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Aurec sur Loire

La façade Renaissance a été restaurée en 2000 dans l’esprit de sa construction. Le crépi avec apparence de fausses pierres a été refait d’après celui qui existait au XVIIe siècle. On peut y voir des fenêtres à meneaux, des archères canonnières et une canonnière.

La grosse tour carrée est la partie la plus ancienne du château du XIIe siècle, probablement construite par des desacendants d’Hugon de Montboissier.

La tour Guillaume de la Roue, située à l’angle sud-est de la cité, a été construite en 1464 par Guillaume de la Roue. C’est la plus importante des fortifications d’Aurec avec ses murs de 2,50 m d’épaisseur, visible de très loin donc dissuasive pour un quelconque ennemi ou une troupe de brigands.

La restauration intérieure du château a permis de mettre à jour des peintures murales représentant des personnages dans un jardin, datant des XiV-XVe siècles, ainsi que des décors de corbeilles de fruits, de scènes de chasse du XVIIe siècle.

Au début du XXe siècle, les propriétaires de l’époque font abattre une partie des remparts d’Aurec afin d’y aménager un parc.


Sources:

- D’après un panneau situé dans le village et réalisé par les amis du vieil Aurec


Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 03-10-2017 20:13 par Jimre

Un grand capitaine gascon du XIVe siècle

Concernant le Puy en Velay, voici un article rédigé par Nicolas Savy à propos de la Guerre de Cent Ans et des compagnies de routiers qui ont sévi dans la région du Velay. Merci à lui  pour cet article 8;-)).

"La chevauchée de Robert Knoles en Auvergne (mai-août 1359).

Par Nicolas Savy.

 

            Durant la première partie de la guerre de Cent Ans, de grands raids épiques, appelés chevauchées, furent menés par les Anglais dans de nombreuses provinces du royaume de France. Si celles dirigées par Edouard de Woodstock, dit le Prince Noir et héritier d’Angleterre, en 1355 et 1356 sont restées fameuses, d’autres au résultat moins heureux sont beaucoup moins connues. C’est le cas avec celle que Robert Knoles opéra en Auvergne entre mai et août 1359.

Robert Knoles était un Anglais originaire du Cheschire. Âgé de 34 ans, il faisait la guerre depuis de longues années, ayant fait ses premières armes pendant la guerre de Succession de Bretagne ; c’est dans le cadre de cette dernière qu’il avait notamment participé, le 26 mars 1351, au célèbre combat des Trente, durant lequel il avait été fait prisonnier. En 1355, il s’était emparé du château de l’Île d’Yeu puis, l’année suivante, avait participé à la chevauchée que le duc de Lancastre avait menée en Normandie.

            Depuis l’automne 1358, il se battait pour Charles d’Evreux qui, roi de Navarre et cousin du roi de France, contestait le trône de ce dernier. Avec ses 2 à 3000 hommes, il s’était emparé de Châteauneuf-sur-Loire et avait ravagé toute la région avant d’avancer vers l’est et de prendre Malicorne et Corvol-l’Orgueilleux, non loin d’Auxerre. Là, il avait dû affronter les troupes du routier Arnaud de Cervole, dit l’Archiprêtre qui, au service du royaume de France, avait été envoyé pour le stopper ; il les avait non seulement repoussées devant Malicorne, mais de plus son capitaine de la garnison de Corvol-l’Orgueuilleux avait même réussi à capturer l’Archiprêtre. Il était ensuite resté à pressurer le pays pendant plusieurs semaines avant de finalement réussir à se saisir d’Auxerre ; il avait été armé chevalier à cette occasion.

            Robert Knoles rejoignit Châteauneuf-sur-Loire vers la fin du mois d’avril 1359 afin de mettre à exécution son projet de grande chevauchée en Auvergne. Voulant profiter à fond des opportunités offertes par un royaume de France grandement affaibli par la défaite de Poitiers de 1356 et ses conséquences, en proie à d’immenses désordres et aux rivalités politiques internes, il comptait mettre sur pied une forte armée capable de s’emparer d’objectifs importants et d’opérer sur une large zone. Il lança ainsi un appel à tous les chefs de bandes qui combattaient un peu partout afin qu’ils le rejoignent ; bientôt, 4000 hommes furent rassemblés et prêts à se mettre en route. Parmi eux se trouvait le fameux Hugh Calveley, un vieux compagnon d’armes de Knoles qui était venu le rejoindre pour participer à cette prometteuse expédition.

            Robert Knoles donna l’ordre de marche à la mi-mai 1359. Son armée suivit la vallée de la Loire en remontant vers l’amont avant de continuer, après Nevers, en longeant celle de l’Allier. Ce mouvement avait naturellement été repéré par les Français et le bâtard royal Thomas de la Marche, gouverneur de l’Auvergne, était allé se poster avec ses troupes à Saint-Pourçain-sur-Sioule pour s’y opposer ; manœuvrant pour ne pas se laisser ralentir, Robert Knoles avait contourné le danger pour mieux aborder son objectif, la ville de Pont-du-Château, une soixante de kilomètres plus au sud. Son action ayant certainement été bien préparée, il s’en empara sans difficulté majeure et en fit son quartier général.

            Dans les premiers jours de juin, l’armée de Robert Knolles fut rejointe par Bertrucat d’Albret et ses Gascons, qui arrivaient du Quercy et du Bas-Limousin. Les nouveaux venus avaient une autre manière de faire la guerre : ils menaient une guérilla en opérant en petites compagnies pour s’emparer de châteaux et rançonner les communautés locales en pillant et rapinant tout ce qui passait à leur portée ; Knoles et ses Anglais, au contraire, voulaient réaliser « un grand coup » en s’emparant d’une localité importante, seul moyen pour obtenir des profits massifs et rapides. Ainsi, si les Gascons se mirent immédiatement à l’œuvre en parcourant le pays en tous sens, les Anglais restèrent à attendre une occasion favorable pour mener leur opération, mais elle ne venait pas, les villes du secteur comme Clermont ou Montferrand étant trop bien gardées.

            Certains Anglais s’impatientèrent assez rapidement et, dès le 17 juin, Hugh Calveley quitta Pont-du-Château à la tête d’un millier d’hommes pour se diriger vers le Velay. Robert Knoles et les autres capitaines s’entêtèrent mais, trois semaines plus tard, ils apprirent que Thomas de la Marche allait bientôt être prêt à marcher sur eux ; il avait avec lui, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, 700 hommes d’armes à cheval, 2000 piétons et attendait encore les renforts que devaient lui envoyer les communautés de la région. Face à ce danger et voyant qu’il attendait inutilement, Robert Knoles décida d’abandonner les quelques places qu’il avait prises et de disperser son armée en deux groupes pour mieux échapper aux Français. L’un d’eux, mené par Jack Win et John Waldboef, fonça vers le Forez et réussit à s’emparer de Montbrison ; le second, dirigé par Robert Knoles, fit quant à lui route vers le sud et le Velay.

            A la mi-juillet, il arriva à proximité du Puy-en-Velay où il retrouva Hugh Calveley, qui se préparait à prendre la ville ; ils décidèrent de mener l’opération ensemble en unissant leurs forces. Après avoir correctement préparé l’affaire, ils envoyèrent un « commando » de quelques hommes s’emparer d’une porte à la faveur de la nuit ; l’action fut un succès et ils purent l’ouvrir immédiatement au reste des troupes qui attendaient devant ; elles s’engouffrèrent par le passage et se répandirent dans les rues et sur les ouvrages fortifiés en annihilant toute résistance. Certains défenseurs tentèrent malgré tout de s’opposer à l’inéluctable, mais ils furent taillés en pièces et ceux qui parvinrent à fuir furent pourchassés et achevés ; certains se tuèrent en sautant du haut des courtines pour essayer de s’échapper.

            Les routiers ne purent longtemps savourer leur réussite : Thomas de la Marche, son armée à effectifs pleins, avait quitté Saint-Pourçain-sur-Sioule et marchait à grandes journées pour les rejoindre. Il avait désormais un large avantage numérique et, de toute façon, les Anglo-Gascons n’avaient rien à gagner à se confronter à lui : ils décidèrent d’évacuer la ville et de partir immédiatement pour mettre le plus de distance possible entre eux et leurs poursuivants. Ils foncèrent alors vers le sud-est dans le but de rejoindre la vallée du Rhône et la région d’Avignon, mais ils ne purent avancer plus de 70 ou 80 kilomètres car une autre armée française, venue du Languedoc, avait rapidement fait mouvement et s’était positionnée pour leur barrer la route.

            Les Français avaient bien manœuvré : privés de base et de ravitaillement au milieu d’un pays hostile, leurs ennemis surclassés numériquement n’avaient d’autre choix que celui de fuir. Pour mieux s’échapper, Robert Knoles et Hugh calveley décidèrent d’à nouveau scinder leurs troupes. Ecœuré par son échec, le premier se mit à la tête de la moitié des effectifs et partit en direction du Limousin pour rejoindre la Bretagne ; le second, avec 900 hommes dont étaient Bertrucat d’Albret et ses Gascons, fit le choix de revenir sur ses pas. Mal lui en prit, car les Français montés du Languedoc décidèrent de le poursuivre.

            L’armée du Languedoc et celle de Thomas de la Marche firent leur jonction à proximité du Puy-en-Velay, où ils rattrapèrent Hugh Calveley. Acculé, celui-ci installa dans l’urgence ses hommes en position défensive sur une colline couverte de vignes, tandis que les Français vinrent se positionner sur une autre éminence séparée d’eux par 7 à 900 mètres de prairie. A l’exception de quelques escarmouches, les deux camps passèrent la journée à s’observer.

            Hugh Calveley vit le soleil enfin décliner avec satisfaction. Sachant que les Français, logiquement, allaient l’attaquer le lendemain et que, le rapport de force étant par trop inégal, il aurait le dessous, il avait décidé d’essayer de s’enfuir à la faveur de la nuit. Lorsque l’obscurité fut complète, après un long crépuscule estival, ses Anglais et ses Gascons commencèrent à quitter leurs positions dans un silence absolu. Au matin, les reconnaissances envoyées par Thomas de la Marche ne purent que constater leur départ, mais il était trop tard : la proie s’était éclipsée.

            Conscients que les Français pouvaient encore se lancer à leur poursuite, Hugh Calveley et Bertrucat d’Albret se séparèrent rapidement afin de mieux leur échapper. Le premier prit la direction du Berry tandis que le second rejoignit la Haute-Auvergne pour y mener la guérilla qu’il affectionnait. Ainsi se terminait la grande chevauchée sur laquelle Robert Knoles avait fondé de grands espoirs mais qui, à l’exception de la prise du Puy-en-Velay, n’avait été qu’une suite de déconvenues."

 

Chevauchée de Robert Knoles en Auvergne (1359)

Source :

SAVY (Nicolas), Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans, Pradines, Archeodrom, 2015, pp.82-92.


Photos:

Jimre (2012)


Posté le 11-01-2016 18:54 par Jimre

Allegre

L’Histoire d’Allègre

Sur ce site  aux quatre volcans, la société humaine n’a pas attendu les d’Alegre.

En effet, des hommes ont vécu depuis « la Préhistoire » sur leurs pentes et au bord de la Borne.

Ce lieu est aujourd’hui nommé et écrit Allègre. Le nom d’Alegre est apparu au XIIIe siècle, venant du latin Alacer, qui signifie Vaillant, Ardent.

On donne le nom d’Alegre à la famille qui possédait le fief et le nom Allègre à la ville.

Les chroniqueurs les nommèrent  d'Alegre, Dalegre, de Laigre, etc

Ils n’étaient pas les seuls seigneurs sur ces terres volcaniques. Les chevaliers de Bar, Béraud, Guérin, d’Artasse, prétendent à une origine aussi ancienne et auraient pu être les barons de ces lieux.

Revers de fortune, absences trop longues aux croisades, manque de garçons à de trop nombreuses générations,  ils sont devenus vassaux des d’Alegre. Il se dit que nos seigneurs Vellaves étaient aux côtés d’Adhémar du Monteil, mais nul document ne l’avère.

L’ancienne appellation de la cité était Grazac, nom encore utilisé pour les faubourgs jusqu’en 1567. On retrouve aujourd'hui un village près de sainte Sigolène qui porte ce nom.

La filiation de la première famille d’Alegre s’établit avec Armand Ier d’Alegre, vers 1220, qui s’illustra aux cotés de Louis VIII "le Lion" dans de glorieux faits d’armes. 

Armand 1er d’Alègre est un des témoins, en juillet 1220 « de la ratification faite par l’évêque du Puy, Etienne de Chalencon, d’une sentence arbitrale de R. Albert, chanoine de  notre Dame et de Guillaume Cuoq?, tranchant un différend entre Jaucerand seigneur de Bouzols et Guillaume d’Albiges, maître de l’hôpital du Puy, à propos de droits de franc-fief assis à Charensac ».

Les seigneurs importants de sa descendance furent en particulier Armand II d’Alegre, qui participa avec le roi Saint Louis à de nombreux arbitrages de conflits.

Suivit Hugues d’Alegre, également sous le règne de Saint Louis.

En 1285, ce fut Armand III d’Alegre  puis Eustache d’Alegre, frère cadet d’Armand III. Tous deux étaient  les fils d’Hugues Ier d’ Alegre. 

En 1304, Eustache est convoqué par Philippe le Bel pour la guerre de Flandre, et requis de se rendre à Arras avec 10 hommes d’armes. En général, chaque homme d’armes était accompagné de trois archers, d’un écuyer et d’un page.

En 1311, il signe un accord avec le baron de Roche en Reynier au sujet des limites ardemment contestées, de leurs juridictions sur les rives de l’Arzon.

En 1318, dans la quinzaine de la saint André, Eustache seigneur d’Allègre est convoqué à Clermont en Auvergne avec le vicomte de Polignac, les seigneurs de Montlaur, de Roche en Régnier, de Chalencon et de Solignac pour accompagner en chevaux et en armes, Eudes, duc de Bourgogne et Robert, comte de Boulogne, et autres.

Le sénéchal de Beaucaire Miles de Noyers, maréchal de France soutient un important procès, depuis 1309, contre Eustache d’Alegre. Ce procès durera une douzaine d’années et fixera les limites de l’Auvergne et du Velay.

Ces lettres royales spécifient que tout le diocèse du Puy fait partie du bailliage du Velay et ressort de la sénéchaussée de Beaucaire. Sont inclus les châteaux d’Allègre, de Chomelix le Haut, et leurs mandements. Eustache, très bien soutenu par les plus grandes familles de la région, ne se rend pas aux injonctions ni aux procédures. Le baron d’Allègre persiste et plaide que ses terres et mandements dépendent de l’Auvergne. En 1320 un arrêt du Parlement de Paris ordonne qu’à l’avenir la baronnie d’Allègre fera partie du bailliage d’Auvergne.

En 1343, Eustache seigneur d’Alègre, fait un dernier hommage Jean de Chandorat, évêque du Puy, des péages du château de Chomelix le Haut, du pont d’Arlenches, de la « forteresse de Chambarel », du village de Chadernac, et du Vézy.

Le dernier seigneur de cette première famille fut Armand IV, de 1343 à 1361, date à laquelle il mourut au siège de son château, attaqué par Thomas de la Marche et les routiers anglais, en pleine guerre de Cent Ans.

A la suite de ce siège, le château ne fut pas détruit.

La veuve du château, Alix de Chalencon, continua d’habiter le château jusqu’en 1364, date où elle fut chassée par son neveu, Bertrand de Saint Nectaire, qui prétendait avoir des droits sur son héritage.

Elle sollicite l’aide du Duc de Berry qui attaque la place forte d’Alegre, qui va résister plus de six mois.

Le château est repris et sa garde en est confiée à Jean II d’Armagnac, beau-frère du Duc de Berry, jusqu’en 1385, date de la mort d’Alix de Chalencon.

L'époque où Allègre eut à souffrir des Grandes Compagnies, que Froissart écrit comme on prononçait,  "compaignies" fut un moment des Guerres de Cent Ans. Une période des Chevauchées et des Grandes Compagnies. Un temps des Chroniques de Jehan Froissart. Un demi-frère de Charles V, Jean duc de Berry et d’Auvergne, esthète, mécène, stratège et assassin. 

Localement, cela coïncida avec la fin de l’ancienne famille des Alegre et l’arrivée imprévisible pour le "petit peuple" d’une nouvelle famille, les seigneurs de Tourzel. Cette année-là, le Duc de Berry fit don de la baronnie d’Alegre à Morinot de Tourzel, qui devint le premier seigneur de la deuxième famille d’Allègre.

Il commença les travaux de réfection et de construction du mur d’enceinte. Il mourut en 1418.

Son fils Yves de Tourzel d’Alegre, continua les travaux et l’embellissement du château (mâchicoulis tréflés…) et en fit l’un des plus beaux et plus importants de la région. Alegre devient par la suite la plus haute baronnie d’Auvergne.

Yves Ier reçut le roi Charles VII à Alegre en Janvier 1425 pour les Etats Généraux du Languedoc.

En 1442, Jacques de Tourzel, fils d’Yves Ier, est titré dans les actes : Chevalier Baron d’Alegre, Meihaud, Viverols, Baffie et du Livradois, de Chomelix le Haut, de Saint Just, seigneur de Saint Quentin (en Velay), Conseiller et Chambellan du Roi.

En 1459, à la procession du Puy, Guillaume Armand de Polignac et Jacques d’Alegre portent le trône sur lequel était placée la Sainte Vierge, à la demande de Louis XI, pour que Dieu, à l’intercession de la Vierge, donnât un dauphin au royaume de France.

Jacques de Tourzel joua un rôle militaire assez important. Il fut député en Auvergne par Louis XI, en 1470, « pour prendre et choisir 95 lances à conduire à l’armée de Catalogne, savoir 15 lances de sa compagnie et 80 pour la compagnie du Comte Dauphin d’Auvergne et du Comte de Boulogne ».

Il est à remarquer que par lance on entend « lance garnie », terme utilisé pour décrire un peloton d’élite comprenant : un homme d’armes, armé de toute pièces, un coutilier, un page, un valet, des archers, en sorte qu’une lance était parfois composée de 10 cavaliers, sans compter les gens de pied.

15 lances pouvaient donc représenter plus de 150 hommes et 95 lances un corps de plus de 1000 hommes.

Jacques de Tourzel est qualifié de « Conseiller et Chambellan du Roi , Capitaine de 80 hommes d’armes » dans un certificat qu’il délivra en 1472, attestant qu’Antoine de la Chassaigne, Chevalier, seigneur de Sereys, avait bien servi en Catalogne.

Il ne néglige pas pour autant l’administration de ses domaines, après avoir fortifié et relevé de ses ruines la ville d’Alegre, éprouvée par les assauts et les incursions qui s’y étaient succédés durant la guerre contre les Anglais. Il y développe ainsi le commerce en créant une foire et des marchés importants.

En 1485, il confirma les privilèges accordés par son père à certains habitants de la ville d’Alegre et permit à d’autres, à partir de cette date, de se clore dans la première enceinte du château en se départissant de la condition de main morte, qui, au dire de Chabrol, était de droit commun dans cette terre.

Il fut marié en première noces avec Gabrielle d’Astic. Il a eu d’elle 5 enfants, dont les deux premiers vont jouer un rôle important et s’acquérir une gloire importante.

L’ainé, Yves II, dit »Le Grand », baron d’Alegre restera sans doute le plus marquant de sa maison. Il meurt à la bataille de Ravenne en 1512, après avoir vu son fils ainé tomber au combat. Il venait de sauver son ami Bayard…

Le second, François d’Alegre, de par son mariage avec Charlotte de Chalon, devint comte de Joigny et baron de Vitteaux et rendit hommage en son nom des terres de Crespy et d’Athier, tenues du château de Peronnes.

Chevalier de l’Ordre du Roi, Conseiller et Chambellan également du Roi, Capitaine de Montargis, il accompagna le roi Charles VIII à la conquête du royaume de Naples.

Il participa, aux côtés de son frère Yves II, à la journée de Seminare en 1495, où Fernand d’Aragon, roi de Castille, et Gonsalve de Cordoue furent repoussés en Calabre. Il fut commis avec son frère au gouvernement de la Basilicate, et fut plusieurs fois chargé de missions militaires et diplomatiques.

Il servit ensuite en plusieurs occasions militaires le roi Louis XII qui lui donna, dès septembre 1513, l’office de Grand Maitre et Général réformateur des Eaux et Forêts de France après la mort de Jean du Puy, seigneur du Coudray.

Il fut confirmé dans cet emploi par François Ier, le 10 Janvier 1515.

Le second fils d’Yves II, Gabriel de Tourzel, devient baron d’Alegre et participe aux campagnes d’Italie. Il obtient de François Ier d’ajouter 6 fleurs de Lys au blason des Tourzel et le reçoit en son château le 17 Juillet 1533. Il meurt en 1538.

Ses deux fils décéderont sans postérité.

C’est le troisième fils de Gabriel, Yves III, qui deveint baron d’Alegre. Il décède en son château, assassiné à la suite d’une intrigue amoureuse, sans laisser de descendance directe.

C’est sa veuve qui hérite du château d’Alegre, son neveu s’installant à Issoire (Puy de Dôme). C’est elle qui soutient le siège de 1593 et se rend après deux jours de tirs de canons qui produisirent de grands dégâts dans les remparts de la ville. Cependant, après quelques semaines et seulement deux heures de combats, elle reprend miraculeusement le château. En souvenir, est décidé qu’à perpétuité, le huitième jour d’Août et le tiers jour d’Octobre seraient jour de fête et que des processions générales seraient organisées.

Yves IV décède en 1592 en son hôtel d’Issoire, assassiné avec son épouse, ses deux filles étant épargnées.

Christophe II, installé en son château de Blainville, en Normandie, après avoir fui en Italie pour échapper àla justice, rentre en France et s’établit à Alegre vers 1605. Il épouse Louise de Flagheac, et dote Alegre d’un hôtel-dieu. Il meurt vers 1640.

Son épouse fait construire la nef de Notre Dame de l’Oratoire. 

En 1640, Claude-Yves de Tourzel devient marquis d’Alegre et meurt vers 1664.

Le dernier de la célèbre lignée des Tourzel sera Yves V, qui participe à toutes les guerres de Louis XIV : campagne de Hollande, guerre d’Augsbourg, guerre d’Espagne. Entre ses campagnes, il réside soit dans l’un de ses hôtels à Paris ou à Versailles, soit dans un de ses châteaux : Cordes dans le Puy de Dôme où est conservé le gisant en marbre d’Yves II, Meilhaux ou Alegre, dans lequel il séjourne lors de l’incendie de 1698.

En 1724, il est promu Maréchal de France. Il meurt en 1733, ne laissant que 3 filles en vie sur huit enfants.


Le château :

Château, reparium, castrum...

Perché à la cime du mont Boury, le reparium de la première famille (on disait "race", maintenant on dit plutôt "maison") des d’Alegre, chevaliers puis barons, et Grasacum, bourg au pied du même volcan, se joignirent et devinrent Allègre !

Pourquoi user du mot "reparium" qui peut paraître pompeux ou snob...?

Le mot du latin médiéval reparium ne signifie pas "repaire" dans le sens actuel de repaire de brigands. Il est de la même famille que "réparer" et "retour". Le sens est celui du retour à la maison du Père. Là où on se "répare", où on se refait une santé. Il est voisin de Père et Patrie. Il est voisin d'apparier : mettre ensemble deux par deux des éléments de mêmes nature et valeur.

Castrum (ou motte castrale), comme reparium, sont les mots utilisés dans les textes du Moyen Âge pour désigner le lieu où le chevalier se retire entre deux guerres, le plus souvent guerres privées. C'est plus que le château lui-même. C'est le groupe "château + chapelle ou église + habitat". On sait qu'à Châteauneuf (d'Allègre) il y eut un château, une église et des maisons. Châteauneuf fut un castrum, et pas seulement un château... ni un "repaire de brigands" !

Le vaste édifice fut construit à la fin du XIVe siècle par Morinot du Tourzel, sur l’arête méridionale du volcan du Boury, à l’emplacement d’une forteresse primitive moins importante.

Le château offrait l’aspect d’un quadrilatère allongé à plusieurs étages, flanqué de trois tours, couronné d’un chemin de ronde avec créneaux et mâchicoulis tréflés.

Au centre des batiments principaux, le donjon où « tour du  Trésor ». Ce trésor, les papiers des propriétaires, disparaitra tout ou partie lors de l’incendie de 1698.

Trois enceintes le protégeaient, dont la plus grande, couvrant un hectare, 78 ares et 84 centiares, était défendue par 11 tours percées de meurtrières et reliées entre elles par des courtines.

Deux portes principales avec corps de garde, créneaux, mâchicoulis et herses, y donnaient accès, la porte Nord, nommée porte de Ravel et celle du Sud nommée Porte de Monsieur.

Le tout était entouré des principaux ouvrages de défense alors en usage, fossé à l’Ouest avec pont levis.

Dans la troisième enceinte se trouvait la chapelle Notre Dame de L’Oratoire (oratoire depuis 1547, nef en 1650) et sa piéta miraculeuse.

Dans la seconde enceinte, la chapelle Saint Yves, lieu de sépulture des d’Alegre, en ruines vers 1764.

Le 15 Novembre 1698, un violent incendie réduisait en cendre cette magnifique forteresse, alors occupée par Yves V d’Alegre.

Du château lui-même, il ne reste que la Potence, classée Monument Historique en 1935, qui s’insérait dans la façade méridionale. Tout près, on trouve la tour de la salle de garde, en ruines. A quelques dizaines de mètres, au sud de la Potence, isolée au milieu des jardins, on trouve une tour servant de pigeonnier qui commandait sans doute l’escalier conduisant au donjon.

La porte de Ravel ne présente plus qu’une tour avec meurtrière, la seconde ayant été démolie en 1845.

La porte de Monsieur, bien conservée est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

Une tour avec meurtrières, à proximité de la mairie, appartenait au système de fortifications de l’entrée sud (barbacanes).

Des huit hôtels bâtis à partir de 1435 à l’intérieur de la première enceinte par des notables, il ne reste que peu de choses, l’Hôtel de la Clède, l’Hôtel de Bar, dont la tour d’escalier est encore intacte, l’Hôtel de Chardon dont la tour octogonale en saillie dans la rue de Notre Dame de L’Oratoire à été démolie en 1868.

Des cinq autres, il ne reste que des traces visibles seulement à l’œil du chercheur averti.

Les remparts, aliénés par lots dès le règne de Louis XIII, ont fourni des matériaux de construction aux maisons de la rue de Notre Dame, de la place du Marchédial, de la rue des Clostres…

De belles pierres, en réemploi ici et là, mises en valeur au hasard des restaurations d’immeubles, proviennent sans doute du château.


A noter que du château, on a une vue imprenable sur la plaine du Velay avec vue au loin sur le donjon du château de Polignac devant lequel on passe lorsque l’on a quitté le Puy pour se rendre à Allègre…


Sources :

- Panneaux dans la ville

- Site de l’Association des Amis d’Allègre.


Photos :

-Jimre (2015)





Posté le 10-01-2016 23:10 par Jimre

Lavoute Polignac

Voir article sur Polignac

Posté le 14-02-2014 17:11 par Jimre

Leotoing

Le château:

Au Nord de Massiac, on peut admirer les importants vestiges du château. Cet édifice dominant l'Alagnon de 150m, appartenait aux Dauphin d'Auvergne. De ses abords, une jolie vue se dégage sur les Gorges de l'Alagnon, le Cézallier, la Limagne de Brioude, le Livradois, le Plateau de la Chaise-Dieu et les Monts du Velay.

Le nom et la seigneurie de Léotoing tirent leurs origines d'une branche cadette de la famille de Mercœur. La première implantation d'un lieu fortifié se fait au XIe siècle, vers 1060. Dès la fin du XIe siècle, Anthoine de « Lauthon » puis ses frères et ses héritiers imposent leur autorité sur de nombreux fiefs voisins.

Le château n'occupe alors qu'une motte délimitée par un fossé, située approximativement au point le moins élevé du site, aux alentours du cimetière. À la suite de dissensions au sein de la famille comtale d'Auvergne, Léotoing fait partie des fiefs donnés par jugement royal à Robert Dauphin, comte de Clermont qui les lègue à son fils Hugues au début du XIVe siècle.

La marque des Dauphin

En 1261, les Dauphin donnèrent au château seigneurial un nouveau visage, une tour maîtresse et ses annexes furent édifiées en aménageant une terrasse sommitale sur le piton rocheux voisin. La motte primitive est arasée et l'ancienne basse-cour, close de murs, donne naissance au village avec son église paroissiale.

En 1264, les habitants reçoivent une charte de franchises et de privilèges en échange de prestations de services militaires et les fournitures au bénéfice des Dauphin et de leurs suites.

Vers 1365, un autre Robert Dauphin renforça les défenses du château afin de dissuader toute attaque éventuelle. Ce fut le temps de la guerre de Cent Ans et des compagnies de mercenaires occupèrent Brioude.

 Au XVème siècle, vers 1420, la seigneurie se scinde et les cadets s'installent à Montgon qui devient le fief principal de la branche des Léotoing-Montgon.Un dernier programme d'aménagements résidentiels acheva de donner au château sa physionomie définitive. Béraud III, dernier représentant des Dauphin, maria sa fille unique à Louis de Bourbon, comte de Montpensier. De cette famille comtale puis ducale des Montpensier, la seigneurie passa aux ducs d’Orléans.

Un long oubli

Le château laissé sans entretien tombe en ruines à partir du XVIe siècle. Vendu comme bien national à la Révolution, il sert alors de carrière pour les habitants du village.


L'église:

Située à proximité du château, l'église romane de Léotoing domine l'ensemble villageois.

Un prieuré roman

Les plus anciennes mentions d'une église paroissiale dédiée à Saint Vincent datent des années 1060. Elles concernent les donations faites à l'abbaye de Sauxillanges par Anthoine de « Lauthon », et certains de ses parents.

L'abbaye de Cluny, dont relève Sauxillanges, y installe un prieuré à une date indéterminée. Son existence est attestée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'église est construite dans la tradition romane de la fin du XIIe siècle. À l'origine, elle comprend une nef de trois travées voûtées en berceau, complétée vers l'est par un transept peu saillant dont la croisée est couverte d'une coupole sur trompes (voûte de forme hémisphérique soutenue par quatre arcs). Sur ce transept ouvrait une abside flanquée sans doute de deux absidioles dont il ne subsiste que celle située au Sud.

Des remaniements gothiques

Au cours du premier quart du XVe siècle, le transept, l'absidiole nord ainsi que l'abside principale sont abattus. Ils sont remplacés par une abside rectangulaire et par un chœur voûtés sur croisées d'ogives. Les clefs de voûtes sont sculptées aux armes de la famille de Balsac dont l'un des membres était alors titulaire de la charge priorale. Sur le flanc nord de l'église fut aménagée une vaste chapelle à caractère seigneurial voûtée sur croisée d'ogives. La clef aux armes écartelées des Dauphin d'Auvergne et des Sancerre, famille dont est issu Béraud III dit « Le Jeune », dernier représentant de la famille des Dauphin.

Décors et peintures

On accède à l'église par un porche autrefois protégé par un auvent. Le couronnement du mur méridional porte une corniche à modillons (pierre en saillie soutenant les éléments d'une corniche) sculptés, dont deux paraissent d'origine. Dans la nef, les chapiteaux de facture archaïque reproduisent des thèmes iconographiques répandus en Brivadois (sirène bifide, aigle, lions affrontés, etc.) Sur le mur oriental du bras sud du transept, les restes d'une peinture murale du XVe siècle figurent une Déposition de Croix. La belle qualité d'exécution de la scène est associée à la présence du donateur qui pourrait être un prieur de la riche famille des Balsac. Dans l'absidiole voisine, la figuration d'un Dieu de Majesté en Pantocrator (qualificatif de Dieu, maître de l'univers et figuré en buste) est associée à une délicate scène de l'Annonciation qui peut être datée de la seconde moitié du XIVe siècle. Il est à remarquer que les carnations peintes en sel d'argent ont viré au noir.


La chapelle des lépreux:

Plaque posée par la Communauté de communes du Pays de Blesle : "Située sur un site dominant la vallée de l'Alagnon, la chapelle de Léotoing, surmontée d'un clocher-mur à arcature unique, date probablement de la fin du XVIIIe siècle. Le bâtiment, construit sur un rocher, est typique des petits édifices ruraux employant des matériaux de construction locaux. Appelée selon la tradition « chapelle des lépreux », elle aurait été édifiée hors de l'enceinte du village afin d'éviter tout contact avec des personnes malades.


Sources:

-Wikipedia

- site auvergne-centrefrance


Photos:

-Jimre(2013)

Posté le 09-10-2013 11:32 par Jimre

Chalencon

Retiré au fond des gorges de l'Ance, petit affluent de la rive gauche de la Loire, ce petit château du Velay est établi sur une roche plate isolée qui porte une enceinte quadrangulaire enfermant un donjon cylindrique et une église.

Source: "L'évolution des châteaux dans la France au Moyen-Age" par André Chatelain.

Posté le 27-01-2013 19:15 par Jimre

Dunieres


Retranscription du site "La Tour de Dunières" (qui n'est malheureusement plus accessible...)


La tour de Dunières est le dernier vestige du château médiéval de Dunières-Joyeuse.
Visibles depuis la route reliant Dunières à Montfaucon, le donjon et l'ancien périmètre du château, clos de murs, sont depuis 1938 la propriété privée des descendants de Florentin Malartre qui, en 1895, avait procédé à la restauration du bâtiment en accord avec la famille de La Tour-Maubourg.


La tour de Dunières a été inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 2002.


Le rapport présenté  à cette occasion en résume les caractéristiques :


" Comparable à celle d'Esplantas (Haute-Loire) et de Montpeyroux (Puy-de-Dôme), la tour de Dunières appartient à la lignée des tours circulaires construites à partir du XIIIe siècle selon le modèle dit « philippin » issu des progrès apportés par Philippe-Auguste dans l'architecture militaire. Elle en présente les principales caractéristiques : fonctions mixtes, à la fois défensives, résidentielles et ostentatoires avec superposition de niveaux de stockage, d'un niveau d'entrée, d'un niveau résidentiel et d'un niveau défensif, avant d'aboutir à la plate-forme sommitale équipée de hourds de pierre; épaisseur des murs, soigneusement parementés; escalier pris dans l'épaisseur des murs. On note cependant quelques dispositions archaïques (accès par le premier étage, voûtement par coupole ) .
Même si la tour a souffert d'un état d'abandon prolongé et si les restaurations réalisées au XIXe siècle l'ont dotée d'un couronnement un peu sec, elle reste un élément intéressant de l'architecture médiévale dans la région. En outre, ses abords, heureusement préservés, réservent un potentiel archéologique très prometteur. "


La toponymie des lieux, la tradition orale et les documents écrits se rejoignaient pour confirmer l'existence, à la fin du XVIe siècle, en bordure du plateau, de deux châteaux appartenant, l'un au Seigneur de JOYEUSE, l'autre au Seigneur de la ROUE.
Du château de JOYEUSE subsistaient autrefois les soubassements d'une tour massive qui constituait la pièce maîtresse d'un château-fort très ancien. Ce dernier contrôlait plateau et vallée au point de convergence des sentiers muletiers et chemins qui, par les cols des Boutières, faisaient communiquer Vivarais et Forez en traversant le Velay occidental.
En 1164, une bulle du Pape Alexandre III plaçait sous l'autorité de l'Evêque du Puy le " castrum " de DUNIERES, construction au moins antérieure à 1146, puisque, cette année-là, le roi Louis VII interdit pour un temps l'édification de nouvelles forteresses dans le diocèse du Puy.
Dans la deuxième moitié du XIIe siècle, les SAINT-DIDIER étaient seigneurs du château supérieur et d'une partie de la terre de DUNIERES.
La baronnie des SAINT-DIDIER et DUNIERES passa ensuite aux mains des seigneurs, plus tard ducs, de JOYEUSE et, en 1587, au duc de BOURBON-MONTPENSIER.


 Au XIIe siècle, sur l'autre partie de la terre de DUNIERES, étaient établis les RETOURTOUR, déjà richement possessionnés en Vivarais, qui possédaient, non loin de l'église, la maison-forte ou château-bas de DUNIERES.

Au XIVe siècle, peut-être à la suite d'une guerre privée où, allié à des seigneurs du voisinage, il avait vaincu Jaucerand de SAINT-DIDIER, Briand de RETOURTOUR fit construire, tout près du château des SAINT-DIDIER, une haute tour et un château-fort, plus tard appelés " de LA ROUE ", du nom de Maragde de LA ROUE, troisième épouse et héritière du Seigneur de RETOURTOUR.
A sa mort, la terre de DUNIERES, bien que revendiquée par Guy de SAINT-PRIEST qu'elle avait épousé après son veuvage, resta l'apanage des cadets de LA ROUE.


Au cours des guerres de religion (1562-1598), les châteaux constituèrent une forteresse solide avec une garnison entretenue par la Ligue et les Etats du Velay, qui firent procéder à une remise en état des fortifications. Ils ne furent jamais pris, contrairement aux bourgs fortifiés et châteaux voisins de TENCE, MONTFAUCON et SAINT-PAL.
En 1719, Henri-Joseph et Marie-Charlotte de la GARDE-CHAMBONNAS, familiers du duc et de la duchesse du MOINE et de la cour brillante du château de SCEAUX, vendirent leur moitié de la seigneurie de DUNIERES au marquis de MAUBOURG, Maréchal de camp aux armées du Roi.

En 1753, Claude FLORIMOND DE FAY, Comte de MAUBOURG, rachetait à Thomas d'ESPINCHAL la deuxième moitié de la terre de DUNIERES, devenant ainsi maître de toute la baronnie, qu'il transmit à son fils aîné, Marie-Charles César DE FAY de la TOUR MAUBOURG.

Ce dernier, Maréchal de camp de LA FAYETTE en 1792 et compromis avec lui après la journée révolutionnaire du 10 août, le suivit en exil et partagea sa captivité en Prusse et en Autriche. Il fut considéré comme émigré et ses biens furent déclarés biens nationaux.
Le château-bas du bourg trouva acquéreur mais les châteaux supérieurs, laissés à l'abandon pendant un siècle et demi, étaient si délabrés qu'ils ne furent pas mis en vente.


Subsistaient encore, selon le rapport de la municipalité, une chapelle partiellement éboulée, quelques murs en ruine des anciens bâtiments, une tour massive plus qu'à moitié détruite et une grande tour presque intacte.


En 1801, la famille de la TOUR MAUBOURG racheta le château-bas et reprit possession de la tour et des ruines qui l'entouraient. Beaucoup de pierres avaient été prises ou descellées des ouvertures et emportées.


En 1895, Madame de LA TOUR MAUBOURG confia à Florentin MALARTRE son désir de consolider sa vieille tour.
Le 23 juillet, une convention était signée avec Messieurs VIAL et GENESTE pour l'ensemble des travaux: colmatage de la brêche, réfection des ouvertures en pierres de taille, re-jointement des murs extérieurs, rétablissement de l'escalier d'accès à la porte extérieure, pose d'un plancher, d'un escalier en bois et d'une porte ouvrant sur l'escalier intérieur en colimaçon.


Le dernier héritier de la tour, sans descendance, la proposa à François MALARTRE (1865-1951), qui en devint propriétaire en 1938.


Sources:

-Site "La tour de Dunieres" (qui n'est malheureusement plus accessible...)


Photos:

-Jimre (2010)

Posté le 16-01-2013 15:54 par Jimre

Roche en Régnier


Edifié au XIIIe siècle, le donjon n’est pas la résidence habituelle des seigneurs, barons de Roche. Majestueuse, dominant le paysage et le bourg, la tour de Roche permet d’affirmer la présence et l’autorité du seigneur sur la région en donnant du crédit à ses représentants permanents (bayle ou capitaine du château).

Batie selon les règles de l’art, la porte d’entrée du donjon se situe au premier étage avec comme moyen d’y accéder une simple échelle que l’on peut retirer en cas de danger.

Le rez-de-chaussée abrite les réserves en grains, vins et huile. A l’étage, le seigneur peut avoir son logis, meublé très simplement. Mais souvent la fonction du donjon est plus un rôle de défense ou de stockage des biens du seigneur.

Les différents propriétaires dont le passé a gardé la trace  furent les Roche, Les Levis et pour finir le seigneur Noël Jourda de Vaux, qui le château en ruines, interdit aux habitants d’en emporter les pierres…

Quelques dates :

-950, Régnier, premier seigneur de Roche, donne son nom au futur bourg. 

-1087, Durand de Roche fait don de l’église de l’église de Saint Maurice à l’évêque du Puy et au prieur de Chamalières.

-XIIIe siècle, les Roche s'allient aux plus grandes familles vivaroises. La seigneurie s’étend dans les monts du Vivarais.

-1340, avec la mort du dernier héritier masculin, la seigneurie passe entre les mains de la famille vivaroise de Lévis, à la tête d’un domaine  allant du Velay à la vallée du Rhône.

-1486, Roche est donné en apanage par Jean de Bourbon à son fils naturel, Mathieu.

-1527-1538, la seigneurie est confisquée par François Ier, puis restituée à la famille de Bourbon.

-1769, le Maréchal Noël Jourda de Vaux, dernier seigneur de Roche, conquiert la Corse.


Source:

- Panneau situé près de la Tour


Photos:

- Jimre (2012)

Posté le 23-09-2012 21:05 par Jimre

Chalencon

Le bourg féodal de Chalencon apparait avec sa chapelle et son moulin, en même temps que le chef-lieu de cette localité, entre 1021 et 1047. C’était le siège de la baronnie de Chalencon, qui alliée aux Polignac, fut une des plus puissantes familles de la région.

Le site du lieu a, sans doute, contribué à faire de gros village médiéval un important lieu de passage et de commerce, comme l’atteste la présence d’un pont dit « le pont du diable », de la légende rencontrée un peu partout en France qui veut qu’un pont, construit par le diable, lui  ait été soutiré par ruse .

Chalencon était placé sur une voie de commerce et les Chalencon avaient des équipes muletières qui assuraient un important trafic de marchandises, entre les montagnes du Velay et la vallée du Rhône.

Les vestiges du château consistent en trois terrasses de niveau différent, dont l’une, située à l’ouest, surplombe le village. Il reste peu de choses des anciens bâtiments et murailles : hormis le svelte donjon circulaire, restauré, au sommet crénelé, subsistent encore deux tourelles d’angle, en partie reconstruites au début du XXe siècle et quelques fenêtres de la fin du XIIIe siècle. Le château fut définitivement abandonné aux alentours de 1600. Il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1913.

Il existe une polémique car les créneaux du donjon sont l'œuvre des architectes de Viollet-le-Duc restaurateur de sites médiévaux sous Napoléon III. Vu l'emplacement de la tour, il s'agit plus vraisemblablement d'une tour plate où était entretenu un feu durant les brumeuses nuits d'hiver pour que les marchands et pèlerins se repèrent. Il ne faut pas oublier que la place de Chalencon était avant tout un centre commercial dont le passage sur le pont du diable était payant.

La chapelle, qui fut accolée au château au début du XIe siècle, servit aux villageois de lieu de culte jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. L'abside, voûtée en cul-de-four, autrefois sans doute ornée de fresques, est délimitée par cinq arcades en plein-cintre, dont l’une, dans la face méridionale, est percée d’une fenêtre gothique géminée du XVe siècle, avec rose quadrilobée. Les arcades viennent s’appuyer sur des colonnettes au chapiteau feuillagé, dont deux manquent. À la fin du XVIIe siècle, la voûte primitive, écroulée, fut remplacée par un plafond lambrissé subdivisé en une myriade de petits caissons blancs décorés de dessins de fleurons et de monogrammes. La cloche suspendue dans le campenard porte la date de 1499.

Sources :

-          Wikipédia ici et

-          Autour des Châteaux


Posté le 22-09-2012 17:57 par Jimre

Polignac

Le château de Polignac apparait dans une charte datant de 930 sans que l’on sache exactement de quand date sa construction. Juché sur un piton volcanique entouré de falaises escarpées d’où l’on peut apercevoir le Puy en Velay tout proche, il était sans doute destiné à l’origine protéger la ville.

Ce site de défense exceptionnel a sans doute été construit dans cette période de troubles qu’est le temps de la féodalité où les comtes s’affranchissent du pouvoir royal dont ils sont les représentants. La féodalité se met en place et les dynasties locales prennent les pouvoirs d’un roi affaibli et lointain et se composent par la force ou par les alliances des principautés autonomes.

Parmi ces dynasties se trouve celle des Polignac. Vicomtes du Puy depuis le IXe siècle, ils s’emparent de la forteresse de Polignac dont ils adoptent le nom à la fin du XIe siècle. En l’absence du comte de Toulouse, qui a l’autorité sur le Velay, de grands seigneurs en profitent pour faire la loi dans la Province. Les Polignac sont les plus puissants d’entre eux, les seuls à pouvoir rivaliser avec l’évêque du Puy, investi des charges comtales et soutenu par le roi pour contrecarrer les féodaux.

Bien que très indisciplinés aux yeux du pouvoir royal, ils participent quand même aux grands combats de leur temps, à commencer par les croisades, et conservent leur position de première famille du Velay. Héracle de Polignac participe en 1098 à la première Croisade où il trouve la mort.

 

La région retentit du bruit de ces querelles tout au long du Moyen-Age. L’évêque se plaint souvent que les Polignac se battent contre les dynasties voisines pour accroitre leur zone d’influence et surtout profitent de leur position pour rançonner les voyageurs qui se rendent au Puy pour le célèbre pèlerinage.

En 1213, une décision royale contraint les vicomtes à rendre hommage à l’évêque. Pendant la guerre de Cent Ans, les Polignac assurent la défense de la région et renforce la position de Polignac en construisant le donjon, haut de 32 mètres (1385-1421).

Cela ne les empêche pas de subir les manœuvres de Louis XI qui confisque leur château en 1467, après qu’ils se soient ralliés à la rébellion de seigneurs désireux de conserver leur indépendance vis-à-vis du pouvoir royal (Ligue du Bien Public).

Au XVIe siècle, les Polignac, définitivement assagis, occupent les plus hautes fonctions auprès du roi. Ils construisent à Polignac la résidence de la Vicomté, plus confortable et décorée au goût du jour. En 1533, François Ier, en route vers le Puy, y séjourne et salue les Polignac comme les « Rois des montagnes »

Quand les guerres de religion embrasent la région, la famille reste fidèle à Henri III et au protestant Henri de Navarre ou Henri IV, alors que le Puy se rallie aux Ligueurs, catholiques intransigeants.

En contribuant au triomphe de la cause, le château joue un rôle politique et militaire essentiel. La paix revenue, les châtelains délaissent la vieille forteresse pour une résidence plus confortable sur les bords de Loire, Lavoûte-Polignac.

Au XVIIIe siècle, ils abandonnent définitivement Polignac, brillent à la cour de Versailles, puis émigrent sous la Révolution à la demande de Louis XVI. Le château est alors vendu comme bien national et sert de carrière de pierres.

Quand le Prince Jules de Polignac, ministre des Affaires Etrangères de Charles X, le rachète au XIXe siècle, il n’est plus qu’une ruine dont le pittoresque séduit de rares visiteurs comme Georges Sand, qui y situe l’action d’un de ses romans, le marquis de Villemer, et Prosper Mérimée, premier inspecteur des Monuments Historiques, qui le classe en 1840.

Sa renaissance s’amorce en 1893 avec la restauration de donjon. Elle se poursuit sous l’égide de la Fondation Forteresse de Polignac, créée par la princesse Constance de Polignac.

En 2012, création de l’association Forteresse Polignac Patrimoine pour la valorisation du site.


Posté le 26-08-2012 16:53 par Jimre

Bouzols

Un donjon du XIIe siècle est flanqué de tours circulaires et isolé par un fossé taillé dans le roc.

Il subsiste des fragments de courtine et une tour ronde.

Le château a été restauré au XIXe siècle.

Posté le 14-05-2012 20:05 par Jimre

Rochebaron

 1-      Principales dates du château :


Les éléments du château tels qu’on peut les voir en partie restaurés aujourd’hui remontent au XVe siècle. Cependant le château primitif date vraisemblablement du XIIe siècle, des traces de la famille de Rochebaron remontant même au Xe siècle.

Entre 1150 et 1200 :

Le château est hommagé. Il est constitué de deux parties principales, l’une dédiée à la surveillance de la vallée de la Loire (emplacement de l’actuelle chapelle et de la cuisine), l’autre assurant la défense de l’accès principal par l’ouest avec un donjon rectangulaire (emplacement de la tour triangulaire).

 Début XVe siècle :

 D’importants remaniements interviennent, motivés par la guerre de Cent Ans et une période fortement troublée, avec notamment :

La reconstruction de la chapelle telle que les ruines nous la présentent aujourd’hui.

La fortification de l’accès à la troisième enceinte, avec la construction de la porte à herse 

La construction de la tour ronde (mentionnée dès 1419).

Fin  XVe siècle :

En ces temps de paix relative, les considérations défensives ne sont plus prioritaires et l’on profite de cette période pour surélever l’ensemble herse-chapelle et y adjoindre un étage d’habitation.

XVIe siècle :

De nouvelles techniques de guerre étant apparues, l’aspect défensif du château est adapté à ces nouvelles contraintes avec le remplacement du donjon carré par une tour triangulaire dont l’angle vif est constitué par des pierres de grande dimensions qui offrait moins de prise aux tirs des assaillants venant de l’ouest.

De plus elle est armée de véritables canonnières permettant de répondre à l’artillerie de l’époque.

A partir du XVIIe siècle :

Ce siècle marque la fin de l’activité du château en tant que tel. Il commence à être désaffecté à partir de 1654.

Il est mentionné en ruines dès 1743. Son manque de confort a conduit ses propriétaires à le délaisser et la dernière famille propriétaire, les De Fisicat, n’en fera plus acte de possession à partir de 1826.

Au début du XXe siècle, le site a servi de ferme d’accueil  pour 3 familles dont l’une exerçait la profession de tisserands. Ces habitants demeuraient dans un bâtiment du XVIIIe siècle (restauré début des années 90 par « les Amis de Rochebaron ».

Alors que les derniers vestiges disparaissaient, notamment le poste de garde coté Loire qui existait encore début XXe siècle, la seconde moitié du XXe siècle a vu un regain d’intérêt pour le site avec son classement en tant que Monument Historique en 1951.

En 1972 naissait l’association des Amis de Rochebaron qui voulait empêcher que l’ignorance entraine la lente mais inexorable destruction de ce site.

Refondée en 1986, l’association compte aujourd’hui deux cents membres qui d’une façon ou d’une autre aident à la sauvegarde de ce patrimoine

En ce début de XXIe siècle, la phase de sauvegarde est terminée et laisse place à une étape de réhabilitation.

2-      Les éléments visibles dans le château :

La ferme d’accueil du XVIIIe siècle accueillant le musée lapidaire abritant des matériaux divers recueillis lors de la restauration du château

La poterne, porte fortifiée avec des barres et verrous de fermeture qui permettait une sortie discrète du château en cas de siège.

La table d’orientation avec de magnifiques blasons des Rochebaron et de la commune de Bas-en-Basset où se trouvait une poste de garde composé d’une tour de guet encore visible au XXe siècle.

La porte à herse dont la défense était  assurée par une arrivée en longeant le mur (exposition aux jets des défenseurs), une herse , deux tours en U semblables, à l’exception de l’orientation de leurs archères, permettant une meilleure défense en couvrant plusieurs directions, et une porte fermant par des barres.

Les tours étaient plus hautes afin d’assurer une meilleure protection de l’ensemble de la porte.

 A noter le mélange pierre-briques qui constitue cet ensemble ( on retrouve la brique dans l’Ain(Dombes) et l’Isère.

La chapelle se trouve vraisemblablement sur le site primitif du château (citée en 1301). Elle est dédiée à saint Antoine du Viennois, un saint guérisseur.

La chapelle comporte une nef unique de 8,15 m de longueur, prolongée par son abside située coté Loire. La paroi, coté ferme d’accueil, possède des restes de mâchicoulis, témoins de la fortification de l’édifice. Les ouvertures sont plus étroites en bas (défense) alors qu’elles deviennent très larges en haut (habitation seigneuriale avec une superbe fenêtre à meneaux).

Le bâtiment semble donc avoir eu 3 fonctions simultanées : lieu de culte, système défensif (en complément de la porte à herse), et bâtiment résidentiel à l’étage desservi  par un escalier à vis situé dans la tour ronde attenante.

La citerne, qui était un édifice vital permettant de récupérer les eaux pluviales par un système de canalisations. Elle a une profondeur de 16 m et une largeur de 3 m.

Une légende nous est parvenue dans laquelle intervient cette citerne (voir ci-après le résumé).

Le logis, ancien logement  du seigneur avec une salle de réception, une cheminée encore visible et un dallage aujourd’hui recouvert.

La cuisine dont le pavement comporte des creusements et inclinaisons permettant l’évacuation des eaux vers l’extérieur. Les restes de 3 cheminées sont encore visibles aujourd’hui.

La tour triangulaire qui comme dit précédemment a remplacé une tour carrée au XVe siècle. Elle est constituée de 5 niveaux  communiquant par des escaliers intérieurs à volées droites et avait un usage exclusivement militaire.

La courtine, entre les deux tours  est l’enceinte la plus épaisse du château (1,60 m)et dont la hauteur est de 9,45 m car elle est située à un endroit stratégique pour la défense face au chemin d’accès de jadis.

La tour ronde :

Dont le palier d’entrée cumule différents dispositifs défensifs avec :

Une échelle d’accès escamotable,

 Une double porte,

Une trappe qui s’ouvre sur 4 m de profondeur,

La hauteur des premières marches de l’escalier qui est nettement supérieure à celle des marches suivantes qui sont plus larges,

La présence d’un assommoir (marche élargie pouvant supporter un défenseur).

Dont les salles sont construites sur le même modèle : une cheminée de taille imposante par rapport à la surface de la pièce, deux fenêtres à l’orientation Sud Ouest-Sud Est et des latrines séparées jadis séparées par une porte et des aérations grâce à des ouvertures dédiées.

A l’origine les hourds équipant la courtine et la tour ronde étaient en brique. Mais pour des raisons techniques, leur  restauration a été faite en bois de tech qui ne nécessite aucun entretien.

La tour Nord, tour circulaire composée de 3 salles superposées, voutées en coupole et communiquant par un puits central.

Le village, situé à l’extrémité du plateau qui s’étend devant les deux tours principales. Les premières mentions d’habitation sont du XVIe siècle avec Huit feux en 1550

A noter que dans le virage permettant d’accéder au château (au niveau de la zone permettant d‘accéder au niveau de ce plateau devant la courtine et au dessus du châtelet de la porte de l’entrée)  on peut voir dans la végétation des vestiges de murs ainsi qu’un fossé qui ferme l’éperon du château. Cette zone n’a pas l’air d’avoir encore été mise en valeur et si quelqu’un peut nous donner des précisions sur ces vestiges dont vous pouvez voir les photos sur notre site, ce sera avec plaisir que nous les publierons.


3-      La légende de Rochebaron.

" A peine Héracle de Rochebaron venait-il d’être défait à Serverette (en Lozère) que le Sénéchal Humbert de Grolée se présenta devant la porte du castel et demanda la reddition de la place. A cette injonction, un conseil présidé par les deux châtelaines se réunit et arrêta qu’on devait résister à tout prix.

Sans perdre de temps, le Sénéchal investit la place, fit mettre en batteries catapultes et pierriers. L’épaisse muraille de la forteresse s’écroula et donna le passage à l’assiégeant. Rochebaron était pris.

A la vue des soldats, les filles d’Héracle se jetèrent dans le puits qui avoisinait la chapelle. Les belligérants, saisis d’émotion, arrêtèrent  de se battre. Parmi eux se trouvait un valeureux chevalier, Philibert de Grolée, fils du Sénéchal. Il n’hésita pas à se jeter dans la citerne. Bientôt, on le vit reparaitre, étreignant dans ses bras vigoureux Jeanne de Rochebaron ; elle était morte. Un de ses compagnons d’armes réussit à retirer du puits Marguerite, que quelques soins ramenèrent bientôt à la vie.

Marguerite fut comblée de prévenances ; sa profonde tristesse touchait tous ceux qui l’approchaient. On ne sut qu’inventer pour la sortir de sa morne torpeur ; chevauchées, parties de chasse, succédèrent aux réceptions et aux tournois. Dans l’une de ces joutes entre chevaliers, Philibert de Grolée resta le vainqueur. Ce fut des mains de Marguerite qu’il reçut la palme d’or. A peine tendait-il la main pour saisir le prix du à sa bravoure autant qu’à son agilité, qu’il tombait en défaillance.

Il avait été grièvement blessé. Marguerite, s’en étant aperçue s’empressa de ranimer le jeune homme. Cet amour naissant ne fit par la suite que s’accroitre ; l’un et l’autre s'aimaient, mais sans oser se le déclarer. Un jour cependant, Philibert de Grolée, demanda la main de Marguerite ; la fille d’Héracle de Rochebaron n’eut pas la force de refuser.

Le grand jour choisi pour les noces arriva. Celles-ci battaient leur plein quand Marguerite, songeant à son père et à sa sœur chérie, quitta la grande salle et gagna par un escalier dérobé la porte du château. Enlevée par un chevalier qui lui était fidèle, elle se dirigea sur l’abbaye de Chazeaux où elle fut reçue par l’abbesse. Au moment de prononcer les vœux perpetuels, et voyant tomber à ses pieds son opulente chevelure, elle poussa un cri déchirant et dit avec effroi, dans un sanglot de larmes : Ô Jeanne ! Ô mon père ! Vous êtes vengés !"

Article rédigé d'après les informations du manuel de visite du château.


De plus amples informations:

Posté le 30-05-2010 22:59 par Jimre

Histoire d'Arlempdes

D'après le livre "L'Evolution des châteaux-forts dans la France du Moyen-Age" par André Chatelain.

C'est un surgissement basaltique tumultueux, dressé sur le haut cours de la Loire, qui supporte ce château. Il utilise comme assise deux terrasses superposées aux contours très irréguliers.La plus élevée et la plus restreinte conserve les ruines du logis et la chapelle castrale. La plus basse et la plus étendue forme une grande basse-cour bordée d'une enceinte flanquée, sur les à-pic.

Informations reprises sur les panneaux du village.

1000 avant JC - La grotte de la Baume connaît une occupation humaine. On peut penser d’après de précédents travaux qu’un lieu de culte celtique ou pré celtique est établi à Arlempdes sur le site de la chapelle St Jacques le Majeur d’Arlempdes. La racine gauloise d’ Arlempdes « Nemeto « et la racine pré celtique « Nemasu » désigne le temple.

186-187 ap JC - on dit que le site des Souils était occupé. Arlempdes se situe au bord de la Loire(liger en latin dérive de Lig-ara : Rivière du Dieu), le plus long fleuve de la Gaule qui prend sa source au Mont Gerbier des Joncs et rejoint la mer à Nantes. Arlempdes est la frontière entre la Gaule romaine : « La Provincia Narbonensis» et la Celtique. La frontière est matérialisée par la Méjeanne et la Gazeille.

IIe-IIIe siècle -  Le site des Souils est à nouveau occupé. Les habitants l’avaient abandonné au Ier siècle suite à un incendie.

476 - Fin de l’hégémonie romaine. L’Auvergne fait alors partie du royaume wisigoth jusqu’à la bataille de Vouillé en 507 remportée par Clovis, chef des Francs. L’Auvergne entre alors dans le royaume des Francs

728-730 - Les sarrasins seraient présents sur le territoire du Devès.

An Mil - Un village est certainement implanté à Arlempdes. Cependant, aucune trace écrite ou témoignage architectural ne permet de penser que la forteresse d’Arlempdes est déjà construite.

1030 - On dit qu’une horrible famine a sévi durant 3 ans et que Saint Odilon, Abbé de Cluny, a sacrifié les vases sacrés de l’église pour soulager les pauvres.

1096 - Les seigneurs de Montlaur, famille issue du Languedoc, participent à la première croisade ordonnée par Urbain II. Ils sont alliés aux Dauphins d’Auvergne, aux Polignac et s’établissent en Vivarais. Pourquoi choisissent-ils ces terres éloignées de leur foyer d’origine ? Elles appartiennent aux évêques du Puy et de Viviers mais également au Comte de Toulouse. Celui-ci trouve opportun d’avoir un vassal dans cette contrée. Les Montlaur s’implantent donc tout près de Coucouron, au village « Montlor ».

XIIe siècle - On sait que la construction de la forteresse date de cette période. La chapelle castrale est rattachée à l’architecture romane Vellave. Au sein du village, il existe également une église paroissiale « Saint Pierre » qui date de la même époque. La chapelle castrale est désignée en 1320 comme « capella beati Jacobi castri Arlempdü ».

1248 - Les Montlaur sont propriétaires du château. Héracle de Montlaur dit « Le Vieux »(1230-1277) signe une lettre, datée d’Arlempdes, au roi Louis IX « Saint Louis ». Les Montlaur sont sans doute les maîtres d’ouvrage de la forteresse. Ils mettent en place une politique territoriale davantage en rapport « avec l’ampleur, la valeur stratégique du château d’Arlempdes, la qualité architecturale de sa chapelle ».

Petite légende: Sous le château, un passage secret mène à Le Goudet au château de Beaufort. Pons IV de Montlaur et Héracle II participent à la première des deux croisades de Saint Louis.

1269 - Les Montlaur transforment les terres  et le château d’Arlempdes en baronnie.

1304 - Pierre de Montlaur, convoqué par Philippe le Bel, participe à la guerre des Flandres avec 50 gens d’armes et 500 sergents recrutés dans la mouvance de la baronnie de Montlaur.

1429 - Durant la guerre de Cent Ans, Louis de Montlaur est chambellan et conseiller du roi Charles VII. Ce dernier lutte pour la couronne de France. Louis de Montlaur combat pour le roi aux cotés de Jeanne d’Arc. Il s’accorde une trêve le 11 Juin afin de marier sa fille Anne, dame d’Arlempdes avec Charles III de Poitiers-Valentinois qui devient seigneur d’Arlempdes. Le château et les terres d’Anne de Montlaur, lui sont apportés en dot. Charles III, après sa visite, transforme et répare le château qui a beaucoup souffert du passage des routiers, bandits de grand chemin. Cette famille embellit et modifie la façade. On aperçoit encore ses armoiries « d’azur  à six besants d’argent au chef d’or ».

1499 - Naissance de Diane de Poitiers. Après son frère Guillaume, elle est dame d’Arlempdes. Diane de Poitiers, d’une beauté exceptionnelle selon ses contemporains, est la favorite du roi Henri II qui lui fait construire un château à Anet. Elle aurait effectué quelques séjours à Arlempdes, et on lui attribue la construction du porche du château.

1585 - Guerres de religion. Le château d’Arlempdes n’est pas imprenable comme le croyait Henri IV. Il est assiégé par le chef protestant Antoine de la Garde dit « le cadet de Chambonas ». Il réussit à pénétrer dans l’enceinte grâce au portier en échange d’un sac de 1000 écus d’or. Il en profite pour piller et rançonner sauvagement le pays. Les Poitiers-Valentinois ne résident pas en permanence au château. Ils en ont confié la gestion à la famille de Goys qui est faite prisonnière par ce même chef protestant.

1586 - La peste en Devès et un hiver exceptionnellement rigoureux font de nombreuses victimes.

1588 - Les gens, excédés par la cruauté de Chambonas se rebellent et le tuent.

XVIe siècle - Les propriétaires, à partir de cette époque sont des grands personnages dont le lieu de résidence n’est plus à Arlempdes.

1783 - Le marquis d’Arlandes effectue le 21 Novembre 1783 le premier vol en montgolfière en compagnie de Pilatre de Rozier.

1790 - Création du département de la Haute-Loire.

1792 - Après la révolution française, la venue d’un prêtre assermenté fait éclater des incidents à Arlempdes. L’administration lance des mandats d’arrêt contre les prêtres réfractaires, notamment le curé d’Arlempdes. Il se cache dans les « bonnes maisons » ou dans les grottes environnantes.

1793 - Destruction « des croix, blasons et autres vestiges de fanatisme » que représentent la religion pour les révolutionnaires.

XVIIIe siècle - Le château d’Arlempdes est entretenu jusqu’à cette époque. Avant la révolution, le château est  déjà laissé à l’abandon.

1926 - Inscription du château aux Monuments Historiques.

1963 - La famille de Goys rachète le domaine et restaure le château par tranches successives.

Posté le 01-12-2008 20:40 par Jimre