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Maison forte des Allinges

La maison forte des Allinges implantée au cœur du mandement de Fallavier fut construite au XIVe siècle. Lieu de résidence d’une famille noble, la maison forte était aussi le siège d’un domaine agricole. Sur le plan architectural, elle occupe un échelon intermédiaire entre le château et la ferme. Entre sa construction vers 1360 et 1521, la maison forte des Allinges va connaitre trois importantes campagnes de travaux qui vont profondément changer la manière d’habiter de ses occupants, à la fois dans une recherche constante de confort, mais également par une volonté de signaler extérieurement leur appartenance à l’aristocratie.


Sources:

- Site des Journées du Patrimoine 2016


Photos:

- Jimre (2012)

Posté le 16-09-2016 20:02 par Jimre

Fallavier

Le château de Fallavier est agrandi et fortifié en 1280 par le Comte de Savoie. Ainsi constitué en place forte Fallavier est une enclave savoyarde dans le Dauphiné, alors qu'en 1282 débutent les guerres delphino-savoyardes. En 1355, le traité de Paris met fin au conflit et Fallavier devient possession delphinale. A partir de cette date, les propriétaires se succèdent et la fin du XVIIeme siècle, le château est est désigné comme une « vielle masure ».
Reconstruit par un propriétaire privé à la fin des années 1960, le château est aujourd'hui propriété de la commune qui en assure la sauvegarde et la valorisation.


Source:

- Programme des Journées Nationales de l'Archéologie 2016

Posté le 10-06-2016 14:08 par Jimre

Bocsozel

La famille Bocsozel est l’une des plus anciennes familles du Dauphiné, et fut longtemps vassalle des comtes de Savoie.

Le site remarquable situé non loin de la Côte Saint André, est le berceau de la famille. Il accueille dès le Xe siècle un château, fait de terre et de bois. Cet emplacement stratégique, au sommet d’une colline bordant et dominant une plaine, est naturellement choisi pour imposer le symbole leur pouvoir seigneurial. En effet, les seigneurs locaux, le pouvoir royal ne se manifestant plus, s’accaparent ce pouvoir et font de leur château à motte le point de départ et le signe de leur domination.

Très vite la motte castrale originelle se transforme en un château de pierres. Les deux tours qui sont parvenues jusqu’à nous en constituent l’unique témoignage.

La tour ronde, datée du XIIe siècle, est la mieux conservée. Construite en galets, elle est couverte d’une voute en son premier niveau. Cette tour était reliée par un mur de courtine à la seconde, carrée, qui présente une porte et une fenêtre à croisée, probablement du XVIIe siècle.


Sources:

- Panneau situé sur le site


Photos:

- Jimre (2015)


Posté le 06-09-2015 11:24 par Jimre

Pontcharra

Le château Bayard

Le château est assis sur la colline de Brâme-Farine, l'un des balcons de Belledone, sur le territoire actuel de la commune de Pontcharra, dans la vallée du Grésivaudan. L'endroit, situé auparavant dans la paroisse d'Avalon, était appelé Bayard sans qu'on connaisse exactement la signification de ce nom (il existe en Isère un hameau appelé également le Bayard, 50 km au nord-ouest, près de Briord). 

On distingue facilement le château depuis la vallée, à l'est de Pontcharra (à ne pas confondre avec l'élégante tour d'Avalon, située plus haut, un kilomètre environ au nord-est).

L'endroit faisait partie du Dauphiné, près de sa frontière avec la Savoie. Ces principautés, bien que relevant initialement toutes deux du Saint empire romain germanique, étaient presque continuellement en guerre. En 1349, le Dauphiné, ruiné par son prince Humbert II, a dû être vendu (on dit transporté ! ) au royaume de France. Les guerres ne cesseront pas pour autant.

Le château a été construit par l'arrière-grand-père du chevalier en 1404 et non sans mal. En effet, il avait négligé d'en demander l'autorisation au Dauphin (de France), comme c'était la règle pour la construction de toute maison-forte, surtout en zone frontalière. Auparavant, il était vice-châtelain d'Avalon, c'est-à-dire un représentant du seigneur du mandement d'Avalon.

Les habitants de ces contrées subissaient les guerres : les paysans étaient à chaque fois rançonnés, spoliés, décimés ; quant aux aristocrates, malgré la protection de leurs remparts, il leur fallait choisir leur camp, ce qui, en Grésivaudan, n'a pas toujours été facile, spécialement au temps de Louis XI. Selon le Loyal serviteur, les Terrail auraient soutenu le parti des rois de France depuis le 14e siècle et combattu pour eux. Il cite :

- Philippe, tué à Poitiers (1356),

- Pierre (I), tué à Azincourt (1415), 

- Pierre (II), tué à Montlhéry (1465 ), 

- Aymon, le père du chevalier, gravement blessé à Guinegate (1476).

Selon Guichenon, des documents savoisiens font état de la participation d'Aubert Terrail, grand-père de Philippe, au combat de Varey. Comme il s'agit d'une grande victoire dauphinoise, on peut penser que l'origine ou la confirmation de la noblesse des Terrail daterait de ce haut fait. La mort de Pierre II à Montlhéry confirmerait la loyauté des Terrail envers Louis XI, opposé à une faction de la noblesse dans la ligue du bien public .

Pierre Terrail est sans doute né et a passé son enfance dans ce château. En a-t-il été titulaire ? probablemant à un certain moment, puisqu'il a agrandit le domaine, mais ce n'est pas certain (cf. histoire de Bayard). On sait qu'après sa mort, le château a appartenu à son frère Georges, puis à la fille de Georges, Françoise, épouse Copier.

Elle n'a pas eu d'enfant et a vendu le domaine (et ses titres) en 1559 à Jean de Saint Marcel d'Avançon, ambassadeur à Rome (futur surintendant des finances sous Henri II), marié d'ailleurs à une fille Alleman.

Le mariage de sa fille Anne amène le château dans la famille de son mari, Balthazard de Simiane de Gordes (1581), puis dans celle des Simiane de la Coste(Lacoste?) (1677), seigneurs de Montbives et, enfin, à Jacques Durey de Noinville, leur gendre (1735). Depuis 1559, le château n'était plus habité ou très irrégulièrement ; il s'est donc beaucoup dégradé. Pendant les guerres de religion, il a servi de caserne temporaire aux troupes savoyardes et même de prison. Les batailles entre ces troupes et celles de Lesdiguières aux abords du château (1591) n'ont certainement pas amélioré son état. 


Après la Révolution

Le fils de Jacques Durey et de Françoise-Pauline de Simiane, Louis-Alphonse Durey de Noinville, émigré sous la Révolution, a été le dernier seigneur de Bayard. Ses biens ont été saisis et vendus en 1795. Un officier en garnison au fort de Barraux, le colonel Maurin, a voulu alors sauver les archives du château.

Il les a rassemblées dans dix caisses qu'il a expédiées à un ami parisien. Ces caisses ne sont jamais arrivées à destination. Ainsi ont disparu les archives de la famille Terrail.

Le château, lui, était en ruine bien avant la Révolution. Ses pierres avaient même servi de matériau de construction alentour, malgré les protestations de quelques érudits dauphinois (plus tard, en 1823, on en utilisera pour constituer le socle de la statue de Bayard, place St-André). Plusieurs propriétaires se sont succédés — huit entre 1795 et 1811 — mais ils n'ont ni habité ni restauré le château. Il en sera de même entre 1819 et 1854, avec le propriétaire Antoine Delandine de Saint-Esprit, auteur d'un livre sur Bayard et prête-nom du roi Charles X. Couvert de dettes, Delandine vend le domaine aux enchères ; c'est Jacques Raffin qui l'achète.

En 1858, le curé de Grignon, Jean-Baptiste Bertrand, s'y aménage une demeure pour sa retraite en réparant au mieux une partie de la bâtisse, avec l'accord et l'aide du propriétaire légal (Raffin).

Alphonse Daudet a visité le château en 1880. Il en a laissé un témoignage dans son roman Numa Roumestan, dans lequel c'est son [anti]-héros qui effectue cette visite depuis la station thermale d'Arvillars [Allevard]. Daudet nous donne quelques précisions : le château Bayard, dont les deux tours poivrières, piètrement restaurées, se distinguaient sur un plateau. [...] Une servante ..., aux ordres d’un vieux prêtre, ancien desservant des paroisses voisines, qui habite Château-Bayard, a la charge d’en laisser l’entrée libre aux touristes.

Le château a été classé monument historique en 1915.

En 1942, les papeteries de Moulin Vieux à Pontcharra, achètent la demeure au fils Raffin ; leur PDG, Paul Escarfail, va habiter, consolider et restaurer la maison. Il sera président des Amis de Bayard jusqu'en décembre 1993.

Le château appartiendra par la suite à plusieurs personnes privées. En 1975, sous le mandat de Jean Menetrey, la mairie de Pontcharra a signé un bail emphytéotique avec le propriétaire l'autorisant à installer un musée dans la maison carrée.

Un élément intéressant de la décoration du château a été sauvé vers 1807. 

C'est la tapisserie de Château Bayard. Elle est conservée dans un musée londonien.


Sources:

-Article repris avec l'aimable autorisation de son auteur sur le site lechevalierbayard.free.fr


Photos:

- Jimre(2014)

Posté le 14-03-2015 19:46 par Jimre

Montfalcon

Montfalcon est situé non loin de roybon sur le plateau de Chambaran, à la limite Isère-Drôme.

L’histoire originale de ce site se démarque des autres fortifications de Chambaran. La construction de ce château, siège d’une commanderie des Hospitaliers de saint Jean de Jerusalem, est directement liée à la position de frontière qu’occupe alors le plateau de Chambaran entre Dauphiné et Savoie. Le site ne servira que très peu de temps.

Vers 1327, alors que les guerres connaissent un regain de violence, une fortification est édifiée sur ordre du dauphin, où « tous les hommes de la paroisse doivent se rassembler ». Il s’agit bien d’un déplacement forcé de la population destiné à protéger les habitants « des ennemis du Dauphiné ».

D’ailleurs, château et bourg fortifié ne se justifiant plus après le traité de 1355 avec la Savoie, les habitants s’installent à nouveau dans tout le terroir. Parallèlement dans la vallée, au bord de la Galaure, se met en place le nouveau village.

Malgré la faiblesse des vestiges encore visibles, il est possible de restituer à grands traits, aidé par les documents anciens, le plan du château et du bourg attenant. Clos par des remparts, l’ensemble formait un grand quadrilatère irrégulier d’environ 1 demi-hectare.

La grande tour quadrangulaire ou donjon composait l’essentiel du château.

Le premier étage montre encore une porte à arc en plein cintre (restaurée), ouverte à la fois sur un escalier extérieur en bois et sur le chemin de ronde (disparus tous les deux).

Voir la photo de la reconstitution dans le diaporama.


Sources :

Panneau situé près des ruines.


Photos :

-Jimre (2014)


Posté le 10-11-2014 15:04 par Jimre

Surieu

Surieu est un site perché à une centaine de mètres au-dessus de la vallée de la Sanne, rivière de direction est-ouest qui prend sa source non loin de Montseveroux et se jette  dans le Rhône entre Le Péage de Roussillon et Chanas, vers Salaise sur Sanne. Il s’intègre, au flanc du plateau de Bonnevaux dans la commune actuelle de Saint Romain de Surieu et dans l’arrondissement de Vienne, en Isère. 

Ce site, ancien castrum est connu des promeneurs  pour sa grosse tour ronde et son église rénovée depuis qu’une communauté de Carmélites s’est installée là il y a 30 ans. A cette occasion d’ailleurs des fouilles de sauvetage ont eu lieu en 1982-1983. Une étude, rédigée par la suite sur ces fouilles est disponible sur le site internet de « Persee »  et sert de base à notre article. 

Nous vous conseillons d’aller voir l’étude qui a permis notamment de mettre au jour des silos et un four de potiers avec son chargement. 

« C’est au début du Xe siècle qu’apparaissent deux mentions de Surieu :

-En 908, l’archevêque de Vienne, Alexandre, donne la permission à son féal appelé Frodac, de bâtir une église à Notre Dame sur son propre fonds, en un lieu dénommé « in Auromonte ». Il lui donne en même temps la dîme de Surieu que Frodac tenait de Saint Maurice et d’autres taxes pour l’entretien du luminaire des clercs. Il n’est pas évident que cette église soit celle de Surieu. Un légende tenace rapporte que Frodac, jaloux, avait enfermé jusqu’à leurs mort sa nièce et son mari dans la grosse tour de Surieu.

Vers 1075, Pons, surnommé Hector, restitue à l’abbaye Saint Pierre de Vienne des églises qu’il avait eu en sa possession, dont la chapelle de Sainte Marie, dans le château de Surieu, en dehors du château l’église paroissiale de Saint Romain, ainsi que d’autres églises aux environs proches.

Cette restitution est importante car elle prouve que la chapelle et l’église paroissiale avaient été bâties avant l’usurpation laïque. La suite de la charte nous apprend que ce même seigneur donne pour le bien de son âme et pour sa famille, un grand jardin où les moines de Saint Romain pourront prendre le bois nécessaire pour se chauffer, pour édifier et clore leur prieuré et leur jardin, planter leurs vignes.

La famille de Surieu entre dans la vassalité de l’église de Vienne au XIIIe siècle. En Mai 1237, le chevalier Guillaume de Surieu cède au chapitre de la cathédrale Saint Maurice ses possessions dans les paroisses d’Assieu et de Sonnay, un moulin situé au-dessous du château de Surieu et le bois des Garins, sous le cens de 10 livres viennoises.

A cette date, Artaud de Roussillon cautionne l’acte de soumission de Guillaume de Surieu, mais une trentaine d’années plus tard, Artaud donne à son fils Guillaume plusieurs de ses biens dont le château de Surieu. C’est donc au milieu du XIIIe siècle, sans que nous sachions pourquoi, que la famille de Surieu perd ses possessions et la lignée des Surieu disparait au milieu du XVe siècle.

Au XIVe siècle, le mandement de Surieu va se réduire à Surieu même et à Assieu. Par héritage direct ou collatéral, Surieu se maintient dans la succession de la famille de Roussillon durant un siècle. Puis les terres de Surieu ainsi que le château sont vendues plusieurs fois jusqu’à ‘à la révolution.

Entre 1075, date à laquelle a lieu la restitution de biens du dénommé Pons, et le parcellaire de 1641, l’évolution de la seigneurie et du du mandement reste difficile à cerner. Un changement s’effectue vraisemblablement début XIVe siècle lors du partage de la seigneurie de Surieu entre les Sires de Roussillon-Annonay et les Sires d’Allins (Illins ?).

Fin XVIe siècle figure dans les textes, le double intitulé de mandement de Surieu et de Terrebasse pour les textes de Saint Romain et de la Chapelle, tandis que les fonds de Surieu et d’Assieu sont sis uniquement dans le mandement de Surieu.

La chapelle  de Surieu ne devient église paroissiale que très tardivement, en 1887, après restauration. Antérieurement, son emplacement, son statut, font penser à une chapelle castrale. Nous avons vu que ce lieu de culte est mentionné en 1075 et il se peut que la construction citée « in Auremonte » soit bien sur le site de Surieu, ce qui nous mènerait au début du Xe siècle. Elle conserve d’ailleurs déposé à l’intérieur de ses murs des témoignages importants d’une construction médiévale : un très beau chapiteau de pilastre, un corbeau décoré d’une tête de personnage remarquablement sculpté. La façade possède plusieurs remplois sculptés de visages ou d’entrelacs. Par contre, les élévations intérieures et extérieures de la nef et de l’abside sont modernes ou datent de la restauration du XIXe siècle. La travée de chœur parait être la partie la plus ancienne, mais rien ne prouve que ces élévations soient celles du bâtiment du IXe siècle…

Le cadastre datant de 1641 nous précise les mensurations et l’estimation des fonds du mandement. Il a pour origine la décision de l’arrêt royal de 1636 en vue d’un dénombrement des biens dans le Dauphiné. Dans ce parcellaire, sont mentionnés les biens des différents possesseurs en indiquant la qualité du fond, les limites des terres suivants les quatre points cardinaux, leurs surfaces et enfin la taxe foncière. L’analyse du parcellaire permet la reconstitution de la physionomie de Surieu au XVIIe siècle. On mentionne les murs de l’enceinte sur trois cotés (au nord, à l’est, à l’ouest et une petite partie au sud-est). Du coté méridional de la parcelle tenue par le sieur de Gorces, dans Surieu, la mention de mur ou barrière n’apparait pas. Cette portion de rempart avait donc déjà disparue. Il est à noter que le terme de Surieu n’indique pas seulement la surface intérieure des remparts. Il s’applique aussi pour trois vastes parcelles au nord des murs, le long du chemin descendant vers la rivière de la Sanne…

Toutes les maisons sauf une citées dans le parcellaire existent encore et cette photographie du site livre un témoignage de l’économie rurale avec les jardins attenants aux maisons et des jardins particuliers aux abords des remparts.

Parmi les propriétaires se distingue le sieur de Gorces, qui possède deux grandes parcelles. Il est nommé sire, même s’il reste roturier et habite la plus belle maison de Surieu : « le château ». Cette dénomination particulière subsiste jusqu’à la mort d’Alexandre Pérouse en 1742.

La plupart des habitants sont agriculteurs mais on trouve également un maréchal, un cordonnier, des hôtes et des hôtesses, un notaire, ce qui laisse à penser que Surieu a gardé une activité économique, même si il y a eu déplacement de l’habitat vers les villages de Saint Romain et de La Chapelle dans la vallée de la Sanne avec développement de l’agriculture et création de moulins. »

Sources:
- Etude archéologique sur Persee

Photos:
-Jimre (2014)

Posté le 10-11-2014 13:39 par Jimre

Montseveroux


En 430, meurt à Vienne Saint Sévère. Les origines de Montseveroux seraient liées à la légende du Saint.

De 970 à 1057, sept chartes du Cartulaire de l’Abbaye Saint André le Bas parlent de donations de terres, vignes, prés, maisons sis à Montseveroux.

En 1318, Raymond de la Balme reçoit une partie de Montseveroux, au partage des biens des frères Humbert et Hugues de Seyssuel.

En 1326, mort de Dom Jean de Bourgoin, curé de Montseveroux.

En 1336, un acte est passé au lieu-dit de Bessey, mandement de « Mont Savoureux ».

En 1357, Hugues de la Tour, dit Turpin, chevalier, seigneur d’Illins et des Côtes d’Arey, reçoit Montseveroux par sentence arbitrale.

En 1383, ce même Turpin obtient les lettres patentes de Charles VI pour établir une foire à Saint Sulpice.

En 1393, Turpin meurt sans enfant d’Alix d’Uzès, dame d’Ay. Il teste en faveur de Guillaume de Tournon, beau-fils de sa sœur Billette de la Tour, femme d’Archimbaud de Groslée.

En 1396, Guillaume IV de Tournon, fils de Guillaume III et d’Alix d’Uzès, remariée à Hugues de la Tour, épouse Eléonore de Grolée.

En 1462, Guillaume V de Tournon, dont l’épouse est Antoinette de la Roue depuis 1421, est seigneur de Quinsonnas, Montseveroux, La Tour du Pin en partie et les Côtes d’Arey. Il vend par la suite les Côtes d’Arey à Georges de Poisieu.

Jacques de Tournon, leur fils est marié à Jeanne de Polignac. Il est seigneur de Quinsonnas de la Tour du Pin en partie et de Montseveroux. 

En 1501, il teste et laisse Just Ier de Tournon, seigneur de Quinsonnas, de la Tour du Pin en partie et de Montseveroux.

En 1532, avec sa sœur, Blanche de Tournon, veuve de Jacques de Coligny, il acquiert le comté de Roussillon. De Jeanne de Vissac, son épouse, il laisse : Just II de Tournon, comte de Roussillon, seigneur de Quinsonnas, la Tour du Pin en partie et Montseveroux.

En 1535, Just II épouse Claudine de la Tour d’Auvergne de Turenne. 

En 1540, il donne le dénombrement de Montseveroux, déclarant le château ruiné et inhabitable(Le dénombrement devait être donné par le vassal, c'est-à-dire par le propriétaire du fief servant, et non par l'usufruitier).

Son fils Just-Louis de Tournon est comte de Roussillon, seigneur de Quinsonnas, de la Tour du Pin en partie et de Montseveroux, bailli du Vivarais et sénéchal d’Auvergne.

En 1609, il vend Quinsonnas et la Tour du Pin à François de Bonne, duc de Lesdiguières

Marié à Madeleine de la Rochefoucaud, il laisse : Just-Henri de Tournon, comte de Roussillon, seigneur de Montseveroux, lieutenant général en Languedoc, chevalier de l’Ordre du Roi, maréchal des Camps er Armées de Sa Majesté, qui épouse en premières noces Charlotte de Levis et en secondes noces Louise de Montmorency.

En 1638, vente de Montseveroux à Louis de Leusse, seigneur de Givray et des Côtes d’Arey.

En 1655, de Leusse revend Montseveroux au prix de 1500 livres à : Antoine du Puy de Murinais, seigneur de Bellegarde, Bozancieux et Revel, conseiller du Roi, procureur et Syndic des Trois Ordres de la Province du Dauphiné.

En 1658, son épouse Anne-Barbe d’Avrilly, prête hommage pour Montseveroux. Leur fils, Abel du Puy de Murinais, est seigneur de Bozancieux, de Bellegarde et de Moras.

En 1685, il rend hommage pour Montseveroux et Bozancieux, déclarant posséder la terre de Montseveroux et une vieille masure qui était autrefois le château.

En 1691, il épouse Françoise Falcoz du Métral.

Début XVIIIe siècle, Jean-Baptiste et Antoine de Mazières, fils d’Antoine de Mazières et de Marie Constancin, sont seigneurs de Bozancieux et Montseveroux. 

En 1718, Jean-Baptiste de Mazières, vi-bailli de Vienne, épouse dame Bogal. 

Anne et Françoise Tholon, filles de leur sœur Françoise et de Jean Tholon (mariés en 1759) de Saint Jean de Bournay, héritent des châteaux de Montseveroux et de Bozancieux que leur lègue leur oncle de Mazières.

Par la suite, Françoise Tholon de Vatières (fille de N. Tholon et de Françoise de Mazières, de Montseveroux et sœur de Noble Antoine Tholon de Vatières) et  épouse Claude Berger de la Villardière, avocat au Parlement de Grenoble. Elle apporte en dot les terres de Montseveroux, de Cour, de Buis et Bozancieux.

En 1776, leur fils, Claude Berger de la Villardière épouse Françoise de Querenet. Il meurt au début du XIXe siècle sans enfant. Ce fut le dernier seigneur de Montseveroux.

Le château passe par la suite dans la famille Servonat, notaires depuis deux siècles à Montseveroux, qui est devenu un canton comprenant Cour, Montseveroux-mileu et Poussieu.

Le château abrite actuellement l’école du village.

Article tiré du panneau à l’entrée du château et signé de Mr Piotrowski.






Posté le 09-11-2014 20:07 par Jimre

Clermont-Tonnerre

Berceau de la famille de Clermont au XIe siècle, une des plus illustres et puissantes du Dauphiné médiéval, ce château se dresse sur une vaste éminence dominant le paysage alentour. Au centre d'une double enceinte qui abritait les maisons d'un petit bourg castral et une chapelle, se trouve le coeur du dispositif défensif formé d'un remarquable donjon pentagonal sur motte protégé par une courtine. Soigneusement construit en un bel appareil de tuf à bossage, ce donjon date sans doute du XIIIe siècle.

Monument historique.


Source:

- Base Isere-patrimoine

Posté le 09-11-2013 09:23 par Jimre

Saint Pierre d'Entremont

Le château d’Entremont se situe dans l’Isère. On le nomme également château du Gouverneur.

Il fut édifié au début du XIVe siècle lors des guerres delphino-savoyardes. Il prit la suite du château de Montbel, dont les ruines existent au hameau de la Teppaz, sur la commune de Saint Pierre d’Entremont(Savoie).

La famille de Montbel d’Entremont, vassale des comtes de Savoie, changea de camp en 1306 et s’allia au Dauphin. Cette « trahison » fut aussitôt punie et le château de Montbel fut pris après un court siège. C’est sans doute après cet épisode que Rollet de Montbel, seigneur d’Entremont, fit construire un nouveau château sur la rive gauche du Guiers-Vif, qui forma dès lors la frontière entre les deux Etats et qui forme encore aujourd’hui la séparation entre l’Isère et la Savoie.

Le château fut incendié en 1633 sur ordre de Richelieu puis acheté et réparé par les Chartreux, puis repris par le Gouvernement à la Révolution.

Il est actuellement la propriété de l’Office National des Forêts.

Sources:

- Panneaux situés dans le château

Posté le 06-10-2012 19:40 par Jimre

Vienne

Le site de Vienne est un site prédestiné. La ville s’est développée avec un  fleuve, le Rhône, qui a creusé des petites plaines, l’Estressin et l’Ile avec des terrasses soustraites aux crues, enserrées entre deux défilés, celui de Givors et de Condrieu, au pied d’un hémicycle de collines. On y trouve aussi deux affluents du Rhône, La Gère et le ruisseau de Saint Marcel.

Les cinq sommets dominant le paysage viennois se nomment en partant du nord  mont Salomon, mont Arnaud, mont Pipet, mont Sainte Blandine et enfin mont Saint Just.

La colline du mont Pipet est longée par l’ancienne voie gauloise puis romaine. Le sommet est aménagé à l’époque romaine en plate-forme terminée à l’est par un hémicycle (125mx87m) avec d’importants murs de soutènement encore visibles. Cette aire sacrée avec des temples forme un axe monumental avec le théâtre, l’Odéon (il n’existait que deux Odéons en Gaule, celui-ci et celui de Lyon) et le forum en contrebas.

Le site est transformé par les Burgondes au début du Moyen Age en forteresse.

Vienne passe ensuite sous le contrôle des Francs. La ville semble épargnée par les raids sarrasins qui vont jusqu'à Autun, puis passe sous le contrôle de Charles Martel qui nomme le comte Theudoin pour administer la région.

En 879, au concile de Mantaille, le comte Boson, beau frère de l'Empereur Charles le Chauve, est fait roi de Bourgogne par un collège d'Evêques de ses partisans. Vienne, sa capitale, est alors assiégée à plusieurs reprises par le parti légitimiste soutenant les nouveaux Empereurs.

En 884, il est finalement reconnu comme roi de Provence à la fin de la guerre. Il meurt à Vienne en 887 et est enterré dans la cathédrale Saint Maurice.

En 1023, le comté de Vienne est donné à l'évêque de Vienne. Le donjon carré situé au Pipet est donc remis à l’Eglise de Vienne.

Les pouvoirs de l'évêque-comte sont  renforcés lorsque le royaume de Bourgogne passe à l'Empire germanique en 1030.

A partir de 1285, le château du Pipet est possession des chanoines de la Cathédrale, alors que, sur le mont Salomon, le nouveau château de la Batie appartient à l’archevêque. Il est construit par l’archevêque Jean Bernin au XIIIe siècle sur la rive opposée de la Gère.

Le fait majeur marquant Vienne ville d'Empire est le concile de Vienne qui siégea entre le 1er octobre 1311 et le 11 mai 1312. Environ cent dix prélats (sur les trois cent conviés) venus de toute la chrétienté, le pape Clément V, le Roi de France Philippe le Bel ainsi que ses fils, Louis d'Évreux frère du roi, Enguerrand de Marigny, Guillaume de Nogaret et Plaisians ainsi qu'une multitude de barons et de chevaliers venus de France, seront présents pour le prélude de l'histoire des Rois Maudits qui fera suite à l'abrogation de l'ordre des Templiers, comme demandé dans la bulle pontificale Vox in excelso, le 22 mars 1312.

Par la bulle Ad providam Christi Vicarii du 6 mai 1312, Clément V attribua les biens du Temple aux Hospitaliers. Le 6 mai 1312 le pape promulgua une autre bulle, Considerantes dudum, fixant le sort des Templiers, en les divisant en deux catégories : ceux qui avaient avoué et les autres.

Aux XIVe et XVe siècles, la forteresse de Pipet est un enjeu dans les conflits entre les chanoines, l’archevêque et le Dauphin.

Au XVIe siècle, elle est disputée au cours des guerres de religion avec plusieurs pillages dont celui du Baron des Adrets en 1562 et celui de Paulon de Mauvans en 1567 ainsi que  pendant la guerre entre les Ligueurs et le roi Henri IV.

La politique du Cardinal Richelieu contre les féodaux et les Huguenots aboutit à un arrêt de 1633, ordonnant la destruction des places fortes du Dauphiné. Résultat, les fortifications de Pipet et de la Batie sont détruites.

Le mont Pipet revient alors à nouveau au Cultuel. Il est consacré par les Viennois à la Vierge Marie, avec l’installation en 1858 d’une statue en pierre de Volvic sur une tour en briques, puis la construction en 1873 d’une chapelle de pèlerinage en l’honneur de Notre Dame de la Salette.

Sources:

- Panneaux situés sur le Mont Pipet

- Wikipedia


Posté le 12-06-2012 20:15 par Jimre

Virieu

Le château

Le château  est situé non loin du lac de Paladru. Il a appartenu aux de Virieu à l’origine puis aux Clermont pendant plus de trois siècles. Il sera ensuite vendu aux Prunier de Saint André. La famille de Virieu rachètera le château à nouveau en 1874 où elle l’habite encore.

Une origine discutée

A la fin du XIX siècle, M Allmer, historien, émet une hypothèse intéressante :

« Charancieu était traversé par une route très fréquentée à l’époque romaine. Une famille romaine du nom de Carentius donna son nom à deux terres qu’elle possédait à Charancieu. Vers 1860, la construction de la ligne de chemin de fer a dégagé les restes d’une grande Villa (un grand domaine agricole), non loin de l’église Saint-Martin à Chélieu. Au cours des travaux, des murs, des fragments de statues et de mosaïques ont été vus, qui indiquaient la présence d’une riche demeure antique. Le propriétaire originel de cette grande villa gallo-romaine donna son nom à cette partie de la vallée que traverse la Bourbre, appelée dès lors Caduliacum, devenu Chélieu. Très vraisemblablement, là demeura un membre de la puissante famille Vireius, dont la présence est révélée par des inscriptions à Vienne, à Aoste, à Domessin et ailleurs. De la famille Vireius, cette partie de la vallée de la Bourbre reçut le nom de Virieu. Cependant, il semble que la famille féodale ne soit pas la continuation de la famille romaine Vireius. Elle aurait simplement prit le nom de la terre où elle bâtit sa première demeure ».

Eric Verdel, archéologue de la conservation du Patrimoine de l’Isère- habitant de Virieu - semble aller dans le sens de cette thèse, du moins en ce qui concerne l’origine du nom Virieu.

D’après lui, les Virieu pourraient descendre de la vieille famille aristocratique qui habitait la villa de Chélieu. En effet, leur nom dérive du latin « vir », mot qui désigne un « homme noble » en latin du bas Empire et du haut Moyen-Age.

Cette hypothèse est renforcée par la permanence de l’occupation dans la vallée depuis l’époque romaine : si le domaine de Chélieu a effectivement appartenu à la même dynastie de grands propriétaires terriens pendant sept ou huit siècles, celle-ci a pu conserver le pouvoir par la suite.

Au début du XIème siècle, son représentant aurait alors abandonné la villa de ses ancêtres pour s’établir sur les hauteurs en y faisant construire un château sur motte, mieux adapté à la défense et plus symbolique du pouvoir féodal qui se met en place.

« En Dauphiné !!! » Points de repères de l'histoire de Virieu

A l'époque féodale, à l'heure de la toute-puissance des seigneurs, le village est installé dans la pente, sous le château (le "haut-Virieu"). Le bourg comprend en son sein au moins une maison-forte (maison dite "la Tour").Il est entouré de remparts, percés de plusieurs portes.

Nul ne semble avoir jamais retrouvé dans les archives si Virieu donna son nom à ses premiers seigneurs ou le reçut d’eux, mais il est fait mention du château édifié par Wilfrid de Virieu et de ses propriétaires dès l’an 1043. La maison forte défendait la vallée de la Bourbre, dans les « Terres froides » du Dauphiné.

En 1220, le château sort de la famille de Virieu par le mariage de Beatrix de Virieu avec Sibaud ou Siboud de Clermont.

 

Le conflit entre le Dauphiné et la Savoie.

Lors du dernier épisode de la guerre, (XIIIème siècle), la vallée de la Bourbre se couvre de maisons-fortes (Virieu, mais aussi Châbons, Blandin, Chassignieu, Chélieu...), résidences de seigneurs jurant fidélité à l'un et l'autre camp. Ainsi Virieu est dauphinois tandis que Châbons est savoyard...

La situation se stabilisera avec le traité de paix, puis en 1349, lors du rattachement du Dauphiné au royaume de France.

Il n'empêche : la frontière, sur le Guiers, est à moins de 20 kilomètres !

Louis XIII y dormit en 1622 au retour de la « Paix de Montpellier ». En récompense, une chambre ayant été refaite uniquement pour sa venue, il y laissa 5 canons sans doute pris aux Calvinistes.

En février 1790, au lendemain de la Révolution, la première municipalité de Virieu adopte son drapeau avec armoiries sur lequel elle fait broder ces mots « Municipalité de Virieu en Dauphiné ».

 En 1861, la compagnie ferroviaire qui venait de terminer la construction de la ligne de chemin de fer de Lyon à Grenoble décida de dénommer la gare « gare de Virieu-sur-Bourbre » (celle-ci se trouve sur la commune de Panissage), ceci afin d’éviter toute confusion avec la gare de Virieu-le-Grand, dans l’Ain...

L’administration des Postes et Télégrammes suivra à son tour cette option. C’est approximativement à partir de cette période que l’on peut remarquer, et cela jusque dans les années 1950, que le courrier est oblitéré avec le cachet «Virieu-sur-la-Bourbre»puis « Virieu-sur-Bourbre ».

C’est ainsi que le village sera usuellement et à tort appelé Virieu-sur-Bourbre, du nom de la rivière qui traverse la vallée (Borbo, au Moyen Age). Quant à l’origine du nom donné à cette rivière, étymologiquement l’on pourrait y voir « Borbo », le nom du dieu gaulois de la source.

Certains voient comme origine le mot local issu du patois « la borba » ou « la bourba » c’est-à-dire la boue. On comprend que cet ajout à Virieu ne soit pas d’une consonance flatteuse.

Officiellement, seule l’appellation « Virieu » existe, mais différentes administrations territoriales semblent hésiter sur le nom exact à donner à notre village.

Aussi, en 2008, la municipalité de Virieu a chargé la commission «informations et communication» d’étudier et de proposer au conseil municipal un logo pour la commune. Comme Il n’y a qu’une seule commune répondant au nom de Virieu dans le département de l’Isère, le conseil a validé et conservé le nom de la commune qui est, et restera « Virieu » comme précisé sur le logo.

Posté le 11-06-2012 19:59 par Jimre

Clermont-Tonnerre

Histoire de la Maison de Clermont-Tonnerre

La maison de Clermont-Tonnerre est originaire du Dauphiné, du petit village de Clermont (faisant aujourd'hui partie de la commune de Chirens) situé en haut d'une colline près du Lac de Paladru. Non loin de ce village subsistent les ruines d'un château féodal construit au XIIe siècle par les premiers Clermont.
D'après la légende, ce nom de Clermont viendrait de la situation géographique de leur château sur un mont, éclairé par le soleil, Clair-mont. Leurs premières armes étaient d'ailleurs parlantes : un mont surmonté d'un soleil.
Le comté de Tonnerre leur est venu à la fin du XVe siècle du mariage de Bernardin de Clermont, vicomte de Tallard, avec Anne de Husson, comtesse héritière de Tonnerre en 1496.
Le duché de Clermont a été créé au XVIe siècle, en faveur d'Henri de Clermont.


Les Clermont et le Dauphiné

Le premier Clermont connu est Sibaud I, seigneur de Clermont et de Saint-Geoire, actuellement dans le département de l'Isère. Il possédait au moins huit châteaux parmi lesquels ceux de Saint Geoire, de Montferrat, de Chirens ou encore de Châbons. Il participa à la croisade de 1096, et fut marié à Adélaïs d'Albon fille du Dauphin du Viennois, et petite-fille de l'empereur Henri III et d'Agnès de Poitiers.
En 965, époque à laquelle les Sarrasins sont entièrement expulsés du sud, le Dauphiné se trouve partagé en plusieurs petits États indépendants ou ‘’principautés’’ qui s’agrandirent aux dépens des royaumes d’Arles et de Bourgogne. Ce fut alors que les chefs de ces royaumes, après avoir tenté en vain de réduire ces nouveaux États, leur accordèrent les droits de régale et tous les attributs de la souveraineté, dont ils jouissaient de fait depuis plusieurs générations. Les titres de rois d’Arles et de Bourgogne ne furent plus que de simples qualifications honorifiques, servant à perpétuer le souvenir d’une puissance qui avait cessé d’exister.
Les nouvelles principautés furent fondées par le clergé et la noblesse, défenseurs de la religion et libérateurs du pays. L’archevêque d’Embrun et l’évêque de Grenoble gouvernèrent sous la dénomination de princes, l’archevêque de Vienne et les évêques de Valence, Gap et Die, sous celle de comtes. Leur vasselage était considérable, et ils intervinrent dans la plupart des guerres du Dauphiné de Provence et de Savoie.
Parmi les princes laïcs figurent les comtes d’Albon, devenu dauphins de Viennois, les comtes de Savoie, de Salmorenc, de Valentinois et de Diois, et les barons de la Tour du Pin, dauphins de 1281 à 1349, ceux de Clermont, de Sassenage, de Mèvouillon et de Montauban. Tous ces princes marchaient de pair, sinon en puissance, du moins en autorité. Dans tous les traités que les barons de Clermont passèrent jusqu’en 1340, avec les dauphins de Viennois et les comtes de Savoie, ils stipulèrent toujours d’égal à égal, sans aucune espèce de subordination. Tous ces grands et puissants seigneurs disposaient d’une cour, de barons, d’une armée, de tribunaux, et tous usaient des mêmes droits dans leur domaine.

Les plus importantes de ces souverainetés, celles des comtes de Savoie, de Diois et de Valentinois, furent les seules qui subsistèrent au-delà du XIVe siècle. Les autres affaiblies par des aliénations partielles, et souvent privées, dans des guerres trop inégales, des secours qu’elles tiraient de leurs confédérations avec les princes ecclésiastiques, renoncèrent successivement à leur indépendance, et reconnurent la suzeraineté de ces trois États plus puissants. La maison de Clermont, qui par le nombre de ses vassaux et l’étendue de ses possessions avait pu résister plus longtemps aux tentatives de la force et de la persuasion, fut la dernière à renoncer à ses prérogatives. Le traité qui réunit la baronnie libre et souveraine de Clermont au domaine delphinal date de l’an 1340. Les plus grands honneurs et un accroissement considérable de domaines furent le prix de ce sacrifice. Le baron de Clermont fut créé premier pair, connétable et grand-maître héréditaire de Dauphiné. De telles charges firent des barons de Clermont les premières personnes en dignité après le dauphin. Il n’y avait en Dauphiné que quatre baronnies d’état ou pairies, celle de Clermont en Viennois, celle de Sassenage, celles de Bressieux et Maubec qui n’en formaient qu’une, et celle de Montmaur en Diois.

Depuis la réunion du Dauphiné à la France, la maison de Clermont a conservé tous les caractères de grandeur et d’illustration qu’elle tirait de son origine. Henri, créé duc de Clermont, pair de France, par brevet du 1er mai 1571, confirmé le 10 juin 1572, aurait transmis à ses descendants la première pairie laïque du royaume, si le défaut d’enregistrement au parlement n’eût éteint en sa personne l’effet d’une concession qui assurait à la maison de Clermont le premier rang à la cour de France, comme elle l’avait eu à celle des dauphins de Viennois. Mais les services rendus par cette maison à l’État, à l’Église, ses alliances, l’ancienneté et le lustre de son origine, et les charges éminentes auxquelles elle a été appelée, marquent assez son rang parmi les plus considérables du royaume.


Les devises de la famille

SI OMNES TE NEGAVERINT, EGO NUMQUAM TE NEGABO : "Encore bien que tous vous nient, moy jamais je ne vous nieray". On la trouve plus souvent et plus simplement sous cette forme : ETIAM SI OMNES EGO NO : "si tous pas moi". Elle apparaït au XIIe siècle. Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne, est élu pape à Cluny, le 1 février 1119, et couronné à Vienne, le 9 du même mois, sous le nom de Calixte II, mais s'oppose à lui l'anti-Pape Bourdin. Sibaud II, baron de Clermont, escorte le nouveau pontife à Rome, à la tête d'une armée levée à ses frais, et après  avoir chassé l'anti-Pape Bourdin (dit Grégoire VIII), l'installe sur le siège de Saint-Pierre. En reconnaissance d'un tel service, Calixte II, aurait accordé, par une bulle de 1120, au baron et à ses successeurs l'autorisation de porter dans leurs armoiries deux clefs passées en sautoir, à les surmonter de la tiare papale et de la devise de Saint Pierre. Ce privilège a été confirmé par le pape Boniface en 1296.

La branche des Clermont-Montoison adopta une autre devise qui était : A LA RESCOUSSE MONTOISON, en référence à Philibert de Clermont dit "le brave Montoison", chambellan des Rois Charles VII & Charles VIII, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur de Ferrare, qui sauva le Roi Charles VIII à la bataille de Fornoue (6 juillet 1495). Alors que ce dernier était encerclé, il cria : "A la rescousse Montoison".

 


Parmis les familles alliées aux Clermont, on peut citer :

d'Albon, de Sassenage, d'Hauterives, de Bourgognes, de Rohan, de Bourgogne, de Crussol, d'Aigneaux, de Durfort, Le Clerc de Juigné, de Merode, de Laguiche, de Virieu, de Savoie, de Poitiers, de Husson, de La Marck, de Luxembourg, de Pernes, Le Tonnelier de Breteuil, de Boulainvilliers, de Cossé-Brissac, de La Tour du Pin, de Noailles, de Biancourt, de Rohan-Chabot, de Tramecourt, de Rochechouart de Mortemart, de Rouvroy, de Lévis, de Vivonne, de Coucy, de Montmorency, de Bourbon-Busset, de La Rochefoucauld, de Pérusse, de Rougé, de Beauvau, de Lur-Saluces, de Courtivron, d'Amboise, de Gondi, de Lordat, de Mascrany, de Liedekerke, d'Harcourt, etc.

Comme toute famille de la noblesse, les Clermont-Tonnerre ont porté de nombreux titres parmis lesquels :

    Baron souverain de Clermont (jusqu'en 1340)
    Vicomte de Clermont-en-Trièves, premier baron, connétable et grand-maître héréditaire du Dauphiné (1340)
    Vicomte de Tallard (1439)
    Comte de Tonnerre (1496)
    Comte de Clermont en Viennois (1547)
    Duc de Clermont, pair de France (1571)
    Duc de Tonnerre (1572)
    Marquis de Cruzy et de Vauvillers (1620)
    Comte de Thoury (1629)
    Marquis de Montoison (1630)
    Duc de Piney-Luxembourg et Pair de France (1631)
    Prince de Tingry (1631)
    Barons et Comtes de Dannemoine (1651)
    Comte de Roussillon (1670)
    Marquis de Mont Saint Jean (1681)
    Comte de Saint Cassin (1681)
    Marquis de Chaste (1688)
    Marquis de Clermont-Tonnerre (1750) (confirmé en 1830)
    Duc de Clermont-Tonnerre, pair de France (1775) (le duché s'asseoit sur le marquisat de Vauvillars)
    Comte de l'Empire (1812)
    Prince Romain (1823 et 1911)

Les Clermont obtinrent 12 fois les honneurs de la Cour au cours du XVIII° siècle. Il s'agit d'une prestigieuse distinction, décernée aux familles pouvant prouver leur filiation avant 1400. Cela permettait aux gentilhommes d'être présenté au Roi et d'avoir le privilège de monter dans le carrosse royal.

Les premiers Clermont, dès 1096, sont intimement liés à l’Eglise et ont toujours su y rester fidèles, que ce soit en la servant directement ou par des donations et fondations. Si Siboud I participa à la première croisade pour défendre la chrétienté, c'est surtout Siboud II, son fils, qui allia sa maison à l’Eglise en soutenant le Pape Callixte II.
La maison de Clermont ne compte pas moins d'une Bienheureuse, 2 Saints, 12 évêques, archevêques et cardinaux, 31 abbés et abbesses, plus de 50 religieux & religieuses, 40 chevaliers d'Ordre religieux dont un Grand Maître de l'Ordre de Saint Lazare et un Grand Maître de l'Ordre de Malte, de nombreux donateurs et fondateurs de monastères, des chanoines et chanoinesses, des prieurs, des doyens, etc.


Sources:

-Histoire généalogique: Généalogie de la Maison de Clermont en Dauphiné, tome VIII, p. 907 et suiv. (Lisible sur le web par Gallica)

-La Mure, J. M. de (1675 manuscript, 1860) Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez (Paris), Tome III Les Clermont dauphin d'Auvergne, Preuves, 114 b, p. 157.

Wikipedia Maison_de_Clermont-Tonnerre

- site de Chirens

chateau.over-blog.net

site clermont-tonnerre.fr

site lamurette.com.fr


Posté le 09-06-2012 21:01 par Jimre

Septême

Construit sur l'emplacement d'un ancien camp romain, le château devait exister depuis la plus haute Antiquité pour contrôler les axes Vienne-Milan et Lyon-Beaurepaire.

La première mention de son existence est faite dans une charte datant de 1066.

Le château a été reconstruit au XIIIe siècle par les comtes de Savoie puis remanié à la Renaissance. Les comtes de Savoie enfermèrent le château, la ville et les ruines du château-fort dans une enceinte de 1 km

Le donjon carré, forme lui-même un angle d'une cour intérieure. Deux tours rondes et une tour carrée constituent les autres coins.

Posté le 14-05-2012 20:25 par Jimre

SAINT CHEF TOUR DU POULET

Située sur le site de l’ancien bourg castral, cette construction massive car voûtée –les murs du rez-de-chaussée font 240 cm d’épaisseur- se dresse aujourd’hui encore à plus de 10 mètres de haut. Dans les façades est et ouest, deux portes en vis-à-vis indiquent la présence d’un chemin de ronde porté par un mur d’enceinte disparu.



Source:

-Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 18:22 par Jimre

Septême

A l'intérieur de cette enceinte de près d'un kilomètre de longueur, régulièrement percée de belles archères dont l'embrasure est couverte en plein cintre et où un archer pouvait se tenir debout, c'est tout le bourg de Septème, aujourd'hui disparu, qui venait s'abriter. Au point le plus haut, les restes arasés de l'ancien château.

Monument historique.


Source:

-Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 16:56 par Jimre

BEAUVOIR EN ROYANS


Résidence principale des Dauphins de 1258 à 1350, le château de Beauvoir se trouve sur la rive gauche de l'Isère, entre Grenoble et Valence, au pied des falaises calcaires du massif du Vercors. Les éléments architecturaux conservés (mur d'enceinte, donjon, grande chapelle) témoignent de la magnificence du lieu et des fêtes qu'il abrita lors des nombreux séjours des Dauphins. De cette période de faste (première moitié du XIVe siècle), il faut surtout admirer, outre l'harmonieuse façade du donjon donnant sur la vallée, les vestiges de la grande chapelle, dont on voit encore le chœur d'une hauteur impressionnante (20 m d'élévation), éclairé par deux vastes baies d'une grande qualité de construction. Le château fut abandonné à des châtelains moins scrupuleux après la cession du Dauphiné à la France, en 1349. Le Musée Delphinal, au cœur du village propose des expositions temporaires de mobilier et d'objets usuels du siècle dernier.

Monument historique.


Source:

- Base de données Isère Patrimoine


Crédit Photos:

-V. Girard(2014)

-Jimre( 2009)

Posté le 25-11-2011 13:44 par Jimre

AMBLERIEU

Élevée au début du XIVe siècle, la maison forte d'Amblérieu qui a subi un incendie à la fin du XVIIIe siècle, conserve de l'édifice médiéval un corps de logis de plan rectangulaire ainsi qu'une haute tour carrée. Au XVIIe siècle, Pierre Desporte, receveur général du roi en Dauphiné, fait construire une aile d'habitation à l'est de la maison forte.

Monument historique.


Source:

- Base de données Isère patrimoine

Posté le 25-11-2011 13:35 par Jimre

FALLAVIER


Installée à mi-pente de la colline du Relong, cette construction du XIIIe siècle comprend un donjon circulaire entouré d’une courtine pentagonale. L’ensemble domine une haute-cour rectangulaire fermée par des murs imposants et un bourg fortifié étagé dans la pente, dont l'enceinte défendue par des archères est bien conservée.


Source:

- base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 13:23 par Jimre

VERTRIEU

Mentionnée dès 1289, la maison forte de Vertrieu est l'une des plus anciennes du canton de Crémieu. Construite au sommet d'une éminence rocheuse, elle conserve sa tour seigneuriale de plan carré adossée au mur d'enceinte. Au XVe siècle, un corps de logis avec tourelle d'angle en échauguette fut ajouté à l'ouest. Le site fut abandonné au XVIIe siècle au profit du château neuf.


Monument historique.


Source:

- Base de données Isère Patrimoine


Posté le 25-11-2011 13:19 par Jimre

SEYSSUEL

Dans un beau site dominant le Rhône, importants vestiges d'un des principaux châteaux tenus au Moyen Age par l'archevêque de Vienne. On voit encore un donjon quadrangulaire du XIIe siècle avec son enceinte, établis sur un rocher aménagé auquel fut accolé, sans doute au XIVe siècle, un grand corps de logis. Tour octogonale dans un angle de la basse-cour.

Monument historique.

-Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 13:15 par Jimre

QUIRIEU

Place forte frontalière du Dauphiné médiéval face à la Savoie, le château et le bourg fortifié de Quirieu se développaient sur 4 ha au sommet d'une butte calcaire dominant le Rhône, à 300 m d'altitude. Aujourd'hui, seul le bourg présente encore, dans une atmosphère romantique, les ruines de l'église, des maisons et des cours, des puits.


Source:

- Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 11:29 par Jimre

MONTSEVEROUX


Vaste quadrilatère cantonné de tours d’angles circulaires ; le mur ouest, côté rue, est percé en son milieu d’une belle tour-porche donnant accès à la cour. A l'origine, le château en forme de quadrilatère, se composait de quatre murailles de 1.60 m d'épaisseur flanquées de quatre tours d'angle rondes. Une tour carrée où aboutissait le pont levis se dressait au milieu de la courtine. Près du puits qui existe toujours, un donjon peut-être en bois au départ, puis en pierre, servait d'ultime point de défense et d'habitation. Au sommet des murs des tours, des créneaux servaient de troisième niveau de défense le long des murailles à l'extérieur des fossés. A la Renaissance, le château subit des transformations, les murailles sont rabaissées pour permettre une perspective sur les jardins, de larges fenêtres sont percées à la place des meurtrières ; le château devient ainsi plus habitable et plus confortable. Au milieu du XIXe siècle le château est cédé à la commune.

Monument historique.


Source:

- Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 11:26 par Jimre

ANJOU

Conservée en élévation sur 12 mètres avec une plate-forme de 30 mètres de diamètre, cette fortification de terre est une des plus volumineuses édifiées de manière artificielle. Il ne reste du château que la tour. Un document daté de 1804 permet de restituer un édifice élevé sur trois niveaux avec trois ailes entourant une cour centrale fermée par un portail à l'est. Une seconde tour venait encadrer la façade principale. Cet édifice a probablement été construit au XVe puis largement modifié au XVIIe siècle. A la fin du XIIIe siècle la terre d'Anjou est déjà entre les mains de la famille de Roussillon. Les Roussillon-Anjou sont une puissance locale, ils évoluent dans la mouvance des dauphins de Viennois, tout en ménageant leurs relations avec le royaume de France. En 1380, Jean de Roussillon hommage le château au Dauphin.


Source:

-Base de données Isère Patrimoine

Posté le 25-11-2011 11:23 par Jimre

Morestel


Le bourg de Morestel s'est développé au pied du rocher qui porte le château et fut certainement clos de remparts dans la première moitié du XIVe siècle. Deux portes y donnaient accès, la porte Saint-Symphorien, dont la trace reste visible dans le mur, et la porte Murine, reliées par l'unique rue commerçante du bourg, la "Grande Vie" (du latin via, la voie), aujourd'hui rue Ravier. A l'intérieur de l'enceinte, parfois adossés au rempart du château, de nombreuses maisons, granges et jardins se pressaient, ainsi que des résidences de la petite noblesse locale, parfois fortifiées. La maison des Montagnieu (rue Ravier), aujourd'hui occupée par les Soeurs Franciscaines et celle des Moidieu (place Grenette), sont bâties sur les remparts du bourg. A l'extérieur, près des portes, se développaient deux faubourgs.

Une famille portant le nom de Morestel est attestée dès 1081. Elle devait posséder, sur le promontoire rocheux du Mollard Paradis, un premier château, au moins depuis le début du XIIIe siècle. Un temps aux mains des Miolans, originaires de Savoie, Morestel rejoint le domaine du Dauphin au début du XIVe siècle ; le mandement  (territoire dépendant du château) est alors dirigé par un officier, le châtelain. A partir de 1421, la terre de Morestel est confiée à  des  seigneurs   locaux,   parmi   lesquels   il   convient   de   signaler   les Roussillon (du Bouchage), fondateurs du couvent des Augustins et de l'hôpital et les Bathernay (Drôme), qui doivent leur fortune au service du roi Louis XI.

Morestel, par sa position en limite du Dauphiné et de la Savoie, connut de près les conflits delphino-savoyards de la première moitié du XIVe siècle (pillage de la ville en 1342). Plus ou moins entretenus, châteaux et bourgs fortifiés servirent encore pendant les guerres de Religion. Sièges et attaques (1576, 1589) mirent à mal les murailles, qui furent finalement abattues.

Le Donjon est inscrit sur l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Fortement restaurée dans les années 1960-70, il est sans doute ce que les textes nomment "grande tour" ou "tour de la prison". De plan quadrangulaire, il abrite une salle basse où l'on plaçait peut-être les prisonniers et une salle haute, éclairée de fenêtres à  coussièges et accessible depuis le chemin de ronde. Une toiture couvrait l'ensemble à la place de l'actuelle terrasse.

Dans l'enceinte du château, à laquelle pont-levis et poterne donnaient accès, prenaient place des édifices résidentiels, propres à loger, à l'occasion, des personnages prestigieux comme le dauphin Humbert II (1334) et le futur roi de France Louis XI (1450). Les textes nous apprennent l'existence d'une grande salle de réception avec cheminée, d'une chapelle dédiée à saint Pierre, d'un cellier avec des chambres au-dessus; mais aussi celle de bâtiments utilitaires comme cuisine, citerne pour recueillir les eaux de pluie, grenier où emmagasiner les blés versés comme impôts, deux étables au moins, une seconde tour (qui n'était pas terminée en 1417)...

A noter une curiosité à voir avec une grande pierre plate (voir photos) présente près du donjon. Cette grande pierre plate, gravée de traits   perpendiculaires, est identifiée comme  mesure  à  tissus,  mais il est difficile de déterminer sa datation et sa fonction précise. Il est probable que, installée sous la halle avec les mesures à grains, à vin et les poids, elle servait de mesure étalon, dans la lutte constante des autorités contre les "fausses mesures", avant l'apparition du système métrique.


D'après les panneaux explicatifs de la ville.


Posté le 10-05-2009 19:48 par Jimre

Histoire de Crémieu

Voici une compilation de textes récupérés dans la ville de Crémieu et sur la "Toile".

Pour qui s'essaye à suivre le parcours de Mr Raverat dans la troisième partie sur Géoportail, il est amusant de retrouver encore tout ou partie des étapes de la description de son voyage de Lyon à Crémieu.

Bonne lecture et bon surf 8;-)))

Partie1: D'après les panneaux disposés dans toute la ville :

Crémieu apparaît dans l'histoire au 12e siècle. A cette époque, un prieuré bénédictin s'établit au sommet des falaises de Saint-Hippolyte.

Toutefois, la première ville s'implantera à distance, tout au long du 13ème siècle, sur les pentes sud de la colline Saint-Laurent que dominent les murailles du château Delphinal réédifié à partir de 1282 par les Dauphins de la Tour. En 1315, une charte de franchises accorde de nouvelles libertés aux habitants ainsi que d'importants privilèges commerciaux. C'est pour la ville le signal d'une période de prospérité installée pour deux siècles. La construction d'une nouvelle halle est entreprise en 1434 ainsi que l'édification d'une vaste enceinte fortifiée de près de deux kilomètres, armée de neuf portes et de quatorze tours. Cette enceinte englobera à la fois le château Delphinal, la ville ancienne et les falaises de Saint-Hyppolyte mais aussi l'emplacement d'une nouvelle ville implantée en contrebas au contact d'un couvent des Augustins. En 1337-39, la création d’un atelier monétaire à Crémieu consacre l'essor économique de la ville.

A partir du règne de Louis XII (1498-1515), Crémieu bénéficie de la position stratégique qu'elle occupe sur l'Itinéraire des expéditions françaises en Italie. La ville consolide alors son rôle de centre du commerce des grains entre la France, la Savoie, la Suisse et l'Italie, Desservie par le percement de nouvelles portes (1535), la réalisation de la ville basse, sur le tracé régulièrement planifié des villes neuves médiévales, prend forme définitivement à la charnière des 15e et l6e siècles. Le 17e siècle est à Crémieu, le siècle des couvents qui prennent alors possession d'une ville dont l'activité commerciale s'affaiblit. Les Capucins s'installent en 1615, les Pénitents Blancs en 1619, les Visitandines en 1627, les Ursulines en 1633, l'Hôpital Notre-Dame du Reclus en 1675. A la fin du 17e siècle, s'achève l'édification de l'église Saint- Jean. Sanctionné en 1702 par la suppression des foires annuelles instaurées au 14e  siècle, le déclin économique  de la ville incite les habitants  à développer au 18e siècle l'industrie textile et du cuir. En 1710, les tanneries, les cordonneries, les filatures et carderies de laine et de chanvre occupent près du quart de la ville. Avec le siècle suivant, le plateau de l'Isle-Crémieu et sa capitale endormie au pied des murs de son château et de ses remparts, commencent déjà à séduire les paysagistes autour  de Corot ainsi que les voyageurs, excursionnistes et amateurs de pittoresque.   

 LES HALLES

Attribuées au début du 14e siècle,(1315-1321), les halles de Crémieu résultent cependant de deux campagnes de constructions distinctes que permet d'identifier l'étude des marques de charpentiers.

La halle abritait les mesures publiques dont l'usage faisait l'objet de réglementation strictes.

L'implantation de ces nouvelles halles qui remplaçaient le « marché-vieux » est liée étroitement à la mise en œuvre d'une véritable ville nouvelle, régulièrement planifiée et tracée au cordeau en contrebas de la ville primitive.

 MESURES A GRAINS

A  l’extrémité Est de la halle se trouve un grand comptoir avec, aux quatre coins des auges en pierre taillée. Elles étaient utilisées a I occasion des foires et des marchés au  Moyen Age, pour  mesurer les quantités de grain vendues et échangées ; les marchands venaient nombreux à Crémieu, chef-lieu de mandement détenant la mesure officielle du grain. Avant la Révolution Française, le système de poids et de mesure n'était pas unifié sur tout le territoire français. A Crémieu, la mesure unitaire était " le bichet ", évalué à 19,50 litres. Suivaient   " l’émine " (2 bichets), le " setier " (2 émines), la bichette " (la moitié d’un bichet) et la " coupe " (la moitié d'une bichette). Des marches de pierre permettaient au marchand de grain de monter sur cette plate-forme ;  un sac était suspendu par les crochets de fer et était rempli d'une quantité de grain déterminée qui coulait par l'orifice de la mesure.

 PORTE DES MOULINS

Cette porte fortifiée appartenant à l'enceinte médiévale fut démolie vers 1850, Attenante à celle porte, une portion de l'enceinte est conservée flanquée par une tour semblable à celle qui supporte le clocher de l'église.

De part et d'autre de la rue, on peut remarquer l'interruption du mur d'enceinte. Cet espace fut ouvert vers 1850 pour améliorer les voies de communication de la ville vers le nord. Une poterne était percée dans la muraille, la Poterne du Reclus. Derrière l'enceinte, l'existence d'un reclus est authentifiée en 1331 par un testament de Jeannette de La Povpe contenant un legs en Faveur du " Reclus de Crémieu ". Voisine de la récluserie, la chapelle Notre Dame du Reclus existait dans la seconde moitié du XIVe siècle et ne fut détruite que vers 1850.

 

Partie 2:  Une petite ville du Dauphiné. Histoire de Crémieu, par R. Delachenal, ancien élève de l'Ecole des chartes. Grenoble, Allier, 1889. In-8°, XII-503 pages, 6 planches.

M. Roland Delachenal, à qui on doit un beau livre sur l'histoire des avocats au Parlement de Paris, n'a pas dédaigné de faire un utile emploi de ses vacances en consacrant de longues heures au dépouillement et au classement des archives de la petite ville de Crémieu, située à l'extrémité nord du Dauphiné, presque aux portes de Lyon. Après en avoir rédigé l'inventaire, il a complété ses recherches dans les collections des Archives nationales, des bibliothèques de Paris et de Grenoble et surtout dans le fonds si riche de la Chambre des comptes du Dauphiné, conservé aux archives de l'Isère.A l'aide des matériaux ainsi patiemment recueillis et très habilement mis en œuvre, il a composé une histoire de Crémieu, à laquelle on ne saurait reprocher que d'être trop complète, trop consciencieuse, étant donné le passé relativement modeste de ce chef-lieu de canton, qui n'est plus réputé aujourd'hui dans la région dauphinoise que par sa situation pittoresque et la proverbiale habileté de ses habitants dans l'élevage des dindons.

Crémieu est-il le « Stramiacum » de l'assemblée de 835 citée par le biographe anonyme de Louis le Débonnaire? M. Delachenal n'oserait l'affirmer, et il consent de bonne grâce à ne pas faire remonter au delà du XIIIe siècle le passé historiquement connu de cette petite bourgade. A cette époque, Crémieu est le chef-lieu d'un mandement qui fait partie de la baronnie de la Tour-du-Pin ; il est entouré d'une ceinture de murailles et protégé par un château fort.

Le 20 juillet 1315, le dauphin Jean II lui donne une charte de franchise « qui est l'une des plus complètes que l'on possède pour cette région du Dauphiné. » Le dauphin y est représenté par un châtelain et l'administration communale est aux mains des syndics élus chaque année par les habitants.

Cette période semble avoir été la plus florissante de ses annales : une ville neuve se bâtît entre les deux collines de Saint-Laurent et de Saint-Hippolyte; les Juifs s'y établissent et y provoquent une certaine activité commerciale ; Jean II y fonde un couvent d'Augustins et fait agrandir son enceinte à raison du rôle militaire que Crémieu est appelé à jouer dans les guerres entre le Dauphiné et la Savoie; enfin on y crée un atelier monétaire. Malheureusement cette ère de prospérité est de courte durée; l'expulsion des Juifs lui porte un coup fatal et vers 1450, Crémieu est presque désert.

En 1466, Louis XI le donne en dot avec plusieurs autres châtellenies à Jeanne, sa fille naturelle, qui venait d'épouser Louis, bâtard de Bourbon. Réuni au domaine en 1498, il est de nouveau engagé en 1543 à Guyot Henry, riche bourgeois de Lyon, et en 1594 à Lesdiguières, d'où il passe successivement aux mains de César Martin et de Melchior de la Poype, seigneur de Saint-Jullin.

M. Delachenal étudie ensuite le fonctionnement de l'administration communale au XVIe siècle. Il montre qu'en dépit du contrôle incessant du gouverneur, du Parlement et de la Chambre des comptes de Grenoble et du vibailli de Vienne, les consuls de Crémieu conservaient encore des attributions assez étendues. Il suit pas à pas les vicissitudes de cette petite ville pendant les guerres de religion qui ensanglantèrent la seconde moitié du XVIe siècle. Crémieu fut pris par le baron des Adrets en mai 1562 et, en 1589, embrassa chaudement la cause de la Ligue contre Henri IV. Comme dans tout le reste de la France, le XVIIe siècle y voit éclore d'assez nombreuses fondations religieuses : les Capucins s'y établissent en 1615, la Visitation en 1627, les Ursulines en 1633; en 1678, Louis de la Poype y ouvre un refuge aux pauvres vieillards.

Pendant la Révolution, Crémieu fut victime de son voisinage de Lyon. Après la prise de cette ville, il fut terrorisé par une bande de brigands conduits par le trop fameux Vauquoy, et fournit neuf victimes à la terrible commission temporaire de Commune-Affranchie.

« Je voudrais, » dit M. Delachenal à la fin de son introduction, « que, sans sortir du. cadre où il doit se renfermer, ce volume pût offrir une image assez fidèle de la vie matérielle et morale d'une petite ville du Dauphiné pendant les cinq ou six derniers siècles de son histoire. » Ce plan qu'il se traçait, l'auteur de l'histoire de Crémieu me semble l'avoir parfaitement rempli, au grand profit de tous ceux qui tenteront après lui le même travail de reconstitution pour d'autres communes, et qui trouveront dans son livre à la fois un exemple excellent de la méthode à suivre et des notions précises et souvent neuves sur le régime municipal des communes rurales du Dauphiné du XIIIe au XVIIe siècle.

A.     PRUDHOMME.

 

Partie 3: A travers le Dauphiné - voyage pittoresque et artistique par le bon Achille Raverat - 1861 (http://Gallica.fr)

"Ce fut moins un voyage qu’une promenade que j’entrepris au milieu de l’année dernière; si la relation que j’en fais ne me rappelle pas les magnificences de la nature qui m’ont frappé dans le cours de mes précédentes excursions, en revanche elle me laisse sous l’in fluence d’un charme inexprimable. Elle me fait revoir des lieux qui me sont chers à bien des titres : la petite ville de Crémieu, où je suis né; le village de Trept, où se sont écoulées trois années de mon enfance, et d’autres localités dont le nom se mêle à mes premiers souvenirs...

Montalieu-de-Vercieu était le but de cette promenade, et comme un écolier en vacances, j’allais prendre le chemin le plus long. Après Crémieu, ma première étape, je m’étais proposé de visiter à peu près tout l’arrondissement de la Tour-du-Pin, puis de me rendre à Montalieu, où je devais passer quelques jours, invité par l’aimable curé de ce village, M. Raymond B. avec qui je suis uni non-seulement par des liens de parenté, mais encore par ceux d’une sincère amitié.

Mon vieil et excellent ami Joseph Bine, et mon frère Octave étaient encore cette fois mes compagnons de voyage.

Arrivée à Crémieu Précis historique et descriptif sur cette ville.

Au lieu de prendre le chemin de fer de Bourgoin jusqu’à la station de Saint-Quentin, puis l’omnibus de Saint-Quentin à Crémieu, nous prenons l’ancien mode de locomotion, c’est-à-dire la voiture ordinaire, préférant rester deux heures de plus en voyage.

La voiture traverse donc le long et insipide faubourg de la Guillotière, et s’engage sur la route de Crémieu.

Au-delà du village de Villeurbanne et de la plaine de Dessine, on met pied à terre pour alléger la voiture et lui permettre de monter avec moins de peine une petite cote, le Molard, qui est le commencement de cette suite de collines désignées sous le nom de Balmes Viennoises et courant parallèlement au Rhône. L’horizon s’élargit alors, on découvre une contrée plus agréable que la précédente, puis la route redescend et traverse le village de Meyzieu et celui de Pusignan, où l’on change de chevaux.

Pendant cette opération, le voyageur a le temps de jeter un coup-d’oeil sur un vieux château délabré couronnant un mamelon boisé.

En 1430, quatre jours avant la bataille d’Anthon, le château de Pusignan fut emporté d’assaut par le gouverneur du Dauphiné, Raoul de Gaucourt, malgré la présence du prince d’orange, campé dans la plaine et s’appuyant sur le château de Colombier et sur la forteresse d’Anthon( qui n'existe malheureusement plus aujourd'hui).

Une lieue plus loin que Pusignan, voici le misérable hameau de Janeyriat, ensuite quelques marécages formés par les eaux de pluie, lesquelles n’ayant pas d’écoulement croupissent dans les bas-fonds. Cet endroit est appelé les Quatre-Chemins; il est désert; autrefois, les voyageurs y étaient souvent détroussés.

A la sortie de Charvieux, on aperçoit un fort joli village, aux alentours bien cultivés. Ponchéry (contraction de Pont de la Charruize) est plein de vie, grâce à une petite rivière sur laquelle sont établis grand nombre de moulins à blé , de fabriques de galons et d’étoffes de soie, d’ateliers d’impression sur foulards, d’étirages de fils métalliques, de scieries à bois et à marbre, de papeteries et d’usines de différente nature.

Ce cours d’eau, appelé indistinctement la Bourbre ou la Charruize, est le canal naturel qui conduit au Rhône toutes les eaux des marais de Morestel, de la Tour-du-Pin, de Bourgoin et de la Verpillière.

La voiture traverse la rivière sur un vieux pont de pierre, dont la possession fut maintes fois disputée pendant les guerres religieuses. Nous roulons dans une plaine au sol graveleux et peu fertile. Encore une lieue, et nous serons à Crémieu!

A mesure que l’on avance, le pays perd de son aridité et devient plus verdoyant; des sources et des ruisseaux y entretiennent une agréable fraîcheur, et des bois lui donnent une physionomie des plus riantes. Déjà nous devinons la place que Crémieu occupe au pied de rochers, premiers gradins de la région montagneuse; nous aspirons avec plaisir le parfum des bruyères et des buis sauvages que le vent, passant sur les collines, apporte jusqu’à nous. Nous avons dépassé le petit hameau de Saint-Romain , qui se reconnaît à sa vieille et noire masure seigneuriale, la ferme de la Levretière, la prairie des Jonchaies et la tour carrée de Montiracle, ancienne commanderie des chevaliers de Malte; nous sommes à la Vraie-Croix, où existaient jadis une chapelle et une maladrerie; nous tournons le coude de la route; Crémieu surgit tout-à-coup devant nous!...

Salut, ville du Moyen-âge, vieux château des Dauphins, vieux couvent des Bénédictins!... Salut, donjon qui vous dressez encore avec orgueil !... Murailles en ruines, aux créneaux ébréchés et aux tours festonnées de lierre, salut!...

J’aime Crémieu; j’aime à y penser, à en parler; j’aime ses rues désertes et ses maisons aux toits moussus; j’aime ses vieilles halles et son tilleul planté par Sully; j’aime son église au clocher élancé, ses anciens couvents, ses remparts, ses portes à mâchicoulis, son château démantelé; j’aime son aspect à la fois guerrier et religieux; j’aime ses environs aux sites tour-à-tour sauvages ou ravissants, ses vallons tranquilles et ses gorges profondes; j’aime son patois si expressif!... Que dirai-je de plus?... j’aime mon berceau et les doux souvenirs de mon enfance...

II est difficile d’assigner une époque précise à la fondation de la ville de Crémieu; aucun document n’en fait mention. Doit-elle son origine au voisinage d’un camp romain, à une communauté religieuse ou à une forteresse féodale?.. Nos annales sont muettes à cet égard.

C’est en 836 que, sous le nom de Stramiacum, Cremiacum, elle apparaît pour la première fois dans l’histoire, à l’occasion d’un concile, ou plaid, tenu par l’empereur Louis-le-Débonnaire et son fils Pépin, roi d’Aquitaine. Pendant plusieurs siècles, son nom retombe dans l’oubli ou ne revient qu’à de rares intervalles. Que de lacunes dans son histoire !...

Tout ce que l’on peut affirmer, c’est que, vers le milieu du XIe siècle, époque des troubles occasionnés par les luttes sanglantes entre le Sacerdoce et l’empire d’Allemagne, — duquel relevait le deuxième royaume de Bourgogne, — la ville de Crémieu avait pour suzerains les barons de la Tour-du-Pin. Ces barons, à l’exemple des autres seigneurs dauphinois, laïques et ecclésiastiques, avaient profité de ces troubles pour se créer de petites souverainetés et se rendre indépendants de l’Empire, qui, depuis lors, ne conserva sur la province qu’un pouvoir purement nominal.

Ils entourèrent Crémieu de remparts crénelés, le couvrirent d’un donjon formidable et en firent la première place de leur baronnie.

Mais à partir de l’année 1282, année de l’avènement au pouvoir delphinal de Humbert 1er, baron de la Tour-du-Pin et chef de la troisième race des souverains du Dauphiné, Crémieu acquit une grande importance non seulement comme place de guerre, mais encore comme ville de commerce. Les Dauphins l’enrichirent à l’envi; des couvents y furent fondés; un hôtel des Monnaies y fonctionna (C’est de ce temps-là que datent les armoiries de la ville de Crémieu ; leur origine est clairement établie et expliquée par les pièces meublant l’écusson d’azur à trois besants d’or, 2, 1, au chef chargé d’un dauphin de sable).

Des foires et des marchés y appelèrent de tous côtés une nombreuse population de trafiquants; elle devint bientôt le centre du commerce des grains de la contrée; les toiles que l’on y fabriquait s’exportaient jusqu’à Beaucaire et étaient recherchées pour la marine; des juifs, agents indispensables à toute transaction de négoce au Moyen-âge, y furent attirés par les franchises et les privilèges dont cette ville jouissait, et ils y établirent plusieurs maisons de banque.

Malheureusement, depuis la réunion du Dauphiné à la France, Crémieu perdit de jour en jour de son importance: l’atelier des Monnaies fut transféré à Grenoble, et par un zèle religieux mal compris, les juifs furent non-seulement chassés mais aussi spoliés; avec eux le grand commerce disparut. L’industrie, privée de ces hommes actifs et intelligents, perdit ses débouchés et alla toujours en déclinant. La population qui était de 7,000 âmes, suivit ce mouvement de décadence, et décimée plusieurs fois par la peste et la famine, finit par tomber au chiffre minime d’environ 1,700 âmes.

Depuis lors, aucune fabrique, aucune manufacture n’a pu prospérer dans cette ville; des négociants lyonnais tentèrent à plusieurs reprises d’y implanter l’industrie de la soie et d’y monter des métiers de tisseurs; ce fut on vain; ces généreux efforts, qui pouvaient y rappeler La vie, échouèrent devant l’apathie des habitants ou l’incurie des magistrats. La jeunesse, cependant, possède le goût des affaires et l’énergie nécessaire pour les mener à bien; mais elle déserte sa ville natale pour venir à Lyon, où elle peut donner un libre essor à son intelligence.

La relation détaillée des événements historiques dont Crémieu a été le théâtre, fera le sujet d’un autre ouvrage, nous nous bornons ici à donner une notice succincte sur cette petite ville, devenue, par suite de la nouvelle division territoriale, un chef-lieu de canton de l’arrondissement de la Tour-du-Pin, département de l’Isère.

La colline de Saint-Laurent est isolée au centre d’un étroit bassin circonscrit par de légères ondulations du terrain et par une chaine de petites montagnes abruptes dont les ramifications forment ce massif de quatre lieues de diamètre, connu, dans l’ancienne géographie du Dauphiné, sous le nom de l'Ile Crémieu. Placée par la nature à l’entrée de trois dé filés qui, de la plaine, s’enfoncent dans le haut pays, cette colline présente un abord escarpé, hormis du côté de l’orient où, en inclinant un peu, elle se rattache aux rochers verticaux de Saint-Hippolyte.

Sur le point culminant, l’antique château baronnial de Saint-Laurent s’élève comme un dominateur, et les maisons qui se sont groupées successivement sur les pentes et dans la partie basse ont formé la ville de Crémieu. Des remparts surmontés d’un chemin de ronde, percés de trois portes principales et renforcés par de grosses tours demi-circulaires, partent du château, enceignent sans interruption la colline et finissent au pied des rochers.

Ces mêmes rochers appartiennent à la chaîne de montagnes, et, comme un promontoire, s’avancent Sur la ville. Trois de leurs faces, protégées précipices et des ravins profonds, sont inexpugnables; l’art est venu défendre le côté oriental, le seul que la nature n’ait pas fortifié.

Dans le Moyen-âge, Saint-Hippolyte était occupé par des Bénédictins, qui y avaient érigé un prieuré, dépendant de la riche et puissante abbaye de Saint Chef. Ils l’avaient entouré de solides remparts qui venaient se relier à ceux du château et de la ville, en suivant les sinuosités et les replis du terrain. Le système de ces fortifications était combiné dans le double but de braver les entreprises du seigneur et des habitants de Crémieu, aussi bien que les attaques du dehors. Un étroit et rude sentier ménagé le long des rochers était le seul passage qui permît de monter au couvent; ce sentier était défendu lui-même à son extrémité supérieure par une grosse tour carrée dans laquelle s’ouvrait une porte massive.

Tels étaient, durant les temps féodaux, les moyens de défense de cette ville, qui furent encore augmentés par les rois Louis XII et François Ier lorsqu’ils portaient la guerre en Italie.

De nos jours, que reste-t-il de tant de travaux? A Saint-Laurent, un pan de muraille du vieux donjon qui, malgré son ancienneté, se montre encore fièrement sur ses assises de rocher et semble défier les efforts du temps ; autour de la ville, des murailles trouées par les habitants pour faciliter les communications, quelques poternes bouchées, la porte Neuve et la porte de Lyon encore intactes, ainsi qu’un fragment de la porte des Moulins, demeuré debout comme pour protester contre le marteau de l’administration des Ponts-et-Chaussées qui a abattu cette porte pour le passage de la grande route. A Saint-Hippolyte, du couvent ruiné par le baron des Adrets, il n’existe plus que quelques murs dégradés de l’ancienne église, la grosse tour carrée et, sur le bord du rocher, une haute tour ronde dans laquelle on a placé une horloge.

La ville est coupée par des rues irrégulières, pittoresques, qui se développent tantôt dans les quartiers bas, tantôt sur les flancs de la colline. A côté de vieux couvents, de vieilles églises, d’humbles chapelles, on y voit d’anciennes demeures seigneuriales et d’intéressantes maisons du Moyen-âge, aux façades bizarrement sculptées, et devant lesquelles l’artiste s’arrête avec bonheur pour enrichir son album de leur reproduction.

Elle ne possède pas de monuments historiques de premier ordre; mais sur ces ruines, sur ces églises, ces couvents, ces maisons, le temps a déposé une telle couleur, une telle patine , qu’on ne peut les regarder sans éprouver un sentiment de mélancolie et  de religieux respect...

Depuis la réunion du Bugey à la France, on n’entretenait plus de garnison dans le château de Saint Laurent, on le laissait l’abandon, lorsqu’un arrêt du conseil d’Etat, rendu le 26 janvier 1633 sur les conclusions du cardinal de Richelieu, en ordonna définitivement la démolition, en même temps que celle de toutes les autres forteresses situées sur cette ancienne frontière.

Les débris provenant de la démolition du vieux donjon delphinal couvrirent le sommet de la colline jusqu’au moment où, par suite d’une ordonnance royale, ces matériaux, mis à la disposition des religieuses de Sainte-Marie, furent employés à la construction de leur monastère. La même ordonnance avait également octroyé à ce couvent toutes les dépendances du château, qui furent déblayées, minées et disposées en vignes et en jardins.

Il n’est rien moins qu’agréable pour un étranger, le sentier qui, à travers ces vignes et ces jardins, conduit au pied des ruines!

Exposé en plein midi, rocailleux, semé de débris, il est, indépendamment de tout cela, infesté de petits serpents. On en trouve par tout : sur les murs, sur la terre, dans les cavités, sous les pierres, et jusque dans l’intérieur des maisons. On ne peut s’asseoir sur un bloc, s’accouder contre la muraille, remuer un caillou, cueillir un fruit, une fleur, sans que soudain une tête se lève en faisant entendre un sifflement aigu...

Heureusement, ces vilains petits reptiles ne sont pas venimeux; ils sont même tout-à-fait inoffensifs. Les enfants s’en amusent, ils les enroulent autour de leur cou en forme de cravate, autour de leurs bras en guise de bracelets; ils en mettent dans leurs poches et même dans leur sein."


Posté le 05-05-2009 20:22 par Jimre

Septême

Le nom de Septème, qui vient du latin, indique la 7eme borne milliaire de la voie romaine qui allait de Vienne à Milan en passant par le Petit Saint Bernard (le mille romain mesurait 1480 mètres). On retrouve trace de cette voie par le nom de certaines agglomérations comme Oytier (octo, huitième borne) et Diemoz (dixième borne). L’origine de SEPTEME est vraisemblablement l’établissement d‘un camp militaire romain le long de cette voie dans ce pays qu'occupaient les Allobroges et que les Romains avaient soumis non sans difficulté. Vienne en était la capitale. Le pays fut envahi par les Burgondes au 5ème siècle, chassés eux-mêmes par les Francs au 6ème siècle. Charlemagne aurait eu une résidence à SEPTEME au lieu dit le Palais. Au Traite de Verdun en 843, le pays fait partie du Royaume de Bourgogne, lui-même dépendant de l’Empereur d’AIIemagne, au 11ème/12ème siècle, puis le Dauphiné devient propriété du fils aine du Roi de France tout en restant Terre d'Empire (à partir de 1349 jusqu’à la Révolution).

Posté le 09-10-2008 23:25 par Jimre

Bressieux

De la motte au château



Il est possible que, dès la fin du XIe siècle. ou au début du XIIe siècle, un château de bois ait pris place sur la motte Bressieux dont les vestiges mis au jour sont extrêmement ténus. A la fin du XIIe siécle, une nouvelle fortification en maçonnerie de galets roulés le remplace. C’est en partie sur la base de ce second château que s’élève au XIIIe siècle la forteresse de briques appelées "Carrons savoyards". Le relief naturel, à l’origine simplement modelé, a parallèlement été travaillé en profondeur pour donner naissance a de larges fossés défensifs.
Adossés aux puissantes courtines, les vestiges de trois corps de logis ont été fouillés et étudiés. Le bâtiment présente encore d’importants murs en élévation. Le corps de logis nord accueillait la principale demeure seigneuriale.

La Seigneurie de Bressieux (1025-1789)



Apparue aux alentours de l'an Mil, Bressieux est l'une des plus anciennes et des plus puissantes seigneuries du Dauphiné. Son château du XIIIe siècle continue d'être le vibrant témoignage du rôle politique, militaire et social qu'elle a joué dans l’histoire de la province tout au long du Moyen Age et de la Renaissance.
Des croisades aux guerres de religion en passant par les guerres d'Italie, les seigneurs de Bressieux s'illustrèrent comme les alliés des dauphins et des rois de France. Maîtres incontestés sur leurs terres, ils y rendirent la justice, accordèrent des privilèges et reçurent des doléances de la part des communautés villageoises.
Les seigneurs de Bressieux portèrent le titre de baron jusqu'à ce que Louis XIII érige leur prestigieuse baronnie au rang de marquisat en 1612.

D'après les plaques explicatives situées près du chateau.

Posté le 07-10-2008 21:54 par Jimre