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Bataille de Varey

Voici un passage du livre "Histoire du château de Varey en Bugey" par Aimé Vingtrinier, publié en 1872.

Pleins d'infos sur cette région de l'Ain et sur l'histoire de ce territoire, lieu d'affrontement entre la Savoie et le Dauphiné avec notamment la célèbre bataille de Varey.

Bonne lecture 8;-))

Varey_1830

...Hugues succéda, au commencement du XIIIe siècle, à Guerric, mort dans une vieillesse avancée. Bientôt, on s'entretint des charmes naissants et de la beauté gracieuse de la jeune Marie, dont les plus brillants seigneurs demandaient In main. Le préféré fut Amé, comte de Genève; le mariage fut célébré, au milieu des fêtes et des plaisirs, à Coligny-le Neuf, vers l’an 1240, et la jeune épouse apporta en dot à son époux, avec des domaines considérables, la seigneurie de Varey, beau présent de noces, dont sa nouvelle famille sut apprécier la valeur.

En 1309, c'est-à-dire soixante ans plus tard, Guichard de Beaujeu vint à Genève attiré par la réputation de Jeanne, arrière-petite-fille de Marie de Coligny. Guichard était un vaillant guerrier, un politique habile; on admirait en lui toutes les rares qualités qui lui ont valu le nom de grand ; il sut plaire, et Jeanne en devenant dame de Beaujeu, offrit à celui dont elle était ardemment éprise les clés précieuses de la citadelle de Varey. Le bonheur des deux époux ne fut pas de longue durée; Jeanne était d'une délicatesse de santé extrême ; elle s'éteignit au milieu des larmes de ceux qu'elle aimait, regrettant la vie qui lui était apparue si belle, regrettant celui dont elle portait le nom, désolée surtout de mourir toute entière, et de ne pas laisser un fils qui aurait rappelé son souvenir.

A la mort de sa fille, le comte de Genève revendiqua la seigneurie de Varey. Prévoyant d'avance un malheur, il avait stipulé qu'il serait libre, au cas où le sire de Beaujeu n'aurait pas d'héritier, de reprendre ce beau domaine et de le payer une certaine somme, considérable si on veut, mais n'équivalant pas, dans l'esprit de Guichard-le-Grand, à une forteresse qui avait fait ses preuves et qui couvrait la province de Dombes du côté des montagnes. Amoureux et tout à sa belle fiancée, le sire de Beaujeu avait signé son contrat comme un prince. Quand il fallut tenir cette clause de marchand, quand il vit le lion de Beaujeu descendre du haut des tours de Varey , quand il vit surtout s'élever à sa place les armes d'Hugues de Genève, son ennemi , sa colère fit des serments qu'il ne tint que trop fidèlement, mais dont l'exécution attira bientôt sur lui et sur le Beaujolais une catastrophe humiliante.

Hugues de Genève, grand-oncle de la dame de Beaujeu, était fils de cette Marie de Coligny dont nous avons vanté la grâce et la beauté. Comme tous les puinés, il n'avait guère que son épée; il possédait en outre la seigneurie d'Anthon, sur les bords du Rhône, faible héritage pour un gentilhomme nourri dans les grandeurs. Âgé, mais ambitieux, il accepta, en échange des droits qu'il avait à réclamer sur la maison de Genève, la seigneurie de Varey dont les terres étaient peu éloignées de ses possessions, mais dont la citadelle était devenue un poste dangereux depuis que le comte de Savoie avait conquis Saint Germain d'Ambérieux, Saint-Denis, Ambronay et quelques autres châteaux relevant du Dauphiné. Sans mesurer le danger, fort de sa vaillance, sûr de l'appui du Dauphin et comptant sur la hauteur de ses remparts, il s'enferma dans sa forteresse, qu'il approvisionna comme si l'ennemi tenait la campagne. Aux yeux du vieux soldat, un orage violent se préparait. Aussi prudent que brave, il appela autour de lui des troupes vaillantes et dévouées, élagua les serviteurs douteux et attendit les événements. Guichard-le-Grand ne pouvait, avec les forces réunies du Beaujolais et de la Dombes, enlever un ennemi si bien préparé, mais il avait dans le comte de Savoie un allié toujours prêt à guerroyer contre Genève ou le Dauphiné. Depuis qu'il portait la couronne, Edouard montrait une prodigalité compromettante et une bravoure qui allait jusqu'à la témérité. En ce moment, sous les plus vains prétextes, il ravageait les terres du seigneur de Faucigny et du comte de Genève; Guichard lui montre, sur les bords de la rivière d'Ain, une proie brillante, il lui offre un but digne de son courage; sa politique a organisé une ligue puissante dont le comte sera le maitre et le chef; Edouard consent ; l'espoir de porter un grand coup enivre son orgueil, il se décide, malgré l'avis de ses fidèles serviteurs, se rend à Bourg et de là fait appel tous ses vassaux.

Par les soins de Guichard, des messagers sont envoyés au duc de Bourgogne, au comte d'Auxerre, au comte de Quibourg. De son côté, la noblesse savoisienne descend des montagnes, entraînant l'élite de ses vassaux ; une armée nombreuse, et comme Edouard n'en a jamais commandée, accourt de tous les points, se forme, s'organise et dresse ses pavillons sur les bords de la Reyssouze ; il semble que le comte de Savoie aille conquérir un empire ; si la frontière est désarmée, si le pays est dépeuplé, qu'importe ! Jamais plus belle armée ne fut réunie sous la croix blanche, et la victoire ne saurait trahir d'aussi épais bataillons.

Les plus vaillants capitaines du Dauphin s'émurent quand on apprit qu'Edouard se mettait en mouvement. L'armée se dirigea lentement vers Pont-d'Ain, traversa la rivière et vint se déployer au pied des collines, entre Saint-Jean-le-Vieux et Jujurieux; bientôt son campement s'organisa, ses lignes s'établirent, et Varey fut investi.

Les défenseurs du château voyaient, du haut de leurs remparts, ces troupes innombrables, munies des plus formidables engins de siège, et, devant de si puissants moyens d'attaque, plus d'un courage fut ébranlé. La cavalerie passait rapide, guidons au vent, et faisant briller ses armures aux premiers rayons d'un soleil d'été. La mortelle résonnance des trompettes, le bruit effroyable des tambourins, le hennissement des coursiers, le cliquetis des harnais, le sourd roulement des charriots et des chars jetaient d'avarice la terreur dans les plus fermes esprits. Les gens des communes couvraient la vaste plaine, et leurs bataillons ne pouvaient se compter. Les chemins de la montagne, la gorge profonde de l'Abbergement, unique ressource pour le ravitaillement et le secours, furent, en premier lieu, occupés et gardés par des postes se reliant les uns aux autres et destinés à couper toute communication avec le Dauphiné. Le siège se déclarait meurtrier, la guerre s'annonçait mortelle. La garnison, réduite à elle-même, devait résister à toutes les forces de la Bourgogne et de la Savoie. Quand les munitions seraient épuisées, les vivres consommés, les remparts détruits, il faudrait se livrer aux mains d'un assaillant furieux, et subir, une capitulation déshonorante ou périr. Hugues de Genève vit d'un coup d'œil sa position, et, sans avoir l'espoir de résister ou d'être secouru, sans se demander comment le siège finirait, soldat avant tout, il repoussa fièrement les sommations qu'on osa lui faire, et se mit en devoir de vendre chèrement la victoire à l'ennemi.

Quand une armée entre en campagne, elle cherche à deviner la vaillance de ses chefs, l'habileté de ceux qui la dirigent ; la popularité vole de, l'un à l'autre. Dans les marches ou autour des feux du bivouac, on rappelle les souvenirs de gloire des vieux capitaines, on attache un espoir brillant à la fortune des jeunes officiers , on discute et on espère, jusqu'au jour où un premier engagement permet à chacun de donner des gages. L'armée, alors, suivant les circonstances, se décourage et se fait battre, ou donne sa confiance, s'enflamme et se met à la hauteur de ceux qui la conduisent air combat.

Parmi les chefs de l'armée de Savoie, on remarquait, en premier lieu, le comte Edouard, grand, beau , bien fait, habile aux armes, mais dont la fougue ne connaissait aucun péril, et qui montrait, au milieu de la phalange vieillie sous l'armure qui l'entourait, les qualités d'un soldat de fortune plutôt que celles d'un général ; d'ailleurs, généreux et prodigue, et, disent les historiens, « tant libéral, qu'il passoit les limites de raison... tellement que souvent s'en trouvoit en arrière, car sa despense excédoit son revenu... A raison de quoi, ajoute Paradin, se faisoyent souvent sur le peuple exactions et concussions pour la profusion du prince qui donnoit plus qu'il n'avoit vaillant ; mais ce n'est pas libéralité d'oster aux uns pour donner aux autres. »... « Les escuyers d'escurye, dit un vieux manuscrit, ne pouvoient tant achetter de chevaux et de harnais que leur maître n'en donnast encor davantage. » Le règne de pareils souverains peut être brillant, l'histoire contemporaine peut les louer, mais la postérité est plus sévère, et la raison leur demande froidement compte du bonheur qu'ils n'ont pas su donner à leurs sujets.

Après Edouard, on admirait le duc Robert de Bourgogne, environné d'une noblesse orgueilleuse et opulente, le comte d'Auxerre, époux d'Aliénor de Savoie accouru d'une contrée éloignée autant pour acquérir de la renommée que pour amener des secours à son fougueux beau-frère, Guichard de Beaujeu, Guichard-le-Grand, comme dit l'histoire, offrant le rare mélange de l'intelligence et de l'audace, de la prudence et de l'intrépidité, le comte de Quibourg, vieux guerrier blanchi sous le harnais , le vaillant Guillaume de Granson, plus célèbre par son épée que par la grandeur de ses domaines ; enfin, dans un ordre secondaire, quant à la puissance, mais non quant à la magnanimité, Amé de Chalant, de cette ancienne famille de Chalant, qu'on disait issue de la maison de Montferrat, et fils lui-même de ce Godefroy, sénateur de Rome et gouverneur de Gênes, dont la fortune avait étonné le Piémont, Guillaume de la Baume, Pierre d'Aarberg, Grammont, dit aussi Les Os Saint-Georges, Entremons, Varax, Chandée ; puis, dans les rangs des chefs inférieurs, un inconnu, un aventurier sans nom, mais redoutable, espèce de colosse, venu de Flandre, et qui, doué d'une force surhumaine, couvert d'une armure gigantesque et monté sur un énorme coursier, désarçonnait comme des enfants tous les cavaliers que rencontrait sa lance. Les gens du vulgaire l'estimaient à cause de l'obscurité de sa naissance, les chefs l'estimaient à cause de sa rare valeur; l'armée, émerveillée de ses prouesses, l'avait surnommé le Brabançon. Dès que les guerriers de la Bourgogne et de la Savoie eurent entouré la place, les puissantes machines, destinées à ébranler les murailles, furent amenées et mises en position.

De trois côtés, le château était à l'abri des insultes ; le précipice ne permettait qu'aux flèches vigoureusement lancées de venir heurter de leur fer impuissant les pierres de taille des fortifications; quelques archers disséminés sur le terrasse suffisaient à La défense, et s'amusaient, par passetemps, à renvoyer tes traits qui avaient pu mouler jusqu'à eux.

Quand un guerrier téméraire s'approchait trop des murailles, quelque projectile, prompt comme la foudre, des carreaux perfides vomis par les arbalètes et les mangoneaux, ou des quartiers de rochers semblant venir du ciel, faisaient bien vite respecter la virginité des remparts. Mais sur la langue de terre qui unissait le manoir à la montagne, assiégeants et assiégés pouvaient se joindre à la longueur du fer. Malgré un fossé profond et de hautes tours, malgré tout ce que l'art savant de la guerre avait pu inventer pour la défense, la citadelle était abordable d'un côté et c'est sur ce point que se dirigea l'armée des assiégeants.

Là, les chefs font avancer ces tours roulantes qui doivent donner aux assaillants l'avantage de la hauteur, là d'habiles ingénieurs préparent ces balistes et ces catapultes dont la formidable puissance doit lancer dans les airs des blocs de pierre qui ébranleront les remparts, écraseront les toits et doivent, de leur masse énorme effondrer de fond en comble les voûtes et les planchers. Les béliers sont suspendus à de longues chaînes ; le sol est aplani, les obstacles sont enlevés ; un peuple de travailleurs remue la terre: sous les yeux des princes, vassaux, soldats et capitaines sapent, creusent, égalisent ; la diversité des peuples et des drapeaux redouble l'émulation. On sait que de ces premiers préparatifs dépend tout te succès; aussi, tout autour de la place, Allemands, Bourguignons, Savoisiens, haut ou bas placés, de tout grade et de tout rang rivalisent-ils de zèle. Enfin le terrain est déblayé, les machines sont prêtes, l'armée s'approche, le drapeau de Savoie s'agite, les chefs saluent, et un cri immense s'élève dans les airs. Tandis qu'un épouvantable ouragan de rochers ou de poutres aigues assaille les murailles, que le sire de Beaujeu, savant dans l'art des sièges, prend l'avis des vieux officiers et fait ouvrir ces chemins tortueux qui doivent porter l'incendie et la destruction jusqu'au sein du château , pendant que les princes massent les troupes, organisent les réserves, lancent l'attaque et dirigent les opérations , le comte de Savoie, impatient, pousse son cheval du nord au midi, menace, appelle, provoque, et s'indigne de n'avoir devant lui que des remparts inaccessibles. Une troupe délite l'accompagne, et enivrée du courage de son chef, imite sa furieuse valeur. Bouvent, Conzié, Béosi, Varax, le Saix, la Palu, la Baume, Corsant, Chandée, la Teysssonrière, jeunes courages, lances célèbres, tourbillonnent autour de lui et semblent porter dans leur impétueux escadron la fortune de la Savoie; leurs coursiers se fatiguent de courses inutiles, et les assiégés sourient en voyant cette bouillante jeunesse monter et descendre incessamment le long des abrupts et difficiles sentiers.

Attaque plus redoutable, les bois de la montagne sont coupés, dépouillés, et précipités dans le fossé dont ils doivent combler la profondeur. Les assiégeants espèrent se rapprocher bientôt du manoir et porter avant peu la sape dans ces murs que les catapultes ébranlent et que le marteau doit achever. Sous le choc des masses qui heurtent les hautes tours, la pierre se casse, les remparts s'entament et avant que le soleil ne soit couché derrière les marais de la Dombes, d'affreux ravages se font voir sur tous les points de l'orgueilleux rempart.

On n'en peut douter, la journée est bonne; mais la chaleur a été brûlante et les plus fiers courages sont fatigués. Au signal de la retraite, l'armée rentre avec empressement sous ses tentes; des postes nombreux sont laissés à la garde des travaux, des troupes reposées viennent remplacer celles qui ont combattu; la confiance règne d'ailleurs dans tous les esprits. Au dire des anciens soldats, la puissance des assaillants ôte à la citadelle la possibilité d'une longue résistance. L'abondance règne dans le camp, les chefs ont fait preuve d'entente et de valeur, le ciel promet une longue suite de beaux jours, tout est à souhait pour cette multitude qui s'abrite sous les plis du drapeau à la croix blanche et qui goûte les délices de la fraicheur et du repos en causant de sa vaillance et de ses exploits.

Bientôt lu nuit la plus profonde endort les soldats. La ruche humaine bourdonne doucement, puis tout s'apaise, tout s'éteint, silence du calme et du repos, non de la solitude et de la mort.

Cependant, non loin de là, le vieux renard dauphinois ne dormait pas. Enfermé dans sa tanière, courroucé mais non vaincu, il s'apprêtait à faire payer à ses ennemis leur insolente sécurité. Vers le milieu de la nuit, avec des précautions infinies, il fait abaisser le pont levis, sortir ses troupes et lance sur les postes avancés une avalanche armée qui balaye soldats et travailleurs, renverse ce qui lui résiste et, allant droit devant elle, porte au loin le carnage et la destruction. Allemands, Savoisiens, Bourguignons sont égorgés; des cris s'élèvent le long des flancs de la colline, l'armée au loin se réveille et les soldats, en s'armant à la hâte, ne savent si le château est pris, ou si une armée de Dauphinois, venue on ne sait d'où, ose attaquer leurs lignes et forcer leurs retranchements.

Edouard, Guichard, Guibourg, se précipitent au secours de leurs soldats ; le duc de Bourgogne, le comte d'Auxerre se mettent à la tête des réserves. Les étoiles brillent dans le ciel, mais la nuit n'est pas assez éclairée pour qu'on puisse découvrir tous les pièges que cache la plaine. Les forêts ne sont pas éloignées et leurs profondeurs peuvent recéler des ennemis; la confusion est partout. Des éclaireurs se glissent dans toutes les directions et sondent l'obscurité; la masse des troupes se met en bataille, l'élite des soldats de la Savoie s'lance à la suite de son souverain et vole, au sommet de la colline, à la défense des tours, des catapultes et des béliers tombés an pouvoir des Dauphinois.

 Edouard gravit la hauteur et tout annonce que son choc sera irrésistible; il arrive et derrière lui on entend la marche de l'armée. La cavalerie le suit de près ; les casques brillent et le galop des escadrons retentit sur ses pas, indigné, superbe, il rallie les fuyards; les soldats reviennent; tons ensemble courent à l'ennemi. Mais les Dauphinois ne paraissent nulle part ; les champs, les bois n'opposent aucune résistance ; on marche en vain, on ne sait où rencontrer ceux qui ont jeté le trouble au milieu des assaillants, et qui, fuyant dans les ténèbres, n'osent pas attendre la vengeance du jeune et intrépide guerrier. On les voit enfin, ils apparaissent, mais à la lueur de l'incendie. Des résines ont mis le feu aux machines du siège, des torches enflammées ont été jetées sur les troncs d'arbres amoncelés dans le ravin. Le château est entouré d'une ceinture de feu et les assiégés, derrière leurs épais remparts, suivent les progrès de cette flamme qui rend à leurs fossés leur primitive profondeur.

Tous les travaux sont anéantis, les conduits que la sape a creusés sont comblés, les fascines sont consumées, ce qui n'a pas été détruit est renversé et les auteurs de tout ce désastre sont à l'abri. Quand le jour vint, les assiégeants virent les murailles réparées, les tours ne portaient aucune des blessures de la veille et la forteresse plus fière que jamais semblait n'avoir essuyé aucun assaut.

A la guerre, lorsqu'un échec n'affaiblit pas, il double la puissance; l'affront que les armes de la Savoie venait de subir exaspéra cette multitude de combattants. Les plus sages déclarèrent que le temps des ménagements et de la prudence était  passé, que l'activité et l'audace étaient de nécessité et qu’il fallait enlever promptement le manoir qui osait résister à une armée entière. Le comte de Savoie, oubliant la générosité habituelle à sa famille, jure de ne pas laisser trace de ces rempart fatals à ses armes.

Conduite en bon ordre et non moins désireuse de se venger, l'armée reprend ses positions; personne ne les lui dispute. Tranquille au milieu de sa garnison, ou impuissant contre un pareil orage, le vieux Hugues examine les travaux sans les troubler ; il contemple sans laisser voir son émotion, au levant une multitude abattant les forêts et, à ses pieds, les pionniers creusant de nouveau la terre; au nord les gracieuses habitations de Jujurieux, quartier général du comte de Savoie, qu'environnent ses plus vaillants capitaines; au couchant les chaumes noirs dit hameau de Saint-Jean-le-Vieux, occupé par le duc Robert et l'opulente noblesse qui l'accompagne. Entre ces deux points extrêmes, les lignes de l'armée, les riches pavillons de la Bourgogne et des chevaliers de l'Auxerrois; les tentes moins riches des Allemands, des Suisses et des Savoisiens; au fond du tableau la rivière d'Ain que traversent incessamment les convois de munitions que la Bresse envoie aux ennemis. Il soupire et détourne la vue; son œil ardent se tourne enfin du côté du midi et son regard qui s'illumine, plonge avec sa pensée dans l'étendue, interroge tous les indices, cherche à deviner ce qui se passe là-bas, de l'autre côté du Rhône, au pied de ces montagnes bleues qui bornent l'horizon. Mais rien ne répond à son attente; une colline boisée, une épaisse forêt de châtaigniers séculaires le séparent du point qu'il voudrait sonder. Ce rideau cache l'inconnu ; c'est pour lui l'espérance ou l'oubli, la délivrance glorieuse, ou l'abandon et la mort ; le vieux guerrier s'arrache à ses rêveries et descend donner les ordres qui doivent conjurer les périls que sa prévoyance voit s'amonceler et grandir autour de lui.

L'attaque, moins bruyante que la veille, était bien plus dangereuse. Rien de ce que l'art des sièges avait inventé n'était négligé pour abattre l'orgueilleux manoir; tout ce que le génie de la guerre possédait de ressources et de moyens était mis en usage contre une poignée de guerriers. Superbe spectacle que celui d'un si formidable déploiement de forces contre un château isolé, que celui d'une garnison abandonnée résistant à la plus magnifique armée que la Bourgogne et la Savoie eussent mis sur pied depuis longtemps.

Le soir on n'eût pu voir que peu de ruines, peu de désastres, peu de dégâts, mais toutes les positions étaient prises, bien gardées et solidement défendues. Le manoir avait peu souffert, mais il était plus étroitement serré que jamais. Encore quelques jours d'approche, et un assaut peut faire succomber la forteresse. Hugues compte le temps depuis son premier avis au Dauphin et il s'étonne. Ses prévisions l'ont trompé; on ne croit pas son danger aussi grand; on délibère au lieu d'agir; que fait donc le comte de Genève qui lui avait promis secours? Il faut les prévenir que le temps presse et que s'ils tardent ils ne trouveront qu'une ruine fumante où fut autrefois Varey.

Au milieu de la nuit, à l'heure où le sommeil est le plus profond, une poterne s'ouvre mystérieusement dans les replis des fortifications et quelques soldats d'élite légèrement armés glissent sans bruit au bas de la colline. Protégés par les ténèbres, ils s'élancent et se dispersent leur fuite attire les assiégeants, mais, agiles et connaissant le pays, dès qu'ils ont réveillé l'armée et jeté le trouble dans les avant-postes, ils se replient, se rejoignent et regagnent les fossés au milieu des cris et des projectiles. Hugues paraît avec ses troupes et simule une sortie. Sous sa protection, les fuyards précipitent leurs pas et se retrouvent bientôt à l'abri des fortifications.

Tout a réussi ; pendant que les Dauphinois se faisaient poursuivre par l'ennemi, un d'eux, agile coureur, a gagné la forêt. Plus tranquille sur la montagne dont il sait les détours, il brave la fureur impuissante des Savoisiens, longe, par des sentiers connus de lui seul, les collines, dernier contrefort du Jura, passe au-dessus de la célèbre abbaye d'Ambronay, de la petite ville d'Ambérieux, de la redoutable forteresse de Saint-Germain dont il évite la garnison, descend la montagne, traverse l'Albarine, s'enfonce dans la forêt de chênes qui couvre la colline, fend les flots du Rhône qu'il passe à la nage et, au point du jour, au moment où la lumière illumine la vallée, pousse un cri de joie, il est sur la terre du Dauphiné.

À cette même heure, aux sons d'une musique guerrière, Savoisiens et Bourguignons reprenaient les armes, avançaient leurs machines et se remettaient à battre les remparts à la hâte consolidés. Quelques aventuriers avaient proposé ces épouvantables inventions qui, à l'aide de la poudre et des boulets, trouaient les armées les plus profondes, mais ces procédés nouveaux avaient fait horreur. Le massacre de loin, la boucherie sans laisser les moyens de la défense répugnaient à celle fière noblesse si prodigue de son sang. Ce qui distingue l'homme d'armes du vilain n'est pas autre chose que l'habitude prise dès les jeunes années de se mesurer corps à corps avec l'ennemi. Pour tuer à distance, le faible vaut le fort, le lâche égale le vaillant, et le chevaleresque souverain de la Savoie défendit avec menace de renouveler ces cruelles et houleuses propositions. Pendant que des arbalétriers adroits font pleuvoir une grêle de traits sur le château, les assiégés, munis de balistes puissantes, cherchent!, à l'abri de leurs créneaux, à garder les approches du manoir. Les viretons, les carreaux volent, trouant les casques et faussant les armures.

Les Dauphinois, passés maitres dans l'art de la guerre, ne livrent aucune chance au hasard ; tout est prévu, il est facile de voir qu'un chef habile les commande, et les plus furieuses attaques sont repoussées par les plus héroïques efforts; dans les hautes tours, d'abondantes munitions de guerre ont été accumulées ; les magasins regorgent de vivres et la confiance dans le sort des batailles ne fait pas encore défaut.

Et cependant la multitude est effrayante au dehors. Sous les yeux des princes qui ne ménagent pas leurs personnes, les soldats redoublent de témérité. Excités par l'ambition, l'amour de la bataille, la diversité de races et de drapeaux,  l'audace naturelle au sang qui bouillonne dans leurs veines, les guerriers des Alpes et du Jura bravent les dangers et se jouent des plus affreux périls. Moins rudes, mais aussi braves, les Bourguignons les soutiennent, partagent leurs travaux et lancent un sarcasme avec le même empressement qu'un trait. Partout la force lutte contre la force, la ruse rencontre la ruse. Savoisiens et Dauphinois, ces éternels ennemis, se cherchent, et s'attaquent, se poursuivent, et changent en vengeance personnelle et ardente la guerre que se font les souverains.

La montagne, dépouillée de sa forêt, livre aux assiégeants des châtaigniers énormes, des chênes centenaires, des frênes robustes que les orages n'ont pu courber. Des palissades sont établies autour du château. Des remparts irréguliers mais solides s'élèvent en face des murs de pierre et les menacent d'une redoutable rivalité. A l'abri à leur tour, les assiégeants s'avancent peu à peu, poussent leurs ouvrages et s'attachent surtout à combler les fossés.

Des troncs d'arbres, des pierres énormes sont précipités dans le ravin ; des ponts sont jetés sur les deux bords; les assiégés les brisent, mais les assaillants renouvellent, leurs efforts, et, appuient sur le parapet opposé de grands peupliers qu'ils fortifient et consolident ; sur tous les points, les géants des forêts tombés sous la hache à grand peine, taillés la hâte et armés encore de larges et puissants rameaux, sont roulés dans le précipice où ils deviennent les premiers appuis d'autres arbres, jetés en travers. Leurs branches s'entremêlent, leurs masses s'unissent et s'amoncellent ; les fossés se comblent ; des solives, (les planches, des poutres apportées par des milliers de bras livrent passage à l'ennemi. Des tortues trapues, aiguës, indestructibles s'attachent par des crampons de fer à la base des remparts, et des pionniers, des mineurs, ulcères vivants, fléau des vieilles forteresses, s'incrustent dans les trous que le bélier a creusés et que leur marteau infatigable agrandit.

Les murailles entamées gémissent sourdement et l'acharnement redouble. Les assiégés s'efforcent d'écraser ces vers rongeurs qui pénètrent au sein de la citadelle, les assiégeants protègent leurs travailleurs enfoncés dans l'épaisseur des fortifications. Des sorties sont essayées, des rochers tombent, des torches sont lancées; tous les moyens que suggèrent la ruse, l'audace ou le désespoir sont employés, mais les gros bataillons l'emportent, les sorties sont repoussées, les torches sont éteintes, et les mineurs, cheminant sous les pieds des Dauphinois, restent maîtres de leur périlleuse position.

Pendant que le sang coule autour de Varey, les campagnes sont dévastées. Des rôdeurs pénètrent dans les villages et ramènent le bétail des pauvres laboureurs. Chenavel, l'Abbergement, Saint-Jérôme invoquent en vain leur inoffensive neutralité, Hauterive ses sympathies, Neuville son assiette sur la terre de Bresse, Château-Gaillard sa pauvreté au milieu de toutes les dévastations ; les pillards sont sourds, les chefs de l'armée ferment les yeux et déclarent ne savoir où découvrir les coupables; on ne respecte que les citadelles qui, comme Chatillon de Cornelle, la Bâtie, Poncin, Luysandre sont ceintes de bonnes murailles et sont en mesure de se faire respecter.

Aux premières nouvelles de la guerre, le sire de Thoire est descendu des montagnes et malgré le traité qu'il a signé depuis peu avec le sire de Beaujeu, malgré son affection secrète pour la maison de Savoie, sa fidélité au Dauphin ne reçoit aucune atteinte. Inquiet de voir une si grande armée près de ses frontières, il a garni de soldats éprouvés ses places fortes et lui-même avec ses meilleurs capitaines, entouré, comme aux jours du péril, des Mornay, des Bussy, des Moyria, des Bouvens, il quitte Montréal, s'enferme dans la place forte de Poncin, et, neutre dans la querelle qui embrase le pays, attend que l'orage s'éloigne pour remonter dans ses sauvages vallées. Pendant huit jours entiers l'armée de Savoie prodigue ses hommes les plus vaillants, et Varey résiste encore. L'œuvre de destruction s'avance, mais lentement. Si une tour est tombée, trois autres sont encore debout. Les fossés sont comblés, les premières murailles sont sapées et ouvrent de larges brèches mais, derrière elles, des murailles plus hautes et plus formidables donnent un abri non moins sûr à l'assiégé. Le point d'attaque plus resserré offre une résistance plus facile. Les ruines protègent les remparts qui se dressent intacts sur une nouvelle ligne et les plus hardis assaillants hésitent à gravir ces montagnes de débris et de pierres renversées au sommet desquelles ils se trouvent exposés à tous les coups de l'ennemi. Cependant la garnison a été cruellement décimée et ses rangs éclaircis ne pourront suffire longtemps au service pénible qu'on leur demande.

 Hugues, sans paraître soucieux, ne quitte plus le sommet des remparts. Sa présence encourage,  ses exhortations soutiennent ; il parle d'espoir et lui-même peut-être n'espère plus. Ses officiers le supplient en vain de prendre du repos ; leur zèle, disent-ils, remplacera son expérience, leur épée est indomptable, ils ne laisseront pas, eux vivants, descendre le drapeau qui se déploie si fier dans les airs. Hugues repousse leurs offres ; il dort sur les murailles, il s'entretient avec les soldais et leur parle dur où, après avoir bravé tant de périls, ils gouteront enfin les délices de la paix ; son ardeur excite les moins vaillants, sa confiance anime les plus intrépides, nul ne craint sous un pareil commandant, nul ne doute quand le vieillard leur dit que le salut n'est pas loin.

Cependant, la neuvième nuit, après une attaque meurtrière, Hugues sommeillait sur la plateforme d'une tour, quand le son d'une corne de berger le fit tressaillir. Anxieux, il écoute, le signal se fait de nouveau entendre; il se lève, la joie inonde son âme ; le vieux guerrier ne peut maintenir l'émotion qui déborde dans son cœur ; l'œil brillant, la voix vibrante, il visite les postes, donne ses ordres, et de lui-même descend prendre au sein de ses appartements un repos qu'il a depuis longtemps oublié. Rien n'échappe à ceux que le danger environne ; la joie du chef se communique aux soldats; on cause du changement opéré dans les traits et le sourire de celui sur qui pèse une si terrible responsabilité, et chacun sent grandir ou renaitre sa confiance et son ardeur. Aussi quelle ne fut pas la stupéfaction des assiégés quand ils virent, dès l’aurore, un Parlementaire sortir du château, s'avancer vers les avant-postes et demander à être conduit au comte de Savoie. La forteresse était-elle donc si démantelée que toute résistance fût devenue impossible ? Les progrès du siège avaient-ils donc été si grands depuis deux jours? Et cette joie, celle espérance, cette ardeur si visibles sur le front du belliqueux vieillard, n'était-ce qu’un mensonge, une feinte ? Les regards, du haut des remparts, suivent le parlementaire : il s'approche des lignes; les Savoisiens viennent à sa rencontre ; il est introduit au sein des travaux des ennemis.

Conduit devant les chefs, le Dauphinois expose que Varey, après avoir résisté à une armée entière, peut tenir longtemps encore; que la petite garnison est bien approvisionnée; que les remparts extérieurs ont seuls souffert, mais que toute résistance a ses limites, et que, pour éviter une cruelle effusion de sang, le commandant du château, après avoir fait tout ce qu'il était humainement possible de faire, demande une trêve de douze jours pour laisser reposer la garnison et l'armée; les douze jours accomplis, le commandant ouvrira ses portes, s'il n'est secouru. Le prudent envoyé évite de prononcer le nom d’Hugues de Genève dans une assemblée où son chef compte de mortels ennemis. A cette proposition, des voix s'élèvent, et les avis se partagent. Beaujeu veut la poursuite du siège sans trêve ni merci ; Edouard penche pour un repos qui lui permettra de s'enivrer de quelques nouvelles amours ; le duc de Bourgogne est indécis; le comte d'Auxerre regrette de s'être aventuré dans une guerre lointaine qui donne plus de peines que de profits. Les uns voient une ruse perfide dans la demande, et une faute dans la suspension d'armes ; d'autres y trouvent leur convenance et invoquent l'humanité; le parti de la paix l'emporte, et un traité est signé. La suspension d'armes sera complète On ne fera de travaux d'aucune part les assiégés ne consolideront pas leurs murailles La trêve ne sera que de dix jours; Si, le onzième, la force ouverte n'est pas venue délivrer Varey, le commandant ouvrira ses portes ; les hommes elles biens seront respectés ; les armes seront sauves ; mais le château appartiendra désormais et pour toujours au vainqueur.

A la nouvelle de ces conventions, une partie de l'armée murmure; le temps parait long à ces soldats campés dans la Plaine, loin des villes et à portée seulement de quelques villages désolés ou de quelques forteresses soigneusement gardées. Le comte de Savoie, avide de plaisir et désireux d'apaiser les esprits, fait appel aux dames de la province, organise des fêtes, emmène de hardis chasseurs sur la trace des bêtes fauves dans la montagne, ou lance son faucon à poursuite du héron, sur les bords de la rivière d'Ain ; le soir, le camp retentit des sons efféminés d'une musique dansante, et les chefs de celte nombreuse armée, devenus des hommes aimables pour les beautés accourues sous les tentes , ne paraissent plus d'invincibles guerriers à leurs rudes et belliqueux soldats. Les liens de la discipline commençaient à se détendre, et les princes que la contagion n'avait pas gagnés comptaient les jours qui devaient, en leur livrant Varey, leur permettre d'enlever leurs troupes à ce foyer de désordre et de corruption. Il n'était pas probable, il n'était pas possible que le Dauphin pût envoyer du secours à la malheureuse forteresse, et ce secours arrivât-il, quel espoir de lui voir traverser les lignes de l'armée de Savoie pour ravitailler les remparts ou oser livrer bataille à toute la noblesse de la Bourgogne et de la Savoie ?

D'ailleurs les éclaireurs disséminés dans la plaine ne signalaient aucun danger, et le poste avancé, retranché dans le vieux camp des Sarrasins, dormait plein de la sécurité la plus profonde, en attendant qu'on vint le relever de cette position plus monotone que périlleuse, air de laquelle tes soldats paraissaient n'avoir à redouter que le désœuvrement et l'ennui.

Cependant tes aventuriers, habitués à toutes les vicissitudes et aux surprises de la guerre, gémissaient de voir cette confiance aveugle qui pouvait livrer l'armée la plus nombreuse à un ennemi déterminé. Avec eux et à leur tête, le Brabançon, toujours en armes, veillait à la sûreté de celte foule trop oublieuse du péril, et chevauchant sur son grand coursier de Flandre, cherchait à s'assurer par lui-même que les Dauphinois ne rôdaient pas dans les environs. Parmi les chefs Beaujeu, Chalant, Granson, Quibourg, protestaient, par leur vigilance, contre l'insouciance commune et paraissaient seuls avoir souci de l'avenir; le duc de Bourgogne, entouré de courtisans, s'applaudissait, au sein d'opulents festins, d'avoir fait venir les meilleurs vins de ses Etats, celui de la Bresse n'ayant pas sa faveur; le comte de Savoie, de son côté, s'enorgueillissait d'avoir fait une conquête, mais ce n'était pas d'une forteresse redoutable qu'il s'était rendu possesseur aussi prompt au plaisir qu'à la bataille, il oubliait, dans des amours passagères , qu'il était responsable de la vie des guerriers rangés sous ses ordres, que le Dauphiné avait des généraux habiles, et que la moindre faute peut mettre un royaume à deux doigts de sa perte. La leçon qu'il allait recevoir devait avoir une cruelle importance pour  ses alliés, pour la Savoie et pour lui. Du haut de sa tour, le vieux Genevois comptait les heures, et d’un œil avide cherchait à deviner la sécurité et l'imprévoyance de ses ennemis.

Guigue n'avait mis ni hésitation ni lenteur à secourir Varey, mais l'armée de Savoie avait une telle force qu'il n'avait pas osé accourir avec les vassaux qu'il avait autour de lui. Dès les premiers bruits d'armement, il avait convoqué ses alliés et attendu sur l'extrême frontière du Dauphiné qu'ils vinssent le rejoindre. En effet, bientôt étaient venus sous sa bannière le comte de Genevois amenant tout ce qu'il avait pu lever de bonnes troupes; les seigneurs de Gex et de Faucigny, Jean de Chalon, le conte de Valentinois, toute ta belliqueuse noblesse du Graisivaudan, toutes les meilleures  lances des Alpes et des bords du Rhône. Dédaignant les communes qui font nombre et se battent mal, il n'avait pris avec lui que des cavaliers d’élite, mais il comptait surtout sur les compagnies de Gascons que le roi de France avait occupées jadis à l’extermination des Albigeois et qui, amenées par Annequin de Clérieu, avaient subi naguère un rude échec la Côte-Saint-André, et depuis lors avaient juré une haine profonde a la maison de Savoie. Un chef redouté les commande. Le Grand-Chanoine, Alphonse d'Espagne, appelé ainsi car avant de commander les Compagnies il avait été effectivement chanoine et archidiacre à Paris, a pu seul les discipliner et les courber sous son autorité. Rigoureux devant, l'ennemi, il les déchaîne volontiers après la bataille, et lui-même a peu de ces scrupules d'honneur qui font la gloire du soldat. Homme de fer, il se bat pour s'enrichir et rien ne le touche que ce qui tient à son intérêt. Dès que ces forces sont réunies, le Dauphin, pressé d'ailleurs par les avis qu'il a reçus de Varey, quitte Crémieu, passe le Rhône et entre sur les terres du Bugey.

Il marche la nuit, et sa tactique savante dérobe sa présence l'ennemi. Guidé par un homme sûr, il évite les forteresses occupées par les Savoisiens ; il s'éloigne de la plaine, suit le flanc des montagnes, s'enfonce dans les forêts de Douvres et d'Ambronay, laisse respirer ses troupes et débouche sous  Varey au milieu des Savoisiens surpris le 13 Août  1325. A la vue des bannières du Dauphiné, à la vue de cette armée tombée du ciel, qui se met en bataille sur la lisière de forêts, le trouble et la fureur des assiégeants sont au comble ; les  trompettes sonnent, les ordres s'échangent et se répètent, les bannerets assemblent leurs soldats, les guerriers accourent de toutes parts, s'arment la hâte et bientôt les escadrons bourguignons, les premiers prêts, se ruent sans ordre sur l'ennemi.

Campés à l'aile droite et les plus rapprochés de la colline boisée, ils partent sans attendre les Savoisiens. Confiants dans leur valeur, ils engagent la bataille. A leur tête est le Brabançon , dont la vigilance n'a pas été en défaut. Armé malgré la trêve, veillant malgré la sécurité générale, le premier de tous les chefs, le Brabançon remonte l'Oiselon avec les troupes bourguignonnes, rencontre l'avant-garde des Gascons et charge avec une impétuosité qui fait tout plier. Rien ne résiste à la lance énorme que tient en arrêt son bras nerveux; tout cède au choc du puissant coursier de Flandre qui promène son maître au milieu des rangs les plus épais. Dans cette mêlée, dans ce combat corps à corps, les coups pleuvent sur l'épaisse cuirasse sans ébranler le fier guerrier, mais sa longue lance est devenue inutile. Le Brabançon prend à l'arçon de sa selle une pesante massue de cuivre et, comme la foudre, la fait tomber à droite et à gauche autour de lui. Les rangs s'ouvrent, les Gascons reculent et se dispersent ; nul n'attend impunément le bras qui donne à coup sûr la mort; les Bourguignons poursuivent les Compagnies mises en déroule et les rejettent sur le corps de bataille rangé sous les ordres du Dauphin à l'entrée de la forêt.

Bourguignons et Allemands poussent des cris de joie. Ils voient la terreur qu'inspire le Brabançon et son exemple enflamme les courages. A peine formés, les corps se précipitent sur le carré au centre duquel s'élève la bannière du Dauphin; même isolés, et ne consultant que leur fureur, les chevaliers se jettent sur l'escadron dauphinois qui reste immobile; mais leur furie, privée d'ensemble et de discipline, se brise contre le mur d'airain que rien ne peut entamer. Au milieu de ses fidèles, le Dauphin monté sur un coursier d'une éclatante blancheur, donne ses ordres d'une Voix calme et sa voix se fait obéir jusqu'aux rangs les plus éloignés. Auprès de lui on reconnaît Guy de Grolée, son célèbre conseiller ; autour d'eux se pressent Albon, Montauban, Sassenage, Allemand, Rossillon, Valbonnais, Maubec, Salvaing, Clerieu, Forcalquier, La Poype. Le sang des Allobroges coule dans leurs veines. Les hommes d'armes qui les suivent sont nés et ont vécu dans les combats. Le ruisseau protège leur corps de bataille derrière lequel se reforment et se réorganisent les Gascons à peine rassurés. Malgré la contenance des Dauphinois, la victoire est indécise; Un simple événement, la mort d'un homme, va la décider.

Comme toute l'armée, le Brabançon a vu cette impénétrable forêt de lances qui arrête l'effort des assaillants et menace de fixer la victoire, Il délibère s'il attendra le gros des Savoisiens dont les escadrons se précipitent du fond de la plaine, ou s'il renversera seul ce rempart vivant au milieu duquel trône le Dauphin ; les cris des Bourguignons l'encouragent, sa propre vaillance l'y porte; le désir de se Faire un nom immortel le décide; il prend du champ, s'assure sur ses étriers et se prépare à ouvrir une brèche au milieu du superbe et belliqueux carré.

Qu'il entre, les Bourguignons sont sur ses pas et l'armée des Dauphinois est détruite. Son héroïque résolution est comprise. Ce guerrier gigantesque, ce coursier plus haut que les plus grands coursiers, cotte armure que les coups ne peuvent fausser, ce bras invincible qui rem erse les plus hardis, vont triompher de la discipline des Dauphinois. Le seigneur des Baux fait signe au Grand-Chanoine ; tous deux se portent à la rencontre de leur terrible ennemi. Ils s'élancent en même temps et l'armée attentive s’arrête pour les contempler. Le Brabançon a vu leur fière contenance et il attend leur choc. Il sait que rien ne pourra l'ébranler de sa selle où il repose comme une tour sur un rempart ; ils viennent de deux côtés différents, mais peu lui importe. Fier de vaincre sous les yeux de si illustres combattants, il choisit pour premier adversaire le seigneur des Baux qui lui paraît d'un plus haut rang. Pendant que le Dauphinois menace la poitrine et que sa lance impuissante se brise sur la pesante cuirasse, le Gascon roule dans son cœur une trahison et, sans s'arrêter au déshonneur qui en rejaillira sur lui aux yeux des deux armées, il exécute son perfide projet. Par une forfaiture honteuse et digne d'un chef de pillards, il fait une feinte et au lieu de frapper l'homme suivant les lois de la guerre et de l'honneur, il enfonce sa lance dans les flancs du cheval qui se dresse, se cabre et se renverse, fait un dernier bond et tombe à terre avec son cavalier. Le Brabançon, accablé par le poids de ses armes et de son cheval, fait des efforts inouïs pour se dégager ; appuyant son bras puissant sur la terre, il rassemble ses forces et veut arracher son pied qui n'a pu vider l'arçon; le coursier bardé de fer est couché sur lui ; tous ses efforts sont vains et une horrible douleur le fait pâlir. Vaincu par la souffrance, il appelle; sa voix s'échappe avec effort à travers son heaume abaissé ; la voix du héros parvient jusqu'aux Bourguignons mais ceux-ci hésitent, reculent et le laissent entre les mains des assaillants. Traitre jusqu'au bout, le Grand-Chanoine fait passer et repasser sa monture sur le guerrier qui ne peut plus se défendre et qui s'évanouit. Le sire des Baux, que la postérité puisse flétrir son nom comme celui de son compagnon, met pied à terre, et, au lieu d'épargner le vaincu tombé ou de le percer de son épée, de sa masse d'armes qu'il tient à deux mains, il frappe le mourant à coups redoublés, tant que le casque épais soit aplati, que la tête soit écrasée dans son enveloppe de fer et que l'âme du vaillant homme de guerre ait quitté son corps mortel pour s'envoler au sein de Dieu.

A celte vue, à ce crime, les Bourguignons s'épouvantent et se replient. Le comte de Génevois et Hugues, son oncle, qui conduisent les deux ailes de l'armée, se portent rapidement en avant avec les troupes légères et cherchent à cerner l'ennemi. Les Bourguignons découragés se dispersent. Les uns sont faits prisonniers, d'autres mettant leur salut dans une prompte fuite, essayent de gagner leurs retranchements ;  bientôt l'armée des Dauphinois s'ébranle, et en bon ordre, sans rompre ses rangs , descend vers Saint-Jean-le-Vieux. Robert de Bourgogne et le sire de Beaujeu, qui faisaient armer leurs gens, soutiennent le choc, mais l'épouvante se glisse dans les cœurs ; les chefs eux-mêmes désespèrent du triomphe. Surpris au milieu du repos et des plaisirs, séparés, errant à l'aventure dans la vallée, sans plan de bataille devant cet ennemi si peu attendu, ils ne peuvent que lutter avec leur bravoure accoutumée et réparer leur imprudence en donnant leur sang. Cependant la chute des Savoisiens ne devait pas être sans gloire. Aux cris de la bataille, à la nouvelle que les Dauphinois écrasent les Bourguignons, Edouard accourt à la tête de tout son corps d'armée. La colère embrase son âme: il descend rapidement des collines, charge les Genevois, les Gessois, les gens du Faucigny, les culbute et les disperse. Arrachée à ses délassements imprudents, la jeunesse savoisienne veut racheter sa faute, et laver l'affront qui vient de l'atteindre ; elle se presse autour de son chef, prête à mourir, mais comptant vaincre ; tout cède h son impétuosité. Les Génevois éperdus se rejettent sur les Dauphinois, leur vieux alliés ; les Savoisiens les poursuivent jusque sous ce drapeau objet de leur animosité les lances frappent les poitrines, les épées cherchent les épées, la rivalité des deux nations, les haines héréditaires se font jour phis terribles à mesure que le champ de bataille se rétrécit; les escadrons se heurtent, tourbillonnent et se mêlent avec un bruit affreux.

Amé de Chalant se rapproche du comte de Savoie : 

-« Avez été fait chevalier par le roi le France au milieu de la mêlée », lui dit-il avec une contenance si fière qu'on l'eût pris pour le paladin Roland : « grand renom gagnerais, si à pareille fête daigniez m'octroyer le don sacré de chevalerie ».

- « Soit fait, répondit Edouard en frappant de son épée l'épaule de son féal ; gagnons la bataille et Varey sera tien, mieux ne puis ».

 - « Savoie ! Savoie ! » acclama le nouvel élu de sa voix la plus éclatante, et son cri s'éleva au milieu du choc des combattants.

-« Savoie au noble comte! » répondirent mille poitrines et les coups retentissent plus furieux, les armures éclatent, les coursiers tombent et s'enchevêtrent plus serrés sur ce point où le comte de Savoie exerce sa fureur.

Sous l'effort d'Edouard et de sa vaillante noblesse, l'armée dauphinoise est ébranlée. La victoire penche pour la croix blanche. Navré de se voir vaincu, Jean de Chalon s'écrie, et l'histoire a conservé son cri de désespoir - « Ah ! Gentil Dauphin, secourons nos gens, et ne permettons pas aujourd'hui l'honneur des armes nous étre levé d'entre les mains. »

A cet appel, les fuyards s'arrêtent, les rangs se reforment autour des bannières. L'escadron brillant et invincible du Dauphin s'avance, charge à son tour et s'ouvre un passage au centre des savoisiens ; la fortune change encore une fois et les vainqueurs connaissent, la rage au coeur, que le succès leur est arraché.

Des torches enflammées sont jetées dans les lignes que défend Beaujeu ; l'incendie se propage et s'élance ; lts pauvres chaumières de Saint-Jean-le-Vieux sont dévorées et les Bourguignons aux prises avec les Gascons et les Dauphinois sont chassés de leurs retranchements. Le Grand-Chanoine attise les flammes. Allemands, Savoisiens, que le soleil ardent éblouit, font voile-face et se retirent vers le nord ; la sueur ruisselle sous les pesantes armures , Les Dauphinois tournent le dos à l'éclatante lumière du midi et leur discipline, leur intrépidité triomphent de la fougue de leurs ennemis. Les Communes cèdent, se débandent  et se font tuer, fuyant ça et là sans ordre ni obéissance à leurs chefs, « comme il advient, ajoute le naïf chanoine de Beaujeu, à ces canailles de communes qui n'ont aucune expérience au faict d'armes, ny façon de faire des gents de guerre... » Ajoutons aussi, helas! que les infortunés, enlevés à leurs travaux, n'avaient aucun intérêt dans ces luttes acharnées que se faisaient leurs belliqueux souverains.

Pauvres gens du vulgaire, canailles qui ne saviez que mourir, c'est de vos rangs que sont sortis plus tard les Murat, les Ney, les Masséna, assez versés, nous semble-t-il,« ès choses de la guerre, » quoi qu'en dise la plume du chroniqueur. Le sang coule et fume, les cadavres s'amoncellent, les champs sont semés de blessés qui crient, de mourants qu'on foule, de morts qu'on oubliera bientôt, de chevaux qui se traînent, de chariots qui encombrent, d'armures arrachées d'armes brisées impuissantes ô défendre celui qui s'était confié leur force cl ô leur bonté. Les trompettes, les tambours, les clameurs remplissent les airs, les terribles é1es deux mains fendent les casques, les pertuisanes trouent les cottes de mailles; les coups résonnent, le fer grince contre le fer, riposte et frappe à son tour et l'armée de Savoie continue sa retraite vers ses retranchements où elle espère trouver sécurité et repos. Mais du haut des remparts de Varey, Hugues a vu la bataille ; il a suivi toutes les vicissitudes du combat, craint, espéré, craint encore ; il fait sortir sa garnison et, par une vigoureuse attaque, jette encore le trouble dans l'armée de Savoie. C'en est fait, la déroute commence; rien ne peut sauver la magnifique armée d'un complet anéantissement.

Le fils d'Amé-le-Grand verse des larmes de fureur et, dans sa résolution de ne pas survivre à sa défaite, il veut retourner se jeter au milieu des escadrons du Dauphin. Mais ses officiers l'entourent; ils lui font envisager l'avenir de la Savoie ; une défaite peut se réparer, une revanche peut se prendre ; la Bresse fidèle est tout près ; pendant que les chemins sont encore ouverts, il faut se mettre en sûreté. Un soldat connait un gué d'où on peut facilement traverser la rivière d'Ain, gagner Bourg et Bagé et là, réunir les débris de l'armée qui, réorganisée, peut retrouver bientôt un autre champ de bataille. Edouard cède ; la mort dans l'âme, il quitte les siens, le sol où ses sujets expirent, où le sang de ses amis paie son imprudence, ce pays où naguère il était si puissant et si redouté et, pendant que sa noblesse va couvrir son départ, il s'éloigne fugitif, accompagné d'un petit nombredle serviteurs. Derriére lui Beaujeu, Chaland, Grammont, Terny rallient les fuyards et s'apprêtent à mourir pour protéger la fuite de leur Souverain.

Mais pendant que la fidélité antique, cette foi féodale qui n'a pas laissé de traces de nos jours, s'immole et se sacrifie, la guerre implacable veille et ne laisse pas s'échapper sa proie. Sur un point, à un carrefour du chemin, les cavaliers de la Savoie meurent avec trop de fermeté pour que leur sacrifice ne cache pas quelque mystère. Auberjon de Maley a ménagé son cheval et, faisant un contour, il se précipite dans la campagne appelant à lui les Dauphinois. Il voit au loin un groupe qui se dérobe, le rejoint, l’attaque et porte sa main couverte de sang sur un homme pâle, fou de douleur et qui ne sait ni se défendre ni se nommer. A cette couronne, à ces armes, à son désespoir surtout, Maley a bientôt reconnu la plus grande infortune de la journée; il s'enivre à la pensée de la riche proie dont il vient de s'emparer. Mais il ne peut la conserver seul et les serviteurs dispersés menacent de venir la lui disputer. Il appelle encore et Tournon accourt avec quelques cavaliers. Tous ensemble se saisissent du noble comte, se le disputent, prétendent chacun en avoir fait la conquête et finissent par faire un accord. Maley l'avait pris, on en convient, mais il ne pouvait le garder ; Tournon exige la moitié de la rançon et de l'honneur, Maley consent. On arrache l’armure du jeune prince, on lui enlève le casque qui protégeait sa fière tête et cachait ses nobles traits ; on le dépouille, chemin faisant, et on l'entraîne avec violence vers les Dauphinois qui croiront à peine à un triomphe aussi complet.

Cependant la grande armée n'est pas toute anéantie çà et là on combat encore et quelques Allemands, quelques Savoisiens tiennent vaillamment tête à l'ennemi. Le vieux Guillaume de Boczezel a vu de loin le malheur de la Savoie.

Il appelle son fils dans la mêlée ! « Ah ! Hugues ! L’on emmène prisonnier le comte Edouard, ton seigneur et le mien ! tost, tost après lui, car je suis viel et feble, et durement blessé, pourquoy n'y pourroye aller. » Hugues vole à la voix de son père. Entremonts le suit, tous deux atteignent les Dauphinois, les chargent et délivrent le malheureux souverain qui n'a ni la force ni le courage de dire merci à ses libérateurs.

A son tour le sire de Tournon appelle; à son tour il envoie un cavalier à un vaillant baron qui poursuivait non loin de là les Savoisiens et implore son secours - « Ah ! seigneur de Sassenage ! accourez vile ; le comte de Savoie était prisonnier et on essaye de le délivrer. A la rescousse, Sassenage, menons le comte de Savoie au Dauphin. » Mais Le sire de Sassenage ne comprend pas ce pressant appel ; il brusque le cavalier qu'on lui envoie ; s'emporte avec violence de ce qu’on arrête son courage et jure que rien ne l'empêchera d'exterminer les vaincus.

Naguère, à Paris, le jeune et brillant comte de Savoie avait sauvé les jours de l'imprudent baron de Sassenage sans se douter que bientôt celui-ci, reconnaissant, lui conserverait à son tour la vie et la couronne, au risque d'attirer sur sa tête toute la colère et la vengeance du Dauphin.

Pendant que Tournon crie vainement et appelle sans être entendu. Auberjon menacé veut défendre sa conquête, mais il a trouvé des lances trop puissantes pour son bras. Boczezel et Entremonts le renversent, le jettent sur la poussière et, le laissant expirant, mettent le prince sur un cheval, le maintiennent entre eux et, après des peines infinies, lui font traverser les marécages et la rivière. Edouard n'a plus conscience des événements; il s'abandonne à ses conducteurs, se livre à leurs soins et sait à peine qu'il se trouve en sûreté dans les murs du château de Pont-d'Ain.

Mais à présent que le prince est à l'abri, à présent que nul danger ne le menace, l'honneur appelle les deux vaillants guerriers sur le champ de bataille où meurent leurs frères. Le sang de la Savoie coule à flot. Là-bas, les Savoisiens tombent sous les coups des Dauphinois; le devoir est inflexible, on ne transige pas avec lui; là est leur place. Le secours qu'ils ont donné à leur souverain ne doit pas ressembler à une fuite; à grand'peine, à grand danger, ils retraversent la rivière; au trot de leurs chevaux épuisés, ils reviennent où ils entendent d'horribles clameurs, se rangent à côté de leurs frères vaincus, supportent avec eux l'effort irrésistible de l'ennemi, luttent jusqu'à l'épuisement de leurs forces; mais la mort ne veut pas couronner leur dévouement; ils succombent, et pourtant ne sont que prisonniers. Boczezel, Entremonts, et toi vaillant inconnu, pauvre Brabançon tombé si loin de ton pays, que n'ai-je la plume d'or des poètes pour immortaliser votre gloire ! J'ai vu le champ de bataille où vous avez montré tant d'héroïsme et de grandeur; mon cœur qui a connu la peine amère s'est de nouveau brisé au souvenir de votre magnanime vertu, et, ramenant mes regards sur les coutumes prudentes de notre âge, j'ai gémi pour mon pays en pensant que l'exemple d'une époque barbare ne serait jamais plus suivi.

Avec Boczezel, avec Entremonts, se trouvaient prisonniers les plus grands seigneurs, les plus vaillants capitaines de l'armée. La victoire des Dauphinois était complète, la défaite des Savoisiens profonde et désespérée. à la nuit, on eût pu voir, sous la garde d'une escorte formidable, s'éloigner dans la direction du Rhône et du Dauphiné, Robert de Bourgogne et trois de ces plus vaillants écuyers ; le comte d'Auxerre et plusieurs puissants seigneurs de ses domaines ; Guichard de Beaujeu avec Hugues de Marzé et Girard de Chintré, ses hommes, captifs et prisonniers comme lui; Humbert de Beaujeu, chanoine de l'église de Lyon, si cruellement blessé dans la bataille qu'il mourut à Embrun quelques jours après; enfin l'élite des chevaliers de Savoie, et parmi eux l'impétueux Galois de la Baume, le sage Amé de Chalant, Guy de Gorrevod, Luyrieux, Geoffroy-le-Chevelu, Hugues du Chatelard, André de la Forêt, Guillaume de Montfalcon, Louis de la Palu, Guichard de Travernoy; les autres dormaient de leur dernier sommeil dans la plaine ou erraient consternés et fugitifs dans les saulées de la rivière d'Ain, s'égarant dans les marais, cherchant en vain un gué pour gagner la Bresse et souffrant toutes les angoisses de la honte et du découragement, de la fatigue et de la faim, pendant que des cris de joie traversant Ia nuit leur apprenaient que le camp où ils avaient leur bien, leur fortune, tant de souvenirs d'une famille lointaine, était tombé aux mains des Dauphinois.

Les richesses accumulées dans les tentes opulentes des seigneurs de la Bourgogne, les armes et les bagages des Auxerrois, des Allemands, des Suisses, des Savoisiens, coursiers, ornements, bijoux, riches étoffes, butin de toute sorte, tout fut la proie du Vainqueur. Les soldats, les gens du populaire eurent une occasion peu commune de s'enrichir. Plusieurs jours après la bataille, les routes étaient encore couvertes de chars qui conduisaient en Dauphiné les dépouilles des malheureux vaincus. Quand la nuit eut arrêté le massacre et sauvé les derniers débris de la Savoie, le Dauphin gravit les collines encombrées d'armes et de machines abandonnées ; il traversa les ruines du château de Varey, les fossés pleins de cadavres, les murailles témoins de si furieux assauts, couronnées aujourd'hui d'une si brillante gloire et vint se jeter dans les bras de l'auguste vieillard qui s'était défendu avec tant d'éclat.

Les nobles alliés du Dauphin s'empressèrent d'ajouter leurs félicitations à celles du souverain et le bruit des fêtes retentit dans ces murs la veille remplis d'alarmes, sous ces voûtes ébranlées naguère par des projectiles meurtriers.

Pendant que les princes resserraient à Varey les liens de leur alliance, partageaient les dépouilles et faisaient conduire les prisonniers sur l'autre rive du Rhône, l'épouvante se répandait dans la Savoie; on disait sa noblesse anéantie, l'armée détruite, des richesses immenses perdues,  le comte en  fuite, peut-être mort ; des bruits exagérés trouvaient créance, on voyait déjà la Savoie partagée entre les vainqueurs; on s'informait des morts, des prisonniers et toutes les familles pleuraient dans l'attente des plus grands malheurs.

La défaite était grande en effet. Le désastre profond. Pendant de long jours on fut sans nouvelles du comte Edouard, puis on a apprit qu'il s'était rendu en Bourgogne pour solliciter des secours de son beau-frère; peu après qu'il était allé en Bretagne auprès de son gendre, époux, depuis cette année, de la jeune Marguerite de Savoie, enfin qu'il était à Paris où il cherchait à mettre le roi dans ses intérêts. Mais la coupe était pleine, le chagrin avait épuisé ce corps robuste; languissant, anéanti, celui qui naguère était le superbe, l'intrépide souverain de la Savoie prit la fièvre du désespoir et, après quelques jours de maladie, rendit son âme à Dieu, ne laissant qu'une fille, Marguerite de Bretagne, autre cause d'inquiétude et de trouble pour le pays; le corps du prince fut embaumé et conduit à Haute-Combe où il trouva, auprès de ses prédécesseurs, la paix et le repos dont il n'avait jamais goûté de son vivant.

Pendant ce temps, le Dauphin profitait de ses avantages. Au sire de Beaujeu, cause de la guerre, il prenait tout ce qu'il pouvait lui enlever de ses États. Les places fortes de la Dombes, un impôt écrasant pour le Beaujolais rachetèrent la liberté du grand guerrier, et si la postérité lui a conservé ses titres de gloire, elle n'a pas oublié qu'il fit la ruine du pays.

La bataille de Varey fut un des plus remarquables événements de l'histoire du Bugey; son souvenir embellit et poétise cette charmante vallée; les larmes ont séché, le sang ne souille plus la terre; Savoie, Dauphiné, Bresse et Bugey, tout est France aujourd'hui et, en écrivant ces annales, en rappelant ces grands combats, si on gémit sur ceux qui succombèrent, on doit se garder de maudire le vainqueur…

Posté le 18-05-2016 22:23 par Jimre

Tour de Mont Vert

La tour de Mont Vert ou Montvert est une tour assez bien conservée, entre Vaux et Lagnieu, qui était paraît-il destinée à entretenir une communication optique entre la tour de St-Denis et Lagnieu. Ce fut une ancienne seigneurie possédée du commencement du XVIIe. siècle à la Révolution par la famille Guinet de Montvert.


Source:

- Archives numérisées de l'Ain


Photos:

- Jimre (2015)

Posté le 27-03-2016 10:19 par Jimre

Verizieu Tour Saint Andre

St-André


Ancien château sur le territoire de Briord, à env. 1500 m au Sud-Est du bourg. Ce château, dont il ne reste que des ruines, a été démantelé par Biron.
Situé sur une colline escarpée, au IXe siècle, dépendant de la seigneurie de Coligny ou celle de la Tour du Pin, il devait surveiller les routes de la montagne et dominer le Rhône.
Très ancienne seigneurie possédée aux XIe, XIIe et XIIIe siècles par des gentilshommes du nom de Briord, puis successivement par les comtes de Savoie, les dauphins du Viennois, de nouveau les comtes de Savoie et par les familles de Groslée, de Viry, de Montbel. Elle fut érigée en marquisat par les de Coligny et possédée par les de Montbel d’Entremont, de l’Hospital, d’Haraucourt.


Sources:
- Archives numérisées de l'Ain


Photos
-Jimre (2009)

Posté le 27-03-2016 10:09 par Jimre

Saint Andre

St-André, hameau de 130 habitants, de la commune de Neuville-sur-Ain, près du Suran, à environ 2200 mètres à l' Ouest du chef lieu. C'est une ancienne seigneurie avec château-fort ayant appartenu aux de Coligny, aux de la Tour du Pin, aux Comtes de Savoie et aux du Molard. Il ne reste que des ruines de l’ancien château qui est situé sur une hauteur entourée par un méandre de la rivière Suran.


Sources:

- Archives numérisées de l'Ain


Photos:

- Jimre (2011)

Posté le 27-03-2016 10:00 par Jimre

Cerdon

La paroisse de Cerdon est mentionnée au XIIe. siècle. La seigneurie fut possédée primitivement par des gentilshommes du nom, en 1200 elle était aux Coligny, elle passa ensuite successivement aux Thoire-Villars, aux comtes de Savoie, à la famille Julian de Médicis, aux ducs de Savoie, puis aux de la Chambre, Poype, de St-Julien, Quinson.


Source:

- Archives numérisées de l'Ain


Photos:

- Jimre (2015)


Posté le 27-03-2016 08:57 par Jimre

Coligny

Au Nord du château, on voit encore la roche superbe de forme, d’altitude et de hauteur sur laquelle était le château des sirs de Coligny dont les descendants ont tenu une place très grande dans l’histoire du dépt (Xe au XVIIe siècle) et même dans l’histoire de France.

Coligny était divisé en deux parties, l’une en Bresse, Coligny le Neuf et l’autre en Bourgogne, Coligny le Vieil ; ce dernier passa au XIIIe. siècle à la famille de Montluel, fit retour aux Coligny et fut possédé au titre de marquisat par Cléridius (1639).

Au XIIIe siècle, Coligny le Neuf appartint par mariage à la maison de la Tour du Pin, puis à la maison de Savoie, à celle de Beaujeu et successivement aux de Cusance, de Menthon, de Montmorency, de la Baume qui le fit ériger en comté. En 1563, il fit retour à l’amiral Gaspard de Coligny et passa en 1646 au duc de Wurtemberg, prince de Montbéliard.


Source:

- Archives numérisées de l'Ain


Photos:

- Jimre (2015)


Posté le 27-03-2016 08:40 par Jimre

Les deux sièges de Saint Germain en Bugey

Par sa position stratégique, son importance politique et militaire, le château de Saint Germain a connu plusieurs sièges dont deux ont été documentés en 1282 et 1321.

Le siège de 1282

Les comtes de Savoie, devenus maîtres de la Bresse depuis le mariage du futur Amédée V avec Sybille de Bâgé, convoitent ces terres qui leur permettraient d'assurer la cohésion entre celle-ci et leurs possessions en Bugey.

Humbert de la Tour devient Dauphin du Viennois par sa femme Anne. Epousée en 1273, elle était en effet la sœur du Dauphin Jean Ier).

Humbert Ier ajoute en effet au territoire delphinal ses terres du Viennois et des droits théoriques sur l'ancienne manche de Coligny, territoire situé aux confins de la Bresse et du Bugey.

Les deux principautés se retrouvent désormais systématiquement concurrentes dans leur expansion respective. Ce qui fait qu’en Viennois, en Bresse et en Bugey, les possessions de la Savoie et du Dauphiné sont tellement entrelacées que l'accession, en 1281, d'Humbert de la Tour-du-Pin à la tête du Dauphiné met le feu aux poudres.

S’en suit la guerre bourguignonne (1283-1286), le Duc de Bourgogne réclamant lui aussi la succession du Viennois.

Et dans la région d’Ambérieu en Bugey, devenue dauphinoise, le château de Saint Germain gêne le comte de Savoie qui ne peut se rendre librement du Bugey savoyard à la Bresse savoyarde. 

Ce qui fait qu'il se retrouve ainsi, de 1282 à 1355, au cœur des plus grandes opérations militaires qui opposent le comte de Savoie au Dauphin du Viennois et à ses alliés dans la région.

Peu de choses nous sont connues sur le siège de 1282, en dehors des renseignements fournis par un compte de châtellenie de Saint Triviers en Courtes.

En voici la traduction réalisée par Alain Kersuzan : « De même pour le salaire des charpentiers qui ont préparé avec Guyot d’Oyselers, deux engins qui étaient à Saint Trivier et qui furent portés au siège de Saint Germain selon les détails inscrits dans la cédule annexée ici : 4 livres, 14 sous, 4 deniers. »

On sait donc que deux puissantes machines de siège (sans doute des trébuchets) furent apportées en pièces détachées depuis Saint Triviers de Courtes en 1282.

Depuis Saint Rambert en Bugey, savoyard, le comte Philippe de Savoie organisa sans doute des opérations qui amenèrent à la prise du château de Saint Germain en 1282.

Le comte de Savoie est victorieux et des hommes libres du Dauphin ont été faits prisonniers et libérés, comme c’était l’usage, contre rançon.

Le château resta savoyard jusqu’en 1286, date à laquelle il dut être rendu par Traité.

 

Le siège de 1321

Dès 1321, une chevauchée ravage pendant deux jours les terres de Lagnieu, puis un trébuchet est installé sous les murs d’Ambérieu. Le bourg est pris après deux jours de siège et incendié. Le grenier des moines d’Ambronay (actuelle mairie) est épargné.

Le comte de Savoie convoque une partie de ses troupes et des engins de guerre à Belley. Cette position, à mi-distance de deux zones de conflit avec le Dauphin (Saint Rambert et la Novalaise) avait été choisi afin d’introduire le doute, chez les espions dauphinois, sur la direction qu’allait prendre l’armée.

Le château de Pont d’Ain reçoit des renforts. Ambronay sert de dépôt d’engins (protégés par des javelles de paille).

L’armée savoyarde reçoit des renforts de la Bresse (dont des troupes de Chatillon sur Chalaronne et de Saint Laurent les Macon) et descend la vallée de l’Albarine pour arriver à Saint Rambert.

Edouard de Savoie, fils du comte Amédée V, aidé de plusieurs grands vassaux du Comté de Savoie, met le siège devant le château de Saint Germain en 1321.

Les engins de siège apportés en pièces détachées depuis Ambronay, Saint Rambert et Pont d’Ain sont montés devant la façade orientale du château. Les toitures et les fenêtres créneaux des bâtiments sont très rapidement détruites ainsi que les courtines de la haute-cour. La grande tour est elle aussi endommagée.

La cinquantaine de défenseurs est motivée et elle bombarde en retour les troupes du comte depuis le château. Le cheval noir d’Edouard et celui du bailli de Bresse sont notamment blessés.

Malgré tout, le château ne semble pas pouvoir résister et le 19 Août 1321, les défenseurs négocient une trêve de quatre jours, à l’issue de laquelle le château sera remis si aucun secours ne leur est donné. Comme garantie, 26 otages dauphinois sont gardés sans liens car ils sont nobles dans le château de Saint Rambert.

Pendant cette trêve, le comte de Savoie attaque Saint Sorlin, brûle Ambutrix et prend la batie du Pont de Chausson, alors construite en bois (tour de Saint Denis).

Les renforts n’arrivent pas, malgré une tentative du Dauphin de regrouper une armée de secours à Crémieu et à la Balme et le château devient savoyard. Le Dauphin arrive trop tard, le 5 Septembre, à Lagnieu puis Saint Sorlin déjà ravagés.

Dès le mois de Septembre, le comte fait réparer le château. En 1322, un bourg neuf est installé dans la vallée (actuel Saint Germain).

Avec la perte du château, le Dauphin Guigue VII perd du même coup des moyens militaires et financiers très importants (droits sur les habitant d’Ambérieu et de la région, le grand péage, le flottage du bois sur l’Albarine et la libre circulation de ses alliés de Thoire).

Il ne parviendra jamais à mettre sur pied une armée pour reprendre le château et en appellera même à l’arbitrage du Pape (Jean XXII)  et du roi de France (Philippe V) pour contraindre le comte de savoie à lui rendre le château.

Les comtes de Savoie Amédée V, Edouard et Aimon, ne céderont jamais. Ni les trêves ni les menaces d’excommunication ne rendront ce lieu, stratégique pour la maison de Savoie, négociable.

En 1329, un accord intervient entre les deux belligérants pour que le roi de France Philippe VI de Valois soit arbitre du conflit dans la région. Le comte de Savoie consent à la mise sous séquestre de Saint Germain et de sa châtellenie par le roi.

Mais le Dauphin, estimant que Saint Germain est à lui, refuse de donner un autre château en garantie de la trêve. Malgré un an de négociation, rien n’aboutit et en Janvier 1330, le roi de France rend le château de Saint Germain au comte de Savoie.

Beaucoup de nobles dauphinois ont perdu leurs terres et leurs maisons fortes par la prise de Saint Germain comme le sire des Balmettes, le chevalier de Tiret, la maison forte de Leyment, les Iles de Jean de Buenc. Le Dauphin est obligé de les indemniser.

Maitre de la région, le comte de Savoie va supprimer la charte de franchises d’Ambérieu donnée par le sire de la tour du Pin en 1277. Il interdit la reconstruction des murailles et supprime les deux foires annuelles. Les habitants d’Ambérieu deviennent ainsi victimes de l’arbitraire seigneurial en étant réduits à l’état de serfs.

Le Dauphin Guigue meurt en 1333, tué par un carreau d’arbalète en pleine tête, au siège du château de la Perrière en Isère (38).

Son frère Humbert II va lui succéder. Par le traité de Chapareillan, dans le Grésivaudan, le Dauphin va négocier en abandonnant définitivement tous les droits sur le château de Saint Germain  et en livrant la batie des Allymes à la Savoie.

 


 Source:

- Panneau situé sur le site

- Thèse de Nicolas Payraud : "Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle". 2009.

Posté le 13-01-2016 19:50 par Jimre

Saint Denis en Bugey

Bien visible depuis l'autoroute A42 Lyon Genève, la tour de Saint Denis domine le paysage juste avant d'arriver à Ambérieu en Bugey. 

Au Ier siècle, la région, habitée par les Ambarres et les Séquanes, est passée sous domination romaine, et fait partie de la province Lyonnaise. 

Au pied de la colline de Saint Denis en Bugey, se croisent trois voies romaines importantes, celle reliant Vienne à Saint Claude, celle de Saint Sornin à Ambronay et celle de Lyon à Genève.

Tuiles, médailles à l’effigie des empereurs, drachmes grecques, de nombreux vestiges ont été exhumés sur la colline, par les vignerons du pays au XIXe siècle.

Après la période de christianisation puis celle des « Invasions barbares », la région devenue Burgonde puis franque, voit les mœurs germaniques, les lois romaines et le christianisme cohabiter pour constituer la civilisation du Haut Moyen Age. 

Au VIIe siècle, première occupation confirmée su site de Saint Germain en Bugey visible depuis celui de Saint Denis.

Au IXe siècle, les sires de Bâgé (le Châtel) dominent la Bresse.

Au Xe siècle, l’abbaye d’Ambronay est construite mais les invasions hongroises, venues de l’est , et sarrasines, venues de Provence,  touchent la région qui fait partie de la Lotharingie puis du royaume de Provence.

Au XIe et XIIe siècle, la Michaille et le Valromey  sont rattachées à la Savoie d’Amédée II. La seigneurie de Saint Denis en Bugey fait partie de la sirerie de Coligny sous le nom de Chauczon. Elle comprend les territoires de Saint Denis et de Bettant.

Au XIIIe siècle, la région voit la reconstruction de l’abbaye d’Ambronay et de nombreuses communes se voient accorder des chartes de franchise (Bourg en Bresse, Bâgé, Pont de Vaux).

La région est le théâtre de l’affrontement entre le Dauphiné et la Savoie pour le contrôle de la région qui devient une zone frontière entre les deux territoires avec la construction ou la mise en défense de nombreuses « baties » et châteaux (voir articles sur les Allymes).

Une maladrerie importante accueille des lépreux à Saint Denis- Chauczon. Elle fonctionnera jusqu’au XVIe siècle.

Avec le traité de Lyon en 1601, le Bugey, alors savoyard depuis 1355, devient Français.


Source:
- panneaux situés sur le site

Posté le 08-03-2015 10:50 par Jimre

La seigneurie de Buenc

Les de Buenc, du nom, et armes, famille fort ancienne de Bresse, ont fait bâtir le château de Buenc, et lui ont donné leur nom. Il est situé sur une colline dans la paroisse d'Hautecour et sa structure témoigne assez son antiquité. 

Jean de Buenc,  chevalier qui suivit Amé IV, Comte de Savoie en toutes les guerres  qu'il eut avec ses voisins, eut inféodation de lui de la Justice haute, moyenne, et basse sur tous les hommes délinquants dans sa terre de Buenc, par lettres datées à Saint George  d'Esperanche le1er Aout 1294.

Ce Gentilhomme ayant jouissance de cette Seigneurie, la transmit à ses successeurs du nom de Buenc, du nombre desquels fut Hugonin de Buenc chevalier, qui par Contrat du Lundi avant la fête Saint Michel 1300, datée au Pont-D’ain, vendit ladite Seigneurie et le château de Buenc, à Amé Comte de Savoie, en présence de Guillaume, Abbé d'Ambronay et  d’Hugues de la Rochette et Guichard de Vaux, chevaliers.

Depuis, Aymon, Comte de Savoie, par le traité qu'il fit le juillet 1557 avec Edouard Ier  Seigneur  de Beaujeu, lui remit les châteaux, et Seigneuries de Buenc et de Coligny avec quarante mille livres Viennoises. En considération de ce que ledit Edouard lui avait fait hommage des Villes, et Seigneuries de Lent, et du château de Thoissey en Dombes et pour récompense des dommages qu'avait souffert Guichard Seigneur de Beaujeu, son père , en la guerre qu'Amé IV, Comte de Savoie avait eu avec le Dauphin, Jean ayant été fait prisonnier par le Dauphin à la bataille de Varey, lesquelles places de Buenc et  de Coligny, le Comte de Savoie donna en fief au dit Seigneur de Beaujeu , pour les tenir en même  prérogative que Louis de Savoie, Seigneur de Vaud , et Jacques de Savoie Seigneur de Piémont , possédaient les terres de leurs apanages. 

Ce traité fut conclu en l'Abbaye d'Ambronay. Le Seigneur de Beaujeu, en suite de ce traité ayant été fait Seigneur de Buenc, il y établit un Juge et des Officiers les appellations dépendant du Baillage de Beaujolais ; ce qui a duré jusqu’ à la restitution faite au Duc Emanuel Philibert, en l'an 1559  qu'elles se relevèrent au Senat de Chambéry, car du temps du Roy Henry II y ayant eu grosse difficulté pour cela, par Arrest du grand Conseil de Paris du 17, Octobre 1551.

Il fut dit que les appellations du Juge de Buenc, dépendraient du Baillage de Beaujolais, ainsi qu'il avait toujours été pratiqué par le passé. Or revenant à notre sujet Antoine Seigneur de Beaujeu  et de Dombes fils d'Edouard, vendit du consentement du Comte de Savoie ladite Seigneurie de Buenc , à Humbert de la Baume Chevalier Seigneur de Fromentes, avec Justice haute , moyenne, et basse, à la réserve de l'hommage et du ressort en l'an 1571.

Auparavant le Seigneur de Fromentes n'en avait que la garde pour le Seigneur de Beaujeu, ce qu'on apprend d'une déclaration faite par ledit Antoine Seigneur de Beaujeu en l’an 1570 par laquelle, il le tient déchargé de l'incendie du château de Buenc ; Humbert de la Baume fit hommage de ladite Seigneurie à Edouard Seigneur de Beaujeu, à Paris en l'hostellerie de l'Ours , le 19 janvier 1377, présents Girard d'Estrés Docteur és Loi, Chancelier de Savoie, Simon de Dracé, Girard de Chintré, et Jean de Chales, Chevaliers : Or il arriva en l'an 1390 que le Seigneur de Beaujeu, ayant reçu quelque déplaisir du Seigneur de Fromentes, envoya des troupes qui se saisirent par force du Chasteau de Buenc , sur quoi Humbert de la Baume se pourvut au Comte de Savoie comme Souverain, pour avoir raison de cette invasion.

Le Comte assigna le Seigneur de Beaujeu et le Seigneur de Fromentes dans la Ville de Bourg, pour traiter ce different et  jusqu’ à ce, il ordonna que le château de Buenc serait remis au Maréchal de Savoie, au jour de l'assignation qui était le 19 Mai 13 90. Edouard ne comparut point, et  fut représenté par Guy Guichard , Guy de Matzé, Rodolphe de Trezettes , Guillaume de Viec , Cheualiers, Vincent de Briandas Docteur ès Loi et Philippes Hugan licencié en droit qui dirent les raisons du Seigneur de Beaujeu. Mais le Comte n'ayant rien voulu déterminer en l’absence du Seigneur de Beaujeu , ordonna que  celui-ci et le Seigneur de Fromentes comparaissent tous deux en personne par devant lui.

En Juin suivant ,dans la même Ville de Bourg, cette nouvelle Ordonnance fut telle que le Seigneur de Beaujeu craignant que le Comte de Savoie ne favorisa la cause du Seigneur de Fromentes, consentit qu'il fut rétabli en  possession du château de Buenc , ensuite de quoi Humbert de la Baume en prit possession et  mourant le laissa à Bon de la Baume, Seigneur de Fromentes , son fils , dernier de la maison des Seigneurs de Fromentes, lequel mourut sans lignée, Huguette de la Baume Dame de Fromentes sa sœur, héritière, deuint Damede Buenc et le porta en dot avec plusieurs autres terres à Jaquemard, Seigneur de Coligny et d'Andelot, d'où vient qu'il demeura en la main des ainés de la maison de Coligny, jusqu’à ce que le 18  juillet 1494, Jacques, Seigneur de Coligny et de Chastillon , et  Gaspard de Coligny Seigneur de Fromentes, avec le consentement de Leonor de Courcelles, leur Mere, le vendirent à Gilbert Andrenet Seigneur de Beaurepaire et de Saint Julien, duquel ils le retirèrent le 10 Septembre 1497, par droit de rachat.

Puis Antoine de Coligny, petit fils dudit Jacquemard, Seigneur de Coligny, l’eut pour son partage. C'est lui qui fit la branche des Seigneurs de Crecia et de Verjon, en la famille desquels la Seigneurie de Buenc est toujours demeurée.  Joachim de Coligny, Chevalier, Marquis de Coligny et d'Andelot , Baron de Crecia , fief de Verjon , en jouit à présent sous le litre de Baronnie. "


Source:
- livre Histoire de Bresse et de Bugey, par Samuel Guichenon

Posté le 22-02-2015 18:51 par Jimre

La Poype des Fées

Dans la région de la Bresse et de la  Dombes, poype ou chatelard sont des termes utilisés pour désigner des élévations de terre. Certains villages tirent leur nom de ces désignations comme par exemple Rillieux la Pape (probablement issu de Rillieux la Poype) ou la Chapelle en Chatelard.

Poype vient du bas latin « puppia » évoquant l’idée d’un renflement qui en latin populaire est devenu sein ou mamelle.

Dans d’autres régions, ces termes correspondent en fait à la motte castrale dont de nombreux villages tirent leurs origines.

On a souvent pu confondre certaines mottes avec des tumulus d’origine celtique ou romaine et peut-être les celtes se servaient-ils de ces tertres comme postes d’observation. Mais plus certainement, la création de ces mottes s'est faite aux débuts de la féodalité. 

La célèbre tapisserie de Bayeux a permis de visualiser ce type de construction avec des représentations de Dol, Dinan ou Rennes, à l’époque de Guillaume le Conquérant.

Dans la plupart des cas, ce sont des élévations artificielles créées avec les remblais issus du creusement des fossés qui les entourent et qui portent à leur sommet une tour.

Les contours des zones isolées par les fossés remplis d’eau sont protégés par des palissades de pieux en bois. La tour domine alors le paysage dans une région au relief souvent plat. En bois ou en pierre, elle sert de refuge au châtelain en cas d’attaque.

Les fossés isolent la motte qui est seulement reliée à la basse-cour, elle-même entourée de fossés, par une passerelle en bois, que l’on peut facilement retirer. La tour a presque toujours son entrée située en hauteur, accessible par une échelle rétractable en cas de problème.

Mais les inventaires des propriétés du Moyen-Age ont montré que fréquemment, ces constructions se faisaient dans des zones de pouvoir diffus, notamment les zones de défrichement ou de colonisation agraire, ou même de pouvoirs rivaux. Elles se trouvaient à proximité des voies de communication et avaient comme fonction la protection mais aussi la perception des droits de péage liés à l’exercice du droit seigneurial du détenteur d’un château à motte. En clair le seigneur de la terre affirmait son pouvoir sur un territoire en implantant un château, installant ainsi le système de la féodalité.

A la page 36 du Tome I des « Recherches historiques sur le département de l’Ain (1838-1844) », menées par Agricol de la Teyssonnière, nous pouvons lire :

« La poype qui était dans la commune de Buellas(située non loin de Bourg en Bresse), était entourée de fossés et au milieu d’un grand pré. Le propriétaire de cette poype l’a fait détruire(…). Les habitants du pays disaient que des fées faisaient leur demeure sur cette poype, qu’elles allaient à la messe à l’église et qu’on reconnaissait dans les chènevières la trace de leur sentier de messe ; le chanvre y était jaune ».

Pourquoi une reconstitution :

Les poypes sont nombreuses dans l’Ain, où l’on en dénombre encore 150 au début du XXe siècle. De nos jours, elles sont rarement accessibles en raison des constructions successives sur les sites et de la modernisation de l’Environnement. En fait, elles sont souvent à peine perceptibles dans le paysage.

Il faut dès lors être initié pour pouvoir les repérer et les interpréter. Par exemple on a du mal à discerner la poype de Villars les Dombes sous le couvert des arbres qui la recouvrent.

La reconstitution rend alors une lisibilité totale et fait de la « Poype des Fées » un véritable outil pédagogique.

Chronologie de la reconstitution :

1989 : Michel Curial, historien archéologue local, met sur pied un projet qui lui tenait à cœur depuis l’enfance : reconstituer, à Buellas, une poype à l’image de la Poype des Fées.

1990 : L’association « Vigne blanche », nécessaire  à la réalisation du projet, voit le jour. La commune met un terrain à sa disposition, à quelques centaines de mètres de l’emplacement de l’ancienne poype.

1992 : creusement du fossé et érection de la motte de terre.

1996 : Après un temps de stabilisation des sols et un aménagement paysager progressif, les chantiers éducatifs de la Sauvegarde de l’Enfance exécutent les palissades en pieu d’acacia.

1997 : « Vigne blanche », poursuivant d’autres projets, passe le relais à une nouvelle association : « Patrimoine de Buellas ».

2001 : La tour sommitale est réalisée sous la maitrise d’ouvrage de la commune de Buellas, avec la maitrise d’œuvre et le concours de MM. Debat, architecte des monuments de France, Cattin, directeur des Archives départementales de l’Ain, et Poisson, professeur d’ »Histoire et Archéologie » à l’Université Lyon II. Les travaux ont été confiés aux chantiers éducatifs de la Sauvegarde de l’Enfance, et « Patrimoine de Buellas » assure les travaux annexes, la présentation et l’entretien du site.


Source :

-Article écrit en grande partie avec l’aide des panneaux situés sur le site


Photos :

-Jimre(2014)

Posté le 11-08-2014 16:55 par Jimre

Lavours

La commune se situe sur le chemin de Contrevoz par Ceyzérieu, à proximité de la route de Valence à Genève par Belley. Elle est adossée à un mamelon de 327 m. d’altitude et d’environ 100 m au-dessus du niveau du Rhône, mamelon qui semble avoir été un poste militaire des Romains.

Le Rhône sert de limite à l’Est, en coulant dans une plaine basse, souvent inondée, formant de nombreuses îles et des marais insalubres rendant le territoire peu fertile.

Le 18 décembre 1796 on a transporté à Lavours, une pierre célèbre sous le nom de Lit au Roi. C’est un bloc énorme qui sert actuellement d’abreuvoir. Sur l’un des côtés on peut lire une inscription d’où il ressort que c’est la pierre tombale d’un nommé Silvus Luciolas. La tradition veut qu’on y ait déposé pendant quelque temps les restes de Charles le Chauve.

Dans l’ancienne paroisse, le droit de nommer à la cure appartenait à l’évêque de Genève, il passa ensuite aux chanoines de Belley.

On voit encore quelques restes de fortifications des XIVe. et XVIe. siècles.


Sources:

Archives-numerisees.ain.fr


Photos:

- Jimre (2013)


Posté le 08-12-2013 20:51 par Jimre

Merignat

Merignat est une petite commune occupant une éminence sur la route reliant Lyon à Genève, par Poncin et Cerdon. De cette route, on aperçoit les restes d'une tour, témoignage de son passé ancien.

En faisant des fouilles pour une construction on a trouvé quelques gouttes de mercure qu’on prétend natif ; c’est peut-être à la présence de ce métal que les terrains des environs doivent leur couleur rouge.

Le village de Mérignat appartenait au XIVe siècle aux sires de Thoire-Villars, il fut vendu à de Chatard qui fit bâtir le château et le laissa à de Buenc. La seigneurie passa ensuite successivement aux familles de Tenay, de Moyria, Julien, d’Apremont.


Sources:

Archives-numerisees.ain.fr


Photos:

- Jimre( 2013)

Posté le 08-12-2013 20:16 par Jimre

Saint Rambert en Bugey

Selon la légende, un monastère aurait été fondé au Ve siècle, vers 440, par Saint Domitien et un de ses compagnons nommé Modeste. Rejoint par des disciples sur le plateau dominant la fontaine de "Bébron"( Le Brevon ), en moins de deux ans, Domitien y aurait construit deux oratoires dédicacés en 432 par Eucher, l'un en honneur de la Vierge Marie et l'autre à l'intention de saint Christophe.

Au VIIe siècle, "Ragnebert", futur Saint Rambert, un noble franc, est exilé dans le Bugey par le maire du palais Ébroïn, sous la garde d'un seigneur local nommé Théodefroi. Sur les ordres d'Ébroïn, Rambert est assassiné par deux sicaires sur le chemin de l'Abbaye. Son corps, recueilli par les religieux du monastère, est enterré dans leur cloître. D'après la légende, les prodiges se multiplièrent sur le tombeau de Rambert et le lieu devint rapidement un important lieu de pèlerinage, entrainant la création de la ville de Saint-Rambert en Bugey.

Le monastère fut restauré et érigé en abbaye de Bénédictins vers 807 par Leidrade. En 910, l'abbaye relevait de la juridiction de Lyon. L'abbaye adhéra pour peu de temps à l'ordre de Cluny vers 1138 mais, jusqu'à sa sécularisation, l’abbaye fut toujours considérée comme relevant directement du Saint-Siège

L’Abbaye de Saint-Rambert se trouve au xiie siècle à l'apogée de sa puissance. Indépendante de toute suprématie temporelle, elle ne relève que du pape pour la question canonique. Elle possède des domaines jusqu'en Savoie, et se trouve un des petits états les plus riches du Bugey. En 1191, une bulle du pape Célestin III confirmant les privilèges de l’abbaye énumère les bénéfices de l'Abbaye et montre que son étendue était plus considérable que celle du canton actuel.

En 1191, les lieux sous sa juridiction étaient :

le bourg de Saint-Rambert

l’église de Chamoux

l’église Saint-Michel de Montendry

l’église Saint-Pierre de Villard-Léger

I’église de Villarsalé

l’église Saint-Julien de Montmajeur

l’église Sainte Marie de Granière

l’église Saint-Pierre de Sanciac

l’église Saint-Pierre d’Apremont

l’église de Saint Bardeau

l’église de Musiac

l’église Sainte-Marie de Lucs

l’église Sainte-Marie de la Porte

l’église de Lhuis

l’église de Saint-Didier

l’église de Campanieu

l’église de Saint-Pierre de Bénonces

l’église Saint-André de Tenay

l’église Saint-Maurice d’Argis

l’église Saint-Martin d’Evosges

l’église Saint-Laurent d’Oncieu

I’église Saint-Pierre d’Arandas

I’église Saint-Michel de la Roche

I’église Saint-Maurice de Conzieu

I’église Saint-Hilaire de Torcieu

l’église Saint-Martin de Cleyzieu

l’église Saint-Martin de Vaux

I’église Saint-Maurice d’Ambutrix

l’église Saint-Maurice de Mergie

l’église Saint-André de Reigneux

l’église Saint-Pierre de Villieu

l’église Sainte-Marie l’hospitalière

la chapelle Sainte-Marie-Madeleine de Loyes

l’église du bourg Saint-Christophe

l’église Saint-Vincent de Faramans

l’église de Saint-Martin de Songieu.

La construction du château de Cornillon, sur un éperon rocheux au-dessus de la ville, permet à l'Abbaye d'assurer seule son indépendance et sa sécurité.

Le château semble remonter au début du XIe siècle. Construit pour être un poste de surveillance, ce château fut assez sommaire et peu habité.

À une époque indéterminée, l'Abbaye de Saint-Rambert édifie en ce lieu une tour de guet destinée à surveiller la route de l’Albarine, lieu de passage privilégié des invasions. Il fut appelé « Cornillon », nom dérivé du latin qui désigne un promontoire en saillie.

En 1196 l’abbaye ne pouvant plus assurer seule la défense de ses possessions contre les seigneuries voisines, l’abbé Reignier choisit de se placer sous la protection du puissant comte de Savoie Thomas 1er : les comtes de Savoie, « les portiers des Alpes », étant déjà implantés en Valromey et dans la région de Belley jusqu’à Rossillon. En échange, il lui cède le château de Cornillon qui sera reconstruit en pierre et pourvu de fortifications. Saint-Rambert devient savoyard.

Les comtes de Savoie, par avancées successives, vont se rapprocher des rives de la Saône. En découle un long conflit, la guerre delphino-savoyarde, qui va durer 70 ans. Les ennemis des Savoyards, sont les Dauphins de Viennois et leurs alliés.

Vers 1304, le château de Cornillon est le dernier bastion savoyard sur la route qui mène à Pont-d'Ain. Cette position stratégique va accroitre son importance et celle du bourg de Saint-Rambert qui s’entoure de remparts et devient une ville de garnison, lieu de rassemblement avant le départ des « chevauchées », coups de mains destinés à ravager les terres, brûler les récoltes, détruire les moulins de l’ennemi ; et aussi une basse de repli et de stockage du matériel militaire. C’est surtout par des faits de guerre contre son voisin dauphinois, le château de Saint-Germain, que s’illustra le château de Cornillon. Ainsi, vers 1310, le châtelain de Cornillon envoie des hommes guetter puis incendier le château et le bourg de Saint-Germain. En 1321, c’est par Saint-Rambert, et avec des hommes et des moyens mis à disposition par le châtelain de Cornillon, que le siège est mis devant le château de Saint-Germain, par les troupes du comte de Savoie. La guerre delphino-savoyarde s’achève vers 1355 et le château de Cornillon perd alors de son intérêt stratégique. En conséquence, il fut plus ou moins bien entretenu aux XVe et XVIe siècles.

En 1601, le Traité de Lyon met fin à la guerre franco-savoyarde et marque l'annexion de la Bresse, du Bugey, du pays de Gex et du Valromey par le France. Pour éviter toute velléité de revanche, le maréchal de Biron détruisit Cornillon tout comme le château de Saint-Germain.

Aujourd’hui, les ruines du château de Cornillon sont remises en valeur par l’« Association des Amis du Canton de Saint-Rambert ».

Sources:

- Wikipedia ici et  

Posté le 07-12-2013 10:54 par Jimre

Saint Rambert en Bugey

Saint Rambert en Bugey est un village situé dans la vallée de l'Albarine. Les ruines du château se trouvent à l'entrée du village lorsqu'on vient d'Ambérieu en Bugey. Dans la pittoresque vallée du Brevon, se voient les ruines de l’Abbaye Saint Domitien.

L’abbé de St-Rambert(Saint Domitien?) était autrefois le curé de la paroisse.

La seigneurie resta possédée par les abbés jusqu’en 1196 et passa à cette époque aux comtes de Savoie.

Au XIIIe. siècle le château devint le chef lieu d’une châtellenie. A la convocation des Etats-Généraux, il appartenait à la famille Trocu de la Croze.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr


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Posté le 07-12-2013 10:30 par Jimre

Dorches

La Dorches est un ruisseau, affluent du Rhône, non loin de Seyssel, dont la source se trouve sur le territoire de Corbonod, sur les pentes orientales de la chaîne du Colombier. Elle forme, dans cette dernière partie, la limite entre les communes de Chanay et de Corbonod.

Avant de se jeter dans le Rhône, la Dorches forme une belle cascade qui, avec les ruines d’un château féodal tout près, présentent un très joli paysage(malheureusement un peu gâché par les fils du réseau électrique...)

L'ancienne paroisse et l'ancienne ville avec château fort fut possédée au XIIe siècle par les de Balmay qui, plus tard, prirent le nom du seigneur de Dorches. La seigneurie appartint ensuite et successivement aux familles de Livron, de Châtillon, Vignod, de Surjoux.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr


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Posté le 07-12-2013 10:17 par Jimre

Beauretour

Beauretour: ruines d’un château du XVe siècle, ancienne seigneurie, près du ham. d’Essieu, com. de St-Germain-les-Paroisses – Curiosité artistique. – Ce château qui pourrait être facilement réparé, a appartenu aux familles de Rossillon et de Seyssel.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr


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- Jimre(2013)

Posté le 07-12-2013 10:03 par Jimre

Andert

La seigneurie d’Andert fut possédée d’abord par des gentilshommes du nom (XIIe siècle), puis elle passe successivement aux familles de Grammont, de Migieu, de Paraz.


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-Archives-numerisees.ain.fr


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Posté le 07-12-2013 09:59 par Jimre

Montverand

Les romains s’étaient établis sur le Jugeant, monticule de 317 m dominant la gare, on a trouvé, en 1852, un cippe ancien d’un beau style portant une invocation à Mars Segomon.

On montre à Culoz le château dit des Sarrasins, grand éboulis de pierres et de briques, grottes curieuses, chemin très raide avec des marches taillées dans le roc, etc. La légende veut que les sarrasins aient eu là un de leurs repaires les plus formidables d’où ils désolaient la contrée par leurs brigandages et leurs cruautés. Ce repaire aurait été détruit par Berold le Saxon, neveu de l’Empereur d’Allemagne, en reconnaissance d’une généreuse hospitalité reçue à Seyssel.

Culoz conserve encore la petite maison forte de Montverrand dont il est question en 1336, la porte d’entrée est d’aspect grandiose ; on y voit aussi la Tour, amas de vieilles ruines avec portes monumentales, des maisons à croisillons, etc.

En face de Culoz un pont hardi traverse le Rhône ; il est précédé de puissantes chaussées, le tablier est large et bien construit, de forts piliers le soutiennent ; l’armature tout entière du pont est en pièces de fonte solidement boulonnées. C’est une œuvre d’art de très belle allure.

Les nombreux travaux exécutés autour de Culoz, dessèchements, chemins de fer, routes, etc., ont fait presque disparaître l’insalubrité du pays, résultat des marais qui entourent la localité.

Au XIIIe siècle, la seigneurie de Culoz appartenait à Humbert de Luyrieux, elle resta dans sa famille jusqu’en 1584, puis passa successivement aux familles d’Angeville et de la Fléchère.


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Posté le 17-11-2013 17:30 par Jimre

Le Plantay

La seigneurie du Plantay était possédée au XIIIe siècle par les St-Didier, puis à partir du XVe et successivement par les familles du Plantay, de la Palud, du Saix, d’Hugonin, de la Palud. Le château fut incendié en 1460, il n’en subsiste qu’une tour qui paraît remonter au XIVe siècle.


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Posté le 17-11-2013 17:19 par Jimre

Juis

Juis Ancienne seigneurie possédée dès le Xe siècle par des gentilshommes du nom, puis à partir du XIVe siècle et successivement par les familles de la Palud, de Groslée, de l’Aubépin, de Balsac, d’Urfé, de Mars, de Champris, etc. Le château existe encore en grande partie, sa construction paraît remonter au XIVe siècle ; il a la forme d’un dé de brique surmonté de crénaux, à l’angle Nord-Ouest s’élève la petite tour du guetteur.


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Posté le 17-11-2013 17:13 par Jimre

Le Montellier

La seigneurie du Montellier fut possédée aux XIe et XIIe siècles par la famille du nom, puis successivement par les Thoire Villars, d’Ars, de Chiel, de Groslée, de Montbel, Gaspard de Coligny, de Murillon, d’Entremont (qui la fit ériger en marquisat par le duc de Savoie), de l’Hôpital, de Chevriers, Greppo.

Le château du Montellier a été rebâti au XIVe siècle, la plus grande partie en subsiste encore. Le donjon est un des points les plus élevés de la Dombes (310 m.), il a servi de signal pour les opérations géodésiques.


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Posté le 17-11-2013 17:06 par Jimre

Perouges

La cité de Pérouges appartint d’abord aux seigneurs d’Anthon, puis aux puinés de la famille Hugues de Genève et enfin aux Dauphins du Viennois qui lui accordèrent des privilèges en 1329 et 1334. En 1343, elle passa à la maison de France et fut donnée en échange d’autres terres aux comtes puis aux ducs de Savoie.

En 1469, les Dauphinois vinrent l’assiéger mais ne purent s’en emparer. En récompense de cette belle défense, le duc de Savoie accorda aux Pérougiens l’exemption pendant vingt ans des droits de fouage, subsides, péages, gabelles, etc. Et pour perpétuer le souvenir de ce siège, on a fait, il y a quelques années, placer au-dessus de la porte de Pérouges, une pierre commémorative avec cette inscription « Pérouges, des Pérougiens, ville imprenable, les coquins dauphinois sont venus et n’ont pu la prendre. Ils ont emporté les portes et les gonds. Que le diable les emporte. »

Des ducs de Savoie, après 1565, Pérouges passa successivement aux familles de la Chambre, Oddinet, de Moussy, de Cadenet, Favre (devint baronnie), de Toquet.


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Posté le 17-11-2013 16:57 par Jimre

Conflans

Le château se trouve sur le chemin Bourg à Nantua par Thoirette, près du confluent de la Valouse et de l’Ain. C'est une ancienne seigneurie "en toute justice", ayant appartenu aux familles Bugnet, de Chambut, de Pineron, d’Aubigny, de Dortan, de Malyvert.


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Posté le 17-11-2013 16:47 par Jimre

Trevoux

La ville de Trévoux est assez jolie, elle est bâtie en amphithéâtre sur la côtière de la rive g. de la Saône. Par sa situation sur une colline tournée à l’Est et abritée des vents du Nord, Trévoux jouit d’un climat sensiblement plus doux que le reste de la Dombes.

Son origine est très ancienne ainsi que l’attestent les objets de l’époque de la pierre polie et de l’époque du bronze trouvée dans son voisinage. On croit que c’est à Trévoux qu’eut lieu le premier choc entre les troupes de Septime Sévère et d’Albin (197). En tout cas, la ville existait au temps des Romains et tirait son nom de Trivium Tres vioe (3 chemins) ; elle était effectivement à la croisée de trois routes construites par Agrippa.

Cependant la ville de Trévoux n’apparaît d’une manière certaine dans les documents écrits de l’histoire locale qu’en 1010. Au commencement du XIIe siècle, elle appartint aux sires de Villars, auxquels, succédèrent les sires de Thoire en Bugey. En 1300, les seigneurs de Thoire accordèrent une charte de privilèges et franchises à tous ceux qui viendraient habiter la ville ; on y vint de tous les pays voisins, des juifs principalement.

Trévoux s’agrandit dès lors et devint bientôt une ville importante par son industrie et son commerce. La charte de privilèges et de franchises fut confirmée à plusieurs reprises par les seigneurs, et, en dernier lieu, en 1653, par Mlle de Montpensier surnommée la Grande Mademoiselle.

Après les sires de Thoire, Trévoux appartint aux sires de Beaujeu et passa par mariage dans la possession des Bourbons. Après la défection du connétable de Bourbon, François 1er s’empara de Trévoux en novembre 1523. En 1560, la ville fut restituée aux Bourbons et resta la propriété de cette maison jusqu’en 1680, époque à laquelle la Grande Mademoiselle dut céder le pays de Dombes au duc du Maine. En 1762, le pays fut rattaché au domaine royal.

Trévoux était le siège d’un Parlement ou Conseil souverain, qui, créé par François 1er en 1523, siégea à Lyon jusqu’en 1696, époque à laquelle le duc du Maine le transporta à Trévoux.

En 1438, un hôtel des Monnaies fut établi à Trévoux et subsista jusqu’en 1686 ; il était installé dans une maison qui a appartenu depuis à M. Montellier, ancien président à la cour d’Orléans, auteur d’ouvrages estimés sur la Dombes.

En 1603, le duc de Bourbon Montpensier établit une imprimerie, en 1707, le directeur de cette imprimerie fonda, avec les principaux libraires de Paris, la société connue au XVIIIe. siècle sous le nom de Compagnie de Trévoux ; c’était à cette époque la plus importante imprimerie de France et la rivale de celles de Hollande ; on connaît près de 1500 ouvrages sortis de ses presses. Les Jésuites y ont fait imprimer le journal littéraire connu sous le nom de Mémoires de Trévoux. C’est de là qu’est sortie en 1707 la première édition du Dictionnaire universel qui porta le nom de Dictionnaire de Trévoux. En 1762, à la réunion du pays à la France, la Compagnie fut dissoute et l’imprimerie du prince de Dombes devint imprimerie royale mais elle périclita rapidement.

Trévoux a conservé de ses anciennes fortifications d’assez beaux vestiges. Au sommet de la colline sur laquelle s’étage la ville, se trouvent les restes du château fort ; ce sont trois tours qui ont encore une dizaine de mètres de hauteur ; ces tours, dont deux sont rondes et une carrée, sont reliées par des murs laissant entre eux la cour d’honneur. Du côté de l’Ouest partent quelques pans de murailles descendant vers Trévoux ; du côté de l’E. on remarque à peu de distance la porte de Villars et quelques restes de murs. Ces ruines sont très fréquentées, autant pour leur intérêt que pour la vue superbe dont on y jouit.

La ville ancienne commence vers le port ; les rues sont tortueuses, étroites, escarpées, les maisons sont vieilles. On remarque dans cette partie l’hôpital, construction récente mais dans l’enceinte duquel se trouve une vieille tour.

La ville moderne renferme la Sous-Préfecture qui sert aussi de Palais de Justice, c’est un vaste édifice quadrangulaire, le rez-de-chaussée est occupé par le tribunal de première instance dont la salle, ancienne salle du Parlement des Dombes, est remarquable ; elle a été peinte à fresques par P. Sevin, le plafond avec poutres à la française est entièrement fleurdelisé, elle renferme les portraits de Mlle de Montpensier et du duc du Maine.

L’Hôtel de ville, qui est près de la Sous-Préfecture, est un édifice récent. Il en est de même de l’église.

La prison de Trévoux est le lieu de détention du dépt de l’Ain.

Le couvent des Carmélites, aujourd’hui désaffecté, avait été fondé en 1662, par Mlle de Montpensier ; celui des Ursulines, également désaffecté, avait été établi en 1640 par Gaston d’Orléans.

Dans la Grande-Rue, on remarque une tour carrée, sorte de beffroi sans style, portant un beau cadran d’horloge. Le pont suspendu sur la Saône a une pile d’un très bel effet architectural, elle supporte un arc de triomphe mauresque.

De la promenade de la Terrasse, qui s’étend devant la Sous-Préfecture, on jouit d’une vue magnifique sur la plaine de la Saône, les monts d’Or et de Verdun, les montagnes du Beaujolais, la Tournache, les quais, etc.


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Posté le 17-11-2013 16:20 par Jimre

Varey

Château fort avec belle vue sur l’Ain et la Côtière, complètement restauré vers 1868 ; c’est le plus beau reste de la féodalité dans le dépt de l’Ain. On y voit une grande partie des fossés, les murs d’enceinte et le donjon qui est à peu près intact ; on y remarque une belle salle de fêtes avec sa grande cheminée et ses meubles en chêne massif, la cour de justice, les oubliettes, des escaliers pratiqués dans l’épaisseur des murs, etc.

Très ancienne seigneurie possédée dès le XIIe. siècle par les sires de Coligny, puis par les comtes de Genève. En 1325, Edouard, comte de Savoie tenta vainement de s’emparer du château, il livra une grande bataille et vit son armée presque anéantie par Guigues V, dauphin du Viennois, venu au secours de la place.

Le 5 janvier 1354 il fut cédé à la Savoie en échange d’autres terres et possédé dans la suite et successivement par les familles de Chalant, de Divonne, de l’Aubépin, d’Ugnie, de Beaurepaire, Dervieu.


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Posté le 17-11-2013 16:13 par Jimre

Thol

Thol est une ancienne seigneurie "en toute justice", dont la maison forte en ruines, à l’altitude de 305 m, domine l’Ain et un immense paysage. Cette seigneurie fut possédée au XIVe. siècle par les de la Balme, puis dans la suite et successivement par de Luyrieux, de Brénod, de Vaugrineuse, de Vinzelles, de Châteauvieux.


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Posté le 17-11-2013 16:09 par Jimre

Saint Trivier sur Moignans

On a trouvé à Saint-Trivier, un cippe creusé dans la pierre dure, de 3 m. de long, un de large, 1 de haut, il porte une inscription faisant connaître que ce serait le tombeau d’un nommé Pétronius. On ne sait rien du personnage ni comment cette tombe se trouvait là.

Saint-Trivier-sur-Moignans est une ville très ancienne qui doit son nom à un moine qui évangélisa la Bresse et la Dombes au VIe. siècle et mourut dans cette localité le 16 janvier 550.

La terre de St-Trivier faisait originairement partie du patrimoine des anciens comtes de Forez et de Lyon, elle passa au XIe siècle aux sires de Beaujeu, au XIIe aux Chabeu qui prirent le nom de St-Trivier, puis successivement aux de Lugny, de la Chambre, de Cléberg, de Chalon, Moirou.

A partir de 1651, elle appartint avec sa justice aux pauvres de la Charité de Lyon par donation des seigneurs du lieu. Elle fut cédée en 1770 à M. de Tavernost.

Avant 1790, St-Trivier-sur-Moignans était le ch. l. de la première châtellenie de Dombes. Anne de France y avait établi, en 1512, un marché le jeudi de chaque semaine. La ville était close de murailles et entourée de fossés ; ces derniers sont comblés et les premières en grande partie abattues, elles existent sur une centaine de mètres à l’extrémité S. du bourg ; on y remarque surtout plusieurs rangées de briques triangulaires entrecroisées.

Quant au château, qui était déjà construit au commencement du XIIIe siècle, il est complètement détruit.

L’église, placée sous le vocable de Saint-Denis et de St-Trivier a été reconstruite presque en entier en 1733, avec les débris de la chapelle de Saint-Michel d’Ainay à Lyon.

En 1762, la ville ne comptait que 70 feux dont plus de la moitié étaient ceux de pauvres veuves retirées là pour y jouir des aumônes qu’y distribuaient les recteurs de la Charité de Lyon.


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Posté le 17-11-2013 16:00 par Jimre

Saint Martin du Fresne

La paroisse faisait partie des dotations du monastère de Nantua dont les prieurs étaient seigneurs du village ; la garde de ce dernier fut confiée aux Thoire-Villars qui y firent bâtir un château pour tenir en bride les prieurs de Nantua et s’opposer aux envahissements des chartreux de Meyriat.

Ce château fut pris vers 1350 par les ducs de Savoie et démoli plus tard en 1601 par le maréchal de Biron lors de la conquête du Bugey. Il en reste une grosse tour circulaire fort endommagée sur un tertre peu élevé à l’O. du bourg.


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Posté le 17-11-2013 15:53 par Jimre

Saint Bernard

Les médailles et objets antiques recueillis soit dans le village, soit dans les champs environnants, prouvent que dès l’époque gallo-romaine et peut-être même dès les temps préhistoriques, cette petite localité était déjà un centre de population de quelque importance ; elle se nommait Spinosa, et elle garda ce nom jusqu’au XIe. siècle.

St-Bernard dépendait du Franc-Lyonnais, le village était entouré de fossés et clos de murs ; deux portes seulement en permettaient l’accès, l’une d’elles existe encore, l’autre est ruinée.

Le château fort appartint d’abord aux Palatins de Riottier, en 1250 il fut acheté par le sire de Beaujeu qui l’aliéna à l’église de Lyon puis il passa en 1599 aux de Covet, seigneurs de Montribloud.


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Posté le 17-11-2013 15:36 par Jimre

Jasseron

Au Nord du bourg, à l’extrémité d’une mince arête, séparée de la première chaîne du Revermont par une gorge étroite, s’élève un château en ruines, visible de presque toute la Bresse.

Une légende veut qu’il y ait un souterrain dont l’entrée serait fermée par une pierre qui vire (tourne) la nuit du soltice d’hiver.

Ces ruines sont celles d’un château très ancien, donné, au Xe. siècle à l’abbaye de St-Claude, il passa aux Thoire-Villars au XIIIe siècle, puis successivement aux Coligny, aux comtes de Savoie, aux de la Rye, aux ducs de Lesdiguières.

En 1601, lors de la conquête de Bresse, ce n’était plus qu’une ruine. La terre de Jasseron appartint aux familles d’Urre, Perrachon, de Grollier.


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Posté le 17-11-2013 12:39 par Jimre

Groslée

Le territoire est situé sur les pentes Ouest de la montagne de Tantaine, entre celle-ci et le Rhône, il est arrosé par le petit ruisseau du Nant de Groslée.

A l’emplacement de Groslée s’est élevée une ville romaine d’une certaine importance, un aqueduc lui amenait les eaux du lac de Crotel. Dans la gorge de Vareppe, on pouvait lire sur un rocher une inscription mentionnant le fait : « Agrippa Montanus, intendant des chemins, a amené les eaux du lac. L. Varus Lucanus les a dirigées. »

La ville détruite, on ne sait à quelle époque, reparut au XIIIe siècle ; un magnifique château fort, aujourd’hui ruiné, dominait le village. Ses seigneurs étaient légendaires par leur orgueil et leur insolence, leur devise était : « Je suis Groslée ». Henri IV y reçut une hospitalité vraiment princière, il y festoya joyeusement, causa avec esprit et se moqua même de son hôte qui était contrefait.

Le dernier propriétaire, au moment de la Révolution, de Barral, marquis de Montferrat, vendit le château à quatre paysans avec l’obligation de renverser tours et murailles. Tout disparut : objets d’art, archives, livres, collections d’armures, etc.


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Posté le 17-11-2013 12:36 par Jimre

Gourdans

Ancienne seigneurie possédée successivement par les d’Anthon, les dauphins du Viennois, Odon de Villars, la Baume, la maison de Savoie, des Prés, etc.


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- Jimre (2011)

Posté le 17-11-2013 12:31 par Jimre

Rochefort

C’est près de là que sur une éminence dominant le Rhône et le Séran, s’élevait une belle demeure seigneuriale, le château de Rochefort, aujourd’hui en ruines mais conservant encore une belle tournure.

Ancienne paroisse aujourd’hui réunie à celle de Cressin, la seigneurie fut possédée au XIIIe siècle par des seigneurs du nom, puis successivement par les familles de Gerbais, de Menthon, de Mareste, de Montillet.


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Posté le 17-11-2013 12:24 par Jimre

Chazey sur Ain

Chazey-sur-Ain était autrefois enfermé dans une enceinte dont on trouve quelques restes.

A la partie la plus élevée du bourg est un superbe château réédifié sur les débris de l’antique résidence princière. – La seigneurie de Chazey appartint d’abord à la maison de Coligny ; elle passa à la maison de Savoie et les ducs y eurent un pied à terre. Après diverses vicissitudes, elle passa aux de Crémeaux, dont les descendants la gardèrent jusqu’à la convocation des Etats Généraux.


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- Jimre (2012)

Posté le 17-11-2013 12:16 par Jimre

Châtillon sur Chalaronne

De l’ancienne ville, il reste au centre du Châtillon actuel des rues étroites pavées de gros cailloux, des maisons dont les étages supérieurs surplombent la rue, des halles en bois datant de 1672 et mesurant 80 m. de long, 20 m. de large, 10 m. de haut, l’Eglise construite avec de grosses briques, l’Hôpital à la porte duquel se trouve la statue de St-Vincent-de-Paul qui fut curé de Châtillon vers 1617 et fonda l’association des Dames de la Charité, l’ancien collège devenu la Mairie, des pans de murs en briques et des débris au sommet d’un monticule, restes de l’ancien château.

La seigneurie de Châtillon était, au XIe siècle, possédée par la famille du nom, elle passa à la maison de Beaujeu, puis à celle de Bâgé et fut cédée, en 1272, à Philippe, comte de Savoie et de Bourgogne qui fit commencer les fortifications de la ville. Châtillon passa ensuite dans la maison de Savoie, fut érigé en comté et possédé successivement par les de Costa, d’Urfé, de Bonne de Lesdiguières, de Montpensier, Perrichon.

Jusqu’au XVIIe. siècle, les abbés d’Ainay nommaient à la cure, l’église actuelle date de 1672, elle eut jadis un chapitre composé d’un doyen et de 6 chanoines.


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Posté le 17-11-2013 12:13 par Jimre

Château Gaillard

Bien que la commune ne soit mentionnée qu’au XVIe. siècle, elle semble beaucoup plus ancienne, des tombeaux et médailles romaines trouvés sur le territitoire montrent que cet endroit est depuis longtemps habité.

La seigneurie avec château fort fût possédée, au XIVe siècle, par Jean de Longecombe, puis successivement, par les familles de la Baume, de Clermont, de Vellort, de Montferrand, de Valernod, Murat de Lestang.


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Posté le 17-11-2013 12:04 par Jimre

Ambérieux en Dombes

D’après la tradition, Ambérieux-en-Dombes aurait été une des résidences des premiers rois burgondes ; c’est là qu’aurait été proclamé ou promulgué en l’an 501, le titre XLII de la loi Gombette (altération de Gondebaud).

Ambérieux passa à l’abbaye de Cluny vers 934, il appartint aux sires de Villars, puis aux sires de Thoire et enfin aux ducs de Bourbon ; il était devenu le chef lieu d’une châtellenie de la Dombes, le château était un des plus beaux et des plus forts de la contrée ; il en reste, mais à l’état de ruine, un donjon carré réhablité il y a quelques années avec son hourd en bois, quelques tours et des pans de murailles. A noter que les premières photos réalisées pour Rhône Médiéval montrent le donjon sans le hourd en bois.

L’église remonte au XIIIe siècle. Le bourg possède la statue en marbre du chirurgien Amédée Bonnet (1809-1858).


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Posté le 17-11-2013 11:54 par Jimre

Abergement Clementiat

La commune est formée des anciennes paroisses de l’Abergement et de Clémencia. On y voit les restes des murs d’enceinte d’un vieux château du XIVe siècle bâti par les Chabeu, seigneurs de St-Trivier-en-Dombes. Après les de Chabeu la seigneurie de l’Abergement appartint aux de Navilly puis aux Galois de la Baume. Au Péage existe une ancienne chapelle où se réunissaient les catholiques au XVIIe siècle, quand les protestants occupaient l’Abergement. Quatre poypes semblent indiquer que le territ. a été habité à l’époque gauloise.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr

Posté le 17-11-2013 11:49 par Jimre

Bohas

Le village de Bohas qui appartenait aux Coligny fut par eux inféodé, au XIIIe siècle, aux seigneurs de Buenc ou Bohan, dont le château, sis sur Hautecour, dominait Bohas d’un sommet de 455 m. d’altitude. Le village passa ensuite aux Nancuyse, puis aux Bohas-Montjouvent.


Sources:

Archives-numerisees.ain.fr

Posté le 17-11-2013 11:36 par Jimre

Tour de Buenc

Au N. O. du bourg de Hautecour- Romanèche, se trouve sur une cime les restes de la grande tour de Buenc ou Bohan qui se voient de la moitié du Revermont et dont les péages devaient faire le principal revenu. Son importance venait de sa situation commandant la plus courte et la plus directe des routes unissant la Bresse et le Bugey.

Hautecour appartenait aux seigneurs de Buenc ou Bohan, il est mentionné dès le Xe. siècle, mais la paroisse ne l’est que vers la fin du XIIIe siècle.


Sources:

Archives-numerisees.ain.fr


Photos:

- Jimre (2011)

Posté le 17-11-2013 11:25 par Jimre

Saint Germain en Bugey

Sur la commune d'Amberieu en Bugey, au débouché de la vallée de l'Albarine et sur la route qui mène à Virieu le Grand, se dresse le château en ruines qui, au XIIe siècle, appartenait aux Coligny, puis dans la suite et successivement aux la Tour du Pin, comtes de Savoie, Trocu, Estienne, de Suduyrand et Buynand.

On parle de Saint Germain ici aussi...

Sources:

Archives-numerisees.ain.fr


Photos:

- Jimre (2012, 2015)

Posté le 17-11-2013 11:14 par Jimre

Saint Denis en Bugey

Sur l’éperon qui domine le bourg s’élève une tour carrée, reste d’un ancien château-fort qui barrait l’entrée du Bugey et qui fut détruit lors de l’annexion du Bugey à la France.
La seigneurie de St-Denis était possédée au XIVe siècle par les dauphins du Viennois ; en 1335 elle fut cédée aux comtes de Savoie, puis vendue en 1358 à Girard seigneur de Grammont. Elle passa ensuite et successivement aux familles de Gerbais, de Saleneuve, de Cordon, de Bignins, de Savoie, du Pré, de Bachod, de la Cou, de Pougny, d’Oncieu, le Clerc, Murat de l’Etang.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr


Photos:
- Jimre(2009)

Posté le 17-11-2013 11:06 par Jimre

Saint Sorlin en Bugey

A l’E. de St-Sorlin se trouve la grotte Poudrier qui a donné des silex taillés, des poteries anciennes et quelques débris humains de l’époque néolithique.

St-Sorlin portait au Moyen-Age, le nom de St-Saturnin, à cause du voisinage d’un temple de Saturne existant encore au temps de St-Domitien.

Après avoir appartenu aux Coligny qui en firent bâtir le château fort, la terre de St-Sorlin passa aux barons de la Tour du Pin, puis aux dauphins du Viennois, à la maison de Savoie, aux familles de Villars, de Varax, de Nemours, d’où elle sortit vers le commencement du XVIIe. siècle. Les derniers seigneurs furent les chartreux de Portes.


Sources:

- Archives-numerisees.ain.fr

Posté le 17-11-2013 11:03 par Jimre

Lagnieu

Lagnieu est fort ancien, il existait au Ve siècle, suivant la légende de st Domitien.

A l’époque féodale, sa terre appartint d’abord aux Coligny, elle dépendait de la seigneurie de St-Sorlin ; elle passa, en 1272, aux seigneurs de la Tour du Pin, puis aux dauphins du Viennois, à la maison de Savoie. En 1460, elle appartint à Gaspard de Varax, en 1466 à Claudine de Bretagne, en 1571 à Jacques de Savoie duc de Nemours. En 1716 elle fit partie des possessions des chartreux de Portes qui y rendaient la justice en leur nom et la gardèrent jusqu’en 1789.

L’église a appartenu d’abord à la métropole de Lyon, puis à l’abbaye d’Ambronay qui y avait un prieuré. En 1476, le Pape Sixe IV autorisa l’érection d’un chapitre composé d’un doyen et de huit chanoines.

Entre Vaux et Lagnieu est la Tour de Mont-Vert, assez bien conservée, elle était destinée croit-on à entretenir une communication entre la tour de St-Denis et Lagnieu.


Sources:

- archives-numerisees.ain.fr

Posté le 17-11-2013 10:48 par Jimre

Villars les Dombes

A Villars-les-Dombes, la Poype est une motte castrale artificielle datant du Moyen-âge: une butte de terre édifiée en zone de plaine pour servir d'observatoire et de refuge. Le site est l'un des premiers châteaux-forts de la Dombes.

Le tertre, couvert de végétation, domine les maisons du bourg. Dominant de sa masse la place du marché, la poype de Villars, apparemment abandonnée, fait partie du paysage depuis des temps immémoriaux. Mais, en ses flancs, elle abrite encore bien des mystères qui n’ont pas été complètement élucidés.

Le site est le témoin des vestiges du château des seigneurs de Villars. Pour asseoir leur pouvoir politique sur la région, Les Villars construisent un réseau de fortifications confiées à des vassaux, tels que Ligneux à Saint Jean de Thurigneux, le Chatel à Reyrieux.

Le lieu a été occupé du Xe au XVIe siècle.

Le château, à l’origine, était composé d’une tour carrée, implantée sur un sol vierge. La dimension des murs, deux mètres d’épaisseur, le mode de construction, très robuste (2,8 m x 2,6 m sur 7m de hauteur) laissent à penser à un édifice fortifié.

Puis la tour carrée est arasée, fin XIe début XIIe siècle à la hauteur du premier étage pour servir de socle à une église romane et devenir une crypte. Elle commence à être emmottée et talutée pour permettre un accès de plain-pied à cette église.

L’église  est alors composée d’une nef rectangulaire de 12 m par 9 m, prolongée à l’est par une abside carrée de 5 m par 5 m où se trouve une fenêtre. Une nécropole se trouvait à proximité de la porte d’entrée et de l’escalier de l’église. Le tertre vient recouvrir l’édifice religieux. Entre le XIIe et le XIIIe siècle, l’église est remblayée et le clocher est transformé en tour, accompagné de bâtiments en bois.

Les dimensions de la poype sont de 15 m en hauteur et 65 m de diamètre.

La tour cylindrique, placée sur la poype est en briques. Elle est destinée, avec une basse-cour, le tout entouré par un fossé, à protéger le bourg.

Villars en dates et dans les textes :

En 1030, Etienne Ier, témoin d’une donation faite aux chanoines de l’église de Macon par Guichard, seigneur de Beaujeu et son épouse Ricoaire de Salornay.

En 1139, première mention du château, « castrum quod dicitur Villars ».

Cette famille a laissé de nombreuses traces dans l’Histoire notamment lorsque Agnès de Villars, de Loyes, du Chatelard et du Montellier, unique héritière des Villars épouse Etienne Ier, seigneur de Thoire en 1187. La  dynastie des Thoire-Villars s’opposera pendant deux siècles à l’expansion savoyarde.

1253, le bourg castral, « borc de Vilars ».

1267, Villars bénéficie d’une charte de franchise

1334, l’enceinte du bourg apparait dans les textes.

1595, le maréchal de Gontaut-Biron assiège, prend et détruit Villars, à titre de représailles de la part du roi Henri IV contre le duc Charles Emmanuel de Savoie.

1905, Le site est classé monument historique.

En 1988, le centre inter universitaire d’histoire et d’archéologie médiévale ouvre le chantier de fouilles où il découvre, enfouie, les bâtiments superposés.


Sources:

-Panneaux situés autour de la Poype

- Mis en annexe un document intéressant, trouvé sur internet, datant de la fin du XIXe siècle, sur les fouilles faites par Mr Collet, agent-voyer cantonal et érudit local, qui nous donne plein d'informations sur les poypes de la Dombes et plus particulièrement sur le site de Villars les Dombes.

Posté le 14-07-2013 21:09 par Jimre

Chateau de Juis


Article repris du site ladombes.free.fr

"Histoire du  château :

Le plus ancien propriétaire de la seigneurie serait Etienne de Juis, témoin d'une donation au monastère de Cluny en 994.

En 1315, Jean de Juis rendit hommage-lige à Humbert de Thoire Villars. Par sa fille, la seigneurie échut à la famille de la Palud, puis à la maison Groslée (1373).

Au XV° siècle, elle passa par vente dans les mains de Jean, duc de Bourbon (1459), puis la famille Balzac (1541), la maison d'Urfé, la famille de Mars et enfin Nicolas Deschamps, seigneur de Curtille, en 1660.

Au XVIII° siècle, le propriétaire en est Gilbert de la Font, échevin de Lyon.

A la Révolution, nous trouvons la famille Hervier (également échevin de Lyon) jusque vers 1870. Après la  vente au Comte de Cibieins, c'est la famille Berthet, actuelle propriétaire qui l'achète en 1936.

Façades, toitures, puits dans la cour et une partie subsistante du mur d'enceinte, sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire  des Monuments Historiques depuis le 4 mai 1984.


Description :

Juys fait partie des 11 maisons fortes de la Dombes toutes construites à la même époque : les châteaux de Saint Paul de Varax, Bouligneux, Le Montellier, la Grange à Lapeyrouse, de Messimy, d'Ars, les tours du Plantay, d'Ambérieux en Dombes, la ferme de Villon à Villeneuve.

Les douves ont une largeur de 35 mètres  et une longueur de 530 mètres et font le tour du mur d'enceinte.

Le mur (à gauche du porche) a été refait dans la tradition Dombiste : alternance avec des galets ou "couilles de bressans", pierres roulées par les moraines des glaciers. Au dessus du porche, une statue "Sainte Anne enseignant la Vierge" portant dans ses bras une enfant, sa fille car c'était mère de Marie. Sainte Anne est la patronne des marins et des menuisiers. Au-delà du porche :

Cette ancienne forteresse militaire de défense du XVème siècle est un cube presque parfait : 25 mètres par 26 au sol, 16 mètres de hauteur, 2 mètres de hauteur des créneaux ou dits merlons, 12 mètres du donjon ou échaugette.

Cette tour de guet était sûrement ouverte à son extrémité car à 28 mètres de hauteur le guetteur voyait : côté Bize (Nord), la Bresse - côté Soir (Ouest), le Beaujolais - côté Midi (Sud), le Lyonnais - côté Matin (Est), le Bugey. Il pouvait donc prévenir d'une arrivée de cavaliers et autres groupes à pieds. La coupole du donjon a été refaite complètement à la fin du XIXème siècle. On peut observer les mâchicoulis au-dessus de la porte d'entrée du donjon de Juys : sur ces pierres étaient entreposées des bassines d'huile de poix bouillante (250°) pour "arroser" ceux qui voulait pénétrer dans le donjon.

Côté Bize, non loin du mur d'enceinte : l'ancienne église de la paroisse dont le patron était Saint Rémi, et le cimetière de Juys. Le fief de Juys apparait en 996. Il était proche de l'ancienne abbaye de Montberthoud, très active quand elle dépendait de Cluny (934-1211) avec 40 moines.

Côté Midi, vers les douves :  La comtesse de Cibeins agrandit la grande fenêtre du salon (pour faire lecture) mais sans les meneaux sur lesquels l'état prélevait un impôt.

En 1936, la comtesse de Cibeins étant ruinée, Juis fut saisi et vendu aux enchères. Les meubles furent mis sur la route pour être vendus aux mieux disants.

Les fenêtres du 2ème étage ont été ouvertes en 1938 (par la famille Berthet) pour aménager des chambres. La porte-fenêtre de la cuisine est ouverte depuis 1993.

Côté Matin : Les 3 fenêtres avec grilles en fer forgé sont d'époque XVIIIème siècle. Le mur d'enceinte ne faisait pas le tour de la forteresse. Il prenait appui sur l'angle du mur et s'adossait sur celui du four à pain . Cette façade était donc ouverte directement sur les douves. Le perron a été construit par madame de Cibeins pour que de sa chambre elle puisse sortir au soleil levant.

Dans la cour : Portail en arc brisé d'origine dont les doubles portes ont été refaites à l'identique par Gabriel Lardet en 1983, menuisier à Savigneux, avec conservation des anciennes ferrures et serrures du XVIIIème siècle. Ce travail fut accompli dans le cadre de son activité artisanale. Il a été aidé par Loïc Lambert (Compagnon du devoir) achevant son tour der France dans la région et actuellement installé à Reims, gérant une entreprise spécialisée dans la rénovation des Monuments Historiques.

Cet édifice, extrêmement original, constitue un modèle unique en France d'architecture militaire. c'est un des rares dont la muraille n'ait pas été abattue pour ouvrir la cour intérieure.

Sur l''angle Bize (Soir) a été dressé un mini donjon cylindrique porté par un grand arc ans le vide en diagonales entre les courtines. Une très grande hardiesses de l'architecte pour l'époque. Le chemin de ronde est toujours présent. On devine les anciens emplacements des poutres sur les remparts du Matin : un plancher permettait l'accès du chemin de ronde et au donjon. Le logis adossé aux courtines Matin et Midi devait être très différent en 1459. Il a été refait au XIXème siècle. Il reste encore le blason de la famille de Balzac;

On peut remarquer le bénitier monumental de l'ancienne paroisse de Saint Rémi. Le puits date du XVIIIème siècle : 13 mètres de profondeur, 5 mètres d'air, 8 mètres d'eau soit environ 8 000 litres d'une eau extrêmement pure (absence de nitrate et de phosphate. Il est alimenté par une rivière souterraine (et non par la nappe phréatique qui est à 60 mètres de profondeur). en provenance du Bugey et des Alpes. Tous les puits du quartier ont à peu près la même profondeur.


Texte de Marc Berthet"


Photos:

Jimre(2013)


Posté le 11-05-2013 12:05 par Jimre

Sites parlant de Thol

Les Paladins de Thol

Note de Février 2015: le lien vers Les Paladins de Thol n'est malheureusement plus actif et c'est bien dommage. Nous avons vu il y a quelques temps que le château était à vendre. Si quelqu'un veut bien nous envoyer un article sur le château, nous nous ferons un plaisir de le poster sur notre site 8;-))

La Passion des châteaux


Photos: 

Jimre, un jour de neige Mars 2010...

Posté le 04-04-2013 18:46 par Jimre

Maison Forte de Villon


Histoire

En 1291, Guy, seigneur de Villon, rend hommage à Humbert IV, sire de Thoire et Villars. En 1490, c'est Guillaume de Lyarens ou Glareins, seigneur de Villon, qui témoigne de ce lien de vassalité au duc de Bourbon. Par mariage ou vente, la seigneurie passa en la maison de la Teyssonière, puis fut vendue à Jean de Godon, chevalier, président du Parlement de Dombes et seigneur de Gravains.

En 1606, Villon fut vendu à Louis Austrein. En 1622, Villon est reçu en héritage par Mathieu de Sève, de Fléchères, dont descend la famille de Virieu, actuellement propriétaire. En 1703, la terre est érigée en comté et prend le nom de château de Sève. Gabriel de Sève testa en 1780 en faveur des enfants de sa soeur, nommés de Quinsonnas.

Sa présence est attestée dès le XIIe siècle. Elle est un exemple architectural des époques troublées qui ont marquées la Dombes. Elle n'est pas à proprement parler un château mais plutôt une résidence dont la constitution et les équipements permettaient de résister à des attaques de faible ampleur.

A usage défensif, donc, elle fut construite au départ sur une butte artificielle puis entourée de douves.

Ce que nous pouvons voir aujourd'hui représente une construction homogène n'ayant pratiquement pas subi de transformations depuis sa construction au XIVe siècle, hormis quelques remaniements sur le corps du logis au XVIe siècle.

Les courtines forment un plan carré de 25 m de côté, avec, en son centre, une cour intérieure. Le logis proprement dit occupe les côtés Nord et Ouest, les deux autres côtés, Sud et Est, étant constitués d'un rempart de même hauteur que les premiers.

Elle est construite, comme la plupart des ouvrages défensifs de la Dombes, en " carrons savoyards ", briques plus épaisses et plus massives que les briques traditionnelles, afin de résister aux attaques. Côté cour, les façades des deux corps de bâtiment sont couvertes d'un enduit donnant un effet pierre, dissimulant un mur exclusivement en pisé.

On peut y voir des meurtrières, un chemin de ronde crênelé, un châtelet (tour porche carrée construite au XVIIe siècle) et des traces d'un pont-levis à flèches.

On trouve également une chapelle dont le fenestrage rayonnant est toujours en place.

Elle fut modifiée en maison de plaisance au XVIe siècle. La transformation de la résidence fortifiée en ferme a mis l'ouvrage à l'abri de la destruction et la restauration récente a fait ressortir les caractéristiques défensives et plaisancières de ce manoir de la Dombes.

La maison forte de Villon est inscrite depuis le 30 Mars 1990 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Sources :

- panneaux de visite de la maison forte.

- pré-inventaire des richesses touristiques et archïéologiques du canton de Saint Triviers sur Moignans(2000)

- documents disponibles lors de Journées du Patrimoine.


Posté le 06-10-2012 19:00 par Jimre

LE PLANTAY


La tour

Le village est mentionné dès le Xe siècle et s'appelait, jusqu'au XIV° siècle, Saint Didier de Renom, puis prit le nom du fief d'Hugues du Plantay qui en devint propriétaire.

 

La tour est le vestige d'un ancien château féodal qui fut incendié en 1460 par les troupes du duc de Bourbon, qui ravagèrent en grande partie la Dombes.

 

Le château aurait été construit par le seigneur du Plantay, Antoine de Saint Didier, sur un poype dominant l'étang.

La tour massive, ronde, en briques ou « carons savoyards » est haute de 19 m. Un chemin de ronde avec mâchicoulis couronne l'édifice. A côté, on trouve une maison d'habitation construite dans le même matériau, typique des ouvrages médiévaux de la Dombe. 

Source:


- La Dombe

Posté le 11-05-2012 21:40 par Jimre

Trevoux

Histoire du  château :

 

Le monument a été classé Monument historique en 1917. La campagne de travaux lancée à l’automne 1991 a fait l’objet d'un suivi archéologique.

On distingue deux étapes de construction du château. La construction majeure est le donjon ou tour maîtresse, datée de la première moitié du XIVe siècle. Il témoigne de la maîtrise des techniques de construction des maîtres d’ouvrage et des maîtres d’œuvre.

- L’unique accès au donjon est une porte à l’étage, qui à l’origine était une fenêtre. Il mesure aujourd’hui 16 m de haut, mais à l’origine il faisait 28 m de haut et était sans doute crénelé. La partie supérieure est détruite en 1793.

- bichromie : pierres jaunes de Couzon-au-Mont d’Or et pierres blanches de Lucenay.

- Le rez-de-chaussée était voûté (seule subsiste aujourd’hui l’amorce des voûtes)

- Les étages étaient séparés par des planchers

- Chaque étage était éclairé par une fenêtre

- Un escalier à vis pris dans l’épaisseur des mûrs permettait l’accès à ts les niveaux.

= Sa monumentalité, l’originalité de son plan, sa polychromie semblent destinées à impressionner l’ennemi potentiel en rappelant la puissance des sires de Villars. Il daterait de la première moitié du XIVe siècle.

Les caractéristiques principales de ce donjon sont : la qualité de sa construction , plan régulier, le soin de l’appareil, la polychromie, le talutage en pierre de taille.

 Ses dimensions qui en font un des plus importants donjon de la région

Les travaux de 1991 ont montré que seul le donjon était habitable dans la première phase de construction. Malgré ses capacités, il est douteux qu’il ait constitué le seul logement du château.

La seconde phase de construction intervient dans la seconde moitié du XIVe siècle et correspond à une véritable reconstruction du château. Le plan triangulaire va être modifié. Seul le donjon semble être conservé. Le château est agrandi vers l’ouest. La superficie du château est considérablement accrue.

- Le corps de logis, aujourd’hui détruit, perpendiculaire aux courtines, délimitait deux cours : à l’est, une basse-cour triangulaire ; à l’ouest, une cour rectangulaire, garnie sur l’angle sud-ouest d’une tour carrée.

- la tour en fer à cheval au nord

- la tour ronde au sud


Source:

Site laDombes.free.fr

Posté le 25-01-2012 14:50 par Jimre

Saint Bernard

Histoire du château :

Château du XIII°  siècle au bord de la Saône, connu pour avoir abrité au début du siècle les peintres Utrillo(Un panneau attribue ce château comme possession d’Utrillo), Utter et Suzanne Valadon (de 1923 à 1948)

Ces  peintres ont fixé, sur nombre de leurs toiles, les aspects les plus pittoresques de cette maison forte du XIII° siècle.            

C'est un remarquable exemple d'architecture militaire dont les murs sont faits de briques et de pierres disposées en couches alternées.


Le  Jardin :

Jardin créé en 2003 de huit mille m², situé dans le cadre d'un château du début XIVe siècle remanié au XVIIe et XIXe siècles. Le jardin est aménagé en trois parties. Le jardin régulier en forme de trapèze est constitué de plusieurs carrés thématiques (jardins de couleur, jardin de sorcière, jardins éphémères et jardin aquatique) il se termine par un labyrinthe de six cents pommiers et poiriers menés selon les préceptes de taille fruitière ancienne (quarante formes fruitières différentes). La deuxième partie est consacrée à la roseraie (roses Guillot et roses anciennes) et au jardin potager des écoles. Une terrasse fleurie surplombe la roseraie.


Source:

Site laDombes.free.fr

Posté le 25-01-2012 14:46 par Jimre

Histoire de Pérouges

Autre article sur Pérouges, très ancienne cité fortifiée sur un promontoire du plateau de La Dombes, dominant le confluent de l'Ain et du Rhône est à 35 km de Lyon sur la route de Genève.

Avec sa campagne avoisinante, Pérouges reste le témoignage de ces sites bienheureux où l'œuvre humaine s'intègre à la nature.

Ici, tout est simple, humble, les vielles maisons aux pierres chaudes sont des demeures d'artisans, de marchands et de gens de la terre.

Pérouges avec ses nombreuses ressources archéologiques, culturelles et gastronomiques offre un séjour varié et reposant.

Une tour romaine a précédé la création de Pérouges, d'où une légende s'est établie voulant que la cité ait été fondée par une colonie gauloise venant de Pérugia en Italie.

Pendant la période féodale, au XII° siècle, fut construit un château et les remparts ceinturèrent le haut de la colline délimitant la cité actuelle. D'un passé sans grande aventure, on peut retenir les multiples changements de nationalité  Pérouges fut dauphinoise en 1300, savoyarde en 1345 et française en 1601.

En 1329, dans un grand élan avant-gardiste, Pérouges accorde aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. Sa prospérité et sa situation privilégiée sur un axe marchand du Moyen Âge ne sont probablement pas étrangères à cette décision eceptionnelle pour l'époque. Preuve que le Bien-être économique, la paix et l'ouverture sur le monde ont toujours eu d'heureux effets sur la tolérance et les libertés...

Le siège de 1468 reste le fait d'armes, commémoré par une inscription sur la Porte d'En-Bas.

Toutes les places fortes de la région avaient cédé devant les Dauphinois, alliés de Louis XI, seule Pérouges n'avait pas été prise.

Le Duc de Savoie, pour remercier ses bons sujets, les dispensa d'impôts pendant 20 ans. Le village qui était hors les murs et probablement ravagé par représailles, se reconstruisit sur la colline, à l'abri des remparts.

La grande majorité des maisons que l'on admire aujourd'hui, l'ordonnance des rues et des places datent de cette période de prospérité. Un essor artisanal (tissage, viticulture) et commercial s'ensuivit. L'église fut achevé à cette époque.

La période révolutionnaire est particulièrement active. L'arbre de la Liberté, planté en 1792, magnifie la place de la Halle. Au début du XX° siècle, Pérouges menaçant d'être en partie démolie, le Comité de défense et de Conservation du Vieux Pérouges est créé en 1911.


Depuis la restauration de la Cité s'est poursuivie grâce à des initiatives publiques et privées.


Source:

Site laDombes.free.fr

Posté le 25-01-2012 14:42 par Jimre

Le Montellier

Autre article sur le Montellier:

Le château, haut logis au faîte de la poype est flanqué d'un donjon circulaire du coté de l'attaque avec une grand basse cour flanqué de tours carrés.

Bermont de Montellier y vivait en 1187 mais ce château n'est cité qu'à la fin du XIIIe ou début duXIVe siècle, période à laquelle appartiennent les plus anciennes parties visibles.

En 1327, le sire de Beaujeu cède au dauphin Viennois les droits sur le poype et le château.

L'illustre Amiral, Gaspard de Coligny, grand chef huguenot mort assassiné, y demeura. Sa veuve jetée en prison quelques années plus tard, fut condamnée et mourut dans un cachot en novembre 1599.

Celui-ci est remanié aux XVIe et XVIIe siècles.

Source:

site laDombes.free.fr

Posté le 25-01-2012 14:32 par Jimre

Origine de Bouligneux


La seigneurie de Bouligneux appartenait en 1280 à Vaucher de Commarin qui la vendit en 1290 à Henri de Villars.

En 1402, Bouligneux se trouve en Bresse Savoyarde hors de la Principauté de Dombes, exceptée la ferme de La Suisse.

Au XVIIe siècle, Bouligneux est un comté et comprend 27 métairies.


Source:

- site  LaDombes.free.fr

Posté le 25-01-2012 14:24 par Jimre

Chatillon sur Chalaronne

Histoire du  château :


Le château est à l'origine de la ville de Châtillon.

Construit près du confluent de la Chalaronne et du Relevant la première construction fut sans doute assez modeste, mais elle ne cessa d'être améliorée par les seigneurs successifs au point de devenir une des plus importantes places fortes de Bresse.

Les seigneurs de Châtillon, qui l'avaient construit, l'occupèrent un temps, puis le château passa successivement sous la domination des seigneurs de Montmerle, Beaujeu, Bagé, avant d'échoir, en 1272, aux comtes de Savoie.

La chapelle du château fut l'objet d'une grande dévotion : on venait y implorer la Vierge en période de peste.

En 1598, Henry IV pour reprendre le marquisat de Saluces, déclara la guerre à la Savoie et une armée sous les ordres du maréchal de Biron, envahit la région.

Un grand nombre de places fortes fut démantelé, dont le château de Châtillon qui fut rasé.

Seules subsistèrent l'enceinte avec sa porte en ogive, et les bases de quatre tours sur les sept qui existaient.

Après la Révolution, il eut divers propriétaires jusqu'à Mlle Legoube qui, en mourant le légua à l'Hôpital.

Celui-ci le céda à la commune en 1965.

En différents endroits de la muraille s'élevaient des tours au nombre d'une vingtaine.

Trois portes perçaient les remparts : la porte de Bourg, la Porte de Durlivant appelée ensuite Porte de Lyon et celle de Villars.


Sources:

- Site LaDombes.free.fr

Posté le 12-01-2012 18:06 par Jimre

Abergement Clemenciat

Histoire du  site médiéval :


Ce site tout a fait remarquable occupe l'emplacement de l'ancienne  forteresse construite par les Chabeu. Il se présente sous la forme d'un ovale de 190 m sur 140 m, entouré de fossés.    


Au Nord s'élève une butte artificielle circulaire de 45 m de diamètre à la base dominant de 6 m une plate-forme qui lui est accolée au sud. C’était l'emplacement du château fort et de la basse-cour. Gravement endommagé par les troupes de Biron lors de la guerre qui se termina par l'annexion de la Bresse à la France (1601), il ne fut réparé que sommairement et, mal entretenu par les comtes de Montrevel, qui ne l'habitaient pas, il finit par tomber en ruine et disparaître.                 

Une deuxième  basse-cour, qui était reliée au château par un pont, est entourée en partie par une enceinte en briques, percée d'une poterne à arc brisé. Une tour carrée et deux tours rondes subsistent sur les cinq qui existaient jadis. C'est dans cette enceinte que se trouvaient les bâtiments constituant "le Vieux Bourg" qui fut, jusqu'en 1870, le centre de la commune. 

On y retrouve actuellement :


    * L’ancienne église, transformée en hangar.

    * Une maison typique des anciennes constructions paysannes, avec auvent et galerie de bois, elle est encore habitée.

    * Une autre maison, sans caractère, qui a été la première mairie lors de la création de la commune en 1857.


Sources:

-Site LaDombe.free.fr

Posté le 12-01-2012 17:59 par Jimre

Le Montellier


NOTICE HISTORIQUE SUR LE CHATEAU DU MONTELLIER EN BRESSE

PAR MELVILLE GLOVER MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DES SCIENCES ET ARTS DE SAVOIE;

 MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ SAVOISIENNE D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE. LYON 1869

Le Montellier, Montillier, Monteiller, est un nom qui pourrait facilement exercer la verve des chercheurs d'étymologies et pour en donner un léger aperçu nous allons donner les quelques étymologies mises en avant par différents auteurs. Courtépée, dans son Histoire du duché de Bourgogne nous assure que l'historien de Poligny, interprète ce nom par hauteur sur la voie; car d'après lui il viendrait du celtique. Un autre savant, cité par le même auteur, le tire de Mons Lyoei, mont de Bacchus. Une autre classe d'érudits y voit du grec et soutient que le soleil fut autrefois adoré en ce lieu, vu que helios en cette langue signifie lumière par excellence. En 1187 on l'appelait tout simplement Montellier; mais les notaires pédantesques du XVe siècle ont voulu traduire le nom en Mons lierius et dans leurs actes ils le déclinent : apud Montem lierium, est-il dit dans un acte de cette époque. Quelques-uns rêvent à ilons telluris, comme si la racine du mot n'était pas Monl pu Mons, la flexion el, et la terminaison ter, ce qui fait que pour nous ce mot ne veut dire autre chose que petit mont, élévation ou poype en langue du pays. Le souvenir le plus ancien se rattachant au Montellier est la découverte d'une monnaie romaine dans un vieux mur de cette localité. L'intérêt de cette médaille, qui appartient actuellement à M. Testenoire-Lafayette, de Saint- Etienne, ressort de ce qu'elle a été frappée à Viminiacum en Pannonie, (au droit elle porte l'effigie d'Ottacilla Severa, et à l'avers COL. VIM., avec l'année de l'ère locale), et qu'elle a été trouvée dans le voisinage de l'ancien Viminiacum, le Neuville moderne. M. Martin-Rey, qui nous a communiqué cette note et à qui la médaille a appartenu, se rallie à l'opinion de Paradin et de beaucoup de savants, qui soutiennent que Viminiacum a été fondée, en souvenir de leur patrie, par une des légions de Pannonie que Sévère amena avec lui pour combattre Albinus qui résistait à son pouvoir en Gaule. (An. 183.) Cette étymologie conduirait à soutenir ceux qui prétendent que cette fameuse bataille fut livrée à Trévoux. Quoique cette opinion nous paraisse en tous points respectable et soutenable, il n'entre point dans le cadre de notre notice de la développer plus largement. Au moyen-âge et auparavant, les élévations coniques que l’on rencontre nombreuses en Bresse étaient connues sous le nom de poypes. Pour la plupart elles consistaient en un amas de terre rapportée et formaient une éminence sur laquelle le chef bâtissait son habitation. Dans nos régions, elles entraînèrent bientôt une idée de souveraineté, et qui disait poype disait château, "poypia seu castrum", ainsi qu'on le lit dans les anciennes chartes dauphinoises. Plusieurs châteaux ne portaient même pas d'autre nom; de ce nombre est celui d'Amareins et une résidence célèbre au nord de Lyon qui est encore désignée sous ce nom, la Pape, en latin Poypia (Rillieux la Pape ?). La modeste habitation du chef fit bientôt place au donjon féodal qui répondait mieux aux nécessités de la défense, et plus tard, lorsque la population s'accrut, les tenanciers devinrent plus nombreux, et le castrum primitif ne pouvant plus les contenir, une seconde enceinte se formait et le château devenait une petite ville. Telle fut la voie suivie dans le développement du Montellier; car le château consiste en un donjon accolé à un corps de bâtiment couronnant la poype primitive et dominant une vaste cour entourée d'une enceinte continue de neuf tours carrées, reliées entre elles par des courtines auxquelles sont adossées les constructions nécessaires et accessoires. Le château proprement dit, auquel on monte de la cour intérieure par une rampe contournant la poype, consiste en un donjon circulaire regardant la campagne et débordant les courtines de l'enceinte de presque son entier diamètre Cette tour, que l'on aperçoit de très-loin, est haute d'environ 16 mètres, et les murs varient d'un mètre trente centimètres d'épaisseur à la base, à quatre-vingt-dix centimètres au niveau de la toiture. L'étage inférieur seul est voûté en calotte. Autrefois, cette salle ou crotte contenait les armes, l'artillerie consistant, au XVIe siècle, en quatre canons et deux serpentines et les chaînes nécessaires à deux pont-levis, ainsi que nous l'apprend l'inventaire de 1582. Actuellement cette salle sert de chapelle, destination à laquelle elle fut consacrée par la famille de L'Hospital Saint-Mesme, vers la fin du XVIIe siècle, ce que nous prouvent leurs armoiries peintes à l'intérieur au-dessus de la porte d'entrée. Les étages supérieurs n'ont rien qui les fasse remarquer, sauf les latrines qui, comme au château de Coucy, sont ménagées dans l'angle qui relie le donjon au château. Une des salles contient un point trigonométrique élevé sous le premier empire. L'étage supérieur, auquel on parvient par un étroit escalier ménagé dans l'épaisseur du mur intérieur, est percé de deux rangées de trous carrés, régulièrement espacés et destinés à fixer les hourds ou galeries extérieures surplombant la base de la tour . Une petite fenêtre garnie d'un banc marque la place du gaytier ou sentinelle qui sondait toujours le lointain afin d'annoncer les arrivants, amis ou ennemis. Le donjon s'ouvre à l'intérieur sur un corps de bâtiment de deux étages, composés chacun d'une salle communiquant à deux autres tournelles flanquant la porte d'entrée. Au XVIe siècle, l'on communiquait encore par une échelle de l'étage inférieur à la salle supérieure; actuellement une des tournelles contient un escalier en bois. Au-dessus de la porte ogivale, entre les tournelles est une pierre portant les armes de la famille Chevrier de Saint-Maurice. A l'extérieur, le pied de la tour du donjon est protégé par un mur ou chemise à plusieurs faces, présentant à la campagne un angle aigu; l'entre-deux est garni de terre et couronné d'un parapet dont la construction nous paraît plus récente. Cette sorte de terrasse ou fausse braie qui garantissait le pied de la tour contre la sape, se relie aux courtines du château, où on ne peut pénétrer que par une porte solide et étroite communiquant avec le chemin de ronde qui aboutit à la demeure du seigneur. L'inventaire de 1582 mentionne cinq chaînes en fer pour faire baisser et lever un grand et un petit pont-levis, et nous ne sommes pas éloigné de croire que le petit reliait le chemin de ronde avec le donjon, isolant ainsi ce dernier, qui l'était déjà par ses fossés, et le mettant à même de résister seul au cas où l'ennemi se serait emparé de l'enceinte soit baille inférieure. La grande porte du château est flanquée par le donjon et par une autre tour nommée la tour de l'Horloge (dans le partage de 1488), et nous croyons qu'elle a dû, en outre, être défendue par un ouvrage avancé dont toute trace a disparu depuis longtemps. Elle était battue par un grand mâchicoulis dans l'angle, semblable à celui de la porte de Villeneuve-sur-Yonne. A la tour de l'Horloge se relie un corps de bâtiment qui doit remonter au XIVe et peut-être même au XIIIe siècle. La pièce la plus rapprochée de la tour avait deux fenêtres, l'une ayant vue sur le calme paysage de la campagne et le doux miroitement de l'eau, tandis que l'autre donnait sur la cour intérieure en face des escaliers montant actuellement au donjon. C'était, au XVIe siècle, la chambre de dame Jacqueline de Montbel, épouse de l'amiral de Coligny, et si quelque lectrice est curieuse de connaître le mobilier qui la garnissait, en voici les principaux objets : Deux buffets en bois de noyer, garnis de ferrures et d'esparres, et fermant à clé; une table en noyer avec ses allonges, le long de laquelle étaient placés deux bancs du mémo bois ; il y avait aussi une autre petite table en sapin susceptible d'être transportée selon les caprices de la châtelaine. Le lit était mi-cerisier et noyer, à colonnes et garni de quatre vergettes pour porter les rideaux. Dans un coin l'on voyait une chaise ou chaire en noyer « faict à l’anticque », ayant un pied brûlé. Près du grand chaalit il y en avait un autre en noyer. Le nécessaire est inventorié ainsi : « ung petit charriot de boys noyer soubz le grand lict ». En guise de chandeliers un « cinnacle » de fer à deux branches et huit becs. Dans la chambre de la tour qui servait de garde-robe se trouvait un coffre en noyer contenant les livres de reconnaissance du Montellier, un lit de camp, plus un autre lit à quatre colonnes, et en cas de besoin il y avait même une arbalète. Cette pièce communiquait au parquet de la grande salle peinte où logent les gentilshommes, qui mesurait treize mètres de long sur près de huit mètres de large. De nos jours cette salle est divisée en plusieurs chambres et il ne reste aucune trace de ces peintures qui, au moyen-âge, décoraient toutes les salles des châteaux. Au fond était une estrade servant à rendre la justice et à recevoir les reconnaissances; aussi nombre d'actes des archives ont été passés in « aula magna castri Montellierii ». Cette salle contenait plusieurs lits, des bancs pour mettre les selles des chevaliers et un lustre ou girouette pendant du plafond. Parmi les meubles on trouve mentionné, on 1582, « deux fertz servantz a rostir le fromaige ». Sous cette salle s'étendait la cuisine dont les meubles et ustensiles étaient nombreux et en meilleur état que le reste. Cette salle est désignée dans le partage de 1488 comme étant « magna aula antiqua », car il y avait déjà à cette époque une « magna aula nova » ; cette dernière est un peu plus longue que l'autre et nous inclinons à croire qu'elle fut bâtie vers la fin du XIVe siècle et peut-être servit-elle à loger des compagnies allemandes prises à la solde du seigneur; car il existait une tour portant le nom de « turris freydenosse », ou à notre avis, tour des libres et gais compagnons, en allemand « frei genossen ». La salle, elle-même, porte au XVIe siècle le nom de salle des libres valets, freydevaulx. Quoi qu'il en soit, elle dut être construite pour loger les militaires inférieurs. De nos jours, elle est divisée en deux pièces et les armoiries de la famille de Chevriers, qui se trouvent sur le manteau de la cheminée, assignent comme date des réparations le milieu du siècle dernier. Au XVIe siècle, elle était en fort mauvais état, car les murs étaient soutenus par des étais. Au-dessous de cette pièce s'étendaient de vastes écuries afin que les hommes d'armes eussent leurs chevaux sous la main en cas d'alerte. Entre les deux salles se trouvait un escalier conduisant à l'étage supérieur d'une tour, d'où par une porte ogivale l'on pénétrait dans une pièce carrée, au coin de laquelle s'ouvrait une niche servant à donner la torture, « ung troz passant dessoubz lequel longtemps ha qu'il a esté faict pour bailler la torture a ung prisonnyer ». Cette niche communique en effet avec l'étage inférieur et sert actuellement d'armoire. Dans la crotte du donjon on conservait une « buccine » pour mettre aux pieds des prisonniers. La quatrième tour, à partir de celle de l'Horloge, portait le nom de tour des Prisons. On parvenait par le chemin de ronde à une chambre nullement ajourée. Au centre du plancher existait un œil circulaire communiquant au rez- de-chaussée qui était voûté en calotte et n'avait aucune autre ouverture. C'était là une chartre privée ou » vade in pace », et certes on pouvait y mourir « faute d'air » comme cela avait lieu, en 1398, au Petit-Châtelet de Paris. Lorsque le présent propriétaire a fait percer le mur de cette salle souterraine, il y trouva, nous a-t-il assuré, un crâne et un squelette presque entier; ce malheureux avait creusé une sorte de souterrain sous les fondations de la tour, espérant sans doute s'en échapper; mais le manque d'air et peut-être de nourriture l'empêchèrent d'achever sa tâche. Les autres tours, sauf deux, ne méritent aucune mention; l'une, la tour Grôlée, porte encore le nom d'une illustre famille de la Bresse qui, pendant longtemps, a possédé la conseigneurie du Montellier. On y distingue la trace des hourds et les armoiries des Grôlée, « gironné d'or et de sable », qui se trouvent gravées sur une pierre encastrée dans le mur latéral du portail principal, et qui surmontaient probablement son entrée. L'autre tour est située à l'endroit le plus faible du château, elle est peu flanquée, mais fort épaisse et engagée dans la courtine par une face; en outre, cette tour ainsi que la précédente pouvaient se défendre isolément des meurtrières circulaires surmontées d'une mire. L'ensemble de l'enceinte présente neuf tours carrées qui se ressentent, quant à la forme, de l'influence italienne qui tendait à supprimer les tours circulaires; un talus descend de leur base jusqu'au fossé qui pourtoure le château entier et se voit encore très sensiblement. Les matériaux de construction consistent partout en briques sans aucun mélange de maçonnerie. Un cordon continu de billettes couronne les murs dans tout leur développement. Le château était alimenté d'eau par un puits abondant situé au pied de la poype. Les habitants du donjon suivaient, pour y aller puiser, un souterrain dont l'entrée a été comblée il y a peu d'années. Maintenant que nous connaissons le château, cherchons à en poursuivre les annales jusqu'à nos jours, et si de grands événements ne viennent point intéresser notre récit, souvenons-nous qu'une existence, quelque humble qu'elle soit, concourt pour sa part au grand tout qui se nomme Histoire, et qui, fidèle miroir, nous doit montrer nos passions à travers un verre grossissant et nous initier à leurs effets et résultats sur les peuples et les individus. Le Montellier et le pays environnant suivit toutes les fluctuations de la région où il est situé; successivement envahi par les Burgunden(Burgondes), incorporé à l'empire de Charlemagne, il échut à Lother(Lothaire), puis fit partie de la Bourgogne Transjurane. Cette dernière transition nous conduit au seuil de cette époque indécise où la féodalité, relevant de l'empire, ne craint plus rien de ce suzerain éloigné, lève l'étendard de la révolte et fonde cette fourmilière de petits Etats indépendants et batailleurs qui, hérissant le sol de leurs tours et de leurs hourches, levaient des impôts si lourds qu'ils paralysèrent le commerce et le peu d'industrie de cette époque. Les Villars firent partie de ce mouvement et devinrent les suzerains du Montellier. Le territoire ou la commune environnant le château relevait partiellement de diverses maisons religieuses ; ainsi en 1097 nous trouvons Bérard de Saint-Trivier, chevalier, « miles », donnant à l'obéance du prieuré clunisien de Montberthoud le mas de la Combe Gislier qu'il possédait au Montellier. Tandis que Montberthoud devint décanat, le Montellier devint prévôté, soit cure. Ce dernier fait est connu: par un acte du mois d'août de l'an 1242, par lequel Jean, fils de Michel Donet, vendit à Guichard de Birisuel tous les droits qu'il possédait en la prévôté ou paroisse du Montellier, et cela moyennant 64 sous forts, de Lyon, cinq ânées de seigle et neuf bichets de millet. La famille de Sure, si tristement célèbre dans les annales du XVe siècle par la trahison d'Antoine de Sure et son exécution, possédait aussi une partie delà dîme du Montellier, puisque, en juin 1285, Guigue de Sure reconnaît la tenir en fief du Chapitre de Saint-Jean de Lyon, moyennant la somme de 102 livres viennoises et 10 sous. A cette époque le château appartenait à des seigneurs qui en portaient le nom et relevaient ainsi des sires de Villars. Dans son Histoire de la Dombe, Guichenon nous apprend qu'ils portaient d'argent à trois bandes de gueules. Le plus ancien seigneur de ce nom, dont l'histoire nous ait transmis le souvenir, est Bermond, un des 18 chevaliers qui, en 1186, s'engagèrent à se constituer comme otages au monastère de l'Île Barbe avec Uldric de Villars, au cas où Etienne de Villars ne tiendrait pas sa parole à propos d'une donation qu'il avait faite à cette célèbre abbaye. Le nom de Bermond de Montellier est placé immédiatement avant celui de Pierre de la Palud, ce qui prouve en quelle estime cette famille était tenue; car dans les chartes de cette époque il est rare que la hiérarchie soit oubliée dans une énumération de seigneurs. En 1209 on trouve un Pierre de Montellier au nombre des chanoines comtes de Lyon. Dans son Histoire de Bresse, Guichenon nous apprend l'existence d’Hugues, de Berlion et de Humbert de Montellier qui vivaient, assure-t-il, vers 1235. Enfin, par le testament de Chatard de Chamarcin, doyen de l'Eglise de Lyon, en date du 4 novembre 1283, nous apprenons qu'il laissa dix livres viennoises à Guigues de Montellier, « domicello meo ». Etienne de Villars fut un des seigneurs qui allèrent à la première croisade, mais nous ne savons point si quelque seigneur du Montellier l'y accompagna. Au cas contraire, ils eurent à faire bonne garde chez eux; car les manichéens, qui se rattachaient, par les doctrines, aux pauliciens de l'Orient et que l'on connaissait en France sous les noms divers de Picards, Patarins et plus tard d'Albigeois, parcoururent le pays par bandes nombreuses se livrant à toutes sortes de déprédations, du moins d'après l'assertion de Gâcon, qui leur donne le nom de Côtereaux. Les seigneurs de Villars, quoique possédant de vastes et riches domaines, eurent toujours une nombreuse lignée féminine qu'il fallait doter, ce qui les conduisait à emprunter des sommes considérables qu'ils ne pouvaient restituer à l'époque fixée. Leurs créanciers les pressaient, et pour les satisfaire, ils se voyaient obligés à aliéner les terres et fiefs qu'ils tenaient de leurs ancêtres, et c'est ainsi qu'ils préparaient la ruine de leur famille. Le premier exemple d'une transaction semblable remonte à l'an 1257, où Etienne de Thoire-Villars engagea à Humbert de Beaujeu l'hommage du Montellier et celui d'autres seigneuries pour une somme de 408 livres que son voisin d'outre-Saône lui avait autrefois prêtées. Le même Etienne renouvela cet hommage l'année suivante ; mais il le fit debout en signe d'indépendance, puis plus tard, en 1253, Béatrix de Faucigny, mère et tutrice de Humbert VIII de Thoire-Villars, dut le renouveler à son tour. En août 1271, Renaud de Forez et Isabelle sa femme, qui avaient recueilli l'héritage de Guichard de Beaujeu, exigèrent d'Humbert de Villars l'hommage pour les bourgs de Villars, la poype de Monthieu, à l'exception de la salle basse et les châteaux de Loyes, de Montelier et de Corsieu. Vingt après, en 1291, nous trouvons Berlion de Montelier prêtant au sire de Villars l'hommage pour le Montelier, mais à genoux et les mains dans celles de son seigneur comme c'était alors l'usage. Au XIVe siècle, pendant que la guerre de cent ans ensanglantait la France occidentale, une miniature de cette lutte jetait l'épouvante et semait la ruine sur les versants septentrionaux des Alpes. Les comtes de Savoie et les Dauphins n'étaient point d'accord sur une question de succession ; de là des luttes interminables auxquelles tous les seigneurs du voisinage durent prendre part. Les sires de Beaujeu embrassèrent le parti du comte Edouard contre le dauphin Guigues, mais malheureusement, la fortune était parfois infidèle aux armes du comte, et en 1325, pendant qu'il poussait le siège du château de Varey, il fut attaqué par l'armée du dauphin et complètement mis en déroute. Le sire de Beaujeu avec un grand nombre d'autres seigneurs tombèrent prisonniers entre les mains de l'ennemi. A cette époque, il était de bonne politique de tuer fort peu et de faire le plus de prisonniers possible ; cette manière de guerroyer rappelait les guerres des républiques italiennes où il y eut plusieurs batailles considérables sans un seul mort. Les routiers de R. de Villandandro n'en agirent pas autrement à la bataille d'Anthon et ailleurs. Le sire de Beaujeu dut payer une forte rançon et entre autres terres et droits, on exigea de lui l'hommage sur le Montellier. Voici les termes mêmes de l'acte qui fut passé à Saint-Vallier, le 21 novembre 1327 : « Item dictus Guiscardus dedit et tradidit directum dominium et feudum poypiae del Montellier, poypiae de Corzieu, etc. ». Comme toute fidélité mérite récompense, le sire de Beaujeu reçut du comte de Savoie l'inféodation de Coligny-le-Neuf, Buerne, Thoissey et Lent, plus la promesse de 40,000 livres viennoises, ainsi qu'il en « conste » par l'acte du 29 janvier 1338. Ces changements multiples et l'enchevêtrement inconcevable d'hommage à divers degrés de fiefs et d'arrière-fiefs, dépendants de seigneurs plus ou moins éloignés les uns des autres, ne pouvaient qu'engendrer des différents sans fin. Ce fut pour cette raison, qu'en 1312, les seigneurs de Villars et de Beaujeu furent obligés de passer une convention par laquelle ils s'engageaient réciproquement à ne prendre en fief ou arrière-fief aucune terre qui ne relèverait de l'autre. Le château du Montellier fut bâti vers cette époque, si toutefois il n'existait point auparavant; car Guichenon nous assure que sa construction fut due à Humbert de Thoire-Villars. Quoi qu'il en puisse être, il élevait déjà fièrement ses tours le 9 mars 1331 ; puisque, à cette date, Jean de Villars le reçut en avancement d'hoirie avec le village de Joyeu et d'autres dépendances. Ce Jean de Villars parut, en qualité de seigneur du Montellier, à l'acte de promesse faite en 1345 par plusieurs grands seigneurs d'observer le traité que le Dauphin et le Roi de France venaient de signer entre eux. Il eut pour fils Eudes ou Oddon, un des plus illustres possesseurs de notre vieux château. Feudataire du comte de Savoie, il dut suivre son suzerain dans la guerre du Milanais contre Galéas Visconti. Il s'y distingua par plusieurs actions d'éclat et particulièrement à la bataille d'Asti. Cette ville était assiégée par les Milanais, lorsqu'ils furent attaqués par les troupes de Savoie commandées par Oddon qui les défit complètement. Leur chef prouva par là qu'il n'était point indigne de la chevalerie qui lui avait été conférée avant la bataille par le comte Vert en personne, et après laquelle cérémonie, ajoute la chronique, « sonnèrent trompettes et menestriers en actendant à grand bandeur leurs ennemis ». Lors des différends qui surgirent entre Amédée V, Amédée d'Achaïe et le marquis de Saluces à propos de l'hommage de ce dernier marquisat, les parties, d'un commun accord, ne crurent pouvoir faire mieux que de s'en remettre à l'arbitrage d'Oddon. La renommée de sa sagesse et de sa valeur était si grande que les Etats de Savoie le désignèrent comme conseiller nécessaire auprès de Bonne de Bourbon, tutrice d’Amédée VIII. Lorsque le prince fut recherché en mariage par le duc de Bourgogne, qui voulait lui faire épouser sa fille, ce dernier se confia à Oddon du soin de faire réussir sa demande. La négociation aboutit et le jeune comte Amédée fut conduit par le seigneur de Montellier à Tournus où les attendaient le duc de Berry et le duc de Bourgogne. Le mariage fut conclu sans aucun retard, et pour le remercier et l'honorer en même temps, Oddon fut nommé gouverneur et compagnon du comte. Il devint plus tard gouverneur de Savoie et en cette qualité, en novembre 1397, il signa l'ordonnance autorisant le fameux duel entre Othon de Grandson et Gérard d'Estavayer. Ce fut encore à lui que les serfs de Montberthoud durent leur affranchissement, au moins partiel. Enfin, pour comble d'honneur, il fut nommé chevalier de l'Annonciade et obtint ainsi le droit de signer les contrats de mariage des princes de Savoie et d'avoir la préséance sur tout autre auprès de la personne du souverain. En reconnaissance des excellents conseils de son gouverneur, qui mourut en 1419 ?, Amédée VIII lui fit célébrer de splendides obsèques, le 20 mars 1415, à l'abbaye de la Chassagne; treize cent cinquante-sept chapelains ou religieux y assistèrent et l'on présenta dix chevaux à l'offertoire de la messe. Ce noble témoignage de l'estime d'un grand prince pour un fidèle serviteur est aussi glorieux pour l'un que pour l’autre. Le noble défunt ne laissa point d'enfants d'Elise de Baux, sa femme, et son héritage fut recueilli par ses sœurs, les dames de Montbel(Il existe plusieurs châteaux en Savoie qui portent ce nom, notamment le château de Montbel, situé entre Saint Genix sur Guiers et Novalaise) et de Montrevel. Le partage eut lieu le 14 mars 1418, et le Montellier échut à la dame de Montbel, épouse de Gui de Montbel d'Entremont. Il resta dans cette famille jusqu'au mariage de Jacqueline de Montbel avec l'amiral Gaspard de Coligny. Cette famille eut à remplir quelques obligations contractées par les anciens possesseurs du Montellier. Ainsi, Gâcon nous apprend que Jean de Villars, grand-oncle de Guigues de Montbel, avait légué 800 florins à l'abbaye de la Chassagne. Cette somme ne fut jamais soldée et à la mort de Guigues, advenue en 1435, il légua à l'abbaye les dîmes du Montellier et de Joyeux en paiement de cette dette. Quatre ans plus tard, le 21 mai 1439, frère Guillaume Rivier, abbé de la Chassagne fit abandon de tous les droits qu'il avait acquis sur la seigneurie de Montellier entre les mains de Jean de Seyssel, seigneur de Barjact, maréchal de Savoie et tuteur de Jacques de Montbel, et cela moyennant la somme de 300 florins de Savoie. La transaction fut reçue par Philippe Meyneyrius, notaire à Bourg en Bresse. Les seigneurs de Montbel ne possédaient qu'une portion du Montellier, car le reste provenant de la succession d'Etienne de Montellier, dernier seigneur de ce nom, passa aux mains de la famille d'Ars en la personne de Roland d'Ars, héritier universel dudit Etienne. Guillaume, fils de Roland, en jouit à son tour, et à sa mort, sa part de droits échut à Anthonie sa fille, épouse de Guillaume de Chiel. La juridiction sur les hommes et les biens qu'il possédait au mandement du Montelier avait été confirmée à Guillaume d'Ars par Jean de Villars, le 22 mai 1347. Le Montellier possédait donc cette « alta justitia, merum imperium et jus gladii » dont il est si souvent fait mention dans les chartes du moyen-âge. Quoique chacun sache en quoi consistaient ces droits, il n'est peut-être pas inutile de le rappeler en quelques lignes. Le merum imperium comportait la connaissance de tous les crimes punissables de mort naturelle, de mort civile, de mutilation ou incision des membres, de fer chaud, du carcan, etc. Les hauts justiciers, ainsi que l'on appelait ceux qui jouissaient de ces droits, pouvaient ériger leurs fourches patibulaires aux limites de leurs domaines. Ils avaient en outre le droit de couper les têtes, de brûler, de calciner les corps, d'écarteler, de pendre, etc., « capita troncandi, urendi, comburendi, igné consumandi, écartelandi, pendendi, capiendi, delinendi et corporaliter omnes delinquentes puniendi », selon les termes d'une reconnaissance de 1320. Guillaume de Chiel dont nous avons déjà parlé, eut plusieurs démêlés avec Jean de Villars, frère d'Oddon, qui exerçait la haute juridiction au Montellier. A la demande de Guillaume, une enquête eut lieu en 1367 sur l'autorisation d'Oddes ou Oddon de Villars, qui était alors à Lyon. Cette pièce nous apprend que les seigneurs de Montellier levaient les bans, « bannegrabant », mais n'exécutaient pas, car un certain Darus, homme du Dauphin, fut conduit en chemise et la tête nue, au pied du pont du Montellier, et là, livré aux hommes du comte de Villars qui le pendirent. « Vidit suspendere per gentes domini del Montellier, quemdam hominem vocatum Darum qui fuerat homo domini Dalphini » dit le témoin Etienne Lauty. Mathieu Blanchy dépose : « Reddidit gentibus domini del Montellier quemdam hominen in camisia et nudo capite in pede pontis dou Montellier qui homo vocabatur Darus deinde fuit suspensus ». Cette même enquête nous apprend que la mesure d'Etienne de Montellier n'était pas du goût des habitants, car ils brisèrent celle qu'il avait fait placer chez un certain Brasier pour y vendre son vin, « ipsas mensuras destruxerunt et fregerunt ». Cette enquête prouve que les héritiers du dernier seigneur de la famille de Montellier avaient le droit d'exercer la moyenne justice; mais non le « mere empire ». Ce dernier droit fut octroyé à Guillaume de Chiel par Oddon de Villars, le 27 février 1403 moyennant la redevance annuelle de cent sous d'or. La moyenne justice dont nous venons de parler était pour les seigneurs la source de revenus très considérables. Ils touchaient l'argent de la vente des biens des condamnés à mort, le produit des bans, « banna comdempnata et banna concordata », la taille seigneuriale soit la taille pour la rançon du seigneur, « pro redemptione domini »,pour son mariage, pour payer les frais de guerre, etc. Le péage des moulins, les fours, la succession des usuriers, les droits de chasse, le toisage, le vintain ou droit pour la réparation des murs du château, le guet, etc., leur appartenaient ainsi que les autres droits innombrables qui variaient suivant les localités et étaient parfois très bizarres. A la mort d'Oddon, notre château était donc possédé en coseigneurie par la famille de Montbel et par celle de Chiel; celle-là en possédait le donjon et l'ancienne salle, celle-ci jouissait du château et du mandement judiciaire qui lui fut confirmé, le 24 janvier 1474, par Guillaume de Montbel, seigneur de Nattage et comte d'Entremont, moyennant la somme de 500 écus d'or. A cette époque, le château dut être maintenu en état permanent de défense, car les grandes compagnies de routiers ou d'écorcheurs que la cessation des guerres avait laissées sans occupation, rôdaient de tous côtés dans des intentions peu rassurantes pour des places isolées comme le Montellier. Le capitaine Simon s'était emparé de Vimy (Neuville-sur-Saône) en 1443, et il ne fallut rien moins que la célèbre bombarde la Gandinette, fondue à Bourg, pour l'en déloger. Les nombreux boulets en fer trouvés soit à l'intérieur soit à l'extérieur des remparts du Montellier, sont peut-être les souvenirs de sa visite au château. D'autres bandes connues sous le nom de Verts-manteaux, venant du pays de Foix, ravagèrent le pays à leur tour vers 1483.Ces incursions presque toujours imprévues obligeaient les seigneurs à se pourvoir d'armes nouvelles, et le canon tubulaire en fer forgé qui existe encore au château doit dater de ce siècle ou peut-être du XIVe siècle. Cette pièce, parfaitement conforme au dessin que donne M. Viollet-le-Duc d'une sarre ou veuglaire de cette époque, mesure un mètre quarante-cinq centimètres de long; le diamètre intérieur du tube est de quatre centimètres. La boîte qui s'enchâssait à la culasse et qui contenait la poudre et le boulet, n'existe plus comme dans la plupart de ces pièces que nous possédons encore; celle du Montellier est garnie de deux anneaux afin de pouvoir la suspendre. Les fortifications étaient d'ailleurs assujetties à des visites ; car nous trouvons à l'inventaire la mention d'une inspection militaire du château en 1526, à laquelle était jointe la liste des hommes qui s'étaient montrés négligents à garder les portes. La race des seigneurs de Chiel s'éteignit en la personne d'Oddon, dont le testament est daté du 22 décembre 1485. Cette pièce nous initie à la splendeur des sépultures de cette époque. Le testateur veut être enterré dans la chapelle de Saint-Laurent, fondée par ses ancêtres en l'église Sainte-Madeleine du Montellier, et exige en outre que l'on réunisse deux cents prêtres ou religieux pour chanter l'office des morts; chacun d'entre eux devait recevoir trois gros de monnaie courante. Le luminaire consistait en cinquante torches et vingt-quatre cierges. La chapelle de Saint-Laurent n'étant pas encore construite, il lègue 400 francs à cet effet. Jeanne de Saint-Trivier, sa deuxième femme, reçut sa maison de famille, et ses deux filles, Françoise qu'il avait eue de Marguerite Maréchal, sa première femme, et Claudine qu'il avait eue de la seconde, furent constituées héritières universelles. En 1488, les deux enfants encore en tutelle partagèrent le château du Montellier entre elles; à Claudine qui épousa plus tard Jacques de Grôlée, échut la grande tour ouest l'horloge, l'ancienne grande cour avec le four et la tour appelée Freydenosse, avec la cour depuis le coin de la grande cour neuve jusqu'au coin des étables anciennes; Françoise, qui épousa Charles de Montbel, eut la maison haute, moyenne et basse, la tour de Fréchet, la tour de Bergier haute, moyenne et basse et une portion de la cour à prendre du coin des étables anciennes jusqu'au coin de la maison neuve. Le puits et le pressoir restaient en commun. Les seigneurs de Montbel possédaient déjà le donjon et les parties non mentionnées et par le mariage de Charles, la part des Grôlée se réduisit à bien peu de chose. Les deux conseigneurs ne tardèrent à voir surgir entre eux des démêlés au sujet de la juridiction sur les hommes de leur ressort, et de nombreuses transactions eurent lieu. La dernière (1513) est un arbitrage émanant de révérend père en Dieu, messire Jean de la Forest, grand « aumognier » de Savoie, prieur de Nantua, assisté de Joffrey Passier, avocat fiscal général de Savoie, et de noble Claude de Mareste, seigneur de Luissey (Lucey) et du château de Culle. Ce personnage eut l'idée bien simple de donner les noms de tous les hommes relevant de la juridiction du seigneur de Grôlée, et ainsi fut calmée cette tempête dans un verre d'eau. Le trianné avait été réglé l'année précédente par le duc de Savoie, deux tiers devaient échoir au seigneur de Montbel et un à son voisin de Grôlée. La comté de Villars étant échu au bâtard René de Savoie, Charles de Montbel lui en fit hommage et en reçut l'investiture en 1499 (3). Jacques de Grôlée s'exécuta aussi et en reçut sa mise en possession le 4 août de la même année. Malgré cette dernière accession de puissance, la famille de Montbel ne parvint à réunir le Montellier entre ses mains que le 2 juin 1554 que Sébastien acquit d'Etienne de Grôlée sa portion du château en échange du fief de Virignin. Une autre et dernière parcelle fut rachetée de Françoise de Grôlée, le 9 décembre 1588. La seigneurie du Montellier fut alors agrandie de deux de ses anciens fiefs : Cordieu-la-Ville et Gletteins provenant de la famille de Franchelins qui les avait cédés à Charles de Montbel, le 29 novembre 1500. Ce fut Sébastien qui fit construire l'édifice qui se trouve au-delà de la prison, ainsi que nous l'apprenons par l'inscription suivante placée sur la façade : 1508 SEB. COMES HOC OPVS FIERI. FECIT. Sébastien, après avoir hérité de tous les biens de son frère Révérend Claude de Montbel, protonotaire apostolique, prieur de Corzieu et de Clarafond, Sébastien dut chercher femme aimable et bonne pour partager son opulence et égayer ses loisirs. Son choix tomba sur Béatrix Pacheco, parente de cette héroïque dona Maria Pacheco, veuve de Juan de Padilla, qui se défendit si bravement dans Tolède contre les armées royales. Cette jeune Espagnole fut élevée dès son bas-âge à la cour de France par la reine Eléonore, elle-même espagnole. François Ier la naturalisa française par lettres datées de Saint-Germain-en-Laye (mars 1545). Lors de son mariage, la reine de France voulant lui donner un témoignage de sa haute amitié lui fit présent de trente mille livres tournois et le roi ne voulant point être en retard de générosité grossit la somme de 20,000 livres. La reine Eléonore lui laissa en outre par son testament un legs de 800 écus de rente que sa fille et héritière, l'infante d'Espagne, ne se hâta point de solder, ainsi que le constatent les titres existant aux archives du Montellier. De ce mariage qui eut lieu le 17 novembre 1559 naquit Jacqueline de Montbel. Cette malheureuse favorite de la reine Eléonore, après deux mariages illustres, devait mourir ignominieusement dans un cachot victime do ce qu'il est convenu d'appeler raison d'Etat. Son premier époux fut Claude de Bastarnay, fils de René de Bastarnay et d'Isabeau de Savoie. De cette union ne naquit aucun enfant. En deuxièmes noces, la jeune veuve épousa l'illustre amiral Gaspard de Coligny, issu d'une ancienne et puissante famille du Revermont. A l'époque où il fut recherché en mariage par l'héritière du Montellier, l'amiral se trouvait à la Rochelle, le principal boulevard du protestantisme en France. Quelle que fût l'impatience de dame Jacqueline, le voyage était trop long pour qu'elle pût l'entreprendre en personne et il lui fallut forcément attendre. Mais « ce que femme veut, Dieu le veut », dit le vieux proverbe, et rien ne rebuta la noble veuve. Quoi que l'on fût en hiver, elle se rendit à Cerdon en Bugey, et là, par-devant maître Pierre Ravier, notaire, elle passa procuration au seigneur de Belmont qui devait se rendre à la Rochelle et conclure ce mariage. L'acte passé le 10 février 1571, fut dûment scellé d'un sceau en placard de cire rouge et confié au mandataire qui, malgré les dangers d'un long voyage, arriva sain et sauf à sa destination. Telle fut la diligence du seigneur de Belmont, que le contrat de mariage fut signé le 24 mars par-devant Arnauld Salleau, notaire de la ville. Les parties contractantes déclarant réciproquement « se prendre pour mary et femme, toutesfois et quantes que l'un par l'autre en sera requis par devant l'église de Dieu ». Tous les biens de la famille lui furent remis en dot, sauf l'usufruit que se réservait son père, de qui elle reçut pour subvenir aux frais du mariage, la jouissance de son « comté, chastel, terre et seigneurie d'Entremont ». Le contrat eut pour témoins de hauts et puissants personnages ainsi qu'il en conste par la finale que voici : « Ce fust fait et passé en la ville de la Rochelle, en présence de très hautte et très puissante dame et princesse Jeanne de Navarre, dame souveraine de Béarn, duchesse de Vendosmois et de Beaumont, Henry, prince de Navarre, duc de Vendosmois, etc., François de Bourbon, marquis de Conty et Charles Monsieur, Louis, comte de Nassau, de Catzenelbogh, etc., François, comte de La Rochefoucauld et François de Nancuise, seigneur de Beaufort, estant tous présents en la ditteville de la Rochelle, le 24ème jour de mars MDLXXI. » Cette union ne fut pas de longue durée et l'amiral n'eut que le temps de venir visiter son épouse et son nouveau château, où depuis lors la chambre de la châtelaine porte le nom de chambre de l'amiral. S'il eût pu jouir longtemps de la vue si calme de la Dombe, il n'aurait pas été présent à Paris lors de cette triste journée du 24 août 1572, où la fureur et la trahison de Besme traînèrent ses cheveux blancs dans la boue, déjà ensanglantée par le meurtre de ses coreligionnaires. Le massacre de la Saint-Barthélemy a été enregistré en ces termes par l'amiralle sur la garde d'un volume que l'on conservait encore au château de Châtillon vers la fin du XVIIe siècle : « Le 24 août 1572 a été mis à mort monseigneur « et mary Gaspard de Châtillon, admiral de France, avec beaucoup de noblesse française et de peuple; ayant laissé sa désolée femme grosse de cinq mois. » Sur le même feuillet, on lisait : « Le 21 décembre 1572, fut née Béatrix de Coligny, ma fille, à 10 heures du matin, à Saint-André de Briord en Savoye. » Laissons vagir l'enfant dans son gracieux berceau, et sans nous arrêter au jugement du Parlement de Paris, qui déclare les enfants dudit feu de Coligny « ignobles, vilains, roturiers, intestables, indignes et incapables de tenir office », retournons auprès de sa veuve en deuil et suivons-la à travers les phases de son orageuse vie. A peine le duc Emmanuel-Philibert fut-il rentré en possession de ses Etats, qu'il s'aperçut que sa frontière était trop facile à envahir, du côté de la Bresse, et il s'avisa d'y ériger de vastes seigneuries en faveur de ses loyaux serviteurs. Il espérait que par ce moyen, une partie du fardeau de la défense serait entrepris de gaîté de coeur par ces sortes de marquis ou gardiens de marches. Son édit du 31 décembre 1576 déclarait que nul ne serait élevé à la dignité de marquis, s'il ne pouvait justifier d'une rente de 5,000 écus en biens fonds, et qu'en outre les concessions antérieures seraient déclarées nulles et non avenues au cas de la non justification de cette condition essentielle. La dame du Montelier remplit apparemment les conditions requises, car elle reçut les lettres qui érigeaient en marquisat notre vieux château, en lui adjoignant la terre de Saint-André-de-Briord et en lui concédant le premier et second degré de juridiction. Ces patentes dont l'original existe au château dûment enluminé et portant en chef les armes de Savoie, datent de Turin, le 1" avril 1583 et sont motivées par les services rendus par les prédécesseurs de Jacqueline et aussi à cause de la grandeur de sa maison. Quelles que fussent les raisons réelles, il est évident que le duc de Savoie n'avait qu'à gagner en s'attirant les bonnes grâces d'une riche héritière, possédant en propre le château d'Entremont qui interceptait une des gorges par lesquelles Sa Majesté de France pouvait pénétrer dans ses Etats, il y avait aussi une raison particulière ainsi que nous allons le voir. Chaque monarchie a eu le talent de toujours trouver des motifs d'une plausibilité apparente, pour jeter en prison quiconque gênait soit son ambition, soit sa tyrannie ou même quiconque possédait terres, pays ou châteaux à sa convenance. La marquise du Montellier jouissait tranquillement à Turin des longs loisirs de son veuvage et s'occupait à l'éducation de sa fille unique, lorsque par un beau jour elle se vit brutalement arracher à son intérieur et conduire dans les prisons ducales. Quel crime avait donc commis cette pauvre femme? L’emprisonnait-on pour avoir joui des faveurs du vainqueur de Saint-Quentin, ou était-ce parce que son mari avait été hérétique et que son voisinage gênait la très-catholique cour de Savoie? Rien de tout cela, Jacqueline de Montbel d'Entremont, veuve de l'amiral Gaspard de Coligny, était sorcière, elle était accusée d'avoir « invoqué, adoré et encensé les diables, et d'avoir en outre endiablé une fille qu'elle avait eue du feu duc ». Heureusement, du moins à ce qu'elle croyait, le Roi de France qui avait signé à son contrat de mariage, s'intéressait à elle, et par la voie du célèbre cardinal d'Ossat, son ambassadeur à Rome, il écrivit à Clément VII pour le prier de veiller à ce qu'aucun mal ne fût fait à la dame du Montellier. Le pape répondit au cardinal qu'il « ne permettroit point qu'on lui fit injustice, mais que les imputations étoient si atroces, qu'il ne pouvait de moins que de voir ce que c'estoit ». Malgré toutes les difficultés qu'il eut à surmonter, le cardinal obtint qu'elle fût remise aux mains du nonce à Turin, mais il lui fut impossible d'obtenir du duc qu'on permit à la prisonnière d'habiter sa maison de ville où elle aurait pu être gardée à vue par les gens de la force ducale. Avant de la juger, il s'agissait de vider une question fort importante : à savoir si le sortilège avait eu lieu avec ou sans invocation de diables. La dernière hypothèse était celle soutenue par la cour de Turin ; car l'affaire aurait alors été du ressort du Sénat et ni le nonce ni l'autorité ecclésiastique n'auraient eu à s'y immiscer. Le pape en décida autrement et commit le nonce pour en juger, en lui adjoignant toutefois, pour ne pas s'aliéner le duc, l'archevêque de Turin. Le cardinal d'Ossat tenait Henri IV au courant de cette affaire et nous apprenons par une de ses lettres que l'amirale, car c'est ainsi qu'on l'appelait alors, lui avait envoyé, sous le sceau du secret, la copie d'un dialogue entre elle et le président Vivaldi, d'où il ressort que le plus grand crime de la marquise du Montellier était de posséder le château d'Entremont que convoitait le duc de Savoie. On laissa pourtant entrevoir à la soi-disant sorcière qu'il y aurait possibilité de délivrance si elle voulait consentir au mariage de sa fille avec un des seigneurs de la cour; car de cette façon, le château eût passé aux mains d'un des confidents du duc. Parmi ceux que l'on proposait, se trouvait M. de Meuillon qui, d'après les lettres du cardinal, « était un homme bien composé de corps et d'esprit ». Quant à la pauvre Beatrix, l'air humide des cachots ne lui avait point développé la beauté physique, car l'ambassadeur de France nous apprend qu' »elle avait plus de vertus et de biens que de beauté ni de santé ». Tant et de si longues souffrances minaient la santé de la dame du Montellier et elle mourut en prison, « d’une très chrétienne et belle fin, en novembre 1599 ». La mère étant morte, il n'y avait plus de raison de retenir la fille prisonnière ; elle sortit pour être comblée d'honneurs, et si on lui enleva les chaînes de fer on la couvrit d'un réseau serré de fils d'or. Elle devint dame d'honneur de Catherine, infante d'Espagne, duchesse de Savoie, et deux ans après la mort de sa mère, elle épousa son ancien admirateur, le baron de Meuillon. Le 17 juillet 1600, fut passé un contrat en français, puis un autre en italien, le 31 novembre de la même année, et en présence de Philippe, prince de Piémont, Charles de la Laserne et autres grands seigneurs ; Claude-Antoine Bon, baron de Meuillon et Montauban, grand chancelier de Savoie épousa Beatrix de Coligny, marquise du Montellier qui remettait en dot à son mari 50,000 écus d'or hypothéqués sur tous ses biens. Ce fut peu de temps après ce mariage, en 1604 que tous les toits du corps de logis du château ainsi que celui de la tour Grôlée furent refaits par les charpentiers Jean Gros et Pierre Brison. Françoise de Meuillon, issue de ce mariage, épousa Louis, marquis de la Chesnelaye.et en eût Marie-Charlotte de Romillé de la Chesnelaye qui épousa, en 1688, Guillaume-François-Antoine do l'Hospital, marquis de Saint- Mesme et du Montellier. Co personnage fut un grand géomètre , très-savant en algèbre et en mathématiques. Il devint vice-président de l'Académie des sciences de Paris, et mourut à l'âge de 43 ans, le 3 février 1704 ; sa femme lui survécut jusqu'au 2 juillet 1737. La femme du marquis de l'Hospital avait hérité du Montellier à la mort de son oncle Elie-Louis de Montbel d'Entremont, lieutenant général du Roi en Bresse et Bugey, auquel il advint par la mort de Gabriel d'Entremont. Il ne faut pas nous étonner de voir reparaître le nom de Montbel d'Entremont, car les enfants du baron de Meuillon l'avaient repris. Le portrait d'Elie-Louis peint par Ferdinand Laisne, en 1638, orne encore le salon du Montellier et fait pendant à celui de Jean-François de Montbel d'Entremont, peint par le même artiste. Le 9 novembre 1709, Charlotte Sylvie, fille du marquis de l'Hospital, née le 19 juin 1689, épousa Claude-François- Joseph de Chevriers d'une ancienne famille lyonnaise. Elle mourut, jeune encore, laissant le Montellier à la famille de Chevriers, dont les armoiries existent au-dessus de la porte du donjon et au salon actuel ainsi que nous l'avons dit en décrivant la salle. La seigneurie était alors estimée 188,000 livres dont 8,000 pour les meubles meublants. La fille du seigneur de Chevriers, Anne-Sylvie Raymonde, reprit le fief le 28 novembre 1772, en qualité d'unique héritière de son père, décédé à Lyon le 29 décembre 1758. La dame de Chevriers vendit le Montellier à M. Antoine Greppo par contrat passé chez Aubert, notaire à Paris, le 4 novembre 1781, pour la somme de 450,000 livres, dont une partie fut convertie en rentes viagères. Cette dame, influencée probablement par les idées égalitaires de l'époque et un ressouvenir des passions romanesques du règne de Louis XV, épousa son coiffeur qui signait les reçus de rente encore existants du nom de Charvin. Le règne de l'économie sociale et agricole s'avançait à grands pas, et M. Greppo s'appliqua à développer les étangs du pays, mais son fils Gabriel comprit que l'existence des fièvres paludéennes n'était pas de bonne entente et commença à dessécher quelques petits étangs, voio dans laquelle il fut suivi par son fils Jean-Antoine Greppo. De nos jours, on dessèche sur une grande échelle, grâce aux primes distribuées soit par l'abbaye de Notre-Dame-des- Dombes, soit par la Compagnie du chemin de fer. Bientôt plus de six mille, sur les quatorze mille hectares d'étangs, seront desséchés, et M. Jules Richard, le présent propriétaire, continue activement cette œuvre de régénération. Au lieu d'être un foyer de fièvres, le pays deviendra dans quelques années un vaste grenier de céréales et un lieu agréable de villégiature en même temps qu'un joyeux rendez-vous de chasse. De nos jours, quoique l'agriculture se soit emparée de l'antique château, il reste encore l'antique hospitalité, et si les grains et les fourrages ont remplacé dans les tours les casques et les lances, la musique et les chants y égaient les vieux souvenirs et parfois un rayon de poésie vient irradier la calme atmosphère, et faire battre tous les cœurs. Le soir, la cloche y convie à la prière, et pour qui l'a vue, cette cérémonie sainte laisse un profond et durable souvenir. La lampe solitaire éclaire la vieille chapelle du donjon et les mâles vertus domestiques brillent calmes sur les figures des maîtres et des serviteurs. C'est en souvenir d'une journée passée au Montellier que j'ai écrit cette notice ; ainsi, ami lecteur, sois indulgent ; car les heures de vrai bonheur sont aussi rares en ta vie qu'en la mienne et j'aime à les fixer, les fugitives jeunes folles, par un écrit ; car, dit-on, « scripta marient, verba volant ». Ainsi donc, lecteur, accepte ceci : « Ad dulcem diei memoriam ».

ARM0RIAL DU MONTELLIER EN BRESSE

VILLARS. Famille possédant le direction dominium* Elle portait d'or à trois bandes de gueules.

MONTELLIER. Famille qui s'éteignit dans la première moitié du XIVe siècle. Elle portait d'argent à trois bandes de gueules.

MONTBEL D'ENTREMONT. — 1418-1571. D'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, à la bande componnée d'hermine et de gueules de six pièces brochant sur le tout.

ARS. — 1347-1367. Palé d'or et d'azur.

CHIEL. — 1367-1485. D'or à la bande de gueules, au lambel de cinq pendants d'azur.

GRÔLÉE. - 1488-1588. Gironné d'or et de sable.

COLIGNY. — 1571-1600. De gueules à un aigle d'argent, membre, becqué et couronné d'azur, armé et langue d'or.

BON, BARON DE MEUILLON ET MONTAUBAN. — 1600. La famille Bon portait d'azur à la patte de griffon issante du côté dextre de la pointe, tenant une bande d'argent chargée de trois étoiles de gueules. — Meuillon portait de gueules chaussé d'hermine. — Montauban, d'azur à trois tours d'or.

L'HOSPITAL SAINT-MESME. — 1695-1709. Ecartelé au premier : d'argent semé de fleurs de lys d'or au lambel de trois pendants de gueules; au deuxième, parti au premier d'argent à la guivre d'azur couronné d'or, lissant de gueules, qui est de Milan ; au deuxième d'or à quatre pals de gueules : au troisième, parti au premier de sable à deux léopards l'un sur l'autre d'or; au deuxième coupé au premier d'or à quatre fasces d'azur, au deuxième de gueules à neuf macles d'or qui est de Rohan ; au quatrième, de gueules à deux chevrons d'argent sommés en fasce d'une devise du même; sur le tout de gueules au coq hardi d'argent becqué, crêté, barbelé et armé d'or, qui est de l'Hospital.

CHEVRIERS DE SAINT-MAURIS. 1709-1781. D'argent à trois chevrons, de, gueules à la bordure engrêlée d'azur.

Posté le 13-12-2011 09:42 par Lucas

Pérouges


Perché sur une colline du plateau des Dombes, non loin de Meximieux, Pérouges est un des sites médiévaux les plus visités dans l'Ain. Archétype de la ville médiévale, avec ses échoppes, ses maisons en pierre et son église fortifiée intégrée au remparts et datant du XIV ème siècle, il était à l'origine destiné à surveiller la route de Lyon. En effet, ce village fortifié est situé aux confins des Dombes et de la Bresse, entre l'ancien Duché de Savoie et le Dauphiné. Il sera durant tout le Moyen Age l'enjeu de conflits importants.

Verrou stratégique, à partir du XIIème siècle, il possèdera un château et sera ceinturé de remparts. La cité n'a jamais fait partie de la Principauté des Dombes mais à longtemps appartenu aux comtes du Forez et de Lyon avant de devenir dauphinoise en 1319 puis savoyarde en 1460. Les Dauphinois tenteront en vain un siège de la cité en 1468. Il faudra attendre 1601 sous le règne de Henri IV pour que Pérouges soit rattaché au Royaume de France lors du traité de Lyon. C'est à cette époque que la forteresse est entièrement démantelée.

Pérouges, après avoir été menacé de démolition, sera réhabilité en 1909 sous l'impulsion de mécènes lyonnais et de Edouard Herriot, alors ministre des Beaux Arts. Celui-ci va classer le village monument historique.

Article réalisé à partir d'un magasine de Lyon Découverte Spécial châteaux de 2003


Posté le 03-04-2011 18:38 par Jimre

Histoire du château de Cressin-Rochefort

Tiré du panneau situé près du château.

1100 :  Date de sa construction 

1159: son premier Seigneur mentionné est Gui de Rochefort 

1375: Pierre de Gerbais

1435 : Antoine de Gerbais

1446 : Marguerite de Gerbais qui épouse Claude de Menthon

1550 : François de Salles le 17 nov. 1605

1667: Melchione de Menthon qui épouse Jean-Jacques de Mareste de Saint Agneux le 12 Avril 1659

1670: Jean-Jacques de Mareste

1702 : Albert-Eugéne de Mareste

1735 : Pierre-Balthazar de Mareste

1740 : Pierre-Anthelme de Montillet

1780 : Louis-Honoré de Mantillet, Marquis de Rougemont qui dut emigrer en 1792.

De 1792 à 1956

Sitôt le dernier seigneur parti, ce château est offert comme résidence aux plus pauvres de la commune. On peut en recencer ainsi :

1872: 10 ménages avec 38 habitants;

1876: 11 ménages avec 34 habitants

1881: 10 ménages avec 29 habitants

1886: 10 ménages avec 26 habitants

De 1956 à 1983

Le château se dégrade et la commune est contrainte d’en faire abattre une partie dans les années 50. Il est en somme abandonné jusqu’en 1991.

De 1991 à 2003

La commune veut conserver la fière silhouette de son vieux château-fort. Arrivée des Concordia (jeunes travailleurs bénévoles) qui font des travaux de maintenance sur le château de 1991 à 1996, puis sont employés à la consolidation du très grand mur d’enceinte de 1997 à 2003.

2003 

La commune entreprend de gros travaux pour la mise en sécurité de l’édifice.


Photos:

- Jimre (2010)

- Jimre (2013)

Posté le 07-04-2010 23:27 par Jimre

Chatillon sur Chalaronne

Le château-fort de Chatillon sur Chalaronne a été édifié sur l'emplacement d'un castrum romain du "Pagus Dumbensis". Il existait bien avant l'occupation savoyarde. Les princes de Savoie transformèrent ce lieu stratégique des Dombes  en un redoutable bastion.

Le comte Verd y donna de somptueuses fêtes et il fut rasé par le duc de Biron le 10 Mai 1585.

Il est aujourd'hui  conservé et mis en valeur par la ville.

Des remparts ceinturant la ville basse ne subsiste que la "Porte de Villars", un des ouvrages les mieux conservés de l'architecture militaire du XIVe siècle. La galerie à mâchicoulis, l'emplacement des créneaux, les bras du pont-levis, les coulisses de la Herse, les gonds des portes sont visibles sur la façade et sous la voûte en ogive.

On peut également admirer les vieilles halles en bois semblables à celles de Crémieu.

Ces halles ont remplacé la maison du Marché à partir de 1440.

Brulées en 1670, elles ont été reconstruites grâce à la générosité de Mlle de Montpensier, Comtesse de Chatillon.

Les autres lieux de visite sont les grenier à sel, l'Hôpital et sa chapelle créés au moyen Age et aujourd'hui centre culturel.


D'après le site de la ville de Chatillon et les panneaux disposés dans la ville.


Posté le 22-06-2009 21:48 par Jimre

Saint Trivier sur Moignans

 

Sous l'ancien régime, St Trivier sur Moignans était une baronnie importante regroupant cinq paroisses et douze seigneuries. Dès le XIVe siècle, vraisemblablement, la ville était défendue par un rempart fortifié. Il permettait aux seigneurs et à la population locale de se réfugier en cas de conflit. Cette enceinte en "carrons savoyards" était alors flanquée de quatorze tours et encerclée par un fossé en eau, alimenté par un étang voisin. Trois portes, aujourd'hui disparues, permettaient d'accéder à la ville : les portes de Lyon au sud, de Châtillon au nord et de Montmerle à l'ouest. Après le démantèlement des remparts, plusieurs constructions de la ville ont été élevées en partie avec les carrons provenant des murailles. En remontant la rue Montpensier jusqu'à la mairie puis en tournant à gauche, rue de la République, vous pourrez observer différents bâtiments construits avec de la brique dont une maison à encorbellement et un puits. Au gré des époques, usages et des enjeux, ces remparts ont été considérablement modifiés. Ces changements s'observent aussi dans la cour de la ferme, propriété de la commune de St Trivier. Adossée aux remparts, la belle façade XVIIe, avec sa succession d'arcades, rappelle celle du château de Bouligneux. Au XVIIe siècle, des magasins occupaient la partie basse des bâtiments et l'étage, accessible par un escalier rustique aux marches imposantes en bois, servait de greniers à grain pour la bourgade rurale. Cette utilisation publique a sauvé cette partie de remparts à la Révolution, Quant au pigeonnier, déjà mentionné en 1746, il a été bâti dans une des quatorze tours d'origine. Dans sa partie supérieure, il a gardé des nids et un reste d'échelle tournante.

Aux XVe et XVIe siècles, les remparts, appelés "fortifications bastillonnées, étaient de simples murs retenant une importante masse de terre. Cette masse de terre devait absorber le choc des boulets, ce que la muraille ne parvenait plus à faire. Les remparts médiévaux de St Trivier, construits aux XIIIe et XIVe siècles n'ont pas été conçus comme cela, car les canons étaient moins puissants.

Article d'après les panneaux situés sur le site.

 

Posté le 21-06-2009 17:57 par Jimre

Ambérieux en Dombes


Le château d'Ambérieux-en-Dombes fut construit entre 1371 et 1378 par Humbert de Thoire-Villars. Cet édifice servait à défendre les Ambarrois contre les attaques savoyardes. Il était alors entouré d'une enceinte trapézoïdale flanquée de quatre tours ; trois carrées et une ronde.

La tour située devant vous était le donjon du château. Elle fut construite en une année seulement, entre 1370 et 1371. Haute de 19 mètres, elle est composée de cinq niveaux : un rez-de-chaussée servant de réserve et quatre étages, tous équipés de cheminée !

Une échelle permettait d'atteindre la porte d'entrée du donjon. Cette tour possédait également un « hourd » : balcon de bois en encorbellement placé au sommet de la tour et abrité par le toit. La particularité du château d'Ambérieux réside dans le fait que ses hourds étaient positionnés uniquement dans les angles et ne faisaient pas le tour de l'édifice en une galerie continue.

L'église qui se trouve à coté du donjon était située au centre de l'enceinte fortifiée du château à la fin de XIXème siècle. Elle a été construite à l'emplacement d'une ancienne chapelle d'époque romane(construite entre 1030 et 1150).

A quelques pas du donjon, on peut voir trois tours dont une est ronde et les deux autres carrées étaient incluses dans les remparts du village.


Article d'après les panneaux situés près du château.

Posté le 21-06-2009 17:09 par Jimre

Bouligneux

 

Les premières fondations du château de Bouligneux, aujourd'hui inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, ont été posées au début du XIVe siècle, sur ordre de Girard de La Palud. sa forme primitive, le château de plan carré était flanqué de quatre tours reliées par des courtines  et ne comportait qu'un seul corps  de logis à l'est. La tour circulaire que vous pouvez admirer devait être l'ultime lieu de repli en cas d'assaut extérieur. Contrairement aux tours carrées, la tour ronde offrait un angle de tir plus large et une meilleure résistance à l'artillerie. Elle permettait aux assiégés d'atteindre plus aisément leurs assaillants positionnés aux pieds des courtines, en visant au travers des « meurtrières » et des « bouches à feu ». Etabli sur un tertre artificiel entouré d'un étang, l'accès au château se faisait par un pont-levis. L'aspect architectural imposant de cet édifice démontre son caractère défensif.

L'étang qui protégeait le tertre a été en partie asséché lors de la construction de la route qui longe le château.

Si le plan général du château est resté le même depuis la construction, des modifications ont cependant été apportées au XVI - XVIIe siècle avec l'ajout de deux ailes s'appuyant sur les courtines et l'élévation d'une galerie à arcades. A la Révolution, les tours symboles seigneuriales sont diminuées à la hauteur des bâtiments mais le château n'est pas détruit, la municipalité ayant décidé de l'utiliser comme ferme et grenier à grain. Enfin, en 1905, le rempart ouest est abattu.

Propriété de la famille de La Palud pendant plus de quatre siècles, le château est aujourd'hui privé et il appartient au comte de Villeneuve-Esclapon.

Article rédigé d'après les panneaux situés près du château et d'après un article de la revue Lyon Découverte de 2003 rédigé par Stéphanie Pioud.

 

Posté le 18-06-2009 20:33 par Jimre

Les Allymes

Retranscriptions d'un article de Paul Cattin paru dans Lyon Découverte de 2003 "Spécial Châteaux" (Propos recueillis par Sandra Moisson) et d'écrits recueillis lors de la visite du château qui vous donneront une bonne idée de l'histoire de la région.

A noter des infos très intéressantes sur d'autres sites de la région à découvrir et visiter.


Bon surf 8;-))

"Entre Dauphinois et Savoyards


Les seigneurs du Dauphiné et les comtes de Savoie se sont longtemps disputé le Bugey, qui sera finalement intégré à la Savoie de 1355 à 1601. Avant d'être rattaché au royaume de France. Une histoire qui a laissé des traces, notamment dans la région d'Ambronay, entre Pont d'Ain et Ambérieu-en-Bugey, qui sera marquée par les guerres et où seront construits un grand nombre de châteaux fortifiés et de bâtisses militaires au début du XIVe siècle. Le plus célèbre : le château des Allymes, un véritable symbole de cette époque. Interview de Paul Cattin, directeur des archives départementales de l'Ain.

Paul Cattin: Au début du XIIIe siècle, les comtes de Savoie occupent la région de Belley et du Valromey dans le Bugey. Puis ils prennent possession de la Bresse, par mariage en 1272, ainsi que du Revermont, la partie montagneuse de la Bresse, à l'ouest de la rivière d'Ain, qu'ils achètent en 1289. À la fin du XIIIe siècle, ce vaste ensemble dénommé "en deçà des monts" représente un des territoires les plus riches possédé par la Savoie. D'ailleurs, les comtes de Savoie, qui aimaient beaucoup la Bresse, passaient beaucoup de temps notamment à Bourg mais surtout à Pont d'Ain, où ils avaient un château sur les bords de l'Ain. Mais ce territoire est isolé des autres terres du comté de Savoie par la plaine d'Ambronay, entre Pont d'Ain et Ambérieu-en-Bugey, dont le château de Saint-Germain appartenait aux dauphinois. Du coup, cette voie de passage, qui permettait aux comtes de Savoie d'aller de Chambéry à Belley ou à Bourg, était très convoitée.

Qui d’autre s’intéresse à ce territoire?

Le Dauphin de Viennois qui possède toute la rive droite du Rhône jusqu’à Lyon, c'est-à-dire presque tout le sud de l'actuel département de l'Ain. Et il s'allie au puissant seigneur de Thoire-Villars, qui lui aussi a besoin de cette passe pour joind­re ses deux possessions : une partie de la Dombes et le nord du Bugey, c'est-à-dire la région de Nantua, Montréal, Oyonnax... Bref, ce terri­toire est stratégique car la région d'Ambronay située entre Pont d'Ain et Ambérieu est vitale à l'un comme à l'autre, puisqu'elle leur permet de se rendre d'une partie de leur terri­toire à l'autre. Dès lors, savoyards et dauphinois vont se livrer bataille pour conquérir cette zone.

Comment démarre ce conflit entre savoyards et dauphinois ?

Les deux camps commencent par amasser leurs garnisons dans cette région et ils bâtissent des forteresses  militaires. Entre 1290 et 1350, les Savoyards et les Dauphinois fortifient presque tous les châteaux déjà existants et en construisent une quinzaine de nouveaux. En fait, dès que l'un d'eux fortifie ou bâtit un château, l'autre réplique immédiatement en faisant la même chose. L'exemple est significatif près de Saint-Rambert-en-Bugey. Vers 1310, le comte de Savoie fait construire le château de Luisandre. Le Dauphin tente d'abord d'intimider les ouvriers, puis il construit lui aussi un château le plus près possible de son adversaire, à 800 m à vol d'oiseau: le château des Allymes.

A quoi ressemblent ces châteaux ?

A l'époque il ne s'agit pas encore de vrais châteaux mais de bâties, c'est-à-dire des forts en terre et en bois entourés de fossés et de palissades. Mais rapidement, voyant que la guerre allait durer, et pour mieux protéger leurs frontières, les adversaires transforment leurs bâties en châteaux de pierre. C'est le cas notamment pour les bâties de Luisandre et des Allymes. À partir de 1315, ce sont de vrais châteaux de pierre.

Comment se termine cette guerre?

Au terme d'une série d'opérations militaires, plusieurs traités, dont celui de Paris signé en 1355, met­tent définitivement un terme à cette guerre dauphino-savoyarde et accorde ce territoire au comte de Savoie. Sur le terrain, ce traité a une portée capitale car il repousse les Dauphinois sur les bords du Rhône, en laissant le champ libre aux Savoyards qui désormais contrôlent tout le département de l'Ain tel qu'il est défini aujourd'hui.

Que deviennent ces châteaux ?

Ils perdent tout intérêt stratégique et deviennent une charge financière inutile pour les Savoyards. Du coup, le comte Amédée VI les donne en fiefs à ses vassaux ou à des nobles qui les utilisent comme résidences. C'est le cas du château des Allymes dès 1354.

La région devient alors plus calme?

Oui, mais ça ne va pas durer car les comtes de Savoie devenus ducs de Savoie, vont faire reparler d'eux à la fin du XVIe siècle au moment de la succession pour le trône de France, après la mort de Henri III. Le duc Charles-Emmanuel de Savoie revendique en effet le titre de roi de France en tant que petit-fils de François Ier. Puis il s'allie avec l'Espagne contre Henri IV, qui est alors protestant. Il va même jusqu’à envahir le Marquisat de Saluces dans le Piémont italien, une terre annexée à la France par Henri II depuis 1548. Les représailles sont immédiates puisque Henri IV envoie le maréchal de Biron et ses troupes envahir la Bresse et le Bugey. La région est à nouveau en guerre.

Le  Duc de Savoie récupère ses châteaux pour se défendre ?

Non. En fait, les châteaux du XIVe siècle n'ont plus beaucoup d'intérêt car ils ne permettent pas de se défendre contre les assauts fran­çais. Du coup, les ducs de Savoie se lancent dans une nouvelle campagne de constructions militaires, adaptées à résister à l'artillerie de cette époque. Le meilleur exemple, c'est la citadelle de Bourg-en-Bresse, une des plus puissantes d'Europe qui a été construite à l'entrée de la ville par le père de Charles-Emmanuel de Savoie. Son siège par les troupes de Biron a duré plus d'un an et elle ne s'est rendue qu'après le traité de Lyon.

Comment prend fin cette nouvelle guerre ?

A partir de 1598, le duc de Savoie, qui est privé de l'appui de l'Espagne, est rapidement battu militairement. Et le traité de Lyon, signé le 17 janvier 1601, met alors fin aux ambitions savoyardes. Les pays de Bresse, du Bugey et de Gex sont rattachés à la France. Et c'est avec ce rattachement qu'émerge le département de l'Ain.

Les châteaux qu'on peut voir encore aujourd'hui ?

 Le château des Allymes, qui a été racheté par la ville d'Ambérieu  et qui est un témoin des guerres dauphino-savoyardes. Mais c'est aussi le symbole du rattachement de la Bresse et du Bugey à la France, puisque c'est dans ce château que vivait René de Lucinge, seigneur des Allymes, qui était aussi un écrivain et un véritable humaniste. C'est lui qui, en tant qu'ambassadeur du duc de Savoie, a négocié le traité de Lyon.

L’interêt de visiter le château des Allymes?

C'est un véritable château fort, très austère, avec une architecture mili­taire très typique. Le château comprend un donjon et une tour ronde reliés par quatre courtines formant à l'intérieur un quadrilatère presque parfait d'une trentaine de mètres de côté. Un logis gothique s'adosse au donjon et une barbacane défend l'entrée principale. Le tout dans un très beau site avec une très belle vue sur toute la plaine de la Bombes et la Bresse. Il faut dire que des travaux importants ont été réalisés par les Monuments historiques, le Conseil général de l'Ain et la commune d'Ambérieu, avec la restauration du donjon et du logis gothique, soit six salles aménagées pour des expositions, ainsi que la restauration de la toiture et de la charpente de la tour ronde. De plus, l'Office national des forêts n mis en valeur les abords du château en aménageant des sentiers pour découvrir la faune et la flore de la région.

D’autres châteaux à voir?

Pour la période du Moyen Age, on peut se balader dans la région en s'arrêtant sur les sites historiques de la tour de Saint-Denis-en-Bugey, où il y a également une très belle vue, mais aussi sur les ruines du château de Saint-Germain d'Ambérieu. Pour réaliser ce qu'était une bâtie, on peut se rendre à la bâtie de Gironville, qui a fait l'objet de fouilles et dont il reste le tertre et les fossés. Autres témoins de cette époque: le grand pan de mur du château Gaillard entre Ambérieu et la rivière d'Ain, et les deux grosses tours de l'abbaye d'Ambronay. Mais aussi le château de Varey, au nord-est d'Ambronay, qui a été reconstruit au XIXe siècle et qui a très belle allure. À Pont d'Ain, on peut voir également le château qui surplombe la ville, qui était la propriété du diocèse mais qui est actuellement en vente. C'était un château important pour les comtes de Savoie qui s'en servaient comme étape et lieu de chasse. C'est d'ailleurs dans ce château qu'est née Louise de Savoie, la mère de François I", ainsi que plusieurs princes de Savoie.

Un château plus récent à visiter?

Il  y a le château de Dortan à 6 kilo­mètres d'Oyonnax, à la frontière du Jura. C'est un château du XIIe siècle qui a été remanié à plusieurs repri­ses jusqu'au XIXe siècle. Mais à la fin de la guerre, ce château qui servait de refuge aux résistants a été le témoin d'un véritable drame. Les troupes allemandes ont organisé une opération punitive contre le village le 12 juillet 1944. Après avoir pillé Dortan, ils ont fusillé sept per­sonnes dont une femme et le curé du village, avant d'exécuter le len­demain trois habitants d'Oyonnax dont un adolescent de 15 ans. De plus, des femmes ont été violées... Et les 20 et 21 juillet, 16 hommes sont arrêtés et torturés à mort dans le parc du château. Puis le 22 juillet, les Allemands rassemblent la popu­lation au château et incendient le village. Mais le château, lui, est épargné, le commandant estimant dans un décret que ce monument a "une valeur culturelle considérable".

L’intérêt de ce château ?

L'ensemble de la propriété, qui est entourée d'un mur de sept kilomètres, est classé avec un très beau parc à l'anglaise, une rivière et des cascades, ainsi qu'une forêt. Le bâtiment, lui, date du Moyen Age, avec une partie Renaissance et une chapelle qui date du XIXe siècle réalisée au sommet du donjon par Sainte-Marie Perrins, qui était le bras droit de Pierre Bossan, l'architecte de la Basilique de Fourvière. Aujourd'hui, c'est le propriétaire, Marius Rollet, qui rénove ce château depuis 30 ans et qui fait lui même visiter les lieux. Dans un couloir qui mène aux chambres, on peut voir des peintures au-dessus des linteaux qui avaient pour but, dit-on, d'effrayer les jeunes filles qui auraient pu avoir la tentation de se promener au clair de lune. Ce qui est assez amusant.

Les  autres châteaux  de la  région ?

Il y a le château de Montferrand à Lagnieu qui date du XVe siècle et qui est en cours de rénovation, mais aussi le château de Chazay-sur-Ain qui est le siège du syndicat de la plaine de l'Ain. C'est un joli château du Moyen Age qui est situé au confluent de l'Ain et du Rhône. Avec un parc et une partie médié­vale. Il y a aussi le château de Loriol, en Bresse, sur la route de Bourg à Maçon ou le château de Varambon à 3 kilomètres de Pont d'Ain, qui appartient à la famille de Boissieu, le gendre du général de Gaulle. Mais le seul moyen de visi­ter ces châteaux privés, c'est d'es­sayer de profiter de la journée des monuments historiques en septem­bre. En revanche, si on a un peu plus de temps, il faut absolument aller jusqu'à Ferney-Voltaire à la frontière Suisse, pour visiter le châ­teau que s'est fait construire Voltaire au milieu du XVIIIe siècle et qui a un très beau parc, mais aussi une très belle vue sur le Mont-Blanc."


Ecrits recueillis lors de la visite du château

Perchée sur un bloc rocheux des derniers contreforts du Jura,  la forteresse des Allymes est née vers 1315/132O des rivalités entre Dauphinois et Savoyards. L'évolution de notre région est semblable aux autres régions de notre territoire. Ce fut la Gaule, l'époque romaine et son déclin, puis les invasions dites barbares avant que les états féodaux ne se constituent.

Après le partage de l'empire de Charlemagne en 843, le département de l'Ain se trouva rattaché soit à la Bourgogne soit à l'Empire germanique selon les époques. Ce seront mille ans d'époque féodale.

Chaque Prince, comte, évêque, gère son état en pleine indépendance. Dès le XIIe siècle, nous sommes en terre Dauphinoise, et le seigneur est le Dauphin en hostilité depuis longtemps  avec son voisin le Comte de Savoie.

Les forteresses militaires en pierre qui remplacent les bâties de terre et bois, trouvent leur nécessité de surveillance des territoires par une situation stratégique en hauteur, près des limites des états.

En 1335, le château des Allymes conquis par  le Comte de Savoie devient donc Savoyard.

A partir de 1355,  la forteresse perd sa fonction militaire pour devenir lieu de résidence de Nicod FRANÇOIS qui l'a reçu en fief du Comte de Savoie.

De 1536 à 1559,   François 1er envahit toutes les possessions savoyardes. Le Bugey revient dans le giron de la Savoie avec le traité de Cateau-Cambrésis qui met fin à la période française.

Les « grignotages » des états entre la Savoie et son voisin la France, depuis la vente du Dauphiné à cette dernière, ne cessent.

Il faudra attendre le 17 janvier 1601 et la signature de « la Paix de Lyon » pour que les territoires qui constitueront le futur département de l'Ain, Bresse, Bugey, Pays de Gex et Revermont  soient rattachés à la France.

Ce traité de paix signé entre le roi Henri IV pour la France et Charles-Emmanuel de Savoie, est négocié entre ambassadeurs déterminés. L'un d'eux, René de Lucinge, propriétaire habitant le château des Allymes, oeuvre pour le compte de la Savoie. Il a argumenté pour une paix salutaire et pour l'intérêt de son prince, sachant que la sagesse était de céder à la France les territoires conquis quelques siècles auparavant pour, disait-il, « carrer son pré ». C'était aussi l’intérêt du roi de France.

Du début du XVIIe siècle à nos jours la forteresse a plusieurs propriétaires par ventes, successions ou mariages.

Au milieu du XIXe siècle, c'est la famille de Tricaud qui devient maître des lieux. Alors des travaux importants de restauration sont entrepris par les nouveaux propriétaires.

La Ville d'Ambérieu en fait l'acquisition en 1984.

Depuis 1960 l’association « Les Amis du Château des Allymes et de René de Lucinge » est chargée de la sauvegarde et de la mise en valeur du Monument Historique (classé en 1960).


Photos:

- Jimre (2009)

- P. et S. Moussard  dont certaines photos sont prises à partir de la Bâtie de Luisandre (2012)

Posté le 23-03-2009 20:56 par Jimre

Histoire de Trévoux

Au XIIème siècle, La Saône, servant de frontière entre le royaume de France et le Saint Empire romain germanique, Trévoux, située coté Empire germanique, est mentionnée comme péage fluvial.
Dominée par un château fort qui protège le péage, la ville étage ses maisons entre la rivière et la forteresse.
La ville reçoit une charte de franchise en 1300.

Au début du XVème siècle, le duc Louis II de Bourbon se constitue un véritable état souverain sur la rive gauche de la Saône et Trévoux se trouve pourvue d’un atelier monétaire dès le XVème siècle.

Un épisode de la lutte entre les Français et les bourguignons a pour cadre Trévoux après la défaite du Prince d'Orange Louis de Chalon à la bataille d'Anthon.

Puis Trévoux devient capitale de la principauté de Dombes au début du siècle suivant.
Confisqué par François Ier en 1523 et annexé à la France, le pays recouvre son indépendance en 1560, sous la souveraineté des ducs de Bourbon.

Autrefois haut de 28 mètres (16 mètres aujourd’hui), le donjon du Château fort, octogonal et polychrome en est la pièce maitresse.
Elevé au début du XIVème siècle par les Seigneurs de Thoire et Villars, il est miné par les protestants lors des guerres de religion et arasé en 1793.
La tour en fer à cheval et la tour ronde sont construites dans la deuxième moitié du XIVème siècle.
L’enceinte, probablement contemporaine du château, est élevée en briques rouges appelées « carrons savoyards ». Son tracé tiangulaire, englobant le bourg, relie le château à la rivière.
Quatre portes permettaient les accès et seule subsiste la porte de Villars, à proximité du château.
L’extrémité sud de l’enceinte, probablement emportée par une crue de la Saône, est remplacée, en 1640, par un rempart taluté avec redan à échauguette.

D'après les plaques explicatives situées près du chateau.

Posté le 02-10-2008 18:24 par Jimre