La Roue

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La Roue

Repris à partir des tomes "Le nobiliaire du Velay et de l'ancien diocèse du Puy : noms féodaux par le vicomte Gaston de Jourda de Vaux", trouvés sur le site Gallica.bnf.fr de la Bibliothèque Nationale de France.

ROUE (DE LA) (1re Maison)(Auvergne).

Seigneurs et barons de la Roue (par. de Saint-Anthème), Aubrigoux, Saint Anthème, Usson, la Chaux, Auzelle; seigneurs et barons de Montpeloux, Rochesavine, etc. (Auvergne); seigneurs de Leiniec, Montorcier, Miribel, etc. (Forez); seigneurs et barons de Dunières et des Etats de Velay, Aurec, Chaspuzac, etc. (Velay).

Armes primitives : « de gueules, à la roue à huit rais, au cerf couronné et à deux lions rampants » (Audigier) : énoncé qui ne nous permet pas de les figurer en dessin.

Armes, plus tard : fascé d'or et d'azur, de six pièces. — PI. II. — Fig. I.

L'illustre race de la Roue (de Rota) a eu pour berceau, la Roue, fief et château situés près de Saint-Anthème, canton de l'arrondissement d'Ambert. On y voit encore une grosse tour et quelques vestiges de ce qui fut la Roue.

Une des principales illustrations de cette famille fut Guillaume de la Roue, évêque du Puy (1260-9 août 1282), investi du sacré pallium, le 23 févr. 1263. Les démêlés que cette maison avait eus avec le vicomte de Polignac prirent fin (1273). Le mardi, jour de l'Annonciation 1282, ce prélat, comte de Velay, se trouvant en son château d'Espaly, fit don à sa soeur Marguerite, abbesse de Saint-Pierre-des-Chazes, de toutes les dîmes qu'il possédait à Chaspuzac. Par un accord qu'il passa en novembre 1269, avec le comte Alphonse, celui-ci restitua à l'Eglise du Puy le fief de Vissac, en retour, l'Evêque consentit à reconnaître le comte d'Auvergne et de Velay, comme suzerain de ce fief. Guillaume II acquit au début de l'an 1270, de Gérenton, la seigneurie de Beaujeu ou Beaulieu (Bellus locus), près Tence, moyennant la somme de I.020 livres. Il acquit, à la même époque, de Guigon, chevalier, sgr de Saint-Didier, la ville et seigneurie de Monistrol, moyennant 1,360 livres : acquisitions qu'il unit à la manse de son Evêché. Ce fut sous son épiscopat, que Philippe le Hardi, par lettres datées de Paris, avril 1277, priva les habitants du Puy, de leur sceau et de leur Maison commune. Cette mesure fut prise à la suite de l'enquête faite par le Bailli d'Auvergne, sur les troubles survenus au Puy, à la suite du meurtre commis sur la personne de Guillaume de Rochebaron, Bailli du Puy. Ce triste personnage s'était rendu coupable de viol sur la personne d'une bouchère, qui était mariée ; celle-ci en fut vengée par la corporation des bouchers, qui mirent à mort le délinquant (14 avr. 1276); Guillaume II avait protégé les gens du Bailli de Velay, contre la fureur de la population. Ce prélat passa en 1266, avec Thibaut II de Navarre, un traité, au sujet de la suzeraineté de l'Eglise du Puy, sur le comté de Bigorre (Voy. art. Bigorre). Ce fut ce grand prélat qui fit construire dans la banlieue de sa ville épiscopale, le château d'Espaly, qui joua un grand rôle au cours des guerres de la fin du XVIe siècle en Velay. Une charte de l'an 1260, scellée du sceau ovale de Guillaume II, qui est décrit dans le catalogue de L. Douet d'Arcy (n° 6824) : l'évêque mitré, vu de face, bénit de la main droite et tient de la gauche, une crosse. 

Les Seigneurs de la Roue figuraient déjà, au XIIe siècle, parmi les plus puissants de Forez. En l'an 1173, Humbert de la Roue consentit plusieurs legs en faveur de l'abbaye de La Chaise-Dieu et du prieuré de Saint-Sauveur. Guillaume de la Roue, prieur de Savigny, était en 1236, doyen du chapitre de La Chaise-Dieu.


Généalogie.

I Humbert ou Eustache de Montboissier (petit-fils de Maurice de Montboissier, dit le Décousu), sgr de la Roue, Rochesavine, etc.; fut père de : 10 Armand Ier, qui suivra; 2° Guillaume, prieur de Solignac (1235); 3° Liotard, abbé de Saint-Vosy du Puy (1247); 4° Pierre (de Roda, de Rota), chanoine-fordoyen du Chapitre du Puy (1245), dont le sceau portait un fascé de six pièces (qui est la Roue), timbré d'un bouquet de sept tierce feuilles, chargé de deux oiseaux perchés, accosléde deux oiseaux. — En exergue : S. PETRI DE ROTA CAN...

II Armand I, sgr de la Roue, ép. Jeanne de la Roche, d'où : 1° Pierre, chevalier, baron de la Roue, sgr de Montorcier, Leiniec (du chef de sa femme, pour ces deux fiefs) ; se croisa (1250), et mourut en 1285, ayant épousé en Ires noces, Gaillarde de la Tour, fille de Bernard VII, et en 2mes noces, Dauphine de Saint-Bonnet (elle renouvela en mars 1276 la donation qu'elle avait faite du château de Miribel en Forez, à sa fille Sibille, femme d'Amédée de Savoie, sgr de Bâgé. En févr. 1277, Guy, comte de Forez, donnait son consentement à ladite donation; investit du château de Miribel, Amédée de Savoie, sauf le droit que pouvait avoir Pierre de la Roue, sur la communauté de l'usufruit dudit château; 2° Bertrand, qui suivra ; 3° Goyet, chanoine et trésorier du Chapitre du Puy ( 1285) ; 4° Guillaume, prieur de la Chaux, nommé évêque du Puy (22 juill. 1260), sacré (22 févr. 1283), décédé le 9 août 1282 ; 5° Guy, père, présume-t-on, de Bertrand, d'où : a) Sibylle, mariée p. c. du lundi après la Saint-Jacques 1308, à Eustache d'Alègre, sgr dudit lieu, 2me fils de Hugues, sgr d'Alègre; b) Goyet, prêtre (1321) ; 6° Alix, qui testa en 1279, ayant épousé avant 1240, Gui «de Bouzols », sgr dudit lieu (Velay), 2me fils de Joucerand Ier, sgr de Bouzols ; 7° Marguerite abbesse des Chazes (1282).


III Bertrand de la Roue, sgr de la Roue (Bertrand sire de la Roa), Miribel; baron de Dunières ; etc. ; convoqué par Philippe le Bel, pour la guerre des Flandres (1304). Le 10 nov. 1312, il transigea avec Jean, comte de Forez, au sujet de la seigneurie la justice des lieux de la Roue et de Montpeloux ; fut du nombre des trente-neuf barons du Forez, qui se liguèrent avec la noblesse de Champagne, pour protester auprès de Louis-le-Hutin, contre les institutions du feu Roi (11 févr. 1315); reçut commission pour se rendre « en chevaux et en armes » à Clermont, afin de se joindre à une chevauchée devant opérer sous les ordres du duc de Bourgogne et de Robert, comte de Boulogne (10 nov. 1318) ; abandonna ses bâtiments en ruines, dits « de Montrevel » est de « la Roue », situés dans le quartier du Cloître, au Puy, sur la terrasse de « Rozada », en faveur de l'Université des Clercs de la Cathédrale, à raison des legs faits par ses prédécesseurs, à ladite Université. Il épousa « Sybille », qui lui donna deux filles : 1° Sybille, qui suivra; 2° Maragde, femme de N. de Montaigu.

IV Sybille de la Roue (dénommée « Siville d'Aurec », par le Répert. des hommages), héritière universelle des biens de sa Maison, les apporta à noble Gilbert de Solignac (d'où la 2me Maison de la Roue), qu'elle épousa en 1290. Devenue veuve, elle reconnut en 1297, à l'Evêque du Puy, « le château d'Aurec, avec son mandement et appartenances qui est situé au-delà du fleuve de la Loire », hommage renouvelé par noble Gilbert, sgr de Solignac, puis par noble Bertrand de Solignac.


Cf. : A. Lascombe : (Répert. art. Aurec, entre autres). — De la Tour-Varant : Armor. et Généalogies. —Chroniques d'Et. Médicis (publiées par A. Chassaing). — L. de Châteauneuf : Notes sur les de Saint-Priest. — De Saint-Allais : Nobiliaire Universel. — Huillard-Bréholles : Invent, des titres de la Maison ducale de Bourbon. — Dom Gardon : Hist. de l'abbaye de la Chaize-Dieu. — A. Jacotin : Preuves; Invent. G. — De Bettancourt : Noms féodaux. — Gallia Christiana, II, col. 86, 769. — Tablettes hist. du Velay, VI, 127. — L. Pascal, loc. cit. (art. Guy III, Foulques et Guillaume II de la Roue). — E. Salomon : Les Châteaux hist. du Forez (art. Usson, etc.). — Truchard du Molin : La Baronnie de Bouzols. — Mémoires de J. Burel (1260, « Le violentent de la bouchière », 1-3).

Posté le 14-11-2020 12:32 par Jimre

La Roue

Nous vous faisons partager avec plaisir un article que nous a fait parvenir Axel Ferragne, membre de l'association PIERRE et dont la présidente ( également propriétaire) est Mme Perrein, d'après les recherches/travaux récent(e)s de Messieurs Jean-Luc Fray et William Brou et l'ouvrage de René Clémet: "Dix siècles d'histoire en Vallorgue"

Le château de la Roue se situe sur la commune de Saint-Anthème, dans le Puy-de-Dôme. Perché à 1160 mètres d'altitude à 2 km du bourg. Sa date de construction n'est pas connue, certaines dates sont avancées, mais on peut le rapprocher du XIIe siècle contemporain de la création du comté de Forez (1173), sans savoir s'il succède à un ancien château.

La légende raconte qu'il est fondé sur un ancien fort ou construction romaine (sans preuve tangible). Le site actuel ne ressemble presque aucunement au site médiéval du fait des divers remaniements qu'il a subi. En effet, la tour dite de Pierrefort, probablement venant du dernier seigneur résident, René Hérail de Pierrefort La Roue, fin 16e, est construite au 14e siècle.

Par la suite, le château est pris (peut-être) durant le même siècle, lors d'une guerre privé face à la famille Vellave des Polignac. Une bataille au lieu dit du Plats des Egaux eu lieu en 1380 à quelques centaines de mètres du château.

Il est pris une autre fois en 1591 durant les guerres de religions, par 200 picards Huguenots. A la suite de cela, il est abandonné (descente de la justice à Saint-Anthème en 1670), en partie détruit et démantelé pour construire le château seigneurial dans le bourg de Saint-Anthème, dont il ne reste que le portail d'entrée dans un style Renaissance.

Il est vendu en 1804 par les Saint-Martin d'Aglié, dernier seigneurs résidant en Italie. Puis revendu en 1847 à Mr Maisonneuve qui entreprend des travaux de reconstruction et rénovation, qui pour certaines ne verront jamais le jour. 

En revanche, certaines de ces destructions puis reconstructions ont conduit à rendre illisible la compréhension médiévale du site. 

Les sources historiques sur le château en lui-même sont très minimes. Les archives seigneuriales de la famille ont disparus au milieu du 19e siècle, en résultant une méconnaissance importante. Beaucoup de documents mentionnés sont aujourd'hui disparus, peut-être réapparaîtront-ils. 


La famille de la Roue : 

La première apparition connue d'un de la Roue remonte à la fin du XIe siècle. Il est mentionné en 1096, lors de la donation de l'église Saint-Julien de Moingt à l'abbaye de la Chaise-Dieu. Il est nommé Petru Wilhelmi de Rota soit Pierre Guillaume de la Roue, sans savoir s'il est affilié à la famille de la Vallorgue. 

Après le mariage de Pierre de la Roue avec Dauphine de Saint-Bonnet, c'est Pierre qui gère le patrimoine de la famille et marque à cette occasion la première incursion hors Vallorgue. 

En 1290, avec le mariage de Sybille de la Roue avec Gilbert de Solignac, la baronnie de Solignac, et les terres de Saint-Agrève et Empurany sont rattachées à la famille de la Roue ainsi qu'Aurec-sur Loire.

Ce mariage intervient après la première disparition des la Roue et de leur descendance mâle. 

Armand II meurt sans descendance mâle, sa fille Sybille de la Roue donne à son fils Bertrand les armes et titres de la Roue. Famille la Roue-Solignac 

En 1374, le mariage entre Maragde de la Roue et Briand de Dunières, rattache Dunières. 

Au XIVe siècle, avec le mariage de Armand III de la Roue avec Alix de Rochebaron, dame d'Usson, Usson revient à la Roue. 

Les possessions des la Roue s'étendent de la Bourgogne : Cormatin, à l'Ardèche : Freyssinet, Saint-Fortunat, Empurany. Dans la Loire : Saint-Germain Lespinasse et Usson, en Haute-Loire : Aurec sur Loire et Auriol, Dunières et la Charade et enfin dans leur berceau dans le Puy-de-Dôme : La Roue, Montpelloux et La Chaulme. 

Certaines de ces communes portent les armoiries de la Roue comme blason communal: D'or et d'Azur de six pièces


Posté le 13-10-2019 22:56 par Jimre

La Roue

Nous vous présentons ici une vidéo réalisée par nos soins en utilisant un drone DJI Phantom 3 advanced.

Cette vidéo a été montée par Axel Ferragne, de l'association PIERRE, qui participe à la réhabilitation du château. Elle apparaitra bientôt sur le site internet du château.

Pour info, nous avons parlé de La Roue, dont nous avons rencontré sa propriétaire Mme Perrein, accompagnée de membres de l'Association, dans notre news de décembre 2018

Sinon, on parle de la famille de La Roue au niveau de Aurec sur LoireDunières, Chalencon et Solignac (Nobiliaire du Velay du vicomte Jourda de Vaux).


Update d'Août 2019: en consultant nos photos, je me suis aperçu qu'au niveau du château de Chalencon, on pouvait voir, gravé sur les les murs du château, un très beau blason de la famille de La Roue. n'hésitez pas à visionner le diaporama, donc...


Photos:

- Jimre (2017, 2018, 2019)

Posté le 14-12-2017 14:47 par Jimre