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Châtelus

En ruine à la finn du XVIe siècle, le château fut reconstruit au XVIIe puis remanié au 19e siècle, il se compose d'un ensemble de bâtiments d'époques diverses, organisés autour d'une cour ouverte.

Il comporte un donjon en éperon auquel sont accolés un pavillon et le corps de logis principal.

La cuisine fait saillie sur l'aile nord du logis. La grande tour médiévale (XIIIe-XIVe) est de plan heptagonal irrégulier à l'extérieur, avec des pièces triangulaires à l'intérieur. Elle a été remaniée à l'époque moderne avec des plafonds en fougère et des fenêtres à traverses.

Le crénelage du couronnement est une reconstitution des premières années du XXe siècle. Elle flanquait une enceinte polygonale en partie conservée. Le corps de logis et son aile nord ont été construits sans doute dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

A la fin du XIXe siècle, le logis a été surélevé d'un étage et trois de ses façades ont été restructurées ou reconstruites en style néo-gothique. L'intérieur du logis conserve son état XIXe siècle avec plusieurs pièces lambrissées. Son salon possède des boiseries du XVIIIe siècle provenant d'une partie du château détruite au XIXe siècle.

L'aile nord a été agrandie vers 1904-1906 (cuisine). Un bâtiment des communs est édifié au XIXe siècle avec écurie, grange et bûcher sur caves voûtées.

Le Parc à l'anglaise a été aménagé vers 1880-1890.


Source:

- Base Mérimée

Posté le 15-10-2023 14:27 par Jimre

Vidéo d'Essertines Basses

Des images aériennes du site d'Essertines Basses, située près de Montbrison, dans la Loire, prises par drone et réalisées par nos soins.

 

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique…

 

Si vous voulez voir les vidéos que nous faisons lors de nos déplacements en dehors de cette thématique, la playlist des "Videos de vacances" est également disponible.


Posté le 19-09-2023 20:15 par Jimre

Pelussin

Connu depuis 1173, le château servait de sentinelle avancée chargée de garder les communications de Saint-Chamond avec le Rhône. Jean de Fay fait reconstruire la maison seigneuriale qu'il transforma en demeure de plaisance (fin 16e ou début 17e siècle), et remet le château en état de défense.

L'édifice est constitué d'un corps de logis flanqué de deux tours rondes. La tour sud-ouest a été transformée en "donjon" néo-médiéval à la fin du 19e siècle par Alexandre Jullien.

Sise au nord du château, l'église se compose d'une nef prolongée par un choeur carré. La porte d'entrée est surmontée d'un fronton triangulaire et comprend une inscription du 17e siècle rappelant les dates de la fondation de la chapelle.

A l'intérieur, décor du 19e siècle.


Source:

Fiche de la base Mérimée sur la plateforme ouverte du Patrimoine

Posté le 30-08-2023 15:05 par Jimre

Le Chevallard

Entre Essertines-en-Châtelneuf et Lerigneux, on peut apercevoir cet ancien château.


Photos:

- Jimre (2023)

Posté le 25-06-2023 20:38 par Jimre

Essertines Basses

"le chatiau d’Issartines"

Maquette Essertines Basses Association A.S.P.E.C.

Juché dès le tournant des XI-XIIe siècles sur un éperon rocheux aux pentes vertigineuses, dominant le cours du torrent montagnard le Vizézy, le Château d’Essertines-Basses a constitué pendant tout le Moyen Âge une défense rapprochée de Montbrison, capitale des Comtes du forez.

Sa situation, ses enceintes et nombre des objets mis au jour par dix-sept campagnes dc fouilles, entre 1972 et 1991, soulignent sa vocation militaire.

L’exploration archéologique a redécouvert les bâtiments qui se sont succédés au cœur de la forteresse, les traces des incendies qui les ont ravagés et maints témoignages de la vie que menaient entre leurs murs les officiers de la châtellenie et les membres de la garnison.

Bien que la forteresse se soit trouvée être à Essertines Basses, le bourg-centre a toujours été le village actuel.

En 1420, le village possédait même un petit prieuré bénédictin.

L’église prieurale a disparu, celle qui la remplace remonte au XVe siècle.

Au milieu du XVe siècle, Essertines Basses avait une population d’environ 150 âmes et surpassait celle du bourg.

Le donjon du Château, simple tour carrée, était flanqué d’une chapelle, la chapelle Saint-Etienne, directement adossée aux murailles orientales de l’avant-cour de la forteresse.

La nef et le choeur de cette chapelle, toujours visible, sont rectangulaires. A leur intersection s’élève un campanile a deux arcades. Le chœur est voûté en berceau ogival. Il y a quelques vestiges de fresques polychromes.

La fontaine Saint-Etienne, visible à l'extérieur du site, recueille l’eau de l'unique source du pic qui était considérée comme miraculeuse.

On célébrait une messe à Essertines-Basses, dans la chapelle. en cas de calamité publique, sécheresse ou pluie trop abondante.


Source:

 - Association qui gère le site, A.S.P.E.C., Animations Sentiers Patrimoine Essertines-en-Châtelneuf


Posté le 07-03-2023 16:50 par Jimre

Le Chevallard

Non loin d'Essertines en Châtelneuf, on peut apercevoir le château du Chevallard.


Photos:

- Jimre (2023)

Posté le 07-03-2023 13:42 par Jimre

Montbrison

Montbrison dans l'Histoire

Capitale des comtes de Forez, sur le grand chemin entre Lyonnais et Auvergne, la Bourgogne et le Sud, ancienne préfecture de la Loire, Montbrison, riche de son patrimoine, reste le coeur historique de notre province...

I) Les temps anciens

La plus ancienne mention écrite de Montbrison, " Monsbriso " date du IXe siècle mais l'origine de son nom est incertaine. Pour l'historien La Mure (XVIIe siècle), il vient d'une déesse des songes et du sommeil, un certaine Briso qui y aurait eu son sanctuaire. Il semble cependant plus probable que son nom renvoie au souvenir d'un propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine qui y aurait développé son domaine, à l’emplacement de la butte du calvaire, au cœur de la cité. Sous la domination romaine, Montbrison devait se résumer à bien peu de chose, tout au plus quelques maisons. Bien plus tard, au IXe siècle, quelques habitations seulement se serraient autour d'une église dédiée à sainte Madeleine.

En revanche, le village voisin de Moingt était alors prospère et connu sous le nom d' Aquae Segetae, les " eaux de Cérès ", en l'honneur de la déesse des moissons des Romains. Surnommée " la Vichy des Ségusiaves ", cette ville thermale se développa sous l'aigle de Rome. Les derniers témoins de sa grandeur antique sont les restes du théâtre, désignés sous le nom de " mur des Sarrasins ". La dernière des sources d'eau minérale qui firent sa renommée est restée en activité jusque dans les années 90.

II) Le Moyen Age

L’histoire de la cité forézienne est indissociable de celle des comtes de Forez. Du premier en titre, Guillaume qui fut mis en possession du Comté de Forez en 877 par Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, jusqu’à Charles III, connétable de Bourbon, tué sous les murs de Rome en 1527, ils forment une lignée de seigneurs puissants et valeureux. La première race de ces comtes avait pour capitale le Forum des anciens Celtes Ségusiaves (Feurs) et c'est avec Guy II, de la seconde race, que Montbrison devint leur capitale en 1173. Cette même année, la "permutatio", un traité passé entre Guy II et l'archevêque de Lyon mettait fin à une longue lutte et définissait les limites du forez et du Lyonnais. C'est à cette illustre famille que la ville doit ses nombreux vestiges historiques.

Au centre de la ville, sur la colline du calvaire, vers 1080, le comte Artaud fit édifier un château. Guillaume III fonda un Hôtel-Dieu, c'est à dire un hôpital, certainement un des plus anciens de France. Placé sous la protection de sainte Anne, dans l'enceinte même du château, ses quinze lits accueillaient les femmes en couche et les malades. En 1217, il fut transféré sur les rives de Vizézy où le bâtiment subsiste encore et qui accueillit les malades jusqu'en 1975. Le château, sur sa colline, fut rasé en 1956 et ne demeure plus que sur le blason de la cité, à l'exception de murailles, rues des Prisons et Claude Henrys, et une tour surnommée "tour des Adrets"; nous verrons pourquoi.

Guy II, déjà évoqué, a gouverné le Pagus Forensis pendant soixante et un ans. Il fut un très habile constructeur. Il conçut l’audacieux projet d'augmenter le débit insuffisant du petit Vizézy en lui amenant les eaux du Lignon. Pour cela, il fit détourner le cours du ruisseau des Planches, à 1270 mètres d'altitude dans les Montagnes du Soir, et creuser une tranchée de 4, 5 km. Ce travail très conséquent pour l'époque, connu sous le nom de Béal Comtal, permit aux Montbrisonnais de ne jamais souffrir de la soif. On lui doit également, en 1180, la construction de la Commanderie de Saint-Jean des Prés, dépendant de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, autrement dit des Chevaliers Hospitaliers, un ordre guerrier et monastique créé pendant les croisades auxquelles participèrent de nombreux comtes de Forez. Enfin, grâce à lui, les lépreux purent être accueillis dans la maladrerie qu'il fonda à Moingt.

A Guy IV, la cité doit son joyau : la collégiale Notre-Dame d'Espérance. Par humilité, il fit poser la première pierre par son fils, le futur Guy V, alors âgé de cinq ans, qui fut bien plus tard le compagnon de saint Louis en Egypte. C'était le 23 novembre 1226. Aujourd'hui, l'église, qui porte la devise du Forez, abrite encore le tombeau de son fondateur. Guy IV, qui a laissé le souvenir d'un seigneur bon et généreux, octroya également en 1223 aux citadins de Montbrison une charte de franchise qui reconnaissait officiellement leurs droits. En 1239, il créa l'étang de Vidrieux, premier étang artificiel du Forez.

Le tombeau du comte Guy IV de Forez présente une particularité car sur son gisant, celui-ci n'est pas représenté en guerrier (pas d'armure), ni en comte (pas de couronne comtale) mais avec la robe et le bonnet de ceux qui ont fait des études. Pourtant, il porte l'épée.

Guy VI fait construire en 1278 la Commanderie de Saint-Antoine pour soigner les malades atteints du " mal des ardents " ou " feu de Saint-Antoine ". Il ne reste aujourd'hui plus rien de ce bâtiment, si ce n'est son souvenir à travers la rue Saint-Antoine.

Jean Ier, qualifié de " plus grand seigneur de sa race ", gouverna le Forez durant cinquante-quatre ans. Proche du " roi de fer " Philippe le Bel, il reçut de ce dernier un hôtel particulier à Paris, rue de la Harpe. Plus près de notre géographie, il offrit non seulement au Forez, mais aussi à la France, la magnifique (et unique) salle héraldique de la Diana, au chevet de la Collégiale. Construite en 1295, à l’occasion de son mariage avec Alix de Viennois.

La superbe salle de la Diana fut construite à l’occasion du mariage de Jean Ier de Forez avec Alix de Viennois. Elle est aujourd'hui la propriété de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Forez. 48 blasons sont figurés sur sa voûte et chacun est répété 36 fois. On y distingue les Lys de France et le Dauphin de Forez bien sûr mais aussi la Croix d'argent de Savoie, le Vair des d’Urfé, etc. C'est dans cette salle que fut jouée ce qui semble être la première opérette (ou opéra) de l'histoire, La Pastorelle de Papon.

Si du XIe siècle au début du XIVème, Montbrison eut à souffrir des années difficiles, en raison des difficultés propres à l’époque (famines), au moins fut-elle épargnée par les foudres de la guerre. Mais en 1359, la guerre de Cent ans s'invita par le biais des Grandes compagnies anglaises ou mercenaires qui rançonnèrent le pays. Le 19 juillet 1359, une troupe commandée par Alle de Buet et Jacques Wint, surnommé " le Poursuivant d'Amour ", se jeta sur la ville offerte (puisque sans fortifications) et la brûla à l’exception de la Collégiale qui eut peu à souffrir. En 1362, ce sont les sinistres routiers, pillards sans vergogne qui rançonnèrent les habitants et, pour faire bonne mesure, le chef de bande Seguin de Badefol en rajouta une couche en 1365.

Le XIVe siècle fut aussi marqué par le déclin démographique de la ville. En effet, Montbrison est située entre la Champagne et le Languedoc, or les fameuses foires de Champagne commencèrent à décliner en même temps que les ports du Languedoc. Aussi les foires créées à Montbrison par les comtes subirent-elles le même sort. L'avenir appartenait désormais à l'axe rhodanien d'où était exclue la cité forézienne. En 1420, la population avoisinait les 2000 habitants. Trois fois moins environ qu'un siècle plus tôt.

Cette guerre à n'en plus finir eut une autre conséquence, bien plus importante pour tout le Forez. En effet, le comte Louis de Forez fut tué en 1362 à la bataille de Brignais. Le pays passa alors aux mains de son frère Jean II qui, à moitié fou, le céda au Duc d'Anjou pour 30 000 livres. Aussi c'est sa mère Jeanne de Bourbon qui prit les choses en main et protégea le Forez contre les Anglais, s'intitulant "Illustris et potens domina comitis Forensis ". Dix ans après la mort de son fils, sans héritier mâle, elle légua le pays à sa petite fille Anne-Dauphine et à son second époux, Louis II de Bourbon. A la mort d'Anne-Dauphine, le Forez fut ainsi annexé par le Bourbonnais, dont les ducs portèrent le titre de ducs de Bourbon, d'Auvergne et de Forez et dont la capitale était Moulins, dans l'Allier.

En 1415, le Duc de Bourbon Jean Ier était fait prisonnier lors du désastre d'Azincourt. C'est son épouse, la duchesse Marie de Berry, qui autorisa les Montbrisonnais à construire des remparts pour protéger leur ville. L'édification fut achevée en 1431. L'enceinte qui baignait dans des fossés devait avoir fière allure avec ses 47 tours, ses sept portes et ses murs épais de près de deux mètres ! Les restes de l'enceinte furent rasées au début du XIXe siècle.

III) Le XVIème siècle, le meilleur et le pire

Le 15 juillet 1523 se produisit à  Montbrison un événement lourd de conséquence pour le royaume de France. A la nuit tombée, en grand secret, Adrien de Croi, émissaire du Saint Empire Romain Germanique fut reçu par Charles III, connétable de Bourbon et dernier des comtes de Forez. Il vint sceller entre Charles III et son maître, l'Empereur Charles Quint, une alliance contre le Roi de France François Ier. Le neuvième duc de Bourbon, traître honni aux yeux de générations d'écoliers, devait trouver la mort devant Rome en 1527, et le Bourbonnais, donc le Forez, fut annexé par le royaume de France en 1531. Mais ce n'est que cinq ans plus tard, le 25 avril 1536, que François Ier et toute sa cour, après une halte à Saint-Rambert, atteignit Montbrison qui pavoisait.

Avant d'évoquer les festivités qui marquèrent la venue du roi, ouvrons une parenthèse généalogique pour faire remarquer au passage que François Ier descendait en droite ligne de Guy VII de Forez. Le cas n'est pas unique, Maximilien de Habsbourg, Empereur d'Allemagne, Philippe le Beau, roi de Castille eurent également une ascendance forézienne via Guy VII. De même qu’Eléonore de Habsbourg, veuve du roi Emmanuel du Portugal et épouse de François Ier.

Notre-Dame d'Espérance, une des deux collégiales du Forez (avec celle de Saint-Bonnet le Château, le Forez n'eut pas de cathédrale si on fait abstraction de Saint-Charles à Saint-Etienne, très récente). Elle était desservie par un collège de treize Chanoines qui furent l'élite religieuse et sociale de la cité. Elle aurait reçu lors d'un pèlerinage, la visite d'Isabelle Romée, la mère de sainte Jeanne d'Arc, et de sainte Chantal, fondatrice de l'Ordre des Visitandines. Ses cloches les plus grosses se nomment " Sauve-Terre " (8 tonnes) et " Forez " (rebaptisée " Bourbon " quand le pays passa dans les mains des Bourbons). La Collégiale enferme notamment le tombeau de Guy IV, un retable de Fabisch, le reliquaire de saint Aubrin, la vénérable Croix des Saints et un magnifique orgue de Callinet. "Du Forez tu es la plus belle, la plus riche d'un lourd passé majestueuse citadelle que sept siècles ont traversés. O Notre-Dame d'espérance, comme je voudrais te chanter ! Je te connais depuis l'enfance et toute ma vie je t'ai aimée. " Marguerite Fournier, (extrait)

François Ier et sa cour furent accueillis par Claude d'Urfé, bailli du Forez, c'est à dire représentant du roi dans la région. Il était accompagné de son épouse la reine Eléonore, de ses trois fils : le dauphin François (futur François II), Charles, duc d'Angoulême et Henri, duc d'Orléans, de ses deux filles : Madeleine, future reine d'Ecosse, et Marguerite. Également présents : Henri d'Albret et Marguerite d'Angoulême, le roi et la reine de Navarre, le duc de Guise. Au-dessus de la tête du souverain, les quatre consuls de la cité tendirent un dais en damas blanc brodé d'un grand " F " en or surmonté de la couronne royale. L'imposant cortège, accompagné de six cents " Enfants de la Ville " en armes, et précédé de trompettes et de tambourins s'engagea alors dans les rues étroites tandis que toutes les cloches de la ville sonnaient à pleine volée. La famille royale fut hébergée dans la maison du chanoine Paparin à côté de la Collégiale. Le lendemain, dans la collégiale des comtes de Forez, le roi reçut l'hommage et le serment de fidélité des chanoines, des officiers de la ville et de tous les seigneurs de la région. Un " Te Deum " retentit sous les voutes rehaussées d'oriflammes et sur les murs recouverts de tapisseries précieuses. A cette occasion, le roi fut fait chanoine d'honneur du chapitre de Montbrison et reçut des mains du doyen Odon de Buffevent " l’aumusse " du canonicat, une sorte de fourrure portée au bras.

Il faut croire que François Ier s'y plut fort car il y resta seize jours qui furent marqués par de nombreuses festivités. Un tir au pigeon se termina mal et ternit la fête. En effet, un habitant, Pierre Lamoreulx, fut mortellement touché par une balle perdue. Claude d'Urfé ne fut pas peu fier de faire visiter au roi sa Bâtie et les seigneurs de Batailloux (commune de Saint-Marcellin-en-Forez) de l'accueillir.

Pour commémorer cette visite, un panneau de bois sculpté fut apposé sur la maison où fut hébergé le roi. Il se trouverait aujourd'hui à  la Bâtie et représente les armes de France, la couronne, le cordon de l'Ordre de Saint-Michel et deux salamandres. La salamandre étant le symbole emblématique choisi par François Ier, une tradition tenace expliquant qu'elle vit dans le feu.

Le blason de la ville : " de gueules à  la montagne d'or semée d'un château de même, au chef cousu de France ". Elle devrait ses trois fleurs de lys d'or sur bleu-azur (" le chef de France ") à François Ier qui désirait l'honorer pour le très bon accueil qu'il y reçut. C'est un privilège rare.

Certaines traditions relient aussi le surnom d' " anous " donné aux Montbrisonnais à  la venue du roi. Sans doute sont-elles apocryphes, mais elles restent savoureuses. En voilà deux mentionnées par Le Gras (qui fut un compilateur attentif des contes et légendes foréziens) et qui nous informent sur l'origine de ce surnom :

- " François Ier entrait dans Montbrison et le bailli lui lisait sa harangue. Or, tout auprès, un âne, vieux grison complimentait le Sire dans sa langue. En ce moment, rapporte un vieil auteur qu'on aurait tort de supposer menteur, le Roi François, gaillard et bon apôtre leur dit " Messieurs parlez l'un après l'autre ! "

- " D'un vieux vin de Purelle ayant bu deux bouteilles, le Roi dit au bailly, mais sans songer à mal : les gens de ce pays ont, dit-on, des oreilles longues... à faire envie à certain animal... Le bailly répondit : leur longueur vous étonne et Votre Majesté daigne s'en occuper ! Eh ! c'est que nous n'avons encoré trouvé personne capable de nous les couper ! "

Après ces réjouissances, la page la plus noire de l'histoire de Montbrison, qui fit trembler d'effroi la France entière. Elle s'inscrit dans une de ces longues guerres civiles dont les Français furent toujours friands, en l'occurrence les guerres de religion entre Catholiques et Protestants. Les chroniques racontent que le drame était prévisible. Deux mois plus tôt, une pluie de sang n'était-elle pas tombée du ciel dans le couvent Sainte Claire ?

 Le 13 juillet 1562, François de Beaumont, baron des Adrets, chef de guerre protestant, devant les murs de la cité. Il n'était pas seul : 3000 hommes en armes l'accompagnaient. Peu de temps auparavant, il avait pris Lyon et venait maintenant faire rendre gorge à la cité forézienne, restée fidèle à l’Eglise Catholique et Romaine.

D'autant plus que, quelques temps auparavant, un pasteur protestant avait été fait prisonnier à Saint-Bonnet-le-Château. Face à lui le commandant Moncelar était à la tête de 1500 défenseurs. Le Baron donna un ultimatum à la ville. Elle devait ouvrir ses portes, fermer ses églises et se convertir à la réforme ! Refus et le lendemain : assaut. L'artillerie des assiégeants concentra ses tirs sur la " poterle ", une petite porte qui faisait communiquer le parc avec le cloître.

L'attaque se porta aussi du côté de la Madeleine. Les habitants qui n'avaient pas d'artillerie se défendirent désespérément sur les remparts, y compris les femmes. Parmi elles, la femme du bourreau, affublée du sobriquet de " la Bourrelle " et qui, selon certains, hache à la main ne tua pas moins de dix-huit assaillants. Son buste resta longtemps sur la butte du calvaire pour honorer sa mémoire.

Mais une brèche fut ouverte dans les remparts et ce fut la curée, une abominable tuerie à laquelle mit fin un phénomène extraordinaire. En effet bien qu'on fût en plein mois de juillet, quand les jours sont longs, la nuit tomba bien avant son heure.

" Si Dieu n'eût avancé le cours du soleil comme il l'arrêta du temps de Josué il ne fut pas resté un homme vivant en toute la ville ", devait dire Auguste Bernard.

Hélas, le lendemain, l'enfer se déchaina de plus belle. 700 à 800 Montbrisonnais furent massacrés, parfois de manière particulièrement atroce comme le médecin Hippolyte, écorché vif ou bien encore le procureur Canalis. Le gouverneur Moncelar et les notables furent décapités puis le baron des Adrets imagina un divertissement passé dans les mémoires sous le nom de " sault de Montbrison ". Du haut d'une tour du château, les prisonniers étaient jetés dans le vide et venaient s'empaler sur les piques des soldats en contrebas.

On rapporte à ce sujet une anecdote - encore une ! : un captif hésitait à se jeter dans le vide, - Eh quoi ! Te faut-il deux élans ? lui dit le baron. - Je vous le donne en dix répondit le malheureux qui par ce bon mot gagna le droit de vivre.

Dans le même temps, Notre-Dame d'Espérance fut pillée de fond en comble. Comme à la Grand'Eglise de Saint-Etienne plus tard par les troupes de Coligny, les archives furent réduites en poussière. Perte irréparable pour la connaissance de notre passé. Les reliquaires furent volés (en particulier la Rose d'Or, ou églantine disent certains auteurs, que le Pape Clément VI, ancien novice à Montverdun et qui repose à la Chaise-Dieu, en Haute-Loire, avait offert à Jeanne de Bourbon), les vases sacrés brisés, les soieries déchirées. Le tombeau du Comte Guy IV, fondateur de l'église fut profané...

Vingt ans après cet effroyable gâchis, saint Aubrin, saint Patron de la ville qui a la réputation de préserver de la foudre semble avoir expressément déroger à la règle : la foudre frappa le sinistre donjon du château qui s'effondra. La population y vit encore le doigt de Dieu et la ville y gagna une devise aujourd'hui quelque peu oubliée : " Ad expiandum hostile scelus " soit " Pour réparer le forfait de l'ennemi ".

La réforme protestante toucha peu le Forez. Catholique il resta, et même plus pourrait-on dire, en ce qui concerne Montbrison, qui se rangea plus tard du côté de la Sainte Ligue, conduite en Forez par les frères d’Urfé.

IV) Vie intellectuelle et religieuse

Entre les XVIe et XVIIe siècles, au moment où à Saint-Etienne la vie intellectuelle ressemble au désert des Tartares, une intense production littéraire montbrisonnaise fait encore le renom du Forez. Petit tour d'horizon.

En premier lieu les d'Urfé, grande famille forézienne dont le nom reste attaché à leur célèbre Bâtie et à L’Astrée. Ce roman pastoral de 5399 pages qui rencontra à l’époque un succès immense et qui était lu dans toutes les cours d'Europe fut écrit par Honoré d’Urfé et fut édité entre 1607 et 1627. Il fit du Forez une nouvelle Arcadie emplie de bergers et de licornes. C'est avant tout un roman d'amour (en particulier du couple Céladon-Astrée) mais aussi une synthèse à l’échelle géographique locale des grands mythes fondateurs de l'Europe. Etrange mélange de mythologie grecque, de données païennes et de philosophie humaniste. Anne d'Urfé, le frère du précédent, bailli du Forez en 1574 fut aussi un poète. Ses écrits les plus touchants sont ceux qu'il écrivit à Marguerite de Lupé, un amour de jeunesse (cette famille a donné son nom à un village du Pilat). Marié à Diane de Chateaumorand (laquelle devait épouser plus tard - c'est Dallas ! - son frère Honoré), il se fit prêtre et finit ses jours en qualité de doyen de la Collégiale. A Antoine, le troisième frère, abbé de la Chaise-Dieu abattu à Villerest, nous devons un dialogue : De l'honneur.

Jean Papon, " le grand juge du Forez " qu’Honoré d'Urfé a représenté dans son Astrée sous les traits du druide Adamas fut le Lieutenant Général du bailli Claude d'Urfé. Dans son château de Goutelas, il écrivit de nombreux ouvrages de jurisprudence et traduisit Erosthène et Cicéron. Ses fils Etienne et Loys furent aussi des écrivains. Au second nous devons la fameuse Pastorelle. Cette pièce en cinq actes relatant la victoires des Princes Lorrains sur les Protestants fut jouée dans la salle de la Diana. Elle combina pour la première fois le théâtre, la danse et le chant en même temps qu'elle innovait dans le domaine de l'éclairage et la mise en scène. On doit aussi à Loys Papon un Discours à Mademoiselle Pamphile.

Etienne du Tronchet, secrétaire de Catherine de Médicis écrivit en 1568 « Lettres missives et familières » qui fut un " best-seller " immense. Pas moins de 28 rééditions jusqu'en 1623. On lui doit aussi ces bons mots un peu méchants : " Cette pauvre ville de Montbrison manque tant de nouvelles qu'on y apprit hier la chute de Troie. "

Citons encore les Paparin, Etienne qui fut un commentateur assidu des Psaumes de David et son neveu Gaspard, chanoine qui se fit ermite dans les gorges sauvages du Vizézy. Il écrivit Le miroir du dévôt chrétien et la religieuse Sophie. Claude de La Roue, Consul de la ville nous a légué ses mémoires et Jean du Crozet a écrit La Philocalie, un autre roman pastoral.

Enfin les Verdier ; Antoine de Verdier, gentilhomme de la chambre du roi possédait une des plus belles bibliothèques de son temps. Et mieux encore il la connaissait par coeur et dans de nombreuses langues. Il publia en 1585 La bibliothèque d'Antoine du Verdier, une sorte d'encyclopédie bibliographique, un catalogue de livres. La peste lui enleva sept fils et il ne lui resta que son fils Claude qui fut un honnête poète.

Outre les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et les chanoines de la collégiale déjà évoqués, plusieurs églises et de nombreux ordres monastiques ont valu à la cité d'être qualifiée de centre religieux.

Les paroisses furent au nombre de quatre : Sainte Madeleine, Saint-André, Saint-Pierre et Sainte-Anne. Pendant longtemps, d'un point de vue religieux, Montbrison fut placé sous la juridiction du Prieuré de Savigneux (donc de son prieur). Les paroisses de la ville étaient donc des sortes de "filiales" du Prieuré de Savigneux et les prêtres les desservant étaient les " vicaires " du prieur.

La plus ancienne des paroisses fut celle de la Magdeleine, composée en majorité de gens pauvres vivant hors-les-murs, laboureurs, vignerons etc. En 1163, un roi de France, Louis VII s'y arrêta au retour du Puy pour y entendre la messe. La paroisse fut rattachée en 1796 à celle de Saint-Pierre. L'église paroissiale de la Madeleine n'existe plus de nos jours. Il n'en reste qu'un vestige : un bas-relief représentant la Sainte étendue à terre dans une attitude de repentir. Si l'on en croit Marguerite Fournier dans Montbrison, cœur du Forez, ce bas-relief se trouve désormais au n° 20 de la rue Puy-de-la-Bâtie, au-dessus de la porte d'un immeuble.

L'église Saint-André resta longtemps la principale église de Montbrison. Elle n'existe plus et s'élevait à la place de l'actuelle rue Francisque-Reymond. Dommage, elle devait faire une forte impression avec ses vingt et une chapelles desservies par de nombreux prêtres. Elle dépendait de Savigneux jusqu'en 1453 pour tous les actes de catholicité quand le Pape Martin V l'autorisa à élever des fonts baptismaux et à établir un cimetière. Elle fut détruite en 1972.

L'église Saint-Pierre actuelle a été construite à l’emplacement de l'ancienne, démolie en 1869. Etrangement, cette jeune église se trouve dans le quartier de Montbrison qui a le mieux gardé son aspect ancien. Cette paroisse se trouvait à l’origine dans l'enceinte même du château et fut toujours la paroisse des officiers de la magistrature qui s'y réunissaient pour prier. La tradition s'est maintenue et de nos jours encore (?) c'est à Saint-Pierre qu'avait lieu en octobre la messe annuelle du Saint-Esprit lors de la rentrée du tribunal.

Aujourd'hui, les nombreux couvents de Montbrison abritent des services publics. Commençons par le plus ancien de la ville reconverti (entre autres) en Hôtel de ville, nous avons nommé le couvent des cordeliers.

Sa fondation remonte au XIIIe siècle, peu de temps après la mort de saint François d'Assise (1226), fondateur de l'ordre qui porte son nom (Franciscains ou Frères Mineurs) et dont les Cordeliers sont issus. Ce monastère aurait été un des premiers en France à mettre en œuvre la règle de vie de saint François (prédication, prière et pauvreté).

L'ensemble monastique était composé de trois corps : le bâtiment central (Hôtel de Ville) et deux ailes c'est à dire la chapelle (en réalité une vraie église) et les bâtiments annexes (cellules, écuries...). Un mot de l'église du monastère. Il dut être un édifice remarquable tant par son architecture extérieure que sa décoration intérieure. Elle était surmontée d'une flèche abattue par la foudre en 1768, un chef-d’œuvre de maçonnerie, légère et ornementée s'élevant au ciel comme une aiguille à la manière de la mythique Sainte Chapelle de Paris.

Ce " Saint-Denis " du Forez était aussi la dernière demeure des grands seigneurs de la région, une nécropole abritant les tombeaux des Couzan, des Lavieu, des d'Albon. Tout fut saccagé à la révolution. La salle capitulaire (aujourd'hui Bibliothèque municipale au rez-de-chaussée de l'Hôtel de ville) fut mise, par les moines, à la disposition des Montbrisonnais dès le XVe siècle. C'est là que furent prises les décisions de fonder de nombreux établissements éducatifs : le collège des Oratoriens, l'école de filles confiée aux sœurs ursulines, etc.

Les frères cordeliers de Montbrison bénéficièrent dans tout le Forez d'une immense popularité. 20 000 personnes se pressèrent un jour au " Pré Saint-Jean " pour entendre les paroles du frère Jehan Bourgeois ! Ils accueillaient les pauvres et les voyageurs, participaient activement à la vie de la cité. C'est grâce à leur générosité que la municipalité put faire construire une halle aux grains qui subsista longtemps encore après la révolution. L'histoire du couvent fut aussi une longue suite de malheurs : dévastation par les Protestants en 1562, incendie en 1643 et 1731. En 1768 c'est la foudre qui détruit le clocher. En 1791, ils furent chassés par les jacobins et leur mobilier fut vendu aux enchères.

Les Clarisses, sœurs de sainte Claire (800 en France, 18 000 dans le monde) sont toujours présentes à Montbrison, justifiant la prédiction de sainte Colette qui passant par Montbrison en 1432 prophétisa qu'on élèverait ici un monastère et qu'il durerait jusqu’à la fin des temps ! Comme les cordeliers, elles obéissaient à la règle de saint François. Leur ordre doit son nom à sainte Claire, l'alter égo féminin de François d'Assise.

Nous devons sa fondation locale à Pierre II d'Urfé, conseiller de Charles VIII qui lors d'un combat en Orient contre les Turcs détruisit une église. Pour se racheter, il décida d'établir un couvent de Clarisses à Montbrison. Pourquoi les Clarisses en particulier ? Sans doute parce que sa propre sœur était entrée dans cet ordre à Moulins. Le 15 novembre 1496, il obtint de son ami le Pape Alexandre VI Borgia l'autorisation de fondation. En 1500, le couvent fut achevé et les onze premières moniales vinrent du Puy, de Moulins, de Genève. Il fut toujours protégé par la famille d'Urfé et nombreuses furent les filles de cette prestigieuse famille forézienne, au cours des siècles à y prendre l'habit monacal. D'eux d'entre elles y furent mères abbesses.

Ce monastère devait jouir également d'une bienveillante attention de la part des rois de France. Jusqu’à Louis XVI qui du fond de sa solitude, attendant son exécution, fit parvenir un peu d'argent à ces " Pauvres Dames " persécutées par les sans-culottes ! A l'origine installé à l’emplacement de l'actuel square Honoré d'Urfé, le couvent des Clarisses qui souffrit maintes péripéties durant ses cinq siècles (et pas des plus gaies) est aujourd'hui à l’entrée de Montbrison sur la route de Saint-Romain-le-Puy.

L'ancienne chapelle Sainte Marie de la Visitation (ou des Visitandines) transformée plus tard en palais de justice. C'est devant ses marches que l'anarchiste Ravachol fut guillotiné pour le meurtre de l'ermite de Chambles.

Le couvent des soeurs Visitandines fut souhaité par les Montbrisonnais. Cet ordre qui s'occupait de l'instruction des jeunes filles fut fondé par sainte Jeanne de Chantal qui vint à Montbrison visiter sa communauté locale forte d'une quarantaine de membres. Les sœurs furent chassées à  la révolution. La chapelle du couvent fut par la suite le siège du palais de justice.

Au XVIIe siècle, les Montbrisonnais décidèrent l'établissement d'une Institution placée sous la direction des sœurs Ursulines qui dans la région avaient fait leurs preuves. C'est d'ailleurs une jeune et noble novice de la maison de Saint-Chamond, Marie Chapuis de la Villette (18ans), qui devint la fondatrice de la Maison de Montbrison. Elle mourut à l’âge de 21 ans et repose aujourd'hui encore dans la chapelle de l'ancien couvent.

Le couvent des ursulines connut une grande prospérité mais la révolution mit fin à son aventure ; il abrita une caserne puis une école, puis un petit séminaire et enfin l'actuel collège Victor de Laprade. L'aspect religieux du lieu est bien conservé, la Vierge est toujours présente dans la cour et la chapelle est agrémentée d'une superbe fresque du R.P. Couturier qui évoque certains personnages de l'Histoire dont le nom est lié à notre Forez : le curé d'Ars, saint Jean-Pierre Néel etc.

En 1648, un second couvent des Ursulines fut fondé à Montbrison par Emmanuel de Lascaris d'Urfé qui en posa la première pierre. Il abrite aujourd'hui (et depuis 1751) la maison de retraite.

Pour finir ce modeste exposé sur la vie religieuse montbrisonnaise, un mot de la chapelle des Pénitents, transformée aujourd'hui en théâtre. Elle doit son nom à une confrérie d'hommes de tous âges et de toutes conditions qui exista jusqu'en 1875. Sur la façade de la chapelle, deux dates : 1591 (création de la Confrérie) et 1731 (érection de la chapelle), deux inscriptions en latin : " Soboles Confalonis " (" les Compagnons de Confalon ") et " Soli Deo " (" A Dieu seul "). La chapelle est attribuée à l’architecte Soufflot.

Nous avons évoqué au gré des paragraphes les noms de saints fameux qui vinrent à  Montbrison : répétons-les une fois, tous ensemble : sainte Colette, réformatrice de l'Ordre de sainte Claire, sainte Jeanne Chantal, fondatrice des Visitandines, le curé d'Ars qui affronta toute sa vie le Démon au sein de sa petite église du Rhône, saint Jean-Pierre Néel qui marcha au-devant du martyre en Chine. Avouez que ce n'est quand même pas mal pour une petite ville de province !

 V) La Révolution à Montbrison

Face à la grave crise économique et sociale que traversait le royaume, le roi Louis XVI convoqua pour le 5 mai 1789 les Etat Généraux du royaume, c'est à dire les représentants de chacun des trois ordres: Noblesse, Clergé et Tiers Etat. Les mois qui précédèrent cette date (qui marque le début de la Révolution française, un des plus grands chamboulements politiques de l'histoire des hommes) furent marqués par une immense effervescence.

Dans chaque bailliage ou sénéchaussée de chaque généralité ou province de France (le Forez, rappelons-le, fait alors partie de la généralité de Lyon avec le Lyonnais et le Beaujolais), les trois ordres devaient élire leurs représentants qui feraient le grand voyage à Paris, avec sous le bras leur " cahier de doléances ", c'est à dire un résumé des réformes proposées et des abus constatés, en somme un recueil de plaintes.

Concernant la noblesse, petite ou grande et du clergé, pauvre ou riche, les choses étaient relativement simples étant donné leur faible importance numérique. Tous les nobles et religieux de chaque circonscription se réunirent pour élire leurs députés. 

Mais il n'en allait pas de même avec le Tiers Etat qui constituait la très grande majorité de la population française. Lors d'un premier tour, les assemblées dans les villes et villages choisirent leurs députés, puis une seconde fois, dans le chef-lieu de la circonscription. C'est dans la chapelle des Pénitents que se réunirent le 9 mars 1789, les 700 représentants du Tiers Etat venus y apporter les 292 " cahiers de doléances ". 

De ces cahiers, des commissaires devaient faire une synthèse pour aboutir à un seul cahier de doléance pour le Tiers Etat du Forez. Trop nombreux aussi, les représentants choisirent finalement 18 députés pour Saint-Etienne, 61 pour Roanne et 107 pour Montbrison.

Enfin, huit jours plus tard, le 16 mars, se tinrent dans ce même lieu, les Etats Généraux du Forez, réunissant les trois ordres sous la présidence du bailli du Forez, le marquis de Rostaing, escorté par la milice bourgeoise. Ces Etats Généraux du Forez désignèrent, pour chaque ordre, les députés qui devaient aller à Versailles. La messe fut d'abord célébrée puis chacun des députés présents vint prêter serment au bailli " d'être fidèle au roi et à la patrie ". Ensuite, chaque ordre se sépara en un lieu distinct pour désigner les députés qui se rendraient en leur nom aux Etats Généraux du royaume. Le clergé tint son assemblée à la Diana, la noblesse dans le couvent des Cordeliers, le Tiers Etat demeurant dans la chapelle des Pénitents.

Huit députés furent désignés pour le Forez. Les abbés Goulard de Roanne et Gagnière (de St Cyr-les-Vignes) pour le clergé, le comte de Grésolles et le chevalier Nompère de Champagny (un héros de la guerre d'indépendance américaine originaire de Roanne) pour la noblesse et le marquis de Rostaing pour le Tiers Etat ! Ce héros de la guerre d'indépendance américaine, compagnon de La Fayette, fut élu à l’unanimité. Il fut l'un des huit nobles élus par le Tiers Etat dans tout le royaume. Une spécificité forézienne qui ne sera pas la dernière. Avec lui, le bourgeois Jamier (de Montbrison), Richard de Maisonneuve (de Bourg-Argental) et Delandine (avocat de Néronde) représentaient le Tiers Etat.  Les députés foréziens firent bloc à Versailles. Le marquis de Rostaing prêta le serment du Jeu de Paume ( " ne pas se séparer avant d'avoir donné une Constitution à  la France ") et Nompère de Champagny, puis les abbés Goulard et Gagnière, rejoignirent le Tiers Etat. En juillet, la prise de la Bastille est fêtée à Montbrison par un Te Deum à la Collégiale et par des illuminations. Quelques jours plus tard, l'hystérie de " la Grande Peur " n'épargne pas la ville et des milices sont créées pour faire face à des troupes de brigands ou de royalistes inexistantes.

Le 13 janvier 1790, parmi les 83 départements créés figure le département de Rhône-et-Loire. Il correspond à l’ancienne généralité de Lyon, la capitale des Gaules en étant le chef-lieu. Au cours des mois suivants, les différentes villes du Forez élurent leurs maires. A Montbrison, c'est Barrieu qui fut choisi.

Deux autres évènements importants marquèrent la vie de Montbrison durant l'année 1790. D'abord la disette qui provoqua plusieurs émeutes. En mai, le maire dut faire intervenir la garde nationale et la maréchaussée et interdire les rassemblements de plus de trois personnes et surtout lever une imposition de 8000 livres afin d'acheter des grains " pour le soulagement des pauvres ". Ensuite la fête de la Fédération, marquant le 1er anniversaire de la prise de la Bastille et l'union du Roi et de la Nation. 

A Montbrison, elle fut l'occasion de réjouissances certes plus modestes qu’à Paris mais qui sont restés dans les mémoires. Le Parc (la " pépinière du Roi ") fut le lieu de l'anniversaire. Une foule immense s'y pressa pour entendre la messe dite par quatre prêtres autour d'un autel à quatre faces surmontées d'une flèche de 36 pieds, en haut de laquelle flottait une oriflamme. Le maire Barrieu prêta serment de fidélité au Roi, à la Loi et à la Nation et de maintenir la Constitution décrétée par l'Assemblée constituante. Puis il reçut à son tour le serment des officiers, soldats et citoyens. Un Te Deum et des illuminations cloturèrent la cérémonie.

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée avait voté la Constitution Civile du Clergé. Celle-ci mettait fin au Concordat de 1516 et prévoyait que l'Eglise de France ne dépendait plus de l'autorité du Pape. Certains évêchés étaient supprimés et les évêques qui désormais devaient être élus ! Par ce moyen, l'Assemblée constituante entendait subordonner la religion au pouvoir civil. Cette mesure devait provoquer partout en France de vives oppositions et des heurts parfois violents. Les chanoines de Montbrison, privés de leur chapitre protestèrent : " Nous pouvons céder extérieurement à l’autorité séculière qui supprime et qui détruit, mais nous n'obéiront d'esprit et de coeur qu’à la voix de celui qui est le chef de notre église (le Pape)."

A la fin de l'année 1790, la situation nationale commença à se radicaliser vis à vis du clergé et l'assemblée constituante prit, vis à vis des religieux, une mesure qui allait plonger toute la France et en particulier l’Ouest dans une guerre civile abominable. Le 26 novembre 1790, elle vota en effet un décret imposant aux prêtres de prêter serment à la Constitution, au roi, à la Nation, à la loi etc. Un mois plus tard, le roi est contraint de le signer. Le même jour, les chanoines sont expulsés de leurs maisons devenues biens nationaux. On laisse les Clarisses momentanément tranquilles mais, puisque les habitants viennent nombreux assister à la messe, la chapelle du monastère est murée ! D'autres religieuses, Visitandines et Ursulines sont chassées également. Les biens et meubles furent inventoriés par les autorités.

Le 5 décembre 1790, l'archevêque de Lyon dénonce la Constitution Civile du Clergé et refuse de prêter serment. Le 10 mars 1791, le Pape Pie VI la condamne catégoriquement.

Jusqu' à cette triste affaire, le clergé forézien et avec lui la grande majorité de la population était acquis à la Révolution. La condamnation de la Constitution Civile du Clergé en 1791, puis en janvier 93, l'exécution du roi Louis XVI allait le diviser en profondeur. 

Les massifs montagneux, qu'il s'agisse du Pilat, des Montagnes du Soir ou du Matin furent le foyer d'une agitation contre-révolutionnaire permanente et, si cet affrontement n'a pas eu l'ampleur de ce qui se passa en Vendée (comme serait-ce possible ?), le Forez constitua à cet égard une de ces " petites vendées " qui essaimèrent partout en France, et notamment dans le massif central. 

En règle générale, en revanche, la plaine et le bassin stéphanois restèrent acquis aux idéaux révolutionnaires. Le cas de Montbrison semble devoir être nuancé. Début 91, les prestations de serment furent assez nombreuses mais après que Lamourette, nouvel archevêque de Lyon ait été condamné par le Pape comme " usurpateur ", les rétractations se multiplièrent dans tout le Forez. Dans le Montbrisonnais, elles furent au nombre de 14 et c'est en vain que les autorités civiles réclamèrent des citoyens la dénonciation des réfractaires. L'église de la Madeleine devint " un repaire du fanatisme " où plus d'une vingtaine de prêtres clandestins continuaient à dire la messe. Les religieux réfractaires, tenus de quitter la France, prirent le maquis, dans les montagnes où les paysans leur donnèrent asile.

En 1792, Notre-Dame fut transformée en caserne pour près de 10 000 hommes, fantassins et cavaliers avec leurs chevaux. Les armées européennes se pressant aux frontières et menaçant la Patrie, des bataillons sont en effet levés dans tous les départements. Le plomb des vitraux et celui des orgues est fondu pour fabriquer des balles. Les cloches de la Collégiale subissent le même sort à l’exception de la plus grosse, " Sauve-Terre ".

Où l'on fait connaissance avec Javogues, une des grandes figures de l'histoire du Forez. Né à Bellegarde où sa maison natale existe toujours, en 1759 ; ancien avocat, il fut le terrible " commissaire du peuple " de la Convention dans le Forez. L'histoire de la révolution dans le Forez (ou plutôt de la Terreur) est intimement liée à son nom. Le 17 janvier 1793, il faisait partie des cinq députés foréziens qui votèrent la mort du roi avec Pointe-Cadet, Dupuis, Dubouchet et Moulin quand trois autres, Béraud, Forest et Michel, se prononcèrent pour la détention. Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793 et sa mort suscita dans le Forez des réactions violentes. La porte de la maison de Javogues à Montbrison fut badigeonnée de sang. En février était décrétée la levée en masse. Le district de Montbrison devait fournir 1065 hommes. Nombreux sont ceux qui allèrent se cacher dans les bois. " Montbrison est dans un état de contre-révolution ouverte «, devait écrire Javogues.

Lyon fut le déclencheur de la guerre fratricide. Le 29 mai la capitale des Gaules se souleva contre la dictature jacobine et entraina le Forez dans la tourmente. Le général de Précy leva une armée dans laquelle de nombreux Foréziens s'enrôlèrent. Montbrison soutenait Lyon où l'anarchie régnait, tandis que Saint-Etienne désapprouvait l'insurrection. A Paris la Convention décida d'envoyer une armée mater la révolte lyonnaise, commandée par Kellermann. Lyon menacée avait grand besoin des armes stéphanoises et du blé de Montbrison. Un détachement lyonnais de plusieurs centaines d'hommes arriva à Montbrison tandis qu'un autre de 1200 soldats parvenait à Saint-Etienne où il enleva des milliers de fusils. Devant la menace des quartiers populaires stéphanois, il se retira ensuite vers Montbrison. De là, les Muscadins (terme donné par les jacobins aux insurgés lyonnais), auxquels se joignirent 300 habitants commandés par la Roche-Négly, de Haute-Loire, gagnèrent Saint-Anthème et firent prisonnier la garnison républicaine et son chef le général Nicolas. Cette troupe défit encore 3000 paysans armés (?) à Salvizinet dans les Montagnes du matin dont une cinquantaine auraient été tués. A Feurs, le maire fut promené à califourchon sur un canon.

C'en était trop pour la Convention qui commença d'abord par détacher le Forez de Lyon. Le 12 août 1793 marqua la naissance du département de la Loire avec Feurs pour chef-lieu. Elle dépêcha ensuite deux colonnes contre Montbrison la rebelle. Une d'entre elles, forte de 400 hommes, venant par le nord, l'autre, 800 hommes et quatre canons, venant par le sud, sous le commandement de Javogues. Le 8 septembre, Montbrison fut évacuée par les Muscadins qui tentèrent de se replier vers Lyon via Chazelles. Le château de Montrond où ils s'étaient cantonnés fut incendié par Javogues. A Chazelles, les combats furent meurtriers. Les rescapés parvinrent à rejoindre Lyon avec maintenant, sur leurs talons, près de 10 000 hommes venus d'Ardèche, du Cantal... Lyon, définitivement encerclé, capitula le 9 octobre après des combats meurtriers où des Foréziens dans les deux camps se massacrèrent.

Débutèrent les règlements de compte et les grands massacres. Tandis qu’à Lyon, rebaptisée " Ville afranchie ", 1665 insurgés étaient mitraillés au canon dans la plaine des Brotteaux (et 225 Foréziens parmi eux), et que de Précy, le chef de l'insurrection se cachait à Sainte-Agathe-en-Donzy, Javogues commanda la démolition des remparts de Montbrison. Et il ordonna sur les ruines l'érection d'une colonne portant ces mots : " La ville de Mont-Brisé a fait la guerre à la liberté. Elle n'est plus. " . La Terreur s'installa, tout du moins dans la plaine car les montagnes restèrent en partie inaccessibles aux troupes jacobines. La chasse à l’homme fut d'ailleurs stimulée par l'appel à  la délation. 310 noms furent publiés à Montbrison. La guillotine arriva à Feurs le 22 novembre. Peinte en rouge, elle était manœuvrée par Louis Farroux, le fils de l'ancien bourreau de Montbrison. Les premières têtes tombèrent, notamment celle d'un notaire montbrisonnais, Michel Goyet qui avait pourtant sauvé 15 personnes lors d'une crue de la Loire. Les juges restèrent inflexibles. Entre le 23 novembre et le 9 décembre 1793, le tribunal révolutionnaire condamna à mort 15 personnes dont Jamier, ancien député du Tiers Etat aux Etats Généraux et maire de Montbrison. Encore 21 autres suivirent. Puis d'autres encore. Les exécutions se déroulaient à Feurs, le plus souvent par fusillade. La guillotine fonctionna à Feurs une demi-douzaine de fois et trois fois à Montbrison. Au total, environ une centaine de Foréziens furent condamnés à mort et exécutés dans la Loire.

Javogues accentua aussi la politique de déchristianisation. Les Croix sont arrachées quand les habitants ne les enterrent pas pour les soustraire aux griffes jacobines. Les objets liturgiques et les vêtements sacerdotaux de Montbrison sont enlevés par les soldats et brulés au Parc. Les habitants sont appelés à participer en jetant leurs livres de prières. Les dénonciations de prêtres réfractaires sont récompensées de 100 livres. Les Clarisses gagnent les montagnes.

Début 94, Javogues fut rappelé à Paris par la Convention. Devenu adepte de Gracchus Baboeuf, précurseur du communisme, il fut compromis dans une intrigue et condamné à mort. Il fut fusillé le 10 octobre 1794 devant l'école militaire. Pour l'anecdote, c'est le père de Victor Hugo qui commanda le feu.

" Un ennemi de l'Humanité, de la Justice s'étant livré à  des orgies scandaleuses " écrivit à  son propos la Société Populaire de Saint-Galmier. Sa mort fut célébrée par cette chanson patoise : " La savez-vous, La mô do citoyen Javogues ? Plouras catzins, plouras couquins. Vous devenez tous orphelins ! "

Montbrison, qui retrouva son nom et son titre de chef-lieu du département, au grand dépit de la ville de Saint-Etienne, déjà  cinq fois plus peuplée, reçut en prime le tribunal civil et criminel.

Cette fois, ce sont les contre-révolutionnaires qui réglèrent leurs comptes. 17 assassinats commis par les " assommeurs ", parfois des proches des victimes de Javogues. Celui-ci n'avait pas réussi, malgré son ardeur, à massacrer tous les Blancs. Au contraire il en fabriqua à la pelle. 

A la même époque, Antoine Croizier " le roi de Chevrières " règne sur les Monts du Lyonnais avec ses chouans, redressant la nuit les calvaires que les Bleus abattent le jour. Les " compagnons de la Ganse Blanche " arrachent les arbres de la Liberté dans les Monts du Forez, enflammés par les prêches de paysannes prophétesses et par la présence d'un enfant que l'on dit être le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette ! Et les " compagnons de Jésus et du Soleil " jouent du couteau à Saint-Etienne. C'est aussi le temps où assister à la messe dans les sous-bois peut coûter cher.

Et dans la plaine, Montbrison et ses environs restait un foyer d'insurrection. L'église clandestine y était toujours active, à tel point que l'abbé réfractaire Jacques Linsolas, auteur de L'Eglise clandestine de Lyon pendant la Révolution vint en 1796 lui apporter son soutien. Et le 21 janvier, date anniversaire de la mort de Louis XVI, on y chanta en pleine rue " Le réveil du Peuple ", un chant royaliste.

Cette même année, un combat sanglant se produisit à Champdieu. L'affaire commença à Montbrison quand une patrouille arrêta un prêtre réfractaire, le père Cherbuet, dit " l'Evêque ", qui rejoignit dans les cachots quatre autres réfractaires. Les royalistes s'organisèrent, et dans la nuit du 7 au 8 Floréal an 4, formèrent des attroupements non loin de Montbrison. Une rumeur se répandit alors dans les rues de la cité : les contre-révolutionnaires vont prendre la ville et égorger tous les sans-culottes. Dans les maisons amies brilleraient des lampions aux fenêtres, comme signe de reconnaissance. La troupe et les gendarmes, environ 70 hommes, se dirigèrent alors vers le village de Champdieu où se trouvait le nid de la conjuration. Et ce fut l’embuscade. Le capitaine de gendarmerie Guillot fut blessé grièvement ainsi qu'un caporal. Une douzaine de " brigands " furent tués et dix autres prisonniers furent emmenés vers Montbrison, tandis que 200 de leurs compagnons gagnaient les montagnes, pour de prochaines actions.

VI) De 1800 à nos jours

Plan de Montbrison d'après les sources

Sous le premier Empire, la vie politique montbrisonnaise fut assez calme mais il est vrai que la censure de plomb ne laissait guère s'exprimer les oppositions. Les habitants vivent au rythme des Te Deum saluant à la Collégiale les victoires de Napoléon. 

Les fêtes accompagnant le mariage du Corse avec Marie-Louise d'Autriche furent l'occasion de célébrer les épousailles entre anciens soldats de la grande Armée et jeunes filles dotées par l'Empereur. C'est aussi le temps des conscriptions, et nombre de jeunes gens qui ne souhaitent pas aller batailler aux confins de l'Europe gagnent les forêts foréziennes. Il faut dire que Montbrison, depuis une quinzaine d'années, avait pris la culture du maquis. D'autant plus que la ville resta longtemps royaliste, et pour beaucoup d'habitants, Napoléon n'était qu'un " brigand ". 

Quelques années plus tard, en 1833, lors du procès des compagnons de la duchesse de Berry ( qui avait tenté de soulever à  nouveau la Vendée blanche), l'opinion publique locale très favorable, en fera encore la démonstration; de même qu'en lançant une souscription pour l'édification de la chapelle des Martyrs de la Terreur de Feurs. A cette époque (1810-1815), Montbrison fut aussi une prison pour un millier de prisonniers hispaniques, incarcérés à la caserne de Vaux. Pour 187 d'entre eux, la ville fut leur tombeau. Ces prisonniers étaient affectés à des taches de travaux publiques, notamment la construction du bief qui porte leur souvenir : " le bief des Espagnols ". Et puis le temps passa, Napoléon tomba, remplacé par des Rois qui furent chassés par une République, laquelle fut remplacée par un autre Napoléon, supplanté définitivement par la République. Quelques noms d'habitants sont dignes de rester dans les mémoires : Le Vicomte de Meaux qui fut maire de la cité, ministre de l'agriculture sous la Restauration et historien. Victor Fialin, duc de Persigny, un autre Forézien, ministre de l'intérieur de Napoléon III on lui doit le percement du canal du Forez et la fondation de la société de la Diana. Victor de Laprade (1812-1883), écrivain et poète, membre de l'Académie Française et successeur au fauteuil d'Alfred de Musset.

Au registre des évènements, quatre en particulier sont à retenir : l'épidémie de variole qui fit 54 morts en 1848, la venue du Maréchal de France et duc de Mac-Mahon en 1876. Somptueusement accueilli, il profita de son séjour pour diriger des manœuvres vers Boën-sur-Lignon. En 1892, la décapitation de l'anarchiste Ravachol, condamné pour le meurtre de l'ermite de Chambles. Et enfin, et surtout, le 1er février 1856, le transfert de la Préfecture de la Loire vers Saint-Etienne. Montbrison n'est plus le chef-lieu du département mais elle restera toujours le cœur historique du Forez.

Le 1er août 1914, le tocsin sonna à  Montbrison. La grande guerre débutait pourtant dans la ferveur. Il s'agissait de défendre la Patrie et de récupérer l'Alsace et la Lorraine, annexées en 1870 par les Prussiens. Le 6 août, c'est sous une pluie de fleurs que les soldats du 16ème régiment d'infanterie partaient au front. Le maire, le docteur Rigaudon, montra l'exemple et demanda sa mobilisation. Il reviendra dans son Forez en 1918, âgé de 70 ans ! Le 16ème RI (dissous en 1923) a perdu entre 1914 et 1918, 65 officiers, 147 sous-officiers et 2151 soldats. La caserne de Vaux quant à elle abrita en 1927 deux pelotons de la garde Républicaine de la 4ème Légion, puis la gendarmerie en 1946. Elle fut détruite en 1980 et la ville n'en garda que sa porte, classée Monument historique.

La porte de Vaux, classée M.H., vestige de la caserne du même nom construite au XVIIIe siècle. Elle porte le nom de Jourda de Vaux, d'origine vellave et forézienne, conquérant de la Corse.

 Parmi les morts, notons le nom de Joseph Déchelette, archéologue originaire de Roanne et membre éminent de la Société de la Diana, et Emile Raymond sénateur et pionnier de l'aviation. Ce dernier trouva la mort en 1914 (comme Déchelette) après que son avion fut abattu. Le président Deschanel qui était un de ses proches devait venir le 24 mai 1920 lui rendre hommage et inaugurer le monument aux morts montbrisonnais. Hélas, le président tomba du train en pleine nuit et Montbrison, qui s'était faite belle, inaugura seule son monument !

Avec le pauvre Deschanel, en pyjama au milieu d'une voie ferrée, s'achève notre modeste exposé sur l'histoire de Montbrison.


Sources:

- Article repris sur le site forez-info.com (2007 - 2023)

- Source fournie par Nano.M pour le plan: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2023)


Posté le 07-03-2023 13:38 par Jimre

Essertines Basses

Armorial de Revel château d'Essertines Basses d'après les sources

Une vue de l'Armorial de Guillaume Revel permet d'avoir une idée du site vers 1450. Il s'agit alors d'une petite forteresse construite pour contrôler la vallée du Vizézy.

Maquette Essertines Basses Association A.S.P.E.C.

Le château, déjà cité en 1190, consistait seulement en une haute tour carrée au sommet d'une pointe rocheuse. Ce "donjon" joignait une enceinte crénelée entourant une petite cour. Un peu au-dessous, une deuxième enceinte était percée d'une porte et défendue par des mâchicoulis et une tour ronde.

Côté est, à l'extérieur et adossée à la muraille, se trouvait la chapelle dédiée à saint Étienne. Elle daterait du XIIe siècle. Elle fut l'église paroissiale d'Essertines au XVV siècle avant celle d'Essertines-Hautes (le bourg actuel).

Du château à la rivière, s'étageaient des maisons très imbriquées bordant d'étroites ruelles pentues. Cette petite agglomération, cernée par une muraille sans tours ni créneaux, s'ouvrait par une seule porte en face du pont franchissant le Vizézy. Il s'agissait surtout d'une place forte servant de refuge en cas de danger. Elle fut assez vite désertée, les habitants choisissant d'habiter dans un lieu plus commode près de la rivière.

Ce site, très pittoresque, avait depuis longtemps attiré l'attention (dessin de Louis-Pierre Gras, vers 1865, abbé Bégonnet, photos 1900).

Aujourd'hui ne subsiste du château qu'un pan de mur. Il n'existe, la chapelle exceptée, aucune autre construction à l'intérieur des remparts qui ont aussi disparu.

Plan du château d'Essertines Basses d'après les sources

De 1970 à 1994, le site a fait l'objet d'importants chantiers de fouilles archéologiques sous la conduite de Françoise Piponnier (1932-2013).

La chapelle, en bon état, a une nef rectangulaire et s'ouvre par une porte latérale. Le chœur est aussi rectangulaire. À l'endroit où ces deux éléments se rencontrent s'élève un clocher-mur à deux arcades avec une élégante colonnette centrale. Il y avait autrefois une petite cloche.

En 1851, Essertines-Basses, devenu un simple hameau, comptait encore neuf feux (51 habitants) et trois moulins. En 1901, il restait seulement 4 maisons dont un moulin et 15 habitants.

Aujourd'hui, ce site inhabité reste un précieux témoignage de l'histoire de la commune.

Une association gère aujourd’hui du site, l’A.S.P.E.C., Association Sentiers Patrimoine Essertines en Châtelneuf.


Sources citées sur le panneau présent sur le site:

- Archives départementales de la Loire, d'Essertines-en-Châtelneuf (1851. 1901).

- Armorial de Guillaume Revel (Bnf, fr. 22297, p. 475)

- Archives de La Diana, Montbrison.

- Françoise Piponnier, Le château d’Essertines. 1992.

Plan d’ensemble du site (d’après Piponnier, 1993).

- Roger Faure, Les paroisses rurales disparues département de la Loire, Mémoires et documents. Diana. 2000.

- Martine Font-Poirieux, Essertines-en-Châtelneuf, Grande Encyclopédie du Forez. Montbrison et sa région, Le Coteau, Horvath. 1985.


Photos:

- Jimre (2023)


Posté le 07-03-2023 12:07 par Jimre

Bourg-Argental

Situé dans la Loire, arrondissement de Saint-Etienne, chef-lieu de  canton.

Au centre de la ville, château de la fin du XVe siècle, englobé dans les bâtiments de la mairie. Il est bâti par le duc de Bourlxon, comte de Forez, vers 1481.


Tour du rempart du XVe siècle au nord du village, rue des Fossés, prise dans des constructions modernes.


Source fournie par Nano.M :

- Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles- Laurent Salch, Editions Publitotal, 1979


Photos:

- Jimre (2015)

Posté le 19-11-2022 10:16 par Jimre

Chavanay

Lorsqu'on quitte les bords du Rhône en direction de Pélussin, on peut découvrir le village de Chavanay qui possède encore des vestiges d'anciennes fortifications.


Photos:

- Jimre (2022)

Posté le 11-09-2022 19:01 par Jimre

Saint Romain le Puy

Le Prieuré de Saint-Romain-le-Puy couronne le sommet d'un cône basaltique où s'épanouit à la belle saison une flore méditerranéenne discrète (figuiers, anis, amandiers).

Dominant la plaine et les hommes par un panorama exceptionnel, il arbore avec fière allure les empreintes de sa splendeur passée. L'église prieurale de Saint-Romain-le-Puy est l'un des jalons les plus prestigieux de l'art roman forézien.

Son architecture témoigne de l'intensité artistique de l'an Mil, à la charnière de l'art carolingien et de l'art roman.

Plusieurs phases de construction sont repérables:

Un édifice funéraire du Ve siècle.

Une nef de la fin du 10e siècle.

Un choeur du XIe siècle.

Des embellissements gothiques du XVe siècle.

Des pans de fresques du Xe, XIe, XIIe, XIIIe et XVe siècles.

Ces fresques recouvrent une partie des murs, des colonnes et des chapiteaux, ceux-ci soutenant colonnes et arcatures annonçant une variété extrême de thèmes et de motifs imprégnés de l'influence méditerranéenne (animaux fantastiques, entrelacs, figures symboliques, motifs floraux


Les grandes dates:

- 983 Fondation de l'église par Bouchitaleus Miles.

- 984 Bouchitaleus Miles fait don de cette église à l'Abbaye d'Ainay à Lyon.

- 1004 Aldebertus est le 1er prieur de Saint Romain le puy désigné par Ainay.

- 1007 Construction du monastère et du château. Fondation du Prieuré qui devient un couvent bénédictin « Saint Romain de Podio ln Segusiavis ».

Construction de l'église actuelle de Saint Romain le Puy (Saint Martin) au pied du pic.

1ère apparition du nom de Saint Romain le Puy.

- 1017 Fin travaux le couvent bénédictin.

- 1130 Premier document oniciel citant Saint Romain le Puy, Prieuré dépendant d'Ainay.

- 1167 Le comte du Forez. Guy Il renforce son alliance avec le roi de France Louis VIII en lui rendant hommage pour plusieurs seigneuries dont la plus importante est Montbrison. En échange, le roi lui cède des droits sur plusieurs places dont Saint Romain le puy, droits qui vont jusqu'au Puy et aux limites de l'Auvergne.

- 1173 Lors de la « Permutatio », l’archevêque de Lyon abandonne ses droits au-delà de la Loire et cède le château de Saint Romain au comte du Forez.

- 1213 Le prieur de Saint Romain Albert fonde le prieuré de femmes de Saint Thomas en Forez.

- 1217 Construction de l'église Saint pierre (église paroissiale en ruine) et du Hameau Saint Bierre (18 maisons).

- 1218 Guy IV expédie la charte d'une Pieuse donation aux religieuses de Saint Thomas en Forez.

- 1236-1238 Un arbitrage de Robert de Saint Bonnet conclut un différend entre le comte et le prieur Guy de Chambet et fixe les limites de justice. Les droits de justice sont partagés entre les deux parties.

- 1288 Le prieuré semble abriter 4 moines dont le prieur.

- 1310 A cette époque il semblerait qu'il y ait 5 églises à Saint Romain le Puy:

- Saint Romain d'Antioche (égIlse prieurale)

- Saint Jean sous Terre (crypte)

- Saint Marie (oratoire du cloitre aujourd'hui disparu)

- Saint Pierre (église paroissiale auJ0urd'hui en ruine)

- Saint Martin ( église paroissiale actuelle)

- 1337 Guerre de Cent ans.

- 1348 La peste noire arrivée d'Asie et d'Afrique via Avignon ne laissera que 3 habitants à Saiht Romain le Puy.

- 1358 Les anglais brûlent l’Abbaye de Valbenoite.

- 1362 Montbrison est brulée par les anglais. Ces invasions justifient l'édification de la seconde enceinte du Hameau groupé à l'entour de l'église Saint Pierre. Le Prieuré est alors défendu par deux enceintes.

- 1431 La 2e enceinte de Saint Romain est dévastée par les pillards de Rodrigue de Villandrandro (voir les articles sur Pusignan, Colombier Saugnieu et Anthon).

- 1434 Reconstruction de la 2ème enceinte par Jean de Soleillant.

- 1449 à Pâques : Effondrement d'une partie de la 2ème enceinte et d'un tronçon de la muraille du château.

- 1489 Remise à neuf de l'enceinte et de la forteresse et adjonction de la 3ème enceinte sans tour.

- Au XVe siècle Armorial de Revel.

- 1562 Guerres de religion. En juin les Calvinistes envahissent le Forez. Saint Romain est pris,pillé et dévasté.

Titres, reliques de l'église disparaissent. Le corps ou la relique de Saint Romain. Le corps ou la relique de Saint Romain également (il n’en est plus fait mention dans aucun procès-verbal après ces évènements).

L’église Saint Pierre est détruite par les Huguenots.

- 1584-1594 Guerre entre religieux et royalistes: Saint Romain assiégé par le Duc de Nemours est mis sous la protection de Balthazar de Rivoire, sieur de la Bastie et du Palais qui conservera la forteresse au roi Henri IV.

- 1609 Un échange contesté est consenti par Henri IV à Gabrielle d’Allonville veuve de Guy de Rochechouart qui débouche sur un grand procès. Font partie de cet échange : la châtellerie de Saint Romain et la seigneurie de Sury.

- 1616 L'abbé d'Ainay s'octroie la charge du prieur de Saint Romain.

- 1617 Il semblerait qu'il ne reste plus que 4 moines au prieuré.

- 1625 Suite au procès de 1609, une expertise des lieux est entreprise, elle confirme l'exactitude de l'Armorial.

- 1633 La mine de Saint Romain arrive par lettre-patente de Louis XIII le 19 janvier, confirmée par ordonnance de Richelieu qui précipite la décadence du prieuré et son abandon.

Adjudication de démolition arrêtée le 15 juin par le Consulat Lyonnais pour la somme de 15000 livres.

- 1666 Jacques de Berulle, archevêque de Lyon et prieur non résident, organise le transfert des derniers membres de la communauté. L'église n'est plus desservie que par un chapelain dépendant de l'Abbaye d'Ainay.

- 1684 Le prieuré est sécularisé par une bulle napale d'Innocent XI à partir de cette époque, un seul prêtre séculier y réside et a pour mission de desservir l'église et recueillir les revenus du prieuré.

Des procès sans nombre s'en suivent et le prieuré s'avère bientôt inhabitable.

- 1694 Malgré l'ordonnance de 1633 et l'assignation de démolition, le prieuré échappe toutefois à son anéantissement grâce à Mgr Claude de Saint Georges, archevêque de Lyon qui plaida sa cause.

Claude de Saint Gìeorges deviendra Prieur en 1714.

- 1695 Assassinat au prieuré: le sacristain est tué par son barbier.

- 1708 Etat des lieux à la demande de Claude de Saint Georges.

- 1777 Autre état des lieux par le Comte de Levy. Projet de restauration sans suite.

- 1789 Pendant la révolution le prieuré est finalement vendu comme bien national. Transforrné en ferme il est livré au pillage des pierres jusqu'au début du 20ème siècle.

Début XIXe siècle Ouverture d'une carrière de basalte sur les flancs du pic. Les déflagrations de tirs de mine continueront   d'endommager le site.

- 1834 La famille Jullien de Pommerol achète le Prieuré.

- 1851 La mairie de Saint Romain fait un bail avec le propriétaire et s'engage à entretenir le bâtiment.

- 1862 L'église prieurale est classée sur la liste des Monuments Historiques.

- 1885 La famille de Jullien de Pommerol laisse la jouissance du prieuré à la commune sous engagement d'entretenir l'église . Les travaux de consolidation sont commencés avec l'appui des Monuments Historiques.

- 1887 Début de la restauration, initiée par lé Maire Léon Portier, les peintures murales sont dégagées.

- 1899  L'église prieurale est définitivement classée Monuments Historiques.

- 1910 L'enduit des façades est enlevé. Découverte des bas-reliefs.

- 1911 La gaine construite au I e pour protéger la course des poids de l'horloge est détruite.

- 1982 Début des fouilles archéologiques, de la restauration intérieure et des bas reliefextérieuts de l'église.

- 1995 Fin de la restauration intérieure, les peintures sont définitivement restaurées.

- 1998 Début de la restauration extérieure.

- 2001 La vigne retrouve les pentes du Pic de Saint Romain.

- 2002 Le toit du prieuré redevient à 4 pans.


Sources: 

- Document donné pour la visite du prieuré édité par l'association Aldelbertus qui s'occupe du site.


Photos:

- Jimre (2022, 2023)

Posté le 14-05-2022 12:07 par Jimre

Le Rousset

Photos:

- Jimre (2022)

Posté le 14-05-2022 12:05 par Jimre

Monsupt

château de Montsupt Armorial de Revel d'après les sources

Non loin de Montbrison, et de Saint Romain le Puy, on peut apercevoir cette tour, reste du câteau de Montsupt


Source:

- Dessin de l'Armorial de Revel trouvé sur books.openedition.org/alpara


Photos:

- Jimre (2022)

Posté le 14-05-2022 12:05 par Jimre

Saint Polgues

Photos:

- Jimre (2010)

Posté le 16-12-2021 14:08 par Jimre

Saint Germain Laval

Photos:

- Jimre (2010)

Posté le 16-12-2021 14:06 par Jimre

Pommiers

Plan du château de Pommiers d'après les sources


Source fournie par Nano.M pour le plan:

Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2018)

Posté le 16-12-2021 14:04 par Jimre

Montrenard

Plan du château de Montrenard d'après les sources


Source fournie par Nano.M pour le plan:

Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 16-12-2021 14:01 par Jimre

Merle Leignec

Photos:

- Jimre (2018)

Posté le 16-12-2021 14:00 par Jimre

Lespinasse

Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 16-12-2021 13:58 par Jimre

Estivareilles

Armorial de Revel Prieuré d'Estivareilles d'après les sources


Source:

Représentation du prieuré d'Estivareilles dans l'Armorial de Revel (Bnf, fr. 22297, p. 491)


Photos:

- Jimre (2018)

Posté le 16-12-2021 13:56 par Jimre

Cornillon

Photos:

- Jimre (2014, 2022)

Posté le 16-12-2021 13:52 par Jimre

Chambles

Situé dans la Loire, arrondissement de Montbrison, commune de Saint-Just-Saint-Rambert

Chambles

Sur un éperon dominant la Loire, dans le village, donjon circulaire d'environ 6 mètres de diamètre. Son mur en appareil régulier est épais de 1,40 m.

L'entrée est au premier, à 12 m du sol. L'étage voûté est muni de latrines. On trouve les restes de deux enceintes au nord, une porte surmontée d'une bretèche et une chapelle castrale. Une famille est citée en 1206. Falconnet de Chambles fait hommage pour son château au comte de Forez en 1334. Il est restauré en 1482.

Le clocher-mur de l'église est fortifié au XVIe siècle.


Source fournie par Nano.M :

- Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles- Laurent Salch, Editions Publitotal, 1979


Photos:

- Jimre (2012, 2014)

- Nano.M (2021)

Posté le 16-12-2021 13:48 par Jimre

Bourg-Argental

Photos:

- Jimre (2015)

Posté le 16-12-2021 13:46 par Jimre

Argental

A 2 km au nord-ouest, en contrebas de la N 82, on trouve une enceinte rectangulaire flanquée d'une tour polygonale au nord-ouest, restaurée en 1415 avec une Chapelle castrale du XIIe siècle dédiée à Saint Georges.

Le château, sa chapelle et une famille sont cités dès 1062. Au XIIIe siècle, les sires de Pagan en font hommage aux Dauphins de Viennois.


Source fournie par Nano.M :

- Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles- Laurent Salch, Editions Publitotal, 1979


Photos:

- Jimre (2015)



Posté le 16-12-2021 13:43 par Jimre

Généalogie Urfé

Repris à partir des tomes "Le nobiliaire du Velay et de l'ancien diocèse du Puy : noms féodaux par le vicomte Gaston de Jourda de Vaux", trouvés sur le site Gallica.bnf.fr de la Bibliothèque Nationale de France.

RAYBE, RAIBE, REBE (parfois : GALLES, DE SAINT-MARCEL) (Forez).

Seigneurs d'Urfé, Saint-Marcel-d'Urfé, Saint-Priest, Urbize, Charète, Gérandle-Puy, etc. (Forez, Bourbonnais), le Charrouil, le Cheylon, Chadenac, la Chazotte, Lanthenas, Mestrenac, etc. (Velay); cosgrs de la baronnie d'Allègre (Auvergne).

Armes: de sable, semé de billettes d'argent; au lion de même brochant (Armor. de 1450). — Devise : Adjutor in tribulationibus. — Cimier : un serpent volant. —Tenants : deux anges.

Au dire de Steyert, « Raybe » (Rabiès, soit, littéralement: « La Rage », l'Enragé) serait le nom primitif des d'Urfé. D'après le Laboureur, cette Maison était l'une des plus illustres de Forez, et avait les mêmes origines que les barons d'Urfé.

Elle paraît s'être éteinte dans celle des d'Albon, et aurait formé vers le milieu du XIIIe siècle, deux branches :

—l'aînée, alors représentée par Arnuph d'Urfé (fils aîné d'autre Arnuph, sgr d'Urfé, qui adopta le nom de son fief d'Urfé (Ulfiacum) ; 

— la cadette, représentée par Guy Raybe (frère d'Arnuphe), premier nommé), qui devint maître de la seigneurie de Saint-Marcel d'Urfé.

Généalogie.

Révérand du Mesnil fait remonter la généalogie de cette race chevaleresque, à :

I. Arnuphe Raybe (Rabi), échevin de la ville de Mâcon (879-887) : 

II. Arnulfe, marié à « Aleldi », dont : 

III. Arnulfe III, père de : 

IV. Arnulfe IV, père de : 

V. Arnulfe V, père de : 

VI. Arnulfe VI, qui épousa Constance de Montrond, d'où : 

I° Durand ; 

2° Bernard ; 

3° Arnulfe VII qui suivra ; 

4° Giraud ; 

5° Constance, religieuse à Marcigny (1100). 

VII. Arnulfe VII Raybe, sgr d'Urfé, père de : I° Albon (1140) :

VIII. Arnulfe VIII Raybe, sgr d'Urfé, qui semble avoir épousé Aimée d'Albon :

IX. Arnulfe IX, sgr d'Urfé ; ép. Béatrix, d'où : I° Arnulfe X, sgr d'Urfé, 2° :

X. Itier Raybe, sgr de la Tour, Saint-Marcel (fief qu'il reconnut en juillet 1287, plus, reconnaissance de ce château, faite le 26 avr. 1300 à Jean Ier, déclarant qu'il l'a fait édifier pour l'opposer à celui d'Urfé. Il testa le mercredi avant la Noël 1287. Il mourut en 1301, ayant épousé Alaysie de la Tour-Charette, dame de la Tour, dont :

1° Falconnet, qui suivra ; 

2° Marguerite, prieure du couvent de Leigneu en Forez

XI. Falconnet Raybe, ép. Agnès de la Palice, fille de Hugues. Il mourut avant le 20 sept. 1287, laissant : 

XII. Hugonin ou Hugues Raybe (Raybi), chevalier, « sire de Saint-Marcel », dès 1301 (date du décès de son aïeul, fut au nombre des nobles et coutumiers de Forez et de Champagne, qui se liguèrent, le 11 févr. 1315, pour résister aux exactions de Philippe-Ie-Bel, hommagea Saint-Marcel en 13 14, 1322, 1323 et 14 juill. 1334. De son mariage avec Marguerite « Palatine», fille de Hugues (de la Maison de Dio-Palatin, en Dombes, nous le présumons), naquirent : 

I° Ithier, qui suivra ; 

2° Falconnet, sgr de la Tour-Charette ;

3° Hugues, chanoine d'Amiens.

XIII. Ithier II Raybe, sgr de Saint-Marcel, mourut en 1347 (après le 26 avr.). Il épousa Marguerite de Saint-Gérand, fille de Guillaume et de Jeanne de Thianges : 

XIV. Ithier III Raybe, chevalier, sgr de Saint-Marcel d'Urfé, Saint-Priest, Urbize, Charète, Saint-Gérand-le-Puy (1340-1393), cosgr d'Allègre (du chef de sa femme) ; ép. Agnès d'Alègre (veuve de Guy de Jarez, sgr de Saint-Chamond), dame en partie de la baronnie d'Alègre, fille d'Eustache, seigneur et baron d'Alègre, et de Sybille de Solignac-la-Roue. Agnès précitée se qualifiait « dame de Saint-Marcel », le 3 févr. 1367. Elle vivait encore, le 31 déc. 1377 : 

XV. Perceval ou Parceval Raybe de Saint-Marcel, maître des mêmes fiefs qu'avait possédés son père (1393-1413) ; en plus, de ceux du Charrouil, le Cheylon, Chadenac, Mestrenac (du chef de sa femme) ; acquit avant 1386, de son cousin, Armand du Broc (fils de Pierre du Broc et d'Odine d'Alègre), tous les droits auxquels ce dernier pouvait prétendre du chef de sa mère, sur la baronnie d'Allègre ; céda peu après, ces mêmes droits et ceux lui provenant d'Agnès d'Alègre, sur le même terre, à Morinot de Tourzel. Il épousa avant le 6 févr. 1424, Jeanne de la Gorce, fille de Pierre, sgr du Charronil, etc., et de Marguerite de Ceyssac, dame du Cheylon, etc. Il testa en 1423, laissant : 

I° Guillaume, sgr de Saint-Marcel (dès 1435), marié le 3 mai 1417, à Isabeau de Verney (remariée à Joseph des Serpens), fille de Jacques ; 

2° Eustache, qui suivra ;

3° Antoine, marié à noble Amée d'Urfé, fille d'Arnuphe, sgr de la Bâtie en Forez, et de Guillaumette d'Estrées ; 

4° Marguerite, mariée en 1res noces en 1404 à Antoine d'Albon, fils de Thibaud, et en 2es noces, à Auduin de Farges. — 

XVI. Eustache Raybe, sgr de Saint-Marcel (hommage du 6 févr. 1441) ; testa le Ier avr. 1449, ayant épousé, le 15 sept. 1434, Marguerite de Thinière, fille de Bertrand et d'Iseult de Boulière. d'où :

I° Jean, cosgr de Saint-Marcel, marié à Marguerite de Thinière (remariée à Antoine de Mohet), fille de Jacques, dont: Léger ; 

2° Claude, cosgr de Saint-Marcel (1475-1 5 14), doyen du Chapitre N. D. de Montbrison ; 

3° Guillaume, abbé d'Ahu en Limousin (15 10) ; 

4° Antoine, qui suivra; 

5° Isabeau, dame de la moitié de Saint-Marcel (partie qu'elle transmit à sa fille Anne de Vitry, qui la rapporta à Claude Raybe, son cousin, qu'elle épousa, lequel posséda ainsi, la totalité de ces fief et château) ; 6°-8° Jeanne, Marie et Antoinette, religieuses ; 9° Catherine, femme de Jean de Coulde.

XVII. Antoine Raybe, sgr de Saint-Marcel, le Chambon, le Charrouil (1468), etc.; ép. en 1452, noble Marguerite d'Urphé qui, fille de Pierre et d'Isabelle de Chauvigny, testa, le 5 janv. 1480 n. st. (entre autres dispositions, elle fit des legs aux religieuses des Chazes et de Vais, aux religieux Jacobins, Carmes, Cordeliers du Puy, à l'hôpital de cette ville, au couvent de la Chaise-Dieu, à l'église de Loudes, à ses filles Catherine, Gabrielle, Marguerite et Marie, à ses fils Jean et Antoine, à ses frères Pierre et Jean d'Urphé, à sa soeur Anne, à Isabelle Raybe, fille bâtarde de son mari, et institua héritier universel, son fils Hugues Raybe).

XVIII. Puissant seigneur Hugues, dit Galles, sgr du Charrouil, le Cheylon, SaintMarcel; fut héritier universel de sa mère. Il testa le 4 mars 1524, ayant épousé « Yolande (d'Ollette ?) qui par son testament daté du 18 oct. 1522, donna une rente de 40 sous tournois, pour la célébration d'une messe de Requiem, à célébrer en la chapelle des frères Prêcheurs du Puy. Leurs enfants furent : I° Antoinette, qui devenue veuve de Girard de Roussillon, ép., le 10 mars 1521, Pierre de Rochefort, sgr de la Valette (Forez), vivant encore en 1542, fils de Guillaume, sgr de la Valette, et de noble Jeanne Mitte ; 2° Claude, qui suivra ; 3° Gabrielle qui, veuve de Gaspard de Montrenard, ép., le 24 janv. 1533, Georges de Sainte-Colombe, sgr de Villettes, qui testa les 13 juill. 1562 et 24 mars 156g ; 4° et 5° Marguerite et Jeanne, religieuses à Baulieu.

XIX. Claude Raybe, dit Gallardet, chevalier, sgr de Saint-Marcel, le Cheylon, le Charrouil (12 mai 1555), maître d'hôtel du Dauphin (lettres du 7 août 1555) ; fit hommage pour Saint-Marcel, le 17 sept. 1557, et mourut le 27 avr. 1575, ayant épousé : 

I° le 15 mars 1527, Anne de Vitry, fille de Brémond et de Catherine de Talaru ;

2° le 14 oct. 1540, Anne de Bron-la Liègue, fille de Guillaume et d'Antoinette de Marconnay. Du 1er lit naquirent :

1°CIaude, qui suivra ; 

2° Marguerite, qui épousa, le 29 avr. 1558, Jacques de L'Estouf, sgr de Pradines ; du 2e lit vinrent : 

3° Claude, curé de Chateldon (1572J;

4° Antoinette, mariée en 1272, à Bertrand d'Albon; 5° Françoise, mariée le 23 juin 1557, à Louis Dodieu, sgr d'Epercieu, fils d'André et de Blanche du Peloux.

XX. Claude Raybe, chevalier, sgr de Saint-Marcel, le Cheylon, le Charrouil (deux derniers fiefs qu'il céda, le 23 janv. 1609, au prix de 8.000 livres, à Hugues de Filaire, sgr de Bornette) ; mourut le 11 mai 1613, ayant testé les 26 avr. 1574 et 4 févr. 1679, en faveur de son neveu, Claude d'Albon (fils de Bertrand et d'Antoinette de Galles de Saint-Marcel), marié, le 15 sept. 1570, à Marie Papillon du Ryan, fille de Nicolas et de Claude Babou.

Cf. : A. Jacotin : Preuves ; Invent. G. — Steyert : Armor. du Lyonnais. — E. Salomon : Les chat. hist. du Forez, I (art. La Valette), II (art. Saint-Marceld'Urfé). — G. Paul : Les d'Allègre, 34 et en note. —  Comm. de Mr le chanoine E. Mercier. — Le Laboureur : Les Masures de l'Isle-Barbe


Posté le 12-12-2020 15:44 par Jimre

Grangent

Sur la Loire, on peut apercevoir le château de Grangent sur une île. Par le passé ce château, qui a donné son nom au barrage construit non loin, dominait la vallée de la Loire. Aujourd'hui le niveau de la Loire ayant considérablement monté avec la retenue d'eau, il apparait apparait posé sur une île, comme le château de La Roche, entre Feurs et Roanne.

Du château de Grangent, on aperçoit le château d'Essalois au sommet de la vallée.


Photos:

- Jimre (2011)


Vidéos:

Des images aériennes de Grangent de notre cru et une vidéo réalisée sur la région par Folk Med. 


N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...



Posté le 10-05-2020 08:51 par Jimre

Couzan

Nous mettons en ligne une partie d’un livre trouvé sur Gallica, le site de la BNF :

"Le château de Couzan , notice historique et descriptive... / par Maurice Bessey, 1911"

Ne manquez pas d’aller y faire un tour, en ces temps de confinement...


"Visite de Couzan

…Depuis longtemps j'avais proposé à quelques amis une excursion au château de Couzan, vieux manoir féodal qui dresse encore ses murailles crénelées sur l'un des derniers contreforts des monts du Forez.

Tel est encore l'attrait de ces ruines grandioses que ma proposition avait été acceptée sur-le-champ, mais, pour goûter pleinement le charme de notre promenade, nous nous étions résignés à attendre jusqu'au retour de l'été.

Le jour fixé d'un commun accord arrive enfin. Dès la veille, je me rends à Boën pour recevoir mes amis à leur descente du train et arrêter avec eux, dans l'un des hôtels confortables de la ville, les dernières dispositions de notre voyage, Nous causons, nous rions, nous soupons du meilleur appétit, heureux de nous retrouver tous frais et dispos et formant des vœux pour le succès de notre expédition. Un ciel serein, oh scintillent des milliers d'étoiles, nous présage un lendemain magnifique, ensoleillé, avec des concerts d'oiseaux dans les taillis et des brises fraîches folâtrant dans la vallée. Le cœur plein d'espoir, chacun s'en va prendre un peu de repos en attendant que le soleil se lève de nouveau derrière les montagnes du Matin.

Dès que l'aube blanchit la crête des collines, nous nous mettons en route, laissant derrière nous la petite cité qui s'éveille à peine, et, tout en devisant des surprises de la journée, nous marchons allègrement sur la grande route poudreuse.

Bientôt cependant nous abandonnons la route monotone et nous nous engageons, à la file indienne, par l'étroit sentier qui serpente sous l'herbe déjà haute des prairies, côtoyant tout du long cette charmante rivière du Lignon, dont le nom résonne amoureusement à travers nos souvenirs littéraires.

Anémones, pervenches, blanches pâquerettes, toutes ces aimables fleurs des champs se balancent avec grâce sur leur tige légère, comme pour saluer au passage notre petite caravane, et chacun de nous, de cueillir à droite, à gauche, ses fleurs préférées, de les assembler avec plus ou moins de bonheur en un petit bouquet, frais et délicat, dont il fleurit sa boutonnière.

Soudain la montagne s'écarte devant nous, et le vieux château des sires de Couzan nous apparaît, encore tout embrasé des feux du soleil levant, profilant sur le ciel la dentelle de ses créneaux et le contour de sa grosse tour ronde. Nous saluons avec une joie respectueuse le vieux manoir féodal, dont les ruines imposantes et superbes semblent veiller encore sur le pays d'alentour.

Enfin, après une heure de marche, nous arrivons dans le joli bourg de Sail-sous Couzan, agréablement situé au bord de la petite rivière forézienne, au pied du mont qui porte les ruines de l'antique forteresse.

Le village, hier encore pauvre et sans importance, respire aujourd'hui l'aisance et la prospérité, avec ses maisons neuves se prolongeant en bordure de la route, ses belles promenades ombragées de tilleuls et son établissement thermal, dont les lignes élégantes se dérobent derrière des massifs de fleurs et de verdure, la Fée des Eaux a opéré cette merveilleuse transformation en faisant jaillir, des profondeurs du rocher, ces sources d'eau minérale dont le pays est si fier.

Au centre du village et dominant l'épais feuillage de deux gros platanes, s'élève le clocher carré, percé de fenêtres romanes, que surmonte le disque blanc de l'horloge communale.

Malgré l'heure encore matinale, les rues du village commencent à s'animer du va-et-vient des travailleurs et déjà on entend les artisans échanger à haute voix, tout en vaquant à leurs travaux, leurs prévisions sur la belle journée qui se prépare. Nous complétons à la hâte nos provisions de voyage, puis nous commençons, sans plus tarder, l'ascension de la colline.

Le chemin qui conduit au château s'élève bientôt, par une rampe assez forte, au-dessus des toits rouges du village, à travers les vignes du coteau. Vingt minutes à peine, et nous voilà sous les murs moitié éboulés de la première enceinte, grâce à l'amabilité obligeante de M. Marchand, gardien du château, la modeste porte de bois qui ferme actuellement l'entrée de la forteresse, s'ouvre devant nous et nous pouvons explorer à loisir ces ruines augustes, toutes remplies de chevaleresques souvenirs.


Le Château

Plan du château de Couzan d'après les sources

Le temps a comblé le fossé extérieur et emporté les restes du pont-levis qui donnait accès dans la forteresse. Un sombre corridor, de la voûte duquel des pierres désagrégées semblent prêtes à se détacher comme pour intimider le profane qui tenterait de troubler la solitude de ces demeures, conduit à l'intérieur du château. Nous passons, à la hâte et le cœur serré, sous cette voûte menaçante, qui résonne étrangement au bruit de nos pas précipités.

Quel spectacle lamentable s'offre soudain à nos regards ! A gauche, à droite, ce ne sont que salles effondrées, murailles éboulées, tours croulantes, que le lierre étreint dans ses rameaux et recouvre de son feuillage, comme pour en retarder la disparition. Quelques masures appuyées contre le mur d'enceinte et dans un état de ruines plus ou moins avancé, c'est tout ce qu'il reste de ce qui fut autrefois les communs du château, écuries, étables, fauconnier, chenil, etc...

La dernière de ces constructions servait d'habitation aux officiers, pages et écuyers du château. Ses appartements étaient récemment encore peu endommagés, mais en ces derniers temps sa toiture s'est effondrée, entraînant dans sa chute le manteau de plusieurs belles cheminées dont on admire encore quelques vestiges appendus aux murailles. Sur le linteau de la porte apparaît, en relief sur la pierre et surmontée d'une accolade la belle croix ancrée des sires de Couzan.

Nous poursuivons notre marche à travers un amoncellement de débris arrachés aux murailles et disparaissant à demi sous les ronces. Çà et là, d'énormes blocs taillés laissent voir à travers les broussailles des figures sculptées, des inscriptions plus ou moins mutilées, dont le sens nous échappe.

Voici, oubliée au bord du sentier, la curieuse Pierre de la Dîme, que les visiteurs se montrent toujours avec un vif intérêt. C'est un cube de granit creusé en forme de cuvette quadrangulaire et pouvant contenir une quarantaine de litres. On s'en servait autrefois pour mesurer le blé, les grains et autres redevances dues au seigneur. Trois de ses faces sont sculptées, deux d'entre elles présentent une tête radiée comme pour symboliser le soleil, la troisième porte une figure allongée qui, avec sa bouche ouverte et ses yeux clos, semble vouloir tracer l'image du sommeil ou de la mort.

Confiant dans ses biceps robustes, notre ami Georges passe ses deux mains sous l'un de ses angles et s'efforce de la soulever, ou tout au moins de la déplacer. Peine inutile ! « L'union fait la force », nous crie-t-il pour nous inviter à joindre nos efforts aux siens. On lui vient en aide, mais peine perdue derechef : la pierre semble retenue an sol par de solides attaches, que, malgré tous nos efforts, nous ne parvenons pas à rompre.

Un peu plus loin, un toit rustique supporté par une charpente en bois abrite le treuil du grand puits, dont la margelle de pierre, bien qu'effritée par le temps, laisse voir encore de belles formes sculpturales.

Le puits, large et profond, a été creusé au commencement du XVIe siècle, à la base même de l'énorme rocher qui porte la citadelle et, malgré cette proximité défavorable, de mémoire d'homme on ne l'a jamais vu à sec.

Sa paroi est tapissée d'une variété de fougère très rare, dont les botanistes ne manquent pas d'enrichir leurs herbiers. Ces fougères prennent racine dans les interstices des pierres et forment un fourré épais de leurs tiges entremêlées. Elles montent de l'intérieur arrivent jusque près de l'orifice, mais moins vigoureuses et moins denses. Nous nous penchons sur le bord pour en cueillir quelques-unes à bout de bras, prenant garde toutefois que notre centre de gravité, déplacé outre mesure, ne nous entraîne tête première dans l'eau qui là-bas réfléchit notre image, Un magnifique écu (1), aux armes écartelées des Damas et des Lévis avec les armes des Lavieu-Feugerolles en abîme, apparaît sur une pierre, ostensiblement enchâssée dans la maçonnerie, comme pour en attester l'origine féodale.

Un peu plus loin, se trouve le grand portail qui permet de rejoindre en quelques pas l'ancien chemin de Saint-Georges. Cette voie était naguère le seul débouché de la région montagneuse. Les vieillards de Sail se souviennent encore d'avoir vu, dans leur jeune âge» « lou montagnais », au parler rude et à la barbe fruste, de Chalmazel et de Jeansagnère, descendre par ce chemin pittoresque, avec leurs mulets chargés de planches ou de rondins de sapin.

L'enceinte, assez vaste pour abriter aux heures d'alarme toute la population des alentours, était renforcée par des tours semi-circulaires, distantes les unes des autres d'une portée d'arbalète et formant saillie en dehors de la ligne des murailles, pour permettre de prendre de flanc les assaillants.

Un chemin de ronde, reconnaissable à quelques vestiges dissimulés sous le feuillage, courait d'une tour à l'autre sur tout le pourtour de l'enceinte. Trois remparts successifs, dont il ne reste plus trace, mais visibles encore dans le croquis que Guillaume Revel nous a tracé de Couzan vers 1470, complétaient la défense, au nord.

Couzan en 1470 - Guillaume Revel

 Un petit bois de pins occupe aujourd'hui le talus qui de la cour intérieure monte jusqu'au pied des murailles de la citadelle. Des tables et des bancs rustiques, disposés avec intelligence aux points d'où la vue est la plus intéressante, où l'ombrage a le plus de fraîcheur, nous invitent à reprendre haleine et volontiers nous perdons quelques instants à reposer nos jambes fatiguées, à respirer en paix l'air pur du matin, à écouter la mélodie de la brise qui se joue dans la ramure frémissante des pins et dans l'embrasure des créneaux en ruines.

Nous sommes au pied de la citadelle. Par suite de la déclivité du rocher sur, lequel elles reposent, les murailles atteignent de ce côté leur plus grande hauteur, niais la tour géante du donjon domine encore à l'ouest leur faite démantelé.

La grande façade du château se déploie devant nous, large, puissante, nous écrasant de sa masse formidable. « Quelle main de géant, nous disons-nous, a pu jeter sur ce rocher un pareil assemblage de murailles, de tours et de créneaux! ».

Nous pénétrons sous le portail de pierre qui donne accès dans la citadelle. Encore un effort pour gravir une dernière rampe, franchir les blocs tombés des parties hautes de l'édifice et nous voilà sur le seuil de l'enceinte supérieure, qui couronne le sommet de l'énorme rocher granitique.

La Tour du Nord se compose de quatre hautes et solides murailles, bâties sur un plan rectangulaire et flanquées aux angles d'échauguettes, petites tours circulaires, reliées entre elles par des courtines épaisses. Ces courtines étaient elles-mêmes couronnées d'une ceinture de hourds, charpente disposée en encorbellement pour permettre aux défenseurs de battre le pied des murailles. Un chemin de ronde assurait la circulation des défenseurs et le ravitaillement des munitions.

L'ennemi avait-il escaladé les murailles de la triple enceinte et pénétré dans la grande cour, la citadelle brisait de nouveau son élan et entretenait l'espérance au cœur de ceux qui avaient pu se réfugier dans l'enceinte supérieure.

Notre curiosité s'éveille de plus en plus, et, dans le secret espoir de découvrir quelque souvenir historique, quelque relique de ces vieux âges disparus sans retour, nous nous élançons avec impatience à travers le chaos de ces ruines gigantesques. Salles vides, tourelles, postes de guetteur, rien n'échappe à nos impatientes recherches.

Nos regards émerveillés se fixent tantôt sur une cheminée monumentale sous laquelle un arbre entier pourrait flamber à l'aise, tantôt sur des fenêtres aux croisillons finement sculptés, sur des tours d'angle qui semblent comme suspendues dans le vide, ou même ils s'essaient à suivre dans les airs un pan de mur qui monte très haut et ne se tient debout que par un prodige d'équilibre.

Çà et là, au linteau d'une porte, d'une fenêtre, sur le manteau d'une cheminée, apparaissent les armes seigneuriales, comme pour revendiquer les droits du maître absent : « Fiers chevaliers d'autrefois, reviendriez-vous un jour faire refleurir dans cette enceinte les vertus antiques et enrichir de quelques nouveaux faits d'armes l'épopée féodale ? ».

Encore un pas et nous sommes sur la cour supérieure que domine la masse imposante du donjon et qu'entourent de hautes murailles crénelées se, dressant audacieusement au midi, sur le bord d'un énorme rocher à pic. Deux belles fenêtres ouvrent à nos regards deux échappées de vue magnifiques sur la profonde vallée du Lignon et sur la plaine ensoleillée du Forez.

A l'ouest, le donjon dresse encore avec orgueil son large fût cylindrique. Tout autour de lui ce ne sont que murailles renversées, tours découronnées ; la Colline même a été dépouillée des chênes qui l'abritaient : seul l'antique donjon est resté à peu près intact dans sa robe de pierre, qu'un feuillage de lierre ornemente de franges vertes.

Construit vers la fin du XIIe siècle, sur le modèle de ces grosses tours rondes de l'Orient, dont les lignes harmonieuses et puissantes avaient fait, l'admiration des Croisés, le fier donjon s'élève à près de cent cinquante pieds au-dessus de la cour basse du château et domine encore d'une cinquantaine de pieds l'enceinte supérieure.

Le colosse mesure plus de cinq mètres de diamètre intérieur et présente une épaisseur de muraille de 1m50 à la hauteur du premier étage. Un chemin de ronde reliait le donjon à une haute tour carrée aujourd'hui ruinée, puis à la citadelle elle-même. Un escalier dissimulé dans l'épaisseur de la muraille, mais dont l'entrée est encore visible, conduisait aux étages supérieurs. Des fenêtres dominaient au midi la cour inférieure, des postes de guetteurs ménagés dans toutes les directions permettaient de surveiller tous les points de l'horizon.

Avec sa muraille épaisse et son entrée élevée de plusieurs pieds au-dessus du sol, sans parler même des murs crénelés qui en défendaient les abords, le donjon constituait à lui seul une autre forteresse dont la vue rendait l'espérance aux assiégés et retrempait leur courage.

Des milliers de noms et de dates gravés sur le ciment, à la pointe du couteau, attestent la multitude des visiteurs et la puérile vanité de beaucoup d'entre eux.

A l'aspect des murailles ainsi criblées de lettres et de chiffres, Auguste ne peut se défendre d'une réflexion amère : « Stultorim nomina ubique jacent ! » nous dit-il en bon latin, et nous de traduire aussitôt en langue vulgaire : Le nom des fous se trouve partout ! ».

Une porte de guetteur ménagée dans l'épaisseur de la muraille permet à nos regards de remonter l'étroite vallée du Chagnon jusqu'aux premières maisons de Praval.

Nous formons des vœux pour qu'un donateur généreux fasse aménager en belvédère le sommet de la tour. On y accéderait par un escalier en spirale, ménagé dans l'intérieur, comme cela se voit dans certains autres châteaux, dans celui de Châtillon-d'Azergues par exemple. L'horizon reculerait alors, du côté ouest, jusqu'aux Bois-Noirs, aux teintes bleuies par l'éloignement, et jusqu'aux sommets de Pierre-sur-Haute, d'où la neige se retire à peine deux mois de l'année.

Au-dessous du donjon se trouvent les fameuses oubliettes, noirs cachots où le seigneur enfermait ses sujets rebelles ou ses prisonniers de guerre. Une double ouverture par laquelle nous passons en nous courbant jusqu'à terre, nous introduit dans une chambre de forme circulaire, qu'une cloison menée suivant le diamètre partage en deux hémicycles.

Nous avançons en longeant prudemment la muraille afin de laisser l'entrée libre à la lumière et bientôt nous distinguons, dans la demi-obscurité, l'orifice béant qui semble attendre encore quelque victime.

On y descendait le prisonnier à l'aide de cordes, comme dans un tombeau, puis l'on scellait au-dessus de sa tête la lourde pierre de l'ouverture.

Le sol, vaguement éclairé par la lumière blafarde qui pénètre latéralement par d'étroites meurtrières, apparaît profond d'une dizaine de pieds et semé de cailloux que le caprice des visiteurs y a jetés. Les scènes tragiques dont ces murailles furent témoin, hantent fortement notre esprit et nous croyons percevoir encore, à travers un bruit de chaînes, le soupir affaibli d'un de ces malheureux que la tyrannie féodale ou le sort des batailles retenaient enfermés dans ces sombres souterrains.

Mais voici que, sans mot dire, notre ami Georges a escaladé la muraille d'enceinte et se promène triomphalement sur le chemin de ronde. D'un air narquois, il nous invite à le suivre  « Allons, mes amis, nous crie-t-il, donnez-vous la peine de monter, vous ne regretterez ni votre peine, ni votre argent. » Et, ce disant, il nous tend la poignée recourbée de sa canne pour nous venir en aide.

Le gros Louis s'en saisit et s'essaie à grimper en s'aidant de ses pieds, de ses mains, de ses genoux, mais il ne lui est pas facile d'esquiver la loi de la pesanteur, qui s'exerce, inéluctable, sur son petit corps ramassé en boule. Nous l'aidons de notre mieux.

Enfin, tiré par devant, poussé par derrière, il met un genou sur le chemin de ronde, puis se redresse tout fier d'un si bel exploit. Auguste et moi nous grimpons après lui, en nous prêtant un mutuel appui. Enfin nous voici tous les quatre sur le haut de la muraille d'où, accoudés sur le parapet de pierre, nous laissons nos regards s'égarer jusqu'aux horizons lointains.

La partie la plus ancienne du château parait être la tour carrée adossée au côté nord de l'enceinte supérieure. Cette tour, éventrée comme par un coup de bélier, présente encore trois de ses murailles en grande partie ruinées, la quatrième s'est écroulée et ne forme plus qu'un amas informe de pierres recouvert de ronces. Ses angles arrondis et sa disposition en arête de poisson accusent les caractères du XIe siècle.

Néanmoins, le rempart à l'Ouest, avec ses haies étroites à plein cintre, remonte sans doute à l'époque carolingienne, ainsi que la haute tour carrée en ruines qui le termine.

Le donjon a été construit au XIIe siècle, au retour des croisades. Par sa forme cylindrique, il rompt avec les traditionnelles tours carrées ou rectangulaires élevées jusqu'alors. D'autres parties contiguës de l'ancienne citadelle n'ont été élevées qu'au XIVe siècle, pendant la guerre de Cent-Ans.

Les bâtiments à droite de la porte d'entrée datent seulement de la Renaissance, témoin les moulures de cheminée, les accolades et les encadrements de porte du plus pur style italien.

Vers la fin du XVIe siècle, à l'époque des guerres de religion, la forteresse fut renforcée, au nord-ouest, d'une sorte de bastion avancé, propre à l'usage de l'artillerie. Depuis lors, la vie se retire peu à peu du bruyant manoir, Richelieu l'épargne à cause de la fidélité éprouvée de ses seigneurs, et durant la Révolution, nulle revendication ne vient troubler le silence du château abandonné.

Malgré les ravages du temps, le vieux château a encore, de loin, fort belle apparence. La perspective joue avec ses lignes sévères et lui fait prendre tour à tour les formes les plus fantastiques. Aux regards du touriste qui arrive par la route neuve de Saint-Martin-les-Côtes, la citadelle apparaît soudain perchée comme Un nid d'aigle sur un rocher inaccessible, du haut duquel elle commande la vallée du Lignon.

A un certain détour de la route, la vallée s'élargit et le tableau qui s'offre alors aux regards est superbe. Au premier plan, des prairies verdoyantes à travers lesquelles bondit le flot écumeux du torrent et resserrées entre deux rangées de montagnes aux pentes abruptes, hérissées de rochers prêts à se détacher de leur base et à rouler dans l'abîme, aux sommets couverts de cultures ou de pâturages — contraste singulier qui fait de ce coin du pays une petite Suisse forézienne — tandis qu'au loin, sur son gigantesque socle de granit et auréolé de plusieurs siècles de gloire, le vieux château féodal se projette solennellement dans l'échancrure de la vallée. Le rocher nu et grisâtre semble ne percer le flanc de la montagne que pour porter, haut dans les airs et hors de toute atteinte, le fier manoir des sires de Couzan.

Aperçue du hameau des Goutards, l'antique forteresse fait encore bonne figure avec ses murailles crénelées, non encore trop ravagées, mais plutôt brunies par les siècles. Un pan de mur, qui se détache de la dentelle des créneaux, découpe sur le ciel la silhouette d'un moine il capuchon, capucin ou franciscain, avec tant de netteté que l'on s'attend à la voir quitter son impassibilité et se mouvoir sur le faite des murailles. Du côté nord, le château dissimule sa base de granit sous la ramure d'un petit bois de pins et sous la lourde masse des constructions, mais il a néanmoins grand air avec sa ceinture de murailles enserrant le merveilleux assemblage de tours, de créneaux, de pans de mur qui s'élèvent droits et effilés comme des obélisques.

Cette masse imposante surmonte magnifiquement le laite de la colline et le donjon colossal, tout à l'heure invisible, harmonise maintenant l'ensemble du formidable château-fort.


Historique du château

Après avoir exploré jusque dans leurs moindres détails le donjon et la citadelle, nous revenons sur la pelouse de la cour intérieure pour prendre quelque repos et échanger nos impressions. Puis, sur la pressante invitation de mes amis, je leur fais part des notes intéressantes que j'ai recueillies un peu partout sur les nobles sires de Couzan.

Une tradition fort respectable, leur dis-je, nous apprend que le haut de la colline s'entoura dé très bonne heure d'une enceinte fortifiée et que, dès 727, bien avant l'apparition des chevaliers bardés de fer, la place subissait l'assaut des Sarrasins, qui ravageaient alors le pays. Les habitants de Boën « abandonnèrent leurs foyers dans la terreur qu'inspirait le nom de Sarrasins, et s'étant réfugies dans le château-fort, malgré la famine et les autres maux qu'un siège traîne après lui, ils tinrent assez longtemps pour lasser la patience des assiégeants... On en était réduit dans la place au dernier pain : ce que voyant, le chef ne voulut pas le partager entre tant d'affamés, et dans un accès de désespoir, ne voulant faire aucun jaloux, le jeta dans le camp des assiégeants. Ceux-ci, voyant ce pain qu'on leur avait jeté des remparts, pensèrent qu'il y avait encore beaucoup de munitions et abandonnèrent le siège. » (2)

Mais l'histoire véridique reste muette longtemps encore, et ce n'est que bien plus tard que nous trouvons pour la première fois mention du château de Couzan et de la famille de Damas dans un cartulaire de Savigny de l'année 1110.

Ce document nous apprend qu'un plaid de justice fut tenu en présence de HUGUES DALMAS Ier au château, « quod vocatur de Cosant », pour régler un différend survenu entre lui et le prieur de Randan (près de Feurs), au sujet de droits sur quelques églises du Forez, que dom Ithier, abbé de Savigny, tenait de Hugues, archevêque de Lyon (3).

Dès cette époque, Couzan appartient donc à la puissante famille de Damas et s'enorgueillit d'être la première des quatre baronnies (4) du Forez. La fière devise de ses seigneurs, « Et fortis et fidelis », nous dit assez leur vaillance et leur fidélité et, sur l'or de leur blason, la croix ancrée de gueules témoigne du sang versé par l'un d'eux pour la délivrance des Lieux-Saints.

L'histoire raconte en effet que, pour récompenser le courage du chevalier qui le premier mit le pied sur les remparts de Jérusalem, Godefroy de Bouillon traça de sa propre main et avec le sang du brave, une croix de gueules (5) sur son écu, encore tout martelé des coups qui l'avaient frappé(6).

Plus tard encore, sous Louis VII, un autre seigneur de Couzan prit le chemin de l'Orient où il alla soutenir l'éclat et la renommée de sa maison. Malheureusement, les renseignements contradictoires que j'ai recueillis sur ces deux seigneurs ne me permettent pas de vous donner leur nom d'une façon certaine.

Hugues Dalmas II, son petit-fils, fut un grand batailleur devant l'Eternel, toujours en guerre avec ses voisins, avec Hugues de Rochefort en particulier, qui partageait avec lui la seigneurie de Saint-Georges-en- Couzan.

En 1180, le comte Gui II, méditant de partir pour la 3e Croisade, fit construire le château de Cervières et conclut un contrat avec son feudataire, le sire de Rochefort, pour se garantir contre les entreprises du turbulent baron.

« Moi, seigneur de Rochefort et le comte et son fils, y est-il dit, avons fait cet accord, que si le seigneur de Couzan veut inquiéter l'un de nous, l'autre devra lui prêter aide et assistance. »

Hugues entra également en lutte avec Agnès de Maymont au sujet du château d'Olliergues, mais il mourut en 1190 avant d'avoir pu vider cette querelle.

Par son mariage avec Béatrix, fille unique et héritière de Robert III, vicomte de Châlon-sur-Saône et seigneur de Marcilly-en-Charolais, il avait singulièrement agrandi ses domaines.

Son fils, Hugues Dalmas III, lui succéda en 1190 et reprit sa querelle avec Agnès de Maymont. Le comte d'Auvergne, Robert V, les mit d'accord en 1195. Jusqu'à cette époque, le seigneur de Couzan n'a pas encore prêté l'hommage féodal à son suzerain le comte de Forez. Ce n'est qu'en 1209 qu'il s'inclina enfin et rendit hommage pour son château de Couzan et pour celui de Chalain d'Uzore.

Renaud Dalmas de Cosant fut le premier qui prit le nom de seigneur de Cosant. Vers 1227, il eut à soutenir un siège de la part du sire de Beaujeu qui exigeait de lui l'hommage féodal. Mais sur l'intervention du comte de Forez, le sire de Beaujeu dut se retirer et renoncer à toute prétention sur Couzan.

Renaud fit hommage au comte Gui IV pour son château et sa châtellenie, le mercredi après la Toussaint, 3 novembre 1227, et renouvela cet hommage en 1233, pour ses châteaux de Couzan, de Sauvain (7), d'Urbize (8) et de Chalain d'Uzore.

Il eut entre autres enfants Henri de Damas, bailli de Mâcon, Jean de Damas, évêque de la même ville, et Gui de Damas qui épousa Dauphine de Lavieu et qui lui succéda. 

Gui Ier de Couzan concéda vers 1250 aux habitants de Boën une charte de franchises, imitée de celle de Montbrison. GUI II mourut sans postérité vers 1273.

Renaud II continua la ligne directe des Damas-Couzan, tandis que Robert, son frère, devenu par héritage seigneur de Marcilly-en-Charolais, fonda la dynastie des Damas de Marcilly (9). 

Hugues IV succéda à Renaud II et mourut après 1310.

Amée ou Amédée de Couzan, fils de Hugues, fut le premier signataire d'une confédération conclue entre les nobles du Forez et ceux de Champagne, pour s'opposer à l'émission de la fausse monnaie et aux subventions arbitraires levées par Philippe-le-Bel.

Il obtint en 1320, du roi et du comte de Forez, l'autorisation de clore de murs la ville de Boën. Il mourut vers 1325, laissant pour héritier Hugues V qui, par son mariage avec Alix de la Perrière en 1343, acquit la moitié des seigneuries de Roanne et de Saint-Haon. Par une transaction en date du 2 juin 1327, Hugues de Couzan vide sa querelle avec Eustache, seigneur de Rochefort, au sujet de la justice sur un certain nombre de hameaux, parmi lesquels ceux de Lijay et du Pra, sur la rivière du même nom. Presque tout le territoire actuel de la commune est attribué au seigneur de Couzan.

En 1333, Hugues V Consent enfin à rendre hommage pour ses divers châteaux, mais non sans formuler cette restriction : « Salva legitate et fulelitate quibus primo tenetur domino regi Francorum », ou « sauf la fidélité due en premier lieu au seigneur roi de France. »

A la mort de Charles VI le Bel, les prétentions d'Edouard III à la couronne de France déchaînent la désastreuse guerre de Cent Ans qui devait mettre « grande pitié au royaume de France ». L'héritier du trône de Saint-Louis, réduit à n'être plus que « le petit roi de Bourges » adresse un suprême appel aux grands du royaume et les convie aux marches de Blois et de Touraine, pour repousser l'envahisseur.

GUI IV, n'écoutant que son patriotisme, lève aussitôt une petite armée, chevauche à travers nos provinces en deuil et rejoint à Bourges l'armée royale. Mais bientôt les Anglais paraissent devant la ville : les voilà même qui se répandent dans les faubourgs.

Déjà des flammes s'élèvent des premières maisons. Le salut et l'honneur réclament une sortie vigoureuse. En effet « il y eut, dit Froissart, grand escarmouche à l'une des portes ; et là furent bons chevaliers, de ceux de dedans, le sire de Cosant et messire Hutin de Vermeilles » (10). Enfin, « par maintes appertises d'armes, Bourges est délivré et voit s'éloigner les soldats de la fière Albion.

En 1359, Gui IV prend part à la campagne d'Auvergne pour prévenir les incursions des Anglais et couvrir le Forez. (voir ici un article publié à ce sujet sur notre site au niveau du Puy En Velay)

Nous le voyons sortir de son château de Couzan avec une suite, ou plutôt un corps d'armée, qui se composait de 4 chevaliers bannerets, 50 chevaliers simples ou bacheliers, 383 écuyers, 400 archers à cheval et de 800 sergents à pied, et rejoindre à Clermont l'armée royale.Malgré son courage il fut fait prisonnier, et pour payer sa rançon le roi dut verser 942 moutons d'or. 

En 1382, il mit sa vaillante épée au service du duc de Bourgogne et se battit à Rosebecque contre les Flamands révoltés.

Tant de vaillance lui avait attiré l'estime du roi au point qu'il reçut successivement de lui en 1385 le titre de grand échanson, en 1386 te titre de souverain maître d'hôtel, et en 1401 le titre de grand chambellan, avec 2.000 livres de pension. Il était devenu un personnage considérable, et nous savons même qu'il assista au conseil que le roi tint au Parlement le lundi 10 avril 1396.

Monseigneur de Couzan, comme on l'appelait, habitait presque continuellement à Paris, mais pour faire figure à la Cour, il fut obligé d'aliéner plusieurs de ses seigneuries.

Hugues VI, son fils et son successeur, fut échanson du roi. Il brisait les armes paternelles d'une fleur de lys au premier canton de la croix. Gui V, petit-fils de Gui IV, étant mort sans postérité, tous ses biens passèrent à leur sœur Alix de Couzan.

Cette illustre famille de Damas (11), que nous avons trouvée glorieuse et puissante dès la fin du XIe siècle, ne connut ni les infidélités de la fortune, ni la décrépitude d'une existence déjà longue. Elle disparut alors que sa gloire venait d'atteindre à son zénith, laissant aux familles qui suivirent une renommée de vertus chevaleresques bien lourde à soutenir…


Source fournie par Nano.M pour le plan: 

Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Index de renvois :

(1) Aidés de nos souvenirs, nous essayons de déchiffrer le langage héraldique de ce précieux document et nous constatons avec joie, sur le témoignage de la croix ancrée du 2e et du 3e quartier, que les seigneurs de Damas prirent une part active au grand mouvement des croisades.

Le lambel en chef du 1er et du 4e quartier nous Instruit qu'après l'extinction de la noble race des Damas, le château passa à la branche cadette des Lévis. Les besans, qui chargent chacun des trois pendants, signifient que des représentants de cette famille firent le pèlerinage de Terre Sainte. Les 3 chevrons brisés, symbolisant 3 membres brisés, nous laissent entendre qu'un Levis paya généreusement de sa personne dans quelque sanglante rencontre. L'écusson des Lavieu, posé en abîme, nous apprend enfin qu'une fille de cette illustre maison épousa un Lévis qui prit dès lors le double titre de seigneur de Couzan et de Lavieu.

(2) Auguste BERNARD, Histoire du Forez, chap. III.

(3) Cartulaire de Savigny, p. 884, De manso in molari.

(4) Il n'y eut tout d'abord que quatre baronniesdu Forez : Couzan, Cornillon, Ecotay, Saint-Priest, mais dans la suite ce nombre s'accrut considérablement.

(5) Le mot gueules vient de gui qui désignait la couleur rouge chez la plupart des Orientaux.

(6) Histoire du blason, EYSENBACK.

(7) Sauvain.— La seigneurie de Sauvain, d'abord unie pendant de longs siècles à la baronnie de Couzan, passa en 1657 des mains de Louis de Saint-Priest à celles de Jean de Luzy, dont un des héritiers, Louis de Luzy, la revendit en 1772 aux Mathon de Sauvain et de la Cour, qui le conservèrent jusqu'à la Révolution. Le château a été reconstruit depuis dans le style moderne. Il appartient aujourd'hui à M. Lépine, préfet de police à Paris. 

(8) Urbize.— Au-dessus du village, on remarque encore Un tertre circulaire en terre rapportée, de 6 à 7 mètres d'élévation, de 8 à 9 mètres de rayon et entouré d'un fossé. C'est tout ce qu'il reste de l'ancien château féodal dont le souvenir même s'est perdu depuis longtemps. Du haut de ce tertre, la vue s'étend à l'infini sur les verdoyantes prairies du Bourbonnais.

(9) La branche de Marcilly, la plus illustre de celles qui se détachèrent du vieux tronc des Damas, disparut en 1748 avec Antoine-François de Damas de Marcilly, Elle avait poussé A son tour de nobles rejetons, tels que les marquis de Thianges, les comtes de Chalancey. Du rameau de Thianges est sorti celui d'Anlezy et de celui-ci le rameau des Crux, qui nous a donné un duc et deux pairs de France. Mme la baronne de la Madeleine hérita de la seigneurie de Marcilly dont elle se défit au moment de l'émigration. Du vieux château féodal, il ne reste plus que la grosse tour et quelques murailles où se voit encore la croix ancrée des Damas. Ces augustes débris appartiennent aujourd'hui A M. le capitaine Marchai, du 106e d'Infanterie.

(10) Chroniques de Froissart, édition Buchon, 1824, t. III, p. 161.

(11) « L'humeur aventureuse dès Damas-Couzan, dit un historien forézien, persista jusque dans leurs derniers descendants, qui guerroyèrent partout. On retrouve dés Damas avec Lafayette en Amérique, et avec Louis XVI à Varennes, et avec Louis XVIII à Gand. Un Damas prit du service en Russie contre les Turcs, commanda la légion Mirabeau à l'armée de Condé et fit dans l'Etat de Naples une vaillante retraite. » Les nombreuses branches de la maison de Damas disparurent les unes après les autres dans un rayon de gloire. Une seule d'entre elles est venue jusqu'à nous. Elle est représentée par M. le comte de Damas de Cormaillon, qui par les comtes d’Anlezy, les marquis de Thianges et les seigneurs de Marcilly, se rattache à la brillante lignée des Damas-Couzan."


Posté le 18-04-2020 19:37 par Jimre

Boutheon - Histoires

Nous mettons en ligne un article d’Henri Guignard, paru dans le recueil numéro 8, sorti en Septembre 2019, de la  série de recueils «Histoires singulières pour une histoire collective» qui a débuté en 2012, ainsi que la préface de Brigitte Marty , Adjointe à la Politique de la ville, aux Solidarités et à la Petite enfance, et Vice-Présidente du CCAS, parue dans le même recueil.

Ces recueils sont disponibles à l'accueil du château de Bouthéon, ouvert 7 jours sur 7...

Tout cela nous a été fourni aimablement par Henri Guignard. Nous l’en remercions vivement…

Un passage de cet article concerne le château mais nous présentons l'article dans sa totalité, en accord total avec la préface. Bonne lecture…

« Préface

Ce qui est agréable avec les recueils «Histoires singulières pour une histoire collective», c'est qu'ils nous permettent de connaître notre commune grâce à des souvenirs lointains, qui ne nous appartiennent pas forcément, mais que leur transmission nous rendent familiers.

Ces souvenirs sont d'autant plus attachants qu'ils émanent d'habitants, peut-être vos amis,  vos voisins, vos commerçants...qui nous livrent leurs vécus er leurs émotions.

Dans cet opus s'écrivent aussi des histoires pas si lointaines qui nous font réaliser combien le temps « passe vite». Ainsi, vous vous ferez certainement cette remarque quand vous découvrirez le récit sur l'évolution de la place de la Carra ou du parc Martouret, espace privé, devenu public dans les années 2000, ou encore plus récemment avec les souvenirs sur le quartier de la Chapelle qui vient de fêter ses 50 ans...

Alors comme Saint Augustin, faisons fi de la conjugaison usitée en admettant trois temps : le présent du passé pour la mémoire, le présent du présent pour notre attention à l'actualité et le présent  de  l'avenir  pour nos attentes.

Belle découverte et bonne lecture à toutes et tous. 


Je suis né place de la Carra 

S'il est un endroit à Bouthéon que je connais bien, et auquel je suis resté très attaché, c'est certainement la place de la Carra.

Tout d'abord j'y suis né, et plus précisément dans une maison aujourd'hui disparue.  Maison qui se trouvait, jusqu'en novembre 2006, date à laquelle le pignon sud du bâtiment s'est écroulé, en bordure immédiate de la place.

Une place à laquelle actuellement, de plus en plus nombreux, sont ceux à lui découvrir pas mal de charme. Certains lui trouvant même, avec la présence des platanes, des jeux de boules, et les maisons plutôt bien entretenues qui l'entourent, un petit air provençal.

Mais naître en un lieu ne suffit pas à prétendre connaître celui-ci. En revanche pour ce qui me concerne, je peux me référer à sept décennies de souvenirs étant donné que depuis toujours j'ai fréquenté les lieux. Et parmi mes souvenirs les plus lointains, ceux qui parfois même un peu vagues remontent à la période où l'on est âgé de quatre, voire trois ans, plusieurs se rattachent à la Carra.

À partir de tous ces souvenirs je pourrais donc écrire pas mal de pages, mais là je doute fort qu'elles pourraient passionner de nombreux lecteurs. Je me limiterai donc à évoquer ceux qui peuvent intéresser parce qu'ils font partie de l'histoire locale  et même parfois très locale, ou bien comme avec le carnaval, raviver le souvenir de nos traditions.

Le nom de Carra n'est apparu dans les vieux documents qu'au cours du XIXe siècle, donc il semble être relativement récent, et probablement, ce qui reste tout de même une hypothèse, aussi intéressante soit-elle, en rapport avec la forme rectangulaire de la place, lorsqu'elle a eu fini de se constituer. En effet des constructions nouvelles, nouvelles pour l'époque car cela se situe vers 1850,  sont  venues  occuper  la  partie sud du lieu en transformant alors l'espace jusque-là ouvert en véritable place, complètement entourée de bâtiments.

Un plan de 1806, dit napoléonien, conforte cette thèse : des bâtiments occupaient déjà la partie nord, et ceux-ci, ou d'autres maisons encore plus anciennes les ayant précédés, étaient donc là au XVIIe siècle, appartenant aux  seigneurs  des  lieux  car le domaine du Château arrivait jusqu'à ce qui allait devenir par la suite la place de la Carra. C'est là d'ailleurs que se situait l'entrée principale de la résidence seigneuriale.

Une maison actuelle a conservé l'empreinte de cette entrée qui a été décrite comme étant constituée de deux murs en forme de demi-lune entourant l'accès proprement dit. Une photo aérienne  sur laquelle on distingue très bien un alignement parfait du puits Renaissance situé au centre de la cour d'honneur du Château, du portique, lui aussi Renaissance, d'accès à cette même cour et de l'ancienne entrée place de la Carra le montre de façon très explicite.


Boutheon - H. Guignard


Au début du XXe siècle, il existait encore une mare, à l'emplacement exact des jeux de boules actuels. Insalubre, un rapport relatif à l'hygiène établi en 1914, avant le début du conflit que l'on connait avec l’Allemagne, en fait état, elle a été comblée après la fin de la première guerre mondiale, c'est à dire au début des années vingt. Ma grand-mère arrivée à Bouthéon à la suite de son mariage en 1903 avec Jacques Baudet, qui appartenait à une famille implantée dans le village depuis déjà deux siècles et demi, en a parfois parlé.

Tout ce que j'en ai retenu c'est que cette mare n'était pas trop profonde mais suffisamment pour être dangereuse pour les enfants, qu'avec ses eaux stagnantes, elle constituait un endroit tout à fait adapté à la prolifération des moustiques et qu'elle était recouverte de lentilles d'eau. ]'ai retenu également que pendant la Grande guerre des soldats-infirmiers venaient laver des brancards qui avaient servi à transporter des blessés amenés pour soins et convalescence au Château voisin. On ne sait pas si cette mare avait une forme carrée ce qui pour­ rait aussi avoir été à l'origine du nom, carré se disant d'ailleurs carra en patois. Mais qu'il s'agisse de la mare, ou de la place qui a une forme rectangulaire, il existe certainement une relation avec l'aspect du lieu, Les anciens n' étant peut-être pas très regardants sur la différence entre un carré et un rectangle, dès lors qu'il existait aux quatre coins des angles droits, ou presque droits.

Le comblement de la mare avait donc créé une nouvelle surface et l'idée de l'utiliser pour jouer aux boules, avec du même coup la création d'un club de boulistes, s'était très vite concrétisée. À cela on peut encore ajouter la construction sur un terrain voisin, d’une cabane en bois destinée à s'abriter, à jouer aux cartes, et à mettre le matériel à l’abri. Par la suite, c'est à dire au tout début des années cinquante, on a construit un local en dur, et plus vaste. Mais la cabane est restée en place, jusqu1à nos jours.

Lorsque j'étais enfant, l'entretien de la surface de jeu était essentiellement assuré par Joannès Rivalier, surnommé, et on ne sait pourquoi «Babio ». Il occupait par ai leurs une fonction très utile pour la propreté de la commune de Bouthéon, celle de cantonnier. « Vieux garçon », il habitait avec sa sœur Louise, non mariée elle aussi, une maison située place de la Carra. De là il pouvait surveiller les lieux et intervenir dès qu'un intrus entrait dans cet espace presque sanctuarisé. Bien entendu tout vélo était interdit d'accès, de même que tout jeu nécessitant l'usage d'un ballon car ces activités étaient susceptibles de créer des creux ou des bosses sur le terrain et d'effacer les lignes, tracées au cordeau, sur le sol. Ces lignes délimitaient les trois surfaces organisées pour y pratiquer le «Jeu à la lyonnaise».

Cette présence du club de boulistes apportait un peu d'animation les samedis et dimanches après-midi, surtout par beau temps. Il y avait aussi une buvette où l'on trouvait différentes boissons dont de la limonade. Or ma grand-mère, voisine immédiate du lieu, adorait boire à l'occasion un verre bien frais de cette boisson gazeuse. Certains dimanches d'été, au cœur de l'après-midi, après avoir fait le constat qu'il faisait très chaud, en déclarant en patois « 0 fa ina chalou! », ce qui se traduit par « Il fait une de ces chaleurs! », elle me chargeait alors d'aller acheter une bouteille de limonade, et même parfois deux si nous étions nombreux et très assoiffés. Les bouteilles étaient en effet très fraîches car refroidies par de gros pains de glace déposés dans de grandes bassines. À une époque où les gens ne possédaient pas encore de réfrigérateurs, se faire livrer de gros pains de glace était un moyen pour disposer, pendant deux ou trois jours, de boissons fraîches en plein été. Et j'entends encore ma grand-mère déclarer ensuite avec satisfaction, en buvant sa limonade, et toujours en patois : « Oua que voié fraille! » ce qui signifie « Qu'est-ce que c'est frais!».

On ne peut évoquer la Carra sans rappeler le carnaval qui avait lieu chaque année le soir du Mardi gras. Il a existé jusqu'au milieu des années soixante. Il faut préciser que jusqu'à cette époque, on trouvait encore pas mal de haies, notamment dans les Chambons. Pendant la période hivernale, les paysans élaguaient ces haies et laissaient les branches ainsi coupées sur place.

C'est alors qu'intervenaient les enfants âgés de huit à environ treize ou quatorze ans. Moi aussi j'ai participé à cette activité et je peux donc en parler. Avec des petites charrettes qu'ils tractaient à la seule force de leurs bras, les enfants transportaient ces branchages notamment par la Côte noire particulièrement difficile à monter. Ils ramenaient tout ce matériel combustible place de la Carra, où il s'entassait au fil des semaines dans cette partie située au nord des jeux de boules en attendant le jour, ou plutôt le grand soir.

Donc le « grand soir » arrivé, le feu était allumé vers dix-neuf ou vingt heures et cela durait jusque vers onze heures ou minuit. Il s'arrêtait lorsqu' il n’y avait plus rien à brûler. Mais certaines années où la collecte de branches avait été particulièrement abondante, il en restait une certaine quantité. Alors il y avait un « remake » le dimanche soir qui suivait, c'est à dire à l'occasion du dimanche des Brandons qui marque le premier dimanche du Carême.

Pour ce feu principal du Mardi gras, les gens venaient très nombreux, bien qu'avec quelques décennies de recul, je ne pense pas que l'affluence n'ait jamais dépassé les deux cents personnes, ce qui était tout de même pas mal pour une place déjà occupée par l' emplacement du feu et les branchages à brûler. Les enfants étaient déguisés et portaient des masques, certains adultes aussi. Beaucoup de pétards également. On faisait la ronde autour du feu, en chantant des chansons légères tout en restant dans la décence et des chansons dites « à boire ». Car ça buvait aussi, et pour quelques-uns, même pas mal. Certains hommes jeunes et vigoureux prenaient parfois leur élan pour réaliser un saut au travers des flammes, ce qui était tout de même risqué surtout pour ceux qui avaient déjà « sifflé quelques canons de vin».

De nos jours, faire un feu de cette importance sur une place au milieu des maisons serait interdit et scandaliserait les« défenseurs de l'environnement ». D'ailleurs à chaque fois où le foyer était alimenté, c'était une gerbe d’étincelles qui s'élevait dans le ciel noir de la nuit, et certaines retombaient un tout petit peu sur les gens présents, mais aussi de temps en temps sur les toits des maisons riveraines. Heureusement, il n’y a jamais eu d’accidents; mais les limites de sécurité même moins drastiques qu'aujourd'hui, étaient allègrement franchise, et encore plus lorsqu'il y  avait du vent.

Le lendemain, jour du Mercredi des cendres, celles-ci étaient encore rougeoyantes et donc très chaudes. Il fallait attendre le jeudi pour voir certaines personnes venir les récupérer car issues de la combustion du bois, elles étaient recherchées. Recherchées parce qu'utilisées dans la conservation des jambons et saucissons. La conservation dans la cendre de bois évitant de trop saler et constituant un bon mode de conservation pour ce type d'aliments.

Dans ma jeunesse, cette surface était en général libre et de temps en temps (peut-être une ou deux fois par an, mais pas plus) des petits cirques y faisaient étape et restaient quatre ou cinq jours. On voyait alors arriver des roulottes, tractées par des chevaux, servant d'habitation aux gens du voyage, lesquels dressaient un petit chapiteau pour donner des spectacles. Peut-être était-ce d'ailleurs toujours les mêmes qui de façon cyclique revenaient à intervalle régulier, mais je ne me souviens pas de ce détail. Pas de fauves et de dresseurs, mais plutôt quelques singes, des chiens dressés, une chèvre savante, des poneys et côté humain, des clowns, des jongleurs ou des illusionnistes, rôles tenus par les mêmes personnes car ils n'étaient pas extrêmement nombreux. Ils avaient tout de même un certain talent.

Ces gens allaient également couper des plantes sauvages de la famille des osiers sur les bords de la Loire. Et avec cette matière première, ils fabriquaient des paniers que leurs femmes, en faisant du porte à porte, vendaient ensuite assez facilement aux habitants de Bouthéon qui les trouvaient d’excellente qualité.


Il y avait deux fermes place de la Carra : celle d’Antoine Perrin, au Nord de la place, en limite avec le parc du château, dont l'activité s'était alors recentrée sur le maraîchage et la ferme Baudet au Sud, plus traditionnelle, mais avec seulement quatre puis trois vaches.

Cette activité qui revenait à ma grand-mère et à son fils Gabriel que tous les Bouthéonnais  appelaient  Biel, incluait un petit commerce de lait à la ferme.

Contrairement à d'autres surnoms qui étaient parfois dévalorisants, ce surnom ou plutôt ce diminutif de Biel dérivait de son prénom car lorsqu'il était jeune enfant il prononçait «Gabiel» au lieu de Gabriel. Dès lors, qu'on l'ait appelé Biel ne lui déplaisait pas. Pour la petite histoire Biel se prononçait en deux syllabes c'est-à-dire« Bi-yèl ».

Donc pour revenir à cette activité lait à la ferme, ma grand-mère fabriquait aussi quelques molettes de beurre et des fromages qu'elle vendait frais, ou secs après les avoir fait sécher extérieurement, à l'abri du soleil et dans un lieu ventilé, disposés sur les rayons d'une cage spéciale suspendue et équipée d' un grillage extrêmement fin qui assurait la protection contre les insectes rampants ou volants, sans empêcher la circulation d'air.

La traite ayant lieu chaque jour vers dix­ huit heures, les clients arrivaient ensuite vers dix-huit heures trente ou dix-neuf heures chercher du lait frais, une biche à la main, pour le transporter. On peut rappeler que la biche à lait était un petit récipient, généralement en fer blanc, muni d'une anse, et d' une capacité d' environ deux litres. Ces clients venaient essentiellement du quartier : Carra, Tilleul et comme les sœurs Dévant, quartier de l'église. Le curé Richard ou sa mère, celle-ci ayant résidé longtemps à la cure avec son fils, en faisait aussi partie. Et lorsque ça n'était pas encore prêt, toutes ces personnes discutaient en attendant le moment d’être servies. C’était donc un point de rencontre sympa, et je pense, apprécié.

Juste une précision concernant la traite. Le lait fraîchement issu du pis des vaches, apparaissait toujours comme recouvert d'une fine couche de mousse blanche. On disait alors que c'était du « lait bourru ». Une filtration rapide au travers d’une étoffe propre  suffisait pour lui redonner l'aspect habituel du lait. C'était du lait entier, contenant tous ses éléments notamment les matières grasses, et qui étant donné l'absence de réfrigérateurs chez la plupart des gens, était à consommer rapidement. Les vaches nourries uniquement avec de l'herbe, du foin et des betteraves fourragères en hiver, donnaient du bon lait.

Quant à l'autre ferme dont l'activité était devenue  essentiellement maraîchère, je me souviens d'un détail: Antoine Perrin, dit  «  Tatane », exploitant agricole qui l'occupait, était également chargé par ses collègues de la protection contre la grêle. Cela consistait à envoyer dans les nuages de petites fusées censées empêcher la formation des grêlons. Ce qui fait que lorsque de gros nuages  noirs  menaçants  s'accumulaient au-dessus de Bouthéon et de ses terres cultivées, on le voyait alors partir en trombe, au volant de sa camionnette en direction des lieux à protéger, c'est-à-dire les Chambons. Quelques minutes plus tard on percevait nettement, depuis le village, le bruit des fusées qui éclataient au milieu des nuages.

Je n’ai jamais vu de commerces place de la Carra. Il y avait cependant Morin qui « faisait » les marchés du secteur où il vendait essentiellement des tabliers confectionnés à domicile par son épouse et une ou deux autres couturières locales travaillant elles aussi à leur propre domicile.

Et puis, voisin d'Antoine Perrin, il y avait dans la maison occupée maintenant par l'Atelier des arts, la menuiserie de Jean Imbert. Celui-ci, tourneur sur métaux de formation avait succédé à son beau­ père Ferdinand Michon en reprenant à son compte la menuiserie artisanale de ce dernier. Il avait même, au plus fort de son activité, deux ou trois employés, dont Claudius Clapeyron, dit« Dudu ». Je me souviens bien de lui. Il était d'ailleurs un excellent menuisier. De taille moyenne, son front, agrandi par une calvitie précoce était très souvent recouvert de perles de sueur, même lorsqu'il ne faisait pas chaud. C'était un personnage discret et modeste,  en  quelque sorte un brave type.

Accessoirement à cette activité principale qu'était la menuiserie, on trouvait chez Imbert des vitres pour remplacer celles qui étaient cassées. Il pouvait les découper suivant les dimensions demandées.

Mais ce qu'on retient surtout de Jean Imbert, c'est qu'il a été maire de Bouthéon de 1953 à 1965, jusqu'à l'union avec Andrézieux, que lui, stéphanois de naissance, a réalisé avec le maire d'Andrézieux, le lyonnais Pierre Desgranges; ce dernier était né dans le sixième arrondissement de Lyon en janvier 1898.

Il manifestait, et cet aspect a été un peu oublié, un rejet total pour la pratique du sport, considérant que les activités sportives ne pouvaient convenir qu'aux oisifs. D'où une certaine incompréhension avec la jeunesse d'alors quand elle demandait à la municipalité, en fait au maire, un tout petit effort en matière d'équipements sportifs, lesquels a proprement parler n’existaient pas du tout à Bouthéon, et même pas à l'état de promesses...

Le portrait de Jean lmbert figure maintenant et depuis quelques années déjà sur la façade Est du bâtiment qui abrite les salles «du Tilleul » essentiellement réservées aux associations. Il y figure en compagnie d'un autre Bouthéonnais qui a marqué lui aussi son époque, le Curé Charles Richard, d'ailleurs également, et tout comme Jean Imbert, stéphanois de naissance. Tous deux ont le regard dirigé vers la place de la Carra voisine sur laquelle ils semblent veiller. Ces deux portraits ont été réalisés en 2010 par Serge Tziganov, un artiste d'origine russe établi à Saint-Étienne.

Témoignage écrit par Henri Guignard - Septembre 2018

Posté le 16-02-2020 13:52 par Jimre

Vidéo de Couzan

Survol de la forteresse medievale de Couzan avec un drone.

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Posté le 01-07-2019 21:31 par Jimre

Sury le Comtal

Armorial de Revel château de Sury le Comtal d'après les sources

Sury le Comtal était un des lieux de résidence des comtes de Forez. Leur château est mentionné dès le XIe siècle. Il fut en 1239 le théâtre d’une tragédie, « La danse de Forez », une fête qui s’est terminée par une catastrophe.

Devenu propriété des rois de France, François Ier, puis Henri III et Henri IV y séjournèrent.

Vendu à des particuliers en 1609, il fut profondément remanié et somptueusement décoré au XVIIe siècle.

Malheureusement, en Janvier 1937, un incendie détruisit l’aile Nord dont il ne subsiste qu’un pan de mur.

Ce qui en restait a été restauré et peut être visité, le château et le site étant aujourd’hui classé.

Sur la maison qui fait l’angle de la rue et de la place, on peut observer une statue de la Sainte Vierge. Le culte de Marie est très présent à Sury et on trouve de nombreuses statues de la Vierge, qui ont été élevées au rang de « Gardiennes de la cité ».

La ville possède aujourd’hui une  église dédiée à Saint André, construite pour l’essentiel au XVe siècle. Une autre église existait dès le XIIIe siècle, qui est aujourd’hui la chapelle du cimetère dédiée à Saint Etienne.

On trouve dans la ville la porte du cloître, sans doute ouverte dans la première enceinte de la ville au XIIe siècle et modifiée aux XIVe et XVe siècles. Elle faisait communiquer les maisons, granges et celliers, construits dans l’enceinte du château avec le village établi contre cette première enceinte 

On trouve aussi la maison du Saix, qui se trouve en face de la porte . Cette maison comporte une tourelle, elle est datée du XVe siècle. Son nom vient du nom de son premier propriétaire connu

La porte et les maisons adjacentes sont propriété de la commune. Une de ces maisons est la maison natale d’Antoine Blanc, premier évêque de la Nouvelle Orléans.


Source:

- Panneaux situés dans le village

Représentation de Sury Le Comtal dans l'Armorial de Revel (Bnf, fr. 22297, p. 463)


Photos:

- Jimre (2018)


Posté le 14-09-2018 09:48 par Jimre

Videos d'Urfé

Des images aériennes des "Cornes d'Urfé" réalisées par drone:

- Vidéo partie 1

- Vidéo partie 2


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Posté le 08-05-2018 16:56 par Jimre

Videos

Des images aériennes du château de Donzy, près de Feurs, dans la loire, réalisées par drone.

Une autre vidéo de Donzy de réalisée par Jean-Paul PACORET.

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Posté le 08-04-2018 13:59 par Jimre

Rochetaillée

Château mentionné dès 1173, représentant une défense de l'accès au Forez. Assiégé et dévasté durant les Guerres de Religion, il est restauré fin XVIe puis, dès 1812, est démantelé. 

C'est un château féodal ancré sur un bloc de quartz et en forme de polygone, flanqué à l'origine de quatre tours, dont il ne reste plus que trois aujourd'hui. On peut également voir une barbacane datant des XVe-XVIe siècles et un ancien puits ou citerne.

La localisation de ce château n'est pas un hasard car le précipice le rendait inaccessible du coté Nord. 

On dit que ce château est à "limite du partage des eaux d'Europe" ou que son toit "versait l'eau de pluie dans les 2 mers " car le Janon est un affluent du Rhône et le Furan se jette dans la Loire( le Furan coule du côté Sud du village et se perd dans l'Océan, le Janon du côté Nord aboutit vers la Méditerranée). 

Représentation du château au XVIe siècle


Repères historiques, une histoire tumultueuse

En 1173 : la "permutatio", première mention du château, limite les biens de l'archevêque de Lyon Guichard et ceux du propriétaire le Comte du Forez. 

En 1195, la deuxième mention apparaît dans le mandement de Rochetaillée lors d'une donation de biens à l'abbaye de Valbenoite. 

Au XIIIe et XIVe siècles le château dépend des Jarez, vassaux du comte du Forez, puis des De Lignière, des De Gaste de Lupé et enfin des Arthaud de Saint Germain. 

Le château tombe aux mains du capitaine calviniste Sarras en octobre 1562. Il est repris en 1589 par les ligueurs Jacques Mitte de Chevrières et Anne d'Urfé après un siège de 19 jours. 

Au XVIIe siècle, le château passe aux mains de la famille Badol de Forcieu, suivit de Jacques Bernou de Nantas (vers 1668) et enfin de M. le Baron de Rochetaillée (vers 1812) qui à la fin de la Révolution possède des biens qui enserrent la ville de Saint-Etienne. 

Au XIXème siècle, de nombreuses pierres sont vendues. En 1880, l'incendie du château de Nantas où étaient conservées les archives nous privent de l'histoire des cessions. 

Le château est désormais propriété de la ville de Saint-Etienne.


Sources:

- Site piganl.net avec de très belles cartes postales anciennes. Je reprends juste ci-dessus la photo du panneau visible sur le site. Pour les cartes postales, un petit clic sur le site s'impose... ;-)


Photos:

- Jimre (2010)

Posté le 13-01-2018 09:24 par Jimre

Bouthéon

L’histoire du château de Bouthéon est complexe et peu de témoignages nous sont parvenus.

Cet édifice reste néanmoins l’un des témoins majeurs de l’histoire du Forez. 

                            Chateau_vue aerienne_ouest

Le nom du château de Bouthéon apparait pour la première fois au XIIe siècle mais le site est déjà connu dès l’époque romaine. Il fut certainement choisi pour des raisons stratégiques comme le contrôle de la Loire et de la plaine du Forez. Les galets de la Loire et le grès houiller font partie des éléments qui ont servi pour la construction du château. 

Au Moyen Age, le château possède un plan simple mais en véritable château fort, le château de Bouthéon doit déployer tout un arsenal défensif. Il est composé d’une tour donjon enchâssée dans un robuste rempart surplombant des fossés secs. A l’ouest, on préfère utiliser la pente naturelle du terrain pour la défense.  Au fil du temps, le donjon se transforme en corps de bâtiment qui s’ouvre par un pont-levis vers la poterne du village. Cette aile a conservé ses volumes originels, excepté l’adjonction au XIXe siècle d’une serre à l’angle sud-ouest. En 1423, le donjon est toujours occupé, car nous savons que l’on y organise les noces de Jeanne de Joyeuse et de Gilbert III Motier de La Fayette, Maréchal de France, héros de la guerre de Cents Ans, propriétaire du château de 1423 à 1463.

A l’extrême fin du XVe siècle, Mathieu de Bourbon devient le nouveau propriétaire du château. Il abandonne l’aile médiévale pour se faire bâtir une aile plus confortable au nord. De part et d’autre de cette aile, il fait aménager des tours, dont subsiste la plus belle à l’ouest. A chacun des étages, on aménage des appartements privés desservis par un escalier à colimaçon indépendant. Chaque appartement se compose d’une pièce, d’un petit oratoire et d’un cabinet d’aisance. Une attention toute particulière a été apportée au décor d’inspiration médiévale. D’élégantes voutes d’ogive ornent les embrasures des fenêtres et nous rappellent par de multiples blasons l’importance des propriétaires du lieu. La cour est agrémentée d’une galerie couverte ouvrant sur la plaine, dont l’escalier d’accès est encore visible. C’est également à la fin du XVe siècle que l’on construit un pont à l’est.  Ne restent de cette époque que le monogramme de Mathieu de Bourbon et le décor sculpté. 

En 1561, la famille de Gadagne rachète le château. Guillaume de Gadagne offre à la cour du château un nouveau décor, empreint d’italianisme et de théâtralisation de l’espace. Le mur est est démoli et la façade de l’aile sud décorée, un portique à l’entrée et un puits sont créés. Sur l’aile nord, seule une première porte à fronton triangulaire est réalisée.

A partir du XVIIe siècle, les propriétaires ne semblent pas avoir apporté de modifications significatives, du moins sur les façades du château. Les fossés sont comblés, certains éléments disparaissent, la tour sud-ouest, la galerie de la cour d’honneur, mais également l’ensembles de aménagements intérieurs de l’aile nord. 

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que le château de Bouthéon retrouve un peu de son éclat. Claude Coignet*, riche rubanier stéphanois, devient propriétaire du château le 26 mars 1878, succédant ainsi à la famille Thiollière qui vendait le château*, et entreprend de nombreux travaux de restauration portant essentiellement sur l’aile nord. Un escalier d’honneur est créé, une chapelle un grand salon et une salle à manger sont aménagés. L’ensemble est inspiré du style néo-gothique cher à Viollet le Duc et Prosper Mérimée. Une serre est ajoutée sur l’aile sud.

Au XXe siècle, le château de Bouthéon est encore possédé par les descendants de Claude Coignet jusqu'en 1938. Il a donc ensuite été acheté le 4 mai 1938 à la famille Coignet Calemard par les Hospices civils de St Etienne*, et, comme de nombreux monuments historiques, il a été transformé en hospice, logement de réfugiés, habitations…

En 1995, la commune d’Andrézieux-Bouthéon en fait l’acquisition et après 12 ans de restauration, le château ouvre ses portes au public en 2007. On y trouve aussi un parc animalier et botanique sur 12 hectares.

Boutheon Vieux quartier et CDB 6


Sources:

- Panneaux situés autour du château

*: Merci à Mr Henri Guignard, qui nous a contacté pour un problème au niveau du prénom de Mr Coignet, acheteur du château en 1878, et nous a également fourni des informations supplémentaires,. Mr Guignard travaille actuellement sur l'histoire du château, et notamment sur l'histoire de la famille Gadagne qui a possédé les lieux de 1561 à 1793.

Il nous indique: "Les responsables de la ville d'Andrézieux-Bouthéon, et le groupe de travail chargé d'améliorer la bonne dénomination des rues, ont enfin reconnu le problème posé par la rue Coignet et y ont apporté la correction qui s'imposait . En effet le prénom Charles avait été associé par erreur, il y a quelques années déjà lors de la création de la rue, au nom de ce rubanier stéphanois, acquéreur du Château de Bouthéon en 1878.

A l'occasion de la Fête du Patrimoine 2019, Coignet a retrouvé, sur une nouvelle plaque qui vient d'être apposée, son véritable prénom qui était Claude.

De façon intelligente, il a été décidé que pendant environ un an, et afin de permettre aux gens de s'habituer à ce changement, les 2 plaques coexisteront."

Photos:

-Jimre (2016)

- H. Guignard (Un grand Merci pour les magnifiques vues prises d'avion, insérées dans l'article et dans nos bases de photos, château ci-dessous et défilement aléatoire en page d'accueil)

Posté le 13-11-2016 11:54 par Jimre

Couzan

Abandonnées depuis plusieurs siècles, la forteresse médiévale de Couzan et la chapelle romane Saint-Saturnin ont été cédées à La Diana en 1931. Devant faire face à une situation critique, la société y entreprend alors d'urgents travaux de restauration et en assure la sauvegarde grâce à une souscription lancée auprès de ses membres. Perché sur son éperon rocheux, Couzan est sans doute l'exemple le plus saisissant de l'architecture militaire défensive du Forez médiéval. Fondée vraisemblablement au milieu du XIe siècle par les sires de Semur-en-Brionnais, la forteresse fut agrandie tout au long du Moyen Âge par leurs descendants les Damas.



Source:

- site guide-tourisme-france.com


Posté le 18-09-2016 16:44 par Jimre

Chalmazel

Le château des Talaru

Quand le dernier des Talaru, en 1850, lègue le château aux religieuses de Chalmazel, le château familial, le cadeau est empoisonné... Cette maison forte, établie en 1231 et fortifiée au XIVe et XVe siècles puis agrandie et décorée au XVIe siècle, avait été délaissée pour celui de Saint Marcel de Félines depuis 1640. Pillée, délabrée, la forteresse perchée sur une pente raide des "montagnes du Soir" n'en deviendra pas moins un pensionnat jusqu'en 1972.

Représentation du château de Chalmazel d'après les sources

Elle a depuis été largement restaurée, avec son chemin de ronde à mâchicoulis et sa cour à galerie Renaissance, sur laquelle ouvrent une grande salle et la cuisine. Sans oublier la chapelle aux fresques peintes et le souterrain, plus souvent employé pour aller chercher l'eau que pour fuir l'ennemi!


Sources:

- site des Journées du Patrimoine 2016

- livre "500 châteaux de France, un patrimoine d'exception" de Josyane et Alain Caissagne, textes de Sophie Bogrow, éditions de La Martinière.

- Source fournie par Nano.M pour l'illustration: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2014)


Posté le 18-09-2016 16:36 par Jimre

Marcilly le Chatel

Historique

La fondation du château de Marcilly remonterait au début du 11e siècle. En 1167, le roi Louis VII cède au comte de Forez Guy II ses droits régaliens sur ce château qui devient une importante châtellenies comtale. Pris par une bande de mercenaires en 1366, le château est réparé en 1382. Il est représenté avec ses deux enceintes dans l'Armorial du Forez de Guillaume Revel. La forteresse est en ruine dès la fin du 16e siècle. En 1827, seule la " masure de la chapelle Sainte-Anne " (dont l'existence est mentionnée dans la 2e moitié du 17e siècle) est notée par le cadastre. En 1872, Hippolyte de Sauzéa, héritier d'une famille de soyeux stéphanois, rachète le site et lance la construction d'une nouvelle forteresse sur l'emplacement du château dont ne subsistent que certaines parties de l'enceinte et l'étagement de l'assiette en cour haute et cour basse. La chapelle Sainte-Anne est reconstruite en style néogothique. A la mort de Sauzéa, le château retourne à la ruine. La réhabilitation du site débute en 1967 grâce à un groupe d'habitants de Marcilly qui s'associent propriétaire (Société Agricole des Geais) dans une Société Civile Immobilière. Le château est déblayé et les remparts sont consolidés mais la chapelle s'effondre presque entièrement en 1975 ; il reste la façade. La Volerie du Forez (élevage et démonstration publique de vols de rapaces) occupe l'enceinte depuis 1988.

Description

Le château occupe une position stratégique sur une butte basaltique qui domine la plaine du Forez au milieu du coteau. La reconstruction du château par Sauzéa s'est faite en dépit de toute considération archéologique, mais on lit encore l'organisation type d'un château fort composé d'une première enceinte formée de tours reliées par une courtine, protégeant la basse cour où passe, à l'est, une gaine défensive, et entourant une seconde enceinte autour du donjon et de la chapelle. Les parties les plus anciennes sont en appareil mixte de moellons de granite et de basalte (joint maigre). Les deux tours reconstruites au 19e siècle sont du même appareil, mais d'un diamètre très important et percées de baies en arc brisé. Les encadrements des ouvertures sont en briques (portail, fenêtres des tours). La seconde enceinte (restituée), la gaine et une partie des rampes aménagées par Sauzéa, sont en appareil irrégulier de moellons de basalte. L'autre partie est appareillée en pierres sèches. La chapelle et les appartements ont des encadrements de baies, contreforts et décors en pierre calcaire. Dans le dernier quart du 20e siècle, on a consolidé l'ensemble des vestiges .


Source:

- Site patrimoine.rhonealpes.fr

Posté le 18-09-2016 13:10 par Jimre

Pouilly les Feurs

Le début de la construction des murs de la ville peut être situé aux environs de 1385. L'enceinte fortifiée était composée de hautes murailles, percées de meurtrières, et de dix tours dont une carrée dite arsenal. 9 tours sont encore visibles en totalité ou en partie, ainsi que les remparts même s'ils sont enclavés dans des cours ou des maisons. Seule la dixième tour a été entièrement démolie. On entrait dans la cité par 2 portes principales : au nord la monumentale porte dite du Buis aussi appelée Damas (car face à l'Orient) ou d'en Haut. Elle a été entièrement restaurée en 2001. Au sud, moins majestueuse mais tout aussi fière d'allure, est située la porte d'en bas ou de la Rivière appelée ainsi car elle ouvrait en direction de Feurs par un pont sur le ruisseau la Vesne. On trouvait aussi la porte du Vent qui a été démolie vers 1930 car elle ne permettait pas le passage des chars de foin.


Sources:

- Site sur les Journées du Patrimoine 2016

Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 16-09-2016 19:33 par Jimre

Bellegarde en Forez

Le nom donné au château de Bellegarde, aussi bien que sa situation à l'entrée de l'étroite vallée d'Anzieu,nous révèlent que, de bonne heure, ce lieu fut fortifié pour commander la route la plus suivie de Lyon à Montbrison

Dès le jour où les comtes de Forez se fixèrent dans cette dernière ville, cette position stratégique ne pouvait échapper, en effet, à leur attention. 

Non seulement ils élevèrent à Bellegarde un château-fort, entouré  d'une enceinte continue, qui enveloppa a la fois la forteresse et le village bâti a ses pieds, mais ils firent construire encore, de l'autre côté de la vallée, sur une sorte de poype, qui domine aujourd'hui la voie ferrée et affecte la forme d'un tumulus, une tour, détruite depuis de longues années, qui vint compléter le système de défense de l'entrée du défilé.

Les comtes de Forez, auxquels appartenait aussi le château-fort d'Iseron, occupaient ainsi les deux points extrêmes du plateau des montagnes du Lyonnais.

Et l'on comprend aisément combien ces deux postes fortifiés facilitaient leurs relations avec Lyon, dont ils ne furent chassés définitivement qu'à la fin du XIIe siècle, après une lutte des plus vives avec les archevêques de cette ville.

Quand le traité de 1173 vint consommer à jamais la séparation du Forez et du Lyonnais, les comtes de Forez durent abandonner Iseron, cette forteresse si menaçante pour Lyon que la légende de Saint-Taurin l'appelle une "sorte de clou enfoncé dans les yeux de cette cité"; mais Bellegarde demeura en leur pouvoir. 

Toutefois, construit surtout pour surveiller un passage très fréquenté, ce château ne fut point une des résidences habituelles des comtes de Forez, comme Sury-le-Comtal et Cleppé

Aussi s'en dessaisissent-ils volontiers pour le donner en apanage à leurs fils puînés. Puis, quand cette terre fait retour au domaine comtal, ne retrouve-t-on à Bellegarde qu'un prévôt et un châtelain, entre les mains desquels réside le pouvoir administratif et judiciaire.

Mais les souvenirs historiques sur Bellegarde sont rares à l'origine et ne remontent pas au-delà du commencement du XIVe siècle. Nous voyons ainsi qu'au mois de juin de l'année 1305, un nommé Durand de l'Orme (de Ulmo), de Cotacer, avec Jean et Martin, ses fils, reconnaissent être taillables et exploitables du comte de Forez, comme le sont, dit l'acte de foi et hommage, les autres habitants de la seigneurie de Bellegarde et qu'ils sont tenus de lui bailler un homme armé, quand il voudra aller en guerre. 

En outre, les mêmes vassaux déclarent devoir chaque année au comte une livre de cire, pour droit de garde, à cause d'une maison qu'ils possèdent a Bellegarde.

Quelques années plus tard, le 3 juillet 1317, nous voyons encore Jean, comte de Forez, céder à Girin du Pinet, damoiseau, possesseur d'une terre voisine, située sur la paroisse de Maringes, plusieurs droits de cens dans le mandement de Bellegarde, en échange des hommes, cens et rentes que ce dernier possédait dans les mandements de la Roue et de Monpeloux (on parle de Monpeloux ou Montpeloux ici). 

C'est aussi à la même époque que la terre de Bellegarde fit partie de l'apanage constitué, par le comte Jean, en faveur de son fils puiné, Renaud, dans le contrat de mariage de ce dernier avec Marguerite, fille de Philippe, duc de Savoie. En effet, dans cet acte, qui porte la date du 10 juin 1314, le comte de Forez fait donation à son fils, non-seulement de la succession d'Alix de Viennois, mère dudit Renaud, mais encore d'une somme de 2.000 livres tournois de rente annuelle, hypothéquée sur les châteaux et mandements de Bellegarde, Saint-Germain-Laval, Souternon, Bussy, Cleppé et Fay, pour servir de garantie aux reprises des 14.000 florins d'or que Philippe de Savoie avait donnés en dot à sa fille Marguerite.

Ce n'était là qu'un simple droit de rente constitué au profit de Renaud, sur ces diverses terres. Mais dans son testament, en date du 16 Août de la même année, le comte Jean compléta sa libéralité en léguant a son fils les terres et châteaux de Bellegarde, Malleval, Rocheblaine, Saint-Germain-Laval, Bussy, Cleppé et Fay (Lafay?).

Il est vrai que le comte Jean semble être demeuré, pendant plusieurs années encore, en possession de la terre de Bellegarde, comme nous l'apprend un acte de foi et hommage, rendu le 11 décembre 1328 par Robert du Pinet, de Pineto, damoiseau, fils et héritier de Girin du Pinet, pour des maisons et des vignes situées dans le château et le mandement de Bellegarde et pour d'autres biens situes à Maringes.

Mais le comte Jean se dessaisit réellement de toutes ces terres, tout au moins en 1329, car le 7 mars de cette même année, nous le voyons recevoir l'hommage de Renaud, pour les châteaux et villes de Bellegarde, Saint-Germain-Laval (y compris la partie acquise par Jean d'Artaud de Saint-Germain), Souternon, Bussy, Cleppé, Fay et Rocheblaine, à l'exception du fief qu'il devait, à Cleppé, à l'abbé de l'Île-Barbe.

Cet hommage démontre bien que Renaud avait été mis réellement en possession de toutes ces terres.

Toutefois, après la mort du comte Jean de Forez, arrivée le 3 juillet 1333, l'exécution de son testament semble avoir donné lieu à de sérieuses difficultés entre Renaud et son frère aîné, Guy, comte de Forez. 

Car lorsque, par un acte du 11 novembre 1335, ce dernier reconnut l'existence de la rente de 2.000 livres, établie au profit de Renaud, dans son contrat de mariage avec Marguerite de Savoie, sur les terres et mandements de Rocheblaine, Malleval, la Voulte, Fay et Bellegarde, Renaud se plaignit de ce que ces terres, à lui léguées par son père, ne produisaient pas 2.000 livres de rente. Guy soutint, au contraire, qu'elles étaient de plus grande valeur.

De là un débat qui ne fut tranché que par une sentence arbitrale du 3 décembre 1336, suivie d'une transaction du 23 janvier 1337, par laquelle il fut convenu que pour assurer à Renaud les 2.000 livres de rente auxquelles il avait droit, les châteaux et seigneuries de Bellegarde, Rocheblaine, Malleval, Fay, Cleppé, Bussy, Souternon et la maison de la Voulte lui appartiendraient à perpétuité, sans que Renaud pût réclamer rien de plus, mais que le château de Saint-Germain-Laval, ou du moins la partie qui appartenait au feu comte Jean , demeurerait la propriété du comte Guy et de ses héritiers.

C'est ainsi que Renaud fut effectivement mis en possession, à titre d'apanage, des terres que nous venons d'énumérer. Mais Renaud mourut en 1369, et comme de son mariage avec Marguerite de Savoie il n'avait eu qu'un fils, Thomas, mort en bas âge, toutes les seigneuries qu'il avait reçues de son père retournèrent, à sa mort, au domaine du comté de Forez.

Désormais, Bellegarde ne fut plus que le siège d'une châtellenie, où fut installé un capitaine châtelain, dont la principale fonction était de rendre la justice de première instance, mais qui était chargé, en outre, de la défense du château et de percevoir les revenus du domaine particulier du comte.

C'est ainsi qu'en 1394, nous voyons Artaud de Boisvair, écuyer, nommé châtelain et capitaine des châteaux et châtellenies de Sury-le-Bois et de Bellegarde au lieu et place d'Etienne Burcadel.

A côté de ce fonctionnaire existait aussi un prévôt, chargé de pourvoir aux travaux de réparation et d'entretien des châteaux de la châtellenie, et de recueillir les redevances de toute nature, dues aux comtes de Forez : cens, abenevis, amendes, droits de péage, leyde, dîmes, tailles, etc., payés par les vassaux et les censitaires.

On conserve encore, aux archives de la Loire, les comptes rendus par quelques-uns de ces prévôts et notamment par André Valançon et Grégoire Clavel, prévôts de Bellegarde de 1383 à 1403. Nous apprenons ainsi qu'il fut fait des réparations pour une somme de deux francs, au donjon de Bellegarde, en janvier 1383.

Cette somme peut nous paraître bien minime ; mais nous trouvons dans le même document des renseignements très précieux sur la valeur comparative des monnaies de cette époque avec celles de nos jours. Ainsi, dans une période de 20 années (1383-14o3), nous voyons que le prix du seigle varia de 16 à 22 sous le sestier (le sestier forézien représentant une contenance de 16 bichets, c'est à dire de 530 litres environ), et celui du vin de 6 sous 3 deniers à 7 sous 6 deniers l'ânée (une ânée de vin représentant 1 hectolitre environ). A la même époque, un agneau valait 2 sous 6 deniers, un lièvre 2 sous, un lapin 2 sous, une poule 12 deniers, la peau d'un cheval 2 sous 6 deniers, une serrure en fer et sa clé 5 sous.

Ces chiffres nous permettent aussi d'apprécier l'importance de certains impôts assez fréquemment perçus à cette époque. Dans une contribution de 1.000 francs imposée; par feux, dans la province du Forez, au mois d'août 1387, pour tenir gens d'armes et chevaucheurs, chargés de résister aux ennemis, qui souvent venoient audit pays de Forez, les hommes de Bellegarde sont taxés à la somme de 10 francs, ce qui représente bien tout au moins 3oo francs de la monnaie actuelle.

Aucun autre fait intéressant n'est à signaler dans cette longue période, pendant laquelle Bellegarde fut confondu avec les autres possessions des comtes de Forez, et ce n'est que plus d'un siècle après que le nom de cette seigneurie reparaît dans nos annales, au moment où Anne de France et le connétable de Bourbon, son gendre, vendent la terre et seigneurie de Bellegarde à messire Guillaume de Bron, chevalier, seigneur de la Liègue, pour le prix de 4.000 livres. Cette vente, qui porte la date du 2 Septembre 1521, fut ratifiée par madame la connétable, Suzanne de Bourbon, le 2 Octobre suivant.

Désormais l'histoire de ce fief va se confondre avec celle des familles qui l'ont possédé jusqu'à nos jours.


Source:

- Les vieux Châteaux du Forez. Bellegarde et la Liègue. Étude historique, par M. A. Vachez,.... 1882 sur Gallica.

Posté le 19-01-2016 20:05 par Jimre

Saint Victor sur Loire

Les pierres à bassin creusées artificielles au hameau de Condamine et les murets de pierre sèche du plateau de la Danse attestent d'une occupation ancienne des lieux. Le village domine la vallée encaissée de la Loire et offre un beau point de vue sur Chambles et Essalois, de l'autre coté du fleuve.

Une route permettait de relier Lyon à saint Victor sur Loire par Tarare et Francheville.

La première mention écrite du lieu remonte au XIe siècle et concerne l'église romane Saint-Victor, donnée par l'archevêque de Lyon Hugues de Die à l'abbaye de Conques-en-Rouergue vers 1097-1106 et restituée vers 1121-1125.

Le village et la châtellenie de Saint-Victor sont mentionnés, en 1173 dans la "permutatio" réalisée lors de la séparation des comtés du Lyonnais et du Forez. Suite à cet acte, Saint-Victor fit partie d'une enclave, dans les terres de Guy II, directement dépendante du chapitre de Lyon, aux confins du Jarez et du Forez, qui comprenait Saint-Victor-sur-Loire, Saint-Genest-Lerpt et Villars. Cette enclave est finalement rendue au Forez en 1278.

Au XIIIe siècle, le "Chastel de Saint-Victor sur Loire" décrit l'ensemble du bourg fortifié avec son château et ses remparts, dominant les vallées de la Loire et du Lizeron.

Pendant la guerre de Cent Ans le village se fortifia autour de son château.

En 1564 fut dressé le procès-verbal de l'état des biens appartenant au Roi situés sur le territoire de la Seigneurie de Saint-Victor et aussi pour examiner les droits, revenus, fiefs et "commodités" dont ladite Seigneurie jouissait. Cet état des biens du Roi nous éclaire sur la configuration du village et son importance.

"Le lieu de Saint-Victor consiste en un chasteau clos, de murailles garni de deux tours, l'une d'un côté de vent, l'autre de bize sans couverture, l'une desquelles sert de prison ; le chastel est environné de fossés, et il y a un petit pont de pierre pour entrer au dit chasteau, dans lequel il y a une maison découverte où il n'y a que peu de traversiers à l'haut étage et une cheminée tendante à ruyne et une petite tour carrée ouverte, joignant à ladite maison qui ne sert de rien et auquel chasteau y a deux portes ou entrées ;

Et dans le dit chasteau y a dix-neuf maisons, sans en icelles comprendre la maison du prieur du chastellet, la maison du curé dudit lieu et la maison de la confrérie du Saint-Esprit qui ne sont point habités ; et, quand aux dix-neuf sont habitées partyes de prestres, notaires et privés, gens affaneurs et vignerons qui gagnent leur vie de jour à l'autre... Y a faux-bourg consistant en vingt et un feus ... qui sont tous laboureurs et vignerons ...

Il y a quelques petits vignobles où ils cueillent vin blanc et clairet...

Un Terrier de 1337 (Archives de la Loire) décrit aussi le bourg fortifié de Saint-Victor : fermé en ses murs, au détour d'au moins une "charreire" une ou deux douzaines de maisons, et entre elles, l'église et une petite place, le cimetière, la maison de la confrérie, la maison du Comte du Forez."

La fortification flanquée de deux tours, l'une côté vent, l'autre côté bise, demeure seigneuriale au XVIème et XVIIème siècle avec la famille De Nérestang et autres propriétaires, puis prison en des temps difficiles. Le château fût acquis au XIXème siècle par les Religieuses Saint Joseph qui en firent une institution pour jeunes filles.

De nos jours, les fortifications n'existent plus mais le château est toujours présent.

Avec le départ des religieuses en 1960, l'Association des amis de Saint-Victor s'en rend acquéreur en 1968, puis le cède en 1970 à la Ville de Saint-Etienne qui le restaure et laisse à l'Association le soin de le gérer.

Avec ses chambres, son restaurant, ses salles de réunion et d'exposition, ses jardins, son théâtre, il est aujourd'hui un haut lieu culturel, un lieu d'accueil, de rencontres et de séminaires.


Sources:
-site du château de Saint Victor sur Loire
-Wikipedia


Photos:
- Jimre(2012)

Posté le 16-02-2015 08:43 par Jimre

Pelussin

Château de Virieu ou de Pelussin

Pélussin est un véritable balcon, tourné vers la vallée du Rhône. 

Capitale de la pomme du Pilat, elle présente depuis son belvédère un panorama unique.

A l'époque celtique, deux peuples celtiques se partageaient le Pilat : les Ségusiaves et les Allobroges. Ils ont laissé le nom de Pilat qui veut dire, en celte, montagne large ("pi" : montagne et "lat" : large).

Le positionnement stratégique de Pélussin dans les hauteurs de la vallée du Rhône intéressa très vite les Romains déjà fixés sur Vienne. De l’époque romaine, le Pilat hérite aussi de la culture des pruniers, des châtaigniers, des pêchers et des cerisiers.

Une légende indique que Pilate banni, exilé à Vienne serait venu dans le Pilat pour y mourir. Une autre belle légende rapporte aussi que les chrétiens de Lyon, persécutés à partir de 177, emportant avec eux une statue de la Vierge, sont venus se réfugier dans une grotte et plus précisément à Pulicinus ultra Rhodanum, Pélussin. Ce serait l’origine de Notre Dame Soubs-Terre et de Pélussin. L’église de Vienne instaure un prieuré sur ce site qui devient un centre de pèlerinage.

Des pièces de monnaie, des objets en grès, une voie romaine, témoignent d’une présence importante. Surtout la "Villa Viriaca" appartenant à une riche famille, Virius de Vienne. Elle deviendra plus tard le "castrum Viriacum", château fort de Virieu au Moyen Age.

Depuis des temps immémoriaux, toutes les invasions (ou les migrations) suivent la vallée. Chaque fois les riverains du Rhône fuient et se cachent dans les montagnes. Ils nous ont laissé, entre autres, les enceintes du château Bélise et des Trois Dents.

L'histoire écrite du Pilat autour de l’An Mil est surtout ecclésiastique avec trois fondations religieuses:

- le prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue fondé en 1061 par Artaud d'Argental et consacré en 1100 par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne et futur pape Calixte II.

- l'abbaye de Valbenoîte, à Saint-Étienne, en 1184, par la volonté de Benoîte de la Valette et par essaimage de l'abbaye cistercienne de Bonnevaux en Dauphiné.

- et, en 1280, fondation de la chartreuse de Sainte-Croix en Pilat par Béatrix de la Tour en souvenir de son mari Guillaume de Roussillon mort en croisade à Saint-Jean-d'Acre.( Voir article sur Riverie)

Le château de Pellussin, lui est connu depuis 1173. Il était constitué d'un corps de logis flanqué de deux tours rondes. Il servait de sentinelle avancée chargée de garder les communications de Saint-Chamond avec le Rhône. Jean de Fay fait reconstruire la maison seigneuriale qu'il transforme en demeure de plaisance (fin 16e ou début 17e siècle), et remet le château en état de défense. La tour sud-ouest a été transformée en "donjon" néo-médiéval à la fin du 19e siècle par Alexandre Jullien.

La chapelle Saint-Georges de Virieu se trouve juste à côté.

Par la suite, le Pilat et la Savoie voient leur histoire se confondre au gré des alliances et des mariages. 

D’ailleurs, ces deux régions se disputent le lieu de naissance de Pierre de Tarentaise. Longtemps considéré comme originaire de la vallée de la Tarentaise, dans le comté de Savoie, on pense aujourd’hui que Pierre de Tarentaise n’est pas savoyard. Il serait plutôt né à Tarentaise en Bourgogne ou alors à Tarentaise en Bas-Forez. Pierre de Tarentaise serait donc né vers 1224 à Tarentaise à côté du Bessat. Il rejoignit l'ordre dominicain à l'âge de 16 ans. Il étudia la théologie au collège de Sorbonne, où il devint ensuite professeur. Sa renommée était telle qu'il gagna le titre de « doctor famosissimus » (« le plus célèbre des docteurs »). Après avoir occupé le poste de provincial, Pierre de Tarentaise fut nommé par le pape Grégoire X archevêque de Lyon et donc primat des Gaules, en 1272. En 1273, Pierre de Tarentaise fut promu au rang de cardinal-évêque d'Ostie. Il joua un rôle majeur au deuxième concile de Lyon et prononça l'oraison funèbre de saint Bonaventure. Il officie, en 1274, à la cérémonie de baptême des membres de l'ambassade du khan mongol (ilkhan) Abaqa. Le 21 janvier 1276, après la mort de Grégoire X, Pierre de Tarentaise fut élu pape et il prit le nom d'Innocent V. Il mourut cinq mois plus tard en Italie Arezzo en 1276.

En 1324, Malleval connaît son heure de gloire avec le mariage de Renaud de Forez et de Marguerite de Savoie. Celui-ci, fils cadet de Jean de Forez, se destinait d'abord à la prêtrise mais cet état ne lui permettant pas d'assouvir ses ambitions, il renonça à l'état ecclésiastique pour pouvoir d'abord se marier et ensuite jouir de la dot de sa femme. Devenu riche, il n'eut de cesse d'agrandir son domaine par l'achat des paroisses de Chavanay et de Pélussin et d'embellir son château et sa ville de Malleval qui comporta à son apogée jusqu'à 300 maisons.

Malheureusement, cette période fut de courte durée : Renaud ne laissa pas d'héritier et devint fou après avoir été fait prisonnier à la bataille de Brignais. En 1361 cette bataille opposa les troupes royales aux Tard-Venus, bande de brigands qui écumait le royaume de France à la fin de la guerre de Cent Ans (voir également articles sur St Cyr au Mont d’Or et Anse). De fait, la capitale du Forez-viennois fut transférée à Bourg-Argental.

Les guerres de religion laissèrent de nombreuses traces dans le Pilat, qui avait le triste privilège de se trouver à une « frontière » religieuse avec, au sud, les protestants d'Annonay et, au nord, à Lyon et Vienne, les catholiques.

Parmi toutes les batailles et trahisons de cette période, on retiendra le nom de la bataille du Bessat qui, en 1572, opposa les deux camps et, surtout, la fin de Malleval qui dut son malheur à Jean de Fay, seigneur de Virieu.

Dans un premier temps, Jean de Fay, catholique, combattit la réforme en Languedoc. Puis, devenu protestant, au moment des désordres créés par la guerre, il écuma la région du Pilat avec ses troupes à partir de Malleval. Pour mettre fin à tous ces pillages, en 1574, Christophe de Saint-Chamond, gouverneur du Vivarais, démantela maisons, murailles et le château de Malleval sur ordre royal, puis dut s'incliner à la suite du compromis signé le 25 avril 1574 au château de la Condamine entre les catholiques, Jean de Fay, mandaté par le roi Henry III et la ville protestante d'Annonay. Le roi nomma alors André de Harenc, protestant et seigneur du château de la Condamine, qui avait épousé six semaines plus tôt la fille de Jean de Fay, commandant chargé des places du château de Virieu et Annonay.

À la même époque, l'industrie de la soie s'installait dans le Pilat par le biais de soyeux italiens protégés des seigneurs de Tournon et Virieu. Avec  tout d’abord Antoine Gayotti dont la famille avait des moulins à Bologne dès le milieu du XVe siècle, et qui s'installa dans le piémont italien, puis en 1536 à La Valla-en-Gier, aux sources du Gier, et enfin à Saint-Chamond. Gayotti était sous la protection de Just de Tournon, baron de Tournon, comte de Roussillon et bailli du Vivarais.

La famille de Tournon, avec les Balazuc et les Roussillon, partageait le sceptre féodal du Vivarais, et créa la ville d'Annonay ainsi qu'une université à Tournon.

Gayotti fut suivi par ses compatriotes Pierre Benay et Horace Benay en 1572. Pierre Benay, émigré bolonais fuyant (dit-on) les persécutions de la Saint-Barthélemy, vint se cacher à Virieu pour bénéficier de la protection du château de Virieu qui avait été reconstruit par Jean de Fay, revenu à la religion catholique, dans un souci d'apaisement et le but de permettre le retour à une vie pacifique dans cette région où vivaient beaucoup d'artisans.  La famille Benay amena avec elle un nouveau moulin à tordre la soie.  Ce fut l’origine d’une grande aventure industrielle. Le moulinage allait rayonner pendant deux siècles sur toute la région. 

Les marchands soyeux lyonnais, séduits par la qualité du travail des mouliniers pélussinois, s’intéressèrent à cette région, achetèrent nombre de petits domaines et créèrent à leur tour des fabriques assurant du travail aux femmes et aux filles des petits agriculteurs. 

Jean de Fay peut ainsi protéger l'émigré bolonais et l'autorisa à exercer son industrie de la filature de la soie, grâce à une concession, épisode raconté dans les annales de la Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres du département de la Loire. À partir de la fin du siècle, encouragé par Olivier de Serres, Henry IV pousse à la plantation de quatre millions de mûriers en France.

Cette famille Benay continua un siècle plus tard à apporter ses innovations de Bologne car, en 1669, Pierre Benay installait dans la région à Chomérac un moulin à soie plus perfectionné, à la demande du conseil municipal de Lyon, et avec l'assentiment de Colbert, mais plus guère de soutien une fois que celui-ci entrera en disgrâce. Ce fut alors la famille de Jean-Deydier, né en 1607 et installé dans la région, qui va développer une des premières industries de la soie "mécanisée", et utilisera en 1751 les travaux de Vaucanson pour installer à Aubenas et Privas, toujours en Ardèche, une "manufacture" royale importante, qui emploiera 2 000 personnes en 1830, après le retour au calme qui a suivi les guerres napoléoniennes

A la fin du premier millénaire, les grands et puissants seigneurs du Jarez, conscients que l’avenir était aux grandes voies commerciales, s’installèrent à Virieu pour contrôler le passage qui relie le grand axe rhodanien à la voie navigable de la Loire. Après, les seigneurs du Jarez, les familles de Varey, de Fay, de l’Estang, de Grolée, de Senozan, de Tallayrand-Périgord furent successivement seigneurs de Pélussin, avant que la comtesse de Noailles, dernière héritière des domaines, ne les cède à un marchand de biens en 1813.

En 1793, lors de leur création, les nouveaux départements de l’Ardèche, du Rhône et de la Loire se disputèrent la région de Pélussin. Ce canton, devait par la suite, être rattaché au nouveau département de la Loire.

En 1840, 2000 personnes travaillaient aux moulinages de soie et on comptait 16000 mûriers. 

Depuis la guerre, le travail de la soie déclinant, en 1983, un jeune ingénieur laitier dauphinois, Jean-Claude Guilloteau, inventeur d'un nouveau procédé de fabrication du fromage, choisit Pélussin pour installer la fabrication de son "Pavé d'Affinois'''

Sources:

- pilat-patrimoines.fr

- vexil.prov.free.fr

- Wikipedia

- pelussin.fr

- loire.fr

- regardsdupilat.free.fr


Photos:

- Jimre (2014)


Posté le 01-02-2015 11:50 par Jimre

Cleppé

Cleppé Armorial de Revel d'après les sources

Le château de Cleppé a été représenté en 1450 sur une gravure de Guillaume Revel. En 1452, Charles VII, roi de France,  séjourna au château pour signer un important traité avec le Duc de Savoie. La forteresse devint la résidence favorite de la comtesse Jeanne de Bourbon et de sa fille Anne Dauphine. Alors commença pour le château et son village une ère de prospérité et de plaisir. Les hautes tours qu s’élançaient du château de Cleppé et dominaient les bords de la Loire devinrent le rendez-vous d’une petite cour. On peut juger de l’importance, de l’animation et de la prospérité que procurait la maison de la duchesse Anne grâce à un registre précieux conservé aux archives départementales de la Loire.

Représentation du château de Cleppé d'après les sources

En 1667, le démantèlement du château fut ordonné et peu à peu, le village s’endormit.

De cet ancien « Versailles » des comtes du Forez ne subsiste que la tour restaurée, devenue belvédère, d’où l’on peut admirer la plaine du Forez et les monts alentours. 


Sources:
- Panneau à l'entrée de la tour
- Source fournie par Nano.M pour l'illustration: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.
- Amorial de Revel trouvé sur books.openedition.org/alpara


Photos:

- Jimre (2014)

Posté le 12-01-2015 11:32 par Jimre

Bellegarde en Forez

Lors de la fondation du prieuré dépendant de l'abbaye de St Martin d'Ainay à Lyon, vers 800 à 900, le village construit autour de ce prieuré portait le nom de "Farges" et l'ancienne église romane édifiée au XIIe siècle était placée sous le vocable de Notre Dame de Bellegarde.

Au XIIIe siècle, la ville de BelleGarde était fortifiée. Une garnison était chargée de surveiller le défilé et de faire payer le droit de passage.

Armorial de Revel château de Bellegarde en Forez d'après les sources

Ce n'est qu'au XIVe ou XVe siècle que la commune ou plutôt la paroisse toute entière prit le nom de Bellegarde, du nom du château féodal et du petit village qui se trouvait à l'intérieur de la forteresse, construite entre 1000 et 1100 (parce que c'était une belle garde).

Ensuite, il y eut un transfert de nom. Les maisons situées sur la Route Nationale (à l'époque Route Royale construite en 1780) et qui ont presque toutes été bâties après 1800 prirent le nom de "La Farge" et les habitations situées autour de l'église devinrent "Le Bourg".

En 1903, pour éviter des retards à l'acheminement du courrier postal et des confusions avec Bellegarde (Loiret), la municipalité demande à la Préfecture que Bellegarde porte à l'avenir le nom de Bellegarde-en-Forez, ce qui est accepté et officialisé par un décret en date du 20 novembre 1903 signé par le Président de la République, Emile Loubet et le Président du Conseil, Emile Combes.

 


Blason :

D'or à la fasce ondée entée de sable.


Sources:

- Site de la Mairie de Bellegarde en Forez

- Geneawiki

Représentation de Bellegarde en Forez dans l'Armorial de Revel (Bnf, fr. 22297, p. 453)


Photos:

- Jimre(2013)

Posté le 19-06-2013 22:26 par Jimre

Essalois

Représentation du château d'Essalois d'après les sources

Le château d’Essalois se dresse sur un lieu qui constitue un point stratégique naturellement fortifié et habité par des hommes depuis des temps immémoriaux.

L’oppidum gaulois (occupé par les Ségusiaves de -170 à -25) très important s’étendait à 500 mètres en arrière du château au lieu-dit « le palais ». Il en subsiste des murailles noyées par les genêts. La mise au jour d’amphores et de pièces de monnaie au cours des fouilles archéologiques menées par M. Preynat ont révélé l’existence d’échanges commerciaux importants (vin) avec l’Italie, antérieurs à l’occupation romaine.

Au Moyen-Âge, il s'agit d'un donjon accessible par une échelle extérieure à une porte haute conservée en partie au premier étage. La forteresse formait alors avec les donjons de Chambles et de Grangent un véritable dispositif militaire de défense des Gorges de la Loire.

Les documents les plus anciens faisant mention du château sont du XIVe siècle. Le puy d’Essalois (Podium deysaluym, Mons deysaluym, puis Suc du Pré) est cité dans les chartes à partir de 1337.

En 1378, Arthaud de Villedieu rend hommage au comte du Forez pour la maison et la tour d’Essalois qui surveillait la Loire.

Jusqu’à ce jour, les vestiges de cette construction primitive n’ont pu être identifiés.

En 1464 la tour d’Essalois appartenait à Beraud de la Bâtie.La deuxième tour ronde aurait été rajoutée au XVème siècle à la suite d'un premier bâtiment rectangulaire. 

Le château tel qu’il parait actuellement fut construit en grande partie en 1580 par Léonard de Bertrand, Seigneur d’Essalois et maître des eaux et forêts à Montbrison. En 1590, le château a été pillé par une troupe de ligueurs commandés par Honoré d’Urfé.

La seigneurie qui s’étendait sur Chambles, Périgneux, Saint-Marcellin et Saint-Rambert passa au XVIIe siècle aux seigneurs de Sury-le-Comtal, les De la Veuhe puis par eux aux Sourdis.

En 1671, Catherine d’Entraigues, veuve de Pierre de Sourdis vendit la seigneurie aux moines Camaldules du Val Jésus. Les Camaldules vendirent le château et la seigneurie d'Essalois à Thomas Gonyn de Lurieu, avocat au parlement et au présidial de Lyon, juge des domaines du prieuré de Saint Rambert en Forez. Celui-ci les conserva de 1690 à 1703. Cette année-là, les Camaldules, pour qui la pêche du saumon constituait une ressource appréciée, en firent reprise et les conservèrent jusqu'à la Révolution. Le château est  alors vendu comme bien national  à Pierre Thiollière de la Réardière, il passe ensuite successivement à plusieurs propriétaires.

Un inventaire réalisé en 1791 indique alors un vieux château fort, consistant en deux tours rondes et corps de bâtiment abritant le granger, les bâtiments d’exploitation, les écuries et tout autour des bois, forêts, prés, rochers, bruyères, d’environ 718 métairies. Cet inventaire de 1791 et la lecture des plans du relevé permettent de distinguer du moins dans les superstructures deux parties dont la plus ancienne est manifestement la moitié sud qui comporte les deux tours rondes.

Le château est en ruine quand il est acheté vers la fin du XIXe siècle par Hippolyte Sauzéa, marchand à Saint-Étienne. Des créneaux soulignés de briques sont construits au sommet des tours ainsi que des génoises. Un toit à double pente vient coiffer l'édifice. A sa mort, le château est légué à la Congrégation des Sœurs Saint Joseph de Saint Etienne et reste à l'abandon durant près de 100 ans. Les façades Est et Ouest portent des signes évidents (joint verticaux, reprise de maçonnerie) qui permettent de délimiter les deux campagnes de restauration. Les ouvrages en brique, corniche en génoise, arcatures et piédroits de créneaux sont les marques du XIXe siècle.

En 1976, le Syndicat Mixte d’Aménagement des gorges de la Loire (sept communes riveraines du lac de Grangent) et le département de la Loire acquièrent le château d’Essalois. Un important chantier de restauration se poursuit depuis 1983 sous la direction de M. Gilles Michelou, avec l’aide de M. Lazar, architecte des Bâtiments de France.  

L’étape la plus récente fut la construction du toit terrasse permettant de profiter du formidable panorama qu'offre le château.

L’ensemble du château d’Essalois a fière allure et constitue par son volume et sa position, l’un des points forts du paysage des Gorges de la Loire. Il symbolise l’action du syndicat Mixte d’aménagement des Gorges de la Loire.

Il se visite librement, sa tour offrant une vue splendide sur le paysage. 



Sources:

-  Site saint-etiennetourisme.com

- Wikipedia

- Source fournie par Nano.M pour l'illustration: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre(2011, 2022)


Posté le 12-05-2013 21:03 par Jimre

Montrond les Bains

Photo du château du Montrond les Bains d'après les sources

C’est vers 1435 qu’apparaît pour la première fois la forme française du nom de notre ville : « Mont Rond », en référence à la butte d’origine volcanique, seul point élevé de la plaine sur la rive droite de la Loire, particulièrement bien placé, sur laquelle une première tour de surveillance, ancêtre du château féodal, fut élevée vraisemblablement vers la fin du XIe siècle. 

L’histoire de Montrond fut dès lors très liée à celle du château médiéval qui contrôlait le passage à gué du fleuve Loire entre Auvergne, Bourgogne, Velay et autres contrées.

Dès le XIIe siècle, la citation « castrum montis rondunti » atteste la présence d’une fortification qui fut édifiée par les Comtes du Forez pour assurer la sécurité de la région, après le partage des terres du Forez et du Lyonnais ou « permutatio», en 1173.

Plan du château de Montrond les Bains d'après les sources

C'est Jean 1er, Comte du Forez, qui, voulant étendre son influence sur le Roannais, échangea, en 1302, le mandement de Montrond avec Artaud de Saint-Germain, contre la moitié de son mandement de Saint-Germain-Laval avec l'autorisation d'élever un château fort à une ou plusieurs tours. Artaud III entreprit la construction du château féodal, parachevée par ses descendants. En 1510, Artaud IX reçut en héritage de son oncle, le domaine d'Apchon en Auvergne, dans le Cantal, près de Riom-ès-Montagne, à la condition de prendre le nom et les armes de cette famille. Montrond hérita ainsi du " blason d'or semé des fleurs de lys d'azur". 

Agrandi par ses descendants, il trouvera sa structure définitive à la Renaissance où l’austère forteresse fut transformée en un fabuleux château, lieu de réjouissances et fêtes grandioses. Ce sont les alliances successives avec de riches familles qui firent la fortune des seigneurs de Montrond.En 1523, Arthaud IX se marie avec Marguerite d’Albon. Elle était la fille de Jean d'Albon, gouverneur du Lyonnais et proche de François Ier, et la soeur de Jacques, l'illustre Maréchal de Saint-André. La seigneurie de Montrond atteind alors l’apogée de sa renommée, ce qui permet au seigneur de Montrond de transformer son austère forteresse féodale en une belle demeure au goût de la Renaissance.

Très impliqués dans les guerres de religion, c’est leur fidélité au pouvoir royal qui permit aux descendants d’Arthaud IX de conserver intact leur château. Malgré tout, en 1562, au cours des guerres de religion, Montrond eut à subir le pillage des soldats du Baron des Adrets tout comme Montbrison, non loin de là et son cruel épisode des "défenestrés de Montbrison".

La famille quitta Montrond en 1730 pour s’établir près de Paris. 

Jusqu’à la révolution, le village de Meylieu-Montrond vécut à l’ombre de cette forteresse à la fois dominatrice et protectrice. Le dernier marquis, Antoine-Claude, fut guillotiné en avril 1793 à Paris. 

En septembre de la même année, son château de Montrond sera incendié par un détachement de soldats révolutionnaires sur un ordre du Commissaire de la République Claude Javogues, originaire de Bellegarde en Forez.

La maison des Apchon-Montrond s’éteignit en 1807 avec la mort sans descendance de l’unique fille.

Tombant en ruines, le château fut vendu en 1828 à un particulier qui en fit une carrière de pierres. Laissé pendant un siècle et demi à l’abandon, il fut sauvé par « l’Association des Amis du Château » fondée en 1969, qui commença des travaux de consolidation et d’aménagement du site pour sauver la forteresse d’un oubli définitif,.

La ville est depuis 1984 propriétaire du château (monument aujourd’hui répertorié)et ,forte du succès de la relance du thermalisme, la ville a souhaité développer son potentiel touristique. Elle réalise chaque année des travaux de consolidation, de mise en sécurité et de restauration du Château et des Églises.


Sources:

Site de la commune de Montrond

- Site des Amis du Château de Montrond les Bains.

- Wikipedia

- Source fournie par Nano.M pour la photo et le plan: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2009)

- H. Robert (2013)


Posté le 12-05-2013 19:35 par Jimre

Marcilly le Chatel

Si l’histoire souvent racontée d’un chef romain Marcellus Marcus qui aurait donné son nom à Marcilly et à Marcoux n’est pas certaine, il faut bien reconnaître que plusieurs trouvailles (médailles - pièces - tuiles) antiques laissent à penser que les romains occupaient bien le site de Marcilly et auraient été précédés par d’autres occupants dès l’âge de fer (sépulture de Puy Granet).

Le château est connu dès 1010. Il appartient au comte du Forez et sert à surveiller son ennemi le sire de Couzan.

Le Château Sainte-Anne, château médiéval du XIIe siècle est situé au sommet d'un volcan.

Pendant la guerre de Cent Ans, Marcilly est un point fort du Forez.

Armorial de Revel château de Marcilly le Châtel d'après les sources

Richelieu fait démanteler le château. L’espace est concédé à la famille de Saint-Hilaire qui se fait bâtir une demeure au pied des ruines (ce qui est aujourd’hui l’auberge de la Césarde).

Les ruines de la forteresse sont vendues par les Talaru aux Chassain en 1645. Elles ont échu à Hippolyte de Sauzéa-Monteilles qui entreprend une reconstruction contestée de 1873 à 1884. Celui-ci, souhaitant reconstruire le château avait sans doute surestimé ses ressources et n’a pu mener son projet à son terme. Légué aux Hospices civils de St Etienne, il est ensuite vendu à la famille Brun. En 1968, la S.C.I Ste Anne devient propriétaire du site (46 porteurs de parts) et contribue à sa sauvegarde avec l’Association ADAMAS

Il est loué à la Volerie du Forez depuis 1987.

De Pavé en Châtel :

Marcilly-le-Châtel perd son titre noble à la révolution et devient Marcilly-le-Pavé (nom du quartier bas traversé par l’ancienne voie).

Après bien des démarches administratives, le village reprend son nom le 14 février 1968.


Sources:

- Site officiel de Marcilly

- Wikipedia

Représentation de Donzy dans l'Armorial de Revel (Bnf, fr. 22297, p. 441)


Photos:

- Jimre (2009)

Posté le 12-05-2013 18:13 par Jimre

La Roche

A l'origine ancré sur un piton rocheux depuis le XIIIe siècle,le château fut édifié à 40 m au dessus du cours de la Loire et Aujourd'hui, il se retrouve entouré par les eaux de la Loire, suite à la mise en service en 1983 du barrage de Villerest. C'est la mobilisation des riverains qui sauvera le château.

Ce qui fait que Château de la Roche est devenu le monument emblématique des Gorges de la Loire, par sa situation improbable en surplomb du fleuve.

C'est à de modestes vassaux des comte de Forez, la première lignée des sires de la Roche, que l'on doit l'édification, entre 1256 et 1291, de la maison forte constituant le noyau actuel du château.

Le château a abrité de nombreuses familles qui s'en sont servi comme poste de guet, point de péage féodal ou comme résidence d'été jusqu'au début du XXe siècle.

Après sa sauvegarde, L'"Association des Amis de la Roche" est crée en 1992 et le château devient en 1993 la propriété de la commune de Saint Priest la Roche pour le franc symbolique.


Sources:

- Site du château

- Le Roannais-Tourisme.com


Photos:

- Jimre (2010, 2020, 2022)


Vidéos:

- Survol du château de la Roche réalisé lors d'une sortie moto. Nous avons eu le plaisir de rencontrer  Mr J.N. Boucher qui réalisait lui-même une vidéo sur l'histoire des habitants de la région et qui nous a aimablement donné de la documentation sur le château de la Roche que nous ne manquerons pas de publier sur notre site.  ;-)

- Une vidéo de Philippe Croom réalisée par drone du chateau de la Roche avec la Loire à un niveau bas qui laisse entrevoir comment était le château avant la construction du barrage.

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...

Posté le 12-05-2013 17:49 par Jimre

Saint Marcel de Felines

Historique:

La Seigneurie de Saint-Marcel fut possédée à l’origine par une famille qui avait pris le nom de son fief. Saint-Marcel fut d’abord une « maison forte » qui devait exister vers la fin du XIe siècle. En effet, on retrouve Gaston et Albert de Saint-Marcel figurant dans un acte de 1095.

Le nom de cette famille a dû s’éteindre vers le milieu du XIIIe siècle, mais une fille Heliotte épousa Etienne Guerric et Saint-Marcel, passant par des femmes ou des neveux, resta pratiquement dans la même famille jusqu’en 1865, date à laquelle le château fut acheté par le Baron Piston, ancêtre de l’ancienne propriétaire, la comtesse Henriette Laurent des Garets (qui fût maire de Saint Marcel de 1952 à 1977). C’est sa nièce, Marie Ange HURSTEL, née Le Moyne de Martigny, qui reprend le château à sa mort en 1988.

La continuité des différents propriétaires est une des raisons de la conservation de ce château au cours des âges, où diverses générations, grâce à de riches alliances, ont apporté d’heureuses transformations et embellissements, surtout sous la Renaissance. De grands travaux extérieurs et intérieurs furent exécutés de 1580 à 1690 par les Talaru, seigneurs de Chalmazel. Depuis cette date, le château ne subit pas de modifications sensibles et seuls des travaux d’entretien l’ont maintenu dans l’état où il se trouve actuellement.

Le château:

Le château de Saint-Marcel n’eut jamais l’importance des grandes forteresses foréziennes et sa seigneurie ne comprenait que la basse justice, 100 hommes d’armes, dit-on, assuraient sa défense. Ainsi qu’on peut le voir de l’extérieur, c’est un édifice carré flanqué de tours cylindriques à 3 de ses angles et des restes du donjon au 4e angle (côté couchant).Le donjon fut démantelé vers 1396 par les « Grandes compagnies » appelées aussi « les Anglais » qui ravagèrent le passage et s’emparèrent du château. Le château est entouré de fossés secs qu’on franchissait autrefois sur un pont-levis se rabattant sur la porte d’entrée cloutée qui porte la date 1587.


Ce château, avec cinq siècles de décor et d’ameublements intacts font la richesse et la renommée de Saint Marcel sur le plan Patrimonial.

Classé Monument Historique depuis 1961, ce château peut être visité (voir site du château et de la Mairie ci-dessous)
 

Sources:

- Site de la Mairie de Saint Marcel de Felines

- Site du château

- Wikipedia

Photos:

- Jimre (2009)

Posté le 12-05-2013 17:15 par Jimre

Saint Cyr de Valorges

Textes repris sur les sites indiqués dans les Sources:

Saint Cyr est la forme populaire de Cyricus,prénom porté par deux martyrs du 4ème siècle,l'un en Sicile et l'autre en Piémont.C'est à partir du 14ème siècle vers 1332 qu'apparaît "De Valorges", probablement pour éviter la confusion avec d'autres Saint Cyr. Le nom Valorges a probablement été choisi du fait de la culture de l'orge prospère en ces temps là dans le val large et spacieux qui descend du Pin Bouchain. depuis les orthographes ont varié( Sanctus Ciricius de Valorgia, Saint Cir de valorges)et c'est durant la révolution en 1789 qu'apparaît sur l'almanach de Lyon Saint Cyr de Valorges.

A l'époque érigé en un coin sauvage où abondait l'aubépine spina d'où le nom de l'Espinasse.

Il possède un donjon carré du XIe siècle de 22 mètres de haut, une tour ronde du XIVe ou XVe siècle, et deux corps de bâtiment autour d'une cour. Le corps de logis a été remanié au XVIIe siècle. Il a été utilisé comme bâtiment agricole et fortement dégradé au XXe siècle.

Cette demeure fut certainement à la fin du XIeme siècle qu'un simple mais imposant (sept mètres sur sept à l'extérieur, quatre sur quatre à l'intérieur) donjon carré fait de mur de moellons de pierres, épais de un mètre et demi a sa base, haut de largement quinze mètres reparti en quatre niveaux. Le donjon devait certainement être couronné en son sommet d’un chemin de ronde possédant une vue panoramique sur les lieux alentours. Il devait servir de tour de guet, de demeure seigneuriale, et de poste de garde il était placé stratégiquement aux frontières du Forez, du Roannais et du Lyonnais. Ce donjon possédait comme seule entrée une porte cintrée au premier étage avec une réserve au dessous sans porte ni fenêtre. Les seules ouvertures devaient être des latrines sur corbeau au deuxième étage et trois petites fenêtres s'agrandissant au fil des étages, très petite au premier un peu plus grande au deuxième et encore un peu plus ouverte au troisième étage.
 
Plus tard, certainement au XV-XVIeme, une enceinte complète fut érigée autour du vieux donjon. Cette enceinte devait posséder de gros mur d’environ 1.20 m et faire plusieurs centaines de mètres entrecoupé de plusieurs tours rondes ainsi qu’un gros corps de logis principal autour d’une « haute » cour et certainement une basse cour si on se réfère aux us et coutumes de ce temps là. En plus du donjon, il ne reste de cette période qu'une tour d'angle laisse par les seigneurs du lieu comme témoin de leur lignée.
 
Au XVIIeme siècle, les us et coutumes ayant changé, et les méthodes de guerre aussi la forteresse se civilisa un peu, quelques grandes fenêtres et portes entourées de « pierre jaune du Roannais » furent ouvertes sur la cour intérieure. Le donjon fut percé de nombreuses portes et de quelques fenêtres. Il fut rehaussé d'environ quatre mètres et couvert, ce qui amène le faîtage de sa toiture a quatre pans à environ vingt deux mètres du sol. Le corps de logis passe à plusieurs centaines de mètres carrés sur deux niveaux plus les combles. Il y a trois mètres et demi sous les plafonds à la française,. Le château possède certainement de nombreuses dépendances, la tour circulaire gagne une toiture et perd certainement quelques mètres de hauteur, devenue inutile, et elle perd aussi son rez-de-chaussée transformé en four a pain et cheminée.
 
Entre le XVIIIeme et le XIXeme siècle, le château perd certainement les derniers vestiges de ses fortifications, et se transforme peu à peu en corps de ferme, les dépendances restantes sont transformées en étable, grange, poulailler. Il doit simplement rester la tour ronde, d’angle de sept mètres de diamètre extérieur, le vieux donjon fissuré, le logis principal et quelques dépendances mutilées….
 
Depuis le XIXe siècle, le château devenu ferme est de plus en plus démantelé, aménagé, martyrisé et adapté à son nouvel usage agricole. Puis à la Fin du XXeme les derniers propriétaires laissent cette demeure à l’abandon complet et elle se délabre de plus en plus…
 
Jusqu’en 2004 où le château est réhabilité.


Sources:
- Site de l'association de restauration : "Association de l'Espinasse" qui n'a malheureusement plus l'air d'être actif ...
- Site de la Mairie de Saint Cyr de Valorges
 

Photos:
- Jimre (2009)

Posté le 12-05-2013 16:54 par Jimre

Ressy

Situé à proximité de Saint Cyr de Valorges, le site de Ressy est un vestige perché d'un chateau des sires de Beaujeu dont la construction a débuté à la fin du XIIIe siècle. Il possédait encore en 1789 plusieurs tours .

Représentation du château de Ressy d'après les sources

Aujourd'hui il ne reste qu'un corps de bâtiment rénové et le donjon circulaire ruiné en cours de rénovation. Albert Ressis est le plus ancien seigneur des lieux. La famille Salamart en est pendant 5 siècles le propriétaire.


Sources:

Site de la Mairie de Saint Cyr de Valorges
- Source fournie par Nano.M pour l'illustration: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre(2009)

Posté le 12-05-2013 16:41 par Jimre

Châtelus

Le donjon constitue tout ce qu’il reste du château médiéval fondé par les comtes du Forez vers le XIIIe siècle. En partie conservé, il se présente aujourd’hui comme une tour à sept pans percée par de nombreuses meurtrières, haute de quatre étages qui communiquent grâce à un escalier à vis placé dans un des angles de la tour.

Au pied de cette tour, le château de plan quadrangulaire, avec un toit à mansardes, a été édifié au XVIIe siècle et remanié au XIXe siècle. Il se dresse au sein d’un petit parc à la française. Le château est protégé au titre des Monuments Historiques.


Source:

- Panneau situé près du château


Photos:

- Jimre (2013)

Posté le 09-04-2013 20:38 par Jimre

Chevrieres

Le château féodal fut érigé vers 1198 et il ne reste plus de cette époque que les épaisses assises situées à plus de cent mètres du château actuel. Détruit en partie par les troupes du Duc de Bourbon en 1465, le château est reconstruit vers 1524 par Louis Mitte II.

De cette époque, il ne reste que trois tours féodales et de belles portes Renaissance en particulier la porte monumentale encadrée de hautes colonnes à chapiteaux. La porte extérieure du château permet de relier la place du village aux jardins ; la porte latérale fait communiquer le château avec l’église. Les meurtrières qui accompagnent la grande porte d’entrée doivent être un reste d’une porte plus ancienne et du pont-levis qui la protégeait.

En 1860, Elysée Neyrand fait construire un manoir, adossé à l’ancien château.

L’église attenante était à l’origine la chapelle oratoire du château et était déjà dédiée à Saint Maurice. La partie la plus ancienne aujourd’hui est le clocher porte qui date du XIVe, le reste du bâtiment ayant été reconstruit après la mise à sac par les troupes du Duc de Bourbon par Jean Mitte de Cuzieu. Le voutement est intéressant car il retrace l’évolution du style gothique.


Photos:

- Jimre (2013)

Posté le 09-04-2013 20:36 par Jimre

Donzy

Le village de Salt en Donzy, situé non loin de Feurs, est situé au croisement de deux voies romaines, il est probable que celui-ci ait été construit à l’emplacement d’un ancien temple romain. Fondé en 1018 par les Calvus, seigneurs de Salt, il dépendait de l’abbaye bénédictine de Savigny dans le Rhône.

A deux kilomètres du village on trouve les ruines du château de Donzy qui est un des plus anciens du Forez avec ceux de Bussy et Marcilly. On trouve sa première mention en 1021 et fut donc construit probablement aux environs de l’an mille par les seigneurs-châtelains de Salt en Donzy.

En 1167, le château passa aux mains des comtes de Forez. Les ruines imposantes qui demeurent laissent entrevoir sans aucun doute que ce château fut un des plus massif du Forez. L'influence de Donzy s'exerçait alors sur la plaine, au moins jusqu'à la Loire; mais plus tard l'édification des châteaux de Feurs et de Sury-le-Bois amputa Donzy d'une partie de son mandement et au XIIIe siècle la forteresse ne se trouvait plus plantée au centre mais aux limites méridionales de ce mandement.

Au XIVe siècle, Donzy fit partie du douaire de Jeanne de Bourbon, à la mort de son mari le comte Guy VII et à la place de son fils Jean, incapable. Durant la guerre de Cent Ans(1337-1435), sous la menace de bandes armées à la solde des Anglais elle devint la protectrice du Forez.  Le Forez, l’Auvergne et le Bourbonnais se couvrent de fortifications et ainsi une enceinte fut construite pour protéger les habitants de Donzy. La porte monumentale que l’on peut voir date de cette époque et l’accès n’est possible que lorsqu’on a franchi la Charpassonne, petite rivière qui coule au pied du château.

Armorial de Revel château de Donzy d'après les sources

Un siècle plus tard, le château était en très mauvais état et le connétable Charles III de Bourbon le fit relever et renforcer ses défenses, en raison des tensions qui naissaient entre le Roi de France et l’Empereur germanique Charles Quint auquel il se rallia. Au milieu du XVe siècle, le bourg et la paroisse de Donzy comptent une vingtaine d’habitations abritées derrière de hautes murailles flanquées de tours. Quelques chevaliers et officiers, servant les comtes du Forez, y possèdent des maisons ainsi que des hommes d’armes.

La tradition veut que ce soit dans ce château que se retira le connétable après l'accord signé à Montbrison avec l'ennemi de la France. Le château fut démoli en 1603 à la demande des habitants eux-mêmes car la place était un lieu de refuge pour les maraudeurs et restait un foyer d'insurrection. En 1709, ses restes furent vendus à la famille de la Rivière.

Le château se trouve sur une petite élévation dont l’accès n’est pas aisé et dangereux (voir les photos des vieux panneaux d’interdiction...), les murs n'ayant pas été stabilisés. En contrebas, en direction de la rivière La Charpassone, on trouve une esplanade qui ressemble fort à la basse-cour (voir définition plus bas) et les vestiges de la chapelle Saint-Alban qu’un seigneur du lieu, Arnulf, offrit aux moines du prieuré voisin. Une statue de Saint-Alban provenant de la chapelle castrale se trouve d’ailleurs encore dans l’église du village. Plus bas encore, au bord de la rivière, les nombreux pans de murs et les pierres éparses au milieu des arbres offrent un décor magnifique.


Le site est actuellement en restauration.

Sources:

- Forez-info

- Association de Salt en Donzy

- Panneaux trouvés lors de la visite

- Représentation de Donzy dans l'Armorial de Revel (Bnf, fr. 22297, p. 447)


Photos:

- Jimre (2013)

Basse-cour : (n.f.) Dans un château fort, partie inférieure de l’enceinte placée sous la surveillance du donjon. La basse-cour abrite généralement les éléments non nobles, les communs, c’est-à-dire les bâtiments de service. On parle de baile dans le vocabulaire médiéval. (D'après le site normannia.fr)

Posté le 09-04-2013 20:27 par Jimre

Saint Maurice sur Loire

Photo du château de Saint Maurice sur Loire d'après les sources

Les gorges de la Loire qui se creusent dans la plaine du Forez et celle du Roannais sont resserées par des falaises rocheuses escarpées.

Celles de la rive gauche portent à une douzaine de kilomètres en amont de Roanne un petit château sur un promontoire qui domine aujourd'hui le lac d'un barrage.

Plan du château de Saint Maurice sur Loire d'après les sources

Il comporte un donjon cylindrique réhabilité, enfermé dans une petite enceinte polygonale non flanquée(sans tours). Le village s'est créé au desous, du côté opposé au fleuve.


Sources:

- "L'évolution des châteaux dans la France au Moyen-Age" par André Chatelain.

- Source fournie par Nano.M pour la photo aérienne et le plan: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2013)

Posté le 27-01-2013 19:04 par Jimre

Couzan

Le château domine la vallée du Lignon, non loin de Boën. Depuis la plaine du Forez, on peut l'apercevoir, posé sur son rocher.

Il est composé d'un donjon carré des XIe et XIIe siècles, d'une enceinte et d'un  donjon cylindrique du XIIIe. Enfin, une enceinte du XIVe siècle flanquée de tours rondes ferme le site.

A l'intérieur de la cour, on trouve des logis construits du XIVe au XVIe siècles.


Photos:

- Jimre (2007, 2014, 2016)

Posté le 14-05-2012 20:03 par Jimre

Les Cornes d'Urfé

Photo du château de d'Urfé d'après les sources

Le château d’Urfé dit « Les Cornes d’Urfé » est né de rivalités féodales. En effet, situé  à 927 m d’altitude, il domine trois provinces : le Forez-Roannais, le Bourbonnais et l’Auvergne.

Vers 1130, le  sire de Beaujeu donna la charge à Arnoud Raybe d’Urfé d’établir un poste de surveillance au dessus de Champoly afin de permettre de surveiller les fortifications de Saint Just en Chevalet, Cervières, Crozet et Roanne que le comte de Forez vient de faire élever afin de contrôler la région.

Les débuts sont modestes, avec l’édification d’une grosse tour isolée au sommet d’un rocher qui va permettre à la famille Raybe de tirer profit du lieu convoité par les deux seigneurs jusqu’au jour où en 1234, elle fera définitivement  soumission au comte du Forez.

Deux siècles plus tard fut construit le château que nous connaissons aujourd’hui, au nord de la Tour primitive qui deviendra le donjon. Guichard d’Urfé (1350-1418), sénéchal du Quercy et chambellan du duc d’Orléans, en fut probablement l’instigateur, avant de se faire assassiner.

Au XVe siècle, le château mesure 40 m de long sur 30 de large. Le donjon mesure 18 m de hauteur, son diamètre extérieur est de 8 m et ses murs ont 2,4 m d’épaisseur.

La branche du frère du défunt, Arnoul, continua à posséder le château. Parmi eux s’est distingué  un grand diplomate, Claude (1501-1558), auquel on doit la restauration de la Bastie d’Urfé, à Saint Etienne le Molard.

Quoique délaissée le temps passant, la forteresse fut réaménagée avec le style Renaissance par Anne d’Urfé, frère ainé d’Honoré, auteur de l’ « Astrée ». Anne y vécut sa retraite de chef provincial de la Ligue jusqu’en 1618.

Consolidé une dernière fois en 1704, le château a résisté aux intempéries jusqu’à la Révolution. Il appartenait alors à Durand Antoine de Meaux jusqu’à ce qu’il fut guillotiné à Feurs en 1793. Ses héritiers ont récupéré leur bien  après la Révolution.

Malgré cela, sans nouvelle restauration la bâtisse sera livrée aux vents et aux pillages jusqu’à ce que, en 1979, sur initiative privée, l’association Loi 1901 pour la renaissance d’Urfé, membre de  l’association R.E.M.P.A.R.T., se propose de mener à bien, avec le concours de la population et sous la surveillance de l’architecte des Batiments de France, à la conservation et la restauration partielle du site inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en Juillet 1946.


Sources:

- Panneau près du château

- Source fournie par Nano.M pour la photo: Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen-âge en France, Charles-Laurent Salch, éditions Publitotal.


Photos:

- Jimre (2010, 2018)


Posté le 06-06-2010 19:08 par Jimre

Histoire de Montverdun

Véritable table d’orientation dans la plaine du Forez entre St Etienne et Roanne, non loin de la Batie d’Urfé, situé sur un pic de basalte, cet ancien prieuré aurait dit-on servi de refuge à Porcaire, Abbé de Saint Honorat sur les Iles de Lérins, au 8ème siècle, après qu’il eut été "torturé" par les Sarrasins.

Le monastère habillé de pierres cendrées, fut fondé au 11ème siècle par des bénédictins temporairement remplacés par des chanoines réguliers de l'ordre de St Augustin.

De 1233 jusqu'en 1700 où le dernier moine disparait, des bénédictins de La Chaise-Dieu le desservirent sur ordre de l'archevêque de Lyon, Robert d'Auvergne.

Un des novices de Montverdun deviendra célèbre : Pierre Roger de Beaufort, élu Pape en Avignon sous le nom de Clément VI au 14ème siècle.

Le Prieuré avec 20 moines, au moment de son apogée, était le plus grand monastère casadéen en Forez. Le déclin de l'ordre des Bénédictins entraîna l'abandon du Prieuré et à la Révolution, la Commune devient propriétaire des bâtiments.

Il fut restauré par l’association « Les Amis du Pic » grâce à des chantiers de jeunes et des stages nationaux dirigés par un architecte des monuments historiques.


Sources:

- Article rédigé avec comme source la plaquette de Montverdun

- Site des Amis du Pic


Photos:

- Jimre (2010)

- D. Robles (2022)


Posté le 16-05-2010 08:51 par Jimre

Malleval

Construit sur un éperon rocheux, entre les ruisseaux de l’Epervier et du Batalon, Malleval, la « mauvaise vallée" connaît ses heures de gloire au XIVème siècle, quand Renaud, fils du comte de Forez, en devient le baron prestigieux en 1324. Agrandie par l’acquisition des seigneuries de Virieux et Chavanay, solidement fortifiée, Malleval reçoit en 1336 le siège du baillage qui rend la justice en Forez-Viennois (canton actuel de Pélussin).

Renaud de Forez souhaite faire de Malleval une ville forte, indépendante, jouissant des mêmes privilèges que Montbrison, la capitale du Forez. Gentilshommes, officiers de justice et d’administration animent cette cité qui compte alors près de trois cents maisons de pierre.

Après sa mort et, surtout, après le transfert du baillage à Bourg-Argental en 1482, l’activité de Malleval décline jusqu'à l'incendie dévastateur de 1574, pendant les guerres de religion.

D'après les plaques explicatives situées près du chateau.


Photos:

- Jimre (2008)

Posté le 08-10-2008 19:30 par Jimre