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Tarascon

Ses lignes épurées, presque aériennes, se reflètent dans les eaux du Rhône. Tarascon, puissante forteresse, est un château-île, bâti dans un calcaire blanc, autrefois éclatant, aujourd’hui doucement patiné par les ans.

Bâti sur un rocher baigné par les eaux du Rhône, le château est séparé de la terre ferme par un profond fossé creusé dans le roc. Le bâtiment principal, haut de 45 m relie ses trois tours carrées à deux tours rondes. Une terrasse, que le roi René surnommait « mon haut retraict », offre une vue imprenable sur toute la région. Au nord, une avant-cour est enveloppée de courtines peu élevées qui, grande innovation, sont de plain-pied avec les quatre tours regardant la ville, facilitant ainsi la tâche des défenseurs.

Authentique forteresse, Tarascon n’en néglige pas moins l’un des apports de l’art militaire de la fin du XIIIe siècle, l’artillerie. En effet, aucun aménagement n’a été réalisé pour accueillir des canons.

Nous sommes en 1480, et sur la route qui mène de Tarascon en Avignon, toute proche, une charrette transporte un cadavre volé : c’est celui de René Ier le Bon, comte de Provence, roi détrôné de Naples, qui vient de trépasser. Dans son testament, le roi René a prévu un minutieux partage de sa dépouille.

Ses entrailles resteraient à Aix, auprès de ses chers sujets provençaux, mais son cœur reviendrait aux Angevins. Une telle pratique parait macabre aujourd’hui mais elle était courante au Moyen Age.

Quoiqu’il en soit, peu satisfaits de cette partition, les Aixois prétendent conserver le royal cadavre tout entier dans leur cathédrale C’est compter sans la ténacité de la veuve du roi défunt. En effet, Jeanne de Laval, sa seconde épouse, organise un enlèvement en pleine nuit. Dissimulé dans une barrique de vin d’Anjou, le corps de René le Bon est transporté jusqu’à la Cité des Papes, et de là, embarqué vers Angers. Il y reposera paisiblement jusqu’à la Révolution, où son tombeau sera profané et ses ossements dispersés.

Curieux destin que celui du roi René qui, après une vie d’errance, tarda même à trouver le repos éternel !

Héritier du comté de Provence, duc d’Anjou et duc de Lorraine par alliance, René Ier le Bon (1409-1480), il dut faire face aux visées d’un cousin mécontent, de surcroit allié au puissant duc de Bourgogne, qui lui déclare la guerre. Capturé en 1431, libéré six ans plus tard contre une forte rançon, le prince dépossédé, qui a accueilli entre-temps le double héritage angevin et provençal, entreprend sans succès de faire valoir ses droits sur la couronne de Naples contre Alphonse d’Aragon. Longtemps le mirage italien continuera de hanter l’imagination de ses cousins les rois de France. René vint terminer à Tarascon une vie d’ambitions déçues fertile en pérégrinations.

Dans cette existence riche en rebondissements, Tarascon fut, avec ses résidences d’Aix et d’Angers, l’un de ses seuls points d’attache. Il faut dire que le sort s’acharna sur ce cadet à la physionomie peu aimable mais à l’intelligence affutée, qui ne cessa d’hériter de possessions dont des concurrents jaloux n’eurent de cesse de le dépouiller.

C’est Louis II d’Anjou, père de René, qui entreprend à partir de 1400 la reconstruction de Tarascon.

Place forte stratégique, elle marque, face à Beaucaire la Française, la frontière occidentale de la Provence. Après l’édification de l’enceinte et des tours, achevées en 1406, les travaux se poursuivent sous Louis III, entre 1426 et 1435. C’est le maitre architecte Jean Robert qui donne les plans de l’étroite cour intérieure, remarquable pour son style flamboyant et des ailes est et sud-est. Le château est pratiquement terminé lorsque Louis III, parti guerroyer à Naples, y trouve la mort.

La femme de son frère, Isabelle de Lorraine, s’y installe en attendant la libération de son mari, René le Bon, alors prisonnier du duc de Bourgogne.

René séjourne entre 1447 et 1449 à Tarascon, dont il parachève l’aménagement intérieur, digne des somptueuses résidences de ses cousins Orléans et Berry. Ornées de riches tapisseries, les salles du château, qui reçurent bien des hôtes de marques, comme le poète Charles d’Orléans, résonnent du bruit des fêtes fastueuses, tandis qu’à l’extérieur se déroulent joutes et tournois.

Resté dans les annales, le tournoi du Pas de la Bergère ne dura pas moins de trois jours.

Si le roi René se fait plus rare, en Provence jusqu’en 1470, date à partir de laquelle il s’y fixe définitivement, l’attachement des Provençaux au roi René ne semble pas seulement relever de la légende.

Le roi se montre simple et bonhomme, attentif à la vie du petit peuple et aux traditions provençales, prétexte à réjouissances populaires. Fin lettré, le roi s’entoure de grands artistes comme le peintre Nicolas Froment et compose lui-même, outre des rondeaux et des cantiques, un traité des tournois, un roman, le Livre du cœur d’amour épris ainsi qu’un dialogue mystique, dont la paternité lui est cependant contestée.

La Provence étant revenue à la Couronne de France peu après le décès du roi René et la mort de Charles du Maine, son héritier, Tarascon perd tout intérêt stratégique. Transformé en prison, le château accueille en 1642 le favori de Louis XIII, Cinq-Mars, et son complice De Thou, convaincus de trahison par Richelieu, alors qu’on les emmène vers Lyon où ils seront décapités. Dix ans plus tard, il subit un bref assaut pendant la Fronde, puis sombre définitivement dans l’ennui de la vie carcérale. Il faudra attendre le XXe siècle pour que les pouvoirs publics entreprennent une restauration systématique. 


Sources:

- Fiche sur Tarascon de la collection Châteaux Passions aux Editions Atlas


Posté le 08-10-2019 20:11 par Jimre

Tarascon

De son passé, Tarascon a gardé principalement son église et son château.

L'église, dont l'origine se rattache aux traditions des Saintes Maries et à l'évangilation de Marthe, qui eut à combattre un monstre, la Tarasque, de populaire renommée, date des XIIe et XIIe siècles(sculptures et inscriptions au portail sud) avec remaniements postérieurs (clocher, fin XVe siècle, restaurations de la crypte au XVIIe siècle).

Il faut signaler à l'intérieur, le sarcophage dit "de Sainte Marthe", un autel carolingien, deux tombeaux du XVIe siècle et une collection assez importante de tableaux de peintres provençaux des XVIIe et XVIIIe siècles, Vien, Parrocel, Van Loo etc...

Le château des comtes de Provence, construit au XVe siècle, établi sur un rocher dominant le Rhône, étale la masse imposante de ses constructions. 

La Provence étant loin des zones de lutte qui ont secoué le début du XVe siècle, cela a permis d'élever des forteresses dont le but premier, la défense, commence à intégrer l'aspect résidentiel.

A Tarascon, Louis II d'Anjou puis ses fils Louis III et le roi René prennent un demi siècle pour dresser le château. Si l'aspect extérieur de l'ouvrage le classe dans la catégorie des ouvrages militaires, notamment avec la présence d'une enceinte pour la basse-cour, à l'intérieur, il révèle des batiments résidentiels agréablement disposés autour d'une petite cour centrale sur laquelle ils prennent jour par de belles fenêtres. La décoration sculptée y est abondante et les appartements étaient assez confortables pour accueillir le Pape ou servir de cadre à des fêtes somptueuses.

Les défenses étaient assurée par la hauteur des murs(48 mètres) talutés à la base et posés sur le rocher d'un îlot baigné par le Rhône qui formait ainsi un obstacle naturel. Les tours cylindriques et carrées et les courtines sont de même niveau, selon un principe vu à la Bastille ou à Perpignan au siècle précédent. Le sommet forme terrasse continue, bordée par un parapet crénelé de mâchicoulis. Une basse-cour s'étire au nord, longue de 50 mètres et protégée par une haute courtine flanquée de trois tours carées et surmontées d'un chemin de ronde sur mâchicoulis.

Utilisé longtemps comme prison, il est maintenant ouvert à la visite.

Article largement inspiré de "L'évolution des châteaux forts dans la France du Moyen Age" de André Chatelain

Posté le 07-01-2009 21:28 par Jimre


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