on sert à son ancien complice.
Seguin va mettre près d'une semaine à mourir dans des souffrances atroces. Il rend son dernier soupir le 18 janvier 1366. C'est ainsi que fini à l'âge de 34 ans le roi des Grandes Compagnies. Entre 1356 à 1365, il a battu les armées du roi de France, rançonné les plus hauts dignitaires de l'Église, bravé tous les périls, et il meurt d'un péché de gourmandise.
Charles le Mauvais savait que le met préféré de Seguin de Badefol était les fruits confits.
Le châtiment de Charles est venu le 1er janvier 1387. Alors qu'il était fortement épuisé à cause de ses débauches permanentes, ses médecins le firent envelopper dans un drap imbibé d'eau de vie. Ceci étant censé lui redonner de la vigueur. Mais un valet mit le feu au drap accidentellement et le roi de Navarre fut brûlé vif. Il succomba dans d'insupportables souffrances, les mêmes que celles qu'il avait fait subir à ses victimes, et qui lui ont valu le surnom de le Mauvais. Charles II de Navarre ne sera affublé du surnom de Le Mauvais qu'à partir du XVI e siècle suite aux écrits d'un chroniqueur espagnol. Il fut nommé ainsi à cause
de la cruauté avec laquelle il s'était toujours débarrassé de ses ennemis.

Source:

- http://seguin-de-france.com/anecd/actu/partout5b.htm

- http://www.mairie-badefols.com/zfiles/19.pdf?PHPSESSID=058b2e1198bf1c215905a3e2fe0bc078


Posté le 19-02-2013 14:33 par Jimre

Montagny


Situation :

Montagny couvre une partie nord du plateau mornantais, en redescendant en coteaux vers la rive droite du Garon et vers Brignais. Les communes limitrophes sont Mornant, Taluyers, Chassagny, Grigny, Millery et Vourles.

Le village s'est construit sur une colline qui s'aperçoit de loin sur les ruines du château de MONTAGNY  d'où l'on peut jouir d'un panorama magnifique. 

Les seuls vestiges sont une partie des remparts, l'église du XII ème siècle les douves et une tour du château, la 1ère tour de garde.

Le village de Montagny se compose de différents quartiers que l'on peut regrouper en trois principales parties :

    * le Vieux Bourg, surplombant la vallée du Garon et offrant des vues à 360° du Pilat au Mont Blanc.

    * Montagny, au sommet du coteau, bordant les landes

    * Montagny le Bas, installé le long du Garon.

La commune est traversée par 2 cours d'eau : le Garon et le Merdenson d'Orliénas. Une partie de la commune se trouve en zone inondable.

Histoire :

Les ruines encore debout témoignent de l’importance de la cité d’alors, racine du Vieux Bourg actuel. Autour du château, de hautes murailles et des fossés profonds entouraient la montagne, faisant de Montagny une redoutable place forte.

Montagny vient de « montaniacum », domaine "-acum" d'un gallo-romain du nom de Montanius.

Quelques dates :

Avant 1031, le village de Montagny, « Montaniacum » est une forteresse considérable, avec à sa tête une des familles les plus riches de France.


1084, Bernard D'Azergues, Chevalier, est Seigneur de Montagny.


Au XIIIe siècle, Montagny prend le titre de Première baronnie du Lyonnais grâce aux seigneurs de Montagny, originaires du Nivernais et étend sa puissance sur tous les environs. Ils possédaient en effet des droits sur Charly, Orlienas, Chassagny, Chaponost et Givors.


1305, Guichard IV épousa Sibille D'Albon, fille de Guy D'Albon, Chevalier, Seigneur de Curis et Saint-Forgeux.


1333 Le 1er Septembre, il dicta à HENRY II, son héritier "D'envoyer un homme d'armes en Terre-Sainte pour venger la mort de Jésus-Christ et de réparer les torts, dommages et pertes de bétail soufferts par les habitants d'Orliénas pendant la guerre qu'il leur avait faite".


1339 HENRY II, chevalier,  participera à la guerre de Flandres.


1349  Il prit et pilla le château de Brignais. Il fut chargé par le Roi, pendant la cession du Dauphiné à la Couronne de France, de la plantation des Bornes entre les terres du Dauphiné et de la Savoie. Il était marié à Isabeau d’Anton (Anthon ?) avec qui il eut cinq enfants dont François qui lui succéda.


1396 Mort de François, qui fut enterré dans l'église des Jacobins, dite de confort. Henri III lui succéda et mourut sans héritier. Guichard VII succéda à son frère Henri III. Il fut Baron de Montagny, seigneur de la Maison Blanche et d'Anglure. Il épousa Marie de Reffins avec qui il eut cinq enfants dont : Jean I de MONTAGNY, Chevalier, Baron de Montagny, gouverneur de Mezières et d'Ardres. 


1439 Jean I épouse Isabeau de Saint Priest (fille de louis de Saint Priest, Seigneur d'espinac et de Jeanne de Saint Chamond). Ils eurent quatre enfants dont son successeur : Gilbert de Montagny, lieutenant pour le Roi au gouvernement de Lyon, Seigneur d'Anglure.


1497 Gilbert de Montagny épousa Hélène de la Tour, dame de Vinay. Ils eurent quatre enfants dont son successeur : Claude  de Montagny, Capitaine de la fauconnerie du Roi, gouverneur de Mézières et d'Ardres.


1561 A cette date, le château de Montagny fut pris d'assaut par le Baron des Adrets qui ouvrit une brèche dans les remparts. Toute la garnison, dit-on, fut passée au fil de l'épée.

Le blason : 

« D'azur au lion d'argent, chargé d'une bande ou cotice de gueules brochant le tout ».

Sources :

- Wikipedia

- Montagny69.org

- Montagny69.voila.net

- Montagny google books



Posté le 26-12-2012 11:20 par Jimre

Lissieu

Les origines

On pense que Lissieu tire son nom de Licinius, ancien esclave de Jules César, qui, une fois affranchi, devint receveur des impôts sous l'empereur Auguste. Il aurait construit son palais à l'emplacement de l'actuel couvent de Montlusin (Montagne de Licinius) à la limite Lissieu/Chasselay.

L'histoire et le destin de Lissieu ont été liés au fait que notre village se trouve sur le tracé de l'antique route commerciale préhistorique puis celtique, devenue voie romaine puis route royale et enfin route nationale 6.

À 15 km de Lugdunum, à demi-étape d'une journée de voyage au rythme des bœufs et des chevaux, Lissieu deviendra rapidement une halte pour les voyageurs : d'abord «mutatio» au temps des romains, puis relais de poste.

La richesse culturelle et patrimoniale du village trouve ses origines ici : avec les diligences, circulent la connaissance et la culture. À une époque sans journaux, sans radio et sans télévision, seuls les bavardages des voyageurs, les petits spectacles des troupes itinérantes qui s'arrêtent quelques heures permettent de s'informer, de comprendre et de s'émanciper. À cette époque, les riches voyageurs étaient logés au château, les pauvres à l'hospice de Plambost. 

Cité pour la première fois au Xe siècle sous le toponyme Lissiaco, le village relève alors de l'abbaye d'Ainay à Lyon puis des sires de Beaujeu avant d'être cédé à l'archevêque de Lyon en 1298.

Les grandes dates

• 11 juin 58 avant JC

Jules César envahit la Gaule et passe par notre commune avec trois de ses légions pour aller écraser les Helvètes du côté de Villefranche-sur-Saône.

C'est le début de la «Guerre des Gaules» qui mettra fin à l'indépendance des peuples gaulois.

Durant l'époque romaine l'activité se développe sur la commune et on trouve des traces d'exploitations agricoles, puis d'habitations au lieu-dit Bursiacus (du nom du propriétaire du terrain : Bursius), aujourd'hui appelé «La Clôtre».

• 933 après JC

Nous savons que le Seigneur Hyctere (c'est à dire «le jaune», autrement dit «le blond», donc certainement un seigneur de la lignée Burgonde) régnait sur les terres de Lissieu. Ainsi la vie de la commune était régie par le pouvoir militaire. Afin d'installer son pouvoir le Seigneur fait construire à cette époque un château fort. Nous déduisons que ce château était de bois, dans la mesure où au Xème siècle, les châteaux n'étaient pas construits en pierre.

• Au début du XII ème siècle

Le Comte de Beaujeu, Seigneur du Beaujolais, fait édifier en lieu et place du château de bois, un château fort en pierre. C'est le château que nous connaissons aujourd'hui au centre du village.

• 1132 

Afin de mettre un terme aux nombreux conflits entre la lignée des Comtes de Beaujeu et l'Archevêché de Lyon, le Pape Innocent II ordonne la démolition du château. Celle-ci n'aura finalement pas lieu, et en 1298 Guichard de Beaujeu dit Le Grand, fait don de la seigneurie de Lissieu à l'Archevêché de Lyon.

Durant des siècles, le château de Lissieu a constitué une véritable forteresse et les habitants du village se relayaient pour en assurer la garde.

• 1591

Hugues ATHIAUD, Seigneur de LISSIEU est attaqué dans son château par une bande 20 brigands huguenots de la compagnie de la Tour CONCENAY. Les assaillants font sauter la porte de la forteresse. Enlevé et enfermé au château de MARCIGNY en Charollais, il parvient à s'échapper en accomplissant une cascade digne d'un film de BELMONDO. A son retour il fera reconstruire la porte principale du château. 

Cette aventure vous explique pourquoi la porte d'entrée de la forteresse n'est pas constituée des mêmes pierres que celles des deux tours. On peut également remarquer que les tours ont certainement été endommagées par l'explosion. On voit en effet la superposition de plusieurs types de pierres différentes.

• 1740

Une nouvelle route, aujourd'hui la D42 reliant Limonest (qui n'existait pas encore comme commune) aux Chères (qui n'existait pas non plus), est construite afin d'éviter certaines côtes de l'ancienne route, ce qui détourne le trafic routier loin de Lissieu.

• 1771

Le Seigneur de Lissieu Anne Nicolas Mermier, trouvant la demeure trop vétuste, fît construire le château de la Roue pour y transférer la Seigneurie.

• 20 février 1814

Au lieu-dit Plambost, près de la route de Limonest, fut disputée une bataille opposant l'armée napoléonienne du Maréchal Augereau à l'armée autrichienne du Comte de Bubna.

• 1840 

La RN 6 est tracée, Lissieu retrouve sa place d'étape sur la route de Paris.

• 28 avril 1932

Une porte de ce château est inscrite à l'inventaire complémentaire des Monuments Historiques de France. 

• 1940

Le Couvent de Montlusin, entre Lissieu et Chasselay, fut le théâtre d'importants combats en Juin 1940 entre l’armée française et l'armée allemande. Des troupes, en grande partie des tirailleurs sénégalais, retardèrent la progression des allemands. 

Le « tata » de Chasselay, de son nom officiel « Nécropole nationale de Chasselay », est une nécropole militaire située à Chasselay dans le Rhône où sont enterrés les 188 tirailleurs sénégalais massacrés sans raison par la division de SS allemande Totenkopf (« tête de mort ») après les combats de juin 1940. Cette nécropole a été construite selon le style d'architecture de l’Afrique de l’ouest, où tata signifie « enceinte de terre sacrée », dans laquelle on enterre les guerriers morts au combat.

• 1944

Lors de la deuxième guerre mondiale, des exécutions sommaires ont été orchestrées par l'armée allemande à Lissieu. Les soldats de la Libération livrèrent ensuite d'importants combats lors de la retraite des Allemands. 

• 1961 

L'autoroute A6 est construite. Lissieu perd définitivement son rôle de ville étape. 

• Aujourd'hui

Tournée vers l'avenir, le développement durable et la préservation de la qualité de vie de ses habitants, la commune de Lissieu est devenue une commune péri-urbaine laissant derrière elle son passé agricole.

Les personnages illustres

• 10 après JC 

Licinius était, paraît-il, si intéressé qu'il détourna pour son propre compte une partie des impôts qu'il était chargé de récolter. Les habitants de Lugdunum s'étant plaints à l'empereur Auguste lors de son passage dans la ville, ce dernier décida de faire jeter son intendant aux lions. Licinius invita Auguste dans son palais de Lissieu et, lui montrant les caves remplies d'or, il lui affirma qu'il avait recueilli tout cet argent pour le lui offrir. Licinius sauva ainsi sa tête et continua encore longtemps à régner sur Lugdunum. Il mourut sous le règne de Tibère. La légende raconte qu'il fit enterrer son trésor dans les collines qui surplombaient son palais et qui portent depuis le nom de «Monts d'Or». 

• 1379 

Messire Lambert, Seigneur de Lissieu, ne se rendit pas au banc organisé par le châtelain de Chazay suite à l'arrivée des troupes anglaises dans la région. Ce manquement fut dénoncé au Sénéchal de Lyon puis au Roi qui obligea le Seigneur de Lissieu à s'acquitter de ses devoirs. 

• 1450 

Le Seigneur de Lissieu, Ennemond Lambert décéda. Ayant refusé de payer le droit de glaive au Chapitre de Lyon, le curé refusa de l'enterrer en terre sainte. Sa veuve et sa fille obtiendront son pardon. 

• 1515 

Antoine d'Arces mourut assassiné après avoir parcouru l'Europe sous le nom de «Chevalier Blanc», renouvelant les exploits des chevaliers errants du haut Moyen-Âge. Il se fit même sacrer Roi d'Ecosse. Quel destin extraordinaire pour le fils du Seigneur de Lissieu ! 

• 1591 

Hugues Athiaud, Seigneur de Lissieu, fut attaqué dans son château par une bande 20 brigands huguenots de la compagnie de la Tour Concenay. Les assaillants firent sauter la porte de la forteresse. Enlevé et enfermé au château de Marcigny en Charollais, il parvient à s'échapper en accomplissant une cascade digne d'un film avec Belmondo ! À son retour, il fit reconstruire la porte principale du château. 

Cette aventure vous explique pourquoi la porte d'entrée de la forteresse n'est pas constituée des mêmes pierres que celles des deux tours. On peut également remarquer que les tours ont certainement été endommagées par l'explosion. On voit en effet la superposition de plusieurs types de pierres différentes. 

• 1636 

Pierre III de Boissat, Seigneur de Lissieu, dit L'Esprit, fut élu à l'Académie Française. Il fut l'un des tous premiers membres.

• 1640 

Antoine Baud, qui fera construire le château de Bois Dieu, acheta ce domaine à Claude de Verdier qui, comme son père, fut l’un des écrivains les plus cotés à son époque. 

• 1846

De retour en France en 1846 après 16 d’exil en Suisse, Arsène O'Mahony achète le château de Montvallon, commune de Lissieu, au nord de Lyon. Son épouse y décède six mois plus tard des suites de la naissance de son quinzième enfant. Il se remarie le 21 février 1848 et épouse à Dôle, Marie Eugénie Garnier de Falletans, qui lui donnera un fils : Maurice avant dernier de ses 18 enfants et le seul qui portera une descendance. 

Arsène se défait du château de Montvallon en 1856 et décède à Lyon le 16 mars 1858.


Héraldique

Coupé : au premier d'azur au château du lieu d'or , flanqué de deux tours couvertes du même , le tout maçonné de sable , au second d'or au trois chevrons de gueules.


Sources

- Site de la Mairie de Lissieu

- Wikipedia ici et

- Geneawiki



Posté le 05-11-2012 10:12 par Jimre

Genay

Le nom ancien de Genay fut Joannacum puis Jaennac.

La présence d’une église est attestée au Xe siècle. Vers la fin du XIe siècle, on voit apparaitre dans les actes une famille du nom « de Genay ». Leurs armoiries «  de gueules à deux chevrons d’or et trois annelets de même, deux en chef et un en pointe » sont devenues le blason officiel de la commune de Genay et « de peur je n’ay » en est devenue la devise.

Par un acte capitulaire de 1264, les Chanoines-Comtes du Chapitre de Saint Jean ou de l’Eglise de Lyon, convaincus de la nécessité de protéger et conserver leurs propriétés, établirent un impôt à Genay, le vingtain, servant à subvenir aux dépenses de constructions et réparations inhérentes aux murs et châteaux, pour en appliquer le produit à la fortification du village et à la construction d’un château fort.

Au cours des siècles, le château eut à subir un grand nombre d’assauts, fut pris, brûlé, et reconstruit à plusieurs reprises. En 1269, une bande armée des corporations "écorcheurs et bouchers lyonnais", en révolte contre le Chapitre de Saint Jean, après avoir incendié l’église d’Ecully où s’étaient réfugiés les fidèles, pillé et brûlé les villages de Couzon et de Civrieux en Dombes, mirent le siège devant le château de Genay qui ne put résister à leur furie, entrainant pillages et destructions du village.

Un nouveau vingtain fut demandé à Genay par le Chapitre de Lyon pour des fortifications au moment où des bandes de Tard-Venus saccageaient la région de Lyon. Cet impôt fut augmenté en 1369 et 1373.

La paroisse de Genay appartint au Franc-Lyonnais dont elle fut un temps la capitale.

Le Franc-Lyonnais tire vraisemblablement son origine de terres appartenant à l'Église de Lyon. Après s'être placée sous la protection du comte de Savoie, en 1398, la province est réunie au royaume de France vers 1475. Tout en restant une province réputée étrangère et sise en terre d'Empire, le Franc-Lyonnais passe en 1556 un contrat avec la monarchie, garantissant ses privilèges, principalement l'exemption de la taille et des aides. Toute histoire politique du Franc-Lyonnais est celle de la défense de ses privilèges, que la monarchie essaie de reprendre au XVIIIe siècle, par l'action de ses intendants.

En 1425, à la suite des querelles toujours sanglantes des Ducs de Bourbon et de Savoie, que les syndics de Genay décidèrent de fortifier la Poype qui se trouvait au centre du village. En 1466, le châtelain de Genay, par grâce spéciale accorda le droit de bâtir une maison dans l’enceinte du château. D’autres permissions furent accordées en 1474 et 1542. En 1480, une nouvelle tour fut ajoutée à la forteresse dite tour « est ».

Le portail en ogive et la « voûte » dite du Fortin, dont la construction est estimée au XIII ou XIVe siècle, ont été classés Monuments historiques par un arrêté du 29 Août 1947.

Sources :

-          Panneaux situés dans le village 

-          Genay sur Wikipedia

Posté le 07-10-2012 18:36 par Jimre

Grigny


Le bourg voit ses premiers habitants venir s’installer en provenance de Vienne vers 731, après la prise de la cité antique par les Sarrasins, remontés d'Espagne et de Septimanie par la vallée du Rhône.

Derrière l'église se trouve un mur d'enceinte: le mur du Vingtain, du nom de l'impôt qui permit de le construire et qui représentait un vingtième des récoltes.

La commune prospérera ensuite grâce à son gué sur le Rhône, la culture de la vigne, la chapellerie et par la suite la faïencerie comme le témoigne aujourd’hui la maison Hosotte, musée des faïences locales.

Les vestiges historiques, concentrés pour l’essentiel en Centre Ville remontent aux XIIe et XVIIe siècles.


Sources:

- Panneaux situés dans la ville

- Grigny sur Wikipedia

- Ideoguide


Posté le 07-10-2012 17:30 par Jimre

Saint Bel


Article de Marie-Pierre Feuillet, Conservatrice du Patrimoine, au Service Régional de l’Archéologie, trouvé sur le site des Amis de l'Arbresle, commune voisine de Saint Bel.


"Le château de Saint Bel, commune voisine de l'Arbresle, était un élément important des possessions de l’abbaye bénédictine de Savigny. Il fut longtemps le lieu de résidence des abbés. Marie-Pierre Feuillet, archéologue, a longuement étudié cet édifice. Elle a accepté de nous communiquer cet « état des lieux ». Nous l’en remercions vivement ainsi que la famille Casoli, propriétaire des lieux, qui nous a également fourni les illustrations de cet article, ainsi que des informations complémentaires.

Le château de Sain-Bel a fait l’objet d’une étude archéologique sommaire en 2001 dans le cadre d’un projet de prospection thématique consacré aux châteaux de la baronnie de Savigny.               

L’opération a consisté en une étude documentaire et une analyse globale du monument visant à distinguer les grandes phases de l’évolution du monument. Certains détails architecturaux ont fait l’objet de relevés et des datations dendrochronologiques confiées au laboratoire Archéolabs ont été cofinancées par les propriétaires et le service régional de l’archéologie (ministère de la Culture, D.R.A.C. Rhône-Alpes). La découverte au cours de l’été 2001 de peintures murales inédites dans un coin obscur et difficilement accessible de la chapelle au cours de prélèvements d’échantillons de bois a privilégié l’étude de ce secteur du château. Le suivi archéologique de la réhabilitation des appartements insalubres du 3e étage de l’aile méridionale a complété la documentation de cette partie du site. Cet article ne prétend donc pas proposer une synthèse générale sur le château de Sain-Bel mais plutôt mettre en lumière certains éléments obtenus récemment qui prendront leur place dans l’étude qui se poursuit.

Le site de Sain-Bel

Il se répartit sur deux collines de part et d’autre du Trésoncle à son confluent avec la Brévenne. A l’origine, le village de Sain-Bel et son marché se trouvaient auprès de l’église paroissiale, sur la rive droite. La construction du château sur la colline de Montbloy lui faisant face a provoqué le déplacement de l’habitat qui s’est regroupé en rive gauche pour former un bourg castral clos de murailles avant le 15e siècle.

Du château construit vers 1190 par l’abbé Bernard seule l’enceinte fortifiée reste visible aujourd’hui avec ses effets de polychromie.    

Le château a été presque entièrement reconstruit au 15e siècle pour constituer la résidence principale des abbés de Savigny. Dans un cadre approprié à leur rang social, ils jouissent alors tant du confort d’un hôtel que de la sécurité d’une fortification efficace. En effet l’abbaye de Savigny avait été prise par les Routiers en 1363 et sera de nouveau enlevée par les Protestants en 1562. C’est l’abbé Guillaume d’Albon (1415-1456) qui commence la restructuration du château avec la construction de la tour de l’Horloge et du logis oriental. Son successeur, Jean d’Albon (1456-1492) poursuit les travaux avec la construction de la tour du Colombier (1474-1475), la création de la grande galerie sur cour du bâtiment méridional et l’aménagement de la chapelle (1473-1476).

Divisé en lots lors de sa vente comme Bien National en janvier 1791, le château est racheté au milieu du 19e siècle à ses divers propriétaires par le soyeux Pierre Bariou dont les descendants, la famille Casoli, possèdent encore la presque totalité du monument. Le château a été inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 27 mars 2001

Le château de Sain-Bel

Il est constitué d’un ensemble de bâtiments adossés à l’enceinte et organisés en U autour d’une cour centrale où se trouve le puits. Il est décrit en détail dans cinq états des lieux réalisés successivement de 1692 à 1762. Un vaste ensemble de communs, presque entièrement disparus s’étendaient en arrière du château, vers le nord.

On entre dans le château par une porte jadis surmontée d’une tour carrée. A l’est, plusieurs corps de logis médiévaux se succèdent dans le prolongement de la tour de l’Horloge. En face, à l’ouest, leur répondent la tour du Colombier, à vocation défensive, les anciennes cuisines, et la chapelle castrale.

L’aile sud constituait le bâtiment principal du château. Ce bâtiment principal était flanqué par deux tours carrées, la tour-porche ou « petite tour », à l’est, et la tour des Empereurs. La tour-porche, dont ne subsiste que la partie basse, était encore coiffée en 1692 de son hourd de chêne à la toiture pentue « à la française ». Elle abritait les archives de la châtellenie. La tour des Empereurs devait son nom aux portraits d’empereurs romains peints sur les murs d’une de ses pièces. Elle a été détruite au 19e siècle

Le bâtiment principal s’élevait sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée se trouvait la salle d’audience, décorée de peintures attribuées à Jacques Stella et la chambre de l’abbé. La façade sur cour était précédée d’une grande galerie de bois qui assurait la desserte des différentes pièces décrites avec minutie dans les états des lieux des 17e et 18e siècles.

On croyait cette galerie édifiée entre 1473 et 1476 par l’abbé Jean d’Albon  entièrement détruite par les travaux du 19e siècle mais il en subsiste encore deux travées. Un escalier monumental menait au premier étage. Le second étage était également affecté à un usage résidentiel « noble » comme en témoignent les restes d’une cheminée monumentale découverte en 2002.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, un incendie ravagea cette aile d’apparat du château. La grande galerie et la tour des Empereurs furent abattues. L’édifice du 15e siècle fut restructuré pour abriter une filature. Une nouvelle façade sur cour remplaça l’ancienne galerie de bois, augmentant la profondeur du bâtiment. Les niveaux de planchers furent modifiés.

De grandes fenêtres furent percées dans la façade méridionale selon un ordonnancement caractéristique dans la région. Un nouvel escalier, placé entre l’ancienne et la nouvelle façade sur cour, assura désormais la desserte des étages. Plus tard, l’activité industrielle fut abandonnée et le bâtiment divisé en logements de rapport.

La chapelle castrale

Peu après la construction de la grande galerie, dans le même intervalle chronologique1473-1476, la chapelle castrale a été aménagée au rez-de-chaussée, dans l’angle sud-ouest de la cour, encastrée pour moitié sous la galerie dont elle occulte alors l’extrémité occidentale. Ce revirement assez surprenant du programme architectural n’a pas encore reçu d’explication : un caprice du commanditaire ?

La chapelle, appuyée contre l’enceinte du 12e siècle, possède un chevet plat percé d’une baie circulaire, peut-être ornée d’un remplage comme la porte sur cour. Cette baie a été ensuite occultée par la construction de la cuisine dans le prolongement de la chapelle.

La chapelle est aujourd’hui coupée en deux par un mur du 19e siècle placé sous la poutre porteuse du sol de la galerie. Elle possédait deux portes dès l’origine. La première, ouvrant sur un vestibule sous la galerie permettait à l’abbé de se rendre à la chapelle à l’abri des intempéries. Une seconde porte donne directement sur la cour. Une troisième porte fut percée plus tardivement au sud. Le plafond médiéval de la chapelle est conservé dans sa partie nord. Les poutres sont peintes de couleurs vives : rouge, jaune, noir. On ignore le décor mural primitif de la chapelle. Un enduit blanc d’origine est constellé à hauteur d’homme  de graffitis du 15e siècle: inscriptions, rosaces, arbalètes, blasons et même personnages dont une joueuse de flûte, peu appropriée au lieu ! Cet enduit est recouvert d’une couche épaisse de mortier sur laquelle sont peints les décors modernes.

Une peinture en trompe-l’œil confère un caractère architectural à la porte sud. Des médaillons à têtes d’anges et faux marbres décorent la partie basse de la même paroi. Au-dessus plusieurs textes sont en cours de déchiffrage. Le principal est un récit de la Passion, thème du décor de la chapelle au 17e siècle. Dans la partie sud de la chapelle ne subsiste que le bas des tableaux qui ornaient le haut des parois. En revanche, la paroi où se trouvait l’autel a été conservée en totalité.

Ces peintures sont très dégradées et l’on devine plusieurs décors successifs. Un panneau occupe tout le mur nord et représente une crucifixion, encadrée à gauche par la représentation d’un château, à droite par celle d’une forêt. Un angelot dont ne reste que le bras dévoilait la scène en tirant un ample rideau.

L’état des lieux de mai 1692 attribue les peintures représentant la Passion à Jacques Stella, l’un des plus grands peintres français du règne de Louis XIII. Stella aurait également peint l’histoire de Judith dans la salle d’audience du tribunal, au rez-de-chaussée du bâtiment méridional. Mais les spécialistes de cette période consultés, madame Galactéros et le regretté Gilles Chomer ont émis de sérieux doutes sur l’attribution de la crucifixion à Jacques Stella. Il est malaisé de distinguer les différentes couches picturales qui se mélangent pour nous donner l’image visible aujourd’hui et seule une étude minutieuse de ces décors peints permettrait de déterminer la part éventuelle de Stella ou de son entourage au décor du château de Sain-Bel.

Le château de Sain-Bel illustre l’évolution des châteaux ecclésiastiques lyonnais à la fin du Moyen-Age. De centres administratifs fortifiés, ils muent en luxueuses résidences d’abbés ou de chanoines placés au sommet de la hiérarchie féodale locale. Cette évolution provoque la construction de nouveaux bâtiments où le souci du confort et de l’apparat doit trouver un compromis avec les impératifs de défense, séquelles de la guerre de Cent Ans. Le 15e siècle marque un renouveau économique, particulièrement sensible dans le secteur de Sain-Bel qui profite à la fois du développement des échanges commerciaux par la proximité de l’Arbresle et de l’exploitation du secteur minier de la Brévenne, par Jacques Cœur notamment. En outre, les circonstances permettent de comparer l’évolution du château abbatial de Sain-Bel avec celle du château de Chazay, propriété des abbés d’Ainay, qui a fait l’objet d’une étude récente dans le cadre d’une importante opération d’archéologie préventive dirigée par Chantal Delomier."


Posté le 09-07-2012 22:36 par Jimre

L'Arbresle


Article de Pierre Forissier trouvé sur un site très intéressant parlant de L'Arbresle et ses environs. Ne manquez pas d'allez surfer dessus. 8;-))


L’histoire du château de l’Arbresle et de ses fortifications, est étroitement liée à l’histoire de l’abbaye de Savigny.

L’Arbresle, seigneurie de l’abbaye, devenue la capitale d’armes de la baronnie de Savigny, était aussi la capitale politique où résidaient le bailli et le chancelier et où siégeaient le juge ordinaire et le juge d’appel. La reconstruction du château et les fortifications furent entreprises sous l’abbé Dalmace (1060-1082).

Le monastère de Savigny aurait été fondé suivant les premières sources sûres, au début du IXème siècle (vers 825 d’après une charte), mais Savigny apparaît déjà en 819 parmi les abbayes royales mentionnées dans la Noticia de Servitio monastérium :

« L’abbaye bénédictine de Savigny est de fondation carolingienne, peut-être impériale. Elle s’est peu à peu « constituée une zone d’influence religieuse plus ou moins diffuse ». Durement frappée par les invasions hongroises (934-949), elle se relève assez rapidement de ses ruines grâce à l’afflux des donations (ou des restitutions) de laïcs. Elle constitue une véritable entité territoriale au confluent des vallées de la Turdine et de la Brévenne. Entre les bassins de la Loire et de la Saône, le domaine de Savigny est traversé par des axes de communication majeurs…(…). Au 10ème siècle, un nouveau système socio-politique se met en place : la féodalité. Le comté carolingien de Lyon est disputé entre un ecclésiastique, l’archevêque de Lyon, et un laïc, le comte de Forez. Au nord un troisième larron entre en scène, le sire de Beaujeu. L’abbaye se trouve ainsi au carrefour de l’expansion de ces principautés territoriales rivales….Tout au long du Moyen-Age elle jouera avec plus ou moins de bonheur, de l’enjeu stratégique qu’elle représente. ..».

« Cette recherche d’équilibre régional s’est accompagnée d’une solide politique de construction de châteaux et forteresses ayant une double fonction : militaire bien sûr, mais aussi administrative (siège d’exercice des pouvoirs seigneuriaux, judiciaires notamment, mais aussi économiques). Ils peuvent être associés à un prieuré dont dépendent un certain nombre de paroisses (douze pour Montrottier, cinq pour l’Arbresle…) Ces châteaux sont tenus par des châtelains appartenant à des familles chevaleresques de la région que les moines parviennent assez bien à contrôler.

Ce réseau fortifié élaboré entre la fin du Xeme et le XII e siècle a une triple finalité.

Il s’agit d’assurer d’abord la protection rapprochée de l’abbaye contre d’éventuels agresseurs : fonction remplie notamment par les châteaux de Montrottier (élevé sous Hugues, 984-1007), l’Arbresle (milieu XIème siècle), Saint-Bel.

Il faut ensuite contrôler les routes (très importantes car elles mettent en communication le Lyonnais et la vallée de la Loire), qui empruntent les vallées autour de Savigny : c’est le rôle des nombreux points fortifiés qui jalonnent les vallées de la Brévenne (Chamousset, Courzieu, Bessenay, Sain-Bel et l’Arbresle), ou de la Turdine (Tarare, Saint-Romain-de-Popey).

Enfin la troisième raison d’être de ces fortifications…, c’est d’offrir une ligne de défense orientée grossièrement nord-sud contre les ambitions de l’Eglise de Lyon ; elle s’appuie sur les châteaux de Chessy, puis ceux déjà cités de l’Arbresle, Sain-Bel, Courzieu. Il n’y a pas de ligne de défense équivalente à l’ouest de Savigny, face au Forez… »

 

Construit sur un éperon rocheux au confluent de la Brévenne et de la Turdine, le château était protégé par une triple enceinte : le « mur de la ville », le mur du Vingtain et le château lui-même.

Nous savons que c’est l’abbé Dalmace au milieu de XIème siècle qui fortifie la villa de l’Arbresle «  en forme de château » en faisant entourer la ville du Vingtain, et du « mur de la ville ». En fait l’antique castellum maintes fois détruit, fut non pas bâti mais bien reconstruit.

 Le « mur de la ville », dont nous connaissons le tracé exact par un plan de 1750, et par l’examen plus attentif sur le terrain, était percé de quatre portes principales.

Les trois portes les plus importantes, parce que situées sur le chemin de la Via Francisca étaient la porte de la Madeleine au sud, la porte défendue par une tour à l’entrée du pont Sapéon et la porte des Planches, au nord. Le voyageur venant de Lyon et allant sur Tarare, franchissait le pont de la Madeleine passait par la porte du même nom et traversait le bourg par l’actuelle rue du Marché. Le franchissement de la Turdine se faisait en prenant la rue des Planches pour arriver sur le pont du même nom, et rejoindre le faubourg Saint-Julien (hôtels des Trois Maures, du Cygne Blanc, au Cygne et au Petit Dauphin), ou en prenant la porte Sapéon qui était protégée par un bastion selon les dires de M. Gonin. Enfin la porte dite de Savigny (ou du Grand Pan), seule porte encore debout.( Elle ne comprenait qu’une seule arche ; la deuxième a été construite à la suite de l’incendie de la maison voisine)

 Deux autres portes permettaient d’entrer dans la ville : c’étaient la porte des Epies ou de Tranche-oreilles (aujourd’hui rue Père Perret), et la voûte Montchanin, à l’extrémité nord de la rue du Marché long boyau de 6 ou 7 mètres qui a été démolie vers 1855.

Le Vingtain

Défense plus rapprochée du château. Lieu où l’on apportait l’impôt seigneurial de la vingt et unième gerbe  « Le mur du vingtain partait du château. De là il arrivait à la porte de Tranche-Oreille, sous le fief d’Odieu et se prolongeait sous la maison curiale, puis à angle droit montait jusqu’à la grande porte ogivale du Vingtain, attenante à la tour carrée du Beffroi qui a servi longtemps de clocher et qui a été démoli en 1874 pour agrandir l’église. De là, au nord ce mur descendait vers le pont Sapéon, d’où il remontait pour se relier à l’entour du château fort ».

Le Château

C’était une enceinte de surface assez restreinte, flanquée de cinq tours avec des ouvrages défensifs sur les flancs extérieurs en contrebas des murailles ; ce sont les parties appelées fausses-brayes sur le plan de 1750, qui entouraient le château sur trois côtés. Ces terrasses servaient à disposer des pièces d’artillerie.

Trois tours existent, encore, dont le donjon. Les deux tours en regard de la Brévenne ont disparu, et le reste des murailles les joignant démolies en 1825.

Nous savons par deux rapports d’experts de la sénéchaussée de1714 et 1716, que le château était déjà en très mauvais état. « Le chasteau de labresle dépend de l’abbaye de Savigny, ce chasteau en tout détruit. Il y a encore les quatre murailles d’enceinte, lesquelles se démolissent et tombent en ruyne de tous côstés (…) On entre dans ce chasteau par une grande porte (…) Le dedans est occupé par les restes d’une ancienne église en partie ruynée sans couvert , par des mazures joignant le mur d’occident (…) conservé de ces mazures  un petit endroit qui sert de logement au concierge (…) ledit bastiment est en mauvais état y pleuvant de tous costés … Dans ledit chasteau il y a deux grandes tours, l’une appelée la « grande tour » (le donjon), et l’autre « la tour d’Oing ». …il y est à chacune des cachots garny de leurs portes, (…) le tout très vieux et très usé…Au-dessus sont des petites chambres les unes sur les aultres dont la plupart sont inaccessibles, et on peut y entrer qu’avec des eschelles fort haultes… »

Ci-après, le Plan de l’Arbresle et du château reconstitué par l’architecte Henri Duchampt en 1909. On remarque facilement le mur de la ville, percé de ses portes, le mur du vingtain qui venait joindre le beffroi-clocher, élément défensif de cette enceinte, et le château avec ses quatre tours et le donjon.

Une chapelle est représentée devant le donjon. Il s’agit sans doute d’une erreur car le rapport de 1762 précise que des vestiges d’une  chapelle et mazure se trouvaient à l’angle sud-est du château.

Entre 1716 et 1735 des réparations ont été faites, ainsi qu’il est dit dans le rapport de mars 1735 « est reconnu que la grande tour carrée, au pied de laquelle sont les prisons est en bon état. Le couvert d’icelle est entièrement rétably tant en charpente que couverture de thuilles » Les autres bâtiments, auditoire, cuvier (où sont trois cuves et un pressoir), l’autre tour carrée, la maison du concierge…sont aussi reconnus en bon état …»

1762 La dernière description connue de l’état du château avant la Révolution confirme que les deux tours servaient de prisons : «  la première qui joint le portail d 'entrée (le donjon) dans laquelle sont pratiqués trois petits cachots les uns sur les autres…la deuxième tour qui est très ancienne dans laquelle sont deux cachots l’un sur l’autre (…)Il est dit aussi que la chapelle devait se trouver à l’angle sud-est  c’est-à-dire le long de la muraille côté Brévenne « nous avons reconnu à l’angle d’orient et de midy…des vestiges d’une ancienne chapelle et mazure consistant dans les quatre murs qu’il paraît nécessaire de démolir… »

A la Révolution le château est confisqué comme Bien national. L’inventaire des bâtiments du 26 décembre 1790 est le suivant  « Ancien château clos de murs, d’environ 3 bicherées consistant en: deux tours, un auditoire, une prison, cave, grange, deux autres caves, deux chambres et deux greniers au-dessus, un jardin. Estimé les bâtiments et jardin 1200 livres + deux cuves estimées 120 livres, un pressoir estimé 100 livres»

Que reste-il aujourd’hui du château ?

Il n’est pas très facile aujourd’hui de retrouver les parties anciennes du château. Au nord-est et sud-est, les bâtiments de l’école ont été implantés sur les murailles et cachent en partie la tour d’Oingt au nord-est. Celle-ci est encore « complète », sauf la toiture qui est modifiée.

 Cette tour a cinq niveaux. Les deux premiers ont servi de prison, (petits cachots de 2,20 x 2,30m), et les trois autres aménagés au 19ème siècle sont accessibles par un escalier à vis extérieur. Des portes ont été percées dans le mur qui mesure 1,50m d’épaisseur.

La deuxième tour au nord-ouest est entièrement englobée dans les constructions du 19ème siècle. Au pied de cette tour se trouvait le cuvier mentionné dans les rapports de 1714 et 1716. dont quelques parties anciennes sont encore visibles.

Il reste le donjon, majestueuse tour de 20 m de hauteur (à l’origine 22m environ, le niveau de la cour étant surélevé), et qui mesure au sol 7,00m x 6,30m. Elle possédait un toit à quatre pentes. Les mâchicoulis auraient été refaits au XVème siècle (Gonin). Dernier refuge en cas d’attaque on accédait aux étages supérieurs par une échelle que l’on pouvait ensuite retirer.

A la base du donjon devait se trouver la porte d’entrée du château, son accès protégé par les mâchicoulis. Pour une raison que l’on ignore cette porte a été obturée (on peut voir de l’intérieur la trace de l’arc ogival en pierre), et une autre porte en plein-cintre a été construite sur le côté.

Cette porte sera remplacée à son tour par une porte ogivale détruite en 1956.

Plan du Donjon

Le donjon avait 3 étages y compris la terrasse. Un plancher supplémentaire a été aménagé entre le 2ème et la terrasse vers 1900.

Vers 1900 M. Thiollier ouvrira sur la façade sud, de larges baies de plain-pied au premier étage, des fenêtres au deuxième et deux oculus au troisième, étage créé par un plancher.

A gauche, l’ancienne porte est encore en place avec ce qui reste du mur. Il faut aussi remarquer le niveau plus bas de la cour si on en juge par la porte du donjon. Dans le fond, la tour du fief d’Odieu: A droite, sur cette photo de 1935, la tour nord (la tour d’Oingt) est encore bien détachée. Aujourd’hui englobée dans les bâtiments de l’école, seule la face du côté de la Turdine est encore visible.



Posté le 09-07-2012 22:22 par Jimre

L'Arbresle

Article trouvé sur Wikipedia



Dès l'époque néolithique, le site de L'Arbresle est occupé par l'homme, comme l'attestent les haches polies et les pointes de flèches en silex trouvées au Muzard. Cette occupation humaine plusieurs fois millénaire, L'Arbresle la doit à son emplacement privilégié : c'est un confluent de rivières isolant et protégeant une presqu'île dominée par un rocher propice au refuge et à la défense ainsi qu'à la surveillance et au contrôle des passages, au carrefour des deux vallées qui sont d'inévitables voies de pénétration vers les monts du Lyonnais et du Beaujolais.

La route est une des clefs du développement de la bourgade arbresloise. Dès le haut Moyen Âge, L'Arbresle constitue une halte sur le « Grand chemin français » qui est l'itinéraire le plus court et le plus fréquenté reliant Paris à Lyon, et qui transformera au fil du temps en « Grand chemin de Paris à Lyon », puis en « Route royale », anciennes appellations de la célèbre route nationale 7, aujourd'hui déclassée.

Aussi pendant des siècles, L'Arbresle est-il traversé par des marchands, les soldats, les pèlerins, les voyageurs illustres ou anonymes s'arrêtant pour boire, manger, dormir dans de nombreuses auberges et hostellerie, et se faire soigner, ou mourir parfois, à l'hôtel Dieu de la Madeleine.

L'histoire de L'Arbresle se confond avec celle de l'abbaye de Savigny dont elle partage la prospérité comme les vicissitudes : le bourg est fortifié par l'abbé Dalmace au XIe siècle et devient une des principales places fortes protégeant l'abbaye. Le château subit divers assauts au gré des luttes féodales, puis de la guerre de Cent Ans, et tombe en ruines lors du déclin de l'abbaye au XVIIe siècle.

Proche de Lyon, L'Arbresle attire les bourgeois et les nobles lyonnais, qui y font bâtir au XVIe siècle des maisons dans le style Renaissance : ainsi, à partir de 1660, les de Valous séjournent fréquemment « en leur maison de campagne » arbresloise et surveillent la gestion et les revenus de leurs prés, vignes, moulins et cheneviers.

Cette même proximité de Lyon permet à L'Arbresle de bénéficier dès 1815 de l'expansion du tissage lyonnais vers les campagnes. Au cours du XIXe siècle, le village encore très agricole prend l'allure d'une petite ville industrielle spécialisée dans le tissage du velours de soie, dont le développement est accéléré par l'arrivée du chemin de fer vers 1860.

À partir de 1895, le tissage à bras est progressivement supplanté par le tissage mécanique qui concentre plusieurs centaines de métiers à tisser dans quelques grandes usines ou dans de petits ateliers familiaux, souvent à domicile. Des activités périphériques au tissage (dévidage, ourdissage, fabrication de peignes à tisser) font vivre alors de nombreux arbreslois. L'ère du tissage à L'Arbresle prend fin dans les années 1960 et contraint toute la population ouvrière à une douloureuse reconversion.

Chacun de ces épisodes de l'histoire de L'Arbresle a laissé des traces encore visibles de nos jours dans la ville : le donjon et la porte de Savigny, le pont de la Madeleine ou l’enseigne des trois Maures, la façade de l’usine de velours Roche comme les métiers à tisser au musée, sont autant de témoins qui parlent au cœur et à la mémoire et sont le patrimoine commun aux arbreslois passés, présents, et à venir.

Posté le 09-07-2012 22:14 par Jimre

Jarnioux

Le château, construit fin XIIIe début XIVe siècle, domine le ruisseau de l'Ombre, non loin de Villefranche sur Sâone.

Il possède une tour-porte, puis une deuxième porte, percée sous la chapelle castrale.

Le donjon circulaire est protégé par une enceinte puis une seconde bâtie sur un plan quadrangulaire.

Posté le 14-05-2012 19:54 par Jimre

Ternand

Au cœur de la  vallée d'Azergues dans le département du Rhône en beaujolais, descendant du Col des Echarmeaux, jusqu'à la ville gallo-romaine d'Anse, s'élève l'ancien village de Ternand.

Le promontoire rocheux barrant la vallée de l'Azergues a été occupé très tôt, car le nom viendrait du celte  et signifierait "trois ruisseaux" (de « ter »= trois et « nan »= ruisseau).

Ce site a été occupé dès l'âge de la pierre polie, et les légions romaines de Jules César, comprenant l'intérêt militaire et stratégique de la place, s'y installèrent, de même que les arabes pendant la première moitié du VIIIème siècle.

C'est avec la "permutatio de 1173" que Ternand acquit véritablement ses lettres de noblesse en devenant la clé des possessions des archevêques de Lyon dans la vallée d'Azergues, sous l'impulsion de deux archevêques : Jean de Bellesmains (1182-1193), ami de Sir Thomas Beckett, et Renaud de Forez (1199-1226).

C’est Guy II de Forez qui est l'auteur de la permutation de 1173 ou « permutatio », avec l'archevêque de Lyon. Cet accord met fin à un long conflit qui durait depuis 1157 entre les comte de Forez et les sires de Beaujeu. Préparé et garanti par le pape et le roi de France, ratifié par l'empereur, il rompt l'alliance des archevêques de Lyon et des sires de Beaujeu, au profit de l'Empire. Guichard de Beaujeu se soumet bientôt au comte Guy.

Ternand devient alors une véritable place forte gérée à la fois par l'Archevêque de Lyon et par l'Abbaye de Savigny. Un donjon carré y est édifié à la demande de l'archevêque Jean de Bellesmains pour surveiller également des mines de plomb argentifère qui furent exploitées dans la commune jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Ternand, c'est aussi son église au coeur du vieux bourg, reconstruite au XIIème siècle, abritant, dissimulée sous son choeur, une crypte carolingienne recouverte de fresques datant sans doute du VIIIème siècle.

En 1562, pendant les guerres de religion, les troupes huguenotes du Baron des Adrets saccagent la région de Lyon. Ternand n’échappe pas  au pillage et le village ainsi que le château sont détruits. Les archevêques s'installent alors de l'autre côté de l'Azergues, au château de Ronzière. Au XIXe siècle, le ténor François Elleviou habite le domaine.

Le village historique comprend de nos jours les ruines du château du XIIIe siècle  et les restes du Donjon du XIIe siècle hauts de 17 m, une église qui abrite des fresques de l'époque carolingienne et plusieurs maisons aux belles façades XIVe et XVe siècles avec fenêtres à meneaux, ferronneries, portes des XIVe. Le tracé du chemin de ronde permet de faire le tour du village et, de par sa position dominante, offre une jolie vue sur la vallée de l'Azergues et les pentes de part et d'autre. On peut ainsi apercevoir Oingt sur son promontoire de l’autre côté de la vallée.

Sources:

- Panneaux du Village

- Wikipedia

- Rhone Tourisme

- Ternand village d'antan

- Villages de France

Posté le 11-05-2012 10:41 par Jimre

Curis au Mont d'Or

Histoire


Curis occupe la partie inférieure de la vallée du Thou et ses deux versants, sans atteindre le sommet de la croix-Rampau sur le versant nord-ouest et en s’arrêtant à la Croix-Vitaize, tout prêt du crêt d’Albigny sur le versant sud-est. Le village reste un peu à l’écart de la Saône et ne possède qu’un court segment de sa rive droite.

Les celtes Ségusiaves et peut-être Ambarres ont laissé des traces aux Avorraux, nom signifiant « les Grands Champs » où on a trouvé des bijoux. Le futur port de Pontet semble avoir existé dès cette époque.

A l’époque romaine, il y a eu probablement une villa mais aussi un poste militaire, aux Avoraux. Une voie romaine a existé dans le vallon puis le long de l’arête nord du Mont Thou, en passant par la croix-Vitaize.

Le nom de Curisium apparait en 984 dans l’inventaire des biens du Chapitre de Lyon.

Concernant l’origine du nom, plusieurs hypothèses existent.

On a voulu qu’il vienne d’un général romain, Curius, mais ce personnage est imaginaire. Plus judicieusement,  Curis désigne en latin l’arme des piquiers Sabins. Curis ou Curitiis est aussi le nom donné à Junon par ces mêmes Sabins, comme il a pu s’en trouver parmi les troupes venues dans la région. L’étymologie pourrait même être gauloise mais mal expliquée.

On lui prête également une origine Sarmate (Pologne) avec la désinence is ou its associée à Kur ou Kura : la poule

On le voit, rien n’est vraiment établi …

Une première église est mentionnée vers 500 sous le vocable de Saint Claude choisi pour une raison qu’on ignore. Il a dû exister alors une première forteresse, soit aux Avoraux, sur le versant droit de la vallée, soit à la Morelle, sur le versant gauche, siège d’un premier chef.

Mais Curis appartient bientôt  à la famille de Mont d’Or, d’origine bretonne  et censée descendre de Roland dont elle conservait le cor à Curis avant de le donner à l’abbaye de l’Île Barbe. Ce cor était d’ailleurs conservé dans la maison forte dont on connait l’existence dès le Xe siècle sur l’emplacement du château actuel.

Ensuite, comme la majeure partie des villages des Monts d’Or, Curis passe dans les possessions du Chapitre de Saint Jean mêmes si quelques propriétés restent aux mains de la famille de mont d’Or et d’autres petits seigneurs. Aux XIe et XIIe siècles, la paroisse dépend de celle de Saint Germain où réside l’obéancier.  Trois noyaux de population existent alors. Le plus gros, appelé « le Plâtre » se trouve autour de l’église actuelle, un deuxième se trouve vers le nouveau château et un autre vers la Trolandrerie, plus quelques habitations au bord de la Saône, au Pontet.

Les carrières, ouvertes au XIIe siècle, sont les plus anciennes du Mont d’Or ; La principale, la plus ancienne se situe en face du château et celles de  « la  Forêt » ou « la  Ponson », plus haut et sur le versant de droite, aujourd’hui embroussaillées.

En 1216, un certain Guillaume de Marchant vend ses possessions et Saint Germain à Guillaume de Collonges, doyen du Chapitre.

 En 1270, André d’Albon, marchand banquier à Lyon comme son frère Pons, qui a participé à la brève révolte des bourgeois contre le Chapitre de Lyon, achète la seigneurie de Curis, le plus ancien apanage de la famille d’Albon. Avec son fils Guy, il fait construire, à la fin du XIIe siècle, les trois  hautes tours pointues du château.

Au XIVe siècle, Curis va connaitre comme toute la région les épidémies de peste puis les ravages des Tard-Venus en 1361 avec en point d’orgue la bataille de Brignais et la prise d’Anse par Seguin de Badefol.

Les carrières de Curis vont permettre à toute la région de renforcer les défenses et vont faire la fortune des d’Albon et permettre l’essor du port du Pontet en  évitant le péage de celui de Villevert.

A la fin du XVe siècle, Guillaume II d’Albon, seigneur de Curis et Saint Forgeux, est un capitaine-châtelain pratiquement indépendant du Chapitre.

Par la suite, on assiste à l’installation de la bourgeoisie lyonnaise dans les Monts d’Or. En 1642, le domaine de Curis est vendu à la famille Neuville de Villeroy et revendu presque aussitôt en 1645 à Laurent de la Veuhe, d’une famille de marchands foréziens. Le fief de la Morelle, quant à lui est acquis par Camille de Neuville, futur archevêque.

A la mort de Laurent de la Veuhe, sa fille revend le domaine à la famille Bay. Il changera encore de nombreuses fois de propriétaire aux XVIIe et XVIIIe siècles.


Source:

- "Le Mont d'Or Lyonnais et son val de Saône" de Laurent Michel


Posté le 10-04-2012 20:02 par Jimre

Saint Romain au Mont d'Or


Le village de Saint Romain se niche à la jonction du vallon du ruisseau d’Arches et du vallon du Pinet dans les Monts d'Or, au bord de la Saône, près de Lyon.

Une petite agglomération commence à se développer vers l’an 1000 autour du manoir de la Bessée. Le territoire fait partie des possessions du Chapitre de Saint Jean à Lyon, comme Couzon, commune voisine et de nombreux autres villages des Monts d'Or, notamment  Saint Cyr, Saint Didier, Limonest,  Albigny, Curis, Saint Germain, Fontaines sur Saône et pour partie Poleymieux et Chasselay .

Au XIIe siècle, Girin, sénéchal de Lyon et Abbé de l’Ile Barbe, acquéreur d’Otho de Mont d’Or de terres qui étaient demeurée à cette famille, y construit un château fort plus important.

La petite paroisse est dominée par Couzon, sa voisine, au point de longtemps s’appeler Saint Romain de Couzon. Les habitants sont notamment tenus de participer à la garde et à l’entretien du château de Couzon, aujourd’hui disparu (Il n’en reste que quelques vestiges à côté de l’église de Couzon).

Cette dépendance va être source de nombreuses contestations et l’histoire de Saint Romain est émaillée de conflits de juridiction avec Couzon : le seigneur mansionnaire de Saint Romain se montrant toujours plus émancipé du chapitre que le châtelain de Couzon.

En 1403, les Saromagnots, alléguant la proximité plus grande de leur forteresse, obtiennent du lieutenant  du sénéchal de Lyon, contre le procureur du chapitre, d’être déchargés de ce qui concerne le château de Couzon. A plusieurs reprises, ils obtiendront également le droit pour des particuliers de fortifier leurs maisons avec murailles et créneaux.

Lors des guerres de Religion, les protestants sont pourchassés sur toutes les terres du chapitre mais autorisés à célébrer leur culte à Saint Romain où un temple est inauguré en 1645. Après la révocation de l’Edit de Nantes, l’établissement passera aux Dames de la Propagation de la Foi.


Source: Le Mont d'Or lyonnais et son val de Saône de Laurent Michel. 


Posté le 18-03-2012 22:53 par Jimre

Saint Cyr au Mont d'Or

Vous voulez visiter Saint Cyr au Mont d'Or, voir cette "news" en  archive.


Histoire des Monts d'Or:

Lors du partage de l'Empire en 843 au traité de Verdun, les Monts d'Or, comme Lyon, le Lyonnais, le Beaujolais et toute la rive gauche de la Saône, entrent dans la Lotharingie, fusionnée en 870 avec le royaume germanique, puis l'Empire germanique.

Ils entrent ensuite dans l'éphémère royaume de Boson, couronné roi à Mantaille,de 879 à 887, puis dans celui de Bourgogne Cisjurane, par opposition au duché, puis dans celui de Bourgogne et d'Arles à partir de 933.

Louis l'Aveugle, fils de Boson, qui règne de 888 à 912, fait don des Monts d'Or à son ancien précepteur, Alwala, archevêque de Lyon de 895 à 906( l'évêché de Lyon étant devenu archevêché en 798), chef du nom et des armes d'une famille, les Mont d'Or. cette famille descend peut-être d'une branche illégitime de celle de Roland. L'Ile Barbe possédait d'ailleurs l'oliphant de Roland.

A la mort d'Alwala, son domaine est légué aux Frères de Saint Etienne de Lyon qui vont devenir les chanoines du chapitre de Saint Jean.

En 978, les terres de ce chapitre sont répertoriées par un nommé Ansterius, sous l'épiscopat de Burchard Ier. Le chapitre possède les territoires de Saint Cyr, Saint Didier, Limonest, Saint Romain, Couzon, Albigny, Curis, Saint Germain, Fontaines sur Saône et pour partie Poleymieux et Chasselay. Ces possessions sont donc largement majoritaires dans le Mont d'Or. Le reste se répartit entre les deux grandes abbayes lyonnaises, complétant une propriété presqu'exclusivement ecclésiastique: à l'Ile Barbe appartiennent Caluire, Collonges, Rochetaillée, Fleurieu et Neuville( Vimy); à l'abbaye d'Ainay, Cuire et pour partie Poleymieux et Chasselay.

En 1024, l'héritage de Rodolphe III le Faineant, dernier successeur de Boson, mort sans enfant, passe au Saint Empire germanique, ainsi appelé depuis 962.

Lyon et sa région s'y trouvent donc directement rattachés en 1030, l'Empereur Conrad II le Salique y reconnaissant comme souverain Burchard II, frère cadet de Rodolphe.

Mais cette souveraineté fait l'objet de contestations de la part de voisins également vassaux de l'Empire: les comtes du Forez et les sires de Beaujeu; et mêmes des comtes de Mâcon, vassaux des ducs de Bourgogne et donc des rois de France. Il en résulte des conflits armés que seul le traité de 1173 arrêtera. Dans ce traité, confirmé par le pape Alexandre III, Guy II de Forez cède tous ses droits sur Lyon et les fiefs qu'il avait pu revendiquer dans le Lyonnais à l'archevêque et à ses chanoines du Chapitre de Saint Jean. Ceux-ci prendront alors le titre de "chanoines-comtes".

A partir du XIIe siècle sont construits, souvent à l'emplacement de forteresses plus anciennes, ceux qu'on appelle aujourd'hui les "Vieux châteaux".


Histoire du village:


Saint Cyr au Mont d’Or, 1000 ans d’histoire.

984 : Saint-Cyr est nommée pour la première fois dans les possessions de l’église métropolitaine de Lyon : ecclésia Sancti Cirici, Eglise de Saint-Cire, que l’on trouvera écrit de différentes manières au cours des siècles : S. Ciricus villa, S. Ciricus, Saint-Cir, Saint-Cire, Saint-Cyre et Saint-Cyr.

1150 : construction du château. Le châtelain était chargé de la défense des habitants et de l’administration de la Justice qui relevait de la Juridiction des Chanoines Comtes de Lyon. Le dernier Seigneur mansionnaire du château de Saint-Cyr fut le Chanoine Prangins de Pingon de 1753 à 1790.

(Manse, mansionnaire ou mensionnaire on trouve les deux orthographes ; le seigneur mensionnaire était un comte de Lyon, c'est- à dire un chanoine ayant fait preuve d'au-moins quatre quartiers de noblesse,  tant de père que de mère. Il choisissait  un  capitaine châtelain  et un cellerier(économe); le châtelain était chargé de la défense des habitants et de la justice;  le Dr  Gabourd rapporte les textes de Duplain à ce sujet page 40 avec des exemples de sentences)

1306 : séjour du Pape Clément V du 12 février au 6 mars.

1341 : construction d’un premier ermitage au Mont Cindre joint à une chapelle placée sous l’invocation de Notre-Dame Reine des cieux.

1422 : après leur victoire sur les troupes de Charles VII, les Anglo-Bourguignons envahissent le Mont d’Or. Le château de Saint-Cyr est pillé et brûlé.

1573 : « St-Cire au mont d’or, l’église dans un fort, est situé au pied du Mont-d’or, abondant en bons vins, quelque peu de blés, foins et fruits et les plus belles et riches carrières à tirer grandes pierres de taille, à faire tables, marches et autres ouvrages d’architecture de tout le Lyonnais et y a plusieurs belles fontaines à Messieurs de St-Jehan » (Nicolas de Nicolay, Description de Lyon et du Lyonnais)

1628 : durant le terrible épisode d’épidémie de peste, les malades s’entassent dans une « Maison de tout le monde » au Canton-Charmant.

1642 : visite royale de Louis XIII le 2 juillet. Une grande fête est donnée aux Ormes.

1720 : au recensement, Saint-Cyr se trouve au premier rang des communes après Lyon. On compte 1 feu pour cinq personnes. Lyon : 7 780 feux ; Saint-Cyr : 406 feux.

1773 / 1776: Les Bourgeois de Lyon, fixés pendant l’été à Saint-Cyr, avaient demandé la franchise de toutes tailles et capitations. Les habitants ne voulant pas être les seuls à supporter l’impôt, Jean-Baptiste Defarge, vigneron, représentant les onze paroisses du Lyonnais, se rend à Paris auprès de Turgot pour défendre leur cause, et l’obtient.

(".... Les bourgeois de Lyon obtinrent en 1773 de Louis XV qu'ils seraient taxés  d'office par l’intendant  au lieu d'être imposés par les habitants du lyonnais. Or, l’intendant taxait les bourgeois sur le rapport de Messieurs les élus, parties intéressées, puisqu'ils étaient taillables. Aussi, en fait, les bourgeois ne donnaient que le tiers de la somme qu'ils auraient dus payer. Aussitôt 11 des principales paroisses du Lyonnais nommèrent pour  syndic   J.Baptiste Desfarge, vigneron à St-Cyr (ancêtre de Madame Marinette Raffin-Thomas) et lui donnèrent une procuration pour se rendre à Paris  et obtenir que les bourgeois fussent assujettis à la taille comme tout autre exploitant. Desfarges réussit auprès de Turgot et le 21 mai 1775. "  Duplain :  Les Bourgeois attaquèrent et il fallut attendre 1780 pour que Ranchon inscrive : les habitants ont imposé  les bourgeois à la taille et à la capitation et ils payent sans contrainte.)

Mme Thomas indique que son ailleul Défarge ou Desfarges est allé deux fois à Paris dont l’une à Versailles (elle possède les correspondances)

1782 : « La misère est grande, note l’abbé Ranchon. Il était l’an dernier 150 tailleurs de pierre ; ils ont renvoyé plus de la moitié de leurs ouvriers. »

1790 : le 25 février, Saint-Cyr devient un des quinze cantons de Lyon.

1793 : le 10 octobre, les Lyonnais contre-révolutionnaires menés par le général de Précy, fuyant la répression, font irruption à Saint-Cyr. A partir de décembre, Saint-Cyr au mont d’or devient Montcindre (ci-devant Cyr au mont d’or), jusqu’à l’arrêté des Consuls du 9 Fructidor de l’An IX (1801) qui fair réapparaître les anciennes dénominations. La commune est le siège de la municipalité de canton qui regroupe Saint-Rambert l’ile Barbe, Collonges, Caluire-et-Cuire, Saint-Didier-auMont d’Or, Ecully et Dardilly.

1793 : le 10 octobre, 200 lyonnais contre–révolutionnaires menés par le général de Précy  sont écrasés aux Ormes par l’armée républicaine. En décembre la commune prend le nom de Montcindre  (ci-devant St-Cyr -au -mont -d’or) jusqu’au 9 Fructidor de l’An IX (1801)

1803 : fondation d’un bureau de bienfaisance, installation du premier instituteur laïc.

1825 : la commune acquiert un plan cadastral (plan napoléonien).

1834 ? (archives municipales : 1844 plan de la maison école) construction  d’une mairie- école , place Charles De Gaulle.

1836 : démission du conseil municipal en protestation à la décision gouvernementale d’accéder à la demande d’annexion d’une partie de Saint-Cyr par la commune de Saint-Rambert-l ’Ile Barbe.

1859 : dans la nuit du 14 au 15 octobre, est commis au Canton Charmant le triple assassinat des Dames Gayet : Madame Défarge, 70 ans, sa fille Madame Gayet, 38 ans, et la petite Pierrette, 13 ans. Les trois coupables sont originaires de Saint-Cyr. Ils sont guillotinés sur la place de Saint-Cyr, le 17 août 1860, en présence d’une foule considérable.

1869 : inauguration de la place de la République, d’abord baptisée place Neuve.

1872 : bénédiction de la nouvelle église.

1878 : création d’une bibliothèque populaire.

1880 : création d’un bureau de Poste.

1891 : création d’un orchestre municipal.

1895 : construction du clocher de la nouvelle église.

1898 : arrivée du tramway à Saint-Cyr. Il fonctionne jusqu’en 1950 lorsqu’il est remplacé par des trolleys bus

1895 : Le testament de Nicolas Lassalle du 8 mars 1895 lègue la somme de 10 000 Frs à la commune de Saint Cyr, ‘’pour faire ériger une fontaine et un réservoir d’eau potable place de la Croix des Rameau au profit des habitants’’. La fontaine devait porter l’inscription : Fontaine Lassalle. Elle sera inaugurée en 1906 par Auguste Gouverne.

1906 : pourparlers pour l’éclairage électrique de la commune.

1911 : l’école laïque du Bourg est inaugurée le 27 août par Jean-Victor Augagneur, député du Rhône et ministre des Travaux publics.

1913 : demande de classer monuments historiques la tour féodale et le vieux clocher.

1914 : le conseil municipal fait un émouvant compte-rendu de l’appel du 2 août à la mobilisation de la population pour participer à l’effort de guerre [à vérifier]

1926 : installation du téléphone à la Mairie.

1931 : installation de la première pompe de distribution d’essence

1942 (1945 nouveaux statuts de l’école) : installation de l’Ecole Nationale de Police dans l’ancien pensionnat des Ursulines

1952 : inauguration de la fresque de Louis Touchagues à la chapelle du Mont-Cindre par P.Dumond

1954 : construction de la tour-relais du Mont Cindre

1966 : le 2 juillet la mairie s’installe dans la Maison donnée par testament par Jean et Catherine Reynier qui n’avaient pas d’enfants.

1969 : Entrée de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or dans la communauté urbaine de Lyon

1977 : inauguration du Stade des Combes et création du club de football

1984 : fête du millénaire de Saint-Cyr

1990 : Inauguration de la salle polyvalente de la Source et installation de la bibliothèque à la Source.

2003/ 2005 : Construction de la nouvelle école publique élémentaire de Champlong (les bâtiments préfabriqués de 1969 sont démolis)

2005 : Lors de la restauration de la salle des Vieilles Tours, découverte de fresques du XVe très abîmées par un piquetage au XVIIIe siècle.

2008 : Développement intercommunal de Saint-Cyr avec les Monts d’Or et le Val de Saône. Restauration complète du stade de football Saint-Cyr Collonges.

 

2009 : Classement des archives municipales stockées dans la mairie. Création du square Antoine Foret.

2010 : Généralisation du Haut Débit pour l’ensemble des habitants.



Le château de Saint Cyr:

C’est au XIIe siècle que le château de Saint Cyr aurait été construit, d’après le Baron Raverat. Il aurait remplacé une forteresse gallo-romaine. D’après les archives du chapitre de saint Jean à Lyon, ce fut Girin, à la fois sénéchal du chapitre de Lyon et abbé de l'Ile Barbe, qui le fit édifier dans la première moitié du XIIe siècle, tout comme ceux de Saint Romain et Couzon, Neuville et Rochetaillée, de l'autre côté de la Saône.

Il est décrit comme magnifique en 1150. L’emplacement était excellent, répondant aux normes d’établissement d’une forteresse avec par exemple, la présence, au centre du château, d’un puits d’eau claire, gros avantage en cas de siège et de points escarpés facilles à défendre.

Au cours du XIIIe siècle, Renaud II, comte du Forez et archevêque de Lyon de 1193 à 1226, le fit embellir en même temps qu’il construisit les châteaux d’Albigny, d’Anse, de Chasselay et de Saint Germain au Mont d’Or.

D'autres châteaux de la région sont construits à la même époque, comme Curis, Poleymieux, Limonest et Saint André à Saint Didier

Après sa mort, en 1230, le doyen du chapitre Pierre Bérard, à son tour aurait été très généreux avec le château et en aurait fait une demeure somptueuse. Aussi fut-il choisi, en février 1305, comme lieu de séjour pour le Pape Clément V, lorsqu’il quitta en hâte Lyon, après les troubles survenus après son élection. En effet, alors qu’il descendait du monastère Saint Just où avait eu lieu son sacre, sa mule tenue en bride par le roi de France Philippe le Bel, un mur du Gourguillon s’effondra sous le poids des spectateurs et le Pape tomba de sa mule. Une bataille s’ensuivit entre la garde du Pape et les milices lyonnaises au cours de laquelle le frère du Pape fut massacré. Clément V resta environ une vingtaine de jours à saint Cyr, publiant un traité, que l’on trouve de nos jours dans le registre genevois, entre le comte de Savoie et celui du Dauphiné.

Voici la traduction de cette transaction : Compromis passé à Saint Cyr, près de Lyon "entre Amédée, comte de Savoie et Nobles Jean et Guigue, Dauphins, par lequel ils soumettent à l’arbitrage du Pape Clément V qui est présent, tous leurs différends au sujet de leurs châteaux, territoires, injures et dommages. Ils lui reconnaissent le droit de prolonger les trêves existant entre les parties et ils promettent de se soumettre à la décision qu’il prendra sous peine de 10000 marcs d’argent fins ".

Le Pape prolongea d’un an la trêve qui devait se finir à la Saint Michel et prescrivit de nommer quatre soldats pour définir de nouvelles frontières entre les deux parties.

Le vieux château était nommé le Vingtain car le vingtième de la Dîme devait être employé à ses réparations.

Une description du château a été faite par l’abbé Duplain en 1891. Il s’est servi pour cela de deux rapports d’experts de 1382 et 1694 trouvés aux archives.

Shéma du château

« Le château fort comprenait un quadrilatère protégé d’épaisses murailles crénelées avec machicoulis ; sa superficie était de 37 ares. On revoit encore nettement ce quadrilatère malgré les maisons accolées surtout à l’est. La défense était complétée par cinq tours :

-          La Grande tour, que l’on voit encore. D’une vingtaine de mètres de hauteur, elle devait être beaucoup plus haute à l’origine, de dix mètres  au moins. Au milieu du XVIIIe siècle, le curé Ranchon dit que cette tour menaçant de s’écrouler, fut découronnée de six mètres. En 1881, afin de permettre au conseil municipal d’y tenir son banquet triomphal après la laïcisation de l’école des Frères, le maire Claude Fouilloux l’aurait encore diminuée de deux à trois mètres. Ce donjon devait donc initialement avoir une hauteur de plus de trente mètres. C’était là que se tenait le guetteur qui s’il apercevait l’ennemi, sonnait l’oliphant. Sur un côté, le donjon présente encore un machicoulis.

-          Une tour carrée, dite à la Penelle, à l’angle sud-ouest au-dessous et à côté de la mairie ancienne ; son nom était dû à ce qu’il portait l’oriflamme du seigneur de Saint Cyr. Elle eut beaucoup d’autres dénominations, car elle dominait la place publique. On l’appelait encore la tour de la Girette, de la Geôle, et plus tard du Rattier et du Colombier.

-          Une tour carrée dite Tour de Vaux ou du Valier (de Valibus) à l’angle sud-est, au-dessus de la pharmacie actuelle.

-          Une autre tour carrée se trouvait à l’angle nord-est (Maison Jarry) ; elle se devine encore aujourd’hui.

-          Une dernière tour se trouvait aussi au nord, entre le donjon et l’entrée nord. Elle ne disparut complètement qu’en 1830. Elle bordait le cimetière de la vieille église du château.

 

Les façades du sud et de l’est présentaient autrefois, du fait du rocher à pic, une prédisposition naturelle de défense. Au nord et à l’ouest, il n’en était pas de même ; aussi, avait-on creusé au nord un grand fossé analogue aux douves des châteaux. Il fut remblayé en 1750 et on y planta des noyers dont le revenu était versé aux Luminiers( conseil de fabrique) de l’église.

Ainsi constitué avec ses cinq tours et ses remparts crénelés au bord d’un rocher escarpé, ce château devait avoir un aspect fort imposant( voir gravure).

Pour pénétrer à l’intérieur du château, il faut franchir les deux portes du XIIe siècle de style ogival qui ont conservé leur moyen de défense, c'est-à-dire le large orifice rectangulaire au sommet de la voûte, permettant aux défenseurs de déverser sur les assaillants toutes sortes de projectiles et de liquides.

En entrant par la porte du nord, on rencontrait d’abord à gauche les écuries, puis le cellier et le bûcher, enfin, la porte Renaissance ouvrait sur l’aumônerie.

De l’autre côté en entrant par la porte sud, on voit encore au-dessus de quelques marches de pierre, une vieille porte gothique surmontée du monogramme du Christ qui est très belle. C’était l’entrée des chambres de Justice. Au-dessous, c’était la prison. Le jardin de l’ancienne cure est bordé à l’est par un très grand mur, où l’on revoit une voûte murée correspondant aux restes de l’ancien bâtiment où la dîme du vin était entreposée. Il servait aussi de refuge pour le bétail et la population en cas de danger.

Les salles de l’Obéance(possessions du chapitre de Saint Jean) étaient les salles du premier étage de l’ancienne cure, un escalier de vingt marches y conduisait. Enfin, extérieurement au château, près de la Grande Tour, se trouvait le suel ou le blé devait être battu en public, la dîme du blé étant levée sur place. Depuis la construction du château de saint Cyr et jusqu’en 1380, époque où ils fortifièrent leur église, les habitants de Saint Didier étaient tenus d’y venir faire le guet  et devaient s’y réfugier en cas d’agression.

 

Ce château n’eut pas dans son histoire que le rôle glorieux d’abriter un pape. Il remplit aussi, à plusieurs reprises, un rôle défensif et protecteur pour la population. La guerre de Cent Ans fut en effet pour les campagnes une période cruelle. Les grandes compagnies, restes des armées françaises et anglaises, licenciées après les désastres de Crécy et de Poitiers, se répandirent en masse sur les provinces du Centre, semant la terreur et la dévastation. La population de Saint Cyr et de Saint Didier se réfugiait alors en hâte dans le château fort.

En 1358, le 4 Décembre, les bandes armées d’Arnaud de Cervole s’avancèrent sur Lyon. Le Chapitre s’émut et donna l’ordre à ses sujets de se réunir à Lyon pour se mettre aux ordres du Bailli de Macon. Le 25 Décembre, ordre fut donné aux châtelains de Saint Cyr, Couzon, Albigny, Saint Germain, de prendre les précautions nécessaires et d’obliger leurs hommes à se rendre au château pour y faire le guet nuit et jour, pour faire des stocks de vivre. Les châtelains devaient également inviter leurs vassaux à se tenir prêts à combattre les envahisseurs avec les gens du duc de Bourgogne et du Sire de Beaujeu.

Lyon, menacée, fut secourue par Jacques de Bourbon et par Henri de Monfalcon, avec ses Dauphinois. Les troupes royales vinrent assiéger Brignais où les routiers s’étaient retranchés. L’armée royale attaqua la ville mais elle fut stoppée par une grêle de projectiles. Les royalistes, stoppés dans leur élan s’embourbèrent dans les marécages, avec leurs chevaux lourdement chargés par les armures. Une attaque mit alors l’armée royale en déroute. Toute la noblesse lyonnaise y succomba. On nomme cette bataille, qui eut lieu le 6 Avril 1361, la bataille de Brignais.

Lyon se mit alors à réparer ses remparts, surtout sur la colline de Saint Just, la plus difficile à défendre. En Juin 1362, les bandes du Vivarais appelés aussi les Tuchins, coquins, ou Tard-venus remontèrent sur Lyon. C’est pourquoi le Chapitre de Lyon envoya au courrier d’Anse, l’ordre d’avertir les châtelains de Saint Cyr, Albigny et Saint Germain de se préparer au siège.

Saint Cyr fut attaqué par Petit Meschin, ancien déserteur de l’armée du roi, mais ne fut pas pris, étant bien défendu.

En 1364, les brigands étaient toujours dans la campagne lyonnaise ; ils recommencèrent peu après leurs pillages mais ne purent s’emparer de Lyon dont les remparts avaient été  réparés avec les pierres de la carrière de Curis au Mont d’Or.

Le 1er Novembre 1364, Seguin de Badefol s’empara d’Anse, place forte du chapitre qui commandait la Saône et la route de Paris. Il s’y installa, s’intitulant « Capitaine d’Anse pour le Roi de Navarre ». Les routiers, par toutes les terres du Chapitre, escaladaient et pillaient villes et châteaux. Ils amenaient leurs prisonniers à Anse, les gardant de longs jours et leur faisant subir la torture. La campagne lyonnaise était ainsi devenue un « désert » dit un document contemporain.

A ce moment-là, Lyon n’avait plus d’armée et les coffres étaient vides, les impôts ne rentrant plus. Il fallut en venir aux tractations et Saint Germain au Mont d’Or fut la première forteresse rendue, moyennant cinq cents florins. Le Pape Urbain V, en Avignon, aida Lyon et Seguin obtint, en dédommagement de son départ d’Anse, la somme de quarante mille florins, dont vingt-cinq mille furent à la charge du lyonnais et du mâconnais. Dans le livre de compte de Pierre Morestin, aux archives du Chapitre, Saint Cyr et Saint Didier furent taxés à hauteur de six fois vingt florins car elles n’avaient pas été pillées.

Elles furent les plus imposées de la région car Couzon au Mont d’Or ne donna que vingt-huit florins, Lentilly vingt et Ecully seulement vingt-six.

Anse fut rendue au Chapitre de Saint Jean le 8 Aout à une délégation de chanoines escortés d’hommes d’armes qui avait remonté la Saône après escales à Vimy( Neuville) et Saint Bernard où attendaient en armes les gens de Genay, Rochetaillée sur Saône et Saint Cyr, avec les nobles et les habitants du pays.

Après livraison de la ville, les remparts ainsi que la tour consulaire du château furent remis en état. Des représailles eurent lieu sur les personnes de la ville qui avaient pris fait et cause pour Seguin.

 

En 1422 et 23, les Anglo-Bourguignons, après leur victoire sur les armées du Roi de France, vinrent saccager la région et Saint Cyr, cette fois-ci, fut également dévasté. Il y eut beaucoup de pillages et d’incendies et le château fut occupé.

Un siècle plus tard, ce sont les hommes du Baron des Adrets, qui occupent Lyon et sa région et s’en prennent à tous les villages et biens de l'Eglise alentours et notamment à Saint Cyr et l'Ile Barbe, où ils saccagent tout.

Le château tomba par la suite en désuétude, tous les châteaux de la région ayant perdu de leur importance statégique.


Sources:

- site de la mairie de Saint Cyr au Mont d'Or

- Livre "Saint Cyr et les Monts d'Or", du Docteur Gabourd, éditions EGE Lyon.


Photos:

- Jimre(2006, 2011, 2012, 2014)



Posté le 19-02-2012 23:30 par Jimre

Colombier et la bataille d'Anthon

D'où on parle de Colombier Saugnieu, assiégé durant la bataille d'Anthon.

Posté le 22-01-2012 14:37 par Jimre

Précisions sur le Baboin de Chazay


Merci à Mr Michel de Bourg-Neuf pour les précisions à propos de la statue du Baboin de Chazay d'Azergues :

 

"La statue actuelle n'est pas de bronze mais de fonte. 

Elle fut achetée au marché aux puces de Villeurbanne.

Je tiens cette info de celui qui fut chargé de cette opération...

Il s'agit du forgeron de Chazay d' Azergues, qui était connu sous le nom de "Père PRADEL" et était membre ou président de la société d'histoire de cette même bourgade.

Pour ce qui est du bois de la Statue, vu que le culte de Sucellus fut le même que ce soit celui du Baboin ou celui de l'Homme de la Roche a Lyon, le bois utilisé était l'Orme. C'est l'arbre des rencontres et des carrefours. Plus tard il fut remplacé par un Mercure au carrefours puis une Croix... Ce bois a une importance symbolique, de plus déjà à l'époque romaine on connaissait les vertus de ce bois résistant aux intempéries...mais le bois reste du bois et à Lyon la statue commença à se dégrader au point qu'il fallut lui mettre une béquille si bien que le Sucellus gagna très vite le pseudo de "CAPITAINE FIER A BRAS"...

Cette divinité était très proche de celle de Lyon, précédant celle de l'homme de la Roche en bord de Saône"

Contact: academie.de.bourgneuf.info@orange.fr.

Source: Les Vigueries Carolingiennes Vellaves A. Boudon Lashermes


Posté le 12-01-2012 20:45 par Jimre

BAGNOLS

Retranscription de deux articles trouvés sur le site de Bagnols

Ne manquez pas d'aller y surfer car il y a pleins d'autres informations intéressantes.

Depuis sa construction au XIIIème siècle, le Château a vu 32 propriétaires.

L’histoire du Château de Bagnols est étroitement liée au rayonnement de la ville de Lyon à l’époque de la Renaissance. Le château a traversé quatre périodes distinctes :

L’ère médiévale tout d’abord.

Une forteresse défensive fut érigée de 1217 à 1221 par Guichard d’Oingt, allié de l’archevêque de Lyon (Renaud du Forez).

Guichard d’Oingt dût lui emprunter de fortes sommes et gager en conséquence une bonne partie de ses biens, après avoir également acquis le château de Châtillon d'Azergues. Les trois tours rondes originales reliées par des murailles épaisses sont entourées de douves profondes. Les déblais qu’elles génèreront seront utilisés pour surélever une terrasse orientée au sud à partir de laquelle toute la vallée alentour pourra être surveillée. La Basse-Cour permettra d’offrir un refuge aux villageois lors des assauts ennemis.

Après la Guerre de Cent Ans, période lors de laquelle le Château demeura la possession des familles royalistes d’Albon et de Balzac, les Médicis arrivèrent à Lyon. Ils contribuèrent dès 1446 à faire de Lyon la capitale commerciale et bancaire de la France. Vers la fin du siècle, la prospérité pacifique de la ville l’avait conduite à rayonner tant sur le plan culturel qu’artistique. Pendant ce temps, à Bagnols, on perçait des ouvertures à tir dans la tour nord, et l’on agrémentait les appartements résidentiels de peintures murales, dont l’une, imitant une tente, a survécu jusqu’à nos jours.

Rauffec II fait ériger la tour nord, percée d'archères canonnières et dont la structure en fer à cheval renforce les défenses du château.

Un propriétaire de Bagnols devint l’image de la nouvelle identité lyonnaise, Geoffroy de Balzac, homme cultivé, conseiller et chambellan de Charles VIII. La visite royale de Charles VIII est commémorée dans la Salle des Gardes (aujourd’hui restaurant).

Une cheminée est érigée dans la Salle des Gardes située au rez-de-chaussée. C'est une cheminée gothique monumentale, parmi les plus belles de France, et réputée pour être la plus grande du pays. On peut toujours admirer (en dépit des restaurations discutables effectuées à la fin du XIXè siècle), l'écu de France qui figure au-dessus de la monumentale cheminée gothique, qui est décorée de musiciens, d’anges porteurs d’armoiries et de frises de feuillage retenues par des gueules de monstres.

Geoffroy construit également le pont levis à flèche qui est situé sur la façade Est et qui sera embelli plus tard, au XVIIè siècle, par un portail à bossage. Geoffroy épousa la fille de Jean Léviste, magistrat lyonnais, qui fit réaliser la série des tapisseries de la « Dame à la Licorne » actuellement présentée au musée de Cluny à Paris. Avant de mourir en 1509, Geoffroy fit reconstruire la Basse-Cour et ceinturer le jardin d’un mur ponctué de petites tours décoratives. La paix ayant généré la confiance, il fit percer de grandes fenêtres dans les murs extérieurs du château et ajourer la cour intérieure de fenêtres à meneaux.

La Renaissance fait à Bagnols figure de seconde et glorieuse époque. L’industrie et le commerce lyonnais, en particulier dans le domaine de la soie, avaient conféré à la ville une position illustre dans l’Europe de la Renaissance. D’énormes fortunes furent constituées et les marchands fraîchement enrichis et anoblis, nouveaux aristocrates du commerce, entreprirent l’acquisition des terres appartenant aux seigneurs du Moyen-âge sur le déclin.

L’un de ces marchands, Jean Camus, importateur bourguignon d’amandes, de riz et autres denrées devint un des plus importants notables lyonnais. Il contribua au développement de l’industrie de la soie, devint conseiller et secrétaire du roi, et épousa une jeune fille lyonnaise issue d’une famille aristocratique de vieille souche. Jean fit l’acquisition de Bagnols en 1566, et ce faisant, devint le premier des trois générations de Camus qui devaient y vivre. Ils lui ajoutèrent des défenses – le porche et son pont-levis, la herse et l’imposante porte principale ceinte d’une plate bande à extrados en escalier.

Ils dotèrent également le Grand Salon d’un plafond soutenu par des consoles sculptées. C’est à la famille Dugué sur trois générations, qu’il revint d’octroyer à Bagnols ses plus grandes splendeurs, de 1619 à 1711. Gaspard Dugué, nommé Trésorier de France en 1614 voua une partie de sa fortune grandissante à l’achat du château, des cinq villages voisins, et de la rente en « avoine, froment, seigle, orge, huile, poulets, poules et cailles ainsi que les droits et devoirs seigneuriaux ».

Gaspard Dugué fut le premier propriétaire de Bagnols à l’ériger en demeure principale, et le bâti bénéficia largement de cette préférence. Bagnols devint alors une demeure aristocratique, à tout juste une journée de cheval de Lyon, idéale pour les vacances et la célébration des grands évènements.

De nombreux changements s’imposaient. Un pont fixe à l’entrée Est fut construit, de sorte que les carrosses puissent entrer dans la cour intérieure et déposer leurs passagers sous la loggia voûtée (désormais la cuisine). A l’intérieur, les grandes salles furent réorganisées et dotées d’antichambres et de cabinets, accessibles par un escalier. Un escalier d’honneur menait aux pièces dévolues aux cérémonies. Une arcade à l’italienne ajoutée au premier étage ouvrait sur la cour. Les pièces étaient décorées avec faste : peintures murales, lits tendus de taffetas, serge passementée et broderies, meublées de tables en noyer et de commodes. En hiver, les murs étaient tendus de tapisseries des Flandres, de Rouen ou Bergame, et des feux étaient allumés dans l’âtre.

Les peintures murales désormais célèbres sont les plus importantes et d’une qualité inégalée dans un château provincial français. Avec les quelques autres exemplaires qui survivent dans la région, ils témoignent de l’existence d’une école lyonnaise spécifique, inspirée par les industries textiles de la ville, connue sous le nom de « Grande Fabrique de Lyon », dont les velours, soieries et damas surpassaient ceux en provenance d’Italie ou d’Orient.

Des peintures de même facture créées à Grigny pour la famille de Merle, amie des Dugué, suggèrent que les artisans lyonnais œuvraient en qualité de décorateurs itinérants. Ils travaillaient avec célérité, tirant directement leur inspiration des derniers motifs des tissus lyonnais qu’ils mêlaient à des influences Renaissance extraites d’ouvrages sur les estampes.

A Bagnols, la plupart des salles sont décorées de couleurs vives et motifs légers provenant de la Grande Fabrique de Lyon. Les peintres dotèrent par exemple « L’Appartement aux Bouquets » de murs d’un tendre abricot ponctué de semis et bouquets de fleurs. Encadré de colonnes autour desquelles s’enroulent des pampres, l’ensemble de cette création représente une terrasse à colonnes ouvrant sur un paysage parsemé de fleurs. Dans l’appartement « Geoffroy de Balzac », les grotesques présentés en frises sont d’inspiration italienne, avec des cartouches, arabesques et singes grimaçant dans des miroirs. Une salle du second étage, à l’origine chapelle familiale, offre des arcades en trompe-l’œil mettant en scène la vie de Saint Hierosme. Y figurent également les armoiries des Dugué.

La troisième période du château s’ouvrit en 1711 par son acquisition par Joseph-Barthélémy Hessler, jeune homme de 35 ans originaire de Francfort venu s’établir à Lyon. Prodigue de son argent tant pour l’entretien que la décoration du château (dix ans seront nécessaires à la réfection des toitures), il fit détruire certaines fortifications désormais inutiles et le dota d’une glacière, d’un jardin régulier surplombé d’une grande terrasse. A l’intérieur, la Salle des gardes fut décorée de colonnes en trompe-l’œil encadrant les quatre saisons avec palmettes et coquilles rayonnantes, dans les tons pâles en vogue au 18ème siècle.

En 1796 lorsque le sieur Claude-Marie Chavanis devient propriétaire, la décoration du château comportera alors des papiers peints Empire qui imitent de larges draperies et que l'on peut maintenant admirer dans une pièce restaurée en 1996.

L’achèvement du siècle vit décliner la gloire de Bagnols. Ses propriétaires manifestèrent peu d’intérêt pour le château et le morcellement de ses terres réduisit son revenu. Lors d’un bref sursaut, le Grand Salon fut décoré de cartouches en trompe-l’œil et d’illustrations des Métamorphoses d’Ovide, tandis que le Salon de Chasse adjacent fut peint d’une scène de chasse en forêt inspirée de gravures datant de la fin du 16ème siècle.

Bagnols s’assoupit alors lentement pendant deux siècles. Le château devint exploitation agricole et la Basse-Cour fut partiellement détruite au profit de l’immense cuvage.

A la mort de Claude-Marie Chavanis, en 1820, son fils Jean-François Auguste prend la relève jusqu'en 1872. Il transforme le jardin d'agrément en vignes et potager, fait boucher de nombreuses fenêtres, construire le cuvage et le belvédère pour surveiller les vignes et transforme la Salle des Gardes en entrepôt.

C'est autour de 1900 que Joseph Boutechoux de Chavanes fait restaurer la cheminée du XVe siècle par l'architecte Benoît. En 1940, le château de Bagnols abrite les trésors de la cathédrale Saint Jean et nombre d'oeuvres de musée dont celles du Palais Saint-Pierre. Le château, négligé et tenu à l'abandon, tombe doucement en ruine jusqu'à ce que M. Roche qui achète le château aux descendants de Madame Boutechoux de Chavanes, le revende à Paul et Helen Hamlyn, grands éditeurs de nationalité anglaise.

En 1987, Lady et Lord Hamlyn découvrirent le château, sublime bâtiment triste aux toits percés et murs lézardés, aux plantes exubérantes, hébergeant dans l’une de ses tours une famille de corbeaux. Il était néanmoins classé Monument Historique, et protégé par l’Etat français pour son importance historique et architecturale.

C’est alors que le Château, renaissant de ses cendres, entra dans sa 4ème période.

Les propriétaires, forts d’une belle d’énergie et d’une indéniable inspiration, le ramenèrent à sa splendeur d’antan. Plus de 400 entrepreneurs et artisans relevèrent le défi durant 4 ans tandis que des centaines d’articles, commandés spécialement dans le monde entier, vinrent compléter la collection privée d’antiquités qui garnissaient le Château. Ainsi, Raynaud, fabricant historique de porcelaine à Limoges créa la porcelaine blanche aux armoiries bleues tandis qu’Hartzviller, en Alsace, réalisa des copies de verres du 18ème siècle. Liddell, vieille entreprise Irlandaise, confectionna le linge de table. Le Lyonnais Prelle créa la soie dont on recouvrit les chaises de la salle à manger.

Une atmosphère de sérénité, d’élégance et de luxe se dégage de ce lieu magique, pourvu cependant de tous les aménagements modernes.

Bagnols aurait aisément pu disparaître mais, fort d’un nouveau souffle, il ouvre ses portes à ceux qui souhaitent vivre une expérience unique dans l’un des plus beaux châteaux-hôtels de France.


D'OINGT ET D'ALBON

A deux reprises, la famille d’Albon a contracté un double mariage, c’est-à-dire que deux de ses fils ont épousé deux sœurs. Ces mariages ont marqué un tournant dans l’histoire familiale : ils ont été le fondement de leur fortune et de leur ascension au sein de la noblesse. Le premier est une union avec la famille d’Oingt vers 1288, le second est une alliance avec la maison de La Palisse en 1437.

A la fin du XIIIe siècle, Gui et Guillaume d’Albon épousent Marguerite et Eléonore d’Oingt, filles d’Etienne d’Oingt († avant 1284), seigneur de Châtillon-d’Azergues, de Bagnols, de Saint-Forgeux et de Saint-Romain-de-Popey, et d’Arthaude de Roussillon. Le mariage a lieu entre la fin de l’année 1288 et le début de 1289. En effet, on sait que, par un acte du 28 décembre 1288, Marguerite et Eléonore apportent en dot à leurs futurs époux « les terres et seigneuries de Châtillon-d’Azergues, Saint-Forgeux et Saint-Romain-de-Popey, et en général tous les biens provenant de l’héritage de leur père ». Puis, dès le 2 février 1289 (n. st.), les deux frères d’Albon « font hommage à l’archevêque de Lyon de la seigneurie de Bagnols » qu’ils détiennent du chef de leurs épouses . Leur mariage prend donc place entre ces deux dates sans que l’on ait pour l’instant plus de précisions. Néanmoins, là n’est pas le plus important.

Cette alliance matrimoniale est, sans doute, avant tout, un des rouages de la politique d’André d’Albon, père de Gui et de Guillaume, afin de permettre à sa descendance d’accéder à la noblesse. Or, la famille d’Oingt est au XIIIe siècle l’une des plus anciennes et des plus puissantes familles de la noblesse du Lyonnais. Alors, une alliance matrimoniale avec eux permettrait aux d’Albon de faire un pas de géant dans leur agrégation à la noblesse. Comme beaucoup de familles nobles au XIIIe siècle, la famille d’Oingt connaît de grandes difficultés financières. Ces problèmes sont généralement la conséquence de revenus souvent modestes, voire médiocres, alors que les dépenses à effectuer afin de maintenir rang et prestige sont très importantes . Ainsi, Etienne d’Oingt, à l’instar de son père Guichard III, n’a pas une situation financière des plus aisée, si bien qu’il est obligé de vendre plusieurs de ses terres. Il vend notamment à l’abbaye de Savigny ce qu’il possédait à l’Arbresle et à Saint-Bel. Ce mariage est donc un bon moyen pour les d’Albon de récupérer quelques terres et seigneuries nobles.

Même si la famille manque régulièrement d’argent, elle n’en garde pas moins son prestige : Etienne d’Oingt n’épouse-t-il pas une fille de la très ancienne et très prestigieuse famille dauphinoise de Roussillon ? L’épouse d’Etienne d’Oingt, Artaude de Roussillon, est née de l’union d’Arthaud IV († v. 1270), seigneur de Roussillon et d’Annonay, et d’Artaude de Forez. Elle est également la sœur d’Aymar de Roussillon († 1282) qui détient le siège archiépiscopal lyonnais de 1274 à 1282.

Or, il semblerait que les Roussillon jouent un rôle non négligeable dans l’union matrimoniale qui nous concerne. En effet, Etienne d’Oingt est décédé vers 1284 . Dès décembre 1284, ses cinq filles abandonnent leurs droits sur Châtillon d’Azergues, Bagnols, Saint-Forgeux et Saint-Romain-de-Popey à leur cousin germain, Arthaud V, seigneur de Roussillon et d’Annonay . Celui-ci devient alors leur protecteur. De plus, l’un des fils d’Etienne d’Oingt et d’Artaude de Roussillon, Gillet fait de même l’année suivante . Il y a donc de fortes probabilités pour que le mariage de Marguerite et d’Eléonore d’Oingt avec les d’Albon ait été arrangé entre les Roussillon et André d’Albon, qui, un temps, fut le protégé d’Aymar de Roussillon, archevêque de Lyon . D’autant qu’Arthaud de Roussillon, sans présager de sa noblesse d’âme, renonce assez aisément, à l’occasion de ce mariage, à la donation faite par ses cousines, et ce, dans un acte en date du 28 décembre 1288 . Ajoutons que, pour parfaire le tout, André d’Albon passe un accord avec Guiburge d’Oingt, sœur de Marguerite et d’Eléonore, et son époux, Guy, seigneur de Saint-Symphorien, le 5 mars 1289 (n. st.). Ceux-ci renoncent à leurs droits sur l’héritage d’Etienne d’Oingt, et ce, en faveur de Marguerite et d’Eléonore. En contrepartie, André d’Albon doit leur payer 200 livres.

C’est ainsi que les terres de Saint-Forgeux, de Châtillon-d’Azergues, de Bagnols et de Saint-Romain-de-Popey entrent dans le patrimoine foncier de la famille d’Albon. Dans un premier temps, Guy et Guillaume d’Albon, du chef de leur épouse, sont coseigneurs de ces quatre terres. D’ailleurs, à deux reprises, ensemble, ils font hommage à l’archevêque de Lyon pour leur seigneurie de Bagnols : la première fois le 2 février 1289 (n. st.) et la seconde le 9 mai 1290 . Plus tard, les deux frères d’Albon décident de se répartir les quatre seigneuries. L’aîné, Guy garde Saint-Forgeux et Saint-Romain-de-Popey, seigneuries qui sont voisines. Il cède, en échange, à son cadet Guillaume d’Albon, ses droits sur Bagnols et sur Châtillon-d’Azergues . Guillaume d’Albon et sa descendance deviennent alors seigneurs de Bagnols et coseigneurs de Châtillon . Ce partage de l’héritage d’Etienne d’Oingt évite une trop grande dispersion des terres, concentrant ainsi chaque branche de la famille sur un ensemble compact de seigneuries.


Photos:

-Jimre (2011)

Posté le 19-11-2011 18:41 par Jimre

ARGINY

Lorsqu'un article est très bien fait, point n'est besoin d'en rajouter. Nous vous proposons donc pour Arginy un article de Marie-Pierre FEUILLET paru en 1996 dans les Pages d'Archéologie Médiévale en Rhône-Alpes.

Bonne lecture 8;-))


"LE CHÂTEAU D'ARGINY (RHÔNE), PREMIER BILAN ARCHÉOLOGIQUE

Le château d'Arginy se trouve au cœur du Beaujolais, dans la commune de Charentay, au nord du département du Rhône. Il se dresse dans la plaine alluviale de la Saône, à six kilomètres au sud-ouest de Belleville, la ville neuve fondée par Humbert III de Beaujeu vers 1160.

Isolé dans la campagne, à un kilomètre du village, le château est construit à proximité du ruisseau du Sancillon, dans une zone d'alluvions limoneuses récentes produites par ce cours d'eau. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, s'étendait au sud du site une forêt de plus de 38 hectares. Elle pourrait avoir fourni le bois utilisé pour la construction du château.

Dans son état actuel, il offre au visiteur l'indéniable charme esthétique d'une ruine médiévale, romantique et pimentée de mystère. Si la basse-cour est en bon état de conservation en raison de l'activité agricole qui y perdure, en revanche les bâtiments castraux qui s'élèvent encore sur le terre-plein principal sont très dégradés. Le château a particulièrement souffert d'un grave manque d'entretien à deux reprises: dans la période qui suivit la Révolution et, plus récemment, lorsqu’il fut au centre d'une agitation néo-templière qui défraya la chronique. En effet, au début des années cinquante, se fondant sur un texte invraisemblable du XVIIIe siècle et une succession de sophismes historiques, un occultiste, Jacques Breyer, identifia Arginy comme le lieu de dépôt du trésor alchimique des Templiers. Cette réputation suscita (et encore aujourd'hui) une abondante littérature, attirant sur le site radiesthésistes, chercheurs de trésors et sociétés ésotériques de tout poil. Tandis que s'écroulaient les toitures et se lézardaient les murs du château, de multiples sondages étaient réalisés sous l'égide du propriétaire des lieux, particulièrement en 1953 et 1973. Le témoignage le plus spectaculaire de cette période restera un puits bétonné de 12 mètres de profondeur, creusé au fond du donjon. Ces recherches ont également précipité l'abandon par les fermiers du logis seigneurial. Le château a été inscrit à l'inventaire supplémentaires des monuments historiques en 1974 et il bénéficie depuis les années quatre-vingt de travaux de mise hors d'eau, effectués par son propriétaire.

Avant le début, en 1990, de son étude archéologique dans le cadre du Projet Collectif de Recherche "Châteaux médiévaux en Rhône-Alpes", le site d'Arginy n'avait fait l'objet que de quelques recherches d'histoire locale, essentiellement destinées à établir la liste de ses possesseurs successifs. La première intervention de terrain a été consacrée à la topographie générale du site et au relevé complet du donjon (plans, coupe, élévation extérieure), réalisés par le géomètre Michel Chinai. Le laboratoire Archéolabs a ensuite effectué plusieurs campagnes d'analyses dendrochronologiques afin de dater les différents bâtiments. En novembre 1995, une intervention d'urgence conduite par le Service Régional de l'Archéologie au sud-ouest de la plate-forme principale a permis de recueillir de premiers éléments de stratigraphie. Il est donc aujourd'hui possible de présenter un premier bilan des connaissances acquises et des hypothèses de travail à développer.


L'histoire du site

Le cartulaire de l'abbaye de Savigny contient une charte des environs de 960 par laquelle un certain Géraud donne deux vignes et un curtil situés dans la villa d'Aginiacus, ager de Feurs, pagus de Lyon. Les autres biens mentionnés se trouvent dans le comté de Mâcon. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'Arginy, les limites citées étant très floues et l'expansion du Beaujolais ayant eu lieu au détriment des possessions foréziennes.

La première mention certaine d'Arginy figure dans le cartulaire de Notre-Dame de Beaujeu. Cette collégiale a été fondée dans son château de Pierre-Aiguë par le premier sire de Beaujeu connu, Bérard (mort vers 967). Appelé plus tard Beaujeu, ce château contrôle la vallée de l'Ardières et la route de la Saône au Charollais qui l'emprunte. Il n'est éloigné que d'une huitaine de kilomètres de l'ancien chef-lieu carolingien du Tourvéon, établi dans un site fortifié de l'Âge du Fer.

Dans une charte de la dernière décennie du Xe siècle, Humbert Ier rappelle les donations de ses parents, Bérard et Wandalmode, dont l'église Saint-Martin de Charentay. La charte n° 4 du cartulaire de Beaujeu est une notice de la deuxième moitié du XIe siècle qui rappelle également les donations de Bérard et Wandalmode. Elle mentionne un curtil qui a été donné "quoiqu'injustement" par l'archiprêtre Étienne à Josmard d'Arginy. Plus loin, il est question d'un autre curtil qui a été donné par les frères Josmard et Bérard. Ce texte semble attester l'existence d'un lignage portant le nom d'Arginy qu'aucun élément ne permet d'apparenter à la famille de Beaujeu.

Les sources écrites sont ensuite muettes jusqu'au XIVe siècle. Une ordonnance de 1351-1359 de la tutrice d'Antoine de Beaujeu sur l'administration de la justice dans la principauté fixe l'effectif du personnel seigneurial beaujolais à "Argigne" : un prévôt, son "chacippol" et deux sergents. Ce document prouve l'existence à cette date d'un mandement d'Arginy appartenant aux sires de Beaujeu. Ce mandement aurait-il été aliéné ensuite, puisqu'on le retrouve entre les mains de la famille de Verneys ?

Les origines de cette famille sont difficiles à établir, s'agissant d'un nom très courant (verna signifie aulne). Une paroisse du haut Beaujolais, au pied du mont Tourvéon, porte le nom de Vernay, sans que l'on puisse établir de rapport avec les Verneys. Ce lignage a été souvent confondu avec d'autres Vernet. André Steyert distingue bien les Vernet de Montbrison et les Verneys, seigneurs d'Arginy et de la Farge (à Propières, Rhône), deux familles différentes, sans lien entre elles.

Les Verneys d'Arginy sont certainement de souche beaujolaise. C'est ce que semble confirmer C. Le Laboureur qui, parlant en 1665 d'un mariage ayant eu lieu en 1344, qualifie les Verneys de "bonne et ancienne maison du Beaujolais". Le cartulaire de l'abbaye de Savigny mentionne quatre personnages portant le nom de Vernet. Un traité de paix entre l'abbé Dalmace (1060-1082) et Faucon d'Oingt mentionne le préjudice causé à l'abbaye par la capture du chevalier de Vernet qui était à son service quand il fut pris. Une donation de la même période mentionne un Étienne de Vernet possessionné à Amplepuis. En 1173 (?), Umbert de Verney, prévôt de Nuelles, est témoin avec Hugues de Verney de la charte 946 de Savigny. Il est également cité en 1197. Des fragments de l'obituaire de la collégiale de Beaujeu mentionnent plusieurs Verney dont un Bérard et un Hugues qui pourraient remonter au XIe siècle. L'obituaire du chapitre lyonnais de Saint-Paul mentionne également un Hugues de Verney, mort à la fin du XIIe siècle, qui a contribué à l'achat de terres appartenant à Aymon d'Oingt. Enfin, un Pierre du Vernay est témoin pour le sire de Beaujeu de la charte de franchise de Villefranche en 1260.

Autrefois se trouvait aux Cordeliers de Villefranche-sur-Saône une pierre tombale gravée aux armes des Verneys (d'hermines au chef de gueules) et mentionnant les sépultures du chevalier Jean de Verneys, de sa femme, de son fils Jean, le commanditaire du tombeau, et de ses sœurs Roche et Guicharda, décédées en mars 1346. Deux testaments et un codicille des seigneurs d'Arginy sont publiés. Ils nous fournissent des éléments précis sur le site et la généalogie ainsi que l'environnement social de la famille. Le chevalier Guichard du Verneys, qui a succédé à son père Jean, teste le 27 décembre 1365 en faveur de son fils aîné Guichard. Il lègue à son fils cadet Pierre la maison-forte du Pin à Morancé qu'il a héritée de Jean de la Chana en 1343. Il élit sépulture dans l'église des Cordeliers de Villefranche où il fait élever une chapelle. Ce texte mentionne le mandement d'Arginy. Guichard rédige à son tour un testament le 14 juin 1422. Il possède la maison-forte de Liergues, qu'il lègue à un neveu, et les seigneuries de Dardy (Saône-et-Loire) et Cruysel (Croizet-sur-Gand, Loire ou Cruzilles-lès-Mépillat, Saône-et-Loire). Cet acte est rédigé au château d'Arginy, "près du petit pont du lieu". Guichard survivra jusqu'en 1455. Le 27 novembre de cette année, mourant, il modifie son testament : son fils aîné est décédé et il substitue comme héritier son petit-fils Thomas à son autre petit-fils Guichard comme prévu trente-trois ans plus tôt. Ce nouvel acte est passé "dans la salle du château". Le décès de Guichard eut lieu le jour même puisque Thomas du Verneys, faisant hommage de sa maison-forte du Pin à l'église de Lyon ce jour-là, est qualifié de "seigneur d'Arginy".

Thomas n'ayant pas de fils, il lègue ses biens à son parent Thomas de la Bussière qui apparaît en tant que seigneur d'Arginy dans un document de 1485. En 1537, la seigneurie est acquise par deux frères, Claude et Pierre de Vinols (ou Vignolles), issus d'une famille bourgeoise de Lyon qui a fourni plusieurs échevins à la cité. Peu de temps après, en 1539, les Vinols agrandissent le ressort de la seigneurie, jusque-là limité à la paroisse de Charentay et au mas de Bussy, en achetant la juridiction des hameaux de Chaffray, Gandoger et Delphingues à Saint-Georges-de-Reneins.

Antoinette de Vinols, fille d'Antoine de Vinols (échevin de Lyon en 1520, un troisième frère ou le père des précédents (?), hérite plus tard d'Arginy. Elle est depuis 1520 l'épouse de Jean Camus. Cet épicier, dont la famille originaire de Bourgogne (Auxonne) s'est établie à Lyon au début du XVIe siècle, est un notable fortuné. Il est échevin de Lyon en 1523, 1524, 1534 et 1535 (ce qui lui vaut d'entrer dans la noblesse) et secrétaire du roi en 1549. En 1543, il est engagiste de trois seigneuries foréziennes. En 1566, il achète les châteaux de Bagnols et Châtillon d'Azergues (Rhône), puis en 1567 celui de Feugerolles (Loire). Il meurt en 1568. Sa carrière illustre parfaitement l'ascension sociale de la bourgeoisie d'affaire, fondée sur une puissance financière, à laquelle assiste, malgré elle, la noblesse d'origine médiévale. Il fallut attendre 1544 pour que le Parlement accepte d'enregistrer l'édit de 1495 (ou 96) de Charles VIII anoblissant les échevins de Lyon. Claude de Camus, son fils est trésorier général de France. A sa mort en 1587, les trois fils de Claude se partagent les châteaux familiaux : Bagnols revient à Charles, Châtillon d'Azergues à Gaspard, et Arginy à Antoine. Ce dernier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, accueille une médiation dans son "chastel" en 1607. Charles de Camus, seigneur d'Arginy en 1652 est bailli de Beaujolais. Il obtient du roi Louis XIII la création d'un comté d'Arginy. Il meurt entre 1682 et 1684. Son fils, Joseph, vend le château en 1741 à son cousin Joseph-Henry, comte de Montspey.

En 1789, la seigneurie est entre les mains de Louis-Alexandre-Élysée de Monspey. Il fait une brillante carrière militaire et politique. Il préside l'assemblée du Lyonnais, Forez et Beaujolais réunie pour la création du futur département de Rhône-et-Loire. Il est ensuite député aux États Généraux. II émigre plus tard et ses biens sont confisqués en 1796. À son retour sous la Restauration, il récupère Arginy mais retourne vivre dans son château familial de Vallière où il décède en 1822. À la fin du XIXe siècle, le domaine d'Arginy est vendu à la famille de Chambrun d'Uxeloup, comtes de Rose-mont. Par héritage, il est actuellement propriété de la famille Guary.


L'état actuel du site

Le site d'Arginy comprend aujourd'hui deux plates-formes fossoyées juxtaposées. La première est une basse-cour ; elle est encore habitée. La seconde porte les bâtiments principaux du château. De plan quadrangulaire, le château était flanqué de quatre tours d'angle dont le donjon, placé à l'angle nord-ouest de l'enceinte. Deux tours sont encore en élévation,- la quatrième semble avoir disparu au XIXe siècle. Le logis seigneurial est adossé à la courtine nord. Les logis qui s'appuyaient sur les murailles à l'est et à l'ouest ont été rectangulaire, à linteaux de chêne, donnant sur la cour.

Une échelle permettait d'accéder au couronnement du donjon, seul étage sensiblement remanié à l'époque moderne. De l'état du XIIIe siècle ne subsiste intact que le plancher, formé de la juxtaposition de 19 poutres de chêne qui assure une résistance aux éventuels projectiles. Ce type de plancher se rencontre au premier étage de plusieurs donjons de cette période où ils jouent plutôt un rôle statique, comme à Bressieux (1277, Isère) ou au Pin à Morancé (1312, Rhône). Le donjon d'Arginy n'a jamais eu de hourd. L'étage supérieur est marqué extérieurement par une frise de briques en relief évoquant des mâchicoulis. Ce décor, très courant dans les tours de briques, se rencontre également à Bressieux, en 1277, au Montellier (Ain), et à Ambérieux-en-Dombes (1371, Ain). Le sommet du mur était percé de huit créneaux et muni de deux assommoirs en encorbellement, portés par des poutres de bois, dont l'un se trouve à la verticale des portes du donjon. Les créneaux devaient pouvoir être obturés par des volets puisqu'une fente d'éclairage a été ménagée dans un merlon. La toiture d'origine devait avoir une pente plus faible que l'actuelle, conformément aux traditions de la région. En 1572, pendant les Guerres de Religion, le sommet du donjon est réaménagé, en fonction de l'évolution de l'armement, pour répondre à l'insécurité récurrente. L'intérieur de l'étage est chemisé par un parement maçonné de calcaire, profond de 52 cm, qui porte à 1 m l'épaisseur de la muraille. Les assommoirs sont supprimés et une alternance de quatre fenêtres et de quatre meurtrières en "pierre dorée" (calcaire bajocien) est aménagée dans les anciens créneaux. Les pierres de taille portent des signes lapidaires de pose. Les meurtrières, qui diffèrent toutes dans leurs mensurations, sont de simples fentes verticales de 40 à 48 cm.


La datation

Le donjon a fait l'objet de deux campagnes dendrochronologiques. Les douze échantillons prélevés en 1990 sur le plancher du dernier étage et les deux échantillons pris sur les poutres du sol du troisième étage appartiennent à une même phase d'abattage, au cours de l'automne ou de l'hiver 1295-1296. En 1995, dans des conditions périlleuses, sept échantillons ont été recueillis sur la charpente de la toiture (entraits, goussets et coyers). Ils proviennent d'arbres abattus au cours de l'automne-hiver 1571-1572.

Le donjon d'Arginy présente un certain nombre de caractères "évolués" pour la fin du XIIIe siècle : le système d'isolation du rez-de-chaussée, la porte donnant sur la cour, l'absence de hourd et, surtout, la distinction entre étages "de service", de plan circulaire, et pièces habitables, octogonales. En revanche, l'utilisation d'un escalier rampant et d'échelles ainsi que l'absence de grandes archères tempèrent l'impression de modernité relative que donne l'édifice. Les fonctions résidentielles, défensives et symboliques sont intimement mêlées et aucune ne l'emporte sur les autres : ce donjon est exemplaire dans le traitement du compromis que devait résoudre le concepteur d'un tel ouvrage.


Le château de briques médiéval

Dans l'état actuel du site, il est impossible de définir le plan" général du château de briques médiéval. Des courtines ne subsistent, en élévation, qu'un segment "piégé" dans les maçonneries modernes de la tour sud-est et une partie de la façade arrière du logis principal. La trace de trois petites fenêtres en plein cintre dans ce mur, épais de 92 cm, semble attester la présence du logis seigneurial au même emplacement dès le XIIIe siècle. Les fouilles de 1995 ont permis de reconnaître la partie ouest de l'enceinte du château. Elle ne présente pas, comme on l'attendrait, un tracé rectiligne : deux pans de muraille, large de 69 centimètres, forment un angle de 15 grades. Le château de la fin du XIIIe siècle pourrait donc bien avoir un plan polygonal irrégulier, flanqué ou non, comme le château de Bressieux. L'existence d'une basse-cour à cette période est incertaine. La provenance des briques utilisées est encore inconnue, détruits avant les relevés du plan cadastral "napoléonien" et les caves de l'aile orientale murées en 1922. La toiture de la tour sud-est s'est effondrée après 1974. Les traces de divers aménagements agricoles subsistent çà et là. L'ancienne pompe à eau utilise le puits du château. Des tours de la deuxième enceinte, trois subsistent : la tour nord-est est intacte, mais en mauvais état, la tour nord-ouest est restaurée et provisoirement couverte, et la tour sud-est, aménagée en four à pain, s'effondre depuis qu'elle a été décoiffée, en 1973, au cours d'un chantier associatif de "restauration". Du chemin qui menait au pont-levis principal, aboli avant le début du XIXe siècle, ne subsistent que des traces phytologiques ; l'accès actuel se fait par le pont-levis de la basse-cour.


Le donjon de la fin du XIIIe siècle

Le donjon est l'élément le plus ancien et le mieux conservé du château de la fin du XIIIe siècle. C'est une grande tour de brique, cylindrique et haute de 18 m pour un diamètre externe de 7,50 m. Elle comporte cinq niveaux : une basse-fosse en rez-de-chaussée, une salle principale, deux étages logeables et, au sommet, un étage de défense. Les murs d'élévation sont épais de 2,60 m en moyenne, mais le parapet du dernier étage n'est large que de 0,48 m.

Malgré l'ampleur des fouilles clandestines des années cinquante, qui ont vidé la partie inférieure du donjon plus de 2,50 m sous le niveau médiéval, il est encore possible d'observer un système ingénieux d'assainissement, sans équivalent connu dans la région.

La base du donjon est conçue de manière à pallier les remontées d'humidité, déjà combattues par l'existence de fondation en maçonnerie de moellons de calcaire. Un vide sanitaire, haut de 1,45 m, est ménagé sous le plancher de la basse-fosse. Son volume de 25 m3 est ventilé par un conduit d'aération vertical, en baïonnette, qui débouche à l'extérieur 2 m plus haut environ.

La basse-fosse est une pièce cylindrique, sur plancher, d'un diamètre intérieur de 4,85 m. Elle est voûtée en calotte aplatie et éclairée par une petite fenêtre. Dès l'origine, sa porte ouvre sur la cour. La salle du premier étage possède son propre accès, sans doute par un ouvrage de bois dont des restaurations récentes ne permettent plus de lire les traces. Comme les deux étages suivants, elle est de plan octogonal. Elle était éclairée par trois fenêtres, dont ensuite l'une a été agrandie et une autre bouchée. L'épais enduit granuleux qui la recouvre ne permet pas de déterminer si la cheminée actuelle est bien celle d'origine ou non, mais on distingue, de part et d'autre, les traces de deux tablettes latérales en calcaire. Des traces de peintures modernes (faux-appareil), antérieures à l'enduit général gris sont encore visibles par endroit. Ce premier étage est couvert par une voûte d'arêtes octopartite. Pris dans l'épaisseur du mur, un étroit escalier droit mène au deuxième étage.

Le deuxième étage comportait trois ouvertures. Deux fenêtres à encadrement extérieur en pierre de taille blanche donnent sur le sud-ouest et le sud-est. La dernière a été modifiée par deux fois en porte menant vers le logis. L'ouverture nord est une simple fente de jour fortement ébrasée. Il ne semble pas qu'il s'agisse d'une meurtrière : elle ne peut être utilisée qu'avec une petite arbalète. Le sol actuel de l'étage a été surélevé d'environ 50 cm par rapport à celui de 1296, sans doute pour correspondre à celui du logis.

L'étage est traversé par le conduit en saillie de la cheminée du premier étage. Ce niveau permet quelques remarques sur les techniques de construction employées par les maçons médiévaux : ils ont utilisé des échafaudages différents pour l'intérieur et l'extérieur. Les joints de mortier entre les briques sont simplement lissés à la truelle et la pièce n'a jamais reçu d'enduit. Les dessins au charbon de bois visibles sur les murs ont été réalisés pour les cérémonies occultes des années cinquante.

Du plancher du troisième étage ne subsiste que le poutrage. Lors de travaux de réfection, peut-être au XVIe siècle, il a été démonté. La plupart des pièces initiales, à chanfrein et congés, ont été réutilisées, mais dans le désordre. Cette salle est éclairée par une petite fenêtre toutefois la prospection des terrains situés immédiatement au nord-est du site, où sont signalées des zones de concentration de briques et de tuiles en surface, pourrait peut-être fournir une réponse.


Les fouilles de 1995

Réalisées dans le cadre d'un sauvetage urgent, les premières observations stratigraphiques sont assez limitées puisqu'elles portent sur un secteur très remanié. Les maçonneries sont arasées au niveau du sol actuel, mais le terrain est bouleversé sur les 60 premiers centimètres de profondeur par l'occupation agricole (les bâtiments seigneuriaux ont été abandonnés depuis une trentaine d'année seulement par les fermiers qui habitent aujourd'hui dans la basse-cour) et les chercheurs de trésor. Les 20 centimètres suivant correspondent à des travaux modernes. Ce sont des couches de travail recouvertes par une démolition. Les gravats sont en bonne partie composés de débris d'enduit peint portant des motifs végétaux. Ils contenaient un liard de Gaston des Dombes (1629-1655). Les analyses des poutres du logis et de la tour sud-est attestent des campagnes de rénovation importantes en 1656 et 1722, mais aucun élément ne permet actuellement de préciser la date exacte des travaux identifiés dans les fouilles; les connexions stratigraphiques avec les murs ayant été détruites. Dans le secteur étudié, ces aménagements modernes ont détruit toutes les traces de l'occupation médiévale du château.

Le château de briques est construit sur des fondations en moellons de calcaire établies dans une plate-forme de limon rapporté. Deux forages à la tarière manuelle à travers ce remblai homogène, épais d'environ 1,40 m, attestent la présence d'une couche sous-jacente composée à 80 % de déchets de mortier pris dans une matrice limoneuse, semblant correspondre à une phase de destruction. Le terre-plein semble avoir été toujours instable, et la courtine de brique présente un déversement, précoce, de 11 % vers le fossé. L'angle des deux pans ouest est largement fissuré. Le danger d'éboulement a peut-être contribué à l'élargissement de la plate-forme au XVIIe siècle. Il est aujourd'hui omniprésent à cet endroit, aggravé par la dégradation du mur de soutènement moderne et les excavations des chercheurs du trésor.

L'angle sud-ouest du château présente de nombreux remaniements. La courtine de brique s'interrompt brutalement à 2,50 m de l'angle. Elle a été remplacée par un mur de pierre qui s'appuie lui-même sur l'angle d'un bâtiment se développant au sud. Ce bâtiment est enduit de blanc à l'extérieur. Son mur ouest fut ensuite doublé, peut-être pour l'empêcher de verser. Parmi les remaniements les plus récents figurent la construction d'un escalier, dans l'angle des murs ouest et sud.

À l'extérieur du château de briques, un corps de logis comprenant un étage et des combles en appentis s'adosse à la muraille. Cette élévation peut être restituée à partir des traces d'ancrage qu'il a laissées sur le donjon. Un mur de refend a encore conservé au rez-de-chaussée un enduit intérieur peint en blanc, semblable à l'enduit extérieur blanc cité plus haut. La conduite actuellement dégagée servait d'évacuation à des latrines. Il est encore difficile de rattacher la construction de ce logis moderne à une campagne de travaux précise.


Les remaniements du château de briques

Peu d'éléments subsistent des modifications subies par le château de briques avant la restructuration du XVIIe siècle. Une poutre de la charpente effondrée de la tour sud-est provient d'un arbre abattu au cours de l'été 1454. L'extrémité orientale de la façade nord présente un appareil de moellons de calcaire dont le chaînage appareillé s'appuie sur le mur de briques. Cette maçonnerie est percée d'une haute et étroite fenêtre en tiers-point, pouvant évoquer un oratoire des XIVe-XVe siècles. Pendant les Guerres de Religion, les travaux semblent se limiter à des adaptations du système défensif et à une réfection du plafond de l'étage du logis. En revanche, au XVIIe siècle, le château est presque entièrement reconstruit, en pierre, afin de répondre à deux nouveaux impératifs : l'usage des armes à feu et, surtout, les nouveaux critères de, confort de l'habitat aristocratique. A cette époque, les fonctions résidentielles et domaniales sont dévolues à des espaces différents, par la création d'une basse-cour.


La basse-cour

Le site d'Arginy se compose alors de deux plates-formes quadrangulaires fossoyées. Les fossés, larges de 4 à 10 mètres, sont alimentés en eau par un système d'écluse les reliant au Sancillon. La basse-cour, d'une superficie de 800 m2, était close de murailles sur les trois côtés exposés. La façade principale, vers l'est, est flanquée de deux tours cylindriques. Une tour-porche barlongue, placée en son milieu, commande un pont-levis à flèches dont la poutre de manœuvre est encore en place. Cette entrée monumentale est défendue par une bretèche. Elle est décorée d'un blason aux armes écartelées des familles Vinols et Camus, assez détérioré. La bretèche, les tours et les courtines sont percées d'arquebusières "en trou de serrure".

Des bâtiments d'exploitation s'adossent à l'enceinte sur les trois côtés. De part et d'autre de l'entrée, deux corps de bâtiment symétriques comportent un niveau de caves serai-enterrées voûtées en berceau et un étage (au nord ne subsistent que les caves, comblées). L'aile sud abrite des dépendances agricoles. L'aile nord a disparu. Un pont dormant, suivi d'un pont-levis, permet de franchir les sept mètres du fossé isolant le château proprement dit de sa basse-cour.


Le château du XVIIe siècle

Le fossé médiéval devait jouxter l'enceinte du château de briques. À l'époque moderne, l'escarpe est repoussée de 4 à 5 m vers l'extérieur pour établir une fausse-braie, flanquée d'une petite tour cylindrique à chaque angle de la plate-forme. Chacune de ces tours, dont la base est bastionnée et talutée, ne possède qu'une pièce de tir desservant deux paires d'arquebusières qui prennent le fossé en enfilade. Une fenêtre éclaire et aère la pièce. La tour nord-est se distingue par la présence d'une cheminée. Elle devait servir de salle de garde rudimentaire.

L'accès principal du château se trouvait au sud. Il n'a pas été encore étudié. Son plan pourrait, à la rigueur, évoquer un petit châtelet d'entrée.

Les bâtiments centraux du château, réorganisés, forment un quadrilatère d'environ 600 m2, flanqué de quatre tours d'angle (dont le donjon médiéval, conservé). Des trois corps de logis encadrant alors la cour ne subsiste aujourd'hui que le principal. Il se compose d'un rez-de-chaussée, d'un étage éclairé par de grandes fenêtres à meneaux, et d'un étage de combles. Il subsiste des traces d'une galerie de plain-pied autour de la cour. La façade nord, bien conservée, présente une ordonnance régulière. Un enduit épais la recouvre encore partiellement. Les encadrements des ouvertures sont à arêtes vives, sans aucun décor. Les deux tours encore étudiables sont dotées de meurtrières pour de petites bouches à feu.


La restructuration de 1626

Il n'est pas encore tout à fait sûr que le remodelage des fossés et la construction des fausses-braies soient une création de cette période, mais la basse-cour et la plus grande partie des bâtiments ont été édifiées de manière certaine autour de 1626. Cette date est celle qu'une observation rapprochée a permis de lire au bas du blason de l'entrée. C'est également l'année de construction de la tour-porche. L'analyse dendrochronologique a démontré que la toiture de la petite tour nord-est et la tour-porche sont contemporaines et qu'à cette campagne de travaux appartiennent également une solive de la tour sud-est et des réfections du plafond de la salle principale du logis seigneurial.

Il faut souligner les principaux caractères extérieurs d'homogénéité de cet ensemble castral : toitures en forte pente, d'influence bourguignonne, régularité de l'ordonnance des façades et uniformité des fenêtres et des meurtrières. La tour-porche présente un assemblage étonnant entre une façade extérieure d'apparence médiévale, avec son pont-levis obsolète, et une façade sur cour tout à fait classique. L'allure générale du monument, hérissé de tours, évoque d'abord le Moyen Âge. Antoine de Camus, commanditaire des travaux, est issu d'une famille de noblesse récente. Ce style archaïsant adopté pour sa nouvelle demeure et la conservation du donjon du XIIIe siècle paraissent autant de traces d'une recherche d'intégration dans la tradition nobiliaire locale.

Une étude plus large des édifices du Beaujolais et du Lyonnais formellement similaires au château d'Arginy réserverait sans doute quelques surprises. Beaucoup de monuments attribués actuellement aux XIVe-XVe siècles pourraient s'avérer beaucoup plus tardifs, témoignant d'un attachement prolongé aux morphologies castrales traditionnelles.

À Arginy même, les principaux états du château sont à présent identifiés mais un certain nombre de relevés et de recherches complémentaires restent à effectuer pour conclure l'étude du bâti conservé. De nombreux documents d'archives sont encore à consulter. Cependant, le potentiel scientifique le plus précieux du site se trouve scellé par le remblai d'argile du château du XIIIe siècle. Le cadre étroit du sauvetage n'a pas permis de vérifier la conservation de vestiges antérieurs à 1296, mais il a attesté leur existence. Il y a de bonnes raisons d'espérer trouver ici des éléments singuliers d'interprétation de la genèse d'un site castral.


Marie-Pierre FEUILLET


Article paru dans « Pages d'Archéologie Médiévale en Rhône-Alpes » III-1996"

Fichier au format pdf disponible sur le site de la mairie de Charentay


Photos:

-Jimre(2011,2015)

Posté le 16-11-2011 13:43 par Jimre

CHAMOUSSET

Historique :

Son histoire est liée au village de Saint Laurent de Chamousset, lieu de passage entre la vallée de la Brévenne et la plaine du Forez.

Vers l’an 800, à Chamousset (cham signifie croupe rocheuse), les Comtes du Forez, qui venaient chasser en ces lieux, établirent une résidence fortifiée. Leurs serviteurs, des défricheurs et des artisans, s’installèrent sur le plateau situé au sud, à 2 km de distance. Pour les protéger des bandes d’aventuriers et de pillards qui empruntaient la voie romaine, les Comtes du Forez firent construire une maison forte (appelée le château) aux murs épais à côté d’une église dédiée vers 1030 à Saint Laurent. Le village était fondé, il s’appelait primitivement « Ivinellis ».

L’édifice initial de Chamousset fut construit de 1125 à 1134, comme demeure seigneuriale des Comtes du Forez, dans leur territoire de chasse.

Il a été la propriété successive des Comtes du Forez, de l'Abbaye de Savigny, des familles Saint-Symphorien, Savaron, Saint-Victor. Il a été démoli en 1283 par arrêté du parlement , reconstruit un siècle plus tard pour protéger la population des troubles causés par les Grandes Compagnies en 1360 pendant la guerre de Cent Ans.

Dès 1497, le village a le droit de tenir un marché hebdomadaire.

En 1533, François Ier, en chemin pour Marseille, où doit être célébré le mariage de son fils avec Catherine de Médicis, s'arrête à Chamousset et, en dédommagement des frais occasionnés, accorde le privilège de construire dans le village une halle aux grains et au sel pour abriter foires et marchés.

Il a été restauré au XIXe siècle par l'architecte Duthoit, disciple de Viollet-le-Duc. . Entre 1868 et 1870, les premiers travaux consistent en la démolition et la reconstruction de la partie nord du château et du pavillon oriental. Vers 1885, construction du nouveau donjon, du corps de logis sud, de la tour au-dessus de la chapelle, et des bâtiments d'exploitation. De 1892 à 1895, réalisation de l'ensemble des travaux intérieurs de peinture par l'architecte Gelis-Didot, représentatifs des goûts d'une grande famille de l'époque. Salle-à-manger de style néo-médiéval (plafond, poutre à corbeaux, frise peinte, cheminée, boiseries...). La chambre du roi est décorée dans un style néo-Renaissance. La chambre du capitaine des gardes possède une cheminée de style néo-mauresque.

Pendant la dernière guerre, le Comte et la Comtesse de Saint-Victor mirent le château à la disposition des résistants dirigés par le colonel Mary-Basset. C'est là qu'a été organisée la libération de Lyon. Depuis 1993, le château est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Sources:

- Wikipedia

- France Voyage

- Actuacity

- Mairie de Bessenay

Posté le 12-11-2011 15:16 par Jimre

FRANCHEVILLE

Historique:

 

Le “ vieux château ” de Francheville-le-Bas (récemment acquis par la commune) est un donjon médiéval ruiné aux deux tiers. Construit vers 1200, il dépendait des archevêques de Lyon qui y maintenaient un châtelain.

Situé à l’approche de Lyon par l’Ouest, au carrefour des anciennes voies romaines d’Aquitaine et Narbonnaise, ainsi que de la route menant à Saint Victor sur Loire par Tarare, le bourg occupe une position militairement non négligeable. Renaud de Forez, archevêque de Lyon de 1193 à 1226, fait ériger le Vieux Château, la date exacte n’étant pas connue. L’obituaire de l’église primatiale Saint Jean, nous dit “ funditus erescit et bastivit ” c’est-à-dire “ Il érigea et fortifia ”.

Le mandement du château de Francheville s’étendait jusqu’à Oullins et Saint-Genis-Laval, d’après la charte du cartulaire des fiefs de l’archevêque de Lyon en 1359.

Une revue du 3 juillet 1513 trouve 28 arbalétriers et 29 porteurs de bâtons.

La légende veut qu’il ait été démantelé par Richelieu ; en fait, une action en justice intentée par le chapitre contre l’archevêque à cause du délabrement des châteaux épiscopaux nous le décrit déjà dans un triste état en 1514 : “ Le château n’a pas de pont-levis et il faut entrer par une échelle. La bretèche de la porte a chu. Les murailles sont en mauvais état, la porte et la toiture du donjon sont pourries. La tour servant de prison est en ruine ; la chapelle, également en ruine, sert de fenière (grenier à foin). Le corps de logis est par terre depuis plusieurs années. La citerne du château n’est pas entretenue et se dégrade, comme d’ailleurs les murs du donjon du château ”

Il semble cependant que l’histoire des murs du château ne soit pas totalement terminée ; une plainte des riverains en 1884 est suivie d’une visite de l’architecte du département, puis d’une lettre du maire demandant la destruction du site, qui reste sans suite. En Février 1886 une “ grosse pierre ” se détache et roule sur la chaussée, amenant un réaménagement du talus de remblai et peut-être la démolition d’un mur intérieur.

Enfin, au début des années 1990 un renforcement du socle rocheux est effectué du côté de la route ; des plaintes des habitants ont finalement amené la Mairie à prendre un premier arrêté de péril en Février 2001.

Les ruines sécurisées du Vieux Château, 2004.

Un second arrêté de péril pris par la Municipalité en 2002 a permis à la Commune de Francheville, avec le soutien du Grand Lyon et du Conseil Général, de procéder à la consolidation du socle rocheux et des murailles subsistantes.

Aujourd’hui, restent les ruines du mur est, la tour, et à peu près la moitié des murs sud et nord ; ces murs sont debout sur une hauteur intérieure de 6 à 8 mètres, dominant l’extérieur d’une dizaine de mètres à cause du socle rocheux. Une fenêtre est visible sur la tour sud est, au linteau coffré de planches de bois, à 3 ou 4 mètres du sol intérieur ; l’épaisseur du mur y est d’environ 2 mètres contre environ 1 mètre pour les murs rectilignes sud et nord. À l’intérieur, un reste de mur avec redan à hauteur de 2 mètres, plus fin, dans lequel apparaissent des trous de boulin qui n’ont pas de correspondance dans le mur d’enceinte. Une grande niche tapissée de briques est creusée dans le mur principal.

L’appareil de moellons de granit grossier de taille moyenne, est posé en lits réguliers avec un gros galet utilisé comme moellon de place en place ; le mortier est d’agrégats très grossiers de sable et de petits graviers.


Sources:

- Patrimoine de Francheville

- Châteaux forts et Manoirs

Posté le 12-11-2011 14:57 par Jimre

RIVERIE

SITUATION :

Riverie, dans les Monts du Lyonnais, est une commune située dans le département du Rhône. La ville appartient au canton de Mornant et à l’arrondissement de Lyon. Ses habitants se nomment les Rampognauds.

Jusqu' à la Révolution française, Riverie était le siège d’une Baronnerie qui a beaucoup souffert des guerres de religions.

Il reste de son passé médiéval les vestiges des remparts qui entouraient la ville et dont on peut faire le tour à pieds, ainsi que quelques jolies maisons qui longent des rues étroites, notamment l'ancien hopitâl-hospice des chevaliers deSaint Jean de Jerusalem puis des chevaliers du Saint Sépulcre destiné aux malades, aux pauvres et aux pélerins.

Riverie est situé sur un éperon rocheux qui domine la vallée du Rhône, face à la chaîne des Alpes et culmine à 730 mètres au-dessus du plateau de Mornant. Il faut noter la proximité de Riverie de la ligne de partage des eaux qui font de Sainte-Catherine un col : la Coise emporte les eaux vers la Loire et l'Océan Atlantique et le Bozançon les emporte vers le Rhône et la Méditerranée.

Riverie se trouvait donc à un lieu de passage, ce qui explique l'importance de sa place moyenâgeuse. Lorsqu'on est sur le chemin de Ronde, au-dessus du terrain de jeux, l'horizon s'étend par temps clair du col de la Faucille (Jura) aux Monts du Diois (Alpes du Sud). Riverie, avec ses 42 hectares est une des plus petites communes de France et  présente des caractères assez remarquables qui en font un des sites les plus intéressants de l'Ouest Lyonnais. Sa situation, sa beauté et son passé historique méritaient qu'il soit protégé.

Le tilleul de Riverie a été planté en 1595, à la demande de SULLY, Ministre de Henri IV, pour symboliser la renaissance de la France. Avec la paix civile retrouvée, il débutait une double rangée de sycomores ombrageant la terrasse du château.

En 1932, "la terrasse du château, y compris le Tilleul de Sully", furent inscrits sur l'inventaire des sites dont la conservation présente un intérêt général. Ce tilleul na pas survécu longtemps à une tempête de février 1990 qui avait cassé au ras du tronc lune de ses trois branches maîtresses.

HISTOIRE DU CHÂTEAU :

Le château fut construit à la fin du XI ème siècle pour assurer la maîtrise du pertuis de Sainte-Catherine. Il était composé d'un donjon imposant, flanqué de tours massives. Une enceinte, enveloppant le sommet du piton rocheux, enfermait le château et un certain nombre de maisons appartenant à de nobles familles.

Adon de Riverie qui commandait le perthuis de Sainte Catherine, étendait son pouvoir et sa justice de Saint-Maurice à Larajasse. La population des environs, cherchant un abri auprès de la forteresse, forma un village au pied des remparts. Pour les protéger, furent élevées des murailles sur une longueur de près de onze cent mètres. Les vestiges laissés par les ligueurs et le temps sont visibles au long du chemin de Ronde.

 Au XIII ème siècle, le seigneur de Riverie, Guillaume de Roussillon, acquit la terre d'Annonay.

En août 1275, Philippe le Hardi, roi de la dernière croisade,  l'envoya en Terre Sainte à la tête de cent hommes à cheval auxquels se joignirent de nombreux Chevaliers Dauphinois. Guillaume mourut dans cette expédition en 1277 devant Saint Jean d’Acre. Il fut enterré là-bas,  sur une petite colline à laquelle fut donné le nom du sommet de Riverie, le Mont Musard.

Son épouse Béatrix de la Tour fonda la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez pour s'y retirer.  Au XV ème siècle, Riverie appartint aux ducs de Bourbon, comtes du Forez. Après les démêlés du connétable Charles de Bourbon, Comte du Forez, Baron de Riverie avec la couronne, sa belle-mère Anne de France vendit la seigneurie de Riverie à un bourgeois de Lyon, Claude Laurencin, dont le grand-père était tavernier au bas du Gourguillon à Lyon.  

En 1570, les Laurencin vendirent la baronnie de Riverie à Antoine Camus, échevin, trésorier de France en la Généralité de Lyon.

En 1590, le château fut assiégé suite au  ralliement à Henri de Bourbon dit Henri IV, héritier du trône de France.

Vaincue, la garnison de Riverie, forte de 300 hommes se retira nuitamment à CHATEAUNEUF, le village fut pillé et  le château détruit. Suite au massacre de toute la population mâle, une rue du village porte le nom de « Rue Morte »  en souvenir du lieu où se fit le carnage.

En 1673, la baronnie fut acquise par les frères Bénéon, "marchands passementiers" à Saint-Symphorien-le-Château. Leur neveu, Jean-Claude Grimod, "secrétaire du Roi", en hérita.

En 1789,le baron de Riverie était François, Jean-Jacques Grimod de Bénéon, seigneur de Chatelus et de Cornillon, capitaine au régiment d'Aquitaine-Infanterie, lieutenant des maréchaux de France, Chevalier de Saint-Louis. Il fut représentant de la noblesse aux assemblées générales des trois ordres tenues en mars 1789, à Lyon pour l'élection des députés des Etats Généraux. A cette même assemblée figurait M. Joseph Carre, curé de Riverie pour l'ordre du Clergé. Le Tiers-Etat était représenté par Pierre-Louis Couhert et Jean-Marie Couchoud, notaires royaux. Ce dernier fut tué lors des massacres de la Convention à Ville-Affranchie (Riverie devint Beaurepaire).  

Le baron émigra en Suisse en 1791.

En 1802, sa fille, Madame de Montherot, devenue veuve, vendit ses biens de Riverie. Le château fut morcelé entre sept propriétaires.

Entre 1880 et 1963, la commune acquit peu à peu l'ensemble du corps central constituant le Château, base de l'ancien donjon féodal.

En 1947, une Auberge de Jeunesse ayant été installée dans l'aile Nord, débuta une féconde collaboration entre la municipalité et la Fédération des Auberges de Jeunesse qui permit, avec l'aide du Conseil Général, une importante restauration du Château de Riverie. Aujourd'hui, le Château abrite la Mairie et son secrétariat, l'Ecole publique, des logements ainsi que la salle des fêtes du village.

 

Renseignements provenant du site internet de Riverie et des panneaux visibles lors de la visite du village.

Posté le 09-11-2011 21:36 par Jimre

SACONAY


Le château de Saconay – Pomeys

La seigneurie de ce château féodal du XIVe siècle avait droit de justice sur Pomeys, Aveize, Duerne et Saint Martin-En-Haut. Il a conservé ses imposantes tours, implantées aux quatre points cardinaux.

Maison forte acquise au milieu du 16e siècle par la famille Saconay. L'édifice connaît plusieurs campagnes de travaux. Dans la seconde moitié du 16e siècle, la maison est agrandie et transformée en maison de plaisance, tout en renforçant les défenses militaires.

Le 18e siècle apporte des modifications intérieures (distribution, décor, peinture, nouvelle chapelle).La grande et belle grille du château, en fer forgé, avec ses piedroits en pierres moulurées, date de l’époque de Louis XV.

Au milieu du 19e siècle, l'édifice est transformé en ateliers. D'importants travaux sont entrepris entre 1885 et 1900 par les architectes Louis Bresson puis Marc Desplagnes. Des bâtiments sont ajoutés à la fin du 19e siècle (poterne d'entrée au sud-ouest, annexes au nord-est, et tourelle d'escalier à la tour nord).

En 1892, construction d'un donjon sur la façade sud-ouest. Les plus anciens éléments de décor se trouvent dans le corps de logis, long bâtiment reliant les tours sud et est. L'étage de la façade sur cour correspond à l'ancienne galerie à colonnes du 16e siècle, fermée par des fenêtres au 18e siècle. Les pièces du rez-de-chaussée contiennent des boiseries du 18e siècle. Les chambres de l'étage et des tours possèdent des décors de la fin du 18e siècle (papiers peints, boiseries...). La galerie à l'étage est décorée de peintures de la fin du 18e siècle, recouvrant des peintures plus anciennes.

 

Depuis 1944, il est la propriété de la famille De Brosse.

Sur le chemin qui longe la propriété, se trouve un joli puits avec un toit conique en pierre surmonté d’une croix.

Plus bas, au-dessous du château, le même chemin sert de talus à l’étang de Saconay, qui retient les eaux du Manipan, avant que celles-ci ne se jettent dans la Coise, pour rejoindre l’Océan Atlantique.

La légende :

Elle fait remonter les origines de la paroisse de St Martin de Pomeys (ancien nom du village) au passage en ces lieux du grand apôtre des campagnes françaises : Saint Martin. Revenu de sa patrie hongroise, l’évêque de Tours se serait arrêté à la fontaine intarissable désignée sous le nom de « fond St Martin ». Il aurait laissé là, gravé sur la pierre la marque de son bâton ; on y trouve encore, dit-on, les traces des sabots de son mulet. Cette fontaine se trouve sur le « raitchemin de St Martin » conduisant au bois de Pomeys).

Pomeys tire son nom du latin du latin pomaria qui signifie « vergers ». L’église qui domine les communes environnantes a été édifié en 1860 et restaurée à l’occasion de son centenaire.


Sources: 

- Panneau visible devant le château

-Wikipedia

-Notice historique et statistique du canton de St-Symphorien-le-Château par Nicolas-François Cochard



Posté le 06-11-2011 18:47 par Jimre

PLUVY

Le château de Pluvy – Pomeys


Le Château est situé au milieu d'une campagne vallonnée au coeur des Monts du Lyonnais, région rurale de cultures fruitières et fourragères.

Les premiers écrits mentionnant le château de Pluvy datent de 1216. Ce batiment qui autrefois n’était qu’une gentihommière, fut fortifié au XVIe siècle.

Ce Château présente un fort contraste architectural : l’aile gauche semble complètement étrangère au centre et à l’aile droite. On dirait qu’une belle maison de campagne restaurée côtoie par hasard une demeure seigneuriale avec son lourd appareillage en pierre de taille, son donjon à mâchicoulis et sa massive tour carrée et crénelée.

 En 1760, le noble Julien Court de Pluvy marie sa fille à Claude Alexis de Noblet.

Les propriétaires du XIXe siècle vont ensuite construire à sa place un petit château, de nombreuses fois rénovées par Violet le Duc. Les deux ailes devaient être démolies et reconstruites mais une seule le fut, d’où la dissymétrie du château.

En 1974, le Comte Guy de Noblet vend le château de Noblet et ses dépendances à la commune de saint Symphorien-sur-Coise.

Aujourd’hui, l’aile droite abrite une Maison familiale des Métiers, tandis que l’aile gauche héberge le Syndicat Intercommunautaire des monts du Lyonnais et le Comité de Coordination des monts du Lyonnais. La salle des gardes est  très bien conservée, avec son imposante cheminée.


Article rédigé d'après:

-le panneau visible devant le château.

-le site du Petit Futé

Posté le 06-11-2011 18:18 par Jimre

Photos de Chatillon d'Azergues

Photos de T. Knobloch.

Photos de Jimre (2009-2010)

Posté le 11-09-2011 17:11 par Jimre

Chandieu

Il s’agit d’une des trois poypes de Chandieu. Ces mottes de terre artificielles s’échelonnent sur la route de Lyon. D’abord on trouve, sur sa droite, en venant de Lyon une première Poype dénommée Cudon et qui serait un pseudo-tumulus probablement d’origine celtique. La deuxième Poype est une motte féodale datant du milieu du Xe siècle. Enfin la troisième Poype est le site du château de Chandieu. Ces trois mamelons qui caractérisent la commune font partie intégrante de son paysage.

Non loin de ce château, on trouve celui de Fallavier et entre les deux la limite délimitant le département de l’Isère de celui du Rhône. Au centre du village, la magnifique église paroissiale d’architecture romane et à quelques pas de celle-ci, le Château de l’Aigue ou maison forte (château sans juridiction) construit en 1420 mais malheureusement fermé au public.

Le château de Chandieu : construit sur l’emplacement d’un fortin romain, ce château a des origines imprécises mais il semble qu’il existait déjà au XIe siècle car il est alors mentionné dans une bulle du Pape Etienne IX en 1058. Le nom de St-Pierre fut donné au village vers 970 à l'époque où fut fondé l'Abbatial de Saint-Mayeul, à l'ombre d'une église rurale dédiée à Saint Pierre aux Liens et le nom de Chandieu, du "candiacus" d'origine gallo-romaine, fut celui d'un "pagus" puis d'un "ager", d'un mandement et d'une famille qui en avait pris le nom vers l'an 1000.  Cette forteresse qui devint le fief des Chandieu fut remaniée plus tard, ainsi, c’est au XVe siècle qu’elle acquit sa tour hexagonale…

Le village de St-Pierre-de-Chandieu comprenait en fait deux paroisses puisque, à côté de celle de St-Pierre-de-Chandieu proprement dite, existait celle de Saint-Thomas-de-Chandieu équivalent approximativement à l'actuel Hameau de Chandieu.

Les Seigneurs de Chandieu jouèrent un rôle important dans l'histoire de la Savoie, du Dauphiné et même de la France.

Nous citerons trois membres éminents de cette prestigieuse famille :

 

-          Alix de Chandieu, née le 3 mars 979 au château de Chandieu. Cette savante et belle fille fut célébrée pour sa beauté, son esprit et sa vertu par les poètes de la Cour de Charles II, roi de Naples.

-          Louis de Chandieu, aide de camp du Chevalier Bayard, devint le Grand Prévot de France, c'est-à-dire le Chef de la Juridiction du Châtelain.

-          Antoine de Chandieu, ministre et théologien protestant, fut un proche du Roi Henri IV et un écrivain très connu au XVIe siècle.

A l'époque un des propriétaires du château, Jean de Chandieu, avait le droit d'y célébrer le culte protestant, en qualité de seigneur haut justicier (exercice de fief), selon les termes de l'Edit de Nantes. Il y accueillit les lyonnais qui étaient privés de temple, en attendant qu'il leur soit attribué le lieu de culte que l'Edit de Nantes leur accordait. Cela dura de 1597 à 1600, non sans inconvénient, car l'éloignement en faisait un déplacement fatigant, pénible, par des chemins de très médiocre qualité et, de plus, parfois périlleux.

Sources:

-http://www.communes-francaises.com/69/saint-pierre-de-chandieu/


-http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pierre-de-Chandieu


-http://www.mairie-stpierredechandieu.fr/Sentiers_pedestres.htm


-http://huguenots-france.org/france/lyon/temples/chandieu.htm

Posté le 29-05-2011 17:53 par Jimre

Histoire de Rochefort

La présence d'habitants sur la commune semble remonter à la Préhistoire. Un menhir a en effet été retrouvé récemment. Il trône actuellement dans le parc de la Liberté au bas du village.

Rochefort

On trouve des vestiges de l'époque romaine sur la commune: la voie romaine reliant Lyon à Saint-Symphorien-sur-Coise est visible au hameau de Fontfroide.

Le nom de Saint-Martin apparaît pour la première fois en 984 dans les écrits. Le village sera appelé successivement Saint-Martin-de-Noalis, puis Saint-Martin-d'Annauz (au XIIe siècle), Saint-Martin-d'Annalz (au XIIIe siècle), Saint-Martin-en-Haut (dès le XVIIe siècle), Martin l'Espérance (pendant la Révolution).

Au Moyen Âge, l'activité de défrichement de forêts pour augmenter la production agricole donne son surnom aux Saint-Martinois: les Fagotiers.

C'est durant le Moyen Âge au XIIème siècle que le bourg de Rochefort, rattaché à la commune de Saint Martin en Haut en 1814, s'est développé.

Ce "haut lieu" des Monts du Lyonnais est le symbole du patrimoine local : site classé et protégé, Rochefort est devenu au fil des ans un attrait touristique important pour la commune.

En 1173, le traité qui mit fin aux luttes incessantes entre Comtes du Forez et Archevêques de Lyon fut signé. Renaud de Forez, archevêque de Lyon, réalise alors le partage intégral des terres de l'Eglise de Lyon en autant de circonscriptions que de chanoines... Les Chanoines Obéanciers habitaient Lyon et nommaient des capitaines châtelains, chargés de gouverner en leur nom le territoire : Gilet d'Albon (dont on peut voir les armes en divers endroits du donjon), puis son neveu Renaud d'Albon marquèrent le plus Rochefort. Le mandement de Rochefort englobait quatre clochers: Rochefort, Saint Martin, Duerne et Rontalon, ainsi qu'une partie de Thurins, Yzeron et Aveize.

Le site se composait notamment d’une Église qui était, pendant plusieurs siècles un lieu de pèlerinage très fréquenté et des ruines d’une forteresse servant à la défense.

L'enceinte extérieure ressemblait à un quadrilatère irrégulier. Le village fortifié possédait une enceinte de 350 mètres, avec quatre portes, un vingtain, une tour au sud-ouest et un donjon. Son apogée se situe au XIVième Siècle et la première moitié du XVième. Après la guerre de cent ans, il déclina petit à petit, faute d'entretien, mais demeura siège de la Cours de Justice jusqu'à la Révolution.

Logis et donjon

Petite porte nord :

Son embrasure extérieure en pierres de taille d’une hauteur de 2,60m a la forme d’un arc brisé à clef, alors que l’embrasure intérieure, plus élevée de 1m, est couverte d’un arc plein cintre.

Donjon :

Il y avait 4 niveaux :

· Une cuisine et un cellier donnant sur la « basse cour »,aujourd’hui comblée.

· La chambre basse, salle commune de 46m2 et 4m de hauteur, au niveau de la cheminée et de la fenêtre.

· La chambre haute

· Le grenier

L’élévation totale du logis, au niveau de la basse cours jusqu’au sommet du toit est estimée à environ 20m.

L’épaisseur des murs varie entre 1,33m et 1,40m.

A remarquer les armes des Albons, obéanciers entre 1372 et 1444, sur les jambages en pierre de la cheminée et l’encadrement extérieur de la fenêtre : une croix pleine sculptée en relief.

Haute cour :

Tout autour de la cour intérieure du donjon, la haute cour, se trouvaient deux galeries couvertes en bois soutenues par de grosses poutres porteuses. Elles menaient à la grande tour.

Grande tour :

On évalue sa hauteur à environ 20m. Du haut de celle-ci s’effectuait la surveillance du plateau sud-ouest du village qu’elle dominait d’environ 5m.

Elle était munie de tous les accessoires de défense. 

La Chapelle :

La Chapelle de Rochefort fut bâtie au XIIIème siècle sur le rocher à pic qui surplombe à l’Est la vallée de l’Artillat. Elle est orientée Ouest-Est. Intérieurement, la première construction ne comportait qu’une nef et une chapelle latérale. Le XVIème siècle y ajouta une autre chapelle, jouxtant la première, à droite de la nef. Jusqu’en 1807, Rochefort perdit son rang de paroisse : on négligea l’entretien de la chapelle qui, à partir de 1823, fût même complètement abandonnée...

La chapelle de Rochefort fut un lieu fort fréquenté par les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle (le vitrail du chœur et les piédroits de la première chapelle en témoignent). L'église possède un vitrail du XVème siècle et une magnifique « piéta » (fin XVème-début XVlème siècles). La tradition locale dit que Saint Martin, évêque de Tours a parcouru le Pays lyonnais à la fin du IVème siècle et que sa mule aurait laissé les empreintes de ses sabots au lieu-dit « le rocher de la force » à l’emplacement même où fut construite la chapelle romane de Rochefort.

En bas du château, la croix de Rochefort, datant du XV° siècle, a été restaurée dernièrement. Elle a la particularité d’être à double face : sur un côté la croix du Christ, sur l’autre la Vierge et Saint-Jean. Elle était tournée pour s’adapter aux différentes fêtes religieuses.

On y trouve des objets classés Monuments Historiques: la Vierge de la Pitié (fin du XVe), un vitrail (fin du XVe).

Extérieurement, la couverture du clocher était primitivement un toit en pente douce à quatre versants. C’est en 1887 que le curé Faure fit couronner ce clocher d’une flèche octogonale. La cloche, datée de 1615, porte une inscription latine qui se traduit ainsi : "Je pleurerai les défunts et j’avertirai les vivants ; je disperserai les nuages et je repousserai les tempêtes".

Une première restauration eu lieu en 1850 par les soins de l’Abbé Brunel, curé de Saint Martin en Haut, qui voulut y rétablir le culte, d’autant plus que la dévotion des fidèles de Notre Dame de Pitié n’avait jamais cessé. La plus ancienne chapelle latérale est en effet dédiée à la Vierge. Elle est ornée d’une pietà en pierre polychrome, sculptée dans deux blocs et d’une étonnante beauté. C’est Notre Dame de Pitié, ou plus familièrement Notre Dame de Rochefort. A la croisée des ogives est suspendue en fausse clef pendante une statuette en pierre représentant le Maître du Monde, Dieu le père, tenant le globe terrestre sur son genou gauche, alors que la main droite semble posée sur un livre ouvert. Les quatre culs de lampe servant aux ogives représentent deux angelots qui semblent avoir été défigurés. Les deux pilastres à l’entrée de la Chapelle portent, à la naissance de l’arcade, une petite sculpture en forme d’écu dont la pointe repose sur une coquille.

La fenêtre du choeur, divisée en deux baies par un meneau et surmontée d’ajours conserve un précieux vitrail du XVème siècle classé monument historique.

Profondément religieuse depuis longtemps, la commune adopte l'abbé Claude Animé au cours de la Révolution Française. Ce prêtre réfractaire à la Constitution civile du clergé symbolise alors le conservatisme de la région surnommée "Vendée Lyonnaise".

Saint-Martin-en-Haut est la commune de naissance du célèbre Pierre Grataloup, le "Petit Monsieur", chef d'une bande de pillards des Chauffeurs des Monts du Lyonnais.


Sources :

http://www.mjcplon.org/article48.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Martin-en-Haut

http://saintmartin.decideur.net/index.adml?r=320


Crédit photos:

Jimre 2011 et 2013

Posté le 03-05-2011 14:50 par Jimre

Chazay d'Azergues

Histoire du village

Chazay (casetus ou casetum, petit châtelet) comme beaucoup de nos villes tire son nom de son ancien château. Suivant toutes probabilités, Chazay fut, à l'époque gallo-romaine un lieu d'une certaine importance placé sur la voie qui partait d'Anse pour remonter la vallée de l'Azergues par la rive gauche de cette rivière.

Nul emplacement ne pouvait être mieux choisi pour garder l'entrée de cette vallée et la dépression qui sépare les monts du Beaujolais des monts du Lyonnais.

Ce n'est qu’à partir de l'époque féodale que le rôle de Chazay se précise par des documents certains (Cartulaire des Abbés d Ainay).

Depuis le Xe siècle, l'abbaye lyonnaise d'Ainay possédait le fief et la seigneurie de Chazay. Elle y établit un couvent qui deviendra plus tard le château fort. En 1173, à la suite d'un traité important par lequel Guy II de Forez cède tous ses droits sur Lyon et ses fiefs aux alentours de Lyon aux chanoines du chapitre de Saint Jean, Chazay passe sous la suzeraineté des archevêques de Lyon.

Les Abbés d'Ainay firent de ce lieu stratégique protégeant l'entrée de la vallée d'Azergues une forteresse imprenable, défendue par des fossés, des tours et d'épaisses murailles pour pouvoir soutenir les assauts.

 Aux XIIe et XIIIe siècles, Chazay était une place forte défendue par 3 enceintes successives. La première enceinte protégeait le bourg , la deuxième le castrum, c'est à dire les maisons des nobles, l'église paroissiale et le cimetière; enfin, la 3e défendait le château des abbés d'Ainay, le prieuré, son église et ses dépendances.

Les deuxième et troisième enceintes étaient entourées de fossés de 3,93 mètres de largeur et de 3,30 mètres de profondeur. Le haut des murailles pouvait atteindre 9,90 mètres. 

Chazay était entouré  d'une épaisse muraille, comprenant 4 portes et 4 tours.

La porte du "Baboin", autrefois appelée porte des Balmes, est la seule à avoir été conservée. Elle est surmontée d'une statue en tôle sensée représenter le "Baboin"(personnage légendaire de Chazay). En fait, il s'agirait plutôt d'un centurion romain.

La tour de Varennes,  aujourd'hui  tronquée,  est le dernier vestige apparent. Elle fut en  partie détruite lorsque  Richelieu ordonna  la destruction des places fortes de France. Au XIXe siècle, on détruisit également la porte des Varennes, située à proximité.

De 1155 à 1259 et de 1337 à 1474 (guerre de Cent ans) un climat d'insécurité régna sur la France.
Les Vassaux de Chazay étaient tenus à la "Chevauchée" et étaient obligés de suivre leur seigneur dans la guerre publique.
Les bourgeois malgré leurs privilèges étaient obligés au guet et à la garde de la ville. Toute la population avait un droit de protection en accomplissant des corvées ou en donnant des contributions annuelles.

Quant à la défense de la Forteresse, elle était confiée à l'abbé Baron.

Tous les habitants se trouvant dans ce refuge étaient tenus d'entretenir les murs et les fossés.

Au Nord de Chazay, vers la Maladière, une maison était réservée aux pestiférés. Non loin de là se trouvait la Chapelle dont il ne reste pas de trace. Au Sud, se situait le moulin qui fut vendu à l'abbaye d'Ainay.

A la fin du XVe siècle, Théodore Terrail, abbé d'Ainay, fit reconstruire le château sur les vestiges d'un édifice roman. Edifié au sein d'une enceinte fortifiée et défendu par 3 tours, le bâtiment comprenait 2 corps de logis, le "château" et le prieuré.

 Le   château a connu  de  nombreuses  modifications, néanmoins, il est représentatif de l'art civil du XVe siècle. Il est flanqué d'une tour et d'une tourelle d'escalier dans la façade sur cour. La porte gothique de celle-ci est surmontée d'un écusson aux armes de l'abbaye d'Ainay.

Le   beffroi   que   l'on aperçoit, est surmonté d'une statue de la Vierge, réplique    de celle de Fourvière.

Son escalier du XVIème siècle donne accès à une terrasse d'où l'on découvre les monts d'Or, la vallée d'Azergues, les Dombes et les monts de Tarare.

Bataille de Batailly

Les malheurs commencèrent avec la guerre de Cent ans car les revers subis par les troupes royales permirent aux Anglais de pénétrer jusqu'au centre de la France. Ceci entraîna la misère du peuple et les cadavres engendrèrent la peste.

Le peuple réduit à la famine se souleva, pillant, tuant jusqu'à ce que les seigneurs l'écrasent avec cruauté. Par la suite les rescapés se joignirent aux bandes de mercenaires anglais et français commandés par Seguin de Badefols et s'emparèrent d'Anse en 1364.
Chazay les gênait énormément à cause de sa forteresse qui fermait la vallée d'Azergues. Ils décidèrent donc de forcer les défenses du côté des Varennes. Guillemet attira les troupes au bas de la colline et les mit en déroute. Les rescapés regagnèrent Anse et affrontèrent la colère de leur
chef.

Bataille des Culattes

Après le départ des troupes à Anse en 1365, la paix ne revint pas réellement. Les Anglais gagnèrent des terres et arrivèrent dans la région.

Chazay était un obstacle, il fallait donc le traverser. Après une journée de combats, Chazay accula l'ennemi, s'empara d'un riche butin et fit de nombreux prisonniers. Le lieu du combat s'appelle depuis cette date : "Les Culattes", lieu où les Anglais ont reculé.

En 1392, le Baboin quitta Chazay pour les armées royales.

En 1418, une troupe bourguignonne mettait le siège devant Chazay. Le village fut pillé et en partie détruit. 

Un hôte illustre, Bayard, chevalier "sans peur et sans reproche"

L'abbé Théodore Terrail avait un neveu célèbre, le chevalier Pierre III Terrail seigneur de Bayard  qui naquit en 1476 à Pontcharra dans l'Isère! II servit trois rois   Charles VIII, Louis XII, et François Ier.

Le roi François Ier apprécia à tel point son courage sur le champ de bataille de Marignan qu'il considéra comme un honneur d'être par lui armé chevalier après la bataille.

Ayant reçu mission d'assurer la retraite de l'armée française après la défaite de Romagnano, il réussit à lui faire traverser la Sesia mais il est mortellement blessé d'un coup d'arquebuse aux reins. C'était le 30 Avril 1524.

Bayard, donc, aurait séjourné plusieurs fois au château de Chazay. Souhaitant participer à un tournoi, mais manquant d'argent, il vint trouver son oncle, dont la richesse était bien connue. L'abbé lui signa une lettre de crédit afin qu'il puisse s'équiper. Quelques temps après, l'oncle regrettant cette générosité sans limite, envoya un émissaire à Lyon pour surveiller les dépenses de son neveu. Mais il était trop tard ! Bayard avait déjà acheté les plus belles armures et les plus beaux chevaux. Cependant, l'abbé amadoué par les prouesses de son valeureux neveu, lui accorda bien vite son pardon.

La légende de Chazay

Le village de Chazay conserve la mémoire d'un personnage légendaire appelé le "Baboin". Etrange nom pour un héros et pourtant...

On cite Théodore de Sautefort, dit « Baboin » (nom aux origines discutables : pour certains cela viendrait du Français « Bat bien », pour d’autres, du provençal, signifiant « celui qui fait la grimace"). Orphelin recueilli par une bohémienne du nom d’Azza en 1347, il élevé parmi les bohémiens ; l’un de ses voyages le conduit près de Lyon, dans la petite ville de Chazay. Alors qu’il se produisait avec sa troupe, le feu se déclara dans le château du seigneur de Châtillon. Le Baboin, n’écoutant que son courage, revêtu de sa peau de bête, se jeta dans les flammes et sauva la fille et la femme du seigneur de Châtillon. 


La jeune fille revint voir son sauveur et lui proposa un service dans sa demeure, ce qu'il accepta. Le Baboin fut récompensé par le vicomte de Châtillon et devint écuyer.

Ce dernier, en reconnaissance pour cet acte héroïque, fit de Théodore de Sautefort son capitaine qui s’illustra notamment en 1379 lors de la bataille des Culattes où il mit en déroute les anglais.

Pendant la guerre de Cent ans, le Baboin et le seigneur de Châtillon partirent se battre. Le seigneur revint conquis par la bravoure de Baboin et l'adouba chevalier. Aussitôt rentré à Chazay, Baboin épousa Hermance, fille du seigneur de Châtillon, prit le nom de Jehan du Mâs et devint le Seigneur de Chazay.

Se souvenant qu'il n'avait pas toujours été riche et puissant, le Baboin fut très généreux. Il dota les jeunes filles pauvres de Chazay pour leur permettre de se marier. D'où le dicton : 

 « Filles qui n’ont vu le Baboin, oncques mari ne trouvent point »

Les Sautefort portaient pour armes une épée d’argent et deux lys, et pour devise celle qui devint celle de la famille Baboin : Honneur et Fidélité.

Théodore de Sautefort, le Chevalier Jehan du Mâs, conserva finalement son surnom qui allait être le nom de toute sa descendance : Baboin. 

La superposition d’une légende amoureuse médiévale au dieu celte au javelot et à la bourse Sucellus fit placer une statue de bois peinte en gladiateur antique au-dessus de la porte des Balmes. Ruinée par le temps elle a été depuis remplacée par une statue en bronze représentant un soldat romain.

Sources:

- Données recueillies dans le village.

- Site officiel de la mairie de Chazay.

- Dictionnaire illustré de l'Histoire de France de Alain Decaux et André Castellot.

- la famille Baboin sur Geneawiki.


Posté le 20-10-2009 20:10 par Jimre

Givors

Adresse du site de la ville de Givors avec Lien vers la partie médiévale :

http://www.givors.fr/Decouvrir-Givors/Ville-d-histoire-s

Posté le 10-07-2009 18:27 par Jimre

Anse - château des Tours


Bâti entre 1213 et 1218 par Renaud de Forez, Archevêque Comte de Lyon, le château d'Anse symbolise la puissance lyonnaise, face au Beaujolais. Composé d'un donjon cylindrique et d'une tour semi-circulaire, reliés par un corps central rectangulaire, sa fonction militaire était uniquement défensive. Il s'agit de l'un des plus vieux châteaux dans son état d'origine.

Le château est ensuite transformé au fil des siècles, en fonction des goûts et des besoins de ses propriétaires successifs.

Le 1er Novembre 1364, Seguin de Badefols s’empara d’Anse, place forte du chapitre qui commandait la Saône et la route de Paris (voir histoire de Saint Cyr au Mont d' Or et de Chazay)

Obsolète point de vue militaire, il devient uniquement résidentiel au XVe siècle. Le seigneur aménage la cour intérieure, construisant un escalier à vis et une galerie.

Au XVIème siècle, on essaie de renforcer le caractère militaire du château, en dotant la tour d'archères, canonnières et bretèches.

Par la suite, le château n'est plus entretenu. A la Révolution, il est racheté par la municipalité d'Anse. Depuis 1979, l'édifice a connu plusieurs campagnes de restauration. Il abrite désormais des salles d'exposition. Une mosaïque gallo-romaine, découverte en 1843, orne l'une des salles du château. Elle représente des proues de navires stylisées ornées d'un oeil.

L'étude archéologique de la tour a montré qu'elle a gardé un hourd intact depuis 1217. La partie en surplomb de ce dernier fut supprimée au XVIe siècle et remplacée par un mur. Mais la charpente, composée d'un assemblage complexe de pièces de bois, a été conservée.

Vu sur les panneaux autour du château.


Posté le 17-04-2009 17:46 par Jimre

Oingt

Oingt est un village du Beaujolais qui a gardé de nombreuses traces de son passé.

Voici les informations diverses, concernant la période qui nous intéresse, récupérées sur les panneaux du village ainsi que sur le site internet de la ville cité ci-dessous.

Histoire

En 930, Bers de Semur lègue à St-Martin de Savigny le Castrum d'Iconii, et en 1093 apparaît Umfred d'Oingt dont les descendants régnèrent, avec plus ou moins de bonheur sur la contrée, jusqu'à l'extinction de la puissante Famille d'Oingt en 1382, faute d'héritier mâles... Entre temps mourait Marguerite d'Oingt, célèbre mystique et premier écrivain en franco - provençal, le Roi de France était alors Philippe le Bel, qui, déjà, persécutait les Juifs et leur imposait le port de l'étoile jaune et le Pape, Bertrand de Got, élu sous le nom de Clément V, c'est lui qui abolit l'ordre des Templiers, et il fut le premier Pape à résider en Avignon.

Le "Chautard" ou "Château Vieux"

Le Chautard est cet éperon rocheux où fut construit le premier château d'Oingt.

Ce "Château Vieux" est mentionné dans les textes dès l'an mil. Il entourait une motte castrale(féodale), qui dominait la basse-cour et la chapelle.

La motte, d'un diamètre de 10 m environ, supportait un donjon carré. La seule trace qui subsiste de la motte, arasée au début du XXe, est figée sur une carte postale.

vue de la Motte

L'église

Il s'agit de l'ancienne chapelle du "Château Vieux". Agrandie et modifiée au cours des siècles, elle est église paroissiale depuis 1079. Son choeur est orné de 8 culots sculptés qui représentent des visages.  Selon la tradition, il s'agirait de certains membres de la famille d'Oingt dont Marguerite ( 1310), prieure de la Chartreuse de Polleitens et écrivain polyglotte.

Un événement malheureux est lié à cette église : en 1757 la foudre frappa le clocher ; six hommes furent tués et quarante personnes blessées.

Le Donjon

A Oingt, devenu poste frontière important du Lyonnais, un château neuf est bâti au XIIIe siècle. II est en liaison avec un réseau de fortifications: Ternand, Bagnols, Theizé, Lachassagne, Anse et Châtillon d'Azergues.

Ce donjon, haut de 18 mètres, remanié au fil des siècles, en est un des vestiges. Le baron et sa famille habitaient le logis voisin dont il ne reste que 2 murs. Le donjon abrite un musée et offre un belvédère du haut de sa terrasse.

Visite du donjon : de mai à octobre les dimanches et jours fériés: les après-midis en juillet et août: tous les jours de 15h à 19h 

Visite de groupe sur rendez-vous. Contacter l'Association des Amis du Vieux Village d'Oingt, tél. 04.74.71.21.24

Site internet: http://Oingt.free.fr


Posté le 15-04-2009 21:03 par Jimre

l'Île Barbe

Histoire de l'Ile Barbe:

Au milieu de la Saône, au-dessus de la ville de Lyon et à environ six kilomètres du pont suspendu de cette ville appelé de la Feuillée, entre le fort de Caluire et le bourg de Saint-Rambert, s'élève tout-à-coup un dur et large rocher donnant naissance à une île. Celle-ci, disait Claude Le Laboureur au XVIIe siècle, « dure autant ou peu plus que la roche, la rivière se réunissant  peu à peu, à mesure que la cause de la division cesse. »

Le site de l'Ile Barbe est le second verrou que force la Saône après celui de Rochetaillée. La longueur de l'île, du nord au midi, est de 565 mètres, et sa plus grande largeur de 125 mètres. L'île, qui a la forme d'un navire, est faite de granit comme les deux rives de cet endroit.  Sa figure, disait encore Le Laboureur, est celle « d'un navire eschoué  au milieu des ondes de notre fleuve », ou, si on veut, « d'un oye  à laquelle on auroit couppé le col». 

Le seul bras naviguable est rive gauche. Sur cette rive, le "Rocher de l'Île" s'avançait à l'origine redoutablement dans le fleuve, y créant le remous appelé "voulte" ou "volte" de la Saône. Ce rocher, lors des crues, dirigeait les flots vers la rive droite, ce qui provoquait les inondations du quartier de Vaise. Il fut réduit en plusieurs fois, notamment par Agrippa pour forer sa fameuse voie, Mathieu Rozier, entrepreneur de Louis XV, et enfin en 1868 lors de l'établissement du barrage en aval de l'ïle Barbe, élargissant la route de Trévoux et lui donnant son aspect actuel.

D'abord rocheuse, inculte, aride et déserte, cette île fut particulièrement distinguée de toute autre par son caractère rude et sauvage. De là le nom d'Insula barbara, Ile barbare, et par syncope Ile-Barbe, nom qu'elle a conservé à travers les âges, malgré le démenti que lui a donné l'heureuse transformation dont elle a été l'objet.

Par cette transformation, nous entendons l'établissement dans cette île d'une colonie religieuse, qui, après en avoir arraché les ronces et autres arbrisseaux sauvages, et fécondé le sol rocailleux, fit d'un si triste lieu une sorte de paradis terrestre.

Voici, en effet, ce qu'ont généralement admis les historiens de la ville de Lyon et ceux de l'Île Barbe. La cruauté de l'empereur Septime-Sévère, après sa victoire sur Albinus en 197, s'exerça sur Lyon qui avait pris parti pour le vaincu. Les chrétiens de Lyon,victimes eux aussi de la répression, furent contraints à se sauver où ils pouvaient et plusieurs, en cette fin de IIe siècle, début de IIIe siècle, se réfugièrent dans les buissons et broussailles de notre île. Ces  fugitifs arborèrent dans leur solitude l'étendard de la vie religieuse, et avec un tel succès, que bientôt un monastère y était construit avec un oratoire dédié à saint André et aux autres Apôtres.

En 377, saint Martin, se rendant de Tours à Vienne, séjourne plusieurs semaines à Vienne. En 400, l'instauration de la règle de saint Martin officialise cette fondation religieuse et cette date peut être considérée comme la véritable date de naissance de l'abbaye de l'Île Barbe

On a une liste des abbés qui gouvernèrent cette sainte maison jusqu'aux temps de saint Eucher, évoque de Lyon (435-440). On a même une lettre de cet évêque, où l'on voit quelle estime il avait pour Maxime, alors abbé de l'Île Barbe. L'abbaye était donc florissante au milieu du Ve siècle.

Pendant longtemps,  ses religieux s'étaient gouvernés, selon l'usage des moines d'Orient.

En 515, les moines de l'Ile Barbe contribuèrent à la fondation du monastère de Saint Maurice d'Agaune (Valais suisse).

En 526, la guerre entre les Burgondes et les Francs vaut à l'abbaye son premier pillage. Saint Loup, évêque de Lyon, y meurt en 542.

Mais déjà avant la mort de saint Benoît, arrivée en 543, la règle tracée par ce saint était suivie dans plusieurs monastères de France et de Bourgogne. Celui de l'Ile-Barbe l'adopta avant 640, année où il reçut de Clovis II des biens considérables.

En 650, le second pillage est la conséquence des démélés sanglants de l'affreux maire du Palais Ebroïn avec les évêques, dont celui d'Autun, Saint Leger, qui y trouve la mort.

On ne sait si on doit attribuer aux Sarrasins ou à des Wisigoths en déroute devant eux, le nouveau saccage de l'abbaye en 725-726. Cependant, elle fut restaurée et dédiée à saint Martin, évêque de Tours, par les soins de Leidrade, archevêque de Lyon , de 796 à 814.

Charlemagne y séjourna et un des trésors de l'abbaye était le célèbre oliphant de Roland dont la famille des Monts d'Or se glorifiait de descendre. Le blason, "d'Hermine à la bande de gueules" rappelle d'ailleurs celui de la Bretagne.

Les moines de l'abbaye montraient régulièrement cet oliphant pendant les pélerinages, les grandes cérémonies et les grandes fêtes. Une coutume s'était en effet instaurée que la famille de Mont d'Or apporte le jour de l'Ascension cet oliphant célèbre pour l'exposer avec les autres reliques de l'abbaye. Cet oliphant, d'abord conservé dans leur château de Curis, fut finalement donné à l'abbaye moyennant, ce même jour de l'Ascension, deux poignées des offrandes des fidèles sur l'autel de Notre Dame.

Puis, Louis-le-Débonnaire en 816, Lothaire Ier, Charles, roi de Provence en 860, Conrad-le-Pacifique en 971, Achard évêque de Chalon en 1070, et beaucoup d'autres favorisèrent l'Ile-Barbe. 

L'Ile Barbe, tout comme l'abbaye d'Ainay et celle de Savigny eut à subir les ravages de hordes de Hongrois qui au Xe siècle pénétrèrent jusque dans la région et pillèrent de nombreux biens de l'Eglise, grâce à leurs chevaux qui leur permettaient de traverser des rivières mêmes profondes.

 En 978, les terres du Chapitre de Saint Jean aux environs des Monts d'Or sont répertoriées par un certain Ansterius, sous l'episcopat de Burchard Ier. Pour ce qui nous intéresse, à l'Ile Barbe appartiennent Caluire, Collonges au Mont d'Or, Rochetaillée sur Saône, Fleurieu et Vimy( Neuville sur Saône).

Les chanoines de Saint Jean possèdent eux les territoires des communes de Saint Cyr, Saint Didier, Limonest, Saint Romain, Couzon, Albigny, Curis, Saint Germain, Fontaines sur Saône, et pour partie Poleymieux et Chasselay, possessions largement majoritaires dans les Monts d'Or.

L'abbaye d'Ainay, quant à elle, possède Cuire et partage avec le Chapitre Poleymieux et Chasselay.

Aux XIe et XIIe siècl es, l'Ile Barbe était à son apogée et l'une des plus riches et des plus puissantes abbayes de France. Des princes et des personnages importants étaient ses vassaux. En effet, Elle possédait en effet de très nombreuses terres dans la région grâce à de nombreuses donations et acquisitions. Elle possédait de nombreux prieurés tant dans le diocèse de Lyon que dans le Dauphiné, le Forez, les Alpes et la Provence.

Son rayonnement spirituel était si grand et les pélerins si nombreux que l'Abbé Oger fit construire en 1070 l'eglise Notre Dame, hors de l'enceinte de l'abbaye, pour recevoir les pelerins.

Après plusieurs siècles de prospérité matérielle, la discipline s'y trouvait singulièrement relâchée, quand le pape Paul III crut devoir convertir les réguliers en chanoines séculiers. La bulle de sécularisation, donnée en 1549, fut fulminée en 1551.

En 1562, les Huguenots, conduits par le Baron des Adrets s'étant emparés de la ville de Lyon, envahirent l'Ile-Barbe, la pillèrent et l'incendièrent.

L'église et une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Grâce furent restaurées à la fin du XVIe siècle et dans les premières années du XVIIe. Puis, après la réunion de l'abbaye au chapitre de Saint-Jean, le cardinal de Tencin, devenu archevêque de Lyon en 1742, transporta dans la maison abbatiale le séminaire de Saint-Pothin.

Quand ce séminaire eut été supprimé, les comtes de Saint-Jean morcelèrent cette propriété et la louèrent à plusieurs particuliers. Enfin, en 1793, l'Ile-Barbe, divisée en 25 lots et estimée 26,226 livres, fut adjugée sur enchères au citoyen Perrussel, pour 166,000 livres. Dès lors, la plupart des anciennes constructions tombèrent sous le marteau des démolisseurs.

Cependant l'île, aujourd'hui dépendante de la commune de Saint-Rambert,  reste encore, par ses curiosités archéologiques, un des points les plus intéressants du Lyonnais.

La bibliothèque de l'abbaye comptait de nombreux manuscrits enluminés qui sont aujourd'hui conservés à la bibliothèqe municipale de Lyon. Les bas-reliefs du XIe siècle sont conservés sur place ou au Musée de Gadagne. Les restes de l'Abbatiale Saint Martin et Saint Loup comme les vestiges du bras sud du transept et les fresques de l'abside de la chapelle du chatelard témoignent également du rayonnement artistique de l'abbaye.

Témoignages architecturaux:


L'abbatiale Saint Martin-Saint Loup

Elle occupait le centre de l'Île. Contemporaine de celle d'Ainay, c'est à dire de la fin du XIe siècle-début du XIIe, elle était plus vaste qu'elle, à trois nefs, à collatéraux surmontés de tribunes, entièrement voûtée, avec un clocher de croisée carré très comparable. Elle a été démolie après la révolution et il n'enreste qu'une partie du mur de façade, et le mur terminal du croisillon sud du transept avec du côté intérieur deux arcatures superposées.

La Prévoté

Composée d'une maison carrée à deux étages fanquée de quatre pavillons tourelles à ses angles, elle semble dater du XVIe siècle.

Le Chatelard

Cette maison forte remontant aux XIe-XIIe siècles, fut la résidence du cellerier, sorte d'intendant de l'époque. Entourée d'une enceinte, elle servait de refuge aux moines en cas de danger imminent. ils pouvaient y attendre les secours de leurs vassaux. Elle abrita la bibliothèque de manuscrits dont certains auraient été donnés par Charlemagne au IXe siècle.

Le batiment, remanié au XVe siècle, possède une chapelle romane remarquable par ses fresques de style byzantin.

Notre Dame de Grâce

Le clocher est ce qui reste de cet édifice, le reste ayant été détruit à la Révolution. La partie ouest du cloître a été transformée en la chapelle actuelle.

La Dixmerie

L'abbaye était très riche grace aux nombreuses dîmes et il lui fallait un batiment pour y stocker tout ce qu'elle prélevait sur les productions des terres relevant de ses fiefs.

En 1529, d'ailleurs, les lyonnais souffrant de famine vinrent à l'Ile Barbe pour réclamer le blé contenu sur place

Le batiment d'origine, ayant été emporté par la grande crue de 1843, celui que nous pouvons voir date de 1854.

Sources:

- Vu dans un livre sur Gallica.com.

- "Mémoires de pierres abbaye de l'Ile Barbe".


Posté le 23-02-2009 20:46 par Jimre

Bataille d'Anthon


Voici un passage d'un livre sur la vie de Rodriguo de Villandrando ou Villa Andrando, mercenaire castillan,capitaine d'une compagnie de routiers, ayant guerroyé en France à la fin de la Guerre de Cent Ans, pour le compte de la Couronne de France la plupart du temps.

Titre du livre :


RODRIGUE DE VILLANDRANDO

L'UN DES COMBATTANTS POUR L'INDÉPENDANCE FRANÇAISE AU QUINZIÈME SIÈCLE

par J. QUICHERAT

DIRECTEUR DE L'ECOLE DES CHARTES

...Là se présenta pour eux une affaire comme ils n'en faisaient pas souvent, une affaire où il y eut à gagner à la fois du butin et de la gloire l


À la faveur des manœuvres qui avaient brusquement arrêté les succès de Jeanne d'Arc,  manœuvres  dont tous les familiers de la cour de Bourgogne avaient le secret, le prince d'Orange, grand ami de Philippe le Bon et encore plus de son profit, forma le dessein de s'emparer du Dauphiné par un coup de main. Par l'acquisition de cette province, qui était comme le trait d'union entre sa principauté et d'immenses domaines qu'il possédait dans toute la longueur du mont Jura, il fût devenu l'un des potentats de l'occident. Malgré son hostilité déclarée contre la couronne de France, on avait eu l'indulgence, pour ne pas dire la faiblesse, de lui laisser prendre possession de plusieurs châteaux du Dauphiné, dont il se prétendait héritier. Il en profita pour mettre secrètement des garnisons partout et pour induire ses amis à le servir quand l'heure serait venue.

En même temps, il attira le Duc de Savoie dans son entreprise et, moyennant l'offre du Graisivaudan qu'il lui laissait à prendre sur sa future conquête, il obtint de lui la permission de faire dans ses Etats une levée de trois cents lances.

Le complot ne fut pas tenu si secret que le sire de Gaucourt, gouverneur du Dauphiné, n'eut apprit au moins le principal. Il informa le roi de ce qui se préparait, lui représentant combien la situation était périlleuse; car la chevalerie dauphinoise avait été exterminée à la bataille de Verneuil, et tout ce que lui, gouverneur, pouvait faire, était de réunir au restant de la noblesse du pays deux compagnies de Lombards dont Imbert de Groslée disposait comme sénéchal de Lyon. La réponse de Charles VII fut qu'il n'avait pas de troupes disponibles pour la défense d'un point si éloigné, et que le gouverneur n'avait qu'à faire de son mieux pour le salut du pays !

Dans cette extrémité, Gaucourt, qui était un homme de résolution, eut bientôt fait de prendre son parti. Il contracta un emprunt sur l'impôt à voter par les Etats de la province, qui étaient à la veille de se réunir, puis, muni d'une bonne somme d'argent, il s'éloigna en compagnie du sénéchal de Lyon. Ils n'avaient dit à personne où ils se proposaient d'aller, et, pour ne pas attirer les regards, ils avaient poussé la précaution jusqu'à se dépouiller de leurs armes . Mis comme des gens qui partaient en promenade, ils prirent sans être remarqués le chemin d'Annonay.

Rodrigue de Villandrando et plusieurs de ses subordonnés, Valette entre autres, tenaient pour le moment leurs quartiers autour de cette ville. Il s'agissait de les enrôler pour la défense du Dauphiné. Les offres du gouverneur furent trouvées acceptables, puisque les bandes ne tardèrent pas à s'ébranler pour descendre dans la vallée du Rhône. Elles traversèrent le pont de Vienne dans la nuit du 26 mai 1430 et furent menées tout d'une traite devant Auberive, possession du prince d'Orange à deux lieues de là. La garnison logée dans cette place avait déjà commencé les hostilités ; on ne s'aventurait plus aux alentours sans risquer d'être capturé et mis à rançon. Plus de trente personnes notables du pays, victimes de ce genre de violence, attendaient dans les prisons du château que leurs familles eussent réuni de quoi les racheter.

L'attaque fut d'une vigueur extrême. En quelques heures les routiers emportèrent le bourg, puis la première cour du château, puis la seconde; mais le donjon, tenu par une centaine d'hommes qui s'y étaient retranchés, résista pendant deux jours. Pour amener ces gens à se rendre, il fallut commencer la démolition de la tour à coups de canon. Quand on sut dans le pays la prise du château, il vint des ouvriers en foule pour travailler à la démolition de ce dangereux repaire. Il n'en serait pas resté une seule pierre debout, sans un ordre du gouverneur qui enjoignit d'épargner quelques pans de murs, afin de perpétuer le souvenir de la félonie du prince.

Cependant les Etats réunis à La Côte Saint-André décrétaient toutes les mesures de salut public dictées par la circonstance. Ce qu'on avait pu rassembler de troupes, joint aux compagnies de Rodrigue et de Valette, fut dirigé du côté où l'on s'attendait à voir paraître l'ennemi.

L'armée enleva, chemin faisant, les châteaux d'Azieu(Genas) et de Pusignan, où il y avait garnison d'orangistes. Elle s'arrêta devant le Colombier, qui ne voulut pas se rendre sans avoir eu l'honneur de subir un siège. C'est alors seulement que le prince d'Orange, qui s'était avancé par la Bresse, se trouva en mesure d'entrer en Dauphiné. Il passa le Rhône au bac d'Anthon dans la journée du 9 juin 1430.

Anthon est situé sur la rive gauche du Rhône en face du confluent de l'Ain. La berge dauphinoise, peu élevée en cet endroit, forme le premier gradin d'un massif montueux et boisé qui s'étend en  longueur du nord au midi. Du côté de l'ouest, c'est la plate plaine jusqu'à Lyon, sauf une arête étroite qui se détache du massif et qui finit bientôt en un promontoire couronné par le château de Pusignan. A une lieue derrière cette arête, sur le versant du massif, on voit le Colombier.

Reçu en grande révérence dans le château d'Anthon, le prince d'Orange, dès le lendemain de son arrivée, y tint cour plénière comme dauphin de Viennois, et à ce titre, il partagea entre ses fidèles les offices de la province. A ceux qui n'eurent rien dans cette distribution, il promit monts et merveilles. Il parla de la présence des Français devant le Colombier comme du prélude d'un triomphe certain pour ses armes. L'extermination du ramassis d'aventuriers que lui opposait le sire le de Gaucourt  serait d'autant plus facile, qu'ils auraient à se défendre du côté de la place qu'ils assiégeaient.

L'important était de se hâter. Dès le lendemain matin, quoique le lendemain fût un dimanche et la fête de la Trinité, on marcherait à la délivrance du Colombier.

En guerre on a beau proposer; le plus souvent c'est la fortune qui dispose. Il arriva que la garnison du Colombier se rendit dans la nuit du samedi à ce même dimanche, qui était le 11 juin, de sorte que les Français, libres sur leurs derrières, purent se préparer à recevoir avec toutes leurs forces l'armée qui venait les attaquer.

Pendant qu'on réglait l'ordre de bataille, Rodrigue demanda que la conduite de l'avant-garde lui fût confiée. Il savait que ce commandement appartenait de droit au maréchal de Dauphiné ; mais il espérait qu'on voudrait bien pour cette fois déroger à l'usage, en considération de sa qualité d'étranger et de la composition des troupes qu'il avait amenées avec lui. C'étaient des hommes de tous pays, qu'il importait de ne pas laisser un seul instant dans l'inaction. En les engageant tout d'abord, on n'aurait pas à craindre leurs écarts, et, si le malheur voulait qu'ils eussent le dessous, les  Lombards et la chevalerie dauphinoise, qui  formaient le reste de l'armée, pourraient, en se retirant à temps, conserver au pays le noyau d'une force nécessaire à son salut.

Le maréchal de Dauphiné était Imbert de Groslée, qui se trouvait joindre cette dignité au commandement du Lyonnais. Il essaya vainement de défendre sa prérogative mais  le sire de Gaucourt décida, en vertu de son autorité de général en chef, qu’il serait fait selon le désir du capitaine espagnol. Rodrigue prit donc les devants et se mit en embuscade sur la lisière d'un bois qui, aujourd'hui encore, couvre presque tout le massif depuis Anthon jusqu'à une plaine creuse d'une lieue de large, en avant du Colombier.

L'ordre était que l'avant-garde s'appuierait sur les compagnies de Valette et d'un autre routier, composant la division de droite. Les Lombards, sous les ordres des deux capitaines piémontais Georges Boys et Borno de Caqueran, devaient se tenir à gauche et surveiller le charroi qui s'acheminait du côté d'Anthon, escorté d'un fort détachement d'infanterie. Le sire de Gaucourt et Imbert de Groslée prirent le commandement de la division du centre, où avait été mise la noblesse du pays. Ce corps se mit le dernier en marche pour occuper le milieu de la plaine.

L'armée ennemie, de son côté, s'avançait par le bois, croyant surprendre les Français. Le prince, détrompé par ses éclaireurs, dissimula son étonnement, et, afin de donner le change, envoya demander la bataille au gouverneur de Dauphiné.

Il allait, lui et les siens, déboucher dans la plaine, lorsque des traits volant de droite et de gauche l’avertirent que les fourrés entre lesquels on marchait n'étaient plus ceux d'une foret déserte.

Le trouble commença à se mettre dans les rangs par le fait des chevaux qui se cabraient quand ils étaient touchés.

Rodrigue se présenta alors avec ses hommes d'armes, la lance en arrêt. Le voilà poussant cette cavalerie qui se trouvait massée dans un chemin montant, entre deux rangées d arbres qui valaient autant que des murailles.

La position n'était pas tenable. Les orangistes rétrogradèrent pêle-mêle pour aller chercher d'autres issues, et c'est à la débandade qu'ils arrivèrent sur le champ de bataille, occupé déjà par l'ennemi . Les Français, vu leur petit nombre, faisaient si peu d'effet dans cette vaste plaine, que le prince, ne pouvant pas croire que l'attaque viendrait de leur côté, ne mit aucune diligence à réparer le désordre des siens. Il laissa ce soin à ses chefs de corps, et s'arrêta à conférer la chevalerie à de jeunes  seigneurs qui la demandaient.

Cependant, les petits groupes qui composaient l'armée delphinale s'étant ébranlés arrivèrent en un clin d'œil, tant leur course fut impétueuse, devant les lignes non pas encore tout à fait formées de leurs adversaires.

Pour que ceux-ci parvinssent à achever leurs dispositions, il ne fallut rien moins que la résolution héroïque d'un peloton de jeunes gens de la noblesse bourguignonne, qui mirent pied à terre  en jurant de mourir plutôt que de reculer d'une semelle. Ces braves furent fidèles à leur serment ; mais le temps qu'on mit à les abattre ne suffit point aux autres pour réparer le défaut de leurs premiers mouvements. Ils furent rompus dès que les trois divisions françaises eurent opéré leur jonction.

A peine y avait-il une heure que l'action était commencée, et l’on assistait à une chasse plutôt qu'à un combat.

Des cavaliers laissaient là cheval et armures. Les fantassins en faisaient autant de leurs arbalètes, de leurs épées, des maillets de plomb dont on les avait pourvus, pour briser les bassinets et les cuirasses sur le corps des Français. Ce n'étaient que gens éperdus courant dans tous les sens, ceux-ci pour gagner le Rhône, ceux-là pour se cacher dans les blés ou dans les bois. De très vaillants hommes, qui n'avaient jamais reculé devant l'ennemi, perdirent la tête et tournèrent bride comme les autres : ainsi le comte de Fribourg, qui était venu avec une compagnie de Suisses; ainsi le seigneur de Montagu-Neufchâtel, chevalier de l’ordre  tout nouvellement créé de la Toison-d'Or, que les Anglais avaient élevé à la dignité de grand-bouteiller de France. Pour avoir cherché son salut dans la fuite, il fut dégradé de l'ordre, et alla mourir de chagrin en Terre-Sainte.

Le prince d'Orange lui-même, atteint de plusieurs blessures et menacé de toutes parts, s'en remit à la vitesse de sa monture. Il arriva inondé de sang au château d'Anthon. La garnison lui ayant déclaré qu'elle était décidée à se rendre, quoiqu'il y eût dans la place des munitions et des vivres pour y tenir deux ans, désespéré, il se déroba à la tombée du jour avec la résolution de traverser le Rhône. Le même cheval, qui lui avait sauvé la vie le matin, la lui sauva encore dans cette traversée périlleuse. Il aborda sans nouvel accident à la rive bressane. On dit que, lorsqu’ il mit pied à terre, prenant dans ses mains la tête du noble animal, il le baisait en pleurant et l'appelait son libérateur.

Quelle terrible disgrâce pour un homme puissant, qui avait si pompeusement annoncé sa victoire. Sa gloire était tournée en honte, et son assurance de la veille n'allait plus être aux yeux de tous qu'une ridicule forfanterie.

Quatre mille hommes de belles troupes qu'il avait venaient de fondre devant une armée (si cela peut s'appeler une armée) plus faible d'un tiers pour le moins. Cinq cents des siens avaient mordu la poussière, deux cents s'étaient noyés dans le Rhône, on ne pouvait pas dire le nombre des prisonniers, et lui, désobéi, méconnu, abandonné, il fuyait tout seul, laissant aux mains de l'ennemi ses châteaux, son matériel de guerre et toutes ses enseignes. Son grand étendard de soie rouge et noire, où il avait fait appliquer un soleil d'or dardant ses rayons jusqu'au bout de l'étoffe, fut porté à Grenoble pour être suspendu dans la chapelle des dauphins. Sa bannière, aux armes de Chalon, de Genève et d'Orange, échut en partage à Rodrigue, qui l'envoya comme offrande à l'église de Valladolid où reposaient ses ancêtres.

Si la journée fut belle pour quelqu'un, c'est pour le capitaine espagnol. Sa contenance sur le champ de bataille fut celle d'un lion. Il promenait devant lui l'épouvante et la mort, et les groupes sur lesquels il se jetait semblaient perdre la force de se défendre. Sa perte fut d'un seul homme tué,  tandis que le gain lui arriva sous toutes les formes. « Homme plein de malicieux engin , dit la Chronique Martinienne, il exploita merveilleusement en la défense, sans y oublier son profit. » Hernando del Pulgar nous apprend en quoi le savoir-faire de son avisé compatriote se montra ce jour-là d'une manière si notable. Lorsque la bataille fut finie. Il s'entendit avec un de ses prisonniers et se fit dire par lui, moyennant qu'il lui promette sa liberté sans rançon, les noms et qualités des autres captures que ses gens avaient faites. De cette façon, tous ceux qui lui furent désignés comme de grands seigneurs, il les acheta au comptant bien au-dessous du prix qu'ils valaient, pour les taxer au décuple une fois qu'il les eut en son pouvoir.

Entre ceux dont il fut trafiqué de la sorte, nous connaissons François de la Palud et Guillaume de Vienne,ou, pour les appeler par leurs noms vulgaires, de Warambon et le sire de Bussy.

De Warambon, chevalier bressan, passait pour le meilleur capitaine de la Savoie. La journée d'Anthon lui fut particulièrement funeste. Outre qu'il fut ruiné, sa mère, ayant été obligée d'ajouter huit mille florins de bon or à tout le sien qu'il avait donné pour se tirer des mains de l'espagnol, il eut le visage ravage par une si effroyable taillade, qu'il dut porter depuis lors un nez d'argent.

Quant à de Bussy, il sut ce qu'il en coûtait d'être l'héritier du nom le plus illustre de la Bourgogne. Sa délivrance fut mise à un prix si élevé que, pour par faire la somme, il fallut quêter partout. La famille était épuisée par ce genre de dépense : une rançon du père, quelques années auparavant, avait coûté soixante mille écus. Le duc et la duchesse de Bourgogne consentirent à tendre l'escarcelle en faveur du prisonnier.

La preuve des démarches accomplies par eux auprès du gouvernement anglais existe dans une lettre récemment découverte de la duchesse au cardinal de Winchester.

Après la bataille, les capitaines se séparèrent pour aller, chacun de son côté, réduire les places où l'ennemi avait compté trouver ses points d'appui. Rodrigue prit sa direction du coté de Lyon, comme s'il se proposait de porter la guerre en Bresse. Il laissait dire dans son camp qu'il avait mission de punir le duc de Savoie de sa connivence avec le prince d'Orange, et tous les rapports des espions bressans représentaient l'irruption des routiers comme imminente. Mais le capitaine n'avait en vue que de déjouer un dessein qu'on attribuait au même duc de Savoie sur Belleville en Beaujolais, propriété de la maison de Bourbon que le duc de Bourgogne, qui en avait l'hommage, aurait vue volontiers passer en d'autres mains. La démonstration fut complétée par l'occupation de Belleville, où Valette alla se loger avec sa compagnie. Lorsqu'il n'y eut plus d'inquiétude à avoir d'aucun coté, les capitaines se réunirent de nouveau pour fondre sur la principauté d'Orange, retournant contre le prince le fléau de l'invasion qu'il avait voulu faire tomber sur les pays du roi. Aussi bien lui avait-on entendu dire plus d'une fois qu'il regarderait Orange comme perdue, si on lui enlevait Anthon; et le sire de Gaucourt n'eut rien de plus pressé que de lui prouver qu'il avait prophétisé juste.

 L'armée, grossie du marquis  de Saluces, du vicomte de Tallard, du seigneur de Grignan , et de maints autres voisins qui avaient de vieilles dettes à se faire payer, arriva sans obstacle au bourg de Saint-Florent sous Orange.

Cette position fut enlevée dès le premier jour par escalade, et le siège posé sur six points à la fois autour de la ville.

La ruine colossale du théâtre romain, qui émerveille tous ceux qui la voient pour la première fois, formait alors le noyau  d'une citadelle imposante. Flanquée de tours sur tout son circuit, elle gagnait par des ouvrages avancés le sommet du mont contre lequel elle s'appuie.

On l'appelait Gloriette, et Gloriette possédait tous les genres de défense dont un château féodal fût susceptible au moyen âge. A sa force réelle s'ajoutait le prestige des souvenirs, ou plutôt des récits fabuleux vulgarisés par les romans. C'est là qu'on plaçait le séjour de Guibour l'enchanteresse, une espèce d'Armide convertie à la foi chrétienne, qui avait aidé Guillaume au Court-Nez à s'emparer furtivement d'Orange, pour en partager la possession avec lui. Pendant une absence du héros, Guibour, avec les dames de la ville, avait tenu en échec devant les murs les armées de trente rois Sarrasins.

Sans s'inquiéter de ce que disait la chanson :

 « Elle ne doute de France tot l'empire,
Ne la prandrez à nul jor de vo vie »

Les vainqueurs d'Anthon investirent à la fois le château et la ville. Pour défendre l'un et l'autre il n'y avait ni magicienne, ni paladins. Lorsque les habitants d'Orange virent l'ennemi de tous les côtés, ils se prirent à réfléchir que leur seigneur était bien loin, que les passages lui étaient fermés pour venir jusqu'à eux, enfin qu'il valait mieux crier vive le roi que subir l'assaut de ces Français, qui gâteraient la ville, s'ils la prenaient de force, tandis que, reçus sans résistance, ils ne séjourneraient guère, et par leur retraite laisseraient à la population la liberté de se retourner comme elle voudrait.

En conséquence, il y eut soumission et de la ville et du château (5 juillet 1430).

Les vainqueurs firent leur entrée aux acclamations de la foule, ne trouvant sur leur trajet que des visages avenants. Lorsqu'on fut arrivé à la grande salle du château, Gaucourt entouré des capitaines, comme un Charlemagne au milieu de ses pairs, se donna le plaisir d'instituer de nouveaux  fonctionnaires et de recevoir les serments au nom de roi.

Jonquières, Gigondas, Courthezon, et toute la principauté jusqu'au territoire du pape, se soumirent à l'exemple de la capitale.

Cette conquête fut un résultat brillant, mais peu durable, de la défaite du prince d'Orange. Aussi n'en parla-t-on guère en France; mais au contraire, la bataille d'Anthon, qui avait sauvé la couronne delphinale, fut l'objet de tous les discours, et pour plusieurs une consolation de la perte de Jeanne d'Arc; car il est à noter que la Pucelle fut prise devant Compiègne le jour même que les routiers s'éloignèrent d'Annonay pour prendre le chemin du Dauphiné.  On sut partout la part considérable que Rodrigue de Villandrando avait eue dans la victoire; quelques-uns allèrent même jusqu'à lui en attribuer tout l'honneur. Son nom, depuis cette journée, fut familier à tous les Français.

Par une distinction rare pour l'époque, il reçut le témoignage public de la reconnaissance de la province.

Un vote des États du Dauphiné lui adjugea la propriété du château et de la châtellenie de Pusignan, confisqués pour forfaiture sur Alice de Varax. C'est cette dame en effet qui avait ouvert le château aux orangistes sur qui Rodrigue eut à le reconquérir.

On ne peut pas douter que Charles VII n'ait accueilli avec une satisfaction extrême la nouvelle de la victoire remportée par ses armes. Une autre personne qui ne dut pas moins s'en réjouir fut le seigneur de la Trémoille. Investi d'un pouvoir de plus en plus absolu sur la direction de toutes les affaires, ce favori portait lourdement la responsabilité d'une suite de revers essuyés depuis qu'il avait mis Jeanne d'Arc à l'écart, de sorte que la défaite du prince d'Orange, quoiqu'il n'y eût contribué en rien, lui servit à justifier sa politique. Il sut même y puiser l'audace et la force de se débarrasser, par un coup d'État, de plusieurs familiers du roi qui lui portaient ombrage. Un service de cette importance rendu au monarque et à son ministre semblait appeler une récompense peu commune. Cependant on ne voit pas que Rodrigue de Villandrando, après la victoire d'Anthon, ait reçu autre chose que le titre d'écuyer de l'écurie du roi.

L'usage était d'accorder cette dignité aux débutants dans la carrière militaire, que le gouvernement avait l'intention de s'attacher. Elle était de très-petit rapport. Elle avait pour plus clair avantage de donner entrée à la cour. Or la cour n'était pas un lieu que notre capitaine eût l'envie de fréquenter. Il n'entendait pas briguer par des courbettes ou par des intrigues les faveurs que ses prouesses ne lui rapporteraient pas d'emblée.

Il était de l'école du vieux compagnon que Jean de Beuil a mis en scène dans son roman du  Jouvencel.

A un adolescent qui lui demande s'il ne ferait pas bien de commencer sa carrière par un voyage en cour, le vétéran répond :

« Ha! voulez-vous jà aller faire la beste ! Ha! beau sire, puisque vous avez voulenté d'estre homme de guerre, ne vous vault-il pas mieux d'estre monté et armé à vostre adventure pour la guerre, que d'aller à la court prier le roy ne faire l'ennuyeux après les seigneurs, despendant vostre argent et perdant temps, comme font plusieurs qui ne sçauroient vivre, qui ne leur donneroit »...


On n'a pas oublié ce Warambon, qui paya si cher l'échauffourée du prince d'Orange.

Dès qu'il fut rendu à la liberté, il ne songea qu'à réparer son désastre par la première belle prise qui se présenterait à faire.

Nous avons dit qu'il avait été ruiné par l'acquittement de sa rançon. Il l'était au point qu'on manquait de tout dans son château de Warambon, et que sa fille, qui vivait à l'abandon dans cette résidence, n'avait pas de quoi s'habiller « pour sortir ». Le duc Philippe lui ayant confié d'abord la défense de Mâcon, il se comporta dans cette ville en vrai chef de routiers. On l'en retira sur la plainte des habitants.

C'est alors qu'il prépara, on dit avec l'approbation du gouvernement anglais, le coup qui devait lui rendre, à son calcul, l'équivalent de ce qu'il avait perdu.

Ayant ses propriétés en Bresse, il connaissait l'état du pays des Dombes, dépendance de la couronne ducale de Bourbon, mais dépendance défavorablement placée à cause de son isolement sur la rive gauche de la Saône. Sans tenir compte de la paix qui s'était rétablie entre le duc de Bourbon et le duc de Savoie, lui, vassal de la Savoie, mais plus bourguignon que bressan, il trouva légitime de porter la guerre dans les Dombes. En conséquence, il réunit une armée de pillards qu'il amena sous les murs de Trévoux dans la nuit du 18 mars 1431. La ville, où l'on ne s'attendait à rien de pareil, fut prise par escalade. Le vainqueur, après l'avoir livrée au pillage, s'y établit fortement, bien qu'il n'eût pas pu s'emparer du château.

Le prince Charles de Bourbon n'eut pas assez de sa noblesse pour le chasser de là. Il lui fallut l'assistance d'une partie des routiers.


Enfin, le 22 juin 1432, le roi étant au château de Loches, un arrangement final passé entre Charles VII et le prince d'Orange, fut signé par la Trémoille et les autres membres du grand conseil. Charles II, de Lorraine, en mariant sa fille Isabelle à René d'Anjou, avait appelé son gendre à lui succéder dans son duché. La Lorraine étant un fief féminin, cette dévolution se trouvait donc eu harmonie avec la loi de l'État.

Aux termes de cet acte, le prince d'Orange rentra en grâce auprès du roi de France. Louis de Chalon s'engageait à servir Charles VII avec trois cents lances garnies et trois cents hommes de trait il devait également s'entremettre, comme médiateur et allié, auprès du duc de Bourgogne. Une rente de 852 florins d'or est, en outre, allouée au prince Louis sur le Dauphiné; de nouveaux juges sont nommés pour terminer judiciairement le litige. Louis de Chalon, finalement, retournait en possession de ses terres dauphinoises, à charge d'hommage envers la couronne. Il les recouvra toutes, sauf quelques places, que lui disputait le bâtard d'Orléans... 

Posté le 01-02-2009 12:00 par Jimre

Description de Chatillon

D'après la retranscription d'une partie d'une notice du XIXe siècle (1869) écrite par A.VACHEZ, érudit lyonnais, qui concerne le château de Chatillon d'Azergues.


Le château de Chatillon d’Azergues est le monument le plus remarquable de l‘architecture militaire du moyen-âge que possède l’ancienne province du Lyonnais. On peut trouver ailleurs des constructions plus importantes, un plan plus vaste, une ornementation plus riche; mais ce que la main de l'homme a épargné a Chatillon suffit pour nous faire juger de ce qu'étaient autrefois une forteresse féodale et les mœurs guerrières des temps chevaleresques.
Ce qui distingue le château de Chatillon d'Azergues de beaucoup d'autres châteaux du moyen-âge, c‘est que, tout en faisant partie du bourg qu’il commande, il en est complètement indépendant. Il protégeait le bourg, et le bourg, entouré d’une enceinte continue, dont la partie basse était défendue par un fossé que remplissait une dérivation de l‘Azergues, ajoutait à sa force en lui servant de première ligne de défense. Ainsi en était-il à Coucy, à Saumur, à Orange et dans beaucoup d'autres villes. Entre le bourg et le château se trouvait une seconde enceinte, qui enveloppait une esplanade formant la basse-cour de la forteresse, et renfermant la chapelle seigneuriale. Cette esplanade, dont nous voyons encore les murs de soutènement, munis de contreforts, se défendait du coté du bourg par plusieurs tours, dont deux sont encore très apparentes sur le flanc méridional de la colline. Elles nous expliquent comment l’ entrée principale du château était dépourvue de tours de flanquement. L'ennemi pouvait s'emparer du bourg sans avoir obtenu de grands avantages; les habitants se retiraient dans l’enceinte inférieure du château, dont l’approche n’était point facile. C'était ainsi un second siège a faire avant d'attaquer le château proprement dit, refuge assuré des défenseurs de la place.

Le château de Chatillon devait donc à sa situation une importance bien supérieure à celle qu'on serait tenté de lui attribuer, en considérant seulement l’étendue de son emplacement. Son plan est celui d'un carré irrégulier, arrondi du coté de l’Ouest. Au midi, il domine des escarpements inaccessibles; au nord et à l'ouest il était séparé de l'arête de la montagne par un fossé large et profond, et défendu par des remparts élevés, flanqués de deux tours carrées et d'une tourelle cylindrique.
Chaque siècle semble avoir laissé sur les murs du vieux manoir l'empreinte du style de son architecture et de ses habitudes sociales.
La partie la plus ancienne du monument, qui fait face a la chapelle, remonte au XIe ou tout au moins au XIIe siècle. Cette époque est bien caractérisée par les arcatures à plein cintre reliant les contreforts plats qui divisent cette façade en quatre travées, et par le mode de l’appareil en forme de feuilles de fougère, ou d’arêtes de poisson, que l’on retrouve notamment dans les murs voisins du donjon. C’est sans doute dans cette partie de l'édifice que consistait uniquement le château primitif, forteresse bien secondaire (Castellio), dont le nom est demeuré à Chatillon, même après que son importance se fut accrue.
Ce monument du XIe siècle fut levé sur un plan rectangulaire, presque carré; mais au XIIIe siècle, la construction du donjon vint occuper une partie de son emplacement. Un mur le divise, dans le sens longitudinal, en deux parties principales, subdivisées elles-mêmes, dans le sens transversal, par des murs de refend. La salle, qui regarde la vallée de l’Azergues, était éclairée par une fenêtre très large, relativement à sa hauteur, et divisée en deux baies par un meneau central fort léger supportant une double arcade trilobée.
Cette fenêtre n’a été ouverte qu‘au XIIIe siècle. Mais les deux portes à plein cintre, donnant accès dans cette partie du monument, et ouvertes, l’une sur la façade orientale, et l‘autre au nord sur l’esplanade du château, appartiennent bien a la construction primitive. Elles sont du reste fermées depuis longtemps.
On pénètre aujourd’hui dans le château par une étroite porte vulgaire, placée a l’angle de la chapelle, et sur laquelle on voit sculptées les armes des Balzac supportées par deux lions mutilés. On traverse ainsi l'esplanade, qui s‘étendait au nord-est du château, pour entrer dans l’enceinte intérieure par une porte ogivale, défendue par un moucharaby, dont il ne reste plus que les deux consoles en pierre qui le supportaient. Cette porte devait être précédée autrefois d’un fossé dont on ne voit plus de traces. Au surplus elle n'a été ouverte qu’au XIVe siècle seulement, dans le mur de l’enceinte primitive, dont l’âge est indiqué par la forme de l’appareil en arêtes de poisson.

Cette entrée s'ouvrait dans un corps de bâtiment carré; deux portes la fermaient, l’une a l’intérieur, l’autre a l’extérieur, disposition fort ordinaire qui permettait d’accabler les assaillants sous les projectiles lancés par une ouverture pratiquée dans la voute. Rien n’indique l’existence d'une herse; mais on aperçoit toujours dans les jambages des portes les trous des barres de bois transversales qui servaient à les fermer. A droite de la porte d’entrée, on vous montre une pièce voutée, en forme de trapèze, qui servait, dit-on, de prison. On remarque encore dans le mur la place de trois anneaux de fer enlevés récemment; des dessins bizarres tracés sur les murailles sont l’œuvre des prisonniers.
A gauche de l`entrée, se trouve la descente d'un souterrain qui avait, suivant la tradition, une issue au loin dans la campagne. On rencontre fréquemment de semblables galeries dans les châteaux féodaux. Mais en pénétrant dans le souterrain de Chatillon, on peut s’assurer qu’il est fermé aujourd’hui et qu’il présente seulement la forme d’une simple cave voutée de 7 à 8 mètres de profondeur, placée au-dessous de la partie la plus ancienne du château. Enfin, au milieu de la cour, en face de la porte d'entrée, se trouvait un puits d’une grande profondeur comblé aujourd'hui par les décombres.

Le donjon, de forme cylindrique, occupe l'angle occidental du château primitif et semble avoir été la première construction ajoutée à la forteresse du XIe siècle par les seigneurs de Chatillon. Ce donjon appartient au XIIIe siècle; sa forme est bien celle des tours cylindriques de cette époque. Il en est d’ailleurs fait mention déjà dans la charte de franchises de 1260, où nous voyons que, si les habitants de Chatillon étaient tenus de travailler aux réparations du château, où ils pouvaient trouver un asile en temps de guerre, aucun travail ne leur était imposé pour le donjon, qui servait exclusivement de retraite au seigneur. Observons cependant qu`une tour hexagonale qui lui est adossée au nord et qui renfermait un escalier desservant à la fois le donjon et les bâtiments d’habitation, est une construction bien postérieure qui ne remonte peut-être qu‘au XVe siècle, époque où l'on vit fréquemment de ces tours accessoires appliquées contre une autre, pour desservir les principales pièces du donjon .
Cette tour du donjon, qui est fort bien bâtie, a. près de 30 mètres de hauteur. Elle mesure 9 mètres 50 centimètres de diamètre hors d’œuvre et ses murailles ont 1 mètre 50 centimètres à la base. Le rez-de-chaussée, où l’on pénètre à l’intérieur du château par une porte de forme carrée, était séparé du premier étage par une voute qui n’existe plus, tandis qu’un simple plancher divisait les deux étages supérieurs. Un passage étroit qui existait entre le donjon et la façade méridionale, aboutissait à un escalier extérieur, de 70 centimètres seulement de largeur, conduisant au premier et au second étage. De ce dernier étage, on accédait au sommet du donjon par un escalier pratiqué dans l’épaisseur du mur. Ainsi nous retrouvons dans le donjon de Chatillon le même système de défense que dans les forteresses les plus célèbres du temps: deux issues, l’une apparente, et l‘autre dérobée; des passages étroits qui permettaient à quelques hommes résolus de se défendre contre une troupe nombreuse; une rampe raide et exigüe conduisant à une poterne très-élevée au-dessus du sol et ouverte du coté de l’escarpement. Tout était établi de la sorte en vue d'une lutte pied à pied, et l'ennemi pouvait s‘emparer du rez-de-chaussée du donjon sans parvenir à réduire ses défenseurs autrement que par la famine. Des créneaux et des hourds, sortes de balcons en bois qui permettaient de lancer à couvert des projectiles au pied même des remparts, devaient couronner autrefois cette belle tour; mais il n’en reste plus de traces; le toit conique, qui surmontait l’édifice, s'est écroulé, et il ne subsiste plus aujourd’hui que la voute en forme de calotte hémisphérique du sommet, que des arbustes recouvrent d’un vert manteau de feuillage. A la suite du donjon se trouvaient les bâtiments d'habitation, dont les belles fenêtres à croisillons s‘ouvrent sur la vallée de l’Azergues. Cette partie du monument, qui date seulement du XVe siècle, est la moins ancienne du château; mais c'est aussi la plus ruinée. Il semble que la beauté des matériaux ait tenté davantage les démolisseurs; on y remarque encore néanmoins de belles cheminées de la dernière époque du style ogival.

Les anciens appartements seigneuriaux n’étaient séparés que par un étroit passage de deux tours assez bien conservées. La première, de forme semi-cylindrique, est recouverte d'une voute à nervures et mesure 6 mètres dans œuvre. Deux planchers la divisaient en deux étages. La pièce du premier étage, où l’on arrivait par un chemin en pente qui contournait le coté circulaire de la tour, servait autrefois de salle de justice. Cet ancien auditoire, éclairé par une unique fenêtre donnant sur la cour, a conservé une belle cheminée en pierre sculptée du XVe siècle; sur les murs on remarque aussi des restes de peintures, représentant des palmiers ou de grandes fougères.
En face de cette salle, et séparée seulement par le vestibule de l’escalier, se trouve celle du rez-de-chaussée de la tour carrée qui domine la vallée. Cette tour, de forme rectangulaire, mesure seulement 3 mètres sur 4 dans œuvre. Au milieu de cette pièce, qui est éclairée par une fenêtre à croisillons, existe une ouverture béante de 60 centimètres de largeur. La tradition fait de ce souterrain les oubliettes du château, espèce de puits ou de fosse où l’on descendait vivants des prisonniers (destinés à mourir de faim). Mais comme ce souterrain, à moitié comblé de pierres, n’a plus que 5 mètres de profondeur, et qu'il a, en largeur, les mêmes dimensions que la salle supérieure, il est impossible d’affirmer que telle était bien sa destination. On sait combien il faut se défier de ces attributions légendaires, mises en vogue par nos romanciers modernes, dont les récits saisissants altèrent trop souvent la vérité des faits historiques. L’observation la plus éclairée etl a plus attentive a rarement constaté l‘existence de véritables oubliettes. Il est vrai que l’on rencontre souvent des tours renfermant des salles obscures dans lesquelles on ne pouvait pénétrer que par une ouverture pratiquée au milieu de la voute. Mais il y a loin des oubliettes à ces pièces souterraines, qui servaient seulement de caves et de magasins où l’on conservait les provisions du château. Cette destination était fort commune.
Mais il en est une autre qui nous parait plus certaine encore: La tour carrée du château de Chatillon jouait un rôle important dans le système de défense de la place. A l’angle oriental de la salle du rez-de-chaussée s’ouvrait un moucharaby qui commandait l‘entrée de la poterne du chemin de ronde de l’enceinte inférieure. Au premier étage, venait aboutir un autre chemin de ronde qui régnait tout autour des remparts du château. Enfin du sommet de cette tour, on pouvait surveiller aisément la vallée de l’Azergues et défendre l’accès du fossé qui protégeait la forteresse du coté de l’ouest. Or, l'étage souterrain de la tour servait a compléter ce système défensif, et voici comment: On pourrait croire au premier abord, que des tours pleines, dans leur partie inférieure, devaient mieux résister aux attaques des assiégeants, et les constructeurs des premiers temps de la féodalité l'avaient pensé ainsi. Mais on reconnut bientôt que les tours pleines facilitaient le travail de la sape ou de la mine; les assiégeants creusaient leurs galeries sous les fondations des tours, puis ils les faisaient écrouler en mettant le feu aux étais, sans que les défenseurs de la place pussent arrêter la marche de ces travaux en creusant une contre-mine. C‘était donc la partie inférieure des remparts qu’il convenait surtout de défendre. Pour cela on établit dans les tours des étages jusqu’au niveau des fossés, et l’on put désormais détruire les galeries de l’ennemi au moyen d'autres travaux souterrains, ou bien défendre l’approche du pied des remparts en lançant des traits horizontalement par les meurtrières inférieures, et même, au besoin, rendre inutile le travail des assiégeants, en élevant un second mur derrière la brèche qu’ils auraient pu pratiquer an pied des remparts ou des tours .
Telle était, sans aucun doute, la véritable destination du souterrain, que l'on est convenu d'appeler les oubliettes du château de Chatillon. Ajoutons, au surplus, qu’il est d’autant plus difficile de croire en la tradition romanesque que nous combattons, qu'il est certain que la tour carrée de Chatillon, appartient comme la tour voisine, à l’architecture du XVe siècle. Or l'on sait que déjà, à cette époque, la rigueur des peines s’était bien adoucie, et que le contrôle de la justice royale avait fait disparaitre des juridictions seigneuriales tout ce qu’elles pouvaient avoir d’arbitraire.

Revenons à la description du château. L'escalier, placé entre les deux tours, servait à chacune d’elles. Le toit de la tour carrée, aussi bien que le plancher du deuxième étage, se sont effondrés depuis longtemps, mais on peut toujours arriver au sommet de la tour semi-cylindrique, dont la voute a résisté à toutes les injures du temps. Toute la partie nord du château est dans un état de ruine presque complet. Seuls les murs d'enceinte ont été épargnés et leurs fenêtres à croisillons nous apprennent que là aussi existaient des bâtiments d’habitation. Une tourelle cylindrique, découverte, bâtie en encorbellement à l’angle nord-est des remparts et destinée à faire le guet et à défendre a la fois la courtine du nord et la porte d'entrée du château, conserve aussi toujours entière sa couronne de créneaux. Depuis longtemps l'escalier qui y conduisait est détruit, et c’est ainsi que la main de l‘homme l’a épargnée. Au pied de cette tourelle commence la ligne des remparts qui enveloppaient à la fois le bourg de Chatillon et la seconde enceinte du château. Une partie de ces murs parait fort ancienne; nous y retrouvons, en effet, en plusieurs endroits, l’appareil en forme d’arêtes de poisson, que nous avons remarqué dans la partie du château remontant au XIe siècle. Un chemin de ronde muni d’escaliers, sur les plans inclinés, en suivait partout le sommet; mais il est détruit aujourd'hui. De la plaine, ces remparts remontaient la colline ou après s’être reliés à l’enceinte de l’esplanade, ils venaient aboutir à l’angle de la tour carrée du château, où nous avons vu qu'un moucharaby commandait l’entrée du chemin de ronde et de la poterne destinée au service de la garnison.

Nous retrouvons à Chatillon la trace des principales familles qui l’ont possédé à toutes les époques. La partie la plus ancienne du château, l’antique Castellio, est sans doute l'œuvre de la famille de Chatillon qui lui emprunta son nom. Après elle, viennent les seigneurs d'Oingt, maison puissante qui a bâti Bagnols et le château du Bois d‘Oingt. A Chatillon elle élève le fier donjon que nous admirons encore. Les d’Albon agrandissent l'enceinte de la forteresse. Mais sous cette famille, Chatillon traversa des mauvais jours. Thibaud, premier du nom, l’assiège, le prend et s’empare de ce qu’il renfermait de plus précieux. Son successeur, appelé aussi Thibaud, dépouille le vieux manoir au profit de Bagnols, et le laisse tomber en ruine, en haine de son fils ainé, Guichard. Ce fut à son petit fils, Antoine d’Albon, qui lui succéda, à commencer l’œuvre de restauration. Alors s‘élève la salle de justice et la tour qui commande la vallée. Les Balzac continuent son œuvre en bâtissant l'habitation seigneuriale. Les guerres nationales contre les Anglais sont finies, et la sécurité qui règne dans nos campagnes permet d’ouvrir de larges fenêtres, non seulement du coté de l’escarpement, mais encore sur les fossés du nord. L’amour du bien-être et du luxe s’est développé, et sous le dernier des Balzac le vieux manoir arrive a un degré de splendeur qu'il ne connut plus jamais. Le noble seigneur veut une chapelle digne de lui et il fait édifier la riche façade qui subsiste encore.
A l’intérieur, les murs de Chatillon se couvrent de peintures, à l’extérieur de riches ornements sculptés. Tout est approprié au besoin de la vie luxueuse de l’époque. Aussi Geoffrey de Balzac affectionne-t-il Chatillon, et c’est là qu‘il vient oublier les grandeurs de la cour royale et choisir sa sépulture.
Possesseurs de plusieurs demeures seigneuriales, les Camus habitèrent rarement Chatillon. Il en fut autrement de Gaspard, le dernier d'entre eux; un titre de la fin du XVIIe siècle nous apprend qu'il n’avait pas d’autre demeure que le château de Chatillon. Mais les beaux jours de la forteresse féodale expirent avec ce seigneur. Les gentilshommes du XVIIIe siècle ne peuvent s'accommoder de l’habitation du vieux manoir. Les Pramiral construisent Bayere sur un plan tout moderne et Chatillon est abandonné aux officiers de justice de la seigneurie et au geôlier de la prison. » Les murs du château sont fort anciens, et il se compose d’un logement fort modique.» dit Camille de Pramiral dans son aveu de fief du 31 juillet 1732. Un quart de siècle s'écoule, et l'avant-dernier seigneur de Chatillon nous apprend dans son aveu de 1758 que le château est devenu inhabitable.

La révolution de 1789 eut donc peu a faire pour compléter l’œuvre de destruction. Depuis cette époque, ses possesseurs n’ont pas épargné le vieux manoir, et surtout les parties modernes les mieux bâties. Les plus beaux matériaux, les cheminées les plus élégantes, les grillages de fer des fenêtres eux-mêmes, tout a été enlevé. Le droit de propriété est sans doute absolu. Mais à une époque où existe, à un si haut degré, le respect de nos monuments historiques, il nous est bien permis de donner un regret à ces dévastations accomplies froidement et presque sans profit pour leurs auteurs. L’œuvre des siècles, déjà si avancée, sera bien assez vite accomplie. Mais au moins si la main de l’homme ne lui vient pas en aide, il nous sera permis d’admirer longtemps encore-ces ruines vénérables.

C’est qu‘en effet, malgré les outrages du temps et des hommes, le château de Chatillon n’a point perdu ce caractère de grandeur, qui le plaçait jadis au premier rang parmi les châteaux forts destinés à la défense de la fertile vallée de l’Azergues.
Quand, au détour du chemin, le vieux manoir apparait a vos regards avec ses masses imposantes, on s'arrête étonné devant ce fier donjon qui nous révèle la puissance des hauts barons qui en firent leur demeure. Bâtie avec cette pierre de couleur jaune ocrée que fournissent abondamment les environs de Chatillon, l’antique forteresse n'a point l'aspect triste et mélancolique que présentent d’ordinaire les ruines. Contemplez, des coteaux qui bordent la rive droite de l'Azergues, ces hautes tours qui se profilent hardiment sur l’azur du ciel; voyez-les, aux premiers rayons du soleil levant, se colorer de cette teinte puissante qui défie le pinceau de plus d’un artiste, et que l‘on ne retrouve dans aucun de nos monuments les plus célèbres, et vous comprendrez ce que devait être le château de Chatillon au temps de sa splendeur.
Il semble alors que tout n'est pas mort dans cette enceinte silencieuse, et l’imagination se plait a lui rendre et sa couronne de créneaux et les hommes d’armes qui veillaient jadis in sa défense. On croit voir briller, au sommet de ses remparts, l'armure des chevaliers; on croit entendre l’appel aux armes des sentinelles; la herse se baisse devant les assaillants; le clairon sonne; les échelles se dressent contre les murs de la forteresse; écoutez les cris des combattants, c‘est l’assaut avec toutes ses fureurs; voyez la bannière du vainqueur qui flotte sur la plus haute tour; C'est Thibaud d'Albon, un rude batailleur, qui vient d‘enlever à son neveu, encore enfant, le château de ses ancêtres ....

Tels sont les souvenirs que l'on évoque devant ce monument d'une génération qui nous étonne souvent par la grandeur de ses œuvres, Mais ce qui ajoute encore aux beautés de Chatillon, c’est son admirable position, c’est le charmant paysage qui l’entoure, c`est l'aspect pittoresque de son vieux bourg qui semble toujours s‘abriter au pied de la vieille forteresse démantelée. Depuis longtemps le nouveau village a brisé l’étroite ceinture de ses remparts pour s`étaler dans la plaine. Mais ni le luxe moderne, ni l'amour du bien-être n’ont pu transformer encore entièrement le vieux bourg féodal. Quand on parcourt ses rues étroites et tortueuses, on retrouve toute une civilisation éteinte dans ces maisons, aux portes surbaissées, aux fenêtres à meneaux, qui surplombent la voie publique. Ici, un blason mutilé, plus loin, quelque débris informe des splendeurs de la demeure seigneuriale. On passe sous quelque porte chancelante, on suit des passages étroits et parfois sans issue, et l’on arrive ainsi au vieux château, à travers des monceaux de ruines et les souvenirs de vingt générations.

Et maintenant, voulez-vous avoir une idée complète de tout cet ensemble, montez au sommet de la tour de justice et voyez le tableau qui se déroule a vos regards. A l'ouest, les montagnes de Tarare, au midi, la chaine de l’Iseron, à l’est, les sommets des Monts-d'Or lui servent de cadre. Rien de plus varié que l'aspect des campagnes qui s'étalent à vos pieds. Rien de plus harmonieux que les lignes pleines de mollesse de ce riche paysage. Dans les prés et les saulées, coule l’Azergues , entre deux rives plantées d'aulnes et de peupliers ; sur les coteaux couverts de vignes et de bois, les hameaux et les fermes s’étagent d'une manière pittoresque. Puis, tout à coup, apparait, à travers le feuillage, quelque débris de l’âge féodal.

Là-bas, c’est Chessy, avec ses mines que posséda Jacques Cœur et sa belle tour que fit bâtir le monastère de Savigny, pour protéger les hommes de ses domaines. En face, Courbeville, l'antique demeure des de Varennes. Plus loin, le Breuil qui cache sous les arbres de la vallée les sombres remparts de son vieux château. Plus loin encore, la Flachere, création moderne d’un maitre qui 's’est inspire de toutes les beautés de l’art ogival. Plus près, Sandars, avec son élégante tourelle. En face, l’humble chapelle d‘Amancey, avec son campanile roman. Enfin à l’est, derrière ce rideau de peupliers, on devine Dorieux, qui n’a conservé de son importance passée que les ruines de son vieux pont, et le souvenir de son noble monastère. On comprend ainsi que depuis longtemps la vallée de l’Azergues soit chère a nos artistes. Aussi que d’études gracieuses n'a-t-elle pas inspirées! Mais aujourd’hui que le chemin de fer vous conduit à 3 kilomètres de Chatillon, ce ne sont plus seulement les peintres et les archéologues qui fréquentent le vieux bourg et ses alentours. Sa réputation s’est répandue au loin et, chaque dimanche, Lyon lui envoie une foule de visiteurs, pour admirer sa chapelle romane du XIIe siècle et les remparts mutilés de son château.

Posté le 29-10-2008 12:47 par Jimre

Albigny

Vu dans Histoire d'Albigny lors des journées du patrimoine des 20 et 21 Septembre 2008:

Merci au propriétaire des lieux Mr Deboos 8;-))

La Villa (ou la maison forte de Gondebaud) fût-elle alors abandonnée pendant près de deux siècles ? Est-ce une partie d’un élément sculpte de cette Villa qui servit pour l’épitaphe d’Audolene au VIIe siècle, trouvée sur le domaine de Bel-Air?

Nous pouvons encore effectivement supposer qu’un château à motte fut peut-être construit au moyen age sur le site en question. Peut-être avait-il alors un donjon en bois avant qu’apparaissent les donjons quadrangulaires en pierres? En effet, le bois d’une poutre en remploi dans le château a pu être datée, d’après une analyse dendrochronologique, de 975...On peut penser aussi qu’à l’époque médiévale un château abritait un seigneur féodal. Mais à cette époque, l’Eglise de Lyon avait déjà une importance considérable dans notre région, importance qui ne fit que s’amplifier par la suite et qui ne disparut qu’à la Révolution. Son pouvoir était bien sûr religieux mais aussi temporel. Dès le Xe siècle , Albigny n’y échappa pas. Marie-Pierre Feuillet et jean-Olivier Guilhot le confirment dans une étude sur les châteaux médiévaux en Rhone-Alpes :"La présence de l'Eglise de Lyon comme propriétaire foncier dans la villa d'Albigny est attestée dans une donation de 980. Entre 1101 et 1120, celle-ci achète la viguerie (revenu lié à la justice)d'Albigny". Mais l’Eglise de Lyon devait défendre ses biens et son pouvoir contre les Comtes de Forez. Heureusement en 1173, un accord permet à chacun de regrouper ses possessions plus judicieusement. Les chanoines du Chapitre de Saint Jean de Lyon prennent alors le titre de "Comtes de Lyon". Le patrimoine de l’Eglise de Lyon était divisé en "obéances", sortes de territoires ayant leur propre administration. Un ou des chanoines obéanciers (ou co-obéanciers) profitaient de leurs revenus grâce à un système appelé "livres capitulaires", sortes de parts qui leur étaient attribuées et qu’ils pouvaient permuter parfois pour regrouper leurs possessions. Le 24 janvier 1454 par exemple, le chapitre ratifie la permutation faite par Pierre de Chavirey avec Guillaume de Chavirey, archidiacre, de la mansion et quelques livres capitulaires à Albigny. Louis de Marchand fut obéancier d’Albigny en 1301, Guillaume de Beaujeu en 1320, Louis de Propières en 1372, Barthélémy de Bochaille en 1409...et vers le milieu du XVe siècle, Jacques (ou Jean) Motier de la Fayette et Jacques de Semur qui auraient fait percer des fenêtres au château.   

Leurs armoiries sont restées sur le linteau d’une porte et d’une fenêtre : "De gueule à la bande d'or à la bordure de vair" pour le premier, "D'argent à trois bandes de gueule" pour le second.

Posté le 22-09-2008 22:34 par Jimre