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Vidéo d'Artias

Nous mettons en ligne une vidéo de P. Gaucher réalisée par drone du château d'Artias, dans le val de Loire. Nous l'avons également ajoutée à notre playlist Youtube. Ne manquez pas d'aller y faire un tour, bien entendu, car il y a d'autres vidéos, réalisées par nos soins ou pas...


Photos:

-Jimre (2013)

Posté le 12-06-2019 22:42 par Jimre

Vidéo

Nous faisons un lien sur une vidéo réalisée par drone d'Agrain trouvée sur le site Alleyras Capitale. Plein d'autres infos sur la région dans ce site donc ne manquez pas d'y aller.

Pour la parenthèse, nous aurions mieux fait de tomber sur ce site avant car il indique par quel chemin accéder au château.

Pour notre part nous avons du faire demi-tour car nous avons perdu du temps pour trouver un chemin en partant d'Ouïdes, donc nous avons fait seulement des photos, sans mettre en action notre drone. Ce n'est que partie remise et ce sera un plaisir de retourner un de ces jours dans cette région riche en patrimoine médiéval.

 

D'autres vidéos réalisées par nos soins...ou pas ...dans notre rubrique Videos Youtube.


 

Bonnes visites réelles ou virtuelles


Posté le 05-04-2019 20:01 par Jimre

Vidéos

Des images aériennes de Jonchères réalisées avec un drone DJI Phantom 3 Advanced.

Nous faisons également un lien sur une vidéo réalisée par drone de Jonchères trouvée sur le site Alleyras Capitale. Plein d'autres infos sur la région donc ne manquez pas d'y aller.


D'autres vidéos réalisées par nos soins...ou pas ...dans notre rubrique Videos Youtube.


Bonnes visites réelles ou virtuelles

Posté le 05-04-2019 19:49 par Jimre

Joncheres

Retranscription d'un document trouvé sur le site http://gg43.free.fr/joncheres.htm. Ne manquez pas d'aller y faire un tour...

Source: document conçu par Mme BUCHLE B. "Société Académique du Puy en Velay et de la Haute-Loire" 

Le document est marqué en "Copie interdite" mais j'espère que le propriétaire du site ou l'auteure de l'article comprendront la démarche de notre site, à savoir le partage d'information pour faire découvrir notre patrimoine commun et ne nous en tiendront pas rigueur car c'est un très bon article.

Ils peuvent en tout cas prendre contact avec nous pour toute remarque 8;-)).


"Le château et la Baronnie de Jonchères


LE SITE

— Des tours massives à demi écroulées, des pans de murs envahis par la végétation, dans

un site sauvage de roches dénudées et de bois suspendus sur les gouffres de l'Allier,

— des prismes basaltiques, dont certains forment un abri qui s'écroule un peu plus

chaque année, et où fut trouvée une hache de pierre polie,

— un filet d'eau claire dévalant jusqu'à l'Allier,

— un pont qui enjambe la rivière et fait communiquer Velay et Gévaudan,

— voilà Jonchères.

Les ruines du château, encore imposantes, se dressent aux confins du département sur le territoire de la commune de Rauret, canton de Pradelles, au bord de l'Allier qui fait frontière entre la Haute-Loire et la Lozère. Depuis la fermeture de la petite gare (le long de l'Allier court la voie ferrée Paris Nîmes) le lieu est ordinairement désert ; mais il s'anime à la belle saison où touristes et campeurs sont attirés par la beauté du site, l'eau pure de la rivière et le sable fin de la plage.

La gare et la petite maison du garde-barrière ont été aménagées en résidences secondaires ; la seule maison restant de l'ancien village a été achetée par des Hollandais et 1 ou 2 constructions nouvelles sortent de terre.

LA VIGUERIE — LA BARONNIE

Le château et le pont se dressent là depuis des temps fort lointains, le premier gardant le second. En effet, la forteresse ne domine pas les environs ; elle est encaissée entre des rives abruptes et même du sommet des tours on ne devait pas voir bien loin ; elle ne pouvait qu'assurer la défense du passage.

A.Boudon-Lashermes, dans « Les Vigueries Carolingiennes > dit que Jonchères, au bord de la route qui allait de la Cité d'Anis au pays des Ruthènes — le Rouergue — était l'une des forteresses défendant la frontière celtique du « Pagus » vellave. Plus tard, ce fut l'un des 4 mandements de la Viguerie de Mariac, près Salettes, les autres étant La Fare, Soubreys et Arlempdes.

En 1164, on l'appelle Juncheiras (1), en 1289 : Castrum de Juncheriis (1) qui fait partie des châteaux dont le Pape confirme la suzeraineté à l'Evêque du Puy. Le nom évoluera en Juntgeyras(1), Juntgeriae (1) avant de devenir Junchières, Jonchières et finalement Jonchères.

Cela signifie sans doute « endroit planté de joncs », bien qu'il n'y ait aucun terrain marécageux à proximité.

La Viguerie de Jonchères, qui succéda à celle de Mariac (2) était vaste, allant de l'Allier jusqu'à la Loire (entre Arlempdes et Issarlès) où elle avait un droit de pêche. En 1285, Gilbert de St-Haon rend hommage à l'Evêque du Puy (3) pour le Castrum de Jonchères, la tour et l'eau de Loire, et dans un autre hommage, pour ce qu'il a au mandement de Jonchères, en deçà et au-delà de la Loire. S'agissait-il réellement de la Loire ? Le fait a été contesté ; il est vrai que les textes anciens contiennent des erreurs, surtout de noms et de dates.

Au fil des siècles, la baronnie qui remplaça la Viguerie perdit de son étendue, mais resta importante. Jusqu'à la Révolution, elle fut l'une des 18 Baronnies Diocésaines qui donnaient à leur seigneur le droit de siéger aux Etats particuliers du Velay. Elle est mentionnée comme telle, pour la première fois en 1494, dans le procès-verbal des Etats du Velay.

L'évêque, comte du Velay, donc suzerain de Jonchères était généralement représenté à ces Etats par un « commis », qui était toujours un Polignac. En 1585, les barons diocésains s'élevèrent contre le « monopole » Polignac et revendiquèrent le droit de choisir eux-mêmes le « commis » : ils proposèrent le baron de Jonchères, ce qui laisse supposer qu'il était à la fois estimé et puissant. Mais ils n'eurent pas de succès et le monopole Polignac continua (4).

Il était fréquent que les barons eux-mêmes se fassent représenter ; parmi les « commis » de Jonchères, on trouve (5) entre autres en 1582 : Loys de Lobeyrac, en 1615 : Antoine de Colin des Roys, en 1620 : Théoffre d'Alzon, en 1649 : Jean de Paroir,

LES PREMIERS SEIGNEURS

Qui furent les seigneurs de Jonchères ? Avant le XII siècle, on ne sait pas. A partir de cette époque et pendant environ 200 ans, ce furent des seigneurs pariers, ou co-seigneurs. La baronnie de Jonchères était une sorte de co-propriété. Des villes entières pouvaient être des co-seigneuries : Pradelles en était une, la Garde Guérin, en Lozère, une autre. Les coseigneurs possédaient une part du château ou de la ville, et se partageaient les soins de l'entretien et de la défense, ainsi que les bénéfices, la justice, les droits seigneuriaux, ce qui créait parfois contestations et conflits.

Parmi les premiers possesseurs connus, il y a les Pradelles, eux-mêmes co-seigneurs de Pradelles, comme le furent tous les barons de Jonchères. En 1296, Hébrard de Pradelles rend hommage à l'Evêque, pour « la 4e partie de la Tour de Jonchères, avec la seigneurie et juridiction de la dite 4° partie >. Sont aussi co-seigneurs aux XIII et XIV siècles, les Beaune, les Dentil de St-Haon, les Freycenet de Sinzelles, les Villate, les Sarrazin. Il n'y eut jamais, même au début, de famille de Jonchères ; on devenait seigneur de la baronnie par héritage, mariage ou achat. Dans les chroniques, ou dans certains actes, il est parfois question de M. de Jonchères, mais seulement par commodité (6).

Dès la fin du XIV° siècle, les Villate semblent devenus les seigneurs principaux, et au xve et au début du XVI, les seuls maîtres de la baronnie.

LES BELVEZER

Vers 1550, Gilberte de Villate, héritière, épouse Jean de Belvezer ou Belvezet. L'origine de cette famille est mal connue; certains la font venir d'Auvergne, les autres du Rouergue, aux confins de l'Aubrac, ce qui est plus probable. Pendant 150 ans, les Belvezer seront barons de Jonchères.

Le mandement, outre le château et le hameau blotti à ses pieds, comprenait les villages voisins de Joncherettes, Arquejols, Freycenet, en Velay, et, de l'autre côté de l'Allier, en Gévaudan, des possessions à Fontanes, Chaussenille, Sinzelles. Les Belvezer sont aussi comtes de Milhau seigneurs de St-Juéry, Rochegrès, St-Just, Oradour, Belvezet, Jalavoux, Rauret, Aubignac, le Monteil, le Mazel, Malesvielles, Chabannes, et autres places ; ils sont bien sûr coseigneurs de Pradelles.

Ce sont des gens remuants, souvent militaires de carrière, querelleurs et procéduriers. Ils eurent avec les évêques du Puy, des procès en cascade, qui durèrent près de 150 ans.

Tout commence avec Guyon de Belvezer, 2' baron de ce nom. En 1572, année de son mariage avec Jeanne d'Arpajon, il conclut avec l'évêque du Puy Antoine de Sénectère, une importante transaction. L'évêque prétend que « la moitié du fort, château et lieu de Jonchères, ainsi que de certains autres villages proches, lui appartient, en raison de son évêché et comté, de

même que plusieurs cens, rentes et droits de directe ». Guyon de Belvezer dit au contraire que l'ensemble de la seigneurie, avec tous ses droits et revenus, lui appartient, comme elle a appartenu de toute ancienneté à ses prédécesseurs, sans que les évêques puissent prétendre à autre chose que le droit de « haut fief » et l'hommage, symbolique et honorifique.

Qui avait tort, qui avait raison ?... On transigea. Monseigneur de Sénectère, dont une nièce, Marie, devait épouser le fils de Guyon, François, cède tous les droits de justice, la directe, les cens et rentes qu'il pouvait avoir dans le mandement, et, en contrepartie, Guyon lui cède d'autres droits, directes, cens et rentes qu'il possède au village de Jagonas, tout proche (7).

Le baron de Jonchères est définitivement maître chez lui.

Mais 67 ans plus tard, en 1639, l'évêque, alors Just de Serres, n'a encore rien perçu des rentes cédées à Jagonas, comme étant injustifiées. Nouvelle transaction avec Charlotte d'Espinchal, veuve et héritière d'Antoine de Belvezer, petit-fils de Guyon, après réclamations, procès, sentences, annulations de sentences et appel au Parlement de Toulouse.

L'évêque était dans son droit, les titres lui permettant d'exercer la justice et toucher les rentes promises ne lui ayant jamais été remis, mais il fallut 69 ans pour que ce droit fût reconnu.

Mme d'Espinchal dut céder à la place de celles de Jagonas, des rentes et directes au village d'Arquejols ; elle dut en outre, par une nouvelle transaction en 1707 pour compenser le manque à gagner de l'évêque, pendant ces longues années, lui verser 120 livres de rente annuelle et perpétuelle !

Pendant ce temps, se déroulait un autre procès entre Monseigneur de Serres et Gaspard de Belvezer, fondateur de la branche cadette, à propos de dîmes à lever dans les villages de la baronnie (8).

L'histoire n'est pas terminée... et la transaction de 1572, est remise en cause, en 1758.

Beaucoup d'eau a coulé sous le pont de Jonchères;lamaîtresse deslieux est alors Mme de Nicolaï, arrière-petite-fille de Charlotte d'Espinchal-Belvezer, et l'évêque du Puy est Monseigneur de Pompignan.

Mme de Nicolaï touche des rentes au village du Mazel, paroisse de Fontanes (village situé audessus de l'actuel barrage de Naussac), comme l'ont fait tous ses prédécesseurs. A l'occasion d'une vente, elle veut toucher le « lodz », redevance due au seigneur sur les ventes effectuées sur ses terres. Monseigneur de Pompignan s'y oppose, prétendant que le Mazel n'a pas été inclus dans la transaction de 1572, donc n'appartient pas à Jonchères, mais à l'évêché qui doit y faire valoir ses droits. Chaque partie présente ses arguments. On remonte au déluge, le représentant de l'évêque dissèque le droit féodal et l'interprète, bien sûr, à son profit.

L'évêque et la marquise étant tous deux à Paris, c'est un homme de loi parisien qui s'occupe de l'affaire, et les conseillers du roi, notaires au Châtelet qui tranchent en faveur de Mme de Nicolaï.

L'évêque qui avait déjà dû toucher les lodz, doit les restituer.

La Révolution, qui abolit les droits féodaux, n'était plus très loin, sinon, les procès dureraient peut-être encore.

Les Belvezer prirent une part importante aux guerres de religion. Jean, l'époux de Gilberte de Villate, combat en 1562 contre Blacons, lieutenant du Baron des Adrets. Son fils Guyon, (qui avait transigé avec l'évêque en 1572) ennemi juré des Protestants, est Lieutenant Général et Commandant en Gévaudan, en l'absence du Baron de St-Vidal qui était gouverneur du Velay et du Gévaudan (9). Il semble être au mieux avec lui : c'est le Baron de St-Vidal, en effet, qui lui remet de la part d'Henri III, le collier de Chevalier de l'ordre du roi (10).

En 1581, il est chargé, avec quelques autres seigneurs, de rassembler l'argent de la rançon réclamée par le Capitaine Merle, chef fameux et redouté des Protestants, pour rendre la ville de Mende qu'il occupe. Il combat ensuite, au Puy même, aux côtés de St-Vidal, alors chef de la Ligue. En 1589, il est convoqué au ban et arrière-ban de la Sénéchaussée, et en 1590, il arrive au Puy, en compagnie des principaux chefs ligueurs de la région, et loge à l'Hôtel de la Pomme, avec le Baron de St-Haon, dont le château était voisin du sien (10).

Lorsque le Baron de St-Vidal, fut tué au Pont d'Estroulhas par le Cadet de Séneujols, secondé par M. de Chaste, il fut représenté à l'interminable défilé des funérailles, par un porteur de torche. Il ne négligeait pas ses affaires financières, pour autant, et achetait des terres, dont la métairie noble de Jalavoux.

Certains de ses descendants furent aussi batailleurs que lui. Un jour de 1650, son arrièrepetit-fils, Christophe, rentrant de voyage, passait par Issoire. Il y rencontra son frère, dit : « le seigneur de St Etienne », chevalier de la Compagnie d'Ordonnance de Son Altesse Royale, qui y logeait, avec quelques amis. Le baron persuada son frère de rentrer avec lui à Pradelles où il demeurait actuellement, pour y passer le reste de ses quartiers d'hiver ; ses amis sont invités. La petite troupe s'arrête dans une auberge dont le propriétaire possède un très beau chien qui excite la convoitise du sieur de St Etienne ; comme l'aubergiste ne veut ni le donner ni le vendre, l'irascible St Etienne s'en empare et le fait immédiatement accoupler avec un des siens, de même taille.

Une querelle s'ensuit, au cours de laquelle l'aubergiste est mortellement blessé. Le Baron de Jonchères avait, paraît-il, essayé de calmer son frère et n'avait pas pris part au meurtre.

Il dut cependant avoir quelques ennuis avec la justice, puisqu'il sollicita du roi, sa grâce.

Louis XIV ne se pressa pas pour l'accorder, et fit attendre 12ans sa lettre de rémission (11).

En raison des bons et loyaux services du Baron dans l'armée, on oublierait la fâcheuse histoire du chien. Quant au sieur de St Etienne, il aurait — disent les documents — « souffert la mort pour la satisfaction du crime ».

Un Belvezer de la branche cadette combattit, 50 ans plus tard, contre les Camisards et se fit remarquer par son ardeur guerrière.

Tous les Belvezer n'étaient cependant pas aussi belliqueux ; la famille a compté des chanoines de Brioude, des prieurs de Fontanes, Langogne, St-Jean-la-Fouillouse, des religieuses au couvent Notre-dame, de Langogne, à St-Flour, à Mercoire, où Henriette de Belvezer de Ligeac prit l'habit en 1766 et fut une des 7 religieuses restantes à la Révolution (12). La vie de Jonchères est tournée vers le Gévaudan, autant, sinon plus que vers le Velay.

En 1645, François de Belvezer, impliqué dans l'affaire du chien, épouse Françoise AnneMarie du Quesnel de St-Just, et devient de ce fait, seigneur de St-Just, près Chomelix. Bien qu'il voit sa noblesse confirmée en 1669, il adopte pour ses descendants le nom de St-Just. Sa femme et lui, ayant survécu à leurs enfants, le titre passa au frère de François, Christophe, et à la fille de celui-ci Marguerite, qui est dite : « Marquise de St-Just, comtesse de Jonchères, seigneuresse de ce lieu ».

Signalons en passant une petite mésaventure qui arriva en 1692 au François de Belvezer dont il vient d'être question : Il ne pouvait rentrer en possession d'un coffre plein de vêtements et d'objets divers, entreposé dans la chambre d'une hôtellerie du Puy, chambre dont on avait volé la clé, d'où réclamation au présidial. L'affaire est sans intérêt, mais on apprend à ce propos, que les « délivrances » de justice avaient lieu à cette époque au « Carré de la Bédoire », c'est-à-dire la Place du Plot (13).

LES DERNIERS SEIGNEURS

A la fin du XVII° siècle, les barons de Jonchères, attirés par une vie plus confortable et plus brillante que celle qu'on pouvait mener dans les gorges de l'Allier, quittent le château et s'établissent à Paris ou dans le midi. Le château et les terres sont affermés, et, de ce jour, commence le déclin de la vieille forteresse. C'est aussi à cette époque que la baronnie tombe « en quenouille », et ne se transmet plus que par les femmes.

Marguerite de Belvezer, qui se faisait appeler Marquise de St-Just, épousa le 24 décembre 1699, Pierre de St André, seigneur de Ressons, capitaine de cuirassiers, fils d'un secrétaire du roi. Elle mourut en 1737 ne laissant qu'une fille, Marie-louise de St André qui épousa Joseph Louis de Nicolaï, co-seigneur de la ville de Bagnols en Vivarais, baron de Sabran et Cavillargues. Leur fils, Scipion de Nicolaï, devint maître de la baronnie en 1768. A cette date, le château était déjà en mauvais état ; il le vendit le 26 avril 1781, pour 180.000 livres à Jean-Guillaume Sauzet, médecin et homme d'affaires de Pradelles, dont M. Féminier a retracé la vie, dans le Tome LVII du Bulletin de la Société Académique.

Sauzet mourut en 1827, sans postérité, et c'est son frère Jean-Pierre, sieur de St Clément, juge au Tribunal du Puy qui hérita de Jonchères et le transmit à une de ses filles, Mme Vêyrenc de la Valette.

La famille de la Valette posséda Jonchères jusqu'en novembre 1957 où la commune de Rauret se rendit acquéreur du terrain sur lequel s'élèvent les ruines.

DES RUINES

Une grande quantité de pierres du château fut utilisée à la construction de la voie ferrée vers 1866-67, ce qui acheva la destruction des bâtiments.

Ce qu'il en reste a été classé Monument Historique par arrêté du 14 novembre 1983.

Comme tout château qui se respecte, Jonchères avait un souterrain, dont l'entrée était encore accessible il y a moins de 50 ans, mais qui a maintenant disparu sous les éboulis. Une tradition locale voulait qu'il passât sous l'Allier pour déboucher en Gévaudan, mais cela paraît peu probable. Par contre, il n'est pas impossible qu'il ait communiqué, suivant une autre tradition, avec le château de Beaune, à quelques kilomètres de là, les seigneurs de Jonchères étant alliés aux seigneurs de Beaune. Diane de Belvezer avait épousé en 1609, Christophe de Beaune, haut seigneur de Pradelles.

Pendant la Révolution, les souterrains servirent de cachette à un membre de la branche cadette des Belvezer, établie depuis le XVII° siècle, au château de Trémoulet, en Gévaudan, sous le nom de Ligeac.

Jean-Baptiste de Ligeac se trouvait pendant la Révolution à Mende où il faisait partie d'un groupe de royalistes. Dénoncé, il put s'enfuir et grâce à ses talents de cavalier, échapper à ses poursuivants et se réfugier dans les souterrains de Jonchères où il fut malgré tout arrêté et conduit à Pradelles où il resta 18 mois en prison. C'était un cavalier exceptionnel et lorsque les paysans entendaient un grand bruit, ils disaient « c'est la tourmente, peut-être « la trêve » (les esprits)... ou alors c'est M. de Ligeac qui passe au galop... ».

Au pied du château, un hameau abritait quelques paysans ou valets de labour, un maréchalferrant, un « tireur de laine », un ou deux pêcheurs de profession ; une vingtaine de personnes en tout. Tout près, tournaient plusieurs moulins dont il reste à peine quelques pierres dans les ronces.

Le hameau subsista jusqu'au début du siècle. Jonchères fut commune jusqu'en 1832, mais, trop peu importante, fut à cette date rattachée à la commune de Rauret.

LE PONT

M. Chervalier, dans son excellent ouvrage sur les Ponts de la Haute-Loire, en a fait en partie l'historique. Qu'il nous permette de le rappeler, en ajoutant quelques détails Il est probable qu'un pont enjambant l'Allier existait à Jonchères, il y a très longtemps ; mais on ne sait rien avant 1559 où le pont d'alors, en bois bien sûr, fut emporté par une crue.

Du XVI° au XIX° siècle, de réparations en reconstruction se succédèrent des ponts, à l'existence éphémère. Nous connaissons l'aspect de 2 d'entre eux par des dessins conservés aux Archives Départementales de la Haute-Loire ; l'un de 1646, illustre le livre de M. Chervalier, l'autre de 1860 a été publié par M. Féminier.

Ces ponts de bois se détérioraient rapidement et étaient dangereux ; on les appelait des « planches » et lorsqu'on les mentionne, c'est pour dire qu'elles sont en ruines ou détruites.

Dans les registres paroissiaux de Rauret, il n'est pas rare de lire en marge des actes de décès : « noyé en la rivière d'Allier tombé des planches de Jonchères ».

En 1702, lorsque le château fut affermé aux Boucharenc, il est spécifié que « le seigneur fera faire un petit bateau pour transporter les blés qui viennent du Gévaudan, en attendant la reconstruction du pont » (14).

L'édification du dernier pont de bois, en 1856, fut matière à d'âpres discussions entre les communes avoisinantes, en particulier celle de Rauret, et Mme de la Valette, propriétaire de Jonchères. Cette dernière se résolut à financer une partie des travaux, mais en profita pour déclarer que le pont lui appartenait et qu'elle voulait y instituer un droit de péage de 4, 6 ou 8 centimes, selon qu'il s'agirait d'une personne, d'un animal ou d'une charrette.

Vive émotion à Rauret, qui n'avait pas ménagé non plus ses rares deniers, et refus très net du droit de péage ; les raisons ne manquaient pas : on avait jusqu'alors circulé librement, vu le système monétaire il n'était pas possible de payer exactement 4, 6 ou 8 centimes, et — argument décisif — on ne pouvait pas taxer des charrettes qui n'avaient pas la place de passer sur le pont ! M. de la Valette renonça au péage.

Cet ouvrage fut détruit en 1876, non par une crue mais par un incendie ; curieuse fin pour un pont...

Il était urgent de le refaire, à cause de la gare qui existait depuis 1869-70 et à laquelle ne pouvaient accéder les Lozériens. Mais il fallut attendre encore de nombreuses années.

En 1881, le conseil municipal de Rauret fait la proposition suivante : « Une passerelle en fer appartenant à la compagnie du Chemin de Fer de St Germain des Fosséss à Nîmes est devenue inutile à Chapeauroux, par suite de la construction d'un pont en pierre. Elle pourrait être utilisée à Jonchères, sur l'Allier. Le conseil, faute d'argent, envisage de n'en acheter que la moitié, ce qui serait suffisant, et à condition que les communes voisines : Fontanes, Auroux, Naussac, Chastanier, St-Bonnet, Ste-Colombe, St-Haon, Landos, St-Etiennedu-Vigan, participent à l'achat et que l'Etat donne un secours.

Les communes citées ne voulurent rien entendre et les tractations durèrent encore près de 10 ans.

Finalement l'achat et la pose de cette moitié de pont furent pris en charge par les deux communes riveraines : Rauret, côté Haute-Loire, Fontanes, côté Lozère. Rauret dut contracter un emprunt et fit ressortir pendant longtemps « l'énormité de son sacrifice ». Il est vrai qu'il fallait aussi rendre praticable le mauvais chemin qui menait au pont.

Les travaux furent adjugés en 1890 seulement, et achevés en 1891. Depuis la proposition du conseil municipal de Rauret, il avait fallu attendre 10 ans pour que puissent communiquer à nouveau, la Haute-Loire et la Lozère.

On ne peut s'empêcher de regretter le pittoresque et romantique pont de bois de 1856, tellement plus joli que l'actuel pont métallique. Mais ce dernier a le mérite de la solidité ; ni incendie, ni intempéries ne peuvent le détruire. Lors de la crue de 1980, les eaux de l'Allier en furie atteignaient presque le niveau du tablier, mais il résista et il n'y eut aucun dégât.

Il n'a pas besoin d'être défendu par la garde du château, et, pendant les beaux jours, il permet aux amateurs de planche à voile de gagner le plan d'eau de Naussac, par une route pittoresque.

JONCHERES

"Tu dresses sur le roc, grand corps jadis vivant,

Comme des bras tremblants, tes tours démantelées,

Dominant la rivière aux eaux échevelées

Qui te garde, et t'unit au sombre Gévaudan.

Tu fus pourtant puissante et haute seigneurie,

Et tes maîtres siégeaient aux Etats Diocésains.

Villate, Belvezer, Dentil ou Sarrazin

Défendirent âprement ta noble baronnie.

Lourdement revêtus de la cotte de maille

Ou bien portant, plus tard, la fraise et le pourpoint,

Bataillant sans répit, et d'estoc et de taille,

S'ils vainquirent souvent, ne te sauvèrent point

Tu mourus lentement en des mains étrangères,

Victime de l'oubli, de l'abandon, des tiens,

Qui pour des cieux plus doux ou des maisons princières,

Reniant le passé, dénouèrent ses liens.

Certains, comtes et marquis, préférèrent Versailles,

Les faveurs de son roi, les fastes de la cour,

A l'abri, pourtant sûr, de tes hautes murailles,

Bien sévères, il est vrai, à la tombée du jour.

Tous tes barons sont morts, qui menaient grand tapage.

Tu restes seul debout, Jonchères, vieux chevalier,

Croulant, mais fier encore, dans ta gorge sauvage

Où roule, de roc en roc, l'impétueux Allier."


B. BUCHLÉ « Société Académique du Puy en Velay et de la Haute-Loire »


(1) Cbassaing : Dictionnaire topographique de la Haute-Loire.

(2) A. Boudon-Lashermes : Les Vigueries Carolingiennes.

(3) Lascombe : Hommages à l'Evêque.

(4) E. Delcambre : Les Etats du Velay.

(5) Preuves de Polignac

(6) Mémoires de Burel : M. de Junchièrres.

(7) A.D. de la Haute-Loire G-60.

(8) A.D. G.60.

(9) Bulletin de la Société d'Agriculture de la Lozère.

(10) Mémoires de Burel

(11) Mémoires et procès-verbaux de la Société Agricole et scientifique de la Haute-Loire. 1886-87. T. 5.

(12) Biographies Lozériennes. F. Remize. A.D. de la Lozère : 8 1478.

(13) A.D. de la Haute-Loire 1 H.649.

(14) A.D. Papiers de l'abbé Mercier"

Posté le 05-04-2019 19:34 par Jimre

Agrain

Les premiers possesseurs du château d'Agrain, petit village alors avec sa chapelle étaient les Barons de Cayres (vassaux des seigneurs de Montlaur bien sûr) dont un Godefroy de Cayres (il y en a un à chaque génération depuis le 11e siècle).

Les Cayres étaient une famille puissante qui détenait aussi les maisons fortes de Prunet et de Séjallières, qui avec le château d'Agrain, constituaient une défense sur le plateau dominant l'Allier via Vabres Alleyras. Les d'Agrain, branche cadette issue des puissants Agrain sont eux même des vassaux de la famille de Cayres fixée à Ouïdes à quelques 3 ou 4 kms d'Agrain ( d'Ouïdes suivre la petite route où indiquée Alleyras, route vite impraticable en voiture).

A la fin du 15e Guillaume Maurel qui a épousé Louise de Cayres est qualifié par alliance donc de Seigneur d'Agrain.

En 1510 il vend la baronnie d'Agrain qui comprenait aussi Ribains, Le Villard, Le Moulard et Ouïdes à un bourgeois du Puy Pierre Farnier. Son fils Gautier la cédera par acte d'échange en 1533 à Antoine Orvy, autre bourgeois du Puy son beau frère. Mais les Orvy préfèrent résider au Puy, le château est fort isolé dans une belle nature volontiers hostile, surtout quand les guerres civiles s'en mêlent. En 1588 le seigneur du Bouchet Antoine de la Garde dit le cadet de Chambonas s'en empare pour les protestants et le sénéchal du Puy Chaste doit payer rançon pour le récupérer après l'avoir vainement assiégé. En 1594 Durand Ranquet commandant des Ligueurs l'occupe et c'est seulement sous Henri IV (règne de 1589 à 1610) que les Orvy récupèrent leur bien. Mais ce château fut au final peu occupé par cette famille qui préféra sa demeure plus confortable du Puy. Une alliance le passe aux mains de Claude de Laguiolle, des querelles familiales le font mettre sous séquestre puis aux enchères.

En 1643 il est adjugé à Hugues Pradier, conseiller de la sénéchaussée du Puy. Mais le bâtiment est déjà transformé en ferme.

Le dernier fermier, un habitant du Moulard l'occupe jusqu'en 1945.

Au XVIIe siècle, un corps de logis doté de pièces à cheminées sur 2 niveaux, une tour, une chapelle, des communs avec étable, fournil, colombier, jardin.

Ce château est un peu isolé, mais des chemins fort accessibles permettent toujours d'aller soit à Alleyras, soit au Moulard dont l'accès est le plus rapide et le plus aisé, soit de rejoindre le village d'Ouïdes et d'accéder ainsi par un autre chemin aux maisons fortes de Prunet et un peu plus loin à celle de Séjallières. De bonnes chaussures ne nuisent pas.


Sources:

-Site internet Mémoire virtuelle d'une Ide

-Châteaux de haute-loire Edition Watel

- En bibliothèque du Puy consultation possible des deux tomes de Gaston Jourda de Vaux consacré aux châteaux de la Haute-Loire 1911.

-Site sur la famille d'Agrain http://fr.calameo.com/books/000357550927ba85179ce



Photos:
- Jimre (2019)

Posté le 05-04-2019 18:34 par Jimre

Domeyrat

Article repris sur le site http://www.auvergne-centrefrance.com. Ne manquez pas d'aller y faire une visite virtuelle ;-))

Construit au XIIIème siècle par la Famille Papabeuf, le château médiéval domine le village de Domeyrat et les confluents de la Senouire et du Doulon. Il fut transformé en carrière sous la Révolution. L'escarpement de roches volcaniques dominant le village assurait une défense naturelle sur trois côtés.

Quatre courtines entourent une cour centrale aménagée autrefois en logis seigneurial. La tour Nord protège le point faible de la forteresse. Plusieurs scènes enduites (XVIIème siècle) dans une partie du logis sont encore visibles. Enfin, une vaste enceinte clôt une basse-cour épousant les contours de l'escarpement naturel.

Au XVIème siècle, les La Rochefoucault y firent peindre des scènes récemment découvertes et en voie de restauration. Le château fut habité jusqu'en 1789. On y découvre une enceinte flanquée de quatre tours et on peut admirer la coupole décorée de fresques du XVIème siècle, ainsi que des peintures murales dans les tours nord-ouest et sud-ouest. Le Pont date des XVème et XVIème siècles.

Une restauration des corps principaux permet désormais la visite de l'ensemble.

Un homme

Né à Bourges dans le département du Cher, en 1360, décédé au château de Beaulieu en 1444, Martin Gouge de Charpaigne fut inhumé dans la cathédrale de Clermont-Ferrand. En 1404, il fut nommé d'abord évêque de Chartres, dont il compléta le parvis de la cathédrale. Puis il devient en 1415 évêque de Clermont.

De 1421 à 1428, il exerça la charge de chancelier de France auprès de Charles VII. Il se fit l'artisan du rapprochement avec le duc de Bourgogne. Une disgrâce l'écarta de cette charge. Oncle de Marguerite Gouge de Charpaigne, châtelaine de Domeyrat, il finança l'essentiel de la reconstruction de la forteresse (XVème siècle)...

Le projet

L’association "Domeyrat Réinventé" a la volonté de rendre à cette formidable architecture la stature qu’elle mérite : celle d’un château fort emblématique de la Basse Auvergne.

Elle souhaite engager une longue et minutieuse campagne de restauration et de reconstruction partielle du Château de Domeyrat encadrée et épaulée par les professionnels de l’archéologie, de l’architecture et de la restauration de monuments historiques. Des chantiers pédagogiques et participatifs seront ouverts pour mettre en application les trois grandes valeurs de l'association qui sont la transmission, la solidarité et le partage ; ainsi l'Association travaillera avec les étudiants, les chantiers d’insertion et le grand public.

Le Château de Domeyrat et tous les travaux en cours seront largement ouverts et présentés par les professionnels impliqués, des ateliers seront d'ailleurs organisés autour des différents métiers de la restauration afin de faire participer le public à cette fabuleuse aventure.

Édifice inscrit au titre des monuments historiques le 30 décembre 1983.


Photos:

-Jimre (2015)

Posté le 11-11-2018 17:11 par Jimre

Saugues

Article repris sur le site http://www.auvergne-centrefrance.com. Ne manquez pas d'aller y faire une visite virtuelle ;-))


La ville

Cette petite ville appréciée des pêcheurs est le siège d'importants marchés. Elle est dominée par un vieux donjon du nom de Tour des Anglais. Le Jeudi Saint, la très ancienne procession des Pénitents se déroule à la tombée de la nuit : entre les Pénitents Blancs , munis de leurs lanternes et des bâtons de leur confrérie, s'avancent, vêtus de rouge, voilés par une cagoule et les pieds nus, d'autres pénitents, porteurs de la croix et de la colonne aux Outrages. Son nom remonte à la guerre de Cent Ans. Le traité de Brétigny (8 mai 1360) mit fin au contrat des mercenaires qui avaient été enrôlés dans les troupes anglaises. Devenus des routiers et surnommés Anglais, ils vécurent de pillages et de brigandages, puis se rendirent bientôt maîtres de la ville. Les troupes royales ne parvinrent pas à les déloger et ce n'est qu'à prix d'or qu'ils quittèrent les lieux. La Tour Carrée, couronnée de mâchicoulis et percée de meurtrières, est un exemple de l'architecture militaire du XIIème siècle.

A l'intérieur on peut voir une exposition sur la forêt et une grande toile sur les champs et les métiers d'autrefois.

Patrimoine

L' Église : surmontée d'un clocher octogonal elle abrite une vierge auvergnate du XIIème siècle et une pietà du XVème, ainsi que la châsse de Saint Bénilde. Trois belles croix de procession en orfèvrerie sont exposées dans la chapelle du Trésor.

Diorama de Saint-Bénilde : treize tableaux retracent la vie de Pierre Romançon - 1805/1862. Le frère Bénilde des Écoles chrétiennes, premier instituteur public de Saugues, canonisé en 1967. Il naquit à Thuret. C'est l'école même où il enseigna et dont il fut directeur, qui abrite le diorama.

Histoire

Ce qui forme le territoire de Saugues faisait partie autrefois du pays de Gabalum, c’est-à-dire du Gévaudan. Les habitants (les Gabales), vivaient dans les forêts qui recouvraient presque toute la contrée. Au temps de César, les Gabales étaient sous la dépendance des Arvernes. Selon la légende, en 50 avant J.-C., Jules César vint camper près de Saint-Chély et ses troupes s’étendirent jusque dans cette contrée. Saugues s’appelait alors "Salgacume". Après la chute de l’empire romain, en 476, le pays de "Salgacum" passa de la domination des Wisigoths à celle des Francs. A sa mort, Clovis légua ce territoire à Clotaire 1er.

Durant cinq ans, de 725 à 730, ce fut l’invasion des Sarrasins et des Maures d’Espagne qui incendièrent tout sur leur passage. D’où, sans doute, l’origine de la rue "des Maures" se trouvant au sud-ouest de Péchamp. La fin de la guerre de Cent ans laissa un climat d’insécurité, les mercenaires se retrouvèrent livrés à eux-mêmes et partout, les gens réparèrent les châteaux, les maisons fortes. Pour se mettre en sécurité, on creusa des fossés et on consolida les fortifications. Au XIVème siècle, plus de 30 châteaux forts étaient dénombrés dans la région. Le pays était fin prêt pour recevoir les mercenaires surnommés alors "Routiers" ou encore "Anglais".

Incendie de Saugues en 1788

Plus de cent familles sans logis rôdaient dans le froid et la neige. Qui aurait pu imaginer le tragique fait divers qui laissa dans les rues de Saugues, petite ville resserrée dans l’étroit de ses remparts, une empreinte douloureuse, ruinant à jamais une population artisanale de tisserands, de chapeliers et de tanneurs. En l’espace de trois heures, plus de cent maisons furent réduites en cendre. Ce fut au cimetière de la Gardette, parmi les morts, que les vivants trouvèrent asile. Une nuit interminable, au milieu des cris d’enfants, des sanglots de femmes et des plaintes de ces pauvres gens que le jour allait retrouver sans abri et sans pain.


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-Jimre (2017)

Posté le 11-11-2018 16:59 par Jimre

Esplantas

Article repris sur le site http://www.auvergne-centrefrance.com. Ne manquez pas d'aller y faire une visite virtuelle ;-))

Château du Moyen-âge, ancienne place forte des Mercœur constituée d'un donjon circulaire et d'un corps de logis. L'ensemble a été restauré par son nouveau propriétaire. Ancienneté et authenticité caractérisent cette place forte du Gévaudan. Occupant une position très forte, au sommet d'une butte granitique dominant le bassin de la Seuge, le château fut construit par Odilon de Mercœur, évêque de Mende (1247 à 1274) afin de protéger le flanc Sud de ses possessions Saugaines.

Le donjon de forme cylindrique, dérivé des tours maîtresses dressées par Philippe Auguste, date de 1252 ainsi que l'atteste l'analyse dendrochronologique d'un poutrage en chêne demeuré en place. Le logis qui enveloppe en partie le donjon, sur un plan polygonal, a été remanié au XVIème et XVIIIème siècles. On accède à cette tour maîtresse dérivée des constructions de Philippe Auguste à partir d’un corps de logis qui communique avec elle au moyen d’une passerelle édifiée au niveau du 1er étage. Le corps de logis possède des éléments Renaissance (fenêtres à meneaux) ainsi qu’un décor intérieur du XVIIIème siècle (remarquable trumeau de cheminée représentant un camp militaire).

L'ensemble du château a fait l'objet d'important travaux de restauration. Sauvé de la ruine, il pu être ainsi ouvert aux visiteurs.

Eléments protégés MH : le château fort en totalité y compris ses enceintes, terrasses, jardins ainsi que toutes ses pièces avec leurs décors (escaliers, cheminées, boiseries): inscription par arrêté du 14 juin 2002.

Édifice Inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, le 14 juin 2002 (le château fort en totalité y compris ses enceintes, les terrasses, les jardins ainsi que toutes ses pièces avec leurs décors (escaliers, cheminées et boiseries).


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- Jimre (2017)

Posté le 11-11-2018 16:51 par Jimre

Lavoute Polignac

Article repris sur le site http://www.auvergne-centrefrance.com. Ne manquez pas d'aller y faire une visite virtuelle ;-))

Premier château de plaisance de la Loire à 15 km. du Puy en Velay, dans les gorges de la Loire. Encore en possession d’Armand de Polignac, héritier, vous découvrirez les richesses de la famille dans un cadre somptueux. Depuis mille ans, le château de Lavoûte-Polignac domine de ses tours la Loire. Cette résidence des Ducs de Polignac renferme une importante collection d'objets d'art, de tableaux et d'archives liés à leur illustre maison.

Le duc de Polignac se targue, à juste titre, de posséder le premier château de la Loire. Et quel château! Oubliez Blois et Chambord. Ici, à une quinzaine de kilomètres au nord du Puy, la Loire est encore un cours d'eau impétueux, et le méandre, la voûte, qui enserre la demeure des Polignac sur son éperon est quasi parfait. De la terrasse du premier étage, où l'on plonge à pic sur la Loire, 45 mètres plus bas, on aperçoit hérons cendrés et moutons, paisibles au bord de l'eau.

Depuis mille ans la famille a longtemps régné sur le Velay. Visiter le château constitue un étrange voyage aristocratique dans le temps. La duchesse de Polignac était la grande amie de Marie-Antoinette et gouvernante des enfants du roi. Un tableau représente la tante Constance, qui a vécut à la Belle Époque. ,Puis, entre une flamboyante cheminée Renaissance et une tapisserie d'Aubusson, la visite se fait plus people : la famille de Polignac, dont, jusqu'en 1907, la demeure parisienne était l'hôtel particulier de Crillon, le célèbre palace de la place de la Concorde, est cousine des Grimaldi de Monaco. Albert est un cousin. C'est même ici, à l'abri des murs épais du château, que Pierre de Polignac rencontra la princesse de Monaco. De cette union naîtra Rainier.

HISTOIRE

Le nom de Lavoute vient de la boucle que la Loire décrit aux pieds du rocher qui sert de base au château. Le jeune fleuve lui-même semble se laisser prendre par la beauté du paysage. Les Polignac furent attirés en ces lieux non seulement par le charme du site à l’entrée du val d’Emblavés (riche terre à blé), mais aussi par les bois profonds qui dévalent du mont Courant et des hauteurs voisines. Ces forêts étaient un repaire de sangliers et de loups. Quelle joie pour ces seigneurs de chasser les cerfs au milieu des sons de trompes, des aboiements de la meute et des cris de leurs invités se répercutant au fond des bois.

Le poète et historien Gaspard Chabron écrivait(*) à la fin du XVIème siècle :

“Le château de La Voute a esté de tout temps la maison de plaisance des seigneurs vicomtes de Polignac leur secour et demeure en temps de paix (ainsi que le château de Polignac l’a été en temps de trouble et de guerre) soit pour la douceur de l’air soit pour le plaisir et comodité des jardins vergers et vignes de la rivière de Loire qui l’entoure de tous cotes et dont il porte le nom de la Voute, et de la pesche qui sy fait des saumons, truites, ombres, anguilles, lamproies, barbeaux et autres poissons dans les moulins étants au pied du château au (sud) et en si grande abondance principalement au printemps ou en lautomne voire tous lesté qu’il est incroiable a qui ne la vue, soit aussi pour le plaisir de toute sorte de chasse des oyseaux des chiens courans, Espagneuls et Levriers, que des grosses betes fauves et noires y aiant a demi lieue de la les plus beaux et grands buissons qui se puissent voir ailleurs, soit encore pour la commodité de deux beaux domaines nobles de Conches et du Pradel étans des apartenances de ce châteaux, mais celui de Conches plus remarquable et plaisant tant à cause de ses belles prairies et garene que pour l’excellent beurre qui sy fait egal en bonté et faveur a celuy de Vanvre les paris au jugement de tous qui les ont gouter.”

* en vieux français.

Les Polignac qui depuis mille ans et plus habitent la seigneurie de Lavoute.

Titrés

- duc depuis le règne de Louis XVI en 1780, pair en 1783

- duc héréditaire attaché en 1784 au titre de Vicomte

- prince romain 1822, reconnu par Louis XVIII 1822

- prince en Bavière étendu à tous les descendants 1838

Assimilés aux princes du Saint-Empire

- baron et prince de Fenestranges depuis Louis XVI,

- marquis de Mancini sous Louis XV,

- marquis de Chalencon en 1614.


vicomte de Polignac & vicomte de Velay, depuis le moyen âge (autour de l’an mil).


Ce titre correspond dès l’origine aux fonctions de vicomte unique sur tout le Velay, il n’est pas erroné de dire qu’ils étaient vicomte de Velay à une époque (XI° - XII°) où les comtes de Velay ne sont pas bien connus (le duc d’Aquitaine, le comte d’Auvergne, et le comte de Toulouse, ont sur le Velay des prétentions qui semblent se chevaucher, et justifier les fonctions d’un vicomte officiant en leur nom).

Il seront baron de Lavoute, de Loudes, de Craponne, de St-Paulien, de Solignac, de Ceyssac, de Lamothe, de Salzuit, de Randan, etc.. de bien d’autres lieux.

Le roi Louis XVI écrivit dans les lettres patentes de 1784 : “Nous accordâmes le titre et les honneurs de duc à notre bien aimé cousin Armand-Jules-François de Polignac issu d’une maison dont l’origine remonte aux termes les plus reculés de la monarchie”...

INTÉRIEURS

A l'intérieur, il reste encore une galerie de portraits de la famille et une collection d'œuvres d'art. Les pièces sont aménagées avec des meubles Régence, des boiseries et de belles tapisseries d'Aubusson. Suite à une restauration, la pendule dite du Prince de Monaco, donne à nouveau l'heure précise dans le hall du château. Expositions et concerts en juillet et août.

ARCHITECTURE

Le château fut construit avec des pierres locales comme la pierre grise volcanique et cette ocre typique de l’emblavez. Le corps de logis comporte aussi un toit très mansardé rappelant les maisons de Bourgogne. Le toit rappelle la Bourgogne car il fut construit à une époque où l'abbé du Puy était bourguignon. Les Polignac étant proche du pouvoir religieux en ces temps, le toit porte l'influence de cet évêque.

Posté le 11-11-2018 16:44 par Jimre

Bouzols

Article repris sur le site http://www.auvergne-centrefrance.com. Ne manquez pas d'aller y faire une visite virtuelle ;-))

Le château de Bouzols fait partie des ensembles castraux les plus anciens et les plus prestigieux du Velay. Avec ses abords (parc et terrasses, murailles et enceintes extérieures, chapelle et dépendances) il constitue, aujourd’hui, un des sites historiques majeurs au sein du "pays d’art et d’histoire" de la communauté d’agglomération du Puy en Velay. Cet ensemble architectural médiéval, acquis en 1808 par la famille Beaud de Brive, a été restauré et sauvé de la ruine par ses propriétaires dans le dernier quart du XIXème siècle et les premières décennies du XXème siècle.

HISTOIRE

Edifié à partir du XIème siècle le château fut le siège d’une importante baronnie vellave jusqu’à la Révolution.

Il fut successivement détenu par de très importantes familles seigneuriales : Mercœur, Polignac, Turenne et la Tour d’Auvergne Bouillon. Sa particularité réside dans son organisation défensive. Au centre le donjon ou citadelle, des XIIème au XVème siècle, actuellement en ruines, est séparé des bâtiment d’habitation, édifiés au XVème siècle et agrandis et modernisés entre les XVIème et XVIIème siècles, par un fossé creusé dans le roc. Son état de délabrement a nécessité le lancement d’une campagne de consolidation et de restauration, conduite entre 1880 et 1900, dans le respect des formes et matériaux d’origine.

Pour une histoire plus détaillée de la vie de la forteresse et de ses occupants ou propriétaires on peut se référer à la communication parue dans le bulletin historique de la société académique du Puy-en-Velay et de la Haute Loire de l’année 2015 sous le titre : "Bouzols , huit siècles d’histoire sous l’ancien régime : trois périodes de l’an mil à la Révolution".

L’époque de l’ordre seigneuriale et des enjeux locaux (XIème milieu du XIVème siècle) vit la naissance du refuge primitif et sans doute la construction d’un château fort traditionnel avec son donjon refuge ne participant pas au premier assaut et séparé de la première ligne par un fossé artificiel, creusé dans le roc et débouchant dans le vide, ce qui constituait une tromperie ingénieuse pour les assaillants en fuite qui avaient pu franchir la première ligne.

La phase suivante est celle des grandes familles seigneuriales et des enjeux nationaux (1347-1621). Entré dans le patrimoine de la famille Roger, dont les membres deviennent comtes de Beaufort en Anjou et vicomtes de Turenne en Limousin en 1350, en la personne de Guillaume Roger, neveu du pape Clément VI, le château subit un siège d’un an de 1399 à 1400 qui le détruisit en partie. Le donjon fut reconstruit après cet épisode et la forteresse joua encore un rôle militaire dans les années 1420 avec l’extension en Velay du conflit entre Armagnac et Bourguignon puis ultérieurement au temps de la ligue où il fut armé et tenu par une garnison soldé par la ville du Puy.

De 1621 à la Révolution, après une tentative de transformation en résidence seigneuriale par les nouveaux acquéreurs (Maison de Montagu), le château subit une lente décadence accompagnée d’une dégradation progressive de l’édifice du fait de l’ascension sociale des Montagu-Bouzols, famille de Cour à la fin de l’ancien régime, qui les conduisit à s’en désintéresser au profit de résidences moins austères.

Joachim de Montagu en épousant Anne-Pauline-Dominique de Noailles en 1783, devint beau-frère du marquis de La Fayette. Décédé en 1834 il fut le dernier marquis de Bouzols.

Saisi et vendu aux enchères à la Révolution, Bouzols entre à nouveau dans la patrimoine de la famille de Montagu à son retour d’émigration. Celle-ci le revend, en 1808, à la famille Beaud de Brive, installée dans la vallée de Coubon depuis le milieu du 17ème siècle. Le corps de logis du château est restauré et les terrasses et le parc, sur lesquels était installé le vieux village castral médiéval, sont aménagés par cette famille, entre 1878 et 1905.

Entre 1920 et 1936 seront restaurées la chapelle Saint-Eustache située dans la cour d’entrée et la tour de vigie perchée au sommet de la citadelle. Durant la seconde guerre mondiale une partie des collections du musée du Puy furent mises à l’abri dans le château. Une campagne de restauration de peintures murale, ornant un oratoire intérieur du château, est actuellement en cours d’exécution grâce notamment à l’aide du prix "Gilles Etrillard et ses enfants" décerné en 2014. Cette action de mécénat, ayant vocation à encourager la restauration d’un oratoire ou d’une chapelle de château, a été organisée sous l’égide de l’association "La Demeure Historique". A l’issue de l’achèvement de ces travaux et de l’inauguration officielle en présence notamment du mécène, ces décorations intérieures, consacrées à la vie de la Vierge et portant la signature "JFG fecit 1646", pourront être présentés au public.

Dans le souci de conservation et de transmission aux générations futures d’un ensemble castral pérenne et mieux connu, une action de diagnostic de l’état sanitaire du rocher (neck volcanique) et de la citadelle qui le surplombe devrait être engagée prochainement.

Posté le 11-11-2018 15:56 par Jimre

Mercoeur

A 1000 m d'altitude, au nord de Saint Privat d'Allier, on trouve ce  château fort qui appartenait, comme les châteaux de Saint Didier d'Allier et de Rochegude, à une branche de la puissante famille des Mercoeur.

Ce lignage des Mercoeur  apparaît à la même époque que les Bourbon. Il sera plus riche que les dits Bourbon mais sera moins prestigieux dans son devenir. 

La famille de Mercoeur originelle s'éteindra en 1321 avec la mort du dernier héritier sans descendance Beraud X. 

Le nom de Mercoeur apparaît pour la première fois en 911 dans une donation faite au chapitre de Brioude émanant d'Ithier II de Mercoeur, nom que l'on peut rapprocher d'un Itier (sans h) installé par Charlemagne en Auvergne en 778, mais aucun document ne le confirme. 

Le fils d'Ithier II,  Béraud I dit Le Grand (939-980, mais les dates divergent) eut ribambelle d'enfants dont Saint Odilon abbé de Cluny né vers 962 à Saint Cirgues en Haute Loire.

On retrouve en ce lieu un premier château attribué à un Mercoeur situé à 14 km de Brioude en Haute Loire, ainsi qu'un second château construit dans le puy de Dôme en Ardes à 30 km de Brioude, démoli sous le règne de Louis XIII dont il ne reste qu'un pan de mur nommé le doigt de Mercoeur. Les terres des Mercoeur étaient alors entre Brivadois et Cantal.

Alixent de Mercoeur 1245-1286 qui épousa en premières noces Pons de Montlaur( Note: On parle de Montlaur ici, ici et ) en 1257, fit construire cette forteresse sur les ruines d'un château du XIe siècle car il permettait d'avoir vue sur Saint Privat et sur St Didier. Lorsque la branche Mercoeur s'éteignit en 1321, les Montlaur en devinrent les seigneurs puis cédèrent en 1390  le château de Mercoeur aux Du Saunier qui conservèrent le château jusqu'en 1764 où par alliance, le propriétaire fut Jean Martin de Matussières.

Le château brûla lors de la guerre de Cent Ans, fut fortifié en 1439, puis en 1764, un petit corps de logis de style Louis XVI fut construit, arrêté par la révolution. 

En 1846 une descendante épousa le comte de Miramon Fargues.

Depuis 1914, le château n'est plus habité, le logement ancien s'effondre, restent les tours en ruine et le bâtiment du XVIIIe.


Source:

https://sites.google.com/site/geneachanis/01-arbre/1-8-belles-demeures/haute-loire/3-paulhaguet


Photos:

- Jimre (2017)


Posté le 13-01-2018 10:36 par Jimre

Domeyrat

Construit au XIIIe siècle par la Famille Papabeuf, le château domine le village de Domeyrat et les confluents de la Senouire et du Doulon. Il fut transformé en carrière sous la Révolution.

Ce château au XVe siècle se présente comme un rectangle flanqué à chacun de ses angles d'une tour ronde élevée. Il était entouré d'une deuxième enceinte comprenant tours et courtines. Le bâtiment accolé en saillie à la face nord comprend deux pièces séparées qui pouvaient servir de latrines. Les moellons et la maçonnerie semblent indiquer trois époques de construction, superposées en hauteur. La partie inférieure, la plus ancienne,  pourrait remonter au XIIe ou XIIIe siècle, il ne comportait aucune cour intérieure. Son entrée paraît avoir été située au sud-ouest protégée par une sorte de barbacane. La tour d'angle nord-ouest et celle du sud-ouest conservent des vestiges de peintures du XVIe siècle, représentant des scènes de chasse, des amours et des arabesques pour la première et pour la seconde des scènes religieuses du début du XVIIe siècle. L'édifice a été démantelé en 1794.

Au XVIe siècle, les La Rochefoucault y firent peindre des scènes récemment découvertes et en voie de restauration. Le château fut habité jusqu'en 1789. On y découvre une enceinte flanquée de quatre tours et on peut admirer la coupole décorée de fresques du XVIe siècle, ainsi que des peintures murales dans les tours nord-ouest et sud-ouest. Le Pont date des XVe et XVIe siècles.


Source:

- site https://sites.google.com/site/geneachanis/01-arbre/1-8-belles-demeures/haute-loire/3-paulhaguet


Photos:

-Jimre (2015)

Posté le 13-01-2018 10:06 par Jimre

Aurec sur Loire

La façade Renaissance a été restaurée en 2000 dans l’esprit de sa construction. Le crépi avec apparence de fausses pierres a été refait d’après celui qui existait au XVIIe siècle. On peut y voir des fenêtres à meneaux, des archères canonnières et une canonnière.

La grosse tour carrée est la partie la plus ancienne du château du XIIe siècle, probablement construite par des desacendants d’Hugon de Montboissier.

La tour Guillaume de la Roue, située à l’angle sud-est de la cité, a été construite en 1464 par Guillaume de la Roue. C’est la plus importante des fortifications d’Aurec avec ses murs de 2,50 m d’épaisseur, visible de très loin donc dissuasive pour un quelconque ennemi ou une troupe de brigands.

La restauration intérieure du château a permis de mettre à jour des peintures murales représentant des personnages dans un jardin, datant des XIV-XVe siècles, ainsi que des décors de corbeilles de fruits, de scènes de chasse du XVIIe siècle.

Au début du XXe siècle, les propriétaires de l’époque font abattre une partie des remparts d’Aurec afin d’y aménager un parc.



Sources:

- D’après un panneau situé dans le village et réalisé par les amis du vieil Aurec


Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 03-10-2017 20:13 par Jimre

Un grand capitaine gascon du XIVe siècle

Concernant le Puy en Velay, voici un article rédigé par Nicolas Savy à propos de la Guerre de Cent Ans et des compagnies de routiers qui ont sévi dans la région du Velay. Merci à lui  pour cet article 8;-)).

"La chevauchée de Robert Knoles en Auvergne (mai-août 1359).

Par Nicolas Savy.

 

            Durant la première partie de la guerre de Cent Ans, de grands raids épiques, appelés chevauchées, furent menés par les Anglais dans de nombreuses provinces du royaume de France. Si celles dirigées par Edouard de Woodstock, dit le Prince Noir et héritier d’Angleterre, en 1355 et 1356 sont restées fameuses, d’autres au résultat moins heureux sont beaucoup moins connues. C’est le cas avec celle que Robert Knoles opéra en Auvergne entre mai et août 1359.

Robert Knoles était un Anglais originaire du Cheschire. Âgé de 34 ans, il faisait la guerre depuis de longues années, ayant fait ses premières armes pendant la guerre de Succession de Bretagne ; c’est dans le cadre de cette dernière qu’il avait notamment participé, le 26 mars 1351, au célèbre combat des Trente, durant lequel il avait été fait prisonnier. En 1355, il s’était emparé du château de l’Île d’Yeu puis, l’année suivante, avait participé à la chevauchée que le duc de Lancastre avait menée en Normandie.

            Depuis l’automne 1358, il se battait pour Charles d’Evreux qui, roi de Navarre et cousin du roi de France, contestait le trône de ce dernier. Avec ses 2 à 3000 hommes, il s’était emparé de Châteauneuf-sur-Loire et avait ravagé toute la région avant d’avancer vers l’est et de prendre Malicorne et Corvol-l’Orgueilleux, non loin d’Auxerre. Là, il avait dû affronter les troupes du routier Arnaud de Cervole, dit l’Archiprêtre qui, au service du royaume de France, avait été envoyé pour le stopper ; il les avait non seulement repoussées devant Malicorne, mais de plus son capitaine de la garnison de Corvol-l’Orgueuilleux avait même réussi à capturer l’Archiprêtre. Il était ensuite resté à pressurer le pays pendant plusieurs semaines avant de finalement réussir à se saisir d’Auxerre ; il avait été armé chevalier à cette occasion.

            Robert Knoles rejoignit Châteauneuf-sur-Loire vers la fin du mois d’avril 1359 afin de mettre à exécution son projet de grande chevauchée en Auvergne. Voulant profiter à fond des opportunités offertes par un royaume de France grandement affaibli par la défaite de Poitiers de 1356 et ses conséquences, en proie à d’immenses désordres et aux rivalités politiques internes, il comptait mettre sur pied une forte armée capable de s’emparer d’objectifs importants et d’opérer sur une large zone. Il lança ainsi un appel à tous les chefs de bandes qui combattaient un peu partout afin qu’ils le rejoignent ; bientôt, 4000 hommes furent rassemblés et prêts à se mettre en route. Parmi eux se trouvait le fameux Hugh Calveley, un vieux compagnon d’armes de Knoles qui était venu le rejoindre pour participer à cette prometteuse expédition.

            Robert Knoles donna l’ordre de marche à la mi-mai 1359. Son armée suivit la vallée de la Loire en remontant vers l’amont avant de continuer, après Nevers, en longeant celle de l’Allier. Ce mouvement avait naturellement été repéré par les Français et le bâtard royal Thomas de la Marche, gouverneur de l’Auvergne, était allé se poster avec ses troupes à Saint-Pourçain-sur-Sioule pour s’y opposer ; manœuvrant pour ne pas se laisser ralentir, Robert Knoles avait contourné le danger pour mieux aborder son objectif, la ville de Pont-du-Château, une soixante de kilomètres plus au sud. Son action ayant certainement été bien préparée, il s’en empara sans difficulté majeure et en fit son quartier général.

            Dans les premiers jours de juin, l’armée de Robert Knolles fut rejointe par Bertrucat d’Albret et ses Gascons, qui arrivaient du Quercy et du Bas-Limousin. Les nouveaux venus avaient une autre manière de faire la guerre : ils menaient une guérilla en opérant en petites compagnies pour s’emparer de châteaux et rançonner les communautés locales en pillant et rapinant tout ce qui passait à leur portée ; Knoles et ses Anglais, au contraire, voulaient réaliser « un grand coup » en s’emparant d’une localité importante, seul moyen pour obtenir des profits massifs et rapides. Ainsi, si les Gascons se mirent immédiatement à l’œuvre en parcourant le pays en tous sens, les Anglais restèrent à attendre une occasion favorable pour mener leur opération, mais elle ne venait pas, les villes du secteur comme Clermont ou Montferrand étant trop bien gardées.

            Certains Anglais s’impatientèrent assez rapidement et, dès le 17 juin, Hugh Calveley quitta Pont-du-Château à la tête d’un millier d’hommes pour se diriger vers le Velay. Robert Knoles et les autres capitaines s’entêtèrent mais, trois semaines plus tard, ils apprirent que Thomas de la Marche allait bientôt être prêt à marcher sur eux ; il avait avec lui, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, 700 hommes d’armes à cheval, 2000 piétons et attendait encore les renforts que devaient lui envoyer les communautés de la région. Face à ce danger et voyant qu’il attendait inutilement, Robert Knoles décida d’abandonner les quelques places qu’il avait prises et de disperser son armée en deux groupes pour mieux échapper aux Français. L’un d’eux, mené par Jack Win et John Waldboef, fonça vers le Forez et réussit à s’emparer de Montbrison ; le second, dirigé par Robert Knoles, fit quant à lui route vers le sud et le Velay.

            A la mi-juillet, il arriva à proximité du Puy-en-Velay où il retrouva Hugh Calveley, qui se préparait à prendre la ville ; ils décidèrent de mener l’opération ensemble en unissant leurs forces. Après avoir correctement préparé l’affaire, ils envoyèrent un « commando » de quelques hommes s’emparer d’une porte à la faveur de la nuit ; l’action fut un succès et ils purent l’ouvrir immédiatement au reste des troupes qui attendaient devant ; elles s’engouffrèrent par le passage et se répandirent dans les rues et sur les ouvrages fortifiés en annihilant toute résistance. Certains défenseurs tentèrent malgré tout de s’opposer à l’inéluctable, mais ils furent taillés en pièces et ceux qui parvinrent à fuir furent pourchassés et achevés ; certains se tuèrent en sautant du haut des courtines pour essayer de s’échapper.

            Les routiers ne purent longtemps savourer leur réussite : Thomas de la Marche, son armée à effectifs pleins, avait quitté Saint-Pourçain-sur-Sioule et marchait à grandes journées pour les rejoindre. Il avait désormais un large avantage numérique et, de toute façon, les Anglo-Gascons n’avaient rien à gagner à se confronter à lui : ils décidèrent d’évacuer la ville et de partir immédiatement pour mettre le plus de distance possible entre eux et leurs poursuivants. Ils foncèrent alors vers le sud-est dans le but de rejoindre la vallée du Rhône et la région d’Avignon, mais ils ne purent avancer plus de 70 ou 80 kilomètres car une autre armée française, venue du Languedoc, avait rapidement fait mouvement et s’était positionnée pour leur barrer la route.

            Les Français avaient bien manœuvré : privés de base et de ravitaillement au milieu d’un pays hostile, leurs ennemis surclassés numériquement n’avaient d’autre choix que celui de fuir. Pour mieux s’échapper, Robert Knoles et Hugh calveley décidèrent d’à nouveau scinder leurs troupes. Ecœuré par son échec, le premier se mit à la tête de la moitié des effectifs et partit en direction du Limousin pour rejoindre la Bretagne ; le second, avec 900 hommes dont étaient Bertrucat d’Albret et ses Gascons, fit le choix de revenir sur ses pas. Mal lui en prit, car les Français montés du Languedoc décidèrent de le poursuivre.

            L’armée du Languedoc et celle de Thomas de la Marche firent leur jonction à proximité du Puy-en-Velay, où ils rattrapèrent Hugh Calveley. Acculé, celui-ci installa dans l’urgence ses hommes en position défensive sur une colline couverte de vignes, tandis que les Français vinrent se positionner sur une autre éminence séparée d’eux par 7 à 900 mètres de prairie. A l’exception de quelques escarmouches, les deux camps passèrent la journée à s’observer.

            Hugh Calveley vit le soleil enfin décliner avec satisfaction. Sachant que les Français, logiquement, allaient l’attaquer le lendemain et que, le rapport de force étant par trop inégal, il aurait le dessous, il avait décidé d’essayer de s’enfuir à la faveur de la nuit. Lorsque l’obscurité fut complète, après un long crépuscule estival, ses Anglais et ses Gascons commencèrent à quitter leurs positions dans un silence absolu. Au matin, les reconnaissances envoyées par Thomas de la Marche ne purent que constater leur départ, mais il était trop tard : la proie s’était éclipsée.

            Conscients que les Français pouvaient encore se lancer à leur poursuite, Hugh Calveley et Bertrucat d’Albret se séparèrent rapidement afin de mieux leur échapper. Le premier prit la direction du Berry tandis que le second rejoignit la Haute-Auvergne pour y mener la guérilla qu’il affectionnait. Ainsi se terminait la grande chevauchée sur laquelle Robert Knoles avait fondé de grands espoirs mais qui, à l’exception de la prise du Puy-en-Velay, n’avait été qu’une suite de déconvenues."

 

Chevauchée de Robert Knoles en Auvergne (1359)

Source :

SAVY (Nicolas), Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans, Pradines, Archeodrom, 2015, pp.82-92.


Photos:

Jimre (2012)


Posté le 11-01-2016 18:54 par Jimre

Allegre

L’Histoire d’Allègre

Sur ce site  aux quatre volcans, la société humaine n’a pas attendu les d’Alegre.

En effet, des hommes ont vécu depuis « la Préhistoire » sur leurs pentes et au bord de la Borne.

Ce lieu est aujourd’hui nommé et écrit Allègre. Le nom d’Alegre est apparu au XIIIe siècle, venant du latin Alacer, qui signifie Vaillant, Ardent.

On donne le nom d’Alegre à la famille qui possédait le fief et le nom Allègre à la ville.

Les chroniqueurs les nommèrent  d'Alegre, Dalegre, de Laigre, etc

Ils n’étaient pas les seuls seigneurs sur ces terres volcaniques. Les chevaliers de Bar, Béraud, Guérin, d’Artasse, prétendent à une origine aussi ancienne et auraient pu être les barons de ces lieux.

Revers de fortune, absences trop longues aux croisades, manque de garçons à de trop nombreuses générations,  ils sont devenus vassaux des d’Alegre. Il se dit que nos seigneurs Vellaves étaient aux côtés d’Adhémar du Monteil, mais nul document ne l’avère.

L’ancienne appellation de la cité était Grazac, nom encore utilisé pour les faubourgs jusqu’en 1567. On retrouve aujourd'hui un village près de sainte Sigolène qui porte ce nom.

La filiation de la première famille d’Alegre s’établit avec Armand Ier d’Alegre, vers 1220, qui s’illustra aux cotés de Louis VIII "le Lion" dans de glorieux faits d’armes. 

Armand 1er d’Alègre est un des témoins, en juillet 1220 « de la ratification faite par l’évêque du Puy, Etienne de Chalencon, d’une sentence arbitrale de R. Albert, chanoine de  notre Dame et de Guillaume Cuoq?, tranchant un différend entre Jaucerand seigneur de Bouzols et Guillaume d’Albiges, maître de l’hôpital du Puy, à propos de droits de franc-fief assis à Charensac ».

Les seigneurs importants de sa descendance furent en particulier Armand II d’Alegre, qui participa avec le roi Saint Louis à de nombreux arbitrages de conflits.

Suivit Hugues d’Alegre, également sous le règne de Saint Louis.

En 1285, ce fut Armand III d’Alegre  puis Eustache d’Alegre, frère cadet d’Armand III. Tous deux étaient  les fils d’Hugues Ier d’ Alegre. 

En 1304, Eustache est convoqué par Philippe le Bel pour la guerre de Flandre, et requis de se rendre à Arras avec 10 hommes d’armes. En général, chaque homme d’armes était accompagné de trois archers, d’un écuyer et d’un page.

En 1311, il signe un accord avec le baron de Roche en Reynier au sujet des limites ardemment contestées, de leurs juridictions sur les rives de l’Arzon.

En 1318, dans la quinzaine de la saint André, Eustache seigneur d’Allègre est convoqué à Clermont en Auvergne avec le vicomte de Polignac, les seigneurs de Montlaur, de Roche en Régnier, de Chalencon et de Solignac pour accompagner en chevaux et en armes, Eudes, duc de Bourgogne et Robert, comte de Boulogne, et autres.

Le sénéchal de Beaucaire Miles de Noyers, maréchal de France soutient un important procès, depuis 1309, contre Eustache d’Alegre. Ce procès durera une douzaine d’années et fixera les limites de l’Auvergne et du Velay.

Ces lettres royales spécifient que tout le diocèse du Puy fait partie du bailliage du Velay et ressort de la sénéchaussée de Beaucaire. Sont inclus les châteaux d’Allègre, de Chomelix le Haut, et leurs mandements. Eustache, très bien soutenu par les plus grandes familles de la région, ne se rend pas aux injonctions ni aux procédures. Le baron d’Allègre persiste et plaide que ses terres et mandements dépendent de l’Auvergne. En 1320 un arrêt du Parlement de Paris ordonne qu’à l’avenir la baronnie d’Allègre fera partie du bailliage d’Auvergne.

En 1343, Eustache seigneur d’Alègre, fait un dernier hommage Jean de Chandorat, évêque du Puy, des péages du château de Chomelix le Haut, du pont d’Arlenches, de la « forteresse de Chambarel », du village de Chadernac, et du Vézy.

Le dernier seigneur de cette première famille fut Armand IV, de 1343 à 1361, date à laquelle il mourut au siège de son château, attaqué par Thomas de la Marche et les routiers anglais, en pleine guerre de Cent Ans.

A la suite de ce siège, le château ne fut pas détruit.

La veuve du château, Alix de Chalencon, continua d’habiter le château jusqu’en 1364, date où elle fut chassée par son neveu, Bertrand de Saint Nectaire, qui prétendait avoir des droits sur son héritage.

Elle sollicite l’aide du Duc de Berry qui attaque la place forte d’Alegre, qui va résister plus de six mois.

Le château est repris et sa garde en est confiée à Jean II d’Armagnac, beau-frère du Duc de Berry, jusqu’en 1385, date de la mort d’Alix de Chalencon.

L'époque où Allègre eut à souffrir des Grandes Compagnies, que Froissart écrit comme on prononçait,  "compaignies" fut un moment des Guerres de Cent Ans. Une période des Chevauchées et des Grandes Compagnies. Un temps des Chroniques de Jehan Froissart. Un demi-frère de Charles V, Jean duc de Berry et d’Auvergne, esthète, mécène, stratège et assassin. 

Localement, cela coïncida avec la fin de l’ancienne famille des Alegre et l’arrivée imprévisible pour le "petit peuple" d’une nouvelle famille, les seigneurs de Tourzel. Cette année-là, le Duc de Berry fit don de la baronnie d’Alegre à Morinot de Tourzel, qui devint le premier seigneur de la deuxième famille d’Allègre.

Il commença les travaux de réfection et de construction du mur d’enceinte. Il mourut en 1418.

Son fils Yves de Tourzel d’Alegre, continua les travaux et l’embellissement du château (mâchicoulis tréflés…) et en fit l’un des plus beaux et plus importants de la région. Alegre devient par la suite la plus haute baronnie d’Auvergne.

Yves Ier reçut le roi Charles VII à Alegre en Janvier 1425 pour les Etats Généraux du Languedoc.

En 1442, Jacques de Tourzel, fils d’Yves Ier, est titré dans les actes : Chevalier Baron d’Alegre, Meihaud, Viverols, Baffie et du Livradois, de Chomelix le Haut, de Saint Just, seigneur de Saint Quentin (en Velay), Conseiller et Chambellan du Roi.

En 1459, à la procession du Puy, Guillaume Armand de Polignac et Jacques d’Alegre portent le trône sur lequel était placée la Sainte Vierge, à la demande de Louis XI, pour que Dieu, à l’intercession de la Vierge, donnât un dauphin au royaume de France.

Jacques de Tourzel joua un rôle militaire assez important. Il fut député en Auvergne par Louis XI, en 1470, « pour prendre et choisir 95 lances à conduire à l’armée de Catalogne, savoir 15 lances de sa compagnie et 80 pour la compagnie du Comte Dauphin d’Auvergne et du Comte de Boulogne ».

Il est à remarquer que par lance on entend « lance garnie », terme utilisé pour décrire un peloton d’élite comprenant : un homme d’armes, armé de toute pièces, un coutilier, un page, un valet, des archers, en sorte qu’une lance était parfois composée de 10 cavaliers, sans compter les gens de pied.

15 lances pouvaient donc représenter plus de 150 hommes et 95 lances un corps de plus de 1000 hommes.

Jacques de Tourzel est qualifié de « Conseiller et Chambellan du Roi , Capitaine de 80 hommes d’armes » dans un certificat qu’il délivra en 1472, attestant qu’Antoine de la Chassaigne, Chevalier, seigneur de Sereys, avait bien servi en Catalogne.

Il ne néglige pas pour autant l’administration de ses domaines, après avoir fortifié et relevé de ses ruines la ville d’Alegre, éprouvée par les assauts et les incursions qui s’y étaient succédés durant la guerre contre les Anglais. Il y développe ainsi le commerce en créant une foire et des marchés importants.

En 1485, il confirma les privilèges accordés par son père à certains habitants de la ville d’Alegre et permit à d’autres, à partir de cette date, de se clore dans la première enceinte du château en se départissant de la condition de main morte, qui, au dire de Chabrol, était de droit commun dans cette terre.

Il fut marié en première noces avec Gabrielle d’Astic. Il a eu d’elle 5 enfants, dont les deux premiers vont jouer un rôle important et s’acquérir une gloire importante.

L’ainé, Yves II, dit »Le Grand », baron d’Alegre restera sans doute le plus marquant de sa maison. Il meurt à la bataille de Ravenne en 1512, après avoir vu son fils ainé tomber au combat. Il venait de sauver son ami Bayard

Le second, François d’Alegre, de par son mariage avec Charlotte de Chalon, devint comte de Joigny et baron de Vitteaux et rendit hommage en son nom des terres de Crespy et d’Athier, tenues du château de Peronnes.

Chevalier de l’Ordre du Roi, Conseiller et Chambellan également du Roi, Capitaine de Montargis, il accompagna le roi Charles VIII à la conquête du royaume de Naples.

Il participa, aux côtés de son frère Yves II, à la journée de Seminare en 1495, où Fernand d’Aragon, roi de Castille, et Gonsalve de Cordoue furent repoussés en Calabre. Il fut commis avec son frère au gouvernement de la Basilicate, et fut plusieurs fois chargé de missions militaires et diplomatiques.

Il servit ensuite en plusieurs occasions militaires le roi Louis XII qui lui donna, dès septembre 1513, l’office de Grand Maitre et Général réformateur des Eaux et Forêts de France après la mort de Jean du Puy, seigneur du Coudray.

Il fut confirmé dans cet emploi par François Ier, le 10 Janvier 1515.

Le second fils d’Yves II, Gabriel de Tourzel, devient baron d’Alegre et participe aux campagnes d’Italie. Il obtient de François Ier d’ajouter 6 fleurs de Lys au blason des Tourzel et le reçoit en son château le 17 Juillet 1533. Il meurt en 1538.

Ses deux fils décéderont sans postérité.

C’est le troisième fils de Gabriel, Yves III, qui deveint baron d’Alegre. Il décède en son château, assassiné à la suite d’une intrigue amoureuse, sans laisser de descendance directe.

C’est sa veuve qui hérite du château d’Alegre, son neveu s’installant à Issoire (Puy de Dôme). C’est elle qui soutient le siège de 1593 et se rend après deux jours de tirs de canons qui produisirent de grands dégâts dans les remparts de la ville. Cependant, après quelques semaines et seulement deux heures de combats, elle reprend miraculeusement le château. En souvenir, est décidé qu’à perpétuité, le huitième jour d’Août et le tiers jour d’Octobre seraient jour de fête et que des processions générales seraient organisées.

Yves IV décède en 1592 en son hôtel d’Issoire, assassiné avec son épouse, ses deux filles étant épargnées.

Christophe II, installé en son château de Blainville, en Normandie, après avoir fui en Italie pour échapper àla justice, rentre en France et s’établit à Alegre vers 1605. Il épouse Louise de Flagheac, et dote Alegre d’un hôtel-dieu. Il meurt vers 1640.

Son épouse fait construire la nef de Notre Dame de l’Oratoire. 

En 1640, Claude-Yves de Tourzel devient marquis d’Alegre et meurt vers 1664.

Le dernier de la célèbre lignée des Tourzel sera Yves V, qui participe à toutes les guerres de Louis XIV : campagne de Hollande, guerre d’Augsbourg, guerre d’Espagne. Entre ses campagnes, il réside soit dans l’un de ses hôtels à Paris ou à Versailles, soit dans un de ses châteaux : Cordes dans le Puy de Dôme où est conservé le gisant en marbre d’Yves II, Meilhaux ou Alegre, dans lequel il séjourne lors de l’incendie de 1698.

En 1724, il est promu Maréchal de France. Il meurt en 1733, ne laissant que 3 filles en vie sur huit enfants.


Le château :

Château, reparium, castrum...

Perché à la cime du mont Boury, le reparium de la première famille (on disait "race", maintenant on dit plutôt "maison") des d’Alegre, chevaliers puis barons, et Grasacum, bourg au pied du même volcan, se joignirent et devinrent Allègre !

Pourquoi user du mot "reparium" qui peut paraître pompeux ou snob...?

Le mot du latin médiéval reparium ne signifie pas "repaire" dans le sens actuel de repaire de brigands. Il est de la même famille que "réparer" et "retour". Le sens est celui du retour à la maison du Père. Là où on se "répare", où on se refait une santé. Il est voisin de Père et Patrie. Il est voisin d'apparier : mettre ensemble deux par deux des éléments de mêmes nature et valeur.

Castrum (ou motte castrale), comme reparium, sont les mots utilisés dans les textes du Moyen Âge pour désigner le lieu où le chevalier se retire entre deux guerres, le plus souvent guerres privées. C'est plus que le château lui-même. C'est le groupe "château + chapelle ou église + habitat". On sait qu'à Châteauneuf (d'Allègre) il y eut un château, une église et des maisons. Châteauneuf fut un castrum, et pas seulement un château... ni un "repaire de brigands" !

Le vaste édifice fut construit à la fin du XIVe siècle par Morinot du Tourzel, sur l’arête méridionale du volcan du Boury, à l’emplacement d’une forteresse primitive moins importante.

Le château offrait l’aspect d’un quadrilatère allongé à plusieurs étages, flanqué de trois tours, couronné d’un chemin de ronde avec créneaux et mâchicoulis tréflés.

Au centre des batiments principaux, le donjon où « tour du  Trésor ». Ce trésor, les papiers des propriétaires, disparaitra tout ou partie lors de l’incendie de 1698.

Trois enceintes le protégeaient, dont la plus grande, couvrant un hectare, 78 ares et 84 centiares, était défendue par 11 tours percées de meurtrières et reliées entre elles par des courtines.

Deux portes principales avec corps de garde, créneaux, mâchicoulis et herses, y donnaient accès, la porte Nord, nommée porte de Ravel et celle du Sud nommée Porte de Monsieur.

Le tout était entouré des principaux ouvrages de défense alors en usage, fossé à l’Ouest avec pont levis.

Dans la troisième enceinte se trouvait la chapelle Notre Dame de L’Oratoire (oratoire depuis 1547, nef en 1650) et sa piéta miraculeuse.

Dans la seconde enceinte, la chapelle Saint Yves, lieu de sépulture des d’Alegre, en ruines vers 1764.

Le 15 Novembre 1698, un violent incendie réduisait en cendre cette magnifique forteresse, alors occupée par Yves V d’Alegre.

Du château lui-même, il ne reste que la Potence, classée Monument Historique en 1935, qui s’insérait dans la façade méridionale. Tout près, on trouve la tour de la salle de garde, en ruines. A quelques dizaines de mètres, au sud de la Potence, isolée au milieu des jardins, on trouve une tour servant de pigeonnier qui commandait sans doute l’escalier conduisant au donjon.

La porte de Ravel ne présente plus qu’une tour avec meurtrière, la seconde ayant été démolie en 1845.

La porte de Monsieur, bien conservée est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

Une tour avec meurtrières, à proximité de la mairie, appartenait au système de fortifications de l’entrée sud (barbacanes).

Des huit hôtels bâtis à partir de 1435 à l’intérieur de la première enceinte par des notables, il ne reste que peu de choses, l’Hôtel de la Clède, l’Hôtel de Bar, dont la tour d’escalier est encore intacte, l’Hôtel de Chardon dont la tour octogonale en saillie dans la rue de Notre Dame de L’Oratoire à été démolie en 1868.

Des cinq autres, il ne reste que des traces visibles seulement à l’œil du chercheur averti.

Les remparts, aliénés par lots dès le règne de Louis XIII, ont fourni des matériaux de construction aux maisons de la rue de Notre Dame, de la place du Marchédial, de la rue des Clostres…

De belles pierres, en réemploi ici et là, mises en valeur au hasard des restaurations d’immeubles, proviennent sans doute du château.


A noter que du château, on a une vue imprenable sur la plaine du Velay avec vue au loin sur le donjon du château de Polignac devant lequel on passe lorsque l’on a quitté le Puy pour se rendre à Allègre…


Sources :

- Panneaux dans la ville

- Site de l’Association des Amis d’Allègre.


Photos :

-Jimre (2015)





Posté le 10-01-2016 23:10 par Jimre

Lavoute Polignac

Voir article sur Polignac

Posté le 14-02-2014 17:11 par Jimre

Leotoing

Le château:

Au Nord de Massiac, on peut admirer les importants vestiges du château. Cet édifice dominant l'Alagnon de 150m, appartenait aux Dauphin d'Auvergne. De ses abords, une jolie vue se dégage sur les Gorges de l'Alagnon, le Cézallier, la Limagne de Brioude, le Livradois, le Plateau de la Chaise-Dieu et les Monts du Velay.

Le nom et la seigneurie de Léotoing tirent leurs origines d'une branche cadette de la famille de Mercœur. La première implantation d'un lieu fortifié se fait au XIe siècle, vers 1060. Dès la fin du XIe siècle, Anthoine de « Lauthon » puis ses frères et ses héritiers imposent leur autorité sur de nombreux fiefs voisins.

Le château n'occupe alors qu'une motte délimitée par un fossé, située approximativement au point le moins élevé du site, aux alentours du cimetière. À la suite de dissensions au sein de la famille comtale d'Auvergne, Léotoing fait partie des fiefs donnés par jugement royal à Robert Dauphin, comte de Clermont qui les lègue à son fils Hugues au début du XIVe siècle.

La marque des Dauphin

En 1261, les Dauphin donnèrent au château seigneurial un nouveau visage, une tour maîtresse et ses annexes furent édifiées en aménageant une terrasse sommitale sur le piton rocheux voisin. La motte primitive est arasée et l'ancienne basse-cour, close de murs, donne naissance au village avec son église paroissiale.

En 1264, les habitants reçoivent une charte de franchises et de privilèges en échange de prestations de services militaires et les fournitures au bénéfice des Dauphin et de leurs suites.

Vers 1365, un autre Robert Dauphin renforça les défenses du château afin de dissuader toute attaque éventuelle. Ce fut le temps de la guerre de Cent Ans et des compagnies de mercenaires occupèrent Brioude.

 Au XVème siècle, vers 1420, la seigneurie se scinde et les cadets s'installent à Montgon qui devient le fief principal de la branche des Léotoing-Montgon.Un dernier programme d'aménagements résidentiels acheva de donner au château sa physionomie définitive. Béraud III, dernier représentant des Dauphin, maria sa fille unique à Louis de Bourbon, comte de Montpensier. De cette famille comtale puis ducale des Montpensier, la seigneurie passa aux ducs d’Orléans.

Un long oubli

Le château laissé sans entretien tombe en ruines à partir du XVIe siècle. Vendu comme bien national à la Révolution, il sert alors de carrière pour les habitants du village.


L'église:

Située à proximité du château, l'église romane de Léotoing domine l'ensemble villageois.

Un prieuré roman

Les plus anciennes mentions d'une église paroissiale dédiée à Saint Vincent datent des années 1060. Elles concernent les donations faites à l'abbaye de Sauxillanges par Anthoine de « Lauthon », et certains de ses parents.

L'abbaye de Cluny, dont relève Sauxillanges, y installe un prieuré à une date indéterminée. Son existence est attestée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'église est construite dans la tradition romane de la fin du XIIe siècle. À l'origine, elle comprend une nef de trois travées voûtées en berceau, complétée vers l'est par un transept peu saillant dont la croisée est couverte d'une coupole sur trompes (voûte de forme hémisphérique soutenue par quatre arcs). Sur ce transept ouvrait une abside flanquée sans doute de deux absidioles dont il ne subsiste que celle située au Sud.

Des remaniements gothiques

Au cours du premier quart du XVe siècle, le transept, l'absidiole nord ainsi que l'abside principale sont abattus. Ils sont remplacés par une abside rectangulaire et par un chœur voûtés sur croisées d'ogives. Les clefs de voûtes sont sculptées aux armes de la famille de Balsac dont l'un des membres était alors titulaire de la charge priorale. Sur le flanc nord de l'église fut aménagée une vaste chapelle à caractère seigneurial voûtée sur croisée d'ogives. La clef aux armes écartelées des Dauphin d'Auvergne et des Sancerre, famille dont est issu Béraud III dit « Le Jeune », dernier représentant de la famille des Dauphin.

Décors et peintures

On accède à l'église par un porche autrefois protégé par un auvent. Le couronnement du mur méridional porte une corniche à modillons (pierre en saillie soutenant les éléments d'une corniche) sculptés, dont deux paraissent d'origine. Dans la nef, les chapiteaux de facture archaïque reproduisent des thèmes iconographiques répandus en Brivadois (sirène bifide, aigle, lions affrontés, etc.) Sur le mur oriental du bras sud du transept, les restes d'une peinture murale du XVe siècle figurent une Déposition de Croix. La belle qualité d'exécution de la scène est associée à la présence du donateur qui pourrait être un prieur de la riche famille des Balsac. Dans l'absidiole voisine, la figuration d'un Dieu de Majesté en Pantocrator (qualificatif de Dieu, maître de l'univers et figuré en buste) est associée à une délicate scène de l'Annonciation qui peut être datée de la seconde moitié du XIVe siècle. Il est à remarquer que les carnations peintes en sel d'argent ont viré au noir.


La chapelle des lépreux:

Plaque posée par la Communauté de communes du Pays de Blesle : "Située sur un site dominant la vallée de l'Alagnon, la chapelle de Léotoing, surmontée d'un clocher-mur à arcature unique, date probablement de la fin du XVIIIe siècle. Le bâtiment, construit sur un rocher, est typique des petits édifices ruraux employant des matériaux de construction locaux. Appelée selon la tradition « chapelle des lépreux », elle aurait été édifiée hors de l'enceinte du village afin d'éviter tout contact avec des personnes malades.


Sources:

-Wikipedia

- site auvergne-centrefrance


Photos:

-Jimre(2013)

Posté le 09-10-2013 11:32 par Jimre

Chalencon

Retiré au fond des gorges de l'Ance, petit affluent de la rive gauche de la Loire, ce petit château du Velay est établi sur une roche plate isolée qui porte une enceinte quadrangulaire enfermant un donjon cylindrique et une église.

Source: "L'évolution des châteaux dans la France au Moyen-Age" par André Chatelain.

Posté le 27-01-2013 19:15 par Jimre

Dunieres


Retranscription du site "La Tour de Dunières" (qui n'est malheureusement plus accessible...)


La tour de Dunières est le dernier vestige du château médiéval de Dunières-Joyeuse.
Visibles depuis la route reliant Dunières à Montfaucon, le donjon et l'ancien périmètre du château, clos de murs, sont depuis 1938 la propriété privée des descendants de Florentin Malartre qui, en 1895, avait procédé à la restauration du bâtiment en accord avec la famille de La Tour-Maubourg.


La tour de Dunières a été inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 2002.


Le rapport présenté  à cette occasion en résume les caractéristiques :


" Comparable à celle d'Esplantas (Haute-Loire) et de Montpeyroux (Puy-de-Dôme), la tour de Dunières appartient à la lignée des tours circulaires construites à partir du XIIIe siècle selon le modèle dit « philippin » issu des progrès apportés par Philippe-Auguste dans l'architecture militaire. Elle en présente les principales caractéristiques : fonctions mixtes, à la fois défensives, résidentielles et ostentatoires avec superposition de niveaux de stockage, d'un niveau d'entrée, d'un niveau résidentiel et d'un niveau défensif, avant d'aboutir à la plate-forme sommitale équipée de hourds de pierre; épaisseur des murs, soigneusement parementés; escalier pris dans l'épaisseur des murs. On note cependant quelques dispositions archaïques (accès par le premier étage, voûtement par coupole ) .
Même si la tour a souffert d'un état d'abandon prolongé et si les restaurations réalisées au XIXe siècle l'ont dotée d'un couronnement un peu sec, elle reste un élément intéressant de l'architecture médiévale dans la région. En outre, ses abords, heureusement préservés, réservent un potentiel archéologique très prometteur. "


La toponymie des lieux, la tradition orale et les documents écrits se rejoignaient pour confirmer l'existence, à la fin du XVIe siècle, en bordure du plateau, de deux châteaux appartenant, l'un au Seigneur de Joyeuse, l'autre au Seigneur de La Roue.
Du château de Joyeuse subsistaient autrefois les soubassements d'une tour massive qui constituait la pièce maîtresse d'un château-fort très ancien. Ce dernier contrôlait plateau et vallée au point de convergence des sentiers muletiers et chemins qui, par les cols des Boutières, faisaient communiquer Vivarais et Forez en traversant le Velay occidental.
En 1164, une bulle du Pape Alexandre III plaçait sous l'autorité de l'Evêque du Puy le " castrum " de Dunieres, construction au moins antérieure à 1146, puisque, cette année-là, le roi Louis VII interdit pour un temps l'édification de nouvelles forteresses dans le diocèse du Puy.
Dans la deuxième moitié du XIIe siècle, les Saint-Didier étaient seigneurs du château supérieur et d'une partie de la terre de Dunieres.
La baronnie des Saint-Didier et Dunieres passa ensuite aux mains des seigneurs, plus tard ducs, de Joyeuse et, en 1587, au duc de Bourbon-Montpensier.


 Au XIIe siècle, sur l'autre partie de la terre de Dunieres, étaient établis les Retourtour, déjà richement possessionnés en Vivarais, qui possédaient, non loin de l'église, la maison-forte ou château-bas de Dunieres.

Au XIVe siècle, peut-être à la suite d'une guerre privée où, allié à des seigneurs du voisinage, il avait vaincu Jaucerand de Saint-Didier, Briand de Retourtour, fit construire, tout près du château des Saint-Didier, une haute tour et un château-fort, plus tard appelés " de La Roue ", du nom de Maragde de La Roue, troisième épouse et héritière du Seigneur de Retourtour.
A sa mort, la terre de Dunieres, bien que revendiquée par Guy de Saint-Priest qu'elle avait épousé après son veuvage, resta l'apanage des cadets de La Roue.


Au cours des guerres de religion (1562-1598), les châteaux constituèrent une forteresse solide avec une garnison entretenue par la Ligue et les Etats du Velay, qui firent procéder à une remise en état des fortifications. Ils ne furent jamais pris, contrairement aux bourgs fortifiés et châteaux voisins de Tence, Montfaucon et Saint-Pal.
En 1719, Henri-Joseph et Marie-Charlotte de la Garde-Chambonnas, familiers du duc et de la duchesse du Moine et de la cour brillante du château de Sceaux, vendirent leur moitié de la seigneurie de Dunieres au marquis de Maubourg, Maréchal de camp aux armées du Roi.

En 1753, Claude Florimond de Fay, Comte de Maubourg, rachetait à Thomas d'Espinchal la deuxième moitié de la terre de Dunieres, devenant ainsi maître de toute la baronnie, qu'il transmit à son fils aîné, Marie-Charles César de Fay de la Tour Maubourg.

Ce dernier, Maréchal de camp de La Fayette en 1792 et compromis avec lui après la journée révolutionnaire du 10 août, le suivit en exil et partagea sa captivité en Prusse et en Autriche. Il fut considéré comme émigré et ses biens furent déclarés biens nationaux.
Le château-bas du bourg trouva acquéreur mais les châteaux supérieurs, laissés à l'abandon pendant un siècle et demi, étaient si délabrés qu'ils ne furent pas mis en vente.


Subsistaient encore, selon le rapport de la municipalité, une chapelle partiellement éboulée, quelques murs en ruine des anciens bâtiments, une tour massive plus qu'à moitié détruite et une grande tour presque intacte.


En 1801, la famille de la Tour Maubourg racheta le château-bas et reprit possession de la tour et des ruines qui l'entouraient. Beaucoup de pierres avaient été prises ou descellées des ouvertures et emportées.


En 1895, Madame de la Tour Maubourg confia à Florentin Malartre son désir de consolider sa vieille tour.
Le 23 juillet, une convention était signée avec Messieurs Vial et Geneste pour l'ensemble des travaux: colmatage de la brêche, réfection des ouvertures en pierres de taille, re-jointement des murs extérieurs, rétablissement de l'escalier d'accès à la porte extérieure, pose d'un plancher, d'un escalier en bois et d'une porte ouvrant sur l'escalier intérieur en colimaçon.


Le dernier héritier de la tour, sans descendance, la proposa à François Malartre (1865-1951), qui en devint propriétaire en 1938.


Sources:

-Site "La tour de Dunieres" (qui n'est malheureusement plus accessible...)


Photos:

-Jimre (2010)

Posté le 16-01-2013 15:54 par Jimre

Roche en Régnier


Edifié au XIIIe siècle, le donjon n’est pas la résidence habituelle des seigneurs, barons de Roche. Majestueuse, dominant le paysage et le bourg, la tour de Roche permet d’affirmer la présence et l’autorité du seigneur sur la région en donnant du crédit à ses représentants permanents (bayle ou capitaine du château).

Batie selon les règles de l’art, la porte d’entrée du donjon se situe au premier étage avec comme moyen d’y accéder une simple échelle que l’on peut retirer en cas de danger.

Le rez-de-chaussée abrite les réserves en grains, vins et huile. A l’étage, le seigneur peut avoir son logis, meublé très simplement. Mais souvent la fonction du donjon est plus un rôle de défense ou de stockage des biens du seigneur.

Les différents propriétaires dont le passé a gardé la trace  furent les Roche, Les Levis et pour finir le seigneur Noël Jourda de Vaux, qui le château en ruines, interdit aux habitants d’en emporter les pierres…

Quelques dates :

-950, Régnier, premier seigneur de Roche, donne son nom au futur bourg. 

-1087, Durand de Roche fait don de l’église de l’église de Saint Maurice à l’évêque du Puy et au prieur de Chamalières.

-XIIIe siècle, les Roche s'allient aux plus grandes familles vivaroises. La seigneurie s’étend dans les monts du Vivarais.

-1340, avec la mort du dernier héritier masculin, la seigneurie passe entre les mains de la famille vivaroise de Lévis, à la tête d’un domaine  allant du Velay à la vallée du Rhône.

-1486, Roche est donné en apanage par Jean de Bourbon à son fils naturel, Mathieu.

-1527-1538, la seigneurie est confisquée par François Ier, puis restituée à la famille de Bourbon.

-1769, le Maréchal Noël Jourda de Vaux, dernier seigneur de Roche, conquiert la Corse.


Source:

- Panneau situé près de la Tour


Photos:

- Jimre (2012)

Posté le 23-09-2012 21:05 par Jimre

Chalencon

Le bourg féodal de Chalencon apparait avec sa chapelle et son moulin, en même temps que le chef-lieu de cette localité, entre 1021 et 1047. C’était le siège de la baronnie de Chalencon, qui alliée aux Polignac, fut une des plus puissantes familles de la région.

Le site du lieu a, sans doute, contribué à faire de gros village médiéval un important lieu de passage et de commerce, comme l’atteste la présence d’un pont dit « le pont du diable », de la légende rencontrée un peu partout en France qui veut qu’un pont, construit par le diable, lui  ait été soutiré par ruse .

Chalencon était placé sur une voie de commerce et les Chalencon avaient des équipes muletières qui assuraient un important trafic de marchandises, entre les montagnes du Velay et la vallée du Rhône.

Les vestiges du château consistent en trois terrasses de niveau différent, dont l’une, située à l’ouest, surplombe le village. Il reste peu de choses des anciens bâtiments et murailles : hormis le svelte donjon circulaire, restauré, au sommet crénelé, subsistent encore deux tourelles d’angle, en partie reconstruites au début du XXe siècle et quelques fenêtres de la fin du XIIIe siècle. Le château fut définitivement abandonné aux alentours de 1600. Il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1913.

Il existe une polémique car les créneaux du donjon sont l'œuvre des architectes de Viollet-le-Duc restaurateur de sites médiévaux sous Napoléon III. Vu l'emplacement de la tour, il s'agit plus vraisemblablement d'une tour plate où était entretenu un feu durant les brumeuses nuits d'hiver pour que les marchands et pèlerins se repèrent. Il ne faut pas oublier que la place de Chalencon était avant tout un centre commercial dont le passage sur le pont du diable était payant.

La chapelle, qui fut accolée au château au début du XIe siècle, servit aux villageois de lieu de culte jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. L'abside, voûtée en cul-de-four, autrefois sans doute ornée de fresques, est délimitée par cinq arcades en plein-cintre, dont l’une, dans la face méridionale, est percée d’une fenêtre gothique géminée du XVe siècle, avec rose quadrilobée. Les arcades viennent s’appuyer sur des colonnettes au chapiteau feuillagé, dont deux manquent. À la fin du XVIIe siècle, la voûte primitive, écroulée, fut remplacée par un plafond lambrissé subdivisé en une myriade de petits caissons blancs décorés de dessins de fleurons et de monogrammes. La cloche suspendue dans le campenard porte la date de 1499.

Sources :

-          Wikipédia ici et

-          Autour des Châteaux


Posté le 22-09-2012 17:57 par Jimre

Polignac

Le château de Polignac apparait dans une charte datant de 930 sans que l’on sache exactement de quand date sa construction. Juché sur un piton volcanique entouré de falaises escarpées d’où l’on peut apercevoir le Puy en Velay tout proche, il était sans doute destiné à l’origine protéger la ville.

Ce site de défense exceptionnel a sans doute été construit dans cette période de troubles qu’est le temps de la féodalité où les comtes s’affranchissent du pouvoir royal dont ils sont les représentants. La féodalité se met en place et les dynasties locales prennent les pouvoirs d’un roi affaibli et lointain et se composent par la force ou par les alliances des principautés autonomes.

Parmi ces dynasties se trouve celle des Polignac. Vicomtes du Puy depuis le IXe siècle, ils s’emparent de la forteresse de Polignac dont ils adoptent le nom à la fin du XIe siècle. En l’absence du comte de Toulouse, qui a l’autorité sur le Velay, de grands seigneurs en profitent pour faire la loi dans la Province. Les Polignac sont les plus puissants d’entre eux, les seuls à pouvoir rivaliser avec l’évêque du Puy, investi des charges comtales et soutenu par le roi pour contrecarrer les féodaux.

Bien que très indisciplinés aux yeux du pouvoir royal, ils participent quand même aux grands combats de leur temps, à commencer par les croisades, et conservent leur position de première famille du Velay. Héracle de Polignac participe en 1098 à la première Croisade où il trouve la mort.

 

La région retentit du bruit de ces querelles tout au long du Moyen-Age. L’évêque se plaint souvent que les Polignac se battent contre les dynasties voisines pour accroitre leur zone d’influence et surtout profitent de leur position pour rançonner les voyageurs qui se rendent au Puy pour le célèbre pèlerinage.

En 1213, une décision royale contraint les vicomtes à rendre hommage à l’évêque. Pendant la guerre de Cent Ans, les Polignac assurent la défense de la région et renforce la position de Polignac en construisant le donjon, haut de 32 mètres (1385-1421).

Cela ne les empêche pas de subir les manœuvres de Louis XI qui confisque leur château en 1467, après qu’ils se soient ralliés à la rébellion de seigneurs désireux de conserver leur indépendance vis-à-vis du pouvoir royal (Ligue du Bien Public).

Au XVIe siècle, les Polignac, définitivement assagis, occupent les plus hautes fonctions auprès du roi. Ils construisent à Polignac la résidence de la Vicomté, plus confortable et décorée au goût du jour. En 1533, François Ier, en route vers le Puy, y séjourne et salue les Polignac comme les « Rois des montagnes »

Quand les guerres de religion embrasent la région, la famille reste fidèle à Henri III et au protestant Henri de Navarre ou Henri IV, alors que le Puy se rallie aux Ligueurs, catholiques intransigeants.

En contribuant au triomphe de la cause, le château joue un rôle politique et militaire essentiel. La paix revenue, les châtelains délaissent la vieille forteresse pour une résidence plus confortable sur les bords de Loire, Lavoûte-Polignac.

Au XVIIIe siècle, ils abandonnent définitivement Polignac, brillent à la cour de Versailles, puis émigrent sous la Révolution à la demande de Louis XVI. Le château est alors vendu comme bien national et sert de carrière de pierres.

Quand le Prince Jules de Polignac, ministre des Affaires Etrangères de Charles X, le rachète au XIXe siècle, il n’est plus qu’une ruine dont le pittoresque séduit de rares visiteurs comme Georges Sand, qui y situe l’action d’un de ses romans, le marquis de Villemer, et Prosper Mérimée, premier inspecteur des Monuments Historiques, qui le classe en 1840.

Sa renaissance s’amorce en 1893 avec la restauration de donjon. Elle se poursuit sous l’égide de la Fondation Forteresse de Polignac, créée par la princesse Constance de Polignac.

En 2012, création de l’association Forteresse Polignac Patrimoine pour la valorisation du site.


Posté le 26-08-2012 16:53 par Jimre

Bouzols

Un donjon du XIIe siècle est flanqué de tours circulaires et isolé par un fossé taillé dans le roc.

Il subsiste des fragments de courtine et une tour ronde.

Le château a été restauré au XIXe siècle.

Posté le 14-05-2012 20:05 par Jimre

Rochebaron

 1-      Principales dates du château :


Les éléments du château tels qu’on peut les voir en partie restaurés aujourd’hui remontent au XVe siècle. Cependant le château primitif date vraisemblablement du XIIe siècle, des traces de la famille de Rochebaron remontant même au Xe siècle.

Entre 1150 et 1200 :

Le château est hommagé. Il est constitué de deux parties principales, l’une dédiée à la surveillance de la vallée de la Loire (emplacement de l’actuelle chapelle et de la cuisine), l’autre assurant la défense de l’accès principal par l’ouest avec un donjon rectangulaire (emplacement de la tour triangulaire).

 Début XVe siècle :

 D’importants remaniements interviennent, motivés par la guerre de Cent Ans et une période fortement troublée, avec notamment :

La reconstruction de la chapelle telle que les ruines nous la présentent aujourd’hui.

La fortification de l’accès à la troisième enceinte, avec la construction de la porte à herse 

La construction de la tour ronde (mentionnée dès 1419).

Fin  XVe siècle :

En ces temps de paix relative, les considérations défensives ne sont plus prioritaires et l’on profite de cette période pour surélever l’ensemble herse-chapelle et y adjoindre un étage d’habitation.

XVIe siècle :

De nouvelles techniques de guerre étant apparues, l’aspect défensif du château est adapté à ces nouvelles contraintes avec le remplacement du donjon carré par une tour triangulaire dont l’angle vif est constitué par des pierres de grande dimensions qui offrait moins de prise aux tirs des assaillants venant de l’ouest.

De plus elle est armée de véritables canonnières permettant de répondre à l’artillerie de l’époque.

A partir du XVIIe siècle :

Ce siècle marque la fin de l’activité du château en tant que tel. Il commence à être désaffecté à partir de 1654.

Il est mentionné en ruines dès 1743. Son manque de confort a conduit ses propriétaires à le délaisser et la dernière famille propriétaire, les De Fisicat, n’en fera plus acte de possession à partir de 1826.

Au début du XXe siècle, le site a servi de ferme d’accueil  pour 3 familles dont l’une exerçait la profession de tisserands. Ces habitants demeuraient dans un bâtiment du XVIIIe siècle (restauré début des années 90 par « les Amis de Rochebaron ».

Alors que les derniers vestiges disparaissaient, notamment le poste de garde coté Loire qui existait encore début XXe siècle, la seconde moitié du XXe siècle a vu un regain d’intérêt pour le site avec son classement en tant que Monument Historique en 1951.

En 1972 naissait l’association des Amis de Rochebaron qui voulait empêcher que l’ignorance entraine la lente mais inexorable destruction de ce site.

Refondée en 1986, l’association compte aujourd’hui deux cents membres qui d’une façon ou d’une autre aident à la sauvegarde de ce patrimoine

En ce début de XXIe siècle, la phase de sauvegarde est terminée et laisse place à une étape de réhabilitation.

2-      Les éléments visibles dans le château :

La ferme d’accueil du XVIIIe siècle accueillant le musée lapidaire abritant des matériaux divers recueillis lors de la restauration du château

La poterne, porte fortifiée avec des barres et verrous de fermeture qui permettait une sortie discrète du château en cas de siège.

La table d’orientation avec de magnifiques blasons des Rochebaron et de la commune de Bas-en-Basset où se trouvait une poste de garde composé d’une tour de guet encore visible au XXe siècle.

La porte à herse dont la défense était  assurée par une arrivée en longeant le mur (exposition aux jets des défenseurs), une herse , deux tours en U semblables, à l’exception de l’orientation de leurs archères, permettant une meilleure défense en couvrant plusieurs directions, et une porte fermant par des barres.

Les tours étaient plus hautes afin d’assurer une meilleure protection de l’ensemble de la porte.

 A noter le mélange pierre-briques qui constitue cet ensemble ( on retrouve la brique dans l’Ain(Dombes) et l’Isère.

La chapelle se trouve vraisemblablement sur le site primitif du château (citée en 1301). Elle est dédiée à saint Antoine du Viennois, un saint guérisseur.

La chapelle comporte une nef unique de 8,15 m de longueur, prolongée par son abside située coté Loire. La paroi, coté ferme d’accueil, possède des restes de mâchicoulis, témoins de la fortification de l’édifice. Les ouvertures sont plus étroites en bas (défense) alors qu’elles deviennent très larges en haut (habitation seigneuriale avec une superbe fenêtre à meneaux).

Le bâtiment semble donc avoir eu 3 fonctions simultanées : lieu de culte, système défensif (en complément de la porte à herse), et bâtiment résidentiel à l’étage desservi  par un escalier à vis situé dans la tour ronde attenante.

La citerne, qui était un édifice vital permettant de récupérer les eaux pluviales par un système de canalisations. Elle a une profondeur de 16 m et une largeur de 3 m.

Une légende nous est parvenue dans laquelle intervient cette citerne (voir ci-après le résumé).

Le logis, ancien logement  du seigneur avec une salle de réception, une cheminée encore visible et un dallage aujourd’hui recouvert.

La cuisine dont le pavement comporte des creusements et inclinaisons permettant l’évacuation des eaux vers l’extérieur. Les restes de 3 cheminées sont encore visibles aujourd’hui.

La tour triangulaire qui comme dit précédemment a remplacé une tour carrée au XVe siècle. Elle est constituée de 5 niveaux  communiquant par des escaliers intérieurs à volées droites et avait un usage exclusivement militaire.

La courtine, entre les deux tours  est l’enceinte la plus épaisse du château (1,60 m)et dont la hauteur est de 9,45 m car elle est située à un endroit stratégique pour la défense face au chemin d’accès de jadis.

La tour ronde :

Dont le palier d’entrée cumule différents dispositifs défensifs avec :

Une échelle d’accès escamotable,

 Une double porte,

Une trappe qui s’ouvre sur 4 m de profondeur,

La hauteur des premières marches de l’escalier qui est nettement supérieure à celle des marches suivantes qui sont plus larges,

La présence d’un assommoir (marche élargie pouvant supporter un défenseur).

Dont les salles sont construites sur le même modèle : une cheminée de taille imposante par rapport à la surface de la pièce, deux fenêtres à l’orientation Sud Ouest-Sud Est et des latrines séparées jadis séparées par une porte et des aérations grâce à des ouvertures dédiées.

A l’origine les hourds équipant la courtine et la tour ronde étaient en brique. Mais pour des raisons techniques, leur  restauration a été faite en bois de tech qui ne nécessite aucun entretien.

La tour Nord, tour circulaire composée de 3 salles superposées, voutées en coupole et communiquant par un puits central.

Le village, situé à l’extrémité du plateau qui s’étend devant les deux tours principales. Les premières mentions d’habitation sont du XVIe siècle avec Huit feux en 1550

A noter que dans le virage permettant d’accéder au château (au niveau de la zone permettant d‘accéder au niveau de ce plateau devant la courtine et au dessus du châtelet de la porte de l’entrée)  on peut voir dans la végétation des vestiges de murs ainsi qu’un fossé qui ferme l’éperon du château. Cette zone n’a pas l’air d’avoir encore été mise en valeur et si quelqu’un peut nous donner des précisions sur ces vestiges dont vous pouvez voir les photos sur notre site, ce sera avec plaisir que nous les publierons.


3-      La légende de Rochebaron.

" A peine Héracle de Rochebaron venait-il d’être défait à Serverette (en Lozère) que le Sénéchal Humbert de Grolée se présenta devant la porte du castel et demanda la reddition de la place. A cette injonction, un conseil présidé par les deux châtelaines se réunit et arrêta qu’on devait résister à tout prix.

Sans perdre de temps, le Sénéchal investit la place, fit mettre en batteries catapultes et pierriers. L’épaisse muraille de la forteresse s’écroula et donna le passage à l’assiégeant. Rochebaron était pris.

A la vue des soldats, les filles d’Héracle se jetèrent dans le puits qui avoisinait la chapelle. Les belligérants, saisis d’émotion, arrêtèrent  de se battre. Parmi eux se trouvait un valeureux chevalier, Philibert de Grolée, fils du Sénéchal. Il n’hésita pas à se jeter dans la citerne. Bientôt, on le vit reparaitre, étreignant dans ses bras vigoureux Jeanne de Rochebaron ; elle était morte. Un de ses compagnons d’armes réussit à retirer du puits Marguerite, que quelques soins ramenèrent bientôt à la vie.

Marguerite fut comblée de prévenances ; sa profonde tristesse touchait tous ceux qui l’approchaient. On ne sut qu’inventer pour la sortir de sa morne torpeur ; chevauchées, parties de chasse, succédèrent aux réceptions et aux tournois. Dans l’une de ces joutes entre chevaliers, Philibert de Grolée resta le vainqueur. Ce fut des mains de Marguerite qu’il reçut la palme d’or. A peine tendait-il la main pour saisir le prix du à sa bravoure autant qu’à son agilité, qu’il tombait en défaillance.

Il avait été grièvement blessé. Marguerite, s’en étant aperçue s’empressa de ranimer le jeune homme. Cet amour naissant ne fit par la suite que s’accroitre ; l’un et l’autre s'aimaient, mais sans oser se le déclarer. Un jour cependant, Philibert de Grolée, demanda la main de Marguerite ; la fille d’Héracle de Rochebaron n’eut pas la force de refuser.

Le grand jour choisi pour les noces arriva. Celles-ci battaient leur plein quand Marguerite, songeant à son père et à sa sœur chérie, quitta la grande salle et gagna par un escalier dérobé la porte du château. Enlevée par un chevalier qui lui était fidèle, elle se dirigea sur l’abbaye de Chazeaux où elle fut reçue par l’abbesse. Au moment de prononcer les vœux perpetuels, et voyant tomber à ses pieds son opulente chevelure, elle poussa un cri déchirant et dit avec effroi, dans un sanglot de larmes : Ô Jeanne ! Ô mon père ! Vous êtes vengés !"

Article rédigé d'après les informations du manuel de visite du château.


De plus amples informations:

Posté le 30-05-2010 22:59 par Jimre

Histoire d'Arlempdes

D'après le livre "L'Evolution des châteaux-forts dans la France du Moyen-Age" par André Chatelain.

C'est un surgissement basaltique tumultueux, dressé sur le haut cours de la Loire, qui supporte ce château. Il utilise comme assise deux terrasses superposées aux contours très irréguliers.La plus élevée et la plus restreinte conserve les ruines du logis et la chapelle castrale. La plus basse et la plus étendue forme une grande basse-cour bordée d'une enceinte flanquée, sur les à-pic.

Informations reprises sur les panneaux du village.

1000 avant JC - La grotte de la Baume connaît une occupation humaine. On peut penser d’après de précédents travaux qu’un lieu de culte celtique ou pré celtique est établi à Arlempdes sur le site de la chapelle St Jacques le Majeur d’Arlempdes. La racine gauloise d’ Arlempdes « Nemeto « et la racine pré celtique « Nemasu » désigne le temple.

186-187 ap JC - on dit que le site des Souils était occupé. Arlempdes se situe au bord de la Loire(liger en latin dérive de Lig-ara : Rivière du Dieu), le plus long fleuve de la Gaule qui prend sa source au Mont Gerbier des Joncs et rejoint la mer à Nantes. Arlempdes est la frontière entre la Gaule romaine : « La Provincia Narbonensis» et la Celtique. La frontière est matérialisée par la Méjeanne et la Gazeille.

IIe-IIIe siècle -  Le site des Souils est à nouveau occupé. Les habitants l’avaient abandonné au Ier siècle suite à un incendie.

476 - Fin de l’hégémonie romaine. L’Auvergne fait alors partie du royaume wisigoth jusqu’à la bataille de Vouillé en 507 remportée par Clovis, chef des Francs. L’Auvergne entre alors dans le royaume des Francs

728-730 - Les sarrasins seraient présents sur le territoire du Devès.

An Mil - Un village est certainement implanté à Arlempdes. Cependant, aucune trace écrite ou témoignage architectural ne permet de penser que la forteresse d’Arlempdes est déjà construite.

1030 - On dit qu’une horrible famine a sévi durant 3 ans et que Saint Odilon, Abbé de Cluny, a sacrifié les vases sacrés de l’église pour soulager les pauvres.

1096 - Les seigneurs de Montlaur, famille issue du Languedoc, participent à la première croisade ordonnée par Urbain II. Ils sont alliés aux Dauphins d’Auvergne, aux Polignac et s’établissent en Vivarais. Pourquoi choisissent-ils ces terres éloignées de leur foyer d’origine ? Elles appartiennent aux évêques du Puy et de Viviers mais également au Comte de Toulouse. Celui-ci trouve opportun d’avoir un vassal dans cette contrée. Les Montlaur s’implantent donc tout près de Coucouron, au village « Montlor ».

XIIe siècle - On sait que la construction de la forteresse date de cette période. La chapelle castrale est rattachée à l’architecture romane Vellave. Au sein du village, il existe également une église paroissiale « Saint Pierre » qui date de la même époque. La chapelle castrale est désignée en 1320 comme « capella beati Jacobi castri Arlempdü ».

1248 - Les Montlaur sont propriétaires du château. Héracle de Montlaur dit « Le Vieux »(1230-1277) signe une lettre, datée d’Arlempdes, au roi Louis IX « Saint Louis ». Les Montlaur sont sans doute les maîtres d’ouvrage de la forteresse. Ils mettent en place une politique territoriale davantage en rapport « avec l’ampleur, la valeur stratégique du château d’Arlempdes, la qualité architecturale de sa chapelle ».

Petite légende: Sous le château, un passage secret mène à Le Goudet au château de Beaufort. Pons IV de Montlaur et Héracle II participent à la première des deux croisades de Saint Louis.

1269 - Les Montlaur transforment les terres  et le château d’Arlempdes en baronnie.

1304 - Pierre de Montlaur, convoqué par Philippe le Bel, participe à la guerre des Flandres avec 50 gens d’armes et 500 sergents recrutés dans la mouvance de la baronnie de Montlaur.

1429 - Durant la guerre de Cent Ans, Louis de Montlaur est chambellan et conseiller du roi Charles VII. Ce dernier lutte pour la couronne de France. Louis de Montlaur combat pour le roi aux cotés de Jeanne d’Arc. Il s’accorde une trêve le 11 Juin afin de marier sa fille Anne, dame d’Arlempdes avec Charles III de Poitiers-Valentinois qui devient seigneur d’Arlempdes. Le château et les terres d’Anne de Montlaur, lui sont apportés en dot. Charles III, après sa visite, transforme et répare le château qui a beaucoup souffert du passage des routiers, bandits de grand chemin. Cette famille embellit et modifie la façade. On aperçoit encore ses armoiries « d’azur  à six besants d’argent au chef d’or ».

1499 - Naissance de Diane de Poitiers. Après son frère Guillaume, elle est dame d’Arlempdes. Diane de Poitiers, d’une beauté exceptionnelle selon ses contemporains, est la favorite du roi Henri II qui lui fait construire un château à Anet. Elle aurait effectué quelques séjours à Arlempdes, et on lui attribue la construction du porche du château.

1585 - Guerres de religion. Le château d’Arlempdes n’est pas imprenable comme le croyait Henri IV. Il est assiégé par le chef protestant Antoine de la Garde dit « le cadet de Chambonas ». Il réussit à pénétrer dans l’enceinte grâce au portier en échange d’un sac de 1000 écus d’or. Il en profite pour piller et rançonner sauvagement le pays. Les Poitiers-Valentinois ne résident pas en permanence au château. Ils en ont confié la gestion à la famille de Goys qui est faite prisonnière par ce même chef protestant.

1586 - La peste en Devès et un hiver exceptionnellement rigoureux font de nombreuses victimes.

1588 - Les gens, excédés par la cruauté de Chambonas se rebellent et le tuent.

XVIe siècle - Les propriétaires, à partir de cette époque sont des grands personnages dont le lieu de résidence n’est plus à Arlempdes.

1783 - Le marquis d’Arlandes effectue le 21 Novembre 1783 le premier vol en montgolfière en compagnie de Pilatre de Rozier.

1790 - Création du département de la Haute-Loire.

1792 - Après la révolution française, la venue d’un prêtre assermenté fait éclater des incidents à Arlempdes. L’administration lance des mandats d’arrêt contre les prêtres réfractaires, notamment le curé d’Arlempdes. Il se cache dans les « bonnes maisons » ou dans les grottes environnantes.

1793 - Destruction « des croix, blasons et autres vestiges de fanatisme » que représentent la religion pour les révolutionnaires.

XVIIIe siècle - Le château d’Arlempdes est entretenu jusqu’à cette époque. Avant la révolution, le château est  déjà laissé à l’abandon.

1926 - Inscription du château aux Monuments Historiques.

1963 - La famille de Goys rachète le domaine et restaure le château par tranches successives.

Posté le 01-12-2008 20:40 par Jimre